CARPE DIEM
QUATRIÈME ANNÉE
TOME II
XIII
Épilogue
Au cours des trois premiers jours passés dans le manoir Malfoy, les deux meilleurs amis s'ignorèrent royalement, sous le regard inquiet de Narcissa et le regard indifférent de Lucius. Draco passa son temps dans sa chambre ou dehors, s'entraînant avec son balai ou jetant rageusement des sorts d'attaques aux buissons. Hermione traîna la plupart du temps dans la bibliothèque du manoir, évitant aussi bien le père que le fils Malfoy. Comme elle s'ennuyait sans son ami -elle ne comprenait toujours pas sa colère- elle avait épluché les étagères jusqu'à tomber sur un livre, qui, depuis, la rendait euphorique: l'année des BUSES. L'été allait passer comme une lettre à la poste et sa cinquième année allait débuter. Mettant de côté ses premières années désastreuses et la perte tragique de son ami Blaise, Hermione n'avait pas trouvé Poudlard difficile. Seulement, aucun examen n'avait commencé. Il était temps de se recentrer sur les études.
C'était assez drôle comme situation pour Hermione, que d'imaginer les BUSES. Ses amis moldu avaient déjà passé le Brevet des collèges, préparant la rentrée au lycée. Pour elle, c'était bien différent: toutes ses années se trouvaient à Poudlard et son premier examen était prévu que l'année prochaine. Ça lui manquait, par moments, de ne plus pouvoir vivre comme ses amis d'enfance. Le lycée, la remise des diplômes, une vie normale, sans guerre, sans pouvoir tyrannique... C'était en tout cas la situation de ses amis, en France. Elle les enviait. Depuis qu'elle était devenue sorcière, sa vie était un enchevêtrement de mensonges, de dangers, de frustrations constantes. Si elle était resté une fille parfaitement normale, elle serait en train de rêvasser du lycée, voir si elle intégrerait les cheerleaders, la chorale ou bien la classe de journalisme, si elle finirait major de sa promo... Et les autres avantages ne manquaient pas, entre le portable -plus rapide qu'un hibou- et internet, la musique, le cinéma et bien d'autres. Vivre dans l'insouciance, sans imaginer des monstres surgissant dans le couloir du lycée, une forêt peuplée de centaures ou d'araignées géantes !
Ce monde ordinaire n'était plus le sien, mais il était difficile de le renier. Pourtant, elle ne voyait pas comment faire autrement, avec un ami mangemort à ses côtés. Draco était maintenant dans la confidence, mais pendant combien de temps restera-t-il silencieux ?
-Toujours aussi absorbée, à ce que je vois !
Hermione sursauta légèrement en entendant la voix de Narcissa dans son dos. Fermant son livre poussiéreux, la jeune fille se leva du canapé de la bibliothèque où elle était allongée et fit face à la mère de Draco, lui souriant gentiment.
-Je prends toujours de l'avance sur mes camarades, s'expliqua la sorcière en haussant des épaules. Comment ferais-je pour être la meilleure, sinon !
Narcissa rit et vint lui prendre les deux mains. Hermione la laissa faire, curieuse de ce que la femme allait lui dire. Elle aimait beaucoup la mère de Draco: en privé, loin de son mari et d'autres sorciers, c'était une femme douce et aimante.
-Tu es très doué pour faire taire tes émotions, ma chérie, souffla-t-elle, l'air triste. Mon fils détint sur toi. Je sais que la disparition de Blaise est pourtant très difficile pour vous deux. Pourquoi ce silence, entre vous ?
Hermione détourna les yeux, embarrassé. Narcissa s'avérait bien plus observatrice que sa propre mère, toujours parti quelques pars.
-Garder tout à l'intérieur est dangereux, tu sais, insista Narcissa en pressant les mains de la jeune fille. Si tu n'évacues jamais tes émotions, tu risques de craquer.
-Écouter... je sais que Draco ne vous parle pas, mais n'attendez pas de moi le contraire. Et ce qui se passe entre lui et moi nous regarde, sans vous manquer de respect. Je n'ai jamais été de celle qui s'épanche sur ses émotions, alors...
Hermione inspira une bouffée d'air. Elle ne voulait pas faire de peine à la mère de Draco ou lui manquer de respect.
-J'ai pleuré Blaise dans le cimetière et à Poudlard, j'ai fais mon deuil. Ne croyez pas que je craquerais une nouvelle fois, ce n'est pas mon genre. Et entre nous, je pense que vous savez très bien pourquoi.
