CARPE DIEM
TOME I
PREMIÈRE ANNÉE
IX
Investigation conflictuelle
Draco semblait avoir perdu patience, la dévisageant avec colère et suspicion. D'habitude, le jeune garçon restait calme, impassible, froid. Mais en cet instant, une lueur brûlante hantait son regard, la clouant sur place. Hermione soupira théâtralement. Elle souhaitait gagner du temps, mais savait qu'elle le regretterait si elle tournait autour du pot.
-Quelque chose d'horrible est sur le point de ce produire, commença-t-elle d'une voix calme. Draco... seul Harry peut empêcher ça. Je sais même pas si c'est possible, pour être honnête.
-Mais peut empêcher quoi ? Souffla-t-il rageusement en serrant la mâchoire. Sérieusement, Hermione, tu parles toujours par énigmes ! J'en ai vraiment marre de tout ces secrets ! Parles, maintenant !
La jeune sorcière ferma les yeux en inspirant un grand coup, sous le regard agacé de son ami. Elle finit par soupirer et s'asseoir dans le sofa face à la cheminée. Le dos voûté, elle se passa une main dans les cheveux.
-À l'infirmerie, commença-t-elle à voix basse, pendant que j'étais toute seule avec Harry, il m'a expliqué tout ce qu'il savait et soupçonnait depuis le soir d'Halloween. C'était les mêmes soupçons que les miens, autant au sujet de Rogue que de la pierre philosophale. Mais on ne comprenait pas pourquoi Dumbledore avait caché la pierre au troisième étage, que Rogue puisse s'en intéresser et que Quirrell et lui semblaient se méfier l'un de l'autre en permanence. Mais maintenant... un autre élément s'est ajouté; la licorne. Pourquoi tuer des licornes ces derniers temps ? Potter pense qu'il y a un lien évident. J'en étais pas sûr, jusqu'à ce qu'il avoue qu'il savait qui avait tué les licornes... Depuis... j'ai très peur.
Draco était assis à côté d'elle désormais, et l'observait avec sérieux, les sourcils légèrement froncés, la bouche pincée. Il semblait à la fois perplexe par ce qu'elle lui avouait et passablement en colère qu'elle parle avec Potter. Hermione détourna le regard, préférant fixer les flammes de la cheminée que son regard froid.
-Je sais pas si Harry dit vrai, mais si c'est le cas... alors la créature, dans la forêt... c'était... Lord Voldemort.
Les derniers mots franchirent ses lèvres dans un chuchotis glaçant. Elle vit Draco se figer avant de relever la tête brusquement, les yeux plissés.
-Que dit-tu ? souffla Draco, estomaqué. Tu...
-Draco...
Il avait les yeux écarquillés, les mains tremblantes. La jeune sorcière tenta de le calmer en posant une main sur son bras, mais son ami se releva du sofa rapidement, presque en sautant. Il la fixait comme si elle était un monstre.
-Je voulais pas te le dire comme ça, s'excusa Hermione en se relevant à son tour. Je suis désolée.
Draco la pointa du doigt, l'air rageur.
-Tu dis n'importe quoi ! cria-t-il rageusement. Tout le monde connaît l'histoire de Tu-Sais-Qui par coeur ! Il a été détruit il y a une dizaine d'années, à cause de Potter ! C'est impossible que la chose dans la forêt soit lui ! Non, non, impossible.
À cause de Potter. Pas grâce à Potter.
Hermione regarda son ami sans ciller, le coeur serré. Elle commençait à comprendre réellement ce qu'avait été l'éducation de Draco avant qu'il n'entre à Poudlard. Elle en avait les larmes aux yeux mais tentait autant que possible de ne pas le montrer.
-Draco, tenta-t-elle une nouvelle fois. Beaucoup raconte qu'Il allait revenir... Comme il s'agit de la pierre philosophale, ce n'est pas improbable. Voldemort a été affaiblit, c'est vrai, mais il est malheureusement toujours là, quelque part. Et si nous ne faisons rien maintenant, Rogue ou Quirrell mettra la main sur la pierre pour la redonner au mage noir et... et je n'ose pas imaginer ce qui arrivera ensuite. Mais je sais que ça sera terrible, forcément. C'est ce que tu veux, Draco ?!
