CARPE DIEM
QUATRIÈMEANNÉE
TOME II
VIII
Le sortilège de l'influentiam
Bien qu'il fît probablement moins de zéro dehors et que le vent sifflait en permanence, laissant entendre par moments des bouts de blocs de glace glisser du toit, Hermione sommeilla plus de huit heures sans interruption. Son retour de Poudlard avait été long et elle s'était traité d'idiote pour avoir catégoriquement refusé d'utiliser la magie. Pour une née-moldu, c'était une chance d'être sorcière, alors ne pas en jouir était véritablement stupide.
Ce n'était pas le bruit que faisait mère nature qui la réveilla, mais le bruit d'une porte que l'on claqua un peu trop fort. La jeune fille ouvrit donc les yeux, sursautant derechef. Ça, c'était certainement son père. La délicatesse et lui, ça faisait deux. Grommelant, elle se leva, non sans veiller à ne pas faire trop de bruit en marchant sur la pointe des pieds. Elle sortit dans le couloir et passa devant la chambre d'amis où Draco ronflait doucement, puis descendit à la cuisine, guidée par la seule pièce allumée de la maison et par les odeurs qu'elle procurait.
-Qu'est-ce que vous faîtes là ? Marmonna Hermione en pénétrant dans la grande cuisine américaine, tapis de chrome, de vert et de bambou.
Elle se frotta les yeux et marcha vers ses parents en mode zombi, prenant appuie sur le plan de travail au milieu de la pièce.
-Il me semble que ce chalet nous appartient aussi !... bougonna faussement son père, une tasse de café à la main, le journal – moldu – dans l'autre. Et nous aussi, on est heureux de ton retour.
-Tu ne fais pas un bisou à ta mère ? Quémanda cette dernière en ouvrant les bras.
La sorcière soupira bruyamment et s'approcha de sa mère, qui l'attrapa rapidement, la serrant contre elle de toutes ses forces. Hermione cria et tenta de se dégager, sans succès. Elle détestait ça !
-Maman, lâche-moi ! Geigna-t-elle en essayant de faire passer sa tête sous le bras de sa génitrice. Allez, c'est bon, là ! J'ai plus quatre ans !
-Mon bébé grandit trop vite ! Gémis sa mère en serrant plus fort. Bientôt tu partiras définitivement et tu me laisseras toute seule. Je profite encore de mon unique bébé.
Hermione leva les yeux au ciel, agacée.
-J'ai à peine quinze ans, marmonna-t-elle. C'est bon, maintenant, tu peux me lâcher ?! Vous n'avez qu'à faire un autre enfant, par Salazar !
Son père explosa de rire mais sa mère l'arrêta en le frappant. La sorcière se libéra et courut à l'autre bout de la cuisine, reprenant enfin une respiration normale.
-Je déteste quand tu fais ça !
-Et ton papa, il n'a pas le droit à un gros câlin ?
La jeune fille jura tout bas, faisant encore rire son père.
-L'adolescence, ma chérie, l'adolescence, chanta-t-il à sa femme.
-Et sinon, vous repartez travailler quand ? S'impatienta la sorcière en vérifiant l'heure.
7 h 08. Draco allait sûrement bientôt se lever.
-Regarde ça, chérie; notre petite fille nous fou dehors. Bonjour l'éducation !
-Mais non mais... ! Faut déjà que je cache un maximum d'objets moldu alors vous, c'est... encore plus compliqué à gérer.
-Je vois, dit son père. Mais ne t'inquiète pas, ma chérie, on est très occupés en ce moment pour flâner ici.
Leur fille fronça les sourcils, attendant la suite.
-On reste définitivement à Gap... pour l'instant du moins. On arrête notre profession.
-Ah oui ? Marmonna-t-elle, peu intéressé.
-Les temps sont durs, lui expliqua sa mère. On a longuement réfléchi et on a décidé de reprendre notre ancienne affaire; ici, il y a du travail et ça nous permettra de moins voyager.
-Ce n'est pas pour tout de suite, mais on a déjà trouvé un local pour installer notre cabinet.
-Donc... vous allez redevenir dentiste... à Gap.
Hermione regarda ses parents, interloqué. Certes, ils étaient doués dans leur travail et certes, elle n'y voyait aucun problème. Mais ne plus voyager ? Ses parents détestaient se poser !
-On est bien d'accord que je reste à Poudlard, hein ? Ce n'est pas parce que vous vous installez en France que je vais aller à Beauxbâtons !
-Naturellement ! Sourit sa mère en caressant la joue de sa fille. Nous savons pertinemment que ta vie et tes amis sont à Poudlard et...
Son père renifla, faisant tourner les têtes des deux filles.
-Je te rappelle que l'un d'eux est à l'étage ! Bougonna-t-il en regardant son journal. Dans la chambre d'amis ! Ajouta-t-il en regardant Hermione. N'est-ce pas ?
La sorcière écarquilla les yeux, comprenant l'allusion de son père. Elle balbutia.
-Chéri, laisse là tranquille ! Ils n'ont que quinze ans !
-J'ai eu quinze ans aussi, répliqua son père. Je sais ce que je dis. Ça commence maintenant.
Hermione cria à ses parents de se taire et s'échappa de la cuisine, les joues cramoisies. Manquait plus que le cours gênant que faisaient les parents, arrivé à un âge ! Non mais quelle honte !
...
Draco se réveilla une heure après son amie, entortillé dans les draps et l'un des oreillers tombés à terre. Il gémit en ouvrant les yeux, aveuglé par la lumière du jour. Hermione venait d'ouvrir les volets, par Merlin ! Il allait la tuer.
-Petit-déjeuner ! Chantonna-t-elle en s'approchant du lit, sourire aux lèvres.