Narcissa fronça les sourcils en signe d'incompréhension avant de baisser les yeux sur le pendentif de la jeune sorcière. Cette dernière étira un sourire, posant sa main dessus.
-Je crois que je dois vous remercier, en fin de compte, lambina-t-elle. Sans cette pierre, la fille devant vous serez... pitoyable, rit-elle. Je l'ai entraperçue, malheureusement, mais j'espère ne plus la revoir.
Sur ceux, Hermione sourit largement à la jeune femme et sortit de la pièce, tournant à droite pour accéder au couloir menant à sa chambre. Elle n'avait pas voulu jouer sur la provocation, mais elle disait vrai: cette pierre l'aidait beaucoup. Il était donc inutile de s'inquiéter pour elle: elle allait bien.
Passant le pas de la porte de sa chambre, la sorcière découvrit Draco debout devant elle, lui tournant le dos, sculptant sans un mot la tapisserie représentant Geoffrey et Mélinite.
Qu'est-ce qu'il fichait là !? Monsieur l'ignorait comme si elle avait la peste, et ensuite, il se permettait d'entrée ici ? Hermione serra les poings, sentant l'irritation la gagner.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Hermione d'un ton lasse, préférant faire comme si il n'était pas là en rejoignant sa penderie pour se trouver une tenue pour le dîner de ce soir. Je croyais que tu voulais plus me voir.
Elle lui jeta un coup d'œil. Draco continuait de regarder la peinture.
-Avant la rentrée, commença le jeune homme, tu as fais un cauchemar plutôt violent. J'étais complètement paniqué et pour te réveiller, je t'ai giflé.
Hermione ne s'était pas attendu à ce qu'il se rappelle de cette nuit-là. Peu importe... quelle tenue allait-elle prendre ? Il ne faisait pas encore très chaud...
-Je t'avais dit que je n'avais rien compris à tes cris. Mais c'était faux, lâcha-t-il, émettant un rire forcé. Tu avais crié «Geoffrey» et mon nom. Je me rend compte maintenant que ton cauchemar avait un sens particulier. Dis-moi ce que c'était.
Hermione pinça les lèvres, furieuse. Elle se rappelait vaguement de son rêve, mais ce dont elle se souvenait, c'était du regard de Draco, quand il avait découvert son secret. Dans son rêve, il se détournait d'elle, l'abandonnant. Il voulait la tuer, aussi, d'où les suppliques qu'elle avait criées ensuite. Pourquoi diable voulait-il savoir maintenant ?! Elle prit une tenue au hasard dans le placard et la jeta sur son lit, rageuse. Elle continuait de lui tourner le dos, croisant les bras sur sa poitrine.
-C'était l'histoire de ta famille, grinça-t-elle, revérifiant que la porte de sa chambre était bien fermée. Je crois que j'étais Mélinite.
Elle entendit Draco bouger dans son dos.
-Et donc ? Soupira-t-il, impatient.
-Et donc je crois que je fuyais Geoffrey, répondit-elle, le front plissé.
C'était flou, mais il y avait bien une poursuite. Et des cris.
-C'est devenu très bizarre parce que c'est toi qui es apparu, ensuite. Et tu...
Hermione arrêta de raconter son rêve, se mordant les lèvres. Il était déjà en colère contre elle, si elle envenimait les choses, elle ignorait ce qu'il ferait. Et comme ils semblaient furieux tous les deux, désormais, elle devinait l'issue.
-Laisse-moi deviner, répliqua Draco d'un ton acerbe en se rapprochant d'elle. J'ai découvert ton petit mensonge, c'est ça ?
Ça semblait l'amuser. La sorcière se rembrunit, ne sachant comment agir.
-Qu'est-ce que je faisais, dans ton cauchemar ? Je te traitais de sang-de-bourbe ? Cracha-t-il, moqueur. Je t'humiliais devant tout Poudlard, peut-être ?
Hermione secoua la tête, mortifié par le ton qu'il employait. Il devait vraiment se comporter comme un connard ?
-Tu voulais me tuer, répliqua-t-elle en se retournant brusquement vers lui, ses yeux lançant des éclairs.
Quand on connaissait l'idéologie de Voldemort et l'éducation qu'avait apportée Lucius Malfoy à son fils, il était légitime de croire en cette possibilité. Après tout, Draco avait bien dit au mage noir qu'il était désormais son serviteur, non ? Le silence qui régnait dans la chambre n'augurait rien de bon. Pourtant, Draco finit par soupirer, l'air agacé.
-Ça exprime plutôt bien ce que je ressens en ce moment, dit-il à brûle-pourpoint. Mais...
