CARPE DIEM

QUATRIÈME ANNÉE

TOME II


XI

Irrémédiable décision


Blaise Zabini était fils de sang-pur et de moldu. Son père, d'origine Italienne, comme sa mère, avait fait la rencontre d'une sorcière lors de son voyage à Milan, pour y présenter ses peintures. Artiste dans l'âme, la magie s'était ouverte à lui, mais bien vite, avant que Blaise voit le jour, son père avait compris que la magie n'était pas seulement source de bienfaits. Fuyant ce monde qui ne lui appartenait pas, il ne découvrit que sept ans plus tard qu'un fils avait été laissé à son amante. Blaise ne découvrit la vérité sur ses origines moldu qu'à ses onze ans, quand il entra à Poudlard pour la première fois. Malheureusement, ses origines ne pouvaient être dévoilées. Personne n'aurait compris. Pas même son meilleur ami depuis toujours: Draco Malfoy. Il avait grandi avec lui, avait mûri avec une idéologie extrémiste, tout en sachant, au fond de lui, que tout ce qui se disait sur les moldus étaient faux: il le savait, il l'était à moitié. Blaise exigea de sa mère de rencontrer son père, retourné en Italie, alors que la famille Zabini s'était installé à Londres après la chute du Lord. C'est à ce moment-là que chaque année, à chaque vacance, Blaise vivait comme un moldu, caché en Italie, loin de tout. Loin de la magie, qu'il commençait peu à peu à détester. Puis un jour, ce fut sa deuxième rentrée à Poudlard. Le jeune Blaise Zabini vivait comme un parfait petit sang-pur, restant auprès de Draco, bien que sa haine pour Père Malfoy grandît. Il cachait comme il pouvait ce qu'il était. Il survivait.

-Tu sais pertinemment que Draco ne veut pas te voir ! Cracha Blaise en ignorant délibérément le regard furieux de la jeune fille assis en face de lui. Tu es exaspérante et idiote. Et Draco n'aime personne.

Tous les sorciers présents regardèrent le métisse, acquiesçant de la tête. La jeune sorcière croisa les bras sur sa poitrine, boudeuse.

-Alors pourquoi il était avec cette fille, hein !? Cracha-t-elle, irrité.

Le jeune Zabini releva les yeux de son livre, surpris.

-Quelle fille ? Il n'y a jamais de fille avec Draco.

-Si, j'ai vu Dray lui parler, bouda la fille. C'est pas juste, Blaise ! Qui c'est, cette idiote ?! Elle est moche, en plus !

-Tu as dû rêver ! S'entêta Blaise, secouant la tête.

-Je suis passé devant leur compartiment, je sais ce que je dis ! Cracha la petite brune, montrant les dents. Mon Draco parle à une autre que moi !

-J'aime déjà cette fille, alors ! Souri le garçon en se levant prestement de sa place. On ne peut pas être pire que toi, Pansy.

-Retient ta langue, vipère !

-Fait un bon voyage, je me casse.

Baise ne regarda plus Pansy Parkinson, petite fille gâté, sang-pur de surcroît, famille liée aux Malfoy. Blaise ne l'aimait pas. À la rigueur, il préférait Astoria... et encore, il y avait des limites ! Il détestait quasiment tous les sang-purs, ce n'était pas nouveau. Seul Draco gardait son estime... quelquefois, quand il ne jouait pas l'idiot.

Traversant le train, il chercha Draco rapidement, curieux par les dires de Pansy. Depuis quand son meilleur ami se mélangeait au peuple ? Avec une fille, de surcroît ? Elle devait vraiment être spéciale. Poussant le battant menant au compartiment des enfants, Blaise s'arrêta une seconde devant l'évidence: Draco souriait avec la fille. Une fille ! Avec Draco ! Les miracles semblaient exister.

-Moi, c'est Blaise Zabini ! J'entre en deuxième année à Poudlard ! Et toi, c'est quoi ton petit nom ?