Draco se redressa et observa la pièce, arquant un sourcil.
-Et où se trouve-t-il ?
-Dans la cuisine, petit Prince ! Gronda-t-elle quand elle s'aperçut que Draco était sérieux. Alors bouges-toi !
Quand Hermione lui ordonna de s'asseoir à la table de la cuisine, Draco vit le panorama qu'offrait la baie vitrée; quelques maisons et au loin, des chaînes de montagnes enneigées. Le soleil, quand à lui, commençait à rayonner sur la neige. C'était un paysage qu'il ne connaissait pas. Certes, Poudlard offrait ce genre de spectacle, mais chez lui, aux alentours de son manoir... mis à pars la forêt sinistre, rien n'était à voir. Seules les ténèbres et des arbres morts. Draco médita un moment mais fut contraint de revenir au moment présent quand sa meilleure amie posa violemment sur la table un bol fumant de chocolat chaud. Le sorcier, affamé, y plongea sans gêne, faisant rire son amie.
-Dans une semaine, c'est le réveillon. Il va falloir faire quelques courses pour se préparer.
Draco ne comprenait pas un mot de ce qu'elle racontait. De toute manière, il était trop occupé à engloutir ses tartines de beurre.
-Le réveillon, insista la sorcière. La fin de l'année ! Tu fais bien le réveillon, non ?
-Tu as déjà passé Noël à la maison. Tu sais donc comment on fête le dernier soir de l'année.
Comme pour Noël, Monsieur Malfoy aimé raconter l'histoire de sa famille, sa haine des moldu et des sang-mêlé, la légende de Mélinite et Geoffrey, l'époque où Voldemort régnait. Bref, un moment de fête. Heureusement qu'il ne le faisait pas en présence de Blaise, Hermione, Astoria ou des autres. Draco était fier de sa famille, mais il savait aussi que son père était très glauque par moments. Inutile d'effrayer les autres.
-Tu ne vas pas regretter d'être venu chez moi ! Sourit Hermione. Tu vas adorer ! On mange que des bonnes choses !
-Comme le bal de Noël ?
C'était sorti tout seul, sans qu'il ne le veuille vraiment. Pourtant, il l'avait dit. Et Hermione cessa de sourire, baissant les yeux sur ses mains. Draco se sentit mal, sachant qu'il avait gâché la bonne humeur de la sorcière. Sans trop savoir ce qu'il faisait, il rapprocha sa main de celle de sa meilleure amie, en face de lui, et prit sa main, un peu maladroit. Hermione le laissa faire, surprise. Ils se regardèrent, stoïques.
-Il y a un moment que j'ai aimé, au bal.
Pourquoi il parlait, l'abruti ! Draco savait qu'il devait avoir l'air stupide, mais il continua sur sa lancée. De toute manière, Blaise n'était pas là pour compliquer l'histoire.
-Le soir, dans la salle commune.
Pitié, tuez-le avant qu'il finisse !
-Tu étais enfin avec moi et pas avec l'autre crétin.
Voilà, fini. Bon, lâche sa main, maintenant !
-Un crétin à la tête vide, ajouta la sorcière en lâchant la main de Draco, les joues rouges. Tu avais raison.
-Pourquoi tu... pourquoi lui ? Demanda Draco, un peu durement.
-Il me la demandé.
Ouais... et pas toi. Crétin ! Draco entendait très bien Blaise lui dire ce genre de chose.
-Blaise ne te la pas proposé ? Insista-t-il.
Elle le regarda, amusée.
-Je ne suis pas son genre. Et je pense qu'il s'amusait très bien tout seul.
-Mais vous avez dansé ensemble, insista le sorcier.
-Pendant que tu te saoulais ! Marmonna-t-elle, un brin irrité. Blaise était là, lui !
Aïe. Il l'avait mérité.
-J'étais...
-Oui, j'aimerais entendre ta version. Vas-y Draco.
Draco se défila. Il avait assez parlé pour ce matin. Il passerait encore pour un crétin et aurait droit à une dispute mémorable de la pars de sa meilleure amie. Non merci.
...
Plus tard dans l'après-midi, Hermione et Draco, ayant mis de côté leur dispute du matin, s'amusèrent dans la chambre d'Hermione, essayant de nouveaux sorts. Hermione avait donc sorti plusieurs manuels de la bibliothèque et les avaient tous étalés sur le parquet. Ils avaient l'embarra du choix pour revenir les meilleurs élèves à la rentrée.
Quand Draco avait repris sa baguette, sa bonne humeur – rare – était revenue et la sorcière se promit d'utiliser la magie le plus possible durant les vacances. Le voir sourire était son moment préféré, alors elle usa de magie pour le moindre prétexte.
-Regarde celui-là ! Reducto ! Récita Hermione en feuilletant son manuel. Il permet de réduire toute sorte d'objet. Mince !
-Parfois, je regrette de ne pas avoir révisé, avoua Draco. En gros, j'aurais pu réduire ma valise et ne rien porter du tout durant le trajet !
-D'autres sont plus utiles mais c'est vrai que j'aime bien ce sort. À consommer sans modération ! Certains sont malheureusement trop puissants. D'autres sont destinés aux majeurs... c'est n'importe quoi !
Hermione était allongée par terre, sur le ventre. Draco était en face d'elle, en tailleur. Ils jouèrent un moment, mêlant sortilèges et duels. La journée passa très vite et Hermione s'en félicita, parce que son meilleur ami ne lui posa aucune question sur la ville de Gap, la maison ou même ses parents, que les Malfoy n'avaient entraperçu qu'à de rares occasions. Le moment viendra où elle devra le mêler avec le commun des mortels et ses parents...
