CARPE DIEM
QUATRIÈME ANNÉE
TOME II
X
Retour aux ténèbres
Demain, c'était la dernière épreuve pour le Tournoi des Trois Sorciers. Le stress et l'excitation se ressentaient partout, aussi bien chez les élèves que chez les professeurs. Et en parlant de professeur, Hermione avait pris en filature Alastor Maugrey, s'assurant qu'il était bien éloigné de sa tour pour qu'elle fouille son bureau, espérant trouver quelque chose l'incriminant. Elle redoutait l'épreuve de demain, ayant comme l'intuition que ce n'était pas un hasard si Harry avait été choisi malgré son jeune âge. Maugrey y était forcément pour quelque chose, mais elle ignorait encore quel était son but. Peut-être que Voldemort voulait voir Potter mourir lors d'une épreuve ?
La jeune fille savait pertinemment qu'il existait un danger. Que s'il y avait un lien avec le mage noir, elle ne pouvait décemment pas prendre de risque. Seulement, en impliquant ses amis, elle se rendait responsable d'eux, et de ce qui pourrait arriver si la sorcière avait raison... ou tord.
-Il faut que l'un de vous monte la garde, informa Hermione en courant dans les escaliers menant en haut de la tour. Nous n'avons probablement pas beaucoup de temps. Vingt minutes maximum. Il ne faut pas laisser de traces de notre passage.
Blaise se proposa sans grand enthousiasme, frémissant à la vue de la grande porte.
-La dernière fois que j'ai franchi une porte comme celle-ci, il y avait un chien à trois têtes, s'inquiéta Blaise. Restez prudents.
Il adressa particulièrement à Hermione un regard, l'incitant à la prudence.
-Au moindre bruit, préviens-nous, lui dit Draco placidement.
Hermione et Draco se tournèrent ensuite vers la porte, la jeune fille murmurant «Alohomora» avant de poser courageusement le pied sur le seuil. Quand la lourde porte claqua derrière eux, ils sursautèrent conjointement, découvrant une pièce sombre, poussiéreuse et peu accueillante. Une grande malle reposait près de la cheminée, une table se trouvait près d'une fenêtre, recouverte de parchemins et de fioles, des armoires remplies de poussières meublaient les coins. Pas un tapis, pas un tableau, pas un coussin pour donner un certain confort. Une chose était sûre, Hermione s'attendait à un bureau plus meublé et plus confortable.
-Que faut-il chercher ?
La sorcière observa la pièce sur tous les angles, passant en revue les affaires sur la table et dans les meubles.
-Des lettres, hésita la sorcière en pinçant les lèvres. Quelque chose l'incriminant d'une manière ou d'une autre. Je ne sais pas, il faut fouiller.
Draco s'avança vers le bureau et s'occupa des parchemins, sans rien répondre, ce qui surprit Hermione. Cette dernière s'était attendu au moins à un regard réprobateur, puisque contrairement à Baise, il ne croyait pas en l'imposture du professeur. Visiblement, il lui faisait quand même confiance.
-L'été dernier, ton père n'a pas insisté pour que tu l'accompagnes au tournoi de Quidditch, lui dit soudain la sorcière, ouvrant une armoire et l'inspectant brièvement, fouillant les tiroirs.
Elle entendit Draco arrêter de bouger les parchemins avant de se reprendre. Elle soupira, passant à un autre meuble.
-Tu adores le Quidditch, ce n'est pas un secret, insista la sorcière en se retournant vers son ami, s'appuyant contre l'armoire, les bras derrière le dos. Pourtant, ton père ne t'a pas emmené.
Le sorcier plaqua un rouleau sur le bureau, prenant une profonde inspiration. Son dos se contracta et ses épaules s'affaissèrent. La jeune fille attendait une réaction.
-Dis le fond de ta pensé, Hermione, soupira son ami, restant toujours de dos, les poings sur la table. Je sais que tu en meurs d'envie.
-Ce soir là, les mangemorts sont apparus, lâcha-t-elle d'un ton froid. Il y a eu beaucoup de blessés, y compris des sang-purs. Ils visaient tout le monde, sans faire de différence. Aucune différence, insista-t-elle.
