CARPE DIEM
TOME II
QUATRIÈME ANNÉE
III
Des ennemis complices
Les garçons étaient déjà installés depuis un moment quand Hermione se glissa entre les élèves de Poufsoufle pour rejoindre ses meilleurs amis, attendant impatiemment, comme tout le monde, les résultats. Entre-temps, elle bouscula accidentellement Hannah Habbot, une Poufsoufle qui était en train de discuter avec un élève de Gryffondor. La jeune sorcière la regarda, souriante. Une caractéristique très appréciée de la maison.
-Je suis sûr que ma maison a une chance de gagner ! Lui dit la jeune fille, complice. Si tu vois de qui je veux parler.
Hermione lui rendit son sourire distraitement, lorgnant sur le garçon non loin d'eux.
-Pour être honnête, j'aimerai bien que ça soit vrai.
Hannah cligna des yeux, surprise.
-Tu es aussi attirée par Cédric Diggory ? S'écria-t-elle, toute fébrile. C'est dingue !
-Quoi ? Non ! Je...
Blaise venait de monter sur son banc et lui faisait des grands signes avec ses bras. Elle et Hannah le regardèrent, moqueuse.
-Arrête-moi si je me trompe, mais... Zabini ne serait pas... tu vois ? Enfin, je veux dire, c'est évident, non ? Il est très craquant mais on devine bien que...
-Je me demande souvent ce qu'il fait à Serpentard, avoua Hermione, faisant la moue. Mais bon, comme beaucoup d'élève. Certains semblent avoir dupé le choixpeau.
-Oui, regardes-toi !
Hermione cessa de sourire intérieurement mais continua à rire avec elle quelques minutes avant de rejoindre sa maison. En s'approchant, sa mauvaise humeur reprit le dessus.
-C'était pas cool de laisser presque tous les Poufsoufle se foutre de moi, Princesse, pleurnicha Blaise en la poussant contre Draco. J'ai l'air de quoi, maintenant ?!
-Arrête de jouer à l'imbécile et soit plus discret, après, on en reparlera, tu veux ? Sourit Hermione en s'installant correctement entre Draco et lui. Tu aimes l'attention, alors ne te plaint pas.
-Touché ! Cria Blaise en s'effondrant sur le banc, mimant qu'une épée lui transperçait le cœur.
-Tu es épuisant, soupira la sorcière, sous l'œil ennuyé de Draco. Et toi, étire-moi un sourire, bon Dieu ! C'est irritant quand on est avec une personne qui tire la tronche h vingt-quatre !
Draco plissa les yeux, prêt à répliquer froidement, mais soudain, les bougies vacillèrent, un vent glacial les fit tous taire et la coupe de feu s'alluma brusquement sous une lueur bleue incandescente.
Les trois écoles présentent se figèrent, l'air cérémonieux. Chacun releva la tête, accueillant tous les professeurs pénétrant dans la grande salle.
Le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, fit son apparition et se précipita dans un mouvement fluide jusqu'à la coupe, prêt à dégainer le premier morceau de papier roussi. Les élèves attendirent, haletants, le premier nom sortir. La coupe cracha une première fois un gercé de feu et le professeur attrapa un petit parchemin noir, l'ouvrant lentement, les mains légèrement tremblantes.
Les sorciers retinrent leur souffle, sourire aux lèvres.
-Pour l'école Durmstrang, Viktor Krum, annonça le grand sorcier dans un tonnerre d'applaudissement.
Hermione sauta du banc et cria d'enthousiasme, imité par toutes les filles de la salle. Elle souriait de toutes ses dents, heureuse mais inconsciente de son acte. En se réinstallant, elle perçut une tension nouvelle émaner de sa gauche. Les poings de Draco étaient serrés et ses yeux étaient rivés sur Viktor. La jeune sorcière ne loupa pas le regard satisfait de Blaise. Quand la coupe cracha le deuxième papier, les élèves acclamaient encore le jeune homme et Dumbledore attendit patiemment avant de poursuivre.
-Pour l'école Beauxbâtons, Fleur Delacour, cria le directeur.
À cette annonce, tous les garçons se levèrent, ravie. Hermione émit un grognement dédaigneux et fusilla la Française du regard, irrité. Blaise souriait comme un imbécile, ce qui l'agaça encore plus. Pour sa défense, Draco ne la regarda pas.
-Assieds-toi, Blaise, ça suffit ! Cria Hermione en tirant sèchement sur la chemise du garçon.
Ce dernier s'effondra sur son banc, rouge de honte.
-Toujours jalouse d'elle, hein, princesse !
-Je ne souhaite pas ressembler à Barbie, contrairement aux autres ! Cracha Hermione, croisant les bras rageusement contre sa poitrine.
