CARPE DIEM

QUATRIÈME ANNÉE

TOME II


IX

L'amour vache


Le lac noir. C'était la deuxième épreuve et pas la moins difficile. Les champions devaient y plonger pour y chercher quelque chose et le ramener à la surface. Sauf que... le lac était infesté de sirène aussi diabolique que fourbe.

Hermione se trouvait sur un ponton branlant entouré de Serpentards et de Gryffondors. Étrangement, Weasley n'était pas au rendez-vous pour encourager son meilleur ami. Ils s'étaient pourtant réconciliés. En tentant de le trouver, elle observa d'un drôle d'air le professeur Maugrey, qui discutait avec Harry avant le coup d'envoi. Au signal, le professeur poussa Harry à l'eau. La sorcière plissa les yeux, fusillant Maugrey, mécontente.

-Je n'aime vraiment pas ce type, dit-elle pour elle-même, furieuse. C'est un con.

Depuis son arrivée, il collait toujours Harry, le défendant et l'aidait pour tout. Hermione restait perplexe face à ce comportement et ne croyait pas au bon samaritain.

-Tu te rappelles de Quirrell ? Chuchota Hermione en se penchant vers Blaise, qui criait pour encourager Diggory.

-Celui qui enseignait les forces du mal et cachait tu-sais-qui sous son turban ?

La sorcière hocha de la tête, l'air sombre. Blaise leva les yeux au ciel, ennuyé.

-Qu'enseigne Maugrey ? Continua-t-elle, sinistre.

-Les forces du mal, répondit le métisse, l'air perdu. Je ne vois pas où tu veux en venir.

-Si je te dis que Maugrey connaît le même maléfice que Quirrell, tu en penses quoi ?

-Heu... quoi ? Se moqua Blaise. Attends, attends, tu parles de quoi, là ! De tu-sais-qui... à Poudlard ? Mais ça va pas la tête ! Ce n'est pas parce que une fois, un professeur a été manipulé que tous les professeurs le sont. On parle de Maugrey, un sorcier super puissant. Tu-sais-qui a été vaincu deux fois déjà, alors tu penses sincèrement qu'il a encore de la force ? Pis si c'était le cas, tu n'as qu'à en parler à Potter plutôt qu'à moi. En général, le survivant arrive toujours à ses fins, comme tout Gryffondor.

-Bonjour la bonne humeur ! Répliqua Hermione en levant les yeux au ciel à son tour. Tu t'es levé du mauvais pied ce matin ou quoi ?

-C'est Draco et toi qui m'agaces, voilà ! Cracha-t-il en lui lançant un regard noir. Que vous vous fassiez la tête, c'est une chose, mais que vous vous mentiez, ça, c'est insupportable. Voilà, c'est dit ! Vous êtes que des idiots.

-J'ai toutes les raisons du monde de lui en vouloir, je te rappelles ! Répliqua-t-elle, irritée. Il m'a embrassé ! Et sans ma permission ! Il n'avait pas le droit.

Blaise, exacerbé par l'attitude d'Hermione, se décala et observa à nouveau le lac, attendant que l'un des champions reviennent à la surface. Son amie souffla, croisant les bras sur sa poitrine, tapant du pied. Elle était désormais vraiment irrité contre lui.

-J'admets que Draco aurait du te le dire clairement au lieu de se dégonfler et te le montrer. Mais le message restait limpide: Draco à des sentiments pour toi. Et ta réponse, c'était de le repousser et de lui crier dessus. Franchement, sans ce pendentif, je suis persuadé que tu aurais sauté de joie et vous sortiriez ensemble en ce moment.

Il lui lança un regard irrité avant de reprendre:

-parce que ne te voile pas la face, tu as aussi des sentiments pour lui. Je suis loin d'être aveugle et à la façon dont vous vous comportez tous les deux... vous êtes attirés l'un à l'autre mais aucun des deux ne veut l'admettre. Toi à cause de ton pendentif et lui à cause de son nom. C'est ridicule. Et voilà pourquoi je suis énervé maintenant. Donc laisse-moi regarder le tournoi tranquillement maintenant. Va donc rejoindre Potter, tiens ! Tu lui parleras de ta paranoïa sur le professeur Maugrey.