Elle laissa passer quelques secondes, donnant le temps à Draco de comprendre où elle voulait en venir. Il finit par se retourner, lentement. Son regard était impénétrable. Elle ignorait ce qu'il pensait.
-Ton père savait parfaitement que l'assaut serait pour ce soir. Il ne voulait pas que tu sois blessé dans l'opération. C'est pour ça qu'il ne m'a rien reproché, quand tu lui as dit préférer passer la journée avec moi. Il savait pour les mangemorts, Draco. Il doit savoir pour Alastor Maugrey.
Draco avait toujours été très lunatique. Le provoquer en accusant son père de trahison envers le peuple magique était grave, très grave. Mais Hermione en avait assez qu'il se voile la face, admirant autant que craignant son géniteur. Elle attendit donc une réaction, toujours collé à l'armoire, le cœur battant. Draco l'observait, impassible, comme à son habitude. Puis lâcha le bureau, s'avançant vers elle, insondable.
-Les motivations de mon père ne me concernent pas, jura-t-il en se postant devant la sorcière, levant une main vers elle, se ravissant à la dernière seconde.
Hermione le regarda, sa main encore levée vers son visage. Draco baissa les yeux, fronçant les sourcils.
-Je compte lui dire non, murmura-t-il en plongeant son regard dans le sien, posant enfin sa main sur sa joue. Pour toi.
-De quoi tu parles ? Souffla la sorcière en posant sa main sur celle de Draco, levant des yeux inquiets.
Des coups frappés à la porte les firent sursauter une fois encore. Hermione s'écarta vivement de son ami et tourna la tête vers la porte. C'était Blaise.
-Vous avez trouvé ? Demanda-t-il en se penchant dans la pièce.
-Non, on se dépêche, répondit la jeune fille en évitant son regard, les joues rouges. Surveille-bien l'escalier.
Reprenant ses esprits, elle s'éloigna de Draco et reprit ses recherches, sa joue lui picotant encore. Le sorcier en fit autant, lui jetant un coup d'œil déçue.
-Il n'y a rien, râla Draco en se perdant dans un flot de parchemins croisés. Seulement les devoirs du cours. La lettre du directeur pour son recrutement. Rien de concluant.
Hermione ne l'écouta que d'une oreille distraite, s'approchant de la grande malle, intriguée. Que pouvait-on mettre dedans ? Elle la fixa quelques secondes avant de tourner les talons, rejoignant Draco, évitant son regard, les joues toujours rouge. Elle s'empara d'une bouteille en verre vide et la fit tourner sur elle-même, songeuse.
-Il est plus prudent que je le croyais, s'agaça-t-elle. J'aurais aimé trouver une lettre d'un mangemort ou même du mage noir lui-même. Je sais pas, quelque chose de probant !
Elle plaqua la bouteille sur la table puis baissa les yeux dessus, fronçant les sourcils. La sorcière l'observa un instant avant de le porter à son nez, curieuse. Beaucoup de fioles du même type recouvraient la table. Il y en avait une par terre, près de la cheminée aussi. Pourquoi autant ?
-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Draco.
Hermione renifla le goulot, tiquant à la familiarité du parfum. Elle tendit la bouteille au sorcier, un sourire aux lèvres, l'air victorieuse.
-Du polynectar, dit-elle avec conviction. Ça date, mais je me rappelle encore de l'odeur. Ça ne signifie qu'une seule chose.
Draco releva les yeux, la fiole en main.
-Il s'agit d'un imposteur, dit-il, défait. Je n'y croyais pas, s'excusa-t-il ensuite en posant son index sur la main d'Hermione, lui caressant la peau.
-Un mangemort, corrigea la sorcière. Seul l'un d'eux peut arriver à tromper Dumbledore... et encore, ce type a été très intelligent.
Elle était troublée. Draco n'arrêtait pas de vouloir la toucher. Ce n'était pas dans ses habitudes.
-On sait maintenant qui a volé la réserve du professeur Rogue.
-Oui, mais comment prouver au directeur que la fiole a été retrouvée ici ?
-On n'a qu'à enfermer Maugrey ! Sourit Draco. Le polynectar s'estompera et il se retransformera.