Ce dernier ne la regardait plus, les yeux perdus dans les flammes de la cheminée. Il semblait songeur.
-Si Potter a vu juste, dit-il alors en se tournant vers elle, alors mon père doit être au courant. Il partageait les idées de Tu-Sais-Qui. S'il revenait dans le monde des sorciers, alors... mon père et tous ses partisans le rejoindraient. Plus rien ce sera comme avant.
Hermione s'approcha de son ami doucement. Draco était toujours perdu dans ses pensées, hanté. Elle ne put s'empêcher d'avoir de la peine pour lui. Il semblait si désarmé, tout d'un coup.
-Ce n'est pas ce que tu veux, n'est-ce pas ? demanda-t-elle.
-Non, soupira alors Draco, baissant ses épaules. Durant le règne de Tu-Sais-Qui, c'était horrible. Maman me raconte souvent ça parce qu'elle aime le monde d'aujourd'hui, loin des ténèbres. Moi, je connais que celui-là, mais... je veux pas connaître la vie de mes parents, avant ma naissance. C'était la guerre, Hermione et les sorciers étaient soit contraint d'obéir, soit tués. Ici, on reste libre. Très bien, je n'aime pas les sang-mêlé ni les sangs-de-bourbes, mais je ne suis pas Lui. Les Malfoy sont peut-être des sangs purs, mais on n'est pas fou. En tout cas, je veux pas l'être.
Hermione voyait bien qu'il faisait des efforts. Certes, il ne portait pas à les être comme elle dans son cœur, mais au moins, il ne voulait pas que Voldemort revienne. C'était déjà très positif.
Intérieurement, Hermione sourit quelques secondes, soulager que son ami ne soit pas déjà une cause perdue. Elle avait déjà travaillé tellement dure depuis le début de l'année pour qu'il change de vision et d'attitude. Certes, rien ne se fait en un jour, et la jeune sorcière sait très bien qu'en une année, rien ne changera vraiment. Il lui faudra peut-être même plusieurs années pour le faire changer et enfin pouvoir lui dire qui elle est vraiment, sans rien craindre en retour. Mais ce jour n'était pas arrivé. Aujourd'hui, ils devaient empêcher Voldemort de revenir, et pour ça, Draco devra accepter de se lier à Harry. Hermione savait que le plus dur était à venir.
...
Plusieurs semaines passèrent, et Hermione n'eut ni le temps d'espionner Rogue et Quirrell, ni le temps de parler à Harry sur d'éventuelles nouvelles informations.
La jeune sorcière avait été bien trop occupée par ses examens de fin d'année, ce qui avait exaspéré au plus haut point ses deux meilleurs amis, qui ne juraient que par le quidditch et les duels entre maisons. Ces derniers n'avaient fait que se plaindre tandis que la jeune sorcière les avait obligés à s'asseoir devant leurs parchemins, les aidant à réviser jour et nuit. La censure n'avait pas été loin pour les deux garçons, totalement épuisés.
-Allez, Blaise, un petit effort ! s'exaspéra la jeune Hermione en soufflant bruyamment. Quel est l'ingrédient de la potion de nettoyage ? Je te l'ai fait répéter dix fois depuis hier soir ! Draco, c'est là que ça se passe ! Tu peux répondre à la question, au lieu d'admirer ton balai ?!
Draco lui lança un regard noir avant de capituler en grognant, posant son balai sur le sofa. Il finit par rejoindre Blaise mais préféra s'asseoir sur la table plutôt que la chaise, énervant son amie encore plus. Hermione serra les dents et continua:
-quel ingrédient pour la potion de...
-Sécrétions diluées de Bandimon, coupa Draco en observant méticuleusement ses ongles, nonchalant.
Hermione serra les poings, énervée.
-Tu te fiches de moi ?! hurla-t-elle en refermant son livre violemment.
-Je sais que j'ai raison.
-Je le sais, figures-toi ! Mais tu me fais tourner en bourrique depuis un quart d'heure alors que tu as appris ton cours, contrairement à quelqu'un d'autre !
Elle dirigea son regard vers Blaise, qui haussa les épaules.
-Bourrique, c'est quoi ? demanda Blaise, penchant la tête sur le côté.