La porte de la chambre s'ouvrit à la volée, faisant entrer un elfe de maison. Ce dernier se figea en découvrant les deux enfants face à face.
-Qu'est-ce que tu fiches ici, toi ! Cria le garçon, furieux. On frappe avant d'entrer !
-Veuillez me pardonner, maître, mais la maîtresse vous demande tous les deux dans la salle à manger.
La petite créature semblait complètement terrifiée par le regard de Draco, se recroquevillant sur elle-même.
-Merci de nous avoir prévenus, sourit gentiment Hermione, l'invitant à sortir. Nous descendons dans un instant.
-Bien, miss, marmonna l'elfe en faisant une révérence, s'enfuyant rapidement.
-Tu as d'autres questions ? S'agaça ensuite la sorcière en regardant Draco. Des détails sur mon meurtre, peut-être ? Ça pourrait sans doute t'inspirer !
Draco plissa les yeux, la regardant avec colère.
-J'aimerais m'habiller, maintenant, si tu permets !
Comme il ne semblait pas vouloir bouger, Hermione lui lança un sourire moqueur puis lui tourna le dos dans un geste théâtral, enlevant son pull noir et se retrouvant en sous-vêtement devant lui. Elle prit son temps pour attraper une tunique à motif géométrique, allant doucement pour glisser ses bras et sa tête dans le vêtement. La jeune fille fit ensuite face au garçon, toujours le sourire aux lèvres, et ajusta sa tunique fluide, fait de soie, lui tombant sur les hanches.
Draco la regarda sans ciller, le visage légèrement cramoisie. Hermione eut un rictus, fier d'elle.
-Tu as fini ton manège ? S'énerva le garçon, fixant seulement ses yeux et seulement ses yeux, ce qui amusa la sorcière.
-Non, il me reste le bas: tu me conseilles une jupe ou un jean, Draco ?
-Arrête ça ! Cracha-t-il.
-Sort de ma chambre ! Répliqua Hermione. Pourquoi tu restes admirer la vue, si les sang-de-bourbe te dégoûtent ?
-Je commence vraiment à en avoir marre de ton refrain stupide. Pour une miss-je-sais-tout, tu es bien ignorante !
-Et toi tu es bien suicidaire, pour utiliser l'expression de ce Weasley de malheur !
-C'était parfaitement voulu, sourit diaboliquement Draco.
-Dégage, je me répéterais pas, s'agaça Hermione.
-Prends une jupe, répliqua-t-il simplement, baissant les yeux sur ses jambes. On se voit à table.
Draco la frôla en passant, sortant de la chambre rapidement. Hermione n'eut pas le temps de l'atteindre avec son projectile: sa brosse à cheveux.
...
À table, Hermione évita le regard de Draco, assis en face d'elle. Elle se concentra sur le contenu de son assiette: du cerf et des haricots verts. Elle remercia discrètement l'elfe de maison pour le repas, seulement, le sorcier blond la vit, et lui balança violemment son pied dans le tibia. Hermione lâcha un couinement audible.
-Tout va bien, ma chérie ? S'inquiéta Narcissa en posant une main sur la main de la jeune fille.
-Oui, je... je me suis mordue la langue, répondit timidement la sorcière, ignorant le rire moqueur de Draco. Désolée, je suis un peu fatigué depuis le cimetière.
Lucius toussota, s'essuyant la bouche avec une serviette blanche. Narcissa et les deux enfants tournèrent la tête vers lui.
-Je ne pense pas que ce soit ni le lieu ni le moment de parler de cela.
-Pourtant, c'est important de comprendre ! Grinça Hermione, reposant brutalement sa fourchette sur la table. Votre fils aurait pu être tué, ce soir-là !
-Hermione ! Cria Draco.
Elle l'ignora, continuant de fixer Lucius.
-Inutile de vous rappeler que sans moi, Draco ne serait pas à cette table ! Lui dit-elle, narquoise. C'est votre pendentif qui nous a protégés, souffla-t-elle ensuite à Narcissa. Sans lui, votre précieux maître n'aurait eu aucun mal à tous nous tuer.
Draco se leva brusquement de table, faisant sursauter les deux femmes à la table. Tandis que Lucius fusillait la jeune fille du regard, Draco l'empoigna par le biceps et la tira de sa chaise, la faisant tomber en arrière. Le garçon la traîna alors à sa suite, sous le regard stupéfait et inquiet de Narcissa et de l'elfe de maison. Lucius prit son verre et les ignora, savourant son vin.
...