-On peut déjà lui prendre tout ce qui lui reste, répondit Hermione en regardant dans une armoire, découvrant une dizaine de bouteilles pleines. On sera alors très vite fixé.
-Tu es sûr de toi ?
Draco cessa de sourire et reprit un visage soucieux, pressant sa main sur celle d'Hermione pour l'arrêter. Son amie soupira, se renfrognant.
-Non, évidemment. Mais je suis convaincu de son implication dans le meurtre de Croupton. S'il en est l'auteur, et avec ce polynectar, il est impossible que Maugrey soit ce qu'il prétend être. On doit donc agir, avant qu'il ne tue d'autre personne, comme Dumbledore.
-Oh, ce vieux fou ! S'exclame Draco, haussant des épaules.
Hermione le bouscula, faisant la moue.
-Ce n'est pas un jeu !
-Réfléchie, on aura des vacances ! Insista le sorcier, arquant un sourcil. On nous doit bien ça, après trois années tumultueuses à risquer nos vies, laissant Potter récolter toute la gloire.
-Parce que ton père te féliciterait pour avoir détruit Voldemort, peut-être ? Se moqua Hermione en croisant les bras, sceptique. Remarque, j'imagine sa tête ! Ce serait très drôle.
Draco fit la moue, refermant sa main dans le vide.
-Ouais, on se marre. Bon, on peut partir de cet endroit glauque, Mione ! Il fait froid et ce silence est angoissant.
-Je prends juste une fiole.
Ils passèrent devant la malle quand celle-ci se mit soudainement à trembler brutalement. Hermione sursauta en criant, laissant la fiole se fracasser au sol, déversant le polynectar.
-Par salazar, c'est quoi ce truc ! S'étrangla le sorcier, faisant reculer Hermione derrière lui. Un lutin ? Un troll ? Ça a l'air beaucoup plus gros. Et plus dangereux... OK, faut partir, maintenant !
Draco agrippa la main d'Hermione et la poussa devant lui, se dirigeant vers la porte. Celle-ci s'ouvrit à la volée, faisant entrer Blaise, totalement paniqué.
-Pitié, ne me dit pas... marmonna Draco.
-Si, répliqua Blaise, la mine blafarde. Alastor Maugrey est en train de monter les escaliers. Désolé, je sais pas comment il est arrivé si vite !
-Par Merlin ! Jura son ami, tirant à nouveau Hermione derrière lui. OK, plan B, dit-il en se tournant vers elle.
-Quoi ?! S'écria-t-elle, les yeux écarquillés. Mais... j'ai pas de plan B. On est en haut d'une tour ! Il n'existe pas de sortie, ne soit pas stupide.
-Comment ça, pas de plan B ! s'écria Blaise, furieux. Il faut toujours un plan B avant de se jeter dans la gueule du dragon.
-Oui et bien j'en ai pas ! S'agaça la sorcière. Tu n'avais qu'à lui jeter un sort d'immobilité.
-Moi, un sorcier de quatrième année, contre un auror flippant !? Tu es drôle, Hermione, mais c'est pas le moment !
-La ferme, vous deux ! Siffla Draco. Et sortez vos baguettes. On va en avoir besoin si Hermione dit vrai sur son identité.
-Vous avez trouvé quelque chose ? S'exclama son ami.
-Du polynectar, marmonna Hermione. Ce n'est pas Alastor Maugrey qui arrive.
Blaise déglutit bruyamment. Alors la malle trembla à nouveau, les faisant une fois encore tous sursauter.
-On m'explique ! Hoqueta Blaise.
-Je ne préfère pas savoir, répondit Hermione, pointant sa baguette sur la malle. Elle a l'air de tenir le coup, en tout cas.
-Bon, un plan, pour neutraliser le mangemort ?
-Le quoi ?! S'étrangla Blaise en regardant Draco, complètement paniqué. Ah non, pas ces mecs !
-S'il est vraiment quelqu'un d'autre... je propose de la magie noire.
Les deux garçons, baguette levée en direction de la porte, tournèrent la tête vers Hermione, figé de stupeur. La jeune fille leur lança un coup d'œil, agacé.