-Qui ça ? Demanda Draco, se penchant sur elle.
Hermione lui lança un regard peu amène, l'air revancharde.
-Occupes-toi de tes oignons ! Tu n'avais qu'à faire semblant de discuter avec nous plutôt que de jouer le prince sans cœur toute la soirée.
-Ah, parce que c'est moi qui joue à ce jeu ? Gronda-t-il, soudain furieux. Mais regardes-toi dans un miroir avant de parler, Hermione. Tu es la reine des glaces et personne ne peut te battre !
-Tu n'es pas si nul dans ce rôle non plus ! Tout ce que tu sais faire, c'est le zombie ! À croire qu'aucune émotion n'existe en toi !
-OK, les gosses, on se calmes, là...
-La ferme ! Crièrent Hermione et Draco ensemble.
Blaise souffla bruyamment mais ne se laissa pas faire. Se levant, il poussa brusquement Hermione et s'assit entre eux. Draco voulut protester mais Blaise l'arrêta.
-Il reste notre école, alors taisez-vous.
La sorcière, toujours remonter, renvoya le même regard courroucé que Draco, et tous deux se détournèrent de Blaise dans un même mouvement. Ce dernier ricana.
-Vous êtes fait l'un pour l'autre, ria-t-il, badin. Vivement le prochain épisode.
-Au prochain épisode, Blaise, c'est un sort impardonnable sortant de ma baguette ! Siffla Hermione à son oreille.
-Pour l'école Poudlard...
Dumbledore s'arrêta quelques secondes, les élèves ayant du mal à retenir leur excitation.
-Cédric Diggory !
Les quatre maisons crièrent de concert, acclamant la maison de Poufsoufle. Même les Serpentards sourirent, ce qui étonna presque Hermione. Cédric Diggory était beau garçon, humble et serviable. Personne ne pouvait le détester, par conséquent. Hermione vit pourtant Draco serrer la mâchoire et se lever parmi les applaudissements. Il semblait vouloir partir au plus vite.
-Attends, Draco...
-T'en a assez dit, Hermione, le coupa son ami froidement.
-Je ne suis pas la seule fautive, dans l'histoire !
Draco détourna le regard, s'apprêtant à partir, quand soudain, la coupe de feu s'agita une quatrième fois, sous les regards surpris des professeurs. Dumbledore s'approcha, le visage inquiet.
Un autre papier vola à lui et quand il le pris, Hermione sentit Draco se rapprocher d'elle, soucieux.
Quand elle entendit le nom d'Harry Potter franchir les lèvres du directeur, elle faillit s'écrouler sur place, tant des vertiges l'assaillirent. Blaise se leva et vint la prendre par le coude.
-C'est impossible, souffla-t-il.
-Il n'a pas mis son nom dans la coupe, assura Hermione en regardant ses amis. Ce n'est pas possible et vous le savez. Souvenez-vous des Weasley !
Draco hocha de la tête, perplexe. Parmi les autres élèves, plusieurs se mirent à crier et Hermione comprit que ce n'était pas pour encourager son ami.
-C'est un tricheur ! Cria un Gryffondor.
-Toujours pour ce faire remarquer ! Cracha un Serpentard.
-Il faut avoir dix-sept ans ! Assura un autre.
Pendant ce temps, Hermione vit Harry se diriger lentement vers la sortie, perdu. Même Ronald évitait son regard. La sorcière serra les poings.
...
-Si je vous entends encore parler de Potter, tous les trois, je vous promets que vous allez le regretter ! Retournez dans vos dortoirs !
Les trois premières années, terrifiés par la colère d'Hermione, lâchèrent plumes et parchemins et filèrent dans l'escalier sans emmètre un seul son. La sorcière sourit froidement, heureuse d'avoir enfin la paix. Hermione avait renvoyé ses deux meilleurs amis, et maintenant, la salle commune était enfin vide. C'était un soulagement pour elle, ayant une sévère migraine depuis que les quatre noms étaient sorti de la coupe de feu.
Quatre.
Impossible... ! Cette compétition entre écoles existait depuis fort longtemps, et jamais, jamais quatre noms ne furent tirés. Alors, pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi sur Harry Potter, justement ? Pourquoi sur l'enfant qui, un jour, contra un sort impardonnable. Le premier. Du jamais vu.
Hermione s'arrêta soudain de marcher, se rendant compte seulement maintenant qu'elle faisait les cent pas, tournant en rond, rendant nerveux Pattenrond. Ce dernier pencha la tête de côté, fermant un œil. La jeune sorcière l'observa, songeuse.
-Personne ne remarque ta présence, n'est-ce pas ? Dit-elle, une main sous le menton. Tu es si petit et si silencieux... Et tu es presque aussi efficace qu'un fléreur pur sang donc...