Il ne quittait pas la fille des yeux, fasciné. Elle n'avait rien à voir avec les sang-purs habituels. Celle-ci ne le regardait pas avec dédain, ni ennuie. Bon point, Draco Malfoy, bravo pour ta belle trouvaille !

-Hermione Granger, se présenta la jeune fille, lui souriant chaleureusement. C'est ma première année... comme tu peux le voir.

Elle était jolie, elle semblait gentille, elle avait un beau sourire. Quel contraste avec la mine sérieuse de Draco, toujours les lèvres serrées en une ligne droite et sévère.

-Je connais ce petit blond peroxydé depuis tout petit. Il paraît inaccessible et complètement incapable de la moindre émotion, mais il est cool... la plupart du temps.

Après cette brève entrée en matière, Blaise avait suivi Hermione sans cesse, regardant toujours avec amusement le regard noir de Draco. Il lui disait: touche pas, elle est à moi ! Mais ça faisait rire le jeune Zabini, qui n'avait alors jamais vu Draco réagir de manière possessive, encore moins avec une parfaite inconnue. Au cours des années, Blaise était devenu un confident pour la jeune sorcière. Il avait aussi eu droit à quelques menaces de Draco, qui l'avait pris entre quatre murs un jour, alors qu'ils n'avaient que 12 et 13 ans.

-Arrête de parler à Hermione comme ça ! Lui avait craché Draco.

-C'est ma meilleure amie ! S'était-il défendu, surpris par le ton sérieux du blond.

-Pas quand tu la regardes comme ça ! Tu n'as pas le droit.

Blaise avait éclaté de rire, se demandant s'il devait avouer à son meilleur ami que les filles ne l'intéressaient pas, mais qu'au contraire, c'était plutôt Draco qui lui plaisait... un peu. Il en était pas amoureux, mais quand même... il était loin de le laisser indifférent.

-Alors parle-lui comme je le fais ! Lui avait dit Blaise, provocateur.

Mais ce n'est qu'en troisième année que Blaise avait réellement dit à Draco que la sorcière n'attendrait pas cent sept ans.

-Tu vas la perdre, si tu continues, lui avait dit Blaise, âgé de 15 ans.

-J'ai rien fait de mal.

-Tu menaces Potter, tu demandes à ton père d'abattre la créature du géant... Hermione ne va pas laisser passer ça !

-Alors je fais quoi, pour qu'elle me reparle ? Avait presque pleuré le blond, la crainte hantant son regard.

-Aide Potter et Hermione. Comme tu la fait en première et deuxième année.

-Je trahis ma famille en faisant ça !

-Tu trahis personne sauf Hermione ! Si le mage noir gagne, Hermione sera pas heureuse. À toi de voir !

En quatrième année, au bal, Draco s'était mis à boire, parce que la sorcière était partie danser avec Krum. Blaise lui avait dit ses quatre vérités.

-Continue de te voiler la face, et elle sortira avec un autre, bientôt ! L'avait nargué Blaise. Peut-être bien avec Potter, qui sait ! Ils feraient un beau couple...

Draco l'avait frappé ce jour-là, mais ils n'en avaient rien dit à Hermione. Blaise n'avait pas eu de marque sur le visage, mais la douleur était resté longtemps. C'était le déclic pour Draco. Après ce soir, il avait changé, et Blaise avait vu ses deux amis se rapprocher un peu.

