CARPE DIEM
TOME I
PREMIÈRE ANNÉE
VIII
La forêt interdite
Le sourire narquois de Zabini adressé à Harry et le regard furieux de Malfoy n'échappèrent pas au jeune sorcier, qui jeta ensuite un coup d'œil discret à Hermione, derrière lui. La jeune fille s'était éloignée comme s'il avait la peste, et se mordait désormais les lèvres comme si elle allait être foudroyée sur place. Elle tremblait comme une feuille et se ratatinait sur elle-même. Harry ne dit rien et reporta son attention sur Mcgonagall, qui le fixait les lèvres pincées. Cette dernière ne laissait filtrer aucune émotion, ce qui rendit Harry plus mal encore.
Ce n'était pas la première fois qu'elle le prenait en faute.
-Bonsoir monsieur Potter, miss Granger.
Le professeur, tenant une lampe à huile à la main et vêtu d'une robe de chambre, plissa les yeux puis tourna les talons. Elle n'avait rien ajouté, mais il était clair que les enfants devaient la suivre sans discuter. Malfoy bouscula alors Harry avant de suivre Mcgonagall dans son sillage, le dos droit, le menton dédaigneusement relevé. Un vrai petit bourgeois, pensa Harry, sentant la colère s'immiscer lentement en lui.
-Qu'est-ce que tu as fais, princesse ? Chuchota alors Zabini en le dépassant pour venir rejoindre Hermione. Draco est furieux, tu sais.
Les deux amis ne s'attardèrent pas dans les couloirs et suivirent Malfoy rapidement, ce qui obligea Harry à en faire de même. Il en profita pour ranger rapidement sa cape sous ses vêtements, ne voulant pas que Mcgonagall le lui prenne. Elle avait apparemment appartenu à son père et il n'était pas question qu'on lui confisque son bien le plus précieux !
S'apercevant qu'ils se dirigeaient vers le bureau du professeur, Harry rattrapa les Serpentards et entra dans la salle de cours du professeur Mcgonagall avant Hermione. Le professeur les emmena dans son bureau, et ils restèrent debout face à elle, la tête baissée, attendant la sentence qui allait tomber.
Hermione triturait nerveusement ses mains devant elle tandis que lui observait discrètement Malfoy. Ce dernier s'était accoudé à une table, au côté de Zabini, et avait un rictus aux lèvres. Harry serra les dents, furieux par son attitude arrogante et narquoise.
-Rien ne justifie un tel comportement, vous entendez ! Dit le professeur Mcgonagall d'un ton sévère mais étrangement mesuré, rassurant légèrement Hermione, qui releva la tête. Les élèves, qu'importe leur âge, ne sont autorisés à sortir de leur dortoir. Le règlement est très clair à ce sujet. De plus, vous oser quitter le château... c'est quelque chose d'interdit et de dangereux. Aussi, afin de punir votre comportement, je vous enlève cinquante points... chacun.
Hermione poussa une exclamation outrée, osant regarder le professeur dans les deux.
-Cinquante points ! S'écria-t-elle. Mais professeur, vous pouvez pas ! Je...
-Silence, miss Granger. J'ai parfaitement le droit... et naturellement, le professeur Rogue sera informé de votre comportement très décevant. Bien... afin que cela ne se reproduise pas, vous aurez tous les quatre une retenue.
Harry ne pu manquer les airs scandalisés des Serpentards. Mais la tête que fit Malfoy le fit presque rire, malgré la situation dans lequel ils se trouvaient.
-Quoi ?! Souffla Blaise en regardant le professeur, la bouche ouverte.
Malfoy effaça son petit sourire sournois et vint s'avancer devant le bureau professoral. Il ne souriait plus du tout, au contraire d'Harry. Parfait.
-Excusez-moi, mais j'ai peut-être pas très bien compris... vous avez dit tous les quatre ?
-Eh bien, même si j'apprécie votre attitude responsable, monsieur Malfoy, vous vous promeniez aussi, avec votre ami, en dehors de votre dortoir. Ainsi, vous aurez bien tous les quatre une retenue.
C'était au tour d'Harry d'étirer un sourire narquois, mais Hermione le frappa si fort au bras qu'il émit un sifflement. Décidément, cette fille était violente !
-S'il vous plaît, professeur Mcgonagall, plaida Hermione en se mettant au côté de Malfoy. Draco et Blaise ne voulaient que me protéger. Je leur avais parlé de mon... souhait de parler avec Potter à Hagrid. Ils étaient inquiets et ont simplement voulu s'assurer de...