-Laisse tomber, soupira Hermione. Bon, on reprend !
Les garçons râlèrent en cœur, comme si c'était la fin du monde.
-C'est après-demain, les exams. Et toi, Blaise, tu as de sérieux soucis à te faire. Souhaites-tu rester en deuxième année, l'année prochaine ? Tu seras la riser de tous !
Blaise plissa les yeux.
-Merci Hermione pour ta confiance ! cracha-t-il. Figures-toi que je fais de mon mieux.
-Ce n'est pas assez !
-Arrête ! Je ne suis pas mister parfait, moi !
-Qu'est-ce que tu veux dire par là, exactement ?
Blaise se leva de sa chaise, se postant devant la jeune fille, la dépassant d'une demi-tête.
-Tu sais très bien de quoi je parle. N'est-ce pas, miss je-sais-tout ? ricana-t-il en croisant les bras.
Hermione ouvrit la bouche, sidérée.
-Espèce de... !
-La ferme ! cria Draco, faisant taire les deux amis. Vous avez plus huit ans, bordel !
-Comment oses-tu utiliser l'insulte de Weasley contre moi ! hurla Hermione en ignorant Draco royalement. Il me rend la vie impossible alors inutile de l'aider dans sa tâche !
-Sauf que pour une fois, dans toute l'histoire de Poudlard, un Gryffondor a raison.
Hermione perdit son sang-froid et se jeta sur son ami, ayant l'intention de le frapper au visage. Mais Draco intervint à temps et rattrapa la jeune fille, l'agrippant par le bras.
-Vous avez quel âge, sérieux .! Heureusement que personne n'est là pour vous voir. Vous êtes tous les deux des imbéciles indigne de Serpentard.
-C'est elle qui cherche ! cria Blaise.
-J'essaye juste de t'aider, idiot ! répondit rageusement Hermione. Mais d'accord, j'arrête ! Tous les deux, faites ce que vous voulez, je m'en fiche.
Hermione s'arracha à la poigne de Draco et partit dans son dortoir, le visage rouge de colère.
...
Miss-je-sais-tout ! Et puis quoi encore ?! Quel sobriquet ridicule ! Weasley n'était qu'un sombre crétin, de toute façon ! Comme tous les crétins à Gryffondor !
Elle était à Serpentard, par Salazar ! Elle allait devoir changer certaines choses, si une simple insulte la déstabilisait. Pour quelqu'un qui se faisait passer pour une sang-pur, elle avait encore beaucoup à apprendre.
Hermione n'était pas une miss-je-sais-tout. Elle voulait simplement réussir par tous les moyens. Ambitieuse, oui, mais faible ? Certainement pas. Elle n'allait pas se laisser faire comme ça. Si Blaise pensait qu'elle était comme ça, il allait vite changer d'avis.
La jeune fille devait passer sa soirée à réviser, se promettant de ne rien faire demain, veille d'examen. Mais... elle changea d'avis. Un gros sacrifice, quand on était perfectionniste comme elle. Mais il fallait bien qu'elle agisse comme une Serpentard !
Se redressant dans son lit, elle balança par terre ses parchemins puis se leva, observant sa chambre, partager avec d'autres filles, heureusement absentes pour le moment.
-Aller vient Pattenrond, on va faire un petit tour. Aller !
Le petit chat roux miaula, faisant le dos rond. Hermione rit et le prit dans ses bras, l'enveloppant dans les pans de sa veste en jeans, vestige de son monde moldu.
Pour la première fois, elle ferait quelque chose de spontané. Peut-être dangereux mais... totalement Serpentard.
...
Les ronronnements du chat rompaient le silence inquiétant des couloirs du troisième étage. Mais en même temps, cela rassurait la jeune sorcière, ce qui n'était pas négligeable. Après tout, la dernière fois qu'elle s'était aventurée par ici, Draco, Harry, Weasley et elle s'étaient retrouvé devant un énorme chien à trois têtes. Une expérience qui avait hanté plusieurs nuits. En même temps, on ne voyait pas Cerbère tous les jours, à moins de mourir !