Draco Malfoy était dans une colère noire. Et c'était loin de parfaitement décrire l'émotion qui l'assaillait en ce moment même. Faisant les cent pas dans la chambre qu'il occupait, le sorcier rumina dans sa barbe, serrant convulsivement les poings, le démangeant de frapper quelque chose, n'importe quoi. Qu'avait bien cette sombre idiote pour parler comme ça à son père, par Merlin ! Qu'est-ce qu'elle avait bien dans la tête pour être aussi téméraire et le défier de la sorte, osant ouvertement critiquer le lord ! Draco avait envie de l'étrangler tant son amie était idiote !
Amie... ah ! Le jeune homme ne savait même plus ce que pouvait bien représenter Hermione Granger pour lui. Une amie, une copine, une ennemie... ? Tout semblait se mélanger dans son esprit et rien ne pouvait l'aider pour y remettre de l'ordre. Hermione était la personne la plus importante à ses yeux, mais son mensonge remettait en cause beaucoup de choses. Draco n'était pas du genre à vouloir se venger des trahisons de ses «amis» pour la simple et bonne raison qu'il en avait rien à faire d'eux ou de leurs opinions à son sujet. Seulement, dans le cas présent, il s'agissait de sa meilleure amie, de la fille pour qui son cœur battait anormalement vite. C'était différent. Sa trahison le touchait. Il n'était pas indifférent. Il était furieux. Trahis.
-Si tu continu comme ça, tu vas finir par railler le marbre.
Quand bien même elle lui servait une raison valable et pleine de bonnes intentions, Draco était pour le moment incapable de la comprendre, de saisir son silence depuis tant d'années. Et savoir que saint Potter était dans la combine depuis le premier jour le fit enrager plus encore.
-Draco, arrête, je t'en prie ! Tu me donnes le tournis !
Pourquoi lui faisait-elle plus confiance qu'à lui ?! Qu'avait donc fait ce misérable pour qu'Hermione estime devoir lui confier un tel secret ? L'aimait-elle plus que lui ? À cette pensée, Draco stoppa net, sentant le malaise l'assaillir. Si Potter avait plus de chances que lui, Draco allait le massacrer ! Tant pis si le lord voulait être celui qui lui arracherait la vie, le garçon se ferait un malin plaisir à l'envoyer dans la tombe. Il en profiterait probablement pour réserver le même sort à ce Weasley de malheur, traître à son sang. Et si ça ne suffisait pas, Draco irait régler son compte à ce Krum. Après ça, au moins, Hermione n'aurait plus à aller voir ailleurs !
-Tu es effrayant quand tu souris, Draco.
Il resterait à garder secret le sang d'Hermione pour que ses parents ne la rejettent jamais. Sa mère adorait Hermione, il n'aurait aucun mal à avoir sa bénédiction. Son père était plus réfractaire, mais si Draco arrivait à tenir Hermione en sa présence, peut-être que ça marcherait aussi. C'est dingue... malgré sa fureur envers la jeune fille, il ne pouvait s'empêcher de vouloir la garder pour lui, d'éloigner quiconque voudrait l'avoir. Et contrairement à ce qu'elle pouvait bien penser de lui depuis quatre ans, il se fichait éperdument que ses deux parents soient moldu. En fait, depuis que Draco connaissait la vérité, il n'avait pas une fois été dégoûté. Il avait été furieux, oui, mais pour son silence, pas pour ce qu'elle était.
Il détestait les sang-de-bourbe, comme son père et quasiment tous les sang-pur, c'est vrai. Mais pour une raison évidente, Hermione faisait exception. Seulement... il admettait que sa réaction aurait probablement été différente en sa première année, dans le train. Il l'aurait rejeté ? L'aurai humilié ? Serait-elle devenue une genre d'ennemie ? La haïrait-il ? Le sorcier avait peur de connaître toutes ces réponses. Il arrêta de se torturer à ce sujet. C'était une mauvaise idée que d'imaginer un autre scénario, une autre vie.
Sortant de ses réflexions, Draco découvrit Hermione assise sur son lit, le regard braqué sur lui. Ses lèvres étaient pincées, ses yeux troublés, ses épaules voûtées. Il la détailla sans rien dire, passant par ses longs cheveux ondulés de couleur châtains, par son visage légèrement ovale, par ses lèvres roses, par sa tunique et par sa longue jupe noire, ses pieds vernis de rouge demeurant nus.