Son chat, un persan roux offert par Draco lors de leur rencontre, bailla, indifférent à ses dires. Hermione sourit, s'accroupissant devant lui.
-Si... si un sort existait pour... disons... faire parler un chat ? Je sais pas, quelque chose permettant de retransmettre ce que tu vois et entends. Tu servirais à bien des choses dans ce château, pas vrai ?
Pattenrond ronronna puis fit le dos rond, lui tournant ensuite autour des chevilles, mielleux. La sorcière soupira, dépitée.
-Mais tu reste un chat... et tes seuls ambition dans la vie, c'est dormir, manger et dormir. Très bien, tu vas avoir ta pâté, mais crois-moi... je vais trouver un moyen de te faire parler.
Hermione le caressa quelques minutes, la mine soucieuse, toujours tracassée par le destin de Potter.
...
Après le dîner, le lendemain, tous les élèves de Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang, y compris les champions désignés, se dispersèrent pour l'après-midi.
Draco Malfoy, irrité par la mauvaise humeur de sa meilleure amie et par les sourires de Zabini, préféra s'isoler dans les couloirs de l'école, un livre de sort pour seule compagnie.
Assis sur le rebord d'une fenêtre près de la serre de madame Chourave, le jeune homme révisa le cours de Rogue avec sérieux, se plongeant dans le livre au point d'oublier le monde extérieur, jusqu'à l'étrange comportement d'Hermione.
Seul depuis plus d'une heure, Draco ne remarqua pas la présence d'un sorcier à quelques pas de lui. Surpris et terrifié, il ne montra pourtant que de la dérision. Levant les yeux, il souffla d'exaspération en identifiant l'opportun.
-Poudlard n'est pas assez grand ? Demanda Draco en revenant sur son livre, tournant une page lentement, se retenant de montrer son agacement. Le terrain de Quidditch n'est pas assez bien pour un joueur de ta condition, peut-être ?
N'obtenant aucune réponse, le sorcier ferma son livre et se leva, regardant son interlocuteur.
-Tu parles ma langue ou je dois traduire ?
Son ton mesquin fit enfin réagir l'autre. Draco sourit.
-Ne crois pas qu'un Malfoy m'impressionne, répondit Krum avec un fort accent bulgare. Ton père a déjà essayé au match de cet été et rien n'en a découlé.
-Mon père n'impressionne plus personne depuis que le Lord n'est plus. Qu'est-ce que tu veux ?
Viktor montra son balai, un sourire suffisant sur le visage. Draco se méfia immédiatement.
-Ton absence s'est fait sentir au match.
-Vraiment navré, mais j'avais mieux à faire, répondit Draco. Je n'étais pas seul pour les vacances.
-J'ai appris ça, oui, le nargua Krum. Le choix est vite fait entre un match et une agréable compagnie.
Draco serra la mâchoire, se retenant de mettre sa baguette sous le nez de cet idiot arrogant.
-Ton amie aime le Quidditch ?
Il osait lui parler d'Hermione ? Draco lui lança un regard noir, faisant rire son adversaire. Ce dernier le défiait mais Draco n'allait pas ce laisser faire !
-Je compte profiter de ma notoriété... ça te dérange pas ? Hermione est vraiment mignonne...
-Elle déteste ce sport, alors tu n'as aucune chance, gronda le jeune sorcier. Et ne t'avise pas de l'approcher, elle est trop jeune !
-Ah oui... j'oubliais que vous étiez des enfants... désolé. Je me disais aussi, pourquoi un Malfoy ne tenterait pas sa chance pour le tournoi. Je me rappelle, maintenant.
Viktor Krum bouscula volontairement Draco avant de s'éloigner. Le jeune sorcier le suivit du regard puis partit vers sa salle commune, d'abord lentement, puis en courant. Il avait deux mots à dire à Hermione.
...
Pendant ce temps, à la salle commune des Serpentard, tous les élèves préférant la tranquillité studieuse à l'extérieur festif étaient occupés à réviser, jouer aux échecs, dormir sur les sofas ou bien lire dans un coin, près des cheminées. Les dernières années révisaient tandis que les plus jeunes se chamaillaient pour des cartes ensorcelées.
Près d'une fenêtre, un sofa d'angle émeraude trônait sur une petite estrade, surplombant la salle. Hermione y était installée, un énorme manuel sur la métamorphose et les sortilèges à la main. Son ami Blaise se trouvait assis sur l'accoudoir, une jambe calée contre l'épaule de la sorcière.
-Attends, je suis sérieux ! Plaida Blaise, sautillant presque comme un petit garçon de quatre ans. J'ai même entendu Pansy en parler à...