Blaise s'éloigna d'un pas rapide, laissant Hermione au bord du ponton, sous le ricanement de Parkinson, qui chuchotait quelque chose à ses amies. Hermione émit un rictus, tournant lentement la tête vers la jeune fille. Cette dernière cessa son ricanement mais ne perdit pas de son sourire moqueur.

-Tu as entendu, Draco est amoureux de moi, lui dit-elle cruellement. Il n'y a donc plus aucune raison pour que tu le suives comme une chienne.

Pansy Parkinson perdit de son sourire mais serra les poings, avançant vers Hermione. La sorcière arqua un sourcil, surprise par la défiance de la fille. Elle sourit davantage, amusé. Il était rare qu'elle use autant de vulgarité mais... ça faisait un bien fou !

-Tu viens chercher l'humiliation ? Demanda-t-elle innocemment.

-Tu crois que tu m'impressionnes, Granger ! Cracha Pansy, se postant devant elle. Quand Malfoy en aura marre de te courir après, moi, je serais là pour le réconforter. Je manipule pas les gens, moi !

-Parce que toi, tu es une sainte ? S'esclaffa Hermione en posant une main sur l'épaule de Pansy. Ma pauvre chérie, tu ne sais pas à qui tu t'attaques, là.

-Je n'ai pas peur de toi, vociféra-t-elle en reculant.

-Ouah, quel courage, dis donc ! Ricana-t-elle, sarcastique. Il y a plein de professeurs, donc tu sais pertinemment que je n'userais pas de magie ici. C'est bien, tu n'es pas si idiote, tout compte fait. Mais gare à toi Parkinson; jubile encore devant moi en croyant un jour avoir Draco, et je te garantis que tu préféras avoir un mangemort devant toi plutôt que moi.

Hermione appuya ses paroles en bousculant la jeune fille, passant son chemin en lui lançant un regard menaçant, son pendentif luisant plus que jamais. Pansy fit la moue mais ne répliqua plus rien.

...

Hermione rejoignit Harry au moment où Dumbledore cria la victoire de Cédric Diggory. Elle le raccompagna sur la rive sous l'air boudeur de Blaise mais Monsieur Croupton émergea de la foule et vint s'entretenir avec Harry. La jeune fille s'écarta un peu mais les observa attentivement, repérant le professeur Maugrey qui venait de les apercevoir. Il pouvait pas déguerpir, celui-là !

-Et c'est moi qu'on traite de malade ! Pesta le professeur après avoir échangé quelques mots houleux avec Croupton.

Ce dernier s'enfuit en faisant une tête de six pieds de long pour une raison qui lui échappa. Le professeur l'observa partir tout en ingurgitant une gorgée de sa flasque. Refermant la bouteille, il l'a remis dans son veston de cuir, croisant le regard de la jeune fille. Hermione étira un rictus, ne le lâchant pas des yeux. Alastor Maugrey boita dans sa direction en plissant les yeux, dans l'intention évidente de l'intimider. Elle ne flancha pas, le mesurant du regard.

-Retournez donc à la bibliothèque, miss Granger ! Houspilla-t-il en passant devant elle. La curiosité peut vous être fatale.

Elle le suivit du regard, pinçant les lèvres face à sa menace à peine voilée. Maugrey se déplaçait furtivement, allant dans la même direction que Croupton. Hermione tourna la tête vers la rive et ne vit plus aucun élève. Même Harry et ses fans s'étaient envolés. Seul Hagrid restait encore dans les parages, sûrement pour ranger les barques ou quelque chose dans le genre.

-Où sont donc Malfoy et Zabini ? Demanda le géant quand la sorcière le rejoignit, lui souriant.

-Blaise me reprochent certaines choses et Draco boude dans sa chambre, dit-elle amèrement, soupirant faussement. Rien de bien original dans mon quotidien. Hagrid, reprit-elle après un long silence, que pensez-vous du professeur Alastor Maugrey ? Ne le trouvez-vous pas étrange ?