Mais ce soir, Hermione n'avait pas l'intention d'y retourner. En tout cas, pas vraiment. Elle comptait le faire, pour être honnête, et espérer atteindre la trappe en immobilisant le chien d'un sortilège. Mais comme un concours de circonstances, la porte de la salle menant à la porte interdite s'ouvrit brusquement, arrêtant Hermione dans son geste.
Rapidement, la jeune sorcière se cacha derrière l'un des piliers, écrasant malencontreusement son petit chat contre la pierre grise.
-Chut ! souffla-t-elle comme si le chat comprenait.
Hermione coupa sa respiration, se plaquant contre le pilier tandis que des pas se dirigèrent vers la porte. Se décalant, elle jeta un oeil sur la personne, s'attendant à trouver le professeur Rogue... voire même Harry. Mais elle ouvrit grand les yeux quand elle découvrit le directeur de Poudlard, Dumbledore, suivit du professeur Rogue. Hermione se cacha, complètement paniquée. Si le directeur la trouvait ici, elle allait être renvoyée sur-le-champ, aucun doute là-dessus. Et tuée par Rogue, par la même occasion.
Les deux professeurs ne disaient pas un mot, mais elle entendait nettement le froissement de leur robe et le tintement de la clé pour ouvrir la porte interdite.
Son petit chat commençait à s'agiter dans ses bras, et Hermione sentit son cœur battre à cent à l'heure, tremblant de partout. Elle entendit des pas, une porte s'ouvrit, se refermer, puis plus rien. Mais avant, elle crût entendre quelque chose, comme un petit rire, ou un pouffement.
Hermione pâlit, n'osant plus bouger d'un cil. Le directeur savait.
...
-Je suis mort, Harry ! Je veux mourir !
-Tu exagères, rétorqua son meilleur ami en levant les yeux au ciel. Les prochaines années seront plus exigeantes, tu sais. Ce n'était qu'une sorte d'entrainement. Regarde les dernières années !
-Justement ! Autant mourir sur-le-champ !
Harry Potter sourit à son meilleur ami, Ron Weasley, compatissant. Il est vrai que les examens de fin d'année avaient été sérieusement élevés. Bien éloigné des écoles moldus, Poudlard formait très tôt les jeunes sorciers. Il fallait donc apprendre très vite. Et apparemment, ce n'était pas le fort de son ami Ron. Pas pour lui non plus, de toute manière. Mais heureusement, Hermione l'avait un peu aidé. Sinon, il s'en aurait jamais sorti, c'était certain ! Avec elle, on devait connaître tout et le répéter en boucle sans erreur. L'enfer. Mais bizarrement, il la remerciait.
Et justement, le sorcier vit la jeune fille courir vers lui, un large sourire aux lèvres, accompagnée par ses amis, un peu en retrait, derrière elle. Ces deux-là étaient comme son ombre. On ne voyait pas Hermione sans Draco ni Blaise. Plus particulièrement Draco, d'ailleurs.
Hermione s'approcha, seule. Son sourire faiblit considérablement à la vue de Ron. Toujours en froid, la remarque de Ron, plusieurs semaines auparavant, ne semblait pas être passée.
-Tu as réussi ? demanda-t-elle jovialement en lui souriant, ignorant délibérément son ami. Personnellement, c'était du gâteau. Je pensais vraiment que ça serait plus compliqué, mais finalement, les questions étaient simples et logiques. J'ai hâte d'être à l'année prochaine !
Harry vit Ron lever les yeux au ciel, ce retenant malgré tout d'émettre le moindre commentaire. Sage décision.
-Pour cela, il faudrait que le problème soit réglé, non ? demanda Harry en arquant un sourcil. Je doute que l'école existe toujours, sinon.
Hermione le regarda, l'air outrée, les poings sur les hanches.
-Tu as une façon de remonter le moral ! On va trouver une solution, ne t'inquiète pas, Harry. J'ai foi dans nos recherches.
-Tu es toujours positive comme ça ? s'interrogea le jeune sorcier en penchant la tête sur le côté, perplexe. On parle quand même de... tu sais.
Hermione soupira, baissant les épaules. Son regard s'assombrit.
-Je sais simplement très bien jouer la comédie, rétorqua-t-elle simplement, l'air grave. J'ai quelque chose à vous dire... en privé.