-Quoi ?! Cracha-t-elle. Ne faites pas cette tête ! On ne contrera pas un partisan de Voldemort avec des sorts ordinaires. Il faut frapper plus fort.
-Tu parles de sortilèges interdits ? Lui demanda calmement Draco, pensif.
-On est pas assez puissants pour ça, paniqua Blaise.
-Parce que tu n'a jamais essayé, rétorqua Hermione.
-Parce que toi, oui ? Hurla-t-il.
-La ferme ! Siffla Draco. Il arrive. Soit sur de son imposture, Mione.
Utiliser un sort contre un professeur assurait l'exclusion. Mais user de magie noire donnait droit à un aller simple pour Azkaban. La sorcière en était pourtant convaincue. Maugrey n'était pas derrière cette porte. Il s'agissait de quelqu'un d'autre. Quelqu'un de menaçant pour Poudlard, Dumbledore et Harry. Seul le mage noir pouvait en être l'auteur.
...
La porte s'ouvrit à la volée, laissant entrer l'auror, qui s'avança d'un air surpris en découvrant les trois jeunes sorciers. Ses yeux se plissèrent instinctivement et, levant sa baguette, la porte se referma bruyamment derrière lui. Son visage se crispa, un tic nerveux aux coins des lèvres, son regard se portant sur Hermione, puis sur les garçons. Il découvrit ensuite la fiole à leurs pieds et Maugrey étira un sourire, semblant amusé. La créature dans la malle rugit de plus belle, mais personne ne bougea. L'auror pointa alors sa baguette sur eux.
-Je me doutais que tu découvrirais mon secret, dit l'imposteur en braquant un regard fou sur la sorcière. Tu étais trop curieuse, trop observatrice. Ce n'était qu'une question de temps. J'aurai dû te tuer plus tôt.
-Qui êtes-vous ? Gronda Draco, bravant son regard glacial.
-Draco Malfoy, susurra le professeur, je doute que ton père soit fier de toi, en ce moment.
Le garçon blêmit, sous le regard perdu de son amie.
-Tu n'as pas répondu à sa lettre, mon garçon.
Hermione fronça les sourcils, sentant son cœur battre à cent à l'heure. De quoi parlait-il ?
-Vous êtes donc un mangemort, comprit Draco en faisant une grimace. Seul un partisan du maître serait au courant.
-Je peux te garantir que ton père attend ton retour avec impatience. Il est tellement furieux de ton silence. Le maître n'attendra pas éternellement.
La douche froide. Baise et Hermione regardèrent leur ami avec consternation. Draco les ignora, avançant d'un pas, baguette levée.
-On ne parle pas de moi, ici, mais de vous, cracha le sorcier. Vous avez tué Alastor Maugrey et avez pris son identifié. On veut savoir pourquoi ! Parler !
Le mangemort ricana sombrement, s'appuyant sur sa canne, amusé.
-Les projets du Lord ne concernent pas de jeunes enfants. Mais je me doute que miss Granger connaît la réponse, pas vrai !
-La présence d'un mangemort à Poudlard ne signifie qu'une chose; la guerre, cracha la sorcière. Dumbledore est plus puissant. Vous n'arriverez pas à le tuer.
-Mais qui te dit que ce vieux sorcier est ma cible. Le Lord aspire d'abord à assouvir sa vengeance.
Vengeance... Hermione secoua la tête en fermant les yeux. Il parlait de Potter. Il voulait tuer Potter.
-Vous n'arriverez pas à le faire entrer à Poudlard.
-Mais ce n'est pas mon intention.
-Alors pourquoi ? Souffla Hermione, avant d'écarquiller les yeux en même temps que Blaise.
-C'est Potter qui ira à lui, comprit le sorcier d'un air sombre.
L'imposteur sourit, visiblement fier de lui. Hermione recula d'un pas, soupçonneuse, posant une main sur le bras de Draco.
-Vous parlez beaucoup, je trouve.
-Comme je compte vous éliminer, ce n'est pas un problème, n'est-ce pas ! Répondit le mangemort sombrement.
Draco commença à crier un sort de défense, immédiatement suivit de celui de Blaise, quand le mangemort les contras immédiatement, jetant ensuite un sort à son tour.