-Jeune fille, que me demandes-tu exactement ? Gronda la voix du géant. C'est un excellent auror, le meilleur de ce siècle ! Il est étrange car il a connu la guerre et la souffrance. Ce n'est pas quelqu'un dont il faut se méfier.

-En êtes-vous bien sûr ? Quirrell était jeune, compétent et inoffensif. Pourtant, le mage noir se cachait derrière ce masque rassurant, quoiqu'un brin timide. Ne pensez-vous pas que depuis le retour des mangemorts, Voldemort prépare son retour ?

-Dit le fond de ta pensée, jeune fille.

-Je soupçonne Alastor Maugrey d'être manipulé par un mangemort. Ou Voldemort lui-même, ce qui me semble probable. À moins que rien ne soit vrai et que Maugrey soit volontairement passé du côté obscur de la force.

Évidemment, il ne comprit pas la blague, comme tous les non moldu. Le géant soupira longuement, regardant le lac noir et les oiseaux qui planaient juste au-dessus de la surface, préparant leur attaque pour happer un poisson.

-J'aimerais te dire que tu as une drôle d'imagination mais... je te connais depuis quatre ans maintenant. Il est rare que ton intuition te trompe.

-Mais j'aimerais avoir tord, souffla la sorcière en triturant son pendentif. J'en ai assez que Voldemort monopolise nos pensées. J'en ai assez de la réapparition des mangemorts, qui ne suppose qu'une seule chose. Pourtant, tout le monde semble faire comme s'il était mort. Pourquoi rester aveugle quand les preuves sont sous nos yeux !

En disant cela, Hermione comprit l'ironie de la situation. C'était exactement ce que Blaise essayait de lui faire comprendre au sujet de Draco. Seulement... elle avait d'autres préoccupations en tête. Comme Voldemort, justement.

-Faut que j'arrive à prouver ce que j'avance sur Maugrey, pensa-t-elle tout haut. Dumbledore saura quoi faire après ça.

Hagrid posa une main sur son épaule alors que la sorcière commençait déjà à tourner les talons.

-Reste prudente, Hermione. Élève de Serpentard ou non, ces êtres n'ont aucune pitié, pas même pour les enfants.

-Je ne suis plus une enfant, répondit-elle. Et je suis loin d'être comme les Gryffondors: je préfère agir maintenant, sans attendre qu'ils frappent les premiers. Et je connais quelques sorts... peu académiques.

Hermione lança un dernier regard à Hagrid avant de s'enfoncer dans les bois, tentant de prendre la même direction que Croupton et Maugrey. Elle se hâta car la nuit venait de tomber, et si Rogue prenait connaissance de son escapade nocturne, elle allait l'entendre lui hurler dessus pendant mille ans !

Prenant à un moment donné à gauche, elle repéra des traces humaines. La sorcière suivit donc la piste avant de tomber sur un cerf. Sursautant, elle sortit sa baguette instinctivement et l'animal s'enfuit, lui laissant le temps de l'apercevoir seulement quelques secondes. Reprenant son souffle, elle continua d'avancer, cette fois sa baguette en main, prudente.

Le craquement d'un branchage lui fit tourner la tête subitement. Son pendentif émit alors un scintillement vert. La sorcière l'observa quelques secondes, perplexe, quand soudain, elle sentit ses poils se hérisser. Relevant les yeux, Hermione sculpta l'obscurité, à l'affût du moindre mouvement. Soit c'était encore le cerf, soit elle n'était pas seule. Et en toute franchise, la sorcière préférait que ce soit un humain. Sa baguette la démangeait furieusement depuis quelques instants.

Avançant prudemment, Hermione chuchota «lumos» bien qu'elle sût pertinemment se faire repérer de la sorte. Qu'importe. Elle était prête à la riposte.

