CARPE DIEM

TOME II

QUATRIÈME ANNÉE


I

Les mangemorts


La Gazette du sorcier venait d'arriver par hibou à la fenêtre d'Hermione Granger, résident actuellement en France, dans une petite ville médiévale appelé Chauvigny où ses parents avaient trouvé du travail. Ces derniers, anciens dentistes, s'étaient reconvertis en tant que commissaires-priseurs il y a de ça trois ans. Fouillant les brocantes par milliers, les Granger s'étaient installés temporellement ici. Pour Hermione, mordu d'histoire, c'était le paradis. Et son histoire par rapport à l'archéologie tenait désormais la route. Mais Hermione voyait aussi ce changement comme une mauvaise chose: déménager à longueur de temps n'était pas tellement reposant. Et parfois, il était difficile pour elle de se rappeler où ses parents résidaient, tandis qu'elle étudiait à Poudlard. Blaise et Draco trouvaient souvent étrange qu'elle soit incapable de décrire sa maison.

Actuellement, ce petit problème était loin d'être sa priorité. Par conséquent, Hermione ne vit pas l'animal, trop concentré sur ce qu'elle tapait sur l'écran de son ordinateur portable.

Elle devait rendre un essai de philosophie sur la loi et le bonheur avant la nouvelle rentrée scolaire et elle n'était pas en avance. Heureusement, ses idées s'enchaînaient aisément et Hermione put finir son travail en moins de quinze heures, bien que pour un élève français normal, quinze heures de travail pour une dissertation étaient complètement tordues. Mais Hermione était tordue, donc ce n'était pas surprenant en soi qu'elle travaille comme une folle même en dehors de Poudlard. Elle était très satisfaite du résultat, d'autant qu'elle était la plus jeune et la meilleure de sa classe d'été. Moldu ou sorcière, son perfectionnisme l'a perdrai ! Draco et Blaise la traiteraient de folle s'ils savaient qu'elle s'était inscrite à des cours d'été, en attendant le début de sa quatrième année à Poudlard. Mais en même temps, elle ne pouvait pas en parler. C'était des cours moldus, indigne d'un sang-pur. Elle avait réussi à garder son secret intact depuis plus de trois ans et il n'était pas question que cela s'arrête aujourd'hui. Alors oui, quelques sacrifices étaient de mise.

Peu de personnes connaissaient son secret, finalement; Dumbledore, Harry Potter et Dobby avaient été mis dans la confidence. Mais les autres ignoraient tout. Ses parents connaissaient une partie de l'iceberg, mais comme c'étaient des moldus, elle ne pouvait pas leur demander la lune, non plus ! Le problème, c'est qu'au départ, il y avait eu un seul objectif: être ami avec Draco Malfoy parce qu'il semblait malheureux et qu'il avait été très gentil avec elle. C'est quand même spontanément qu'il lui avait offert Pattenrond ! Aujourd'hui, Hermione Granger avait grandi, avait pris des habitudes, avait traîné avec les serpents... et s'était vite rendu compte que leur mauvaise image venait du fait qu'ils étaient tous vu comme des mangemorts.

N'importe quoi ! Est-ce qu'on détestait les Allemands en pensant qu'ils étaient tous partisan avec Hitler ?!

Hermione détestait l'injustice, et pour ça, elle avait dû se battre pour faire évoluer les mentalités. Maintenant, certes, rien n'était acquis, pourtant, l'exclusivité des Serpentards s'était amoindri. Et désormais, voir un couple de Serpentard / Gryffondor dans les couloirs n'était plus vraiment une abomination. Il fallait simplement accepter le fait que même les sangs-purs étaient humains.

...

Hermione cessa de taper sur son clavier quand le hibou se mit à piailler devant sa fenêtre, frappant de son bec le double vitrage. La jeune fille soupira bruyamment en se levant, ouvrant la fenêtre sèchement. Être tranquille cinq minutes, c'était possible ?!

-Je suppose que tu veux tes cinq noises ? demanda Hermione en levant les yeux au ciel. Sale rapace déplumé !