-Oh non, pas cette mégère ! Se plaignit son amie en plaquant son visage contre son manuel. N'écoutes pas un mot qui puisse sortir de cette vipère, Blaise. Ce sont des mensonges, assurément ! Et de toute manière, je vois mal cette sotte taper la discute avec une autre maison. Elle est tellement bornée que simplement respirer l'air d'un sang-mêlé peut la faire vomir. Je t'assure, je l'ai vu à l'œuvre.
-OK, mais là, c'est quand même grave ! Elle s'est vanté d'avoir entendu Londubat et Weasley critiquer, je cite «la manière dont Harry les a trahis». Tu y crois, toi ?
Hermione tenta d'écarter la jambe de Blaise mais en vain. Ce dernier était toujours dans son délire.
-Ce sont ses plus proches amis, Blaise ! Pansy ment, c'est évident. Jamais Weasley ne tournerait le dos à Harry !
-Tu en es certaine ? Insista son ami en fronçant les sourcils. Tu m'as pourtant dit que Weasley avait agit bizarrement hier soir. Et pour être tout à fait honnête, j'ai remarqué que l'ambiance était plutôt électrique, ce matin, à la table des Gryffondor.
-On est tous choqués, bien sûr ! S'exaspéra-t-elle, butée. Depuis que Harry est entré à Poudlard, il se passe beaucoup de choses étranges, en commençant par le retour du mage noir. Tu m'avais pourtant affirmé que pour ta première année, rien ne s'était passé. C'est vrai, tout allait bien depuis des années et...
-C'est vrai mais...
Blaise se mordit la lèvre, hésitant. La sorcière leva les yeux vers lui, intriguée.
-Ça n'a aucun rapport avec Tu-Sais-Qui, pas vrai ?
De la part d'un Serpentard, Hermione s'attendait à tout, sauf à voir et sentir la crainte. Elle se rapprocha de son ami, posant une main sur son bras.
-Harry et Draco l'ont tué il y a trois ans, assura-t-elle.
Au fond d'elle, Hermione doutait. Mais il n'était pas raisonnable de le montrer.
-Mais dans la chambre des secrets ?
-Un simple souvenir, répliqua Hermione. Seulement un souvenir issu d'un journal magique. Là aussi, il fut détruit, tu le sais bien.
-Et du fugitif, Black ? Continua malgré tout Blaise, la mine pâle. Je te rappelles qu'il s'est échappé d'Azkaban et que personne ne l'a retrouvé. Par Merlin, c'est peut-être lui la nouvelle source de problèmes !
Comment rassurer Blaise quand la jeune sorcière devait taire le secret au sujet de Sirius Black, le parrain d'Harry.
-Le seul problème, en ce moment, c'est qu'il y a un sorcier de quinze ans dans le tournoi, et qu'il s'agit de Potter. On a assez pour s'occuper, tu ne crois pas ! Black n'a rien à faire ici. La seule question, ici, c'est pourquoi un quatrième sorcier fut désigné et pourquoi Harry Potter. Ces deux coïncidences me semblent... improbables.
-Oui, bien sûr, marmonna Blaise, glissant de l'accoudoir pour venir près d'Hermione.
-Écoutes, souffla-t-elle en s'appuyant contre l'épaule de son ami, ce dernier passant alors son bras autour d'elle, je sais que tu ne comprends pas toujours le lien qui m'unis à Potter, et je sais que je te demande beaucoup pour cacher cela à Draco. Mais Harry est dans une situation dangereuse, et notre aide ne sera pas de trop. Comme il y a trois ans. Comme l'année dernière, tu te souviens ?
-Tu me demandes si j'ai oublié les détraqueurs ?! Si seulement... !
...
C'était il y a quelques mois, quand Harry avait retrouvé Hermione à l'infirmerie, après que cet idiot de Malfoy s'était fait attaquer par l'hippogriffe. La sorcière avait crié, faisant tressaillir tous les élèves présents. Harry était resté un moment auprès de l'animal, mais voyant son amie longue à revenir, il s'était dirigé vers l'infirmerie.
En entrant, il avait vu la jeune fille pencher sur Malfoy, soucieuse, cajolant le bras en écharpe de son ami. Harry n'avait rien dit, restant en retrait. Mais quand Malfoy avait levé les yeux, il s'était mis à l'insulté.
-Ton géant va regretter ! Avait crié le sorcier. Son animal est mort !
Suite à cela, Hermione était intervenu, mais comme d'habitude, elle en faisait le moins possible, n'éveillant pas les soupçons de son ami. Alors elle avait demandé froidement à Harry de déguerpir, ce qu'il avait fait, bousculant Zabini au passage. Ce dernier, plus amical que le prince des serpents, s''était écarté de son chemin sans un mot.