-Je te propose deux programmes pour la semaine, commença la sorcière en arrêtant Draco dans son élan, ce dernier récitant une formule. Demain après-midi, je t'emmène quelque part, et un autre jour, on va en ville pour préparer le réveillon.
-Et où irons-nous demain ?
-C'est une surprise; tu dois me faire confiance.
Draco acquiesce rapidement de la tête puis replonge dans son manuel. Hermione le regarda, appréhendant le jour où le sorcier comprendra que sa confiance avait été sali.
...
Le lendemain, alors qu'Hermione avait une fois encore éloigné Draco de ses moldu de parents, elle prépara leurs affaires pour partir. Exceptionnellement, elle accepta même l'usage d'un des elfes de Draco pour voyager. La raison était simple: l'endroit où la jeune fille voulait emmener Draco était à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville et aucun bus n'y allait. Et de toute manière, c'étaient des sorciers !
-Qu'est-ce que l'on fait au milieu de nul par ? Demanda le sorcier, l'air désabusé. En quoi allons-nous nous amuser, dis-moi !
Sa voix résonna dans l'immense espace forestier.
-Nous n'allions pas apparaître devant tous les badauds ! Aller, la remontée mécanique n'est pas loin !
-La quoi ? S'exclama son ami, incertain.
Il fit quelques pas derrière elle avant de s'arrêter, fatigué par le poids de la neige sous ses pieds. Il ragea tout seul, sous le rire de la sorcière.
-Je ne m'amuse pas du tout, je te signale ! Cria-t-il, furieux.
-Moi, oui. Tu verrais ta tête, Dray ! Ria-t-elle en le pointant du doigt. Tu ressembles à un enfant capricieux incapable d'attendre un cadeau.
-Je fais cette tête car j'ignore ce qu'on fait ici ! Cracha-t-il. Alors tant que tu ne parleras pas, je ne ferais plus un pas de plus.
-Très, bien, abdiqua Hermione en haussant des épaules. Pas de surprise alors. Je t'emmène dans une station de ski.
Draco la regarda, les lèvres serrées, l'air dubitatif. Il ne semblait pas apprécier la surprise.
-C'est pour les moldu, finit-il par dire, dédaigneux. Mon père ne...
-Ne parle pas de ton père ici ! Aboya Hermione, arrêtant de marcher et se tournant vers lui brusquement. Il n'est pas là pour t'obliger à quoique ce soit, alors pour une fois, réfléchis par toi-même, ça te changeras !
Hermione le regarda d'un air mauvais avant de se rendre compte de ses paroles. Elle écarquilla les yeux, honteuse, et se plaqua les mains sur ses lèvres, comme comprenant enfin le sens de ses paroles. Draco la regarda sans répliquer, trop surpris.
-Je ne voulais pas...
-C'est bon ! Répondit-il d'un ton sec en levant une main, la coupant dans son élan.
Hermione continua de le regarder avec cet air miséreux mais Draco l'ignora, se décidant enfin à continuer sa route. Il passa devant elle sans un mot et monta la petite butte devant eux. Alors il aperçut la fameuse station dont sa meilleure amie tenait tellement à lui montrer. Il était un peu plus de treize heures, ce qui expliquait peut-être le faible nombre de touristes. Toujours est-il que pour Draco, le nombre de moldu présents ici était toujours de trop.
Des enfants s'amusaient un peu partout dans la neige, avec des luges, usant de stratégies pour glisser le plus rapidement possible. Plus loin, des adultes discutaient entre eux, gênés par leur bonnet et autres accessoires superflus pour se tenir chaud en hiver. Des adolescents étaient assis sur les terrasses des cafés, se disputant gentiment et criant au point d'ennuyer les autres touristes alentour. Un spectacle anodin. Une journée ordinaire lors des vacances d'hiver. Du moins... pour le monde moldu. Ce qui, bien sûr, déplut fortement à Draco Malfoy, qui observa ces badauds d'un mauvais œil, la voix de son père raisonnant dans sa tête: «un Malfoy ne se mélange jamais à ces êtres inférieurs». Aussi la réaction de Draco ne se fit pas attendre. Il se retourna vers Hermione rapidement, le regard dur, l'air complètement furieux. La sorcière brava pourtant son courroux, la tête haute.
-C'est quoi cette idée tordue ?! Ragea-t-il en serrant les poings.
Il pointa les moldu d'un geste menaçant, regardant son amie avec suffisance.
-J'ai accepté de circuler jusque chez toi parmi eux ! C'est fini maintenant, je refuse encore une fois d'être sali ! Ce sont des insectes !
Il vit les yeux d'Hermione se plisser, ses pupilles devenir noires et sa mâchoire se contracter. Il fut donc surpris quand elle soupira, l'air résignée.
-Ne t'inquiète pas, répondit Hermione. Évidemment qu'on ne va pas rester avec... eux. Nous allons juste prendre la remontée mécanique. Là où nous allons, il n'y aura aucun moldu, promis.
Elle lança un regard à ces derniers en faisant la grimace, intimant à Draco de la suivre en descendant la butte de neige.
-Quelle idée de rester avec ça ! Cracha-t-elle, dédaigneuse.
Draco la regarda, mitigé. Ouais... étrangement, il ne la croyait pas, sur ce coup.
-Et là-haut, qui y a-t-il ?
-Une vue magnifique, sourit Hermione en levant les yeux vers la plus haute montagne. Des aigles. Des marmottes. Quelques maisons oubliées. Des fleurs sauvages. Une source. Un immense lac. Et une petite piste pour s'amuser dans la neige.
-Mais... tu connaissais déjà cet endroit ?
-Quand j'étais plus jeune, oui. J'ai bonne mémoire.
...