Harry fronça les sourcils en regardant la jeune fille faire signe à ses deux amis de les rejoindre. Il se tourna ensuite vers Ron, qui était resté en retrait, le regard assassin. Son ami secouait la tête, visiblement pas ravi de voir le trio argenté devant eux.
-On va chez Hagrid. Personne ne nous écoutera, dit Hermione en se mettant déjà en route.
Zabini et Malfoy ne semblaient pas non plus savoir ce que la sorcière voulait, mais aux regards qu'ils lançaient à Ron et lui, l'animosité entre eux existait toujours, bien que leur amie ait un lien avec le jeune Survivant.
Harry fit signe à son ami et ils suivirent les Serpentards à travers le dédale de pierre menant à la petite chaumière de Hagrid. Tandis qu'ils se posaient tous sur des troncs d'arbres, près de la petite maison vide à cette heure, à l'abri des regards, la jeune sorcière resta debout devant eux, le regard sombre. Harry doutait qu'elle soit là pour annoncer une bonne nouvelle.
-Il y a quelques jours... je suis retournée au troisième étage, dit-elle simplement.
Ron ricana, semblant se moquer complètement de l'information. Mais Zabini et Malfoy réagirent au quart de tour, explosant dans un maelstrom d'injures et de reproches. La sorcière resta calme, dirigeant son regard vers lui. Harry était le seul à ne pas avoir bougé. Il se racla la gorge.
-Je suppose que tu as découvert quelque chose ? dit-il d'un ton égal.
Malfoy contracta les mâchoires, le fusillant du regard. Il semblait lui reprocher son calme.
-Je suis resté longtemps là-bas, répondit Hermione. J'ai voulu ouvrir la porte, mais j'ai entendu des pas. C'était Rogue et Dumbledore. Mais ce n'est pas le plus étrange... J'ai attendu qu'ils ressortent. Seul Rogue est apparu. Je n'ai jamais vu le directeur revenir. J'ai paniqué, car j'ai pensé que Rogue lui avait fait du mal.
-Mais il était là, ce matin, au petit déjeuner, rétorqua Malefoy.
Hermione hocha de la tête.
-Il a peut-être repris la pierre ? suggéra Ron, à la surprise générale.
Les Serpentards regardèrent le Gryffondor, impassibles. Pour une fois qu'il contribuait à leurs recherches !
-C'est autre chose, je pense, reprit Hermione. Pourquoi le directeur aurait-il emmené Rogue, sinon ?
-Quelque chose d'autres a été emmener à l'intérieur, peut-être ? répondit Zabini.
-Mais quoi ? dit Malfoy. Faut déjà se demander pourquoi, si on pense Rogue coupable de trahison, Dumbledore lui montre l'endroit. Tu es sûr qu'ils sont entrés dans la trappe ? demanda-t-il en se tournant vers son amie.
-Oui, dit Hermione. Mais je ne sais rien d'autre. Par contre, en retournant dans mon dortoir, j'ai aperçu Quirrell. Il tourne toujours autour de cette porte. Et...
-Quoi ? insista Harry, fronçant les sourcils. Tu dois tout nous dire, Hermione !
La jeune sorcière se mordit les lèvres.
-Je sais bien mais... vous allez me prendre tous pour une folle.
-Trop tard, marmonna Ron, ne pouvant s'empêcher de l'ouvrir.
Malfoy sortit sa baguette. Harry se jeta sur lui, ayant vu le coup venir.
-Si Voldemort est bien de retour, on n'a pas le temps avec ça, cracha-t-il au visage du blond. On doit y mettre un terme et oublier nos rancunes. On ne peut pas le faire si on se marche sur les pieds !
Malfoy redressa les épaules et le menaça de sa baguette. Le sorcier ne bougea pas, le défiant du regard.
Hermione s'interposa alors, baissant le bras de son ami. Elle jeta un regard noir à Ron.
-Harry a raison, Draco, souffla-t-elle doucement. On doit tous les cinq s'entre aider. Pas se faire la guerre. Une fois fini, on reprendra nos habitudes et notre désintérêt pour les Gryffondor. Mais là, tout de suite, on a besoin d'eux.
-On peut se passer du rouquin, rétorqua Zabini.
Harry leva sa baguette.