Elle marmonna d'autres insultes en déposant l'argent dans la sacoche accrocher à la patte de l'animal. Elle le fit ensuite déguerpir rapidement, sifflant méchamment.

-Espèce de trouillard ! marmonna-t-elle en allant s'asseoir à son bureau, ouvrant la Gazette.

Non, Hermione n'était pas de bonne humeur et alors ?! Ça faisait maintenant un petit moment qu'elle était irritée en permanence. Peut-être que ses hormones se manifestaient !

Hermione s'attendait à quelques disputes entre politiciens sans importance, dans le journal sorcier. Ou bien le ministère faisant encore polémique sur le détournement de l'artisanat moldu, avec Monsieur Weasley, défendant ardemment un petit canard jaune en plastique. Idiot !

Quoi qu'il en soit, elle pensait devoir détruire rapidement le journal après s'être ennuyé devant. Sauf que le gros titre était tout sauf quotidien et ennuyeux. Il était même terrifiant.

Hermione se leva précipitamment et attrapa son portable, cherchant rapidement le correspondant souhaité. À la deuxième tonalité, Harry Potter répondit, l'air ensommeillé.

Ouais, bon... il était six heures du matin.

-C'est quoi ce bordel, Potter ! cria-t-elle alors qu'il ronchonnait à cause de l'heure. Tu es vraiment sérieux ?! Comment tu as pu oublier de m'en parler !? Pourquoi tu as un portable moldu, à ton avis, crétin ?! Pour amuser Weasley et avoir une raison de plus pour se moquer de notre monde ?!

Elle ne le laissait pas en placer une, elle en avait conscience. Mais la jeune fille était tellement en colère qu'elle en oublia presque Harry.

-C'est arrivé hier soir, Granger, soupira le jeune homme. J'ai pas eu la tête à ça, tu vois.

-Mais il s'agit des mangemorts ! hurla-t-elle. Comment oublier de me dire que des mangemorts sont apparu en plein tournoi de Quidditch ?!

-C'était la folie, hier, se justifia le sorcier. Le ministère était présent et a bien failli nous blesser, Ron et moi.

-Je sais, ta photo est en première page dans la Gazette. Tu vas bien ?

-Quoi ? souffla Potter, surpris. Ils font vite ! C'était il y a quelques heures, à peine ! Mais ouais, rien de cassé. Juste ma cicatrice.

-Je n'aime pas ça, Potter. Chaque fois que ta cicatrice te fait mal, on sait tous les deux ce que ça veut dire, marmonna-t-elle en se postant devant sa fenêtre. Et ces mangemorts qui débarquent et la marque des ténèbres... ! Par pitié, dis-moi que je vais vivre une seule putain d'année à Poudlard sans risquer de me faire tuer ! Je suis fatiguée, tu comprends ! J'en ai ma claque de jouer les héros. Si les adultes sont incapables de nous protéger et qu'ils s'attendent à ce qu'on intervient encore... ! Merde, personne ne bouge, en dehors de nous, ou quoi ?! Soit ils sont d'une incompétence exemplaire, soit nous sommes de sacré petit génie et alors, même les partisans de Voldemort nous craignent !

-Tu es en colère, souffla Potter, ennuyé.

-Comment tu as deviné, Einstein ! Je ne suis pas en colère. J'ai juste besoin de normalité ! Parce que je te rappelles qu'à cause de ce monstre, je suis obligée de taire ce que je suis réellement ! Et par conséquent, je me tape Pansy comme colocataire dans ma chambre, chaque année ! C'est juste un enfer, pour ta gouverne ! Et puis il y a Draco... combien de temps je dois jouer encore avec lui, hein ? Tu crois que ça me fais quoi, moi ?! Que je me marre ?! Je viens de finir un téléfilm, tu sais, et devines de quoi ça parlait ! D'une fille qui se déguise et ce fait passer pour ce qu'elle n'est pas. Et évidemment, son meilleur ami le découvre et ne veux plus jamais lui parler. Bah le plus con dans l'histoire, c'est que c'est un film dramatique. Tu comprends ? Pas de fin heureuse pour cette fille, voilà. Alors excuse-moi si je suis sur les nerfs !