Suite à cet événement, Harry avait eu du mal à se dire que sans Malfoy, il n'aurait jamais pu sauver Sirius. En fait, c'était bien Hermione qui le lui avait fait remarquer, mais effectivement, sans ce dénouement, l'animal n'aurait pas été exécuter et Hermione n'aurait donc pas utilisé son retourneur de temps...
C'est à ce moment-là qu'Harry avait compris que, malheureusement, beaucoup de choses reposaient sur une série d'événements inéluctables. Rien ou presque ne pouvait être empêché.
Par la suite, Hermione et Harry avaient sauvé l'animal d'Hagrid, mais ils avaient découvert dès lors bien des secrets.
-Qu'est-ce que tu fais ? Avait hurlé Harry en tirant Hermione en arrière, furieux par son attitude.
La sorcière était tombée à terre, paniquée.
-J'essaie de nous sauver la vie ! Le professeur Lupin était sur le point de vous tuer, Blaise et toi !
-Mais maintenant, il arrive sur nous !
Harry avait alors relevé Hermione rapidement et lui avait dit de courir, ne regardant pas en arrière. Pourtant, la sorcière l'avait fait et, voyant arriver une créature hideuse et terrifiante, avait crié de terreur.
Les deux sorciers s'étaient précipités dans la forêt interdite et avaient couru jusqu'à se réfugier derrière un énorme arbre, à l'écorce rongée par les mites.
-Nous sommes en sécurité, maintenant, avait soufflé la jeune fille.
Harry l'avait regardé comme si elle était devenue complètement folle ou qu'une corne lui était poussée sur le front, se plaquant derrière l'arbre quand il avait entendu des pas approcher d'eux.
-Je ne parle pas de nous, mais de... de nos doubles ! S'était agacé Hermione, ayant du mal à parler de leur entité passé. Draco, Blaise et Ronald doivent être en sûreté avec le professeur Rogue, maintenant.
-Mais Peter Pettigrow a réussi à s'échapper une fois encore !
-Je pense que nous avons un plus gros problème, tu ne crois pas ?! Avait chuchoté la sorcière en tremblant. Je n'entends plus rien, Harry. Il est peut-être parti ?
Harry lui avait intimé de se taire et s'était penché légèrement pour faire le guet. La forêt renvoyait une atmosphère sinistre et terrifiante, laissant filtrer seulement le sifflement du vent et le craquement des branches.
Hermione avait entendu soudain comme un grognement, ou plutôt un souffle proche... trop proche. Se retournant, elle n'avait rien perçu, si ce n'est les ténèbres parmi les arbres étrangement recroquevillés. Elle s'était reculée contre Harry, respirant difficilement.
-Harry ? Avait-elle soufflé.
Ce dernier observait toujours de son côté les branches et le chemin qu'ils avaient emprunté pour fuir le professeur Lupin, tantôt métamorphosé en loup-garou.
-Harry ?
Le sorcier avait plissé les yeux quand il distingua non loin une nuée de corbeaux s'envoler dans le ciel. Hermione avait alors tapoté l'épaule du jeune homme, crispée.
-Tait-toi, Hermione ! Avait grincé le jeune sorcier.
Hermione voulut le prévenir mais elle était restée figée d'horreur, voyant approcher furtivement une masse sombre et squelettique.
-Il... il...
-De quoi tu...
Harry s'était figé une seconde, tentant de comprendre ce qu'il était en train de regarder et que Hermione pointait du doigt.
-Je te propose de courir, maintenant ! S'était-il écrié le sorcier en attrapant rapidement le bras d'Hermione pour la pousser en arrière.
Fuyant le professeur Lupin, les deux sorciers avaient ensuite atterri près du lac où Harry avait dit avoir retrouvé Sirius Black, agonisant sous l'assaut acharné et cruel des détraqueurs; ces créatures aussi viles que la mort, se nourrissant de pensées heureuses.
Harry avait raconté ce qui s'était passé ensuite, quand il avait vu son père le sauver grâce à un sort puissant, sous la forme d'un grand cerf à la blancheur spectrale. Mais Hermione l'avait mis en garde contre cela: c'était impossible. Aussi dingue le fait que son père soit réapparu, il n'aurait pas pu utiliser la magie pour sauver son fils. Pourtant, Harry n'en avait jamais démordu, affirmant même à Dumbledore lui-même que c'était bien son père son sauveur. Il avait rappelé que Voldemort avait fait réapparaître ses parents, lors de sa première année à Poudlard. Hermione et lui s'était ainsi disputé plutôt violemment.
C'était l'œuvre du miroir, pas du mage noir.
Blaise et Draco, étant – au grand malheur de Ronald – dans la confidence, n'avaient rien dit, préférant le silence au déni du sorcier. Les Serpentard avaient simplement suivi Hermione, comme à leur habitude. En même temps, Draco avait une dette à payer, à cette époque.