-Je ne veux rien entendre, miss Granger. Vous pouviez aller voir Rubeus Hagrid dans la journée. Maintenant, partez. Monsieur Rusard va vous accompagner à votre retenue.
-Mais...
-C'est terminé !
...
Hermione voulut protester mais Mcgonagall ne lui en laissa pas le temps et elle les pria de déguerpir au plus vite. Vieille chouette ! Elle lui avait enlevé cinquante points ! Elle était sûre que s'il n'y avait eu qu'Harry, elle aurait été bien moins sévère. Mais bien sûr, trois Serpentards étaient concernés, donc... elle pouvait en profiter.
Toujours abasourdie par la sanction de Mcgonagall, Hermione rumina sa colère, tandis que le concierge, Monsieur Rusard, apparu soudain dans la salle, saluant le professeur avant de se tourner vers les quatre enfants. Il émit un rictus méprisant, qui fit rager la sorcière encore plus.
Il avait intérêt à effacer ce sourire, celui-là !
Quelques minutes après s'être entretenu avec Mcgonagall, Rusard les emmena à leur retenue, et depuis, Hermione n'osait plus lever les yeux. Elle s'était déjà vivement éloigné d'Harry, mais elle savait bien qu'il était peut-être trop tard pour ça. Draco savait tout. Blaise s'approcha pourtant d'elle, glissant son bras sous le sien. Elle le regarda sans comprendre, surprise par son geste. Ne devait-il pas plutôt la haïr ? Ou au moins plus lui parler, comme semblait le faire Draco ?
-J'ai pas tout compris à l'histoire, avoua le jeune garçon en souriant doucement. Mais merci d'avoir essayé de nous défendre, princesse, c'était cool.
-Je regrette, Blaise, chuchota-t-elle d'une voix tremblante. Je n'aurais même pas du vous en parler, tout à l'heure...
-Eh, princesse, on est une équipe, non ? Demanda Blaise. Tu vas quelque part, on suit. Désolé, mais c'est pas autrement.
-J'ai pas vraiment agi comme une amie, hein ?
-Bah... Draco est en colère, mais bon... ça lui passera, promis. Je crois qu'il a eu très peur, en fait. Il ne s'intéresse pas beaucoup aux autres et... tu comptes pour lui.
-Ah bon ? S'étonna Hermione en regardant son ami, plissant le front. Mais je...
-T'es partie dehors en pleine nuit, Hermione, soupira Blaise en l'étreignant davantage. Draco était déjà sorti de la chambre comme un fou quand je me suis réveillé. J'ai eu du mal à le suivre après ça. Il était furieux mais paniqué.
-Je comprends pas, dit-elle alors. Il m'a lancé un de ses regards, tout à l'heure.
-Il a vu le Survivant par la fenêtre, et ensuite, alors que j'étais allé prévenir un professeur, il te cherchait à nouveau partout. Au final, tu arrives avec Potter. J'étais aussi en colère, tu sais.
-Tu l'as pas montré.
-On ne peut pas être fâché contre toi longtemps, princesse. Même si tu nous caches des choses. Crois-moi, j'ai essayé.
Hermione détourna les yeux, serrant les dents. Elle détestait avoir des secrets pour ses meilleurs amis. Ils ne méritaient pas ça. Elle ne méritait pas leur amitié...
...
Arrivée près de la maison de Hagrid, situé aux abords d'une sombre forêt terrifiante, Hermione vit le géant venir vers eux, le regard fuyant et rouge. Il venait de pleurer, et Harry s'en inquiéta immédiatement, comme les Gryffondors savaient si bien le faire.
-Dumbledore a préféré envoyer le dragon en Roumanie, dit-il en reniflant bruyamment. C'était trop dangereux de le garder ici.
-Je suis désolé, Hagrid. Je sais que tu en avais rêvé, compatit le sorcier en souriant gentiment. Mais il sera avec plein d'autres dragons et ça sera peut-être mieux pour lui.
-Merci, Harry, renifla le géant en essuyant ses larmes.
Les trois jeunes Serpentards se trouvaient plus en retrait, et observèrent Hagrid et son petit protégé. Draco leva les yeux au ciel, exaspéré. Blaise serra la main d'Hermione dans la sienne, sans rien dire.