Une ombre apparut alors à sa gauche, et la jeune fille, par pur réflexe, lança un repulso assez violent. Un grognement familier lui fit prendre conscience de son erreur. S'approchant de l'intrus, Hermione éclaira de sa baguette un Malfoy totalement en rogne, étalé de tout son long par terre, de la boue et des feuilles maculant son uniforme et sa cape. Elle rigola malgré elle, bien que passablement en colère.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ? S'agaça-t-elle en baissant sa baguette vers le sol. Tu as de la chance que j'utilise un sort inoffensif.

-Inoffensif ! S'étrangla Draco en se relevant difficilement. J'ai été propulsé à plus de deux mètres !

-J'étais sur mes gardes. Tu n'avais pas à me suivre en filature ! C'est entièrement de ta faute ! Arrête de te plaindre, pour changer !

-Et toi, arrête de me parler sur ce ton !

-Je te parle comme j'en ai envie, Draco, et je ne t'obéis pas ! Gronda Hermione, furieuse.

-Ça, c'est sûr ! Répliqua-t-il avec véhémence. Le jour où tu écouteras ce qu'ont te dit, de toute façon !

-Écoute, si tu es venue pour me crier dessus, tu ferais mieux de retourner bouder dans ta chambre. Tu le fais très bien alors retourne-y, ça me fera des vacances !

-C'est Blaise qui m'a obligé à venir, si tu veux savoir la vérité, cracha Draco, remettant de l'ordre dans sa tenue. J'étais effectivement mieux tout seul, sans toi et ton pendentif de malheur.

-Mais va te faire voir ! S'indigna-t-elle, folle de rage. Si tu as vraiment un problème avec moi...

-Non, c'est toi qui as un problème, pas moi ! Hurla-t-il, la coupant sèchement.

Draco s'avança furieusement vers elle, portant une main à son pendentif. Hermione voulut reculer mais il lui attrapa un bras.

-Et je vais le régler, dit-il en tirant sur la chaîne.

Hermione cria d'indignation mais Draco recula précipitamment, secouant sa main douloureusement. La sorcière baissa les yeux vers le collier, luisant furieusement dans un enchevêtrement de filament.

-Qu'est-ce qui vient de se passer ? S'étonna-t-elle, touchant la pierre émeraude. Tu vas bien ?

Sa soudaine sollicitude fit sourciller Draco mais il finit par hocher de la tête, reprenant contenance et calme. Hermione inspira un coup avant de ranger sa baguette.

-On dirait... que je peux pas toucher le pendentif quand tu le portes.

-La protection, marmonna Hermione, fronçant les sourcils. Il prend de l'ampleur, lui avoua-t-elle.

-Tu devrais l'enlever, Mione, souffla-t-il, se rapprochant encore d'elle. Il n'est pas saint.

La jeune fille recula, méfiante.

-Je ne veux pas. Je n'aime pas ce que je ressens sans lui.

Draco avait suivi son mouvement et venait de poser sa main sur son cou, le lui massant distraitement, apaisant la sorcière. Hermione leva les yeux vers son ami, se mordillant les lèvres. Elle le voyait l'observer comme le soir du bal et du réveillon. Pourquoi n'avait-elle pas compris ce regard avant ?

-On devrait retourner dans nos dortoirs, dit-elle sans le lâcher des yeux. Ça peut être dangereux ici.

Draco hocha de nouveau la tête mais ne lâcha pas l'arrière de son cou, continuant de la caresser. Il porta son autre main à sa tempe, lui remettant une mèche de cheveux en place. Le jeune sorcier fit ensuite glisser son index sur sa tempe et sa joue, doucement, remontant et redescendant à plusieurs reprises. Hermione le laissa faire, décidant de ne pas le repousser comme au réveillon. De toute manière, Blaise lui hurlerait encore dessus, sinon. Et au fond d'elle, elle ne voulait pas le repousser. Elle aimait bien quand Draco la touchait. Lui si froid et distant, il pouvait se montrer attentionné avec elle. C'était rare, étrange, inhabituel. D'où son rejet la première fois. Ce soir, Hermione n'était plus surprise. Elle savait.