Le soir où ils étaient allé dans la tour d'Alastor Maugrey, Blaise avait entendu la conversation de ses amis. Il savait qu'ils s'étaient déjà parlé, embrassé même, mais comme d'habitude, Draco restait ce qu'il était: un Malfoy. Blaise avait alors compris qu'il n'était pas encore près pour vraiment aimer Hermione. Le problème, c'était que Blaise savait beaucoup de choses. Et que contrairement à son ami, il était très loin d'être aveugle. Il reconnaissait une famille moldu facilement. Et Hermione... vivait bien avec des moldus. Certes, depuis des années il avait eu des soupçons, comme quoi elle serait sang-mêlé, peut-être. Mais une sang-de-bourbe ! Avec Draco, aussi buté qu'il était ! Blaise Zabini connaissait Draco Malfoy mieux que quiconque. Pourtant, ce soir-là, en veillant sur l'escalier, Blaise avait eu un doute. Draco était-il près à vraiment aimer ? Parce que cela incluait l'acceptation de renier toute son éducation, toutes ses croyances, toutes les histoires de sa famille. Blaise ne le savait pas. Il ne le saura jamais.

Dans le cimetière, quand le sort de la mort s'était dirigé vers Hermione, Blaise avait paniqué comme jamais dans sa vie. Voir ses amis mourir devant ses yeux était inconcevable. Pas si Draco avait une chance de connaître un destin plus heureux auprès d'Hermione.

Alors il n'avait plus réfléchi, et il s'était jeté sur la jeune sorcière, recevant le sort en pleine poitrine. Seulement, alors qu'il était frappé de plein fouet, le sort avait dévié sur la sorcière. Blaise avait donc vu pour la dernière fois de sa vie le pendentif de son amie, foudroyé par le sort. Il tomba au sol, apaisé. Il avait sauvé ses amis. Il pouvait dormir.

...

Le rituel que Peter Pettigrow avait mené avait fonctionné parfaitement. Lord Voldemort était revenu, non plus en empruntant un corps ou par le biais d'un souvenir, mais bien en tant que personne. Il n'avait plus rien à voir avec le sorcier d'antan, si charismatique, mais d'une créature monstrueuse, squelettique, au visage si éloigné d'un être humain, que la jeune sorcière le compara à une de ces créatures extraterrestre que les moldus geek idolâtraient tant. Le mage tant redouté et si effrayant se trouvait devant Hermione, Harry et Draco. Méconnaissable, une créature effrayante drapée d'une cape noire, il ouvrit des yeux rouges sangs. La jeune fille se fit toute petite sur le sol, se cachant derrière Draco, qui l'avait rejoint quand le mangemort avait jeté un doloris sur la sorcière. S'emparant de sa baguette, le mage appela ses fidèles par le biais de la marque des ténèbres de Pettigrow. Hermione et Draco virent une nuée noire tourbillonner dans le ciel.

-Ce sont les mangemorts, chuchota Draco, sous le regard amer de son amie.

Hermione le fusilla du regard, sachant très bien qu'il n'y était pour rien sur l'éducation qu'il avait reçue.

-Il va tous nous tuer, tu crois ? Lui demanda-t-elle d'une petite voix, reniflant.

Draco ne répondit pas, observant la scène qui se déroulait devant eux. Tout ce qu'il avait en tête, c'était Hermione, criant sous le coup du doloris. Il craignait le pire maintenant que tous ces fidèles étaient là.

-... bande d'incapables, ignorant des signes depuis des mois ! Personne n'a cherché à me retrouver, n'est-ce pas ?!

Draco et Hermione se trouvaient non loin de Potter, derrière le mage noir. À genoux, serrés l'un contre l'autre, ils écoutèrent la colère du terrible sorcier, espérant être oubliés.

-Même pas toi... Lucius.

Comme mère nature appuyant ces dires, un éclair frappa le ciel, laissant entendre un grondement sinistre. Hermione leva les yeux vers son meilleur ami, ce dernier fixant son père d'un air impassible, comme il le faisait toujours.

-Maître, croyez en ma loyauté, plaida monsieur Malfoy en tombant à genoux devant Voldemort. J'ai porté un masque durant plus de quatorze ans, mais j'ai toujours été fidèle à votre idéologie. J'ai toujours été votre serviteur.

Hermione n'avait même plus la force de le détester pour ses paroles. Seul la réaction de Draco comptait: il ne semblait pas le moins du monde surpris.