-Allons, reprenez-vous ! Grogna monsieur Rusard en secouant la tête, agacé. Vous allez dans la forêt, il faut que vous soyez plus fort que ça !
-Quoi, c'est une plaisanterie ? S'écria Blaise en reculant brusquement, lâchant la sorcière.
Draco le vit et fronça les sourcils, les lèvres pincées.
-Les élèves n'ont pas le droit d'aller dans la forêt interdite, répliqua Hermione, croisant les bras sur sa poitrine. C'est beaucoup trop risqué.
-Hilarant, quand on vient d'enfreindre les règles, grinça Rusard en souriant méchamment.
Hermione recula à son tour, baissant les yeux.
-Et les loups-garous, vous les oubliez ?! Continua Blaise en tremblant un peu. C'est super-dangereux. Ils... ils peuvent nous attaquer et...
À ces mots, comme s'ils l'avaient entendu, des hululements retentirent dans la forêt, faisant crier Hermione et sursauter les trois jeunes sorciers. Harry semblait soucieux et Draco perdait de son flemme en fronçant les sourcils. La jeune fille s'agrippa au bras de Blaise et regarda Hagrid avec espoir, espérant qu'il leur disent qu'ils n'iraient pas.
-Il y a bien plus que des loups-garous, les enfants, vous pouvez en être sûr, ricana Rusard en observant sombrement la forêt. Passez une bonne nuit, à présent. Les créatures viennent de sortirent.
Il tourna les talons en emportant avec lui la lampe à huile, un sourire aux lèvres. Les quatre enfants se retrouvèrent alors seuls avec Hagrid, le silence environnant les faisant tous tremblez de peur.
C'était probablement la pire punition qui soit !
...
Draco allait tuer Potter ! Il allait le tuer pendant qu'ils seraient dans la forêt et ensuite, avec l'aide de Blaise, ils cacheraient le corps...
En tout cas, c'était ce que rêvait Draco, pendant que le géant les emmenait avec lui dans la forêt sombre. Une forêt interdite où toute chose, toute créature s'avérait dangereuse, cruelle ou mortelle. Une promenade de santé, quoi ! Dire que s'il se fichait d'Hermione, il en serait pas là, maintenant ! Quel abruti ! Pourquoi se préoccupait-il d'elle, d'abord ? Si elle voulait faire n'importe quoi, qu'elle le fasse seule !
Mais si quelque chose était arrivé ? Qu'elle était allé seule au troisième étage ? Qu'elle aurait été blessée par le chien à trois têtes ?... S'il n'avait rien fait, peut-être qu'en se réveillant, il aurait appris que son amie avait disparu, qu'elle était blessée... ou pire.
Draco secoua la tête, exaspéré par ses propres pensées. Pourquoi s'en souciés ? Bien sûr qu'il ne lui serait rien arrivée ! On parlait d'Hermione Granger ! La plus intelligente sorcière de première année, toutes maisons confondues. S'il s'était passé quelque chose, elle aurait sorti sa baguette.
Oui, Draco retrouva le sourire tandis qu'ils cheminaient à travers les arbres. Les sangs-purs étaient naturellement doués en magie. Aussi, il était stupide de s'inquiéter pour Hermione. Son amie était capable de se protéger seule. Même sans l'aide de ce sataner Potter !
Qu'est-ce qu'il faisait dans l'histoire, celui-là ?! Pourquoi s'était-elle tourné vers lui pour chercher des réponses au sujet de cette pierre d'immortalité ? N'importe quoi ! Draco pouvait très bien lui être d'une plus grande aide que ce type. Hermione n'avait pas besoin de Potter, ni de qui que ce soit à part lui ! Elle devait le comprendre !
-Hagrid, que cherchons-nous exactement, dans cette forêt ?
Potter pouvait pas la mettre en veilleuse ?! Draco était plongé dans ses pensées quand ils s'arrêtèrent brusquement, le faisant râlé. En tournant la tête, il venait de voire – encore – Blaise tenir la main d'Hermione. Abruti ! Il ne pouvait pas s'empêcher de la toucher !
-Blaise, tu as une bestiole sur l'épaule, souffla Draco de manière sinistre.
À ces mots, le jeune garçon écarquilla les yeux d'horreur et se mit à gesticuler dans tous les sens, criant d'une voix très aiguë. Draco se mit à rire discrètement, observant son meilleur ami lâcher Hermione et courir en rond, suppliant de l'aider à enlever l'insecte. Hermione regarda Blaise sans comprendre, la bouche ouverte. Elle se tourna ensuite vers Draco, les yeux plissés.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ?