Hermione vit son reflet dans la vitre et fut surprise de voir apparaître quelques filaments translucides couler le long de ses joues. Elle les essuya d'un air rageur, se détournant de la fenêtre pour s'accroupir par terre.

-Je suis désolée, rigola-t-elle nerveusement, en reniflant. Tu n'es pas en reste, toi non plus, et tu es certainement le plus à plaindre de nous deux. Je crois que Poudlard me manque, c'est tout. Deux mois, c'est long. J'ai hâte de rentrée demain.

Harry lui pardonna son excès d'hystérie, la rassurant sur les mangemorts; le ministère et Dumbledore étaient sur le coup. Mouais...

-Tu as surtout hâte de retourner auprès de tes sujets, plaisanta alors Potter. Pas vrai, Princesse !

-Je suis une sang-pur, une Serpentard et probablement la meilleure de l'école, tous niveaux confondus. Eh non, je ne suis pas modeste. Alors oui, désolée, mais je dois jouer les chefs, se justifia-t-elle. Mais ne crois pas que j'idolâtre ma position. Tu sais très bien que parfois, je regrette d'avoir choisi Draco à toi.

La jeune fille se remit légèrement à pleurer, se passant une main sur le visage.

-C'est horrible de dire ça, mon Dieu ! Mais quand Draco me demande de pas te parler et inversement, moi, je...

-Ce n'est jamais facile quand on joue avec notre destin.

-C'est un reproche ? s'agaça-t-elle.

-Non, arrête de prendre la mouche ! Je dis juste que je comprends, Granger. Mais ne t'en fais pas; tu joues les dictatrices comme personne.

-J'ai pas trop le choix, soupira-t-elle.

-En insultant Ron à chaque fois que tu le croises ? En faisant peur aux premières années de Gryffondor ?

Hermione s'allongea sur son lit, éclatant de rire.

-Décidément, Poudlard me manque.

-Je suis sérieux, Granger.

-Moi aussi, s'écria-t-elle. Tu crois qu'il va se passer quoi, si ma maison apprend la vérité sur moi ?! Je dois me fondre dans la masse.

-Tu peux au moins avoir des remords, soupiras le sorcier.

-Plus tard les remords, je n'ai pas le temps.

-Hum hum, fit-il, pensif. Je suppose donc que demain, on s'ignore ?

-Tu supposes bien. On fait comme d'habitude; pas de contact direct. On s'envoie un hibou s'il est urgent de se parler face à face.

-Je suis désolé, Hermione, souffla alors le sorcier, surprenant la jeune fille.

-De quoi tu parles ?

-Je suis désolé que tu doives mentir, cacher celle que tu es au fond. Tu es une amie géniale et tu me manques. Je déteste quand on fait comme si nous étions ennemis.

Hermione soupira, fermant momentanément les yeux. Elle ressentait la même chose chaque jour. Heureusement que pendant les vacances, ils arrivaient à se voir dans le monde moldu. Leur amitié avait toujours été étrange et dangereuse. Mais en pensant à tous les stratèges qu'ils devaient mettre en place pour se voir, Hermione et Harry riaient souvent en trouvant qu'ils ressemblaient à un couple se voyant en cachette. La vérité était à l'opposé, mais c'est vrai qu'ils devaient faire autant attention qu'un couple. C'était amusant quand ils étaient enfants, s'envoyant des codes secrets tout le temps. Mais les choses avaient changé. Hermione n'avait plus douze ans mais quinze. Dans le monde sorcier, elle n'était plus une gamine depuis bien longtemps.

-Tu me manques aussi, Harry. À demain, dans le train.

Elle raccrocha, se tournant contre ses oreillers, camouflant ses peurs. Il fallait vraiment qu'elle arrête les films dramatiques !

...