-Tu écoutes Hermione ou tu es sourd ?!
-Menace-moi, vas-y ! ricana-t-il.
Hermione poussa Zabini, ce dernier reculant de trois pas, surprit.
-Vous voulez que le mage noir revienne, ce n'est pas possible ! explosa Hermione en serrant les poings, ses cheveux fous volants comme des tentacules. Maintenant, tout le monde range sa baguette, allez ! Vous croyez quoi ! Un sortilège d'immobilité et pouf ! tout est réglé ?! Non mais franchement, vous êtes tous les quatre des idiots !
La jeune fille n'était même pas en colère. Elle semblait juste fatiguée de toujours dire la même chose. Harry s'exécuta donc en premier. Hermione lui sourit. Malfoy plissa les yeux, méfiant, avant de faire la même chose. Harry vit alors Hermione prendre la main de Malfoy et la serrer, le remerciant. Il tiqua.
-Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Harry, une fois le calme revenu. Comment empêcher Rogue de prendre la pierre, si Dumbledore lui-même l'emmène avec lui ?
-Peut-être qu'il lui fait confiance, donc c'est pour ça qu'ils y sont allé ensemble, dit Malfoy, incertain. Soyons honnête, le directeur a beau être un vieux fou, il est l'un des plus grands sorciers de notre temps. Rogue ne peut pas le berner, vous croyez pas ?
Hermione secoua la tête.
-Je connais l'histoire de Voldemort, soupira-t-elle. Quand il avait notre âge, c'était un enfant compliqué, mais le directeur lui faisait confiance. Il a eu des doutes quelques années après, mais... vous connaissez la suite. Il n'a rien vu venir, sinon je suis certaine que Dumbledore aurait fait quelque chose. Alors Rogue peut arriver à le tromper.
-Cela expliquerait beaucoup de choses, marmonna Ron en haussant les épaules.
-Pourquoi, parce que c'est le directeur de Serpentard ? ragea la sorcière. Tous les Serpentards ne finissent pas mal, contrairement à ce que tu as dit, à la rentrée.
Ron pâlit, baissant les yeux.
-Ouais, j'ai entendu ça, aussi, sourit Hermione hypocritement. On ne doit pas oublier Quirrell non plus.
Harry la regarda brusquement, se rappelant quelque chose.
-Avant que notre discussion dégénère, tu voulais nous dire quelque chose à son propos.
Les garçons la fixèrent. Hermione toussa.
-Ce n'est peut-être rien.
-Merde, dis-nous ! cria Zabini.
-OK, bon... les rares fois où j'ai vu Quirrell, son turban... bougeait.
Le silence qui accompagnait sa révélation semblait pesante. Harry se gratta la tête, perplexe.
-Je comprends pas, avoua-t-il.
-Moi non plus, répondit Malfoy.
-Ce n'est pourtant pas compliqué ! J'ai vu son turban bouger ! Il y a quelque chose dessous, voilà !
-Heu...
Zabini la regardait comme si elle était folle. Malfoy s'assit, croisant les bras. Ron souffla. Quant à Harry, il regardait la jeune sorcière avec calme, analysant chaque mot.
-Qu'est-ce qui se cacherait dessous ?
Elle secoua la tête, se passant une main dans les cheveux. Elle ne semblait même pas être sûre de ce qu'elle avançait, donc savoir ce que ça cachait...
-Bon, admettons, continua Harry. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
-Heu... informer le directeur ? proposa sarcastiquement Malfoy. Ah, je sais, allez parler carrément à Rogue !
-Soit sérieux, deux minutes.
-Je n'ai jamais été aussi sérieux, Potter. Concrètement, on n'a aucune preuve, alors vous croyez pas qu'être sûr de nos accusations, ça serait mieux ? Vous allez sonner l'alarme, personne ne va vous croire, et Rogue va avoir le temps de fuir. Super, l'idée ! Comme ça, d'une certaine façon, Vous-Savez-Qui gagnera. J'en rajoute ou je continue ?
-Merci pour ton soutien, critiqua Hermione en le poussant de l'épaule. Du coup, quelles sont nos options ?