-Elle a dù partir, dit-il simplement en haussant les épaules.
Hermione ne semblait pas le croire et continua à lui jeter des coups d'œil pendant qu'elle allait chercher Blaise, qui sautait en frottant frénétiquement sa cape noire.
-Mais qu'est-ce que vous fabriquez, tous les trois ? Cria alors le géant en venant se planter devant eux. Arrêter ça tout de suite et taisez-vous ! La forêt est dangereuse et vous, vous nous faites repérez ! Bande d'inconscients !
Le géant les regarda une dernière fois en soupirant, puis alla s'agenouiller plus loin, près d'un arbre mort. Il était penché sur une sorte de flaque argentée et l'observait gravement. Draco déglutit bruyamment tandis que Potter s'approchait prudemment du géant. De nouveaux hululements retentirent, faisant hoqueter Hermione et Blaise.
-C'est du sang de licorne, annonça Draco d'un air grave. Mon père m'a raconté à quoi il ressemblait.
-Tu ne te trompes pas, soupira le géant. C'est la raison pour laquelle nous sommes là, ce soir, Harry. Une licorne a été retrouvée morte il y a plusieurs semaines, et celle-ci...
-C'est du sang frais, chuchota Hermione, la gorge nouée. Mais comment peut-on vouloir tuer une créature comme elle ?
-C'est justement pour ça que nous sommes là, dit le géant.
Potter était devenu blême et Blaise chancelait d'un pied à l'autre, nerveux. Hermione examinait le sang d'un air calme, calculateur. Draco sourit, imaginant déjà Hermione réfléchir à toutes sortes de possibilités. Malgré la situation, elle restait décidément la même.
-Bon, pour commencer, il va falloir retrouver cette créature, et donc... il va falloir se séparer.
D'habitude, Blaise Zabini n'était pas connu pour être trouillard. Certes, il avait peur de certaines choses, comme tout le monde, mais là, Draco le vit trembler de la tête aux pieds. Et pour une fois, il ne s'en moqua pas, car lui-même sentait ses mains trembler et un frisson lui parcourir le dos.
Se séparer ? Dans cette forêt ? Alors que quelqu'un ou quelque chose venait probablement de tuer une licorne ? Ah la bonne blague... !
-Il n'est pas question que vous nous laissiez seuls ici ! Siffla Draco en serrant les poings face au géant. Si vous osez le faire, mon père en entendra parler...
-La ferme, Malfoy ! S'énerva Potter.
-Toi, ne me dis pas ce que je dois faire ! Répliqua-t-il en s'avançant vers Potter, serrant les lèvres. Pour qui est-ce que tu te prends ?
-Ne joue pas à ça, menaça le Survivant.
-Que comptes-tu faire, sinon, Potter ? Se moqua Draco en souriant.
-Ça suffit tous les deux ! Intervient Hagrid en séparant les deux jeunes garçons. Mettez de côté vos stupides rivalités. On a un devoir à accomplir, je vous rappelle ! Donc... Harry et Hermione, vous venez avec moi, et vous deux...
-Pas question de me séparer d'Hermione ! Protesta Blaise en agrippant le bras de la jeune sorcière.
Hagrid leva un sourcil, perplexe.
-Vous n'avez qu'à chercher avec Potter, dit Hermione en haussant les épaules. Moi, je reste avec Draco et Blaise. On est une équipe et on ne se séparent pas.
Draco resta impassible en apparence, mais intérieurement, il souriait de toutes ses dents, heureux qu'Hermione veuille être avec lui... et Blaise. Mais il garda toujours les lèvres serrées, signe qu'il était toujours en colère contre elle.
-Très bien, soupira alors le géant, voyant qu'aucun enfant ne protestait. Alors vous n'avez qu'à rester ensemble, tous les quatre. Il va falloir être très prudent, ce soir.
-Au final, vous pouvez rester avec nous, non ? Balbutia Blaise.
Hagrid les observa sans rien dire, arquant un sourcil. Bon, le message était clair; il prenait les Serpentards pour des trouillards.
-Tant que Potter hurle pas au moindre bruit, on s'en sortira sans vous, osa dire Draco d'un ton dédaigneux. C'est pas comme si nous étions tous ignorant du monde magique !