-Draco... commença-t-elle.

Le sorcier se pencha et elle su immédiatement ce qu'il allait faire. Alors, pour la première fois, Hermione ne sourcilla ni ne recula. Au contraire, elle le laissa faire, curieuse.

Draco posa ses lèvres sur les siennes avec appréhension, elle le sentait. Alors Hermione s'appuya contre lui pour lui montrer qu'elle était d'accord, qu'il pouvait l'embrasser sans se recevoir de gifle. Le sorcier réagit immédiatement, pressant un peu plus son visage contre le sien, lui tenant le cou et la joue. Alors il ouvrit la bouche dans un geste instinctif. Hermione comme Draco n'avait jamais embrassé quelqu'un d'autre et pourtant, ils réagirent par instinct, synchroniquement, peut-être un peu timidement. Toujours est-il que Draco l'embrassa vraiment, cette fois. Sans plus de retenue, sans plus de timidité et de réserve, le sorcier explora la bouche de son amie et approfondit le baiser, laissant échapper un léger gémissement. Hermione le laissa mener la danse, sentant comme des picotements jusque dans ses pieds. Cela lui plaisait et donc la jeune fille leva les mains jusqu'à agripper le cou de Draco, se hissant contre lui pour être plus proche encore. Draco recula légèrement sous l'assaut de la sorcière et se retint à un tronc d'arbre, se cognant la tête. Ils explosèrent de rire sans aucune raison.

-On devrait vraiment y aller, murmura Hermione en regardant autour d'eux. Il fait nuit noire.

Elle reporta son attention sur son meilleur ami quand celui-ci la regarda, songeur.

-Blaise dit que tu as aussi des sentiments pour moi. C'est vrai ?

-Blaise s'occupent pas assez de ses fesses, grommela Hermione en levant les yeux au ciel.

-Hermione, râla Draco en insistant.

-Quoi ? S'agaça-t-elle. Ne me demande pas des trucs comme ça, Dray, s'il te plaît ! C'est trop embarrassant.

-Mais on vient de s'embrasser, Mione, s'écria-t-il. Je ne vois pas ce qu'il y a de plus embarrassant à ça ! Dis-moi juste si... tu m'aimes bien. Moi, je t'aime bien, tu le sais, maintenant. Et je le sais aussi parce que je déteste quand tu parles à cet abruti de Krum, ou encore de Diggory, de Potter... même de Blaise ! Je n'aime pas quand tu rigoles avec Blaise et pas avec moi. Je hais ton amitié avec Potter. Mais je sais que tu es ami avec lui, alors je ne dis plus rien quand tu vas le voir. J'essaye de... de rester ami avec toi, Hermione. Mais j'arrive pas. Tu es... différente, pour moi.

Hermione retint son souffle un instant, étonné par ce que venait de lui dire Draco, lui si peu démonstratif en sentiments. Elle ne savait pas comment réagir maintenant. Elle ne se voyait pas lui déballer la même chose, même si, au fond d'elle, elle ressentait des sentiments similaires pour lui.

-Tu n'aimes pas quand je parle avec Pansy ou Astoria.

-C'est elles qui viennent te parler, cracha Hermione malgré elle. J'ai beau menacer Parkinson, elle ne comprend rien !

Draco sourit, se moquant d'elle.

-Et si je m'amusais avec Pansy, tu réagirais comment ?

Hermione était loin d'être idiote. Elle voyait très bien où Draco voulait en venir. Pourtant, elle ne put se contrôler.

-J'ai plusieurs sortilèges pour cette garce, répondit-elle franchement, faisant la moue.

-Donc tu n'aimes pas quand je parle à d'autres filles.

-Bien sûr que non ! Cria-t-elle, énervée par son jeu. Et ne t'avises pas de jouer à ça, parce que je peux aussi user de sortilèges sur toi !

-Donc tu es...

-OK Draco, je sais ce que tu veux ! S'agaça Hermione en levant les yeux au ciel. Oui, je t'aime bien. Bien plus que Blaise, qu'Harry ou que n'importe qui ! Tu es content, c'est bon ?! On peut rentrer maintenant ? Je commence à avoir froid, se plaignit-elle.