Draco lui avait explicitement demandé de ne pas parler à Harry dans le train, et Hermione s'était juré de lui obéir en passant son chemin sans s'arrêter. Mais avec les mangemorts qui étaient de retour, la jeune fille s'arrêta malgré tout devant le compartiment d'Harry Potter. C'était une mauvaise idée, mais elle n'avait pas le choix. Et puis, Draco n'avait pas à la commander !

Ouvrant la porte, elle fut accueillie par plein de regards haineux. Ô joie !

-Les serpents, c'est à l'avant du train ! cracha Weasley en se levant brusquement de la banquette. Pas de rampant chez nous !

-Pardon, tu me parlais ? railla Hermione en ne le regardant même pas. Ce n'est pas toi que je viens voir, alors t'excite pas.

Harry posa une main sur son ami et l'incita à se calmer. Il se tourna ensuite vers la sorcière, sous les regards de Weasley, la sœur Weasley, les frères Weasley... bref, toute la clique rouquine.

-Granger, qu'est-ce que tu veux ? demanda méchamment Potter, serrant les poings.

Hermione sourit intérieurement. Malgré le danger, elle adorait jouer la comédie. En particulier quand Harry et elle jouaient ensemble.

-J'avais espéré que la rumeur soit fausse et que Weasley et toi n'aviez pas déjoué les plans des messieurs en cape noire, l'autre soir. Mais à ce que je vois, c'est malheureusement vrai.

-Espèce de garce ! cria Weasley en se détachant de son ami, se plantant devant Hermione, baguette levée.

-Quoi ? demanda Hermione innocemment. Je te parle pas, alors dégage.

Harry finit par pousser lui-même la sorcière hors de son compartiment, l'empoignant sèchement par le bras. Dehors, des élèves les observèrent, bouche bée. Harry plaqua Hermione contre le mur, la foudroyant du regard. La jeune fille sourit, penchant la tête sur le côté.

-Qu'est-ce que vous regardez ? cria-t-elle à l'adresse de deux Serdaigles.

Ces derniers déguerpirent rapidement, affolés. Hermione soupira, enfin seuls.

-Je te rappelle les règles ou quoi ? s'écria Harry en la bousculant plus durement contre le mur. Ce n'est pas toi, hier, qui m'a dit qu'on s'ignorait, comme d'habitude ? Qu'est-ce que tu fous, sérieux ?

-Lâche-moi, cracha-t-elle. Il y a plus personne.

-M'en fou. Tu débarques sur mon territoire sans prévenir. Comment je suis censé réagir ? Devant témoins, en plus !

-Il fallait que je te voie.

-Bon, c'est fait... accouche.

Hermione souffla d'exaspération avant de se glisser sur le côté, s'éloignant de lui pour respirer normalement.

-C'est quoi, le plan, cette année ?

-Quoi ? s'exclama Harry, perdu.

-Voldemort va revenir, t'en a conscience, non !

Harry se jeta sur elle, la faisant taire.

-Cri plus fort, tout le train n'a pas entendu !

Hermione le repoussa, agacé.

-Ce n'est pas une mauvaise idée. On aurait plus à se farcir le mage noir tout seul.

Harry soupira, se massant les tempes.

-Va rejoindre Malfoy. On parlera plus tard. Tu es toujours en colère, comme hier.

-Mais pas du...

-Va rejoindre Malfoy ! reprit Harry en la fusillant du regard. Calme-toi et fais comme d'habitude; ne m'approche pas. C'est tes règles, Hermione. Assume.

Son ami rouvrit son compartiment et la laissa seule, pantoise.

OK... ! Hermione resta une seconde devant la porte, inspirant un grand coup, puis parti. Zen, Hermione, zen. Pourquoi diable était-elle si en colère, après tout ? Son hystérie devenait vraiment bizarre.

Arrivée dans son compartiment, Draco leva immédiatement les yeux, lui lançant un regard peu amène. Les autres comprirent qu'il y avait anguille sous roche et partirent tous, prétextant une envie pressante, un uniforme à enfiler ou un professeur à aller voir. Les ennuis recommençaient... Hermione râla avant même que son ami n'ouvre la bouche.