Draco savait que sa meilleure amie avait toujours été jolie, qu'en grandissant, elle était devenue belle. Mais maintenant, alors que les sentiments qu'il éprouvait étaient devenus clairs, il trouvait Hermione superbe dans toute sa simplicité. C'était peut-être parce qu'il était furieux, ou parce qu'il avait failli la perdre il y a quelques jours, mais Draco n'avait qu'une chose en tête: l'embrasser sans s'arrêter. Et son petit manège de tout à l'heure ne l'aidait pas à continuer à être furieux contre elle. Elle s'était quand même déshabillé devant lui !
-Tu élabores un plan pour mon futur meurtre ? Demanda la jeune fille, faisant la moue.
Draco se pinça l'arête du nez, tentant de garder son calme. Bon... il était temps d'oublier son ego deux minutes et tout dire à cette idiote.
-Je vais finir par te tuer, effectivement, si tu continues comme ça !
Bon... ce n'était pas exactement ça. Draco soupira, restant debout devant Hermione.
-Pourquoi crois-tu que je suis furieux contre toi ?
Elle ne savait pas, Draco était certain de cela. C'est pourquoi ils tournaient en rond depuis des jours. Il était temps d'y mettre un terme.
-Heu... parce que je suis pas une sang-pur ? Répondit Hermione en pouffant presque, l'air de ne pas suivre. Non, je sais ! Ta meilleure amie est une... née moldu, donc ça te rends furieux.
Elle était désespérante ! Draco vint s'asseoir à côté de la sorcière et la regarda bien dans les yeux.
-Si j'étais devenu mangemort avant ce soir-là, et que tu découvrais la vérité plusieurs années après, comment aurais-tu réagi ?
Son amie fronça les sourcils un moment avant de serrer les poings, le regardant avec colère.
-Je t'aurais traité de crétin ! Cria-t-elle. Je t'aurais détesté. Je...
Hermione ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Elle le regarda soudain en écarquillant légèrement les yeux.
-C'est très dur pour moi, parce que ça remet en cause tout ce que j'ai appris dans ma vie. Mais je m'en fiche complètement de ton sang. Ce que je ne tolère pas, c'est ton mensonge. Comment croyais-tu que j'allais réagir en sachant que tu ne me dis pas tout, que tu préfères même t'épancher sur Potter ! À la rigueur, j'aurai compris ton mensonge en première année. Mais quatre ans après, Hermione, je peux vraiment pas passer ça !
La jeune fille le regardait sans rien dire. Elle semblait touchée par ses paroles et comprendre enfin ce qui rendait Draco furieux. Le sorcier préféra ne plus la regarder le temps qu'elle assimile tout.
-Draco ? L'appela la jeune fille d'une petite voix.
Draco sentit la main de son amie se poser sur son épaule. Il resta stoïque, bien qu'intérieurement, il frissonna à son contact. Il ferma les yeux.
-S'il te plaît ! Supplia-t-elle d'une voix larmoyante.
Sa main descendit sur son biceps lentement, pour finir par s'enrouler autour de son torse, bientôt accompagné de son autre main. Alors son amie se plaqua dans son dos, enfouissant son visage dans son cou, ses longs cheveux tombant devant lui, lui chatouillant légèrement les cuisses.
-Je me suis laissé entraîner, avoua-t-elle. Je voyais comment étaient traités les nés-moldus et les sangs-purs. En gardant le secret sur ce que j'étais réellement, j'avais la possibilité de faire et de prouver des choses que les autres ne pouvaient pas. Si j'étais allé à Gryffondor en tant que née moldu, je n'aurai pas appris la magie de la même manière. Je serais peut-être amie avec cet ignoble rouquin et tu me détesterais sûrement, pas parce que je serais amie avec Harry, mais pour ce que je serais, ce que tu détestes, parce que ton père te l'a mis en tête. Si je ne t'avais pas rencontré dans la boutique d'Ollivander, tout aurait été différent.
Hermione se tut, toujours cachée derrière le garçon. Ce dernier sentit rapidement que la sorcière tremblait et reniflait, signe qu'elle commençait à sangloter. Il demeura pourtant figé, prisonnier des bras de son amie.
-J'aimerais tellement regretter mes mensonges, Draco, je te jure. Je sais que si je t'avais dit que moi, j'étais une née moldu, tu m'aurais rejeté et je serais allé dans une autre maison. Alors toi et Blaise n'auraient jamais risqué vos vies chaque année, et par conséquent... notre ami serait toujours là, en vie. Ça me tue de savoir ça ! Je suis tellement, tellement désolée, Draco. C'est ma faute, je le sais. Mais...
Elle renifla une fois encore, sa voix devenant éraillée. Elle se serra davantage contre Draco, ses larmes coulant sur lui.