Son mépris envers les sangs-mêlés sembla irriter Potter, sur quoi Draco ricana aisément. Il adorait le voir le fusiller du regard. C'était très drôle.
-La ferme, Malfoy ! Se répéta Potter.
-Tu n'as rien d'autre dans ton répertoire ? Ricana le blond. Franchement, tu ne vaux pas mieux que les Weasley quand il s'agit de réparti. C'est pitoyable.
-Je vais t'en donner du pitoyable, moi ! Cria Potter, fou de rage, en s'avançant vers lui.
Du coin de l'œil, il vit le géant secouer la tête d'un air résigné et las, semblant plus blasé par leur comportement qu'autre chose. En tout cas, il n'intervint pas cette fois-là.
-Il faut trouver cette licorne ce soir, dit-il simplement en regardant Hermione. Puis-je au moins compter sur l'un d'entre-vous ?
La jeune sorcière hocha de la tête avec détermination, faisant souffler Draco. Il fallait toujours qu'elle se comporte comme une petite fille parfaite ! C'était fatiguant.
-Bien, alors surtout, ne vous séparer pas et sorter vos baguettes.
Il les regarda une dernière fois tour à tour, puis s'enfouit dans la forêt, les laissant tous les quatre en pleine obscurité.
-Sortez vos baguettes..., marmonna Blaise pour lui-même. C'est un bon moyen pour se croire sans danger, merci.
-Ça va aller, le rassura Hermione en souriant doucement, bien que son sourire semblait crispé. En se serrant les coudes, il n'y aura aucun problème.
À ces mots, elle fusilla du regard les deux autres sorciers, se mesurant toujours du regard. Elle leva les yeux au ciel, prenant la lampe avec elle avant de commencer à s'éloigner.
-On se met en route ! Dépêchez-vous, les garçons.
Draco savait que la nuit allait être longue... très longue.
...
Plusieurs heures semblaient s'être écoulées depuis que les enfants s'étaient enfoncés dans la forêt interdite. Les branches squelettiques des arbres dansaient aux dessus d'eux sous le vent sifflant. Une brume épaisse s'élevait doucement à leurs pieds, rendant les recherchent plus difficile. Le vent sifflant était glacial et hurlait à leurs oreilles. L'obscurité du royaume rendait toute vision impossible, si bien qu'ils trébuchèrent, se cognèrent aux arbres et aux racines. Mais pas une fois, ils ne croisèrent de licornes, ni d'autres créatures, d'ailleurs. Pas même Hagrid.
Hermione n'était pas du genre trouillarde, mais pas non plus bravache. Elle se rassurait grâce à sa baguette et à la magie qui coulait dans ses veines. Mais la forêt ne lui inspirait pas confiance, et à plusieurs reprises, elle crût distinguer une ombre voler entre les arbres, au loin. Une présence semblait les observer, et Harry la regarda une énième fois afin de la prévenir d'un potentiel danger.
Le problème, dans cette histoire, c'est qu'au contraire des dires de Draco, Harry n'était pas le seul ignorant du monde magique. Et bien qu'Hermione ait parcouru de nombreux livres avant d'entrée à Poudlard, elle savait pertinemment que rien n'était acquis, et qu'elle n'avait encore rien vu. Aussi, ce qui pouvait surgir à tout moment devant eux la rendait nerveuse, car elle connaissaient quelques créatures vivant ici, mais elle était loin de les connaître toutes, et que, si quelque chose surgissait, Hermione ignorait si elle saurait user d'un sort.
Ils n'étaient qu'en première année ! Et neutraliser un troll dans l'école et battre l'inconnu dans la forêt interdite étaient deux choses bien différentes.
En continuant leur recherche, les enfants ne dirent pas un mot, tendant l'oreille au moindre bruit. Les branches craquaient et les hululements continuaient. Les jeunes sorciers étaient tous aux aguets, baguettes tremblantes levées, regardant de tous les côtés.
Le silence régnait entre eux, mais Hermione vit Draco regarder Harry avec mépris, et elle su que ce calme était passée.
-J'ai hâte d'en avoir fini avec cette corvée ! Dit-il d'une voix un peu tremblante, il fallait l'avouer. Vous pouvez être sûr que j'en parlerais à mon père, et qu'il ira parler à Dumbledore. C'est le travail des domestiques, ce qu'ils nous font faire ! Parfait pour toi, Potter.