-Expelliarmus !
Les trois baguettes volèrent dans la pièce avant qu'Hermione ai put faire quoique se soit. Une fois désarmés et fulnérables, les jeunes sorciers se rapprochèrent les uns des autres, Draco se plaçant devant son amie en écartant les bras.
-Je suis un Malfoy, cria Draco, croyant pouvoir user de son nom face à un mangemort. Vous ne pouvez rien contre moi.
-Ça, seul le maître en décidera ! Répondit-il. Ton père ne peut te protéger éternellement.
-Nous sommes à Poudlard, cracha Hermione. Dumbledore nous protègent.
-Cet idiot ne reconnaît même pas un mangemort quand il en a un en face de lui, ricana l'imposteur. Seul le survivant l'intéresse, certainement pas trois élèves de Serpentard.
-Vos actes ne resteront pas impunis ! Voldemort ne gagnera jamais contre Dumbledore.
-Il a déjà gagné, cracha le mangemort.
Alors il relança un sort, inconnu aux sorciers, et les enfants, criant d'effroi, sombrèrent dans les ténèbres, Hermione serrant le bras de Draco contre elle, fermant les yeux et détournant la tête.
...
Draco avait mal partout. Ses membres étaient endoloris, sa tête l'élançait, son cou lui brûlait. Rien n'allait. Ouvrant les yeux, il découvrit d'abord le ciel, noir et constellé de nuages sombres. Un froid glacial s'insinua alors dans ses vêtements, le faisant trembler. Bougeant la tête, il vit plusieurs corbeaux s'envoler au loin, croassant d'un air sinistre.
Draco gémit en se redressant. Il était allongé sur le sol, transit de froid, ses muscles raides et ses articulations douloureuses. Ses lèvres étaient craquelées, ses yeux lui piquaient et ses mains et ses genoux étaient égratignés, du sang séché collant sa peau. Il découvrit alors l'endroit où il se trouvait. Un cimetière. Avec des pierres tombales partout, fissurées, cassées, détruites, sales. Tournant sur lui-même, se tenant les côtes tant elles étaient douloureuses, il chercha un point de repère, une idée de l'endroit où il était et pourquoi il y était. Alors il aperçut Hermione, le teint blafard, à moitié allongé sur une grande pierre. Blaise était plus loin, sur le ventre, commençant déjà à remuer les épaules et les jambes. Draco se précipita vers son amie, terrifié.
-Hé, Hermione, chuchota le sorcier à s'accroupissant près d'elle, allongeant le haut de son corps sur ses genoux. Réveilles-toi. Ouvre les yeux, Mione.
Il ne la secoua pas, de peur de lui faire mal. Il lui caressa simplement la joue, vérifiant bien qu'elle respirait. Derrière lui, Draco entendit l'autre garçon gémir, se relevant en grognant. Il mit du temps mais finit par arriver, se tenant la tête d'une main, faisant la grimace.
-J'ai l'impression d'avoir dormi des années, marmonna Blaise. Ça va, toi ?
-Hermione est gelée, répondit Draco en ignorant sa question. Ça doit faire des heures que l'on est resté inconscients. Je ne sais pas pourquoi il nous a envoyés là.
-Cet endroit est flippant. Il faut qu'on se casse d'ici rapidement. On ne sait pas ce qui peut traîner ici, et on a plus nos baguettes. Ce n'est pas un hasard.
Draco le savait très bien. Seulement Hermione n'avait pas l'air d'aller bien. Il n'aimait pas son teint, bien trop pâle.
-Draco ! Insista Blaise en le poussant à l'épaule.
Le sorcier observa Hermione un instant avant de passer ses bras sous elle, sous ses jambes et sous son dos. Il la porta tout contre lui, plaçant sa tête contre son épaule pour pas qu'elle se brise le cou.
-Allons-y, dit-il, les sourcils froncés.
Ils ne firent que quelques pas avant que la sorcière émette un son, bougeant vaguement la tête. Draco s'arrêta immédiatement et baissa les yeux, soucieux.
-Mione ?
-Le sort nous à projeter dans cet endroit. Hermione est tombé sur la pierre, souffla Blaise, inquiet.