Draco lui adressa un sourire victorieux avant de lui embrasser la joue. Puis il détacha sa cape et la posa sur les épaules de la jeune fille. Hermione soupira d'aise et suivit Draco à travers les arbres.

-J'espère qu'on ne croisera pas Rusard, chuchota Hermione à un moment.

Bifurquant sur un chemin de terre, ils finirent leur route silencieusement, échangeant quelques fois des regards, des sourires timides. Mais peu de temps après, alors que Draco éclairait leur chemin de sa baguette, il découvrit de drôles de traces sur le sol, comme si quelque chose avait été traîné. Alors les deux sorciers suivirent les traces jusqu'à un énorme tronc. Hermione émit un gémissement en découvrant un bout de chaussure.

Draco se rapprocha, levant sa baguette vers le corps. Alors les jeunes sorciers découvrirent Monsieur Croupton, pétrifié par la mort.

...

En pénétrant dans le château, Hermione et Draco tombèrent sur Harry Potter, qui venait de sortir de la réserve du professeur Rogue. Hermione voulu lui parler mais Draco la devança.

-Belle performance, Potter, le félicita le sorcier sous l'œil méfiant d'Hermione. Finir dernier et se voir attribuer la deuxième place, c'est un sacré coup ! Comme d'habitude, les Gryffondors sont les chouchous du directeur.

-Draco, Harry a aidé...

-Il a perdu, cracha Draco, regardant son rival avec amertume. Mais le survivant trouve toujours un moyen de contourner le règlement. Bonne chance pour la dernière épreuve.

Il tira sur le bras d'Hermione.

-Que te voulait Rogue ? Demanda la sorcière alors que Draco la tirait derrière lui.

-Il m'a accusé de lui avoir volé du polynectar, répondit Harry en haussant les épaules.

-Bonne chance pour lui prouver le contraire ! Cria-t-elle avant de tourner dans un couloir. Arrête ces gamineries, Draco ! Lâche mon bras !

-J'ai dit que tu pouvais parler à Potter, pas que tu pouvais lui parler devant moi, ragea-t-il, l'entraînant à sa suite dans la salle commune des Serpentards.

-J'ignorais que tu te montrerais aussi idiot et jaloux ! Marmonna-t-elle. Si j'avais su, j'aurai attendu avant de t'embrasser ! Il n'est pas question que tu penses que maintenant, je suivrais tes ordres. Rien ne change !

-Et moi, je me demande bien pourquoi j'aime une fille aussi insupportable que toi ! Tu es de pire en pire chaque semaine.

-Attends... quoi ? S'étrangla Hermione en se libérant enfin de sa poigne, regardant Draco en écarquillant les yeux. Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Un sifflement leur firent tourner la tête. Blaise, assis sur un sofa, applaudit bruyamment, suivit de plusieurs rires de plusieurs sorciers et sorcières. Draco et Hermione rougirent violemment, n'ayant pas vu le nombre de personnes dans la salle commune.

-Alors ça y est, vous vous êtes enfin avoué vos sentiments ? Demanda Blaise, pleins d'espoirs. Et tu viens juste de lui dire que tu l'aimes, Dray !

-Pourquoi j'ai l'impression que tu semblais au courant depuis plus longtemps que nous ! S'énerva Hermione en lui lançant un regard noir.

-Mais tout le monde le savait ! S'écria le métisse en sifflant d'exaspération. Il y avait que les idiots pour ne pas voir ce qui se passait entre vous. Excusez-moi, mais c'est vrai. Et ça ne date pas de quelques semaines. Je dirais... hum... l'année dernière, quand Hermione a commencé à se maquiller. Draco fulminait parce que des garçons la regardaient. C'était très drôle. Mais la révélation, c'était juste avant le bal. Draco était fou. Je lui disais de t'inviter mais il ne voulait pas. Alors au bras de Krum... ça a explosé. Depuis, il faisait l'idiot.