C'était bien de sa faute, après tout, si l'hippogriffe avait été exécuté. Le sorcier avait fait part à sa mère de son accident, et par la suite, Lucius Malfoy avait exigé la mort de l'animal.
Hermione avait voulu tuer Draco ce jour-là. Pour ce faire pardonner, il avait dû réparer son erreur, de mauvaise grâce, et Hermione avait embarqué avec elle et le retourneur de temps Harry, Ronald, Blaise et Draco.
...
-On a bien failli se faire tuer, cette nuit-là, soupira Blaise. Je crois que nous avions dépassé de loin le nombre de règles transgressées.
-Tu exagères ! S'écria Hermione en bousculant gentiment son ami. Je maîtrisais parfaitement la situation ! Seul Dumbledore avait su nos actions.
Son arrogance fit gémir Blaise, lui faisant lever les yeux au ciel.
-Oh, vraiment ? La taquina-t-il. Tu es sûr qu'on parle de la même nuit ? Laisse-moi te rafraîchir la mémoire...
...
Blaise, Draco et Ronald avaient eu pour mission d'arrêter le rat avant qu'il ne redevienne humain pendant que Harry et Hermione sauvaient la créature d'Hagrid. Malheureusement, le plan de Blaise avait échoué, ne sachant comment intervenir sans être vu par Rogue, Lupin et les jeunes sorciers.
Les trois garçons, cachés derrières des buissons, avaient dû donc regarder, impuissant, Peter Pettigrow s'échapper. Mais alors que Blaise avait voulu s'élancer à sa poursuite, son meilleur ami l'avait rattrapé, le plaquant au sol.
-J'allais l'avoir ! Pesta le garçon métisse en frappant son ami à l'épaule. Pourquoi tu m'en as empêché ?
-Regarde mieux, abruti ! Grogna Weasley en sortant soudain sa baguette, nerveux.
Blaise s'était alors redressé, et, alors qu'il regardait devant lui, ou se trouvait les sorciers, Rogue, Lupin et le malade de Black, il écarquilla les yeux, horrifié.
-Attendez... Hermione et Potter ne sont pas censé être à l'orée de la forêt, là ?
En effet, les trois garçons virent le professeur Lupin, déjà transformé, se diriger vers la forêt en hurlant à la mort, diablement féroce. Les sorciers se regardèrent, décontenancés.
-C'est comme ça que Lupin n'a pas tué Potter, s'écria Blaise, tout sourire. Je comprends mieux le truc, maintenant ! Quel génie, cette Hermione !
-Crétin, elle a sonné leur arrêt de mort, plutôt ! S'agaça Weasley. Si Harry est blessé, vous allez le regretter, tous les trois, je vous préviens !
Sa menace n'impressionna aucun Serpentard, toutefois, ils la fermèrent et suivirent Weasley, allant secourir leurs amis.
Arrivés de l'autre côté, prudent, Weasley éclaira leur avancé avec sa baguette. Les deux Serpentard fermèrent la marche, prêt à dégainer s'ils tombaient sur le professeur. Mais en s'enfonçant dans la forêt, seul le silence les accueillis, les rendant plus nerveux encore. Le silence n'était pas de bon augure, ici-bas.
-Où sont-ils allez ! S'agaça Blaise en lorgnant sur un rocher à la forme suspecte. On ne va pas s'éterniser ici ! Il faut revenir à notre point de départ et vite !
-C'est Granger qui a le retourneur de temps, idiot ! Cracha Weasley.
-Idiot toi-même ! On n'a pas besoin du retourneur de temps pour revenir.
-Par Salazar, vous allez la fermer deux minutes ?! Gronda soudain Draco en se retournant vivement vers les deux braillards.
-Toi, la ramène pas, le menaça Weasley, mauvais, plissant les yeux de colère. Nous sommes ici par ta faute. Par Merlin... je ne crois pas pouvoir continuer comme ça encore longtemps, chuchota-t-il ensuite pour lui-même.
-C'est toi qui me narguais, j'ai répliqué et cette saleté d'oiseau m'a agressé. Ce n'est pas moi qui ai voulu le tuer.
-Si ta jambe te fait trop mal... commença Blaise, presque compatissant pour le Gryffondor.
-Un chien m'a presque arraché la jambe, et j'ai pas eu le temps de me remettre que votre sale copine nous a obligé à courir une fois encore ! Cracha le sorcier, furibond.
Weasley regarda ensuite Draco avec fureur, serrant les poings. Il semblait plus furieux par le Serpentard que par sa douleur.
-Tu t'es plain à ton père ! Hurla-t-il. Tu es entièrement responsable !