-Pitié, ne commence pas, dit-elle d'une petite voix, rejoignant Draco sur la banquette, posant son menton sur son épaule. Je n'ai rien fais, cette fois.

Ses petits yeux de chien battu avaient toujours marché sur lui, quand ils étaient enfants. Mais depuis quelque temps, Draco avait enfin compris son manège et ne se laissait plus manipuler.

Dommage.

Hermione soupira en se redressant, croisant les bras d'un air boudeur.

-Vas-y alors, cri-moi dessus.

Son ami n'avait toujours rien dit et la jeune fille s'en inquiéta. En général, c'était vraiment mauvais. Mais alors, très, très, très mauvais.

-Mais cri-moi après, Draco, merde ! Dis quelque chose au moins ! Tu sais que je déteste quand tu reste muet. Ça me fait peur.

Draco tourna la tête vers elle, l'observant sans rien dire, l'air mauvais.

-Là, tu fais encore plus peur, gémit Hermione en s'agrippant à son bras. S'il te plaît, Draco...

Le jeune homme s'écarta d'elle froidement, mettant le plus de distance entre eux. Hermione resta prostrée, figée sur la banquette, n'osant plus relever les yeux. Elle sentit son nez la picoter, signe qu'elle allait pleurer.

-J'ai fais quelque chose de mal ? demanda-t-elle. Draco...

-Tu oses me demander si tu as fais quelque chose ?! cracha alors son ami en se tournant brusquement vers elle, ses yeux lançant des éclairs. Alors que tu m'as clairement menti ?!

Hermione écarquilla les yeux, effrayée. Son souffle se coupa et la jeune fille se pétrifia, le teint blafard. De quoi il parlait ? De... ce qu'elle est ? Par Merlin, elle était perdue !...

-Je... je sais pas quoi dire... gémit-elle, reculant prudemment de son ami. Je ne voulais pas...

-Oh, je t'en prie ! cracha-t-il. Pleure pour quelqu'un qui en aura quelque chose à faire ! Tu m'as menti, Hermione. J'en ai vraiment marre de toi ! Comment te faire confiance après ça !

Il parlait de quoi, exactement ? Hermione ne comprenait pas.

-Je te parle de Potter ! hurla-t-il devant le regard perdu de la jeune sorcière. Tu m'avais promis de plus lui parler... ! Et qu'est-ce que j'entends ? Potter et Granger seraient dans le train, se gueulant dessus. Tu crois que je le prends comment ?!

-Mais justement, on se disputait... on ne faisait rien d'autre !

-Et pourquoi, hum ? Pourquoi tu as été le voir, Hermione ?!

La jeune fille baissa les yeux, se mordant les lèvres.

-Harry a été attaqué par des mangemorts, murmura-t-elle.

Draco se pencha vers elle, les yeux plissés.

-Et ça nous concerne parce que... ?

-Merde, Draco ! s'énerva Hermione en se levant brusquement, le regard dur. Tu sais très bien que j'aime bien Harry et... Enfin, souviens-toi de Voldemort, en première année ! Et de Tom Jedusor, il y a deux ans ! Et ce qui s'est passé, il y a trois mois. Harry, Ronald, Blaise, toi et moi... on est tous impliqués. Comment faire comme si tout allait bien alors que Voldemort sait pertinemment qui est responsable de ses échecs ?! Tu ne te sens pas en danger, toi ? Tu m'avais pourtant promis de rester avec moi, quoi qu'il arrive ! Que tu n'étais pas comme ton père et...

-Arrête ! s'agaça son ami en détournant le regard. Ne fais pas comme si c'était moi le fautif, dans l'histoire. Je t'ai promis de changer. D'ignorer Potter et sa clique si toi, en échange, tu l'évitais. Tu n'as pas tenu cette promesse, Hermione. Comment je peux alors tenir la mienne, hum ?

Hermione réfléchies deux minutes avant de finir par s'avancer vers Draco, posant une main sur son bras. Elle leva les yeux, affrontant la colère de son meilleur ami. Elle adorait Draco. Elle ne pouvait pas le perdre. Pas comme ça.