-Arrête de parler, siffla Draco. Elle va se réveiller !
-Je dis juste qu'elle a probablement besoin de madame Pomfresh de toute urgence.
Draco paniqua, ne lâchant pas le visage d'Hermione des yeux. Elle remua encore la tête, crispant son visage par la douleur. Le sorcier choisit de la reposer au sol, prenant appui sur lui. Il lui tint la tête, patient.
-Aller, un petit effort, lui chuchota-t-il doucement.
Hermione pinça les lèvres, crispant la mâchoire. Elle finit par ouvrir les yeux difficilement, ouvrant la bouche en découvrant Draco et Blaise penché sur elle, angoissés.
-Où est-ce que tu as mal ? Lui demanda-t-il, lui caressant la joue.
Elle fronça les sourcils, semblant chercher la douleur.
-Dos et tête, murmura-t-elle en serrant les dents. Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Le mangemort nous a envoyés dans un cimetière, lui expliqua Blaise en s'agenouillant près de ses amis. Il avait été clair en voulant nous tuer, après tout, sourit-il.
-On doit partir, lui dit Draco. Tu penses pouvoir bouger ?
-Je ne suis pas en sucre, répondit la sorcière, fermant malgré tout les yeux, l'air épuisé. Une minute et je me lève.
Blaise observa ses amis un instant puis sourit à Draco, se relevant et s'éloignant un peu. Draco reporta son attention sur la jeune fille, passant une main dans ses cheveux.
-Ça fait longtemps que l'on est ici ?
-Plusieurs heures, oui. Mais je ne sais pas pourquoi on est là.
-Il doit y avoir une raison, répondit Hermione en se redressant soudainement. Aide-moi à me relever.
Il la souleva dans ses bras puis la laissa reposer ses pieds au sol, la retenant par la taille. La jeune fille observa alors son environnement, la mâchoire crispée.
-Cet endroit me dit quelque chose, murmura-t-elle. Harry m'en a parlé dans un de ses rêves.
-Vous parlez de vos rêves, maintenant, bougonna-t-il, soudain irrité.
-Des siens, seulement. Il voit Voldemort.
-Et... tu m'en parle que maintenant ?
-Tu es un Malfoy, marmonna-t-elle en évitant son regard.
-Et ton ami, dit-il, serrant les dents. Même plus, maintenant, alors tu dois tout me dire.
Hermione fit un pas en avant, puis un autre. Elle se dirigea alors vers une sépulture immense, ornée d'une statue terrifiante. Elle représentait la mort. Dessous, un nom attira l'attention des sorciers. Jedusor.
-Il faut partir immédiatement, Draco, paniqua la jeune fille en se retrouvant dans ses bras. Ce n'est pas une coïncidence si on est là. Il faut vite partir !
Draco cria à Blaise de les rejoindre, mais au même moment, un éclair de lumière les éblouit et deux silhouettes tombèrent au sol violemment, comme eux précédemment. Les trois Serpentards découvrirent, bouche bée, Harry Potter et Cédric Diggory, accompagnés de la coupe des Trois Sorciers.
Quand Harry se releva, il sursauta en découvrant le trio vert et argent. Cédric fit la même tête, interrogeant Hermione du regard. Les cinq sorciers semblèrent complètement perdus.
-Le trophée était un portoloin ? S'exclama Blaise, visiblement fasciné par le moins important. C'est génial !
-Même si c'était le cas, il aurait dû les renvoyer à Poudlard, rétorqua Hermione, toujours appuyé contre Draco. On est tous tombés dans un piège.
-Mais qu'est que vous fichez là ? Cria Diggory, essoufflé.
-Attendez... je connais cet endroit, s'exclama Harry sombrement. C'est le cimetière de Little Hangleton. C'est ici que les parents de Voldemort sont enterrés.
-Je n'aime vraiment pas ça, marmonna Draco. Potter, Diggory, sortez vos baguettes tout de suite. On va avoir besoin de vous. Hermione, reste derrière moi. Je le sens pas, là.
-Tu commences à me faire peur, lui dit la jeune fille en tremblant de froid, le visage crispé. Partons d'ici.