-Au son de ta voix, Malfoy, je dirais que tu as la frousse ! Dit Harry.
-J'ai pas la frousse, Potter, se moqua Draco en levant les yeux au ciel. J'ai jamais la frousse, c'est clair ! De toute façon, tu trembles plus que moi.
Il désigna sa main en souriant d'un air moqueur, mais Harry préféra ignorer son sarcasme, ce qui rassura Hermione. Ils n'avaient pas besoin d'une nouvelle dispute.
-Au lieu de jouer au coq, vous feriez mieux de nous aider ! S'énerva la jeune sorcière en désignant Blaise et elle. On joue pas, là.
À ce moment-là, un nouveau hululement retentit à travers l'obscurité. Mais soudain, les enfants se tendirent, sachant pertinemment que le bruit était différent de tous les autres. Draco et Harry se regardèrent avec nervosité avant de reculer rapidement jusqu'à Blaise et Hermione. Cette dernière se mordit les lèvres en regardant droit devant elle, plissant les yeux.
-Vous avez entendu ? Souffla Draco.
-C'était pas un peu trop près de nous, là ? Demanda Blaise en murmurant.
-Faites attention, les prévint Hermione, ayant soudain extrêmement froid. Nous ne sommes plus seuls.
-On n'a jamais été seuls, Hermione, s'énerva Draco.
-Ce que je veux dire, c'est qu'on nous observe !
-Je le sens, oui.
-Un loup-garou ? Chuchota Blaise.
-C'était pas le même bruit, rétorqua Harry. C'était plus...
-... sombre, termina Hermione. Bon, ça suffit ! Continuons à marcher. Il est dangereux de rester plantés là, à découvert.
Les garçons hochèrent de la tête et amorcèrent un premier pas, puis un second. Voyant qu'ils n'étaient pas rassurés, Hermione serra les poings pour se donner du courage et les devança pour prendre la tête. Marchant rapidement, les garçons suivirent sans rien dire.
Quelque temps après, alors que les recherches restaient vaines, ils débouchèrent dans une petite plaine nimbée de racines entremêlées. La brume y était encore plus épaisse et les jeunes sorciers pénétrèrent dans la plaine avec prudence, ne voyant rien à plus de deux mètres.
-J'ai un mauvais pressentiment, marmonna alors Harry, se tenant aux côtés d'Hermione.
Elle tourna la tête vers lui tandis que Blaise, inattentif, continua sa marche devant eux. Draco, lui, se posta à côté d'elle, non sans lancer un regard d'avertissement à Harry.
-On est toujours suivit ? Dit-elle.
À cet instant, les trois enfants sursautèrent violemment. Loin devant eux, dans le brouillard épais, Blaise venait de pousser un hurlement terrifiant. Sans réfléchir, Hermione et Draco se lancèrent à son secours, courant devant eux sans savoir où aller exactement. Puis soudain, ils stoppèrent net, le souffle court, les yeux exorbités, tandis qu'ils virent Blaise courir vers yeux, complètement affolés. Arrivé à leur hauteur, le sorcier les dépassa et s'enfuit sans les attendre, bousculant Harry au passage. Ce dernier vint à eux et leva sa baguette.
-Qu'est-ce qu'il a vu ? Cria-t-il.
-On n'en sait rien, répliqua Hermione, paniquée. Je ne vois rien.
Erreur. Hermione se figea, regardant devant elle, ce qui fit sourciller Harry. Devant eux, à seulement quelques mètres, Hermione vit la licorne, inerte, allongée sur le flanc. Mais ce qui les fie tous trois reculer brusquement, c'est la silhouette penchée dessus, encapuchonnée d'une cape noire, ne laissant rien entrevoir de la créature.
Alors Draco cria. Hermione cria. Harry... resta figé. La sorcière continua de reculer, attrapant le bras de Draco d'une main et levant sa baguette de l'autre. Harry, lui, regarda la créature sans réagir, balbutiant des mots incompréhensifs.
-Harry ! Cria Hermione.
Le jeune garçon venait de se pencher en avant, les mains plaquées sur son front. Il semblait souffrir, mais Hermione ne comprenait pas. Draco la tirait maintenant en arrière, lui intimant de fuir.
-Il faut y aller ! Hurla-t-il.
Il la força à le suivre, ne lui laissant pas d'autres choix.
-Harry ! Harry ! Cria-t-elle en regardant le sorcier désormais à genoux. Draco, il faut l'aider !