Elle s'humecta les lèvres, inspirant un grand coup.

-Si je jure ne plus lui parler, pour quelque motif que ce soit... tu arrêtes de me regarder comme ça ? demanda-t-elle, incertaine.

-Te regarder comment ?

-Comme si... je t'avais déçu. Comme si... j'étais une ennemie.

Draco finit par soupirer, venant poser sa propre main sur le poignet d'Hermione. Il la caressa inconsciemment, les yeux rivés sur leurs mains. Il ferma les yeux.

-Tu me rend fou, Hermione, dit-il en l'approchant de lui. Tu es la seule qui réussit à me rendre tellement furieux. Je déteste ce que tu me fais. Je suis censé m'en foutre totalement. Mais dès que tu fais quelque chose, soit je suis fou de rage, soit je suis fou d'inquiétude.

-Et c'est mal ? demanda la jeune sorcière.

-Je crois, souffla-t-il, glacial.

...

En cette quatrième année, Hermione n'avait toujours pas eu de chance; Pansy Parkinson partageait sa chambre. La tuer dans son sommeil était alors vraiment tentant, mais comme ça ressemblait trop aux mangemorts, elle dut se résoudre à la laisser tranquille, bien qu'un sort la titillait sévèrement. Cette garce se croyait reine et surtout, elle tournait autour de Draco, son meilleur ami ! Elle disait qu'il était fou amoureux d'elle et pleins d'autres conneries de ce genre. Ça irritait Hermione au plus haut point, allant jusqu'à s'imaginer la frapper contre un mur. Tentant...

Le premier soir, avant d'aller manger au premier banquet, les élèves devaient ranger leurs malles dans leur chambre. Hermione profita donc de sa chance.

-Mettons les points sur les I immédiatement, commença Hermione en plaquant son ennemie contre le cadre de son lit. Tu me laisses tranquille. Tu laisses Draco tranquille. Tu arrêtes de te rendre intéressante. Tu ne te mets pas en travers de ma route. Et par-dessus tout, tu ne critiques aucune maison. Si l'un de ces points n'est pas respecté, tu auras affaire à ma baguette, et je ne ménagerai pas mon sortilège. Compris ?

La jeune sorcière balbutia des excuses et partit en courant, sous le regard narquois d'Hermione. Cette dernière appréciait beaucoup la terreur qui animait Pansy quand la sorcière commençait à la menacer. Pourtant, elle ne lui avait jamais rien fait ! C'était trop facile...

À table, Blaise lui demanda ce qu'elle avait encore fait à Pansy, vu la tête de cette dernière quand elle les avait vu arrivés. Hermione haussa simplement les épaules en faignant l'innocence. Elle ne voyait absolument pas de quoi il voulait parler.

-Vous savez que cette année, nous allons être plus nombreux que d'habitude, minauda Hermione en se servant du jus de citrouille. J'ai hâte de les rencontrer. Mais je...

-De quoi tu parles ? demanda Blaise en oubliant l'histoire avec Pansy.

Hermione sourit en buvant son jus.

-Mais des élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang, bien sûr ! s'exaspéra la sorcière en levant les yeux au ciel. Tu n'écoutes donc jamais les professeurs ! Ils en avaient parlés brièvement en fin d'année.

-La coupe des Trois Sorciers, souffla Draco à son ami. Les trois écoles vont s'affronter.

-Exactement, cria Hermione comme si c'était une évidence. Tu vois Blaise, Draco écoute ce qu'on lui dit, lui.

-Tu m'étonnes, marmonna Blaise en posant la tête sur sa main. Pour information, princesse, Draco ici présent devait aller à Durmstrang. Lui et son père avaient déjà tout prévu, mais Narcissa avait trop peur, à cause de la sale réputation de l'école.

Draco bouscula son ami brusquement avant de plisser les yeux.

-Ça va, de parler de ma mère comme si je n'étais pas là ! grommela-t-il, mauvais.

-Calmes-toi, Draco ! Je dis ce qui est. Tu es quand même mieux à Poudlard !

-Avec vous deux ? cracha faussement Draco. Je me pose la question...