Dans la soirée, la jeune sorcière avait voulu montrer la véritable surprise à Draco. Certes, la sortie en montagne avait été super, mais entre de la randonnée et ce qu'elle avait prévue ce soir, il y avait pas photo ! Son objectif était simple: montrer subtilement son monde et celui de Blaise à Draco, et lui prouver que la magie, ce n'est pas une question de sang.
-C'est quoi, ces horreurs !? Demanda Draco d'un air sceptique en tenant entre ses doigts une paire de chaussures informe.
-Des chaussures de bowlings, répondit la sorcière en haussant les épaules. C'est obligatoire.
Draco fit la grimace en reposant la paire parmi les autres, rejoignant Hermione qui attendait à la caisse, une sorte de carte rose et bleue à la main.
-Ça vous fait un total de vingt-deux euros cinquante, signala la femme derrière la caisse en tendant à Hermione un objet inconnu à Draco.
L'objet était bourré de boutons chiffrés et d'un drôle de rectangle fluorescent vert. Quand son amie y inséra son étrange carte et tapa sur les chiffres, un parchemin blanc très fin en sortit, le faisant reculer d'un pas. Draco n'aimait pas ça. C'était beaucoup trop... moldu.
-Vous pouvez prendre votre pointure. Votre piste sera la deux. Bon jeu !
Hermione entraîna Draco vers les immondes chaussures et lui en tendit une, tout sourire. Le sorcier la regarda, dégoutté.
-Pas question !
-Tu n'as pas le choix, Dray. Aller, elles donnent un côté rétro, c'est super-cool.
Cool, ce n'était pas le mot qu'il employait pour décrire ces chaussures blanche, bleue et rouge avec un scratch. Elles n'étaient pas dignes d'un Malfoy, c'était certain. Toutefois, sa meilleure amie le regardait avec des petits yeux et en l'appelant Dray; elle en usait que très rarement mais à chaque fois, ça le faisait presque rougir. Pathétique ! Le sorcier se résigna quand même, la maudissant intérieurement.
-Toi d'abord, dit-il d'un mouvement de menton en désignant les immondices.
Hermione se moqua de lui mais enfila les chaussures sans protestation. Surpris, Draco aima le côté décontracté que cela lui donna. Il l'imita, faisant la grimace en touchant les bords de la couture.
-Aller, petit prince, en piste !
Elle s'approcha maintenant d'une drôle de piste en bois vernis. Draco contourna des sièges gris et des tables hautes, où se trouvaient bon nombre de verres vides. À l'avant de la piste se trouvait un drôle d'objet où se trouvaient de grosses boules aux multiples couleurs. Il n'avait jamais vu ça. Tout ce décor le perturbait.
-Donc ! S'exclama Hermione en se tournant vers lui, tout sourire, frappant dans ses mains. Le bowling, c'est simple: tu vois les quilles blanches ?
Draco hocha de la tête, hésitant encore à s'asseoir.
-Tu les fais tomber, tu gagnes. Ce n'est pas sorcier !
Le jeune homme la regarda.
-C'est une expression, soupira-t-elle, moqueuse. Bon, je t'explique: tu prends une boule, celle de ton choix, tu te places derrière la ligne, et tu lances ta boule. Si toutes les quilles tombes, tu fait un strike et c'est à moi de jouer. Sinon, tu rejoues une fois. L'écran t'indiquera le nom du coup que tu porteras. C'est toi qui ouvres le bal !
Faire tomber des quilles. OK. Heu... en quoi est-ce amusant ? Un sortilège les ferait tomber plus facilement.
-Je ne suis pas sûr...
-Désolé, mais c'est l'écran qui décide. C'est toi qui commences, Draco.
Le sorcier leva les yeux vers ledit écran et remarqua des noms. Il y en avait trois. Draco fronça les sourcils, perplexe.
-C'était ma surprise ! Lui chuchota Hermione à l'oreille avant de rigoler.
Derrière eux arriva la troisième personne inscrite dans le jeu. Draco sourit malgré lui, agréablement surpris.
-Mesdames et messieurs, Draco Malfoy se mélange aux simples mortels et joue à un jeu moldu ! Puis-je espérer une révolution d'ici peu au royaume de Sa Majesté ?
Draco leva les yeux au ciel en saluant son meilleur ami, qui lui tapa l'épaule, hilare.
-Par Merlin, ne te moques pas ou je te tue !
-Pas de magie ici, désolé. Trop d'âme sensible.
-Bon, les garçons, les retrouvailles sont émouvantes, mais c'est Draco qui ouvre le jeu, alors on y va !
Draco ne voulait pas commencer mais comme Hermione et Blaise lui crièrent dessus, faisant tourner les têtes de quelques moldu, il obéit, contraint et forcé. Voilà pourquoi des vacances sans Blaise étaient reposantes... on venait de lui gâcher son plaisir. Il choisit une boule jaune et Blaise se moqua, lui disant qu'il pouvait prendre plus lourd. Le sorcier grogna et s'avança vers la piste, raide et nerveux. Bon... faire tomber les quilles. Si un moldu y arrivait, lui aussi, certainement !
-Aller, lance ! L'encouragea la sorcière derrière lui, rieuse.
Ce n'était pas drôle. Il se sentait gauche et vulnérable, dos à ses amis, seul la piste pour vision.
-Prends de l'élan, lui conseilla Blaise.
Draco lança la boule, son cœur s'arrêtant une demi-seconde quand il entendit la boule se fracasser au sol, faisant un bruit assourdissant. Il observa la boule glisser, filant droit devant elle sans dévier. Il entendit des jurons derrière lui mais n'y fit pas attention. Il était hypnotisé par la trajectoire de la boule.
-Bordel, c'est pas vrai ! Ragea Blaise.