Derrière eux, la créature venait de se redresser. Elle semblait voler.
-Draco ! Siffla Hermione en plantant ses pieds dans le sol.
-Hermione ! S'emporta à son tour son ami. Dépêches-toi !
-Pas sans Potter ! Cracha-t-elle. Draco, aide-le ! Je t'en prie !
Draco la regarda sans comprendre, serrant les dents.
-Mais...
-Je t'en supplie, il faut pas partir sans lui !
Draco râla en levant les yeux au ciel. Hermione savait qu'il allait l'aider.
...
Harry avait mal à sa cicatrice. Elle lui brûlait de plus en plus, au fur et à mesure que l'étrange créature s'approchait de lui. Il ne put rien faire, sauf la regarder, à genoux, tentant d'ignorer sa douleur.
-Harry ! Harry !
Il entendait Hermione au loin. Elle semblait totalement effrayée. Il avait vu le Serpentard l'entraîner dans son sillage, et bizarrement, il pensa que c'était une excellente idée. Pas qu'il se retrouve tout seul face à la silhouette encapuchonnée, mais que Malfoy ait éloigné Hermione.
Pourquoi penser ça dans un moment pareil ?
Reprenant contenance, Harry releva les yeux et sursauta en voyant la créature se redresser devant lui. Elle ne laissait rien voir de son visage, mais Harry ne voulait de toute manière pas savoir. Il recula précipitamment et trébucha sur une racine. Tombant à la renverse, Harry ne chercha pas à se relever. Il était fichu, il le savait.
-Wingardium Leviosa !
Un tronc d'arbre aussi large qu'une chaise vola soudain au-dessus d'Harry, et fila à une vitesse incroyable sur la créature encapuchonnée. Cette dernière releva la tête au même moment et se prit le tronc, l'éjectant plusieurs mètres plus loin.
Harry entendit alors des pas précipiter, puis des cris.
-Harry ! Tu n'est pas blessé ? S'écria Hermione en lui attrapant le bras pour qu'il se relève.
-C'est toi qu'à fait ça ? S'exclama-t-il, stupéfait.
-Je... je savais pas quoi faire d'autre !
Malfoy était là aussi, à la grande surprise d'Harry. Il était même en train de pointer sa baguette en direction de la créature.
-Ça revient à la charge ! Cria le Serpentard.
Un drôle de courant vint alors les frapper, et les enfants s'écroulèrent au sol, contre les racines entremêlées. Harry tomba à genoux, mais il vit Hermione tomber en arrière, sa tête heurtant un rocher.
-Malfoy ! Appela Harry en désignant Hermione du regard. Aide-là.
Le sorcier était lui aussi tombé à la renverse et se précipitait déjà sur la jeune fille, visiblement soucieux.
-Elle... je sais pas... je crois qu'elle est inconsciente ! S'affola la voix de Malfoy derrière lui. Aller, réveilles-toi, Hermione ! S'il te plaît !
Harry ne s'était tourné qu'une seconde pour vérifier l'état de la jeune sorcière, mais en revenant sur la créature, il vit qu'elle se trouvait à seulement deux mètres, le faisant crier.
-Nous sommes des enfants de Poudlard ! Plaida Malfoy dans un sanglot. Vous pouvez pas nous faire de mal ! Dumbledore vous retrouvera !
Harry était sur le point de lui dire de la fermer quand tout à coup, alors que la créature s'appétait visiblement à s'élancer sur eux, une étrange agitation se fit entendre. Alors Harry vit la silhouette reculer précipitamment, comme effrayer.
Une autre créature magique fit alors son apparition, faisant disparaître définitivement la créature encapuchonnée. Harry souffla enfin, soulagé.
Soulagé car la créature était accompagnée de Hagrid, alors il sut qu'ils ne risquaient plus rien.
-Vous ne risquez plus rien, désormais, annonça calmement la drôle de créature, allant se poster devant Harry. Tu as de la chance d'avoir des amis courageux, Harry Potter.
C'était un homme au corps de cheval. Bizarrement, Harry ne s'en formalisa pas.
-Comment connaissez-vous mon nom ? Demanda-t-il, méfiant.
-Qui ne connaît pas l'enfant ayant survécu, répondit l'homme-cheval. La forêt regorge de créature te voulant du mal, Harry Potter. Tes amis et toi feriez mieux de rentrer.
-Mais... quelle était cette chose... devant nous ?