-Mais je ne veux pas changer mon premier jour à Poudlard, pleura Hermione. Je ne veux pas que tu sois mon ennemi, je ne veux pas que tu sois un mangemort, je ne veux pas que tu me haïsses pour ce que je t'ai caché. C'est Dumbledore qui a décidé de mettre au courant Harry Potter pour ce que je cachais. Il savait que ma présence au sein des Serpentard serait dangereuse.
Hermione desserra son étreinte et s'écarta de lui. Draco se retourna pour lui faire face, la regardant essuyer ses larmes et essayer de reprendre un visage moins torturé. Elle caressa le pendentif à son cou, Draco la regardant avec circonspection.
-Je ne veux plus rien te cacher, soupira son amie en relevant les yeux. Cette pierre n'appartenait pas à ta mère, mais au directeur de Poudlard. Ce que tu as découvert sur elle est juste, mais seulement, il y a bien plus. Elle renferme une magie très ancienne, mêlant lumière et ténèbres. C'est grâce à elle que Voldemort n'as pas pu nous tuer. J'aurais aimé que Blaise le sache avant...
-Mais toi, tu le savais ? Demanda le sorcier d'un air horrifié.
-Non, jura-t-elle, secouant catégoriquement la tête. Dumbledore m'as tout raconté après. Mais... ce n'est pas tout.
Hermione le regarda en pinçant les lèvres, l'air d'hésiter.
-Tu n'as plus le droit de me cacher quoique se soit, Hermione ! Gronda-t-il. Dis-moi.
-La pierre a été endommagée quand le sortilège de la mort a touché ma pierre, le renvoyant sur... sur Blaise. Je ne sais pas ce que ça signifie mais... Draco, cette pierre est aussi mauvaise. Elle influence bien mon comportement. Ça me fait peur.
-Mais... pourquoi ne pas l'enlever ? Demanda Draco, perdu. Si ce collier est dangereux !
Le regard de la jeune fille changea, passant de la peur et de la tristesse à de la détermination. Elle déposa sa main sur son pendentif d'un air protecteur, serrant les dents.
-Tu ne comprends pas ! S'écria-t-elle, hargneuse. Elle me protège ! Elle me rend plus forte !
-Mais tu viens de dire que tu avais peur de ce qu'elle te faisait ! S'exclama le garçon, exaspéré. Pourquoi tu réagis comme ça ?!
-Laisse tomber ! Répliqua Hermione en levant les yeux au ciel, toute forme de tristesse disparue. De toute manière, tu as dit ne pas pouvoir me pardonner pour mon mensonge. Donc soit en adéquation avec tes paroles et ignore tout ce que je t'ai dit.
Draco sentait la migraine venir. Non mais c'était quoi son problème ?! Elle le suppliait de lui pardonner et maintenant, elle le renvoyait bouler ! Le sorcier se leva du lit précipitamment et la fusilla du regard, pointant un doigt rageur sur son pendentif.
-Ce n'est pas toi qui parles ! Cracha-t-il. J'ignore pourquoi, mais ta si précieuse pierre ne s'active qu'à certains moments. Tu veux que je te pardonne ? Très bien, j'oublie ton mensonge, Hermione. Mais en échange, tu enlèves ce putain de pendentif ! Maintenant, gronda-t-il, se rapprochant d'elle.
La jeune fille plissa les yeux et se releva lentement, l'air menaçante. Draco ne s'en formalisa pas, la défiant toujours de faire le moindre geste contre lui. Il arqua un sourcil quand elle s'avança d'un pas.
-On a déjà eu cette conversation, répliqua Hermione en étirant un rictus. Tu te rappelles ? Je t'ai ensuite demandé si on serait amis si on était dans des maisons différentes. Tu as répondu que je ne voulais pas entendre ta réponse. Au moins, c'est clair: tu es bien comme ton père !
Elle avait été trop loin, elle devait s'en douter. La jeune fille effaça son sourire narquois et recula d'un pas, mais Draco l'attrapa par le bras, la ramenant contre lui.
-Si j'étais vraiment comme mon père, murmura-t-il à son oreille, mauvais, tu serais déjà entre les griffes de mon maître !
Hermione le darda d'un regard glacial et tira son bras en arrière, tournant les talons pour disparaître de sa vue.
Draco la regarda partir en soupirant, se traitant d'idiot. Demain, il irait se faire pardonner.
...