-Et si tu t'occupais de tes affaires, pour changer ! Répondit sèchement Draco, fusillant les rares spectateurs pour qu'ils déguerpissement.

-En attendant, vous êtes ensemble, maintenant, et c'est grâce à moi ! Fanfaronna Blaise, un large sourire ornant son visage.

-On s'est juste embrassé, marmonna Hermione.

-Ouais, c'est pas...

Blaise arrêta de sourire, sortant sa baguette d'un air menaçant.

-Je vous préviens, tous les deux: plus de mensonges. Je ne dis pas que vous allez finir par vous marier, mais pour l'instant, vous devez arrêter de vous trouver des excuses pour ne pas voir l'évidence: vous êtes attirés l'un par l'autre. Alors soit vous acceptez vos sentiments, soit vous arrêtez de jouer au chat et de la sourit. Est-ce clair ?

-Limpide comme de l'eau de roche, marmonna Hermione.

-Je t'imaginais pas aussi virulent, avoua Draco.

-C'est parce que j'en ai marre de vous entendre vous hurler dessus alors que vous êtes amoureux ! Par salazar, plus aveugle, il y a pas !

Draco et Hermione échangèrent un regard, penauds.

...

La dernière épreuve approchait à grands pas et Hermione cherchait toujours ce qui clochait chez Alastor Maugrey. Elle avait tenté de trouver un sort permettant à son chat demi fléreur de parler, pouvant alors plus facilement espionner les professeurs, mais elle n'avait rien trouvé pour ça. Ensuite, elle avait pensé à parler de ses doutes au professeur Dumbledore, mais avait vite changé d'avis. Déjà car elle n'avait toujours aucune preuve et parce que Maugrey était souvent dans les parages, comme espionnant certaines personnes.

En parler à Harry avait aussi émergé dans l'esprit d'Hermione, mais le sorcier devait se préparer pour la dernière épreuve. Et de toute manière, Maugrey était son mentor. Elle doutait que Potter croie en ses dires, comme si la sorcière lui racontait la découverte du corps de Croupton.

Pour ce détail, Hermione avait averti Rogue. Elle n'avait pas voulu s'attarder dessus parce que Maugrey était avec lui. Comme par hasard. Qu'importe ce qu'elle voulait dire à un professeur, il semblait toujours là, à l'affût. C'était une raison de plus de le soupçonner... et de se méfier de lui, assurant ses arrières.

-Supposons qu'Alastor Maugrey soit manipulé par un mangemort ou qu'il ait rejoint le côté obscur, donc... quel est le but de la manœuvre ? Approcher Dumbledore pour le tuer ? Non, Voldemort voudrait sûrement l'exterminer de sa propre main. Donc si la cible n'est pas Dumbledore, il s'agit logiquement d'Harry Potter. Et comme Maugrey est le mentor du survivant, quoi de plus facile pour le tuer ! Oui mais... là aussi, ça cloche ! Voldemort rêve depuis quatorze ans de tuer Harry. Il ne va pas déléguer à un sous-fifre, c'est évident. Donc quel est le but de Maugrey ?

Hermione parlait à haute voix, faisant les cent pas dans son dortoir, désert en cette heure. Elle marcha de long en large, retournant le problème dans tous les sens, s'arrachant presque les cheveux tant elle ne comprenait pas le but de Voldemort. Car la sorcière en était persuadée: Maugrey avait tué Croupton. Il était donc soit manipulé, soit volontairement impliqué. Dans tous les cas, il était un problème et Hermione dirigeait ce problème sur Harry.

-Il faut déjà s'accorder sur un point; le retour de Voldemort. Donc... cela suppose l'implication d'Harry, mais aussi de Dumbledore. Est-ce que Rogue est toujours suspect ? Après tout, il hait Harry. Oui... mais il nous a protégés plus d'une fois aussi. Mais comme Maugrey avec Harry. Donc... Oh je suis perdue ! Cria-t-elle, s'effondrant sur son lit. Il faut absolument que je comprenne ce que veux Maugrey avant la dernière épreuve !