La mauvaise humeur de Draco fit sursauter le jeune métisse italien, qui se tourna vers Hermione, circonspect.

-J'ai raté un épisode ?

-Laisse, répondit Hermione de mauvaise grâce, fixant son meilleur ami avec la même froideur. Monsieur souhaite juste que tout le monde lui obéisse, moi y compris. Sauf que c'est hors de question ! Le petit Prince fait donc la tête. Et tu comptes me le faire payer encore combien de temps, exactement ? finit-elle en s'adressant à Draco. Tu n'as pas à choisir mes amis, Draco. Je ne le permettrais pas.

Blaise regarda Draco puis Hermione, les yeux ronds. Il semblait totalement abasourdi par l'échange qui se jouait entre les deux amis.

-Par salazar, la température a chuté ou c'est moi ! s'écria-t-il. Sérieux, vous deux, vous allez arrêter !? À chaque fois, c'est pareil ! Soit vous êtes inséparable, au point où je me demande ce que je fous là, soit vous vous haïssez comme un sang-pur et un sang-de-bourde. Si ça continue, je vais être obligé de croire à mon hypothèse !

Hermione détourna le regard, serrant les poings. Draco l'imita bien vite, sous le regard agacé de Blaise. Ce dernier frappa la table de son point, les faisant tous deux sursauter.

-Les hormones vous pourrissent la vie, tous les deux !

La jeune fille se mit à crier, frappant Blaise de son bras.

-Occupes-toi de tes affaires !

-Non mais je comprends, continua Blaise en évitant les coups de son amie. Vous avez quinze ans, Hermione est une femme, Draco est un grand et beau sorcier... faut pas chercher plus loin, hein !

Ses deux amis se tournèrent vers lui, éberlués par ses dires. Blaise éclata alors de rire, se tenant les côtes.

-Par Merlin, vous verriez vos têtes ! ria-t-il en les pointant du doigt. Il suffit que j'insinue que vous êtes ensemble pour...

-La ferme ! cria Hermione, se jetant sur son ami. Tu dis n'importe quoi !

-Oh, allez ! se plaignit Blase en s'écartant de la sorcière. Tous les Serpentards le disent: vous êtes fait pour...

-Termine cette phrase, Blaise, et je te lance un sortilège interdit ! cracha Draco en sortant sa baguette.

À ce moment-là, alors que Blaise repart dans un fou rire communicatif où presque toute la table est invitée à participer, une ombre apparaît devant eux, figeant Hermione, Draco et les autres élèves vert et argent. Blaise, les yeux fermés tant il rit, comprend vite que l'atmosphère s'est refroidi. En ouvrant les yeux, il déglutit, rentrant la tête dans les épaules.

-Eh bien, eh bien, je vois que l'année commence fort, susurra le professeur Rogue, la mine sévère, habillé de son éternelle cape noire. Malfoy, je pense être inutile de vous rappeler que les sortilèges interdit sont... interdit. Rangez-moi cette baguette avant que vous m'obligiez à vous enlever des points, à tous les trois. Bien, très bien. Maintenant, je ne veux plus vous entendre. C'est compris ? menaça-t-il.

Les trois amis hochèrent de la tête, silencieux. En partant, le professeur marqua un coup d'arrêt devant Draco, avant de rejoindre la table des professeurs. Hermione évita le regard de Draco et fixa son verre sans mot dire, vexée. Première journée et déjà fustiger par le professeur Rogue...

-Génial ! S'exclama un élève de Serdaigle.

-Dément ! Crièrent les frères Weasley à l'unisson.

Hermione releva les yeux vers la table des professeurs, tentant de reprendre le fil de la conversation. C'était bien la première fois qu'elle loupait le discours du directeur !

-La coupe des Trois Sorciers n'est pas réservée pour les craintifs, expliquait Dumbledore d'un air sombre. Une fois choisi, vous ne pourrez changer d'avis, et surtout, vous ne pourrez être aidé. J'insiste bien sur ces deux points, jeunes gens. C'est une compétition magique, pas un jeu de première année. J'espère que vous comprenez cela ; la coupe des Trois Sorciers réserve de bien étranges épreuves, aussi dangereuses qu'effrayantes. C'est pourquoi je vous demande d'accueillir chaleureusement les élèves des deux écoles participantes !