-Rejoignons tous le portoloin, vite ! Cria Harry en poussant Blaise et Cédric devant lui.
L'instant suivant, le sorcier tomba au sol, hurlant de douleur, posant sa main sur son front où se trouvait sa cicatrice. Hermione blêmit, comprenant immédiatement ce qui se passait.
-Le mage noir arrive ! Cria-t-elle en courant vers Harry, tentant de le relever. Harry, lèves-toi tout de suite !
Le garçon criait encore, la tête entre ses mains. Hermione ne pouvait rien faire pour l'aider et Draco ne lui en laissait pas le temps. Il l'attrapa par la taille et la releva, la poussant derrière lui. Des torches de feu venaient d'apparaître, faisant reculer tous les sorciers. Harry cria encore plus fort, Hermione détourna les yeux, ne supportant pas sa douleur. Cédric tenta d'aider Harry mais déjà, une silhouette arrivait dans leur direction. Alors Hermione hoqueta de stupeur.
-Peter Pettigrow... souffla-t-elle d'effroi, sachant pertinemment qu'il faisait partie des fidèles du mage noir. Draco...
-Ne bouge pas, lui intima-t-il, agrippant ses mains dans les siennes, tremblant tous deux.
Ils venaient en effet de voir, dans les bras de Pettigrow, le mage noir. Méconnaissable, il semblait avoir la taille d'un nourrisson et pourtant, quand il tourna la tête dans leur direction, un sourire diabolique et effroyable naquit. Alors il susurra à son fidèle:
-tue les autres, d'un ton rauque, presque agonisant.
Hermione resta pétrifiée sur place, se repassant en boucle l'horrible voix du grand sorcier. Pourtant, Draco ne semblait pas ébranlé. Au contraire, à peine le mage noir donna son ordre que le jeune sorcier se mit en mouvement, poussant la jeune fille pour la protéger. Hermione vit dans le mouvement un éclair de lumière verte, ses amis courir pour tenter de s'enfuir, Harry toujours à terre. Elle entendit des cris, la voix de Pettigrow lançant le sort impardonnable, le cri de Blaise devant elle, celui d'Harry...
-Avada Kedavra ! Prononça le fidèle du Lord distinctement.
Hermione cria, Draco aussi. Ils crièrent en même temps, quand Cédric, le plus proche du portoloin, reçut le funeste sort en plein thorax. Il fut propulsé dans les airs, retombant plus loin, les yeux grands ouverts.
-Non ! hurla Hermione, les larmes aux yeux. Non !
Blaise resta prostré, choqué par le corps de Cédric qui tomba près de lui. Il releva ensuite les yeux vers ses amis, s'assurant qu'ils allaient bien. Puis il écarquilla les yeux, hurlant le nom d'Hermione. Draco se retourna brusquement, voyant déjà le mangemort commencer à prononcer le sortilège de la mort. Il écarta Hermione mais celle-ci s'agrippa à son bras, refusant de le lâcher, des larmes maculant ses joues. Draco hurla après elle, complètement paniqué, voulant l'écarter pour la protéger. Quand ils relevèrent les yeux, un éclair vert fusa vers eux.
-Non ! cria la voix de Draco cette fois, figé d'effroi.
Hermione se mit devant lui, le sort fusant vers elle à la vitesse d'un boulet de canon. Draco la laissa faire une microseconde, éberlué par son geste téméraire et incroyablement stupide. Il cria de s'écarter, tirant la jeune fille violemment en arrière. Hélas... le sort était déjà à leur porté. Blaise se matérialisa à leurs côtés. Alors l'éclair les percuta brutalement, envoyant les sorciers à plus de cinq mètres. Se fracassant au sol, Draco cria de douleur, son épaule lui arrachant une douleur terrible.
-Hermione ! Hurla-t-il, stupéfait d'être toujours en vie, en un seul morceau. Oh par Merlin, Hermione, réponds-moi ! Réponds-moi ! Hermione !
Il secoua la sorcière comme un forcené, les yeux rouges, des larmes coulants sur ses joues. Draco poussa un cri de rage et de désespoir.
-Dray... tu me fais mal... murmura la jeune fille dans un croassement.