Hermione dévala les escaliers, furibonde. Croyait-il vraiment que sa menace la touchait ?! Elle en avait finalement rien à faire de ce que Draco pouvait bien penser d'elle et de ce qu'elle était vraiment. Elle avait le pendentif. Il l'aidait pour ne pas redevenir aussi pathétique que dans le cimetière. Il n'était pas question qu'elle s'en sépare !
La sorcière, fière de sa résolution, sourit de toutes ses dents en descendant la dernière marche, traversant les longs couloirs du manoir, ne sachant pas vraiment où aller véritablement. Du moment qu'elle ne croissait plus son meilleur ami pour le moment, n'importe quel endroit lui irait. C'est dans cette optique que la sorcière entra dans le salon, déterminé à ignorer Draco et son désir de lui enlever sa «si précieuse pierre». Hermione cessa de sourire comme une idiote à l'instant où elle entra dans la pièce, découvrant devant elle son ennemie de toujours: Pansy Parkinson. La jeune fille cacha vite sa surprise et lui renvoya un visage dénué de toute expression. Comme si sa présence ici était normale.
-Je savais bien qu'il y avait une drôle d'odeur.
Parkinson ne l'avait pas entendu arrivé et celle-ci tourna la tête vers Hermione, pâlissant immédiatement. Elle imita pourtant la sorcière et repris contenance, étirant même un petit sourire conspirateur.
-Bonsoir à toi aussi, Granger.
-Parkinson, répondit Hermione, s'avançant lentement, la sculptant du regard. Si tu es là pour Draco chéri, il dort déjà. Désolée, sourit-elle, prouvant parfaitement qu'elle ne l'était pas.
-Je le verrais demain, ce n'est pas grave.
Hermione serra les poings.
-Tu comptes passer la nuit ? Feignit Hermione, furieuse.
-Toute la semaine, rétorqua Parkinson, souriant largement.
La jeune fille se moquait d'Hermione. Cette dernière le pris évidemment très mal, sortant déjà sa baguette. Pourtant, contrairement aux autres fois, la sorcière ne recula pas, l'air effrayé. Non, cette fois, elle semblait déterminée à lui tenir tête, la regardant avec nonchalance et ennuis.
-Il n'est pas question que tu restes ici ! Cracha Hermione, venimeuse, braquant sa baguette sous son nez.
-Ce n'est pas à toi d'en décider. Et je te conseille vivement d'écarter ta baguette.
-Mais qui es-tu pour me demander ça ! Ria son ennemie, levant les yeux au ciel. Tu es bien stupide, si tu crois être plus forte que moi.
-En tout cas, ce n'est pas moi qui suis écarté.
Hermione contempla la jeune fille sans comprendre un traître mot. Parkinson lui sourit, l'air de se moquer clairement d'elle, et enleva lentement sa veste, dénudant ses bras et son cou. Hermione admettait malgré elle que la sorcière avait bien changé cette année: il n'était pas question que Draco la regarde attifé comme ça ! L'adolescente était vêtue tout de noir, son haut la moulant d'une manière ridicule.
Parkinson jeta sa veste sur le sofa derrière elle puis leva son bras droit, montrant la face intérieure à la sorcière, tournant son bras dans le but de la provoquer. Hermione découvrit alors que sa peau n'était plus vierge. Elle baissa sa baguette immédiatement, plissant les yeux devant son ennemie.
-Voici donc le deuxième mangemort, susurra-t-elle en ricanant. C'est toi que Voldemort a choisi pour jouer au petit chien. Remarque... ça te va bien.
-Attention à tes paroles, Granger ! J'ai été choisie, oui, au contraire de toi ! J'ai enfin le contrôle de la situation.
-Vraiment ? S'écria Hermione sincèrement. Par Merlin, alors je dois maintenant t'obéir, c'est ça ? Va en enfer, Parkinson ! Tu es bien pathétique de croire que ta marque te protège de moi. Tu restes une misérable, pour moi, ça changera pas avec la marque des ténèbres gravée sur ta peau. Essaye, pour voir, essaye de me contrôler, et tu verras comment tu serras reçu. Les mangemorts ne sont que les larbins du lord. Rien de plus. J'ai peut-être pas été marqué, mais moi, au moins, ma mission, ce n'est pas de lécher les bottes d'un sorcier.
Parkinson perdit de sa bonne humeur, serrant les dents quand Hermione étira un rictus.
-Je ne suis pas écarté, contrairement à ce que tu crois. Ma mission est juste plus subtile que la tienne. Il ne serait pas dans mon intérêt de porter la marque. Toi, si tu échoues, Azkaban t'attend les bras ouverts. Moi, rien ne me lie à ton maître. Je suis libre de mes faits et gestes. Comment je pourrais approcher le survivant, sinon ?