-Vas-y, hurle plus fort, Weasley. Lupin sera content de savoir que sa nourriture est à porter de main, railla Blaise, regardant nerveusement tout autour de lui. Bon, on retrouve les autres, où on s'entre-tue ? Je ne suis pas sûr que nos doubles apprécieront la nouvelle tournure d'événements mais...
-Chut ! Le coupa abruptement Weasley, alerté par un craquement de branche.
Les trois sorciers se rapprochèrent les uns des autres instinctivement, baguette levée.
À l'orée d'un buisson épineux et à la couleur jaunâtre, une énorme masse sombre apparut, faisant hurler Blaise. Les deux autres garçons reconnurent immédiatement la créature d'Hagrid.
-Hermione ne doit pas être loin, en déduit Draco, baissant sa baguette. Montre-nous le chemin, tête d'aigle !
-Tête d'aigle ! Sérieux ? Demanda Weasley, sardonique. Malfoy, ta répartit craint.
-Je me fous bien de ton avis, le rouquin. Allez !
Les trois sorciers avaient alors retrouvé Hermione et Potter au bord du lac, en très, très mauvaise posture.
Une nuée de détraqueurs recouvraient le ciel et le lac par leur cape effilée noire. Blaise blêmit, Weasley resta figé et Draco recula, effrayé.
La première fois que les sorciers avaient vu des détraqueurs, c'était dans le train menant à Poudlard... et leurs rencontres ne s'était pas vraiment bien passée.
...
-N'ose même pas t'enorgueillir devant moi, Blaise, parce que c'est Draco et Harry, encore une fois, qui ont fait le sale boulot ce soir-là. Ronald était bien trop occupé à se plaindre de sa jambe pour avoir le courage de levé sa satanée baguette. Et toi...
-Je m'occupais de toi, princesse ! S'écria Blaise, outré. Je peux pas tout faire en même temps !
-Mais j'avais pas besoin de toi ! Cria la sorcière, offusquée.
-Excuse-moi, mais un détraqueur en était après toi ! Et pour information, tu ne maîtrisais pas encore le sortilège du Patronus, tout comme moi, Draco ou Weasley.
-Qu'importe, je peux très bien me défendre toute seule, je n'ai pas besoin de toi ou de Draco sur mon dos ! Je me débrouille toute seule, et si tu savais tout ce que j'ai fais depuis ma première année, crois-moi, tu ne me verrais plus de la même manière.
Blaise regarda son amie un moment, comme s'il réfléchissait à quelque chose d'important, puis finit par soupirer et prendre Hermione par les épaules, l'enlaçant brièvement.
-Je ne crois pas être capable de te voir comme une guerrière, avoua-t-il, contrit. Je suis pas misogyne, d'accords ! Mais tu es comme ma petite sœur, et mon rôle est donc de te pousser derrière moi quand ça va pas devant.
Hermione rigola. Un peu. Elle semblait quand même légèrement vexée.
-Ce jour-là, j'ai vraiment eu très peur, souffla-t-il ensuite.
Il la regardait étrangement, intensément. Blaise la fixait sans ciller, faisant reculer légèrement Hermione, mal à l'aise.
-Blaise...
-Hum... ?
La sorcière plissa les yeux, soupçonneuse, un brin intimidé.
-Ne me regardes pas comme ça, s'il te plaît, dit-elle. J'ai l'impression...
-Quelle impression ?
Hermione se lança, inspirant profondément.
-Tu... tu agis étrangement. As-tu des sentiments... pour moi ?
Blaise se recula brusquement, visiblement choqué. Hermione l'imita, se relevant du sofa.
-Tu es amoureux de moi, c'est ça ? C'est pour ça, tout ces regards, à longueurs de journée ?
Les yeux du garçon semblaient sortirent de leurs orbites tellement il semblait décontenancé par les craintes de son amie. Il revenait tout rouge, évitant son regard.
-Princesse... je t'aime.
Hermione retint son souffle, craignant la suite.
-Mais pas comme ça, assura Blaise en fronçant les sourcils. Je t'ai dit que tu étais comme une sœur pour moi. Jamais je...
Il releva les yeux, hésitant. La sorcière croisa les bras, attendant la suite, visiblement soulagé.
-Je suis gay, avoua Blaise en la regardant droit dans les yeux, impassible, effaçant toute hésitation et crainte de son visage.
-Et...? demanda la jeune fille, patiente.
-Et c'est tout ! Souffla-t-il.
-Non Blaise, ce n'est pas tout, s'agaça Hermione en observant la salle commune, l'air de vérifier que personne ne les écoutait.
-Quoi ?
-Je profite du moment où tu prends enfin le courage de me parler sans secret. Alors... dis-moi tout. Je sais que tu me caches quelque chose d'autre. Je le sais, Blaise.