-Pourtant je n'ai pu compter que sur deux personnes, cracha Voldemort, faisant frémir Lucius. Quoi qu'il en soit, je reste déçu par vous tous !

Il fusilla tous ses fidèles du regard, s'attardant sur Malfoy, son plus proche partisan. Ce dernier se releva mais baissa les yeux, la peur se lisant dans sa posture. Hermione ne le détestait que plus encore, alors que son propre fils était là, à quelques mètres, l'observant sans rien dire.

-Oh, quel gâchis... soupira le mage noir en s'approchant de Blaise et de Cédric. Des enfants...

Il appuya son pied sur la joue de Cédric Diggory, l'air réprobateur, presque ennuyé.

-Ne le touchez pas ! Hurla alors Harry en ignorant le regard paniqué d'Hermione, cette dernière ouvrant des yeux exorbités.

Voldemort fit volte-face et étira un sourire heureux, s'approchant d'Harry en ignorant les deux autres sorciers. Lucius Malfoy les vit, lui, et perdit encore plus de couleurs sur son visage déjà bien pâle. Il fit un pas mais s'interrompit immédiatement, regardant son maître avec crainte.

-Désolé de te faire attendre, Harry, expliqua le mage noir. Comme je suis content de te revoir... Inutile de te présenter à mes fidèles, n'est-ce pas ? Il paraît même que tu as la même notoriété que moi ! C'est impressionnant ! Siffla-t-il, s'approchant d'Harry. Pourtant, tu ne sais rien ! Ta popularité est basée sur des mensonges, Harry. Tout le monde pense que le garçon qui a survécu, est puissant. Mais c'est faux. Je vais te dire la vérité, Harry Potter. Tu n'es pas différent des autres enfants ! Tu n'es pas un sorcier plus puissant que moi ! C'est impossible ! Je suis le plus grand sorcier, et personne, personne, ne peut me surpasser.

Il se mit à rire d'un air sinistre, les yeux fou. Il s'amusa à passer devant ses fidèles, continuant son discours d'un air théâtral.

-J'ai été vaincu il y a quatorze ans par de la vieille magie, avoua-t-il, un rictus aux lèvres, montrant que cela lui importait peu. Ta mère, Harry, c'est elle, qui t'a sauvé, en utilisant l'amour d'une mère pour son fils. Comme c'est pathétique.

Il partit dans un rire sardonique, imité par ses partisans.

-Ce n'est pas grave, je saurai m'en souvenir. Je suis revenu plus puissant encore, et désormais, aucune magie ne pourra m'arrêter, plus une seule ! Aussi Harry, je peux désormais te tuer grâce à ton sang !

Liant l'acte à la parole, le mage noir sourit machiavéliquement en se rapprochant du survivant, levant une main maigre et pâle, et toucha le front d'Harry, qui hurla sous la douleur du choc.

-Non ! cria Harry. Ah ! Aaaah !

Hermione plaqua ses mains sur ses oreilles, fermant les yeux. Elle ne voulait pas assister à ça. Voir Harry sous l'emprise de Voldemort était abominable. Sa douleur alimentait la sienne, devenant de plus en plus oppressante, jusqu'à que la jeune fille se mette à hurler à son tour, se redressant malgré les bras de Draco, qui la retenait au sol.

-Arrêtez ! s'époumona-t-elle en bravant le regard de Lord Voldemort, se fichant éperdument de sa dangerosité. Ne le touchez pas !

Le mage noir se tourna vers les deux sorciers, couchés au sol. Il fronça les sourcils en lançant un regard à Pettigrow puis vint à eux, baguette dirigée vers Hermione. Cette dernière, toujours maintenue par Draco, le défia du regard, des larmes inondant ses joues. Le terrible sorcier les sépara d'un geste du poignet, envoyant Draco contre la sépulture où Harry se trouvait. Le jeune homme percuta la pierre dans un gémissement étouffé.