À ces mots, les portes de la grande salle s'ouvrir sur de nombreuses silhouettes bleues.

-Oh non, je rêve ! S'exclama Hermione en tournant le dos aux jeunes filles de Beauxbâtons.

-Par salazar ! S'écria Blaise en souriant bêtement, suivant les filles du regard.

-Blaise ! Gronda la jeune sorcière en frappant du poing sur la table. Arrête de baver comme un abruti !

-T'es jalouse ? Souffla Draco en arquant un sourcil.

Hermione le fusilla du regard et lui balança un trognon de pain. Draco esquiva facilement en pouffant.

-Vous êtes tous les deux des abrutis ! Cria-t-elle. Je ne vois pas ce que j'ai à envier à ces greluches en robes de soie. Regarder comment elles sont toutes fine et délicates. Et l'une d'elles va participer à la coupe des Trois Sorcier ?! On va se marrer, tiens !

Les deux sorciers regardèrent Hermione sans comprendre, dubitatifs. Ces derniers temps, leur amie était constamment de mauvaise humeur... Draco plissa les yeux en observant sa meilleure amie.

Les cheveux longs jusqu'aux omoplates, bouclés et coiffés comme à son habitude, un uniforme aux couleurs de Serpentard, un maquillage léger, une moue figée aux coins des lèvres, des yeux légèrement dorés... Non, Draco ne voyait rien d'anormal... sauf peut-être ce pendentif, tombant parfaitement sur la poitrine de la jeune fille.

Il n'avait encore jamais vu ce pendentif sur elle. De forme conique et de couleur émeraude, il semblait être taillé dans une pierre particulière, luisant faiblement sous la lumière des chandeliers. Se rapprochant, Draco y vit comme des filaments verts onduler dans la pierre.

-Je te dérange, Draco ? Demanda soudain Hermione en se raclant la gorge.

Le jeune sorcier se redressa vivement, les joues en feu.

-D'où vient ce collier? dit-il simplement. Il ne m'est pas familier.

Blaise était trop occupé à admirer les acrobaties des garçons de Durmstrang pour se soucier d'eux. Draco en profita pour se pencher plus encore vers Hermione, tandis que tout Poudlard était en admiration face aux nouveaux arrivants.

La sorcière posa une main sur le pendentif, sur la défensive.

-C'est Narcissa qui me l'a offert.

-Ma mère t'as offert un pendentif ?

Hermione haussa les épaules.

-Tu sais bien qu'elle m'adore, répondit-elle. Elle ne m'a donné aucune raison particulière.

La sorcière se détourna ensuite de son ami et regarda la table des professeurs.

De son côté, Draco observa son amie, méfiant. Il ignorait si le comportement d'Hermione était anormal ou simplement dû à des trucs de filles, mais il était sûr d'une chose : le cadeau de sa mère était étrange.


Hello !

Je m'excuse pour la longue attente, mais comme vous devez le savoir pour certains, mercredi, c'est le BAC. Alors ma priorité était bien évidemment de bosser pour ça. Mais je continuais en parallèle l'histoire de temps en temps, et je voulais vous donner des nouvelles avant les épreuves. C'est fait !

Bien, alors... qu'en pensez-vous ? C'est un changement radical que j'amène ici avec une toute nouvelle Hermione. Son comportement est calqué sur sa maison, naturellement. Va-t-elle rester ainsi ? Et pourquoi cette colère constante ? La suite sera normalement plus rapide. Je reprends l'écriture d'ici le 24 juin.

D'autres questions ? J'y réponds avec plaisir ^^

Pour finir, je remercie Brownie June, Incarnacion, Nedwige Stew, etc. merci pour vos avis et vos questions. Grâce à vous, j'optimise l'histoire.

Et bien sur, MERDE à tous ceux qui passent des examens.