Draco vit toutes les quilles tombées devant lui. Quand il se retourna, le cœur gonflé d'orgueil, il découvrit l'air boudeur de son ami et le sourire radieux d'Hermione. Le sorcier lui sourit en retour, aux anges et fier de lui, marchant devant lui tel un conquérant.
-C'était incroyable, Dray ! Cria-t-elle en lui faisant une bise sur la joue.
-La chance du débutant, marmonna Blaise en se levant de son siège, choisissant une boule rouge bordeaux.
Draco l'ignora, trop décontenancé par le geste d'Hermione. Cette dernière s'était déjà tournée vers Blaise mais Draco resta là, l'observant, perdu. Quand elle l'avait embrassé, il avait senti quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était.
-Strike aussi ! Hurla Blaise en levant les bras en l'air. Prépares-toi à perdre, Malfoy !
-Attendez que je joue, minauda Hermione en prenant une boule bordeaux. Prêts à perdre votre orgueil ?
Draco et Blaise finirent ex aeco à la fin de la partie, contre trente points en moins pour Hermione. Une défaite monumentale. La pire soirée de sa vie... et la meilleure, il fallait être honnête.
-C'est quoi cette monstruosité ? Demanda Blaise en baissant sa tête à hauteur de la table, observant d'un air dégoûté le milkshake d'Hermione.
Cette dernière lui envoya malicieusement son sachet de biscuit à la figure, faisant la moue.
-C'est pour les filles, tu ne peux pas comprendre, renâcla-t-elle.
Un grand verre remplit de café, de chocolat chaud, de spéculoos, de chantilly, de grains de noisettes et de sauce chocolat... une merveille ! Pourtant les garçons regardèrent son verre d'un drôle d'air, faisant rire la sorcière. Alors elle leur joua un tour en sortant discrètement sa baguette.
-Moi je préfère un bon café noir et...
Blaise s'étouffa dans de la chantilly, faisant exploser de rire les deux autres sorciers. Heureusement, ils étaient les derniers dans le bowling et le personnel n'avait rien remarqué.
-Par salazar ! Hurla le métisse, plein de crème sur le menton.
-Et on sourit à la caméra, chantonna Hermione, hilare. L'album de cette fin d'année va être excellent, merci Blaise !
Draco se calma, commençant même à faire la grimace. Il regarda l'appareil de son amie avec crainte, tout comme Blaise.
-Oui, toi aussi, j'ai des dossiers, affirma la sorcière en le regardant.
-On se vengera, assura Blaise, échangeant un regard avec Draco.
-Je marche avec toi, ricana Draco.
...
En rentrant ce même soir au chalet d'Hermione, les jeunes sorciers frappèrent le sol pour enlever la neige de leurs chaussures. C'est à ce moment-là que Hermione blêmit. Ses parents étaient dans le salon, droit devant eux. Elle était morte, elle le savait.
-Nous avons reçu les affaires de Blaise, cria sa mère. Elles sont dans la chambre de Draco.
La sorcière savait que la confrontation serait ce soir. Elle ne pouvait plus reculer. Alors elle inspira un grand coup et alla dans le salon, suivit des garçons. Blaise était détendu et Draco était curieux. Rien de méchant pour le moment.
-Bonsoir les enfants ! Sourit madame Granger en venant à eux. Enfin avons-nous la chance de vous rencontrer officiellement. Enfin surtout toi Draco.
Ah... oui... Hermione avait oublié ce détail. Le père de Blaise, un moldu, avait déjà croisé les Granger, quand ils étaient encore à Londres. Draco ne semblait pas content de cette nouvelle.
-Vous vous êtes bien occupé, aujourd'hui ?
-Hermione est une organisatrice hors-pairs, assura Blaise.
-Ouais, heu... on monte, les garçons ? Demanda Hermione.
-Vous avez mangé, au moins ? S'inquiéta madame Granger.
-Ne t'inquiète pas, on gère !
Elle tira sur le bras de Draco et ils montèrent à l'étage, la sorcière fuyant vite ses parents.
...
Dans la chambre des garçons, les sorciers écoutèrent le planning de leur amie pour demain et tout le reste de la dernière semaine de vacances. Elle ajouta que Blaise pouvait rester jusqu'à la rentrée, puisqu'il avait déjà vu son père. Du côté de Draco, tout allait bien, même s'il avouait aimer être seul avec Hermione. Il aurait peut-être fini par dire ce qu'il pensait ressentir. Il n'en était pas totalement sûr. Il aurait peut-être cherché à avoir si elle, elle ressentait quelque chose. Mais... c'était trop tôt. Il n'avait pas le courage. Il n'en avait pas l'envie. Il était trop préoccupé par les secrets de son père pour vraiment penser à autres choses. Mais sans Blaise, peut-être. Avec lui, c'était inutile. Il se moque toujours à ce sujet.
Quand le dernier jour de l'année arriva, et que les trois amis étaient réunis autour de la table de la cuisine pour préparer le repas du soir, Draco se sentit bizarre. Pas comme les autres années. D'habitude, il accueille cette journée comme toutes les autres: avec indifférence, ennuis et crainte.
En effet, au manoir Malfoy, toute journée se ressemble, aussi ennuyeuse à en mourir. Sous les réprimandes de son père et les gestes maternelles, il n'avait jamais pu distinguer le juste milieu. Soit il se faisait battre, soit il se faisait hurler dessus, sa mère allant ensuite le serrer dans ses bras quand ils étaient loin de monsieur Malfoy. Ça, c'était sa vie. Son quotidien, d'où son amour étrange pour la maison Serpentard, qui lui donnait asile. Seulement... il pensait que toute famille se comportait plus ou moins de la même manière. Après tout, madame Zabini était assez horrible, dans son genre. Les parents Parkinson aussi. Même les tuteurs de Potter n'étaient pas des anges. D'où son trouble avec les Granger.