-Quel courage ! S'exclama Voldemort en faisant relever la sorcière, la faisant léviter à sa hauteur. Quelle stupidité ! Siffla-t-il ensuite. Je pourrais te tuer pour moins que ça, fillette !

-Vous êtes lâche, pour vous attaquer à des enfants, rétorqua-t-elle avec bravoure, bien qu'elle tremblait et que ses larmes coulaient. Vous l'avez toujours été.

Le visage du mage noir s'assombrit et la sorcière tomba au sol, à genoux. Le sorcier pointa sa baguette sur sa tête...

-Non ! hurla Draco en s'interposant, se plaçant devant la sorcière, baissant les yeux une seconde après avoir croisé celui du mage noir.

-Qui est-tu, pour m'interrompre ! Enragea Voldemort, la folie traversant ses yeux couleur rubis. Misérable... !

Hermione se cramponna aux épaules de son amie, pleurant dans son dos. Draco ne bougea pas, le regard toujours au sol, attendant que le sorcier lance le sortilège de la mort.

-Maître ! L'interrompu Lucius Malfoy en s'approchant des enfants doucement. Il s'agit de mon unique fils, Draco et de son amie, Hermione Granger.

Il bégayait, transi de peur. Toutefois, il semblait plus terrifié par le sort de son fils que par son maître.

-J'ignore ce qu'ils font ici, maître, mais...

-Silence ! Hurla Voldemort. Je ne t'ai pas autorisé à parler, Lucius ! Retourne à ta place.

Monsieur Malfoy lança un dernier regard à son fils puis s'inclina devant le terrible sorcier, rebroussant chemin.

-Alors comme ça, vous osez me défier... Tu me défies pour la seconde fois, Draco. Il me semble que ton père t'avais demandé de nous rejoindre, siffla Lord Voldemort. Je déteste les indécis, tu comprends !

Le mage noir recula d'un pas, finissant par porter son attention sur Harry Potter, toujours prisonnier de la statue. D'un coup de baguette, il le jeta au sol, puis propulsa les deux autres enfants plus loin, les écartant de son chemin. Draco atterrit sur Hermione, qui poussa un petit cri.

-Prends ta baguette, Potter ! Siffla le sorcier en menaçant déjà le survivant. Ma patience a des limites... et j'ai hâte de te tuer !

Le jeune sorcier resta allongé sur le sol un instant, portant sont regards sur Hermione, les yeux écarquillés. Quand il comprit que Draco veillait sur elle, il se releva douloureusement, ses membres douloureux, son bras lui brûlant, ainsi que sa cicatrice. Il fit alors face à son ennemi.

-En duel, Harry ! S'amusa sinistrement le terrible sorcier. Fait semblant d'être assez fort pour me vaincre ! Prend ta baguette !

Harry n'eut pas le temps d'esquiver le moindre geste que déjà, Voldemort, vicieux, lui lança un sortilège impardonnable. Hermione ne ferma pas les yeux, cette fois.

-Endoloris ! Cria-t-il, hilare. Endoloris !

Le survivant tomba au sol, secoué de spasme, comme Draco et Hermione auparavant. Son souffle erratique, sa douleur au front, ne l'aidait pas pour se concentrer. Maintenant qu'il subissait un doloris, le jeune sorcier commençait à perdre pied.

-Soi un peu plus combatif, Harry, s'exaspéra Voldemort. Tu me déçois tellement ! Fais-le au moins pour tes parents ! Ils sont morts pour te sauver la vie... et tu abandonnes déjà ?! Tu es pathétique, Harry ! Relèves-toi, maintenant !

Le survivant fut relevé contre son gré, grimaçant tant la douleur devenait insupportable. Le mage noir lui tourna autour, le menaçant de sa baguette. Harry voulut faire de même, mais le mage noir lança un sortilège. Le jeune sorcier l'esquiva cette fois de justesse, profitant de l'occasion pour s'abriter derrière un mausolée. Le mage noir siffla de colère, faisant exploser un sort près de sa tête.