Hagrid venait de rejoindre Malfoy et Hermione. Il s'agenouilla auprès de la sorcière, toujours inconsciente.
-La plus ignoble des créatures jamais vécues. Tuer une licorne est un crime horrible. Mais boire son sang l'est encore plus, car elle permet à celui qui le boit de survivre, même s'il est sur le point de mourir. C'est bien évidemment un acte répréhensible et digne des plus abjectes créatures. Car en buvant le sang de licorne, on obtient seulement une vie maudite, une vie horrible.
-Mais... comment pourrait-on vouloir d'une telle vie ? Marmonna Harry en fronçant les sourcils, regardant avec tristesse la licorne non loin d'eux, sans vie.
-Il y a bien quelqu'un, répondit l'homme sombrement.
Harry comprit alors de qui il voulait parler. Et il se mit à trembler violemment.
-Vous voulez parler de... de Voldemort ?
-Et dis-moi, Harry Potter... sais-tu ce qui est caché dans l'école, en ce moment ?
Hermione avait des pistes, des suppositions... mais à cet instant même, Harry sut qu'elle avait raison depuis le départ. Il s'agissait bien de la pierre philosophale.
...
Potter venait de décider de partir, ce qui soulagea Draco. Il en avait plus qu'assez de voir le Gryffondor tourner autour d'Hermione. Il était temps qu'il déguerpisse !
Appuyer contre les barreaux du lit face à celui d'Hermione, le jeune garçon regarda Madame Pomfresh, l'infirmière, remettre à la jeune sorcière – revenue à elle- un breuvage soulageant ses maux de tête. Hermione grimaça mais bue tout le liquide.
-Voilà, miss Granger, vous devriez aller mieux d'ici une heure. Je vous conseille de vous reposer, ma petite. Vous avez vécu une terrible épreuve.
-Je peux partir de l'infirmerie ? Je risque de rater le cours de potion, sinon, et Rogue...
-Pas de ça avec moi, ma petite ! Gronda faussement Pomfresh en agitant son index devant elle. Vous pouvez partir, mais vous devez vous reposer. J'informerais personnellement le professeur Rogue de votre état. Maintenant, ouste ! Les frères Weasley ont encore donné des cochonneries à des premières années ! Je dois toujours réparer leurs bêtises.
Draco raccompagna Hermione aux cachots, mais entre-temps, alors qu'ils pénétraient dans la salle commune, il lui attrapa le coude, la retournant vers lui. Il devait lui parler, et pendant que Blaise ou ce sataner Potter n'étaient pas dans le coin, il fallait en profiter.
-Tout va bien ? Demanda-t-elle innocemment, ignorant son regard noir.
-Non, ça va pas du tout, Hermione ! Ragea-t-il en serrant les poings. Tu as été blesser, ce soir, parce que tu voulais sauver Saint Potter ! Alors maintenant, tu vas me dire tout ce que tu me caches ! Maintenant !
Hello tous le monde !
Je profite de mes vacances pour poster ce chapitre, en espérant que mon interprétation de l'histoire de JKR vous plaise toujours autant. Je souhaite par ailleurs la bienvenue aux petits nouveaux ^^ Heureuse que l'histoire attire.
Bon, vous l'aurez compris, la suite présage de sacrés problèmes pour Hermione. Vous verrez bien... J'ai aussi commencé à rendre jaloux Draco envers Blaise et Harry. Mais vous emballez pas, ils n'ont que douze ans, là. Je sais que les jeunes aujourd'hui sont précoces, mais tout de même ! Je pense pas qu'un enfant puisse réellement savoir ce qu'est le sentiment amoureux. Ils sont encore dans la phase jeux et "les filles c'est chiant !" ^^
Bref, quelques réponses à quelques questions:
Le nombre de chapitres avant qu'ils grandissent ? Bonne question ^^ Pas beaucoup. Encore cinq, peut-être.
Avant que Draco s'attache définitivement à Hermione, il lui faudra prendre conscience de manière brutale. Aussi, j'hésite encore entre Harry et Blaise. Des avis ?
Voilà, la suite arrive... je sais pas quand. Il y a de gros examens la semaine prochaines. Mais elle arrive, no panique ^^
Merci encore pour vos avis, c'est super ^^ Merci à BellaMcCarthy, Fla, ymaassouli, draymione malefoy, elodidine, Kynthos, Magoo, Lou Celestial, et bien d'autres encore.