Le soir où les adolescents étaient dans le salon en présence de monsieur et madame Granger, Draco avait minutieusement observé les gestes des parents de sa meilleure amie. Allaient-ils crier après leur fille pour la neige dans l'entrée ? Allaient-ils hurler au vue de l'heure à laquelle ils étaient revenus ? Allaient-ils les priver de nourriture ? Rien de tout ça. Seulement des sourires bienveillants, des bonsoirs polis, des attentions maternelles. La maison même transpirait le bien-être et la chaleur, avec des cousins partout, des plaids, des tapis, le feu dans la cheminée, les guirlandes et le sapin, les photos de famille... Pourquoi étaient-elles rares à bouger ?
-Monsieur Malfoy est demandé à l'accueil !
-Allô Draco, ici la terre !
-Draco ! Hurla Hermione en rigolant.
Le sorcier blond tourna la tête vers ses deux amis, surpris par leurs regards moqueurs. Il resta lui-même; impassible, l'air de s'ennuyer presque.
-Tu n'étais plus avec nous, expliqua Blaise en le pointant de sa baguette.
-Comme toujours, marmonna Hermione d'un ton taquin. Son beau et grand manoir doit lui manquer terriblement !
Les deux sorciers rirent à ses dépens mais Draco ne répliqua pas. En vérité, il aimait bien la nouvelle maison d'Hermione; elle était isolée mais loin d'être sinistre, chaleureuse et silencieuse. Chez lui, tout semblait froid, glacial. Et avec les cris de son père et les plaintes des elfes de maisons, le manoir était loin d'être accueillant.
-Obligé de faire la cuisine soi-même, continua Blaise en poussant Draco du coude. Pas d'elfe pour apporter le petit-déjeuner au lit. Pas de magie noire. Mince... je comprends ton désarroi.
Draco regarda Blaise sans répliquer, lasse. Depuis qu'il avait pris connaissance de son état de sang-mêlé, Blaise n'arrêtait pas de le provoquer à longueur de journée, évoquant le monde moldu, critiquant les sangs-purs, se moquant de la magie noire... Draco n'y faisait plus vraiment attention. Plus vraiment...
-Moques-toi, Blaise, mais ce n'est pas moi qui suis obligé de faire mes lacets avec une baguette. Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas dépendant de la magie.
Hermione et Blaise le regardèrent, sceptique. Il souffla d'exaspération, reposant brutalement sa baguette sur le plan de travail.
-Vous avez un problème, peut-être ? Après tout, c'est le moment, pas vrai ?! C'est le dernier jour de l'année, alors autant prendre de bonnes résolutions et tout déballer !
Sa soudaine irritation surprit ses amis. Hermione descendit de son tabouret et vint à lui, l'embrassant sur la joue. Tricheuse !
-Ne te fâches pas, Dray, minauda-t-elle en enlaçant son bras, se collant à lui. On te taquine, c'est tout. On a tous nos défauts avec la magie, regardes-moi; je m'en passe pas pour mes cheveux et j'use beaucoup de mon retourneur de temps pour rendre mes devoirs. Blaise l'utilise pour voir son père presque tous les mois sans que les autres familles sangs-purs ne le sachent. Et toi, tu utilises la magie au Quidditch, sur tes vêtements pour qu'ils soient toujours irréprochables... Tu vois, on se moques de tous les sorciers, finalement. On est tous dépendant, en quelque sorte. Ce n'est pas mal...
-Surtout quand on est Serpentard, assura Blaise en souriant. Ou Gryffondor, parce que ceux-là, mine de rien, use pas mal de magie pour ensuite nous accuser.
-Toujours, sourit tristement Hermione. Mais on ne leur dit rien, contrairement à nous.
-Tu veux qu'on se dise tout, Draco ? Demanda Blaise soudainement. Je propose un action – vérité !
-Eh, deux minutes ! cria Hermione. On est en train de faire la cuisine, je te signale !
Blaise leva sa baguette d'un geste impatient et transforma le amas d'ingrédients posé sur le plan de travail. Des toasts joliment décorés apparurent et se positionnèrent parfaitement dans le plat en inox. Un cheesecake blanc et rouge se posa devant Hermione, la mine furieuse.
-Je voulais qu'on le fasse nous-même ! Pleurnicha-t-elle, boudeuse.
Blaise haussa des épaules, indifférent.
-Trop long, expliqua-t-il. Bon, alors, on le fait, ce jeu ?
-J'ai un mauvais pressentiment, marmonna Hermione en mettant au frigo les toasts et le gâteau. Tu es sûr de toi ?
Un échange de regards laissa Draco perplexe. Ses deux amis semblaient se dirent des choses sans lui. Cela le rendit furieux et... jaloux.
-On joue, dit Draco d'un ton déterminé. Il est temps de mettre cartes sur table.
Par là, il sous-entendait tout, vraiment tout. Comme ses drôles de réactions quand Hermione lui parlait ou l'embrassait. Est-ce finalement une bonne idée de jouer ? Tout pouvait dégénérer. Lui aussi, avait un mauvais pressentiment.
...
Hermione appréhendait avec peur le jeu qui allait suivre.
Blaise jubilait intérieurement pour le jeu qui allait suivre.
Draco n'avait plus le courage pour le jeu qui allait suivre.
...
Il était vingt-trois heures treize. Monsieur et Madame Granger fêtaient la saint Sylvestre chez des amis, laissant le chalet aux trois sorciers. La nourriture était disposée sur la table basse, des bougies flottaient partout dans la pièce, un violon et un piano jouaient par magie, et les garçons étaient devant la cheminée, attendant Hermione.