-Ne te cache pas, Harry ! Cracha-t-il avec haine. Je veux te tuer en face. Je veux voir la vie s'éteindre dans tes yeux ! Je veux que tout le monde regarde comment je suis plus puissant que tu ne le serras jamais !

Le jeune sorcier resta prostré derrière le mausolée, essoufflé, effrayé, souffrant de partout. Alors son regard se posa sur Cédric et Zabini. Leurs corps sans vies le paralysaient, le rendant défaitiste et haineux à l'égard du mage noir.

Voldemort s'impatienta, sa baguette prête à lancer le sortilège de la mort à tout moment. C'est pourquoi, dans un élan de haine pure, il s'approcha des deux autres enfants et agrippa Hermione par les cheveux, la relevant de force, la faisant hurler de douleur. Draco reçu un doloris pour l'avoir retenue contre lui, tentant de la protéger.

-Souhaites-tu une troisième mort inutile, Harry Potter ?! Siffla Voldemort en prenant la sorcière par le cou, la plaçant contre lui, la menaçant de sa baguette. Ce sera très facile pour moi de la tuer. Veux-tu en être directement responsable ?! Sort de ta cachette ! Sache que la mort est préférable à ce que je compte lui faire avant !

Hermione pleura silencieusement, tendant le cou pour s'écarter au maximum de la baguette de Voldemort. Ce dernier tira sur ses cheveux, la faisant hurler. Alors Harry sortit de derrière le mausolée, baguette en main, un air déterminé sur le visage.

-C'est entre vous et moi, cracha le survivant. Lâchez là, Tom !

Le mage noir éructa en attendant son nom moldu.

-Mais c'est tellement plus facile, pour obtenir ton abdication. Décidément, tu es aussi faible que ta sale moldu de mère ! L'amour rend faible. Regarde ce qui se passe: tu vas mourir pour sauver cette fille. Une amie, je suppose ? Comme c'est touchant, susurra-t-il près de l'oreille d'Hermione.

Il se tourna ensuite vers Draco. Ce dernier s'était enfin relevé, les poings serrés, ne lâchant pas Hermione du regard. Voldemort étira alors un sourire, regardant tour à tour les deux garçons.

-Et toi Draco... me défieras-tu une troisième fois ? Ou te rangeras-tu à ma cause, évitant un terrible accident à cette jeune fille ? Décides-toi vite, cette fois ! Je ne te laisserai pas une chance de plus !

Harry Potter menaçait toujours le mage noir de sa baguette. Draco Malfoy baissait les yeux au sol, indécis, l'air torturé.

-Alors je vais tuer cette enfant ? Demanda cruellement Voldemort, bougeant sa baguette sur la gorge de la sorcière.

Harry réagit à cet instant, la rage déformant les traits de son visage.

-Expelliarmus ! Cria le jeune sorcier.

-Avada Kedavra ! Contre-attaqua Lord Voldemort la seconde suivante, poussant violemment Hermione loin de lui.

La sorcière fut propulsée contre Draco, qui tomba en arrière, enlaçant son amie de ses bras. S'ensuivit un combat effroyable entre Harry et le mage, exerçant tous deux une magie si puissante qu'une énorme onde de choc fit reculer tous les mangemorts, plaquant les deux jeunes Serpentard au sol. Des jets vert et rouge se confrontèrent violemment au-dessus de la tête d'Hermione, faisant gronder dans un tonnerre le ciel noir. La jeune fille vit alors différents halos de lumière apparaître tout autour d'eux. Écartant les cheveux lui fouettant le visage, elle vit des silhouettes se former. Elle se redressa précipitamment.

Il y avait Cédric, Blaise... mais aussi les parents d'Harry, que la sorcière avait déjà vue sur des photos. Hermione regarda son ami, les yeux ahuris, bien vite imité par Draco, qui se releva sur les genoux en se tenant les côtes, gémissant.