Le garçon la regarda, perplexe.
-Être gay ne suffit pas, pour toi ?!
-Je me fiche de qui tu aimes, Blaise !
-Non, pas ici, pas quand on est Serpentard, sang-pur ou...
-Ne dis pas ça, tu ne l'as jamais pensé. Tu n'es pas un Serpentard.
-Excuse-moi ?! S'indigna Blaise. Non credo !
Il partit dans son délire en italien, s'arrachant presque les cheveux tant il semblait furieux. Hermione le regarda, stoïque, imperturbable.
-J'ai peut-être des secrets, Hermione, mais hélas, tu me devances largement pour ça ! Parce que la reine des hypocrites ici, c'est toi.
C'était la première fois que Blaise Zabini parlait de cette manière à sa meilleure amie, avec un tel regard déconcertant. Hermione se figea à ces mots, blêmissant à vue d'œil.
-Il est question de toi...
-Arrêtes d'esquiver, cracha soudain Blaise. Tu es très doué pour ça mais ça marches pas avec moi. Je sais aussi que tu caches bien des choses.
-Nous sommes deux, alors, gronda la sorcière. Pourquoi tu ne serais pas venu en vacances chez Draco, sinon pour faire quelque chose qu'on ne devrait pas savoir.
-J'étais en voyage avec ma mère.
-Une excuse facile, répliqua la jeune fille. Mais fausse.
-Tu ne sais rien.
-Non et c'est le problème ! Je ne sais rien ! Passe-t-on les vacances ensemble ? Non, puisque monsieur est toujours introuvable chez lui. Pourquoi, Blaise ?
-Et toi et tes expressions étranges ? Rétorqua le sorcier, un brin provocant. Tes connaissances sur le monde moldus, ton amitié avec Potter ! Tes prédilections pour l'égalité des maisons... bien que dernièrement, tu ne sembles plus t'en préoccuper ! En fait, c'est bien ton problème, princesse. On ne sait jamais qui tu es. Un jour, Hermione est pour Gryffondor, demain elle est pour Serpentard. Parfois, elle souhaite la paix, et ensuite, elle menace Pansy Parkinson. Tu manipules aussi Draco et ne crois pas que je suis aveugle ! Il te mange dans la main et tu en jubile. Tu semble en permanence de mauvaise humeur, alors qu'avant, tu étais étrangement gaie, comme les Poufsoufle. Je continue, Hermione ?
Blaise était furieux. Pire que ça, il était furieux contre elle, sa meilleure amie. Elle ne le montrait pas, mais elle avait l'impression de l'avoir déçu, ce qui lui fit mal.
-Je crois que j'ai compris ce que tu penses de moi, répliqua alors la sorcière, retenant ses larmes. Je suis désolée si tu as l'impression que je cache des choses mais...
-Ne t'avises pas de me mentir, là, en me regardant dans les yeux.
Alors elle se tut, ne détournant pas le regard, restant silencieuse.
Les deux sorciers restèrent donc debout, face à face, furieux, la peur au ventre, tous deux soucieux du secret qu'ils tentaient désespérément de garder.
C'est ce moment-là que choisit Draco pour entrer en scène, le regard noir, furieux. Il se dirigeait tout droit sur Hermione.
Bonjour, bonjour !
Un peu de retard, mais voilà: nouvelle cuisine à monté soi-même, avec bien sûr la plomberie à refaire, le carrelage, la peinture... bref, LA MERDE ! Ah et je travaille, c'était pas prévu mais voilà. Donc en gros, j'ai écris ce chapitre dans la boutique où je bosse, entre les clients et les pauses. Bref, du retard mais il est quand même arrivé !
Alors, pour l'info, j'ai obtenu mon BAC avec mention AB. Donc fin août, je pars en FAC de DROIT. Vous savez que j'ai choisi cette fac avec cette curieuse réflexion: " mes thrillers seront plus faciles à écrire !" Curieux, non ? ^^
Bon, et ce chapitre ? Ce n'est pas trop fou ? Parce que je me suis bien lâcher, je l'admets. Mais j'adore la tournure des événements donc...
Que cache Blaise ? Que va faire Draco pour empêcher Krum d'approcher Hermione . Hermione arrivera-t-elle à aider Potter ?
La suite ? Je préfère me taire, j'ignore ce que me réserve l'avenir, avec cette satanée cuisine impossible à monter ! Mais avant mon déménagement fin août, promis ! Heureusement, j'ai envie de dire !
Le meilleur pour la fin ^^
Merci encore et toujours à vos passages, commentaires, ajout en favoris, etc... Je n'ai pas pu répondre mais je prendrai le temps la prochaine fois. Gros bisous et courage pour la chaleur !