Ils avaient décidé de jouer dans la soirée, après s'être préparé d'un point de vue vestimentaire. Les sorciers avaient donc filé sous la douche et étaient descendus dans le salon, vêtu d'un costume noir traditionnel, comme au bal de Noël. Hermione avait mis plus de temps et ne descendait que maintenant. Draco se retourna et la découvrit. Il sourit.
Elle portait une jupe émeraude et un haut noir évasé. Ses mèches étaient plus bouclées que d'habitude et un gloss rouge discret ornait ses lèvres. Son pendentif pendait sur sa poitrine, luisant et scintillant. Ses jambes portaient des bas, mais pas de chaussures. Elle sourit d'un air gêné en se tortillant les orteils sur le parquet, attendant qu'un des garçons parle enfin.
-Heu, c'est bizarre, là, avoua-t-elle tandis que les trois sorciers se tenaient debout face à face, silencieux.
Draco la regardait d'un air impassible comme à son habitude mais Blaise souriait dans sa barbe, agaçant la sorcière, qui se sentait étouffer.
-Faut dire que... on est plus des gamins, marmonna Blaise en se passant une main sur le cou, l'air amusé et ennuyé à la fois. Surtout toi, dit-il en désignant la jeune fille. Tu es très jolie.
OK... il fallait débloquer la situation et vite !
-Bon, ce jeu, on le commence ou vous compter vous enraciner dans mon plancher ! S'exaspéra-t-elle en se précipitant vers les toasts pour en engloutir un. On s'amuse pas, là !
En effet, l'ambiance était oppressante. Pourtant, ils se retrouvaient toujours tous les trois depuis quatre ans ! Hermione ne comprenait pas l'attitude des garçons, mais surtout celle de Draco, qui avait le même air qu'au bal de Noël. Bizarre.
-Je commence, cria alors Blaise en s'affaissant dans le canapé, s'allongeant dessus.
Draco et Hermione durent se partager le sofa. La sorcière lui laissa la place et elle s'installa sur l'accoudoir. Blaise sourit encore plus, mais elle l'ignora, ne cherchant pas à savoir ce qui faisait toujours rire le sorcier.
-Draco, action ou vérité ? Dit-il d'emblée, retrouvant son sérieux.
Son meilleur ami se redressa dans le sofa, posant les coudes sur ses genoux, défiant.
-Vérité, répondit Draco, faisant jubiler le métisse.
-Dis nous honnêtement ce que tu penses de ces vacances dans le monde moldu.
Draco serra les mâchoires mais Hermione ne dit rien, attendant sa réponse.
-On ne devrait pas mélanger tout et n'importe quoi, lâcha-t-il, un rictus aux lèvres. Mais il est vrai que les moldu ont quelques avantages, même sans magie. J'aime le cinéma, par exemple. Mais ça reste moldu, finit-il, rageur.
-Il fait froid, tout d'un coup ! Marmonna Hermione. À toi, Draco !
-Action ou vérité ? Lui demande-t-il aussitôt, la faisant grimacer.
-Action ! Répondit-elle sans réfléchir.
Il valait mieux se méfier d'un Malfoy...
-Enlève ton pendentif.
Sa requête avait claqué comme un coup de fouet. Même Blaise regarda Draco avec inquisition, n'étant pas sûr de comprendre où Draco voulait en venir. La sorcière regarda son amie, muette.
-Tu n'étais pas la même au bal. Enlève ton pendentif. Définitivement.
-Excuse-moi ! S'exclama-t-elle, surprise. C'est un cadeau de ta mère ! Je ne peux pas faire ça.
-Tu ne veux pas ou tu ne peux vraiment pas ? Parce qu'au bal, tu l'avais quand même gardé sur toi.
Heu... quoi ?!
-Draco... commença Blaise.
Draco le fusilla du regard.
-Il est ensorcelé. Enlève-le. Maintenant.
Hermione le regarda, déconcerté. Elle porta instinctivement une main à son pendentif, le soupesant dans sa main, soucieuse.
-Je ne comprends pas, dit-elle.
-Moi, si. Je suis un Malfoy. Je connais la magie noire.
Blaise et Hermione le regardèrent, figés.
-Très bien, répondit Hermione en portant ses mains au fermoir de la chaîne. Je le retire ce soir, si tu y tiens.
Elle posa le pendentif sur la table basse bruyamment. Un jet de lumière s'en échappa, faisant sursauter les trois sorciers. Hermione fusilla Draco du regard.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? Cria-t-elle.
-Tu avais raison, dit Blaise.
-Le soir du bal, répondit le sorcier blond. Il y a eu le même phénomène. Et quand tu te mets en colère, il luit. Il influence ton jugement et ton comportement. J'ai faits des recherches.
-Et tu nous en parle que maintenant ? S'agaça Blaise, furieux, se levant du canapé. C'est peut-être dangereux pour Mione !
-Mais ça la protège aussi, répliqua Draco.
-Comment ça ? S'inquiéta la sorcière en se levant, triturant ses mains nerveusement. Je ne comprends rien.
Elle regarda Draco avec inquiétude, écarquillant les yeux. Blaise la regarda en fronçant les sourcils. Draco croisa les bras, étirant un sourire.
-Tu vois ce que je veux dire, dit-il à Blaise, pointant leur meilleure amie du regard. Le collier la rend téméraire. Sauf qu'en vérité...
Hermione s'effondra dans le canapé, fixant le pendentif. Elle resta prostrée un moment avant de relever les yeux vers les garçons.
-Par Merlin ! Ça explique mes colères et mon envie d'étriper Parkinson ! C'est ce pendentif le responsable !