-C'est un mirage, murmura-t-il.

-Non, il est vraiment là ! Pleura Hermione, au bord de l'évanouissement.

Le pouvoir de Voldemort prenait de l'ampleur, mais le jeune sorcier contre-attaqua avec détermination, poussé par les esprits de ses parents. La sorcière y vit le courage et le désir de vaincre celui qui semait la terreur autrefois.

-Hermione...

C'était le halo de Blaise. Les deux Serpentard le fixèrent, les yeux écarquillés. La conscience de Blaise leur sourit tristement.

-Tu n'es pas responsable, tonna Blaise avec douceur. Ne culpabilise pas, vit.

Voldemort cria de rage, forçant encore plus son pouvoir.

-Harry... souffla le halo de Cédric. Ramène mon corps auprès de mon père.

-Tu sais ce que moi je veux, souffla Blaise en regardant son amie.

D'autres éclairs grondèrent, et les deux jeunes sorciers se couchèrent au sol, tétanisés. Alors Harry poussa à son maximum son pouvoir, et durant un bref instant, Voldemort et les mangemorts furent prisonniers d'un bouclier. Harry se tourna alors vers Hermione et Draco, le souffle court, du sang maculant son visage. La sorcière le regarda en secouant la tête, toujours au sol, et Harry se précipita alors vers Cédric et Blaise, levant sa baguette.

-Accio !

En un instant, le trophée vola dans les airs et se précipita dans la paume d'Harry. Celui-ci disparut instantanément, accompagné de Cédric Diggory et de Blaise Zabini.

...

-Non ! hurla de rage le mage noir en découvrant la disparition d'Harry Potter, son ennemi depuis quatorze ans.

Regardant de pare et d'autre le cimetière, il se rendit vite compte qu'il n'y avait pas lieu d'espérer. Alors il posa les yeux sur Draco et Hermione. Le jeune sorcier posa instinctivement une main sur sa taille. Seulement... il n'avait plus de baguette. Voldemort le fit alors léviter brutalement, le jetant aux pieds de Lucius Malfoy. Ce dernier resta de marbre, ne baissant même pas les yeux sur son fils. Ensuite, le sorcier se tourna vers la jeune fille, qui tentait tant bien que mal de tarir ses larmes.

-Tu es amie avec Potter, n'est-ce pas ? Réponds-moi !

Hermione se recroquevilla au sol, aveuglé par ses larmes.

-C'est juste une connaissance, jura-t-elle lamentablement, reniflant. Je suis avec Draco à Serpentard.

-Pourtant, Potter te porter un grand intérêt ! Tu es importante et donc utile !

-Maître... intervenu Lucius d'une petite voix, baissant les yeux en approchant légèrement. Si je peux me permettre, cette jeune fille est une bonne amie de mon fils et...

-Silence ! Ton nom ? Gronda le mage.

-Granger, chuchota la sorcière, tremblante.

-J'ai déjà vérifié dans le registre des sang-pur, maître, continua Lucius. La famille Granger y est bien inscrite, mais ils sont si peu nombreux et nomades que...

-Silence, Lucius ! Vociféra Voldemort, faisant volte-face. Je réfléchis.

Draco fut relevé par son père sans ménagement. Ce dernier le regarda à peine, se penchant vers son oreille.

-Va chercher ton amie, avant qu'elle ne fasse pitié au maître et qu'il l'achève.

Draco n'hésita pas une seconde pour éloigner sa meilleure amie du mage noir. Ils se placèrent ensuite derrière Lucius, silencieux.

-Approche, Draco, siffla soudain Voldemort en sortant sa baguette.

Le garçon regarda son père puis Hermione. Il se décida alors à obéir, déglutissant.

-Il est temps de faire un choix, lui dit le mage, tout sourire. Maintenant que je suis de retour, j'ai besoin de fidèle sûr. Aller mon garçon, tend ton bras.