...

Dans la grande salle, Hermione pris place à côté de Draco, en face de Blaise, qui souriait comme un parfait imbécile. Elle lui balança un morceau de pain avant de bousculer gentiment du coude le bras de Draco. Ce dernier la regarda d'un air inquisiteur, étirant un faible sourire.

-On fait une trêve ? Demanda-t-elle en faisant allusion à leurs disputes constantes.

-Seulement si tu m'embrases, répliqua Draco sans réfléchir.

La sorcière le regarda, surprise. Blaise explosa de rire et s'étrangla avec son jus de citrouille.

-Les enfants, on mangent, là ! Ricana le sorcier en s'essuyant la bouche.

-La ferme ! Répondit les deux autres sorciers synchroniquement.

Hermione pouffa en regardant la tête que fit Blaise puis elle se pencha vers Draco, qui arrêta de sourire, déglutissant. Alors la jeune fille l'embrassa sur la joue, sous les rires de Blaise. Draco, énervé, lui balança sa cuillère.

-Mais arrêter de me jeter des trucs ! Gémit-il, boudeur.

Draco ne fit pas attention à lui et fusilla son amie du regard, passablement irrité.

-Ça ne compte pas.

-Tu n'as pas précisé où ! Plaida-t-elle, moqueuse.

-Alors embrasse-moi ici, grogna-t-il en posant son index sur ses lèvres.

-Heu... devant tout le monde ?

Draco rougit, tournant la tête vers les autres maisons.

-Peut-être pas, avoua le sorcier, penaud. Plus tard alors !

-Tu es bien exigeant ! Rétorqua Hermione, fronçant les sourcils. J'ai accepté ton baisé hier soir, déjà !

-Oui, juste un !

-Heu... c'est déjà bien, bafouilla la sorcière, rougissant. Je n'avais jamais...

-Et au réveillon ?! S'énerva Draco.

-Tu n'avais pas ma permission à ce moment-là ! Cracha Hermione en tapant du poing sur la table. Cela ne compte absolument pas !

-Ouah le couple d'enfer ! Même après la grande révélation, vous trouvez toujours le moyen de vous entre-tuer, se moqua Blaise en les observant comme s'ils étaient étranges. Mais l'amour vache, c'est mieux que pas d'amour du tout, hein !

Hermione et Draco échangèrent un regard puis balancèrent en même temps le contenu de leur verre sur le métisse, le faisant hurler d'indignation. Toutes les têtes se retournèrent vers eux, y compris les professeurs. Les deux amis explosèrent alors de rire, bien que Blaise les fusille du regard, l'air terriblement furieux... et trempé.


Petit clin d'oeil à Star Wars, même si je ne connais rien à l'histoire, sauf: "Luke, je suis ton père" et "le côté obscur de la force !" Ouais, niveau culture cinématographique, je repasserais. Mais en même, j'ai grandi avec Harry Potter, pas avec les Jedis ! Nah !

Bref, passons... Petit chapitre plus romantique (bon, faut un début après une vingtaine de chapitre) et sorte de transition avec... Mon Dieu, les prochains chapitres vont vous tuer. Vous me connaissez, je suis du genre cruelle et là... Il reste maintenant trois chapitres. Donc notre chère Voldy arrive, mouahahah !

Et je me répète mais ce n'est jamais assez; merci pour vos commentaires et vos mises en favoris ! Sachez que j'ai eu une dissertation en Constitution ce matin et que vos commentaires m'ont reboosté pour supporter ce calvaire :D La suite arrive, je suis inspiré à un point ! C'est simple, cette nuit, j'ai rêvé de toute la fin de ce tome. Ouais, rêver de Draco, c'est juste géniaaaaaaaaaaaal ! Donc j'ai la trame, l'épilogue et même le début du Tome 3. Mais tout ne va pas vous plaire, méfiez-vous ! :/

Je vous laisse cauchemarder et imaginer la pire suite possible, et en attendant, Joyeux Noël !