Malfoy et elle se mirent d'accord pour attendre en attentes de preuves tangibles, mais Zabini, Ron et Harry voulaient informer le directeur immédiatement. Le désaccord amena une fois encore une dispute, et les Serpentards finirent par partirent, laissant Ron et Harry seuls.
-On n'a qu'à en faire part à Hagrid pour commencer, demanda Ron en se tournant vers son ami. Il est propriétaire du chien, après tout. Il sait peut-être quelque chose !
-On devrait peut-être attendre Hermione, dans ce cas.
-Ah, parce que tu lui fais confiance, toi ?! ragea Ron en tapant violemment dans un caillou. Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu traînes avec ça ! C'est une Serpentard !
-Arrête ! souffla Harry. On en a déjà parler, donc passe à autre chose. Elle veut comme nous arrêter Voldemort. Le reste n'a pas d'importance.
Ron vira au rouge à l'entente du nom du mage noir. Il ne supportait jamais quand Harry le nommait.
-Tout a de l'importance, au contraire ! Ils peuvent nous trahir ! Comme Rogue et Quirrell.
-On n'a aucune preuve.
-C'est sur, venant de cette...
Harry le regarda, l'invitant à continuer. Ron soupira.
-Excuse-moi, Harry. Je fais des efforts, d'accord ! Mais je sais pas... je peux pas voir ces trois-là, en particulier cette fille. Granger cache quelque chose...
-Je sais.
-Mais tu ne me diras rien, c'est ça ?
-Ce n'est pas à moi de le faire.
-Je croyais qu'on se faisait confiance ? s'étonna Ron en venant se planter devant son ami. Je croyais que je pouvais te faire confiance !
Harry jeta un œil derrière lui, regardant attentivement la forêt interdite.
-Écoutes, dit-il en détournant les yeux, Hermione n'a rien à voir avec Malefoy et Zabini, point. Et elle est probablement la plus apte à empêcher Rogue de s'emparer de la pierre. Mais pour cela, il faut que tu lui fasses confiance. Qu'on se fasse tous confiance, sinon...
-Si elle devient un danger pour nous..., menaça Ron, le regard dur, je... je sais pas ce que je ferais mais...
-Concentrons-nous sur la pierre philosophale, ok ?
Ron le regarda une dernière fois puis prit le chemin menant au château. Harry se retourna une fois encore vers la forêt, sculptant cette dernière, les lèvres pincées.
Il espérait revoir la silhouette encapuchonnée.
...
-Draco, Blaise, on a un gros, mais alors gros problème ! cria Hermione en plein couloir menant au cours de potion.
Les cours de la journée étaient finis et les élèves se dirigeaient vers la grande salle, affamés. Hermione apparut dans l'angle d'un couloir, faisant sursauter les deux garçons.
-J'ai faim, moi, grogna Blaise. On peut voir ça après ?
-Dumbledore est parti ! cria Hermione, ignorant son ami.
Draco l'empoigna par le bras.
-Comment ça !
-J'ai voulu lui parler et le professeur Mcgonagall m'a expliqué que le directeur avait été appelé en urgence hors de Poudlard. Vous savez ce que ça signifie ?
Blaise fit non de la tête, ce qui ne surprit pas la jeune sorcière. Elle se tourna alors vers Draco, qui lui maintenait toujours le bras fermement.
-Rogue a le champ libre, dit-il sombrement.
Alors... pour commencé, bonjour !
Autant vous dire que je pense être plus heureuse que vous d'être enfin de retour ! Depuis longtemps je n'ai pas posté, et j'en suis affreusement désolée. Manque de temps, manque d'envie à cause des exams, manque d'inspiration. C'est pourquoi je vous dis: je suis contente d'être de retour, mais je ne suis pas très fier de mon dernier travail.
Bref, passons l'autoflagellation qui sert à rien.
Si vous me lisez toujours, sachez que je vous remercie beaucoup. C'est important pour moi de savoir qu'il y a toujours des lecteurs, et c'est ce qui motive. Donc pardon pour le retard, merci de toujours venir et... BIENVENUE aux nouveaux !
Malgré l'absence, des mises en favoris... je suis étonnée, mais ravi. Merci beaucoup, toujours.
La suite ? Pleine d'action, proche du final et surtout, très bientôt !
Voilà, je vous dis à dans quelques jours, pas plus, promis !