Sa voix glacial, ajouté à sa demande, pétrifia le garçon, regardant le sol sans le voir. Non ! Il ne voulait pas. Il s'était enfin décidé; il ne voulait pas être comme son père !

-Ton bras, Draco ! S'impatienta le mage.

Le jeune sorcier jeta un œil à son amie et à son père. Ce dernier semblait attendre qu'il s'exécute sans résister. Hermione... elle le regardait sans montrer aucune émotion. Elle semblait vide.

-Je vais t'aider à te décider. Endoloris ! Cria-t-il en braquant sa baguette sur Hermione.

La jeune fille s'effondra au sol, criant à la mort. Draco paniqua, les cris de son amie le torturant.

-Non ! Hurla-t-il en baissant la baguette du mage. J'ai compris !

Voldemort sembla oublier le geste du garçon et se mit à sourire. Draco retroussa alors sa manche, offrant l'intérieur de son bras à son futur maître.

-Je savais que tu ferais le bon choix, Draco, susurra le mage. Maintenant... toi, approche.

Il s'adressait à Hermione. La jeune sorcière s'approcha malgré elle, aidée par Draco, qui la releva.

-Lucius m'a vaguement parlé de toi, tes parents se mélangeant aux moldus pour vivre. Des sang-pur avec des moldu ! Cracha-t-il avec dégoût. Ta famille me fait penser aux Weasley, traite à leur sang ! Je me demande encore ce que je vais bien faire de toi.

-Je ne suis pas une traite à mon sang ! Ragea la jeune fille, bravant le regard glacial de Voldemort. Je ne suis pas responsable de mes parents !

-Hum... intéressant. Du caractère ! Tu auras la vie sauve, ce soir. Comme ton fils, Lucius. J'ai maintenant deux nouveaux fidèles dans mes rangs !

Sans crier égard, il attrapa le bras de Draco et y posa sa baguette. Hermione cria, refusant le terrible sort de son ami.

...

Les deux jeunes Serpentard arrivèrent aux portes de Poudlard à l'aube, accueillis immédiatement par le directeur de l'école, du professeur Rogue et du professeur Mcgonagall. Les enfants étaient couverts de sang, de terre, de multiples blessures et de visage triste, défait, anéantis. Un des professeurs demanda très vite l'infirmière.

-Par Merlin, on vous croyait morts, les enfants, s'écria Mcgonagall, une main sur le cœur.

-Harry est bien revenue ? Croassa Hermione.

-Ils sont tous les trois rentrés, répondit Dumbledore d'une voix triste.

La sorcière soupira de soulagement et, alors que madame Pomfresh courait dans leur direction, elle fondit de nouveau en larmes, accompagné cette fois de Draco, que la jeune fille serra dans ses bras.

Le professeur Rogue porta alors un regard plein de sous-entendu au directeur, désignant le pendentif de la jeune fille. Ce dernier était fissuré. Le directeur de Poudlard secoua la tête, résigné.


Bien le bonjour ! ^^

Vous avez été nombreux à pleurer la mort de Blaise, je m'en excuse. C'est pourquoi j'ai décidé au dernier moment de vous offrir un souvenir de lui. J'espère que ça vous aura apaisé. La révélation sur les origines d'Hermione se fera au prochain chapitre. ^^ J'ai hâte de vous l'offrir aussi !

Que signifie le regard de Rogue sur le pendentif d'Hermione ?

Hermione est-elle aussi marquée ?

Je m'excuse d'avance, mais j'ignore concrètement comment devient-on mangemort ni s'il existe un âge, donc si ce n'est pas réaliste, désolée. Je ne fais que m'inspirer de la merveilleuse J. ^^

Et comme toujours, un grand merci à vos avis, qui m'encourage encore et toujours ! J'espère vous offrir la suite très vite !

Sur ceux, passer un bon réveillon !