Draco baissa les yeux vers elle, son cœur s'arrêtant de battre une seconde. La sorcière se redressa, le regardant avec incompréhension. Alors le garçon lâcha ses épaules, soupirant bruyamment.
-Qu'est-ce...qu'est-ce qui vient de se passer ? Pleura Hermione, se passant une main dans les cheveux, complètement perdue. Comment on peut être en vie, Draco ?
Draco ignorait la réponse. Ils s'étaient pourtant bien pris le sort... pas vrai ? Tournant la tête, le garçon découvrit alors Pettigrow au loin, penché sur... quoi ?! Non...
Draco se décala, cachant la vue à la sorcière. Cette dernière tourna la tête dans tous les sens, cherchant visiblement quelque chose.
-Où est Blaise ? S'écria-t-elle crédulement, regardant Draco.
Il lui lança un regard si dépourvu de chaleur que la jeune fille commença à trembler bien avant de comprendre. Elle l'interrogea du regard.
-Mione...
Il secoua la tête, le cœur battant la chamade.
-Draco ! S'étrangla soudain la jeune fille en pointant quelque chose du doigt, les yeux figés d'horreur. Derrières-toi !
Il eut à peine le temps de tourner la tête que le mangemort était sur eux, braquant la baguette sur Draco.
-Endoloris ! Hurla-t-il, le sourire sadique.
Le jeune homme se tortilla de douleur sur le sol, agonissant. Il n'émit pourtant que de faibles gémissements, comme s'il arrivait à ce retenir de crier. Hermione assista au spectacle sans pouvoir rien faire pour l'aider, assise sur le sol, pleurant pour Draco.
-Arrêtez ! Cria-t-elle en regardant le mangemort.
L'homme baissa sa baguette et la jeune fille eut le temps de remarquer que son autre main avait disparu, comme entièrement mutilée. Il fit ensuite un pas vers elle, tandis que Draco reprenait son souffle, la tête contre le sol, poussant des gémissements étouffés.
-Ne vous approchez pas ! Cracha la sorcière en reculant sur le sol, ignorant la douleur de ses mains écorchées.
-Hermione, gentille petite Hermione, sourit Peter Pettigrow. Comme je suis content de te revoir.
-Sirius aurait dû vous croquer dans sa gueule quand il en avait eu l'occasion ! Vociféra-t-elle, arrêtant de le fuir.
-En voilà un langage pour une jeune fille !
Levant sa baguette, il fit relever Hermione contre son gré, raide comme la mort, figée sans rien pouvoir contrôler. Elle lui cracha au visage, folle de rage.
-Où sont les deux autres garçons ?
Pettigrow s'essuya le visage de son unique main, souriant cruellement.
-Allons les voir, répondit-il en ricanant.
Draco se redressa à peine quand Hermione le survola, ensorcelée par le mangemort. Il cria son nom mais grimaça de douleur.
Peter Pettigrow amena Hermione près d'une grosse marmite fumante. Il cessa le sort et la sorcière retomba brutalement sur le sol, y restant, prostré. Elle venait d'apercevoir Harry, prisonnier de la statue incarnant la mort, couvert de sang, hurlant de douleur et une longue coupure ornant son bras droit, son sang coulant par terre. Mais ce n'est pas le sort d'Harry qui la pétrifia sur place, mais le corps de Blaise, un peu plus loin, allongé sur le sol... dans la même posture que Cédric.
Bonjour, Bonjour ^^
Vous avez envie de me tuer ? Comme je vous comprends. Le scénario va s'assombrir encore, prenez garde.
Carpe Diem a été imaginé selon la scène qui va suivre au prochain chapitre. Donc attendez-vous à quelque chose de... explosif et de décisif. L'avenir d'Hermione repose sur cette soirée.
-Le sortilège de la mort a bien atteint Hermione ET Blaise. Pourquoi la sorcière a survécu ?
-Le secret d'Hermione est-il près à être découvert face à Voldemort ?
-Que peut-il se passer maintenant ? Des idées ? Dites-moi !
Je n'ai pas encore répondu à vos commentaires. Mais je vous dis merci pour vos avis, très inspirant et motivant. C'est en quelque sorte des cadeaux de Noël pour moi :)