Hermione sourit à la jeune fille, fier de sa petite révélation. Visiblement, marquée ou non, on ne lui avait pas tout dit. La sorcière allait l'exploiter pour écraser cette sombre idiote, qui croyait vraiment que sa place dans le cercle de Voldemort la rendrait intouchable. Pansy avait joué avec le feu. Hermione allait se faire un plaisir de l'éteindre, elle et sa fierté.
-Une dernière chose, dit la sorcière. Si jamais tu parles à Draco pour autre chose que de parler des potentielles missions du lord, je te tue. Tu es prévenue.
Hermione savoura l'effet que produisit sa menace sur Parkinson, s'en allant dans le couloir d'une démarche chaloupée, sans remarquer la pierre à son cou, scintillant de brumes noires.
...
La semaine que devait passer Pansy Parkinson au manoir des Malfoy se transforma en mois. Hermione envoya donc rapidement un hibou à ses parents pour imiter la garce, préférant garder un œil sur elle. Ces débuts de vacances se déroulèrent ainsi merveilleusement bien -en apparence- pour Hermione, qui passa son temps à menacer Parkinson quand elle osait faire les yeux doux à Draco, quand elle la croisait dans un couloir ou dans la cour, ou même une fois dans la bibliothèque. Cette fois-là, Hermione avait perdu son calme, refusant que la garce vienne polluer cet espace.
-Il n'y a pas que toi, qui aimes lire ! Ronchonna Parkinson en découvrant Hermione sur le sofa, la fusillant du regard.
La sorcière s'était étonné mais était restée furieuse.
-Cet endroit est interdit aux pétasses, siffla Hermione en retournant à son livre.
-On ne va pas pouvoir se faire la guerre éternellement, tu sais. Un jour, il va falloir que tu acceptes que je fasse désormais partie de l'équipe, comme l'était Blaise.
Hermione referma son livre brutalement et se releva, regardant son ennemie avec rage. Parkinson eut l'intelligence de paraître effrayé, comprenant son erreur suicidaire.
-Ne parle pas de Blaise, menaça la sorcière en détachant chaque syllabe. Jamais ! Et tu ne fais pas partie de l'équipe, Parkinson ! Arrête de me parler, maintenant, où je te jure que je vais vraiment m'énerver.
-T'es menaces sont toujours que du vent, répondit la jeune fille en haussant des épaules. Je suis désolée d'avoir parlé de Blaise... souffla-t-elle ensuite en baissant les yeux, ce qui calma un peu sa rivale.
Hermione la regarda en fronçant les sourcils, secouant la tête d'un air affligé.
-Je ne comprends vraiment pas, avoua-t-elle, perplexe. Tu me montres fièrement ta marque mais tu pleures aussi Blaise. Soit tu es dénué de toute logique, soit tu es bien manipulé !
-Tu ne sais rien, Granger, cracha Parkinson. Draco n'a pas été le seul à se soumettre pour protéger quelqu'un !
-Qu'est-ce que tu veux dire ? S'étonna la sorcière en se calmant totalement. Tu as des doutes ? Insista-t-elle.
La jeune fille ne répondit pas, se contentant de la fixer.
-De toute manière, je m'en fiche ! S'exaspéra Hermione en laissant tomber. Que tu sois mangemort par dévotion ou par crainte, c'est ton affaire. Quoique se soit, on ne serra jamais amies, Parkinson. Alors laisse tomber l'affaire et casses-toi.
Hermione arqua un sourcil en lui faisant signe de déguerpir, mais comme la garce ne bougea pas, elle reprit son livre et contourna la sorcière, s'éloignant d'elle le plus possible. Il était tard, de toute façon, alors il était inutile de vouloir faire autre chose que dormir.
Hermione traversa le couloir menant à sa chambre et fut éclairée par des éclairs. Le temps était à l'orage et des bourrasques violentes animaient sauvagement les fenêtres. La sorcière grimaça en entrant dans sa chambre: malgré les rideaux tirés, l'orage renvoyait au sol les ombres des arbres, secoués en tout sens, frêles et crochus. Elle ne risquait pas de bien dormir dans cette atmosphère...
...
Dans la nuit, la jeune fille se réveilla, ses sens en alerte. Quelque chose clochait mais elle ignorait ce que c'était. Se redressant dans le lit, encore à moitié endormi, elle se frotta les yeux, s'étira et regarda devant elle, dans le vague. C'est là que la sorcière découvrit une ombre au pied de son lit, la surplombant. Elle sursauta