-Explique-nous, demanda Blaise en rejoignant Hermione.
-Je ne connais pas le sortilège, répondit Draco, mais certains livres parlent d'objet renfermant un pouvoir d'influence. C'est en général une sorte de protection. Mais ça peut aussi être une source de magie noire. Il faut savoir si ce pendentif est nocif ou non.
-Il influence le comportement d'Hermione depuis qu'elle le porte ?
-Il n'influence pas intégralement la personne, mais selon les livres, il solidifie un caractère. Il peut aussi servir à influencer selon l'influence de l'entourage.
-En gros... le bien par le bien et le mal par le mal, en déduisit Hermione.
Elle se releva une fois encore et alla devant la cheminée.
-Tu parlais du bal. Explique, demanda Blaise.
-Hermione était différente. Plus... conciliante. Ce n'était pas dans son habitude de ne pas crier après moi, par exemple.
-Et si c'était moi, justement ? S'inquiéta Hermione à haute voix. Si finalement je n'étais pas comme les autres Serpentards, avide de magie noire, partisane du Mage noire ? Ça changerait quelque chose ou est-ce la raison que je possède ce pendentif protecteur ?
-Une chose est sûre, tu es brillante ! Sourit Blaise. Le pendentif n'est pas issu de la magie noire. Il te rend plus forte, il ne te détruit pas.
-Action ou vérité ? Demanda soudainement Hermione en fixant Draco.
Ce dernier, surpris, la regarda sans comprendre.
-Ce n'est plus le...
-S'il te plaît ! Insista-t-elle, les lèvres tremblantes.
-Vérité, soupira Draco, détournant les yeux.
-Si nous n'avions pas été dans la même maison, on serait resté amis tous les trois ?
L'ultimatum. L'arrêt de mort. Même Blaise lui faisait les gros yeux, l'air de dire qu'elle était folle à enfermer. Sûrement. Après tout, elle n'avait plus son pendentif et elle avait peur. La peur faisait faire n'importe quoi.
-Je ne répondrais pas à cette question, cracha Draco, furieux.
-Tu le dois, pourtant ! J'ai ôté mon pendentif.
Ils se fusillèrent du regard un moment mais Hermione baissa les yeux la première. Elle s'énerva donc contre elle-même, les larmes aux yeux.
-Je déteste ce pendentif ! Il me rend faible !
-Mione... c'est le contraire, osa Blaise d'une petite voix. Désolé.
Elle serra les poings, l'ignorant.
-En tout cas, on est tous les trois très doués pour plomber l'ambiance ! Renâcla Hermione. Vous avez d'autres révélations de ce genre, quitte à finir l'année en beauté ?!
Elle venait de s'emparer de son pendentif. Les garçons voulurent l'arrêter mais Hermione le remit autour de son cou rapidement, reculant loin d'eux.
-Autant que je reste fidèle à ma maison, dit-elle en les regardant, furibonde.
Blaise regarda son amie, soucieux. Draco laissa Hermione jubiler seule avec son pendentif, lançant un regard à Blaise. Il savait que lui laisser le pendentif était une erreur. Preuve en était aux vues de la rapidité à laquelle il influençait la sorcière. Toutefois, il la laissa tranquille. Le pendentif était un influentiam. Bon ou mauvais, sa mère ne l'avait pas offert à Hermione par hasard. Restait à savoir pourquoi.
-Et sinon, on mange quand ? Demanda Blaise en indiquant l'horloge, qui indiquait minuit moins trois. Car après minuit, moi, je fête la nouvelle année !
-Espèce de goinfre ! Râla Hermione.
Ils finirent par rigoler tous les deux, sous le regard distrait de Draco, qui gardait un œil sur le collier. Celui-là, il n'allait pas le lâcher. La magie noire était une chose. Mais la magie noire sur Hermione en était une autre.
S'il ne répondait pas à la question d'Hermione, c'était pour une seule raison: non, il ne lui parlerait plus si elle avait été dans une autre maison. Mais il savait une chose cependant: Draco aimait beaucoup Hermione. C'est pourquoi à minuit, avant que Blaise n'embrasse Hermione, Draco se posta devant elle et l'embrassa sur la joue. Longtemps. Puis glissa jusqu'à ses lèvres.
Ne me frappez pas, j'ai beaucoup de retard, je sais ! :/ Les explications sont simples: je devais poster le 13 novembre... mais j'ai passé mon week devant la télé à insulter des connards qui bousillent des vies. Bref, avec mes partiels, une rage de dents et un sentiment oppressant au vu des attentats, j'ai galéré à écrire.
Ce chapitre marque une évolution significative. La romance, enfin ! On y croyait plus, je crois ^^ mais moi aussi, je voulais voir le Dramione s'installer. Donc c'est chose faite !
L'histoire du pendentif n'est pas finie. Il va d'ailleurs devenir plus puissant... en bien ou en mal ? Que se passera-t-il pour Hermione ?
Le scénario d'Harry reste le même. Vous connaissez la fin tragique de cette quatrième année. Existera-t-il qu'une seule tragédie ? (cruelle, je sais ^^)
Draco embrasse enfin Hermione. La réaction de la sorcière ?
Et pour terminer, je vous remercie encore et toujours pour vos commentaires, toujours reçus avec joie et euphorie ! 3 Vous me permettez de croire en ce que j'écris et vous me remontez le moral en cette année de fac difficile. Je vous souhaite de Bonnes fêtes et j'espère poster avant 2016 sans rien vous promettre ! :)
Merci donc à Booksheeran, Laurine21, BrownieJune, Petite plume de folie, Nedwige Stew, Swangranger, meladrei, Love the Original Family, Lyly Ford et pleins d'autres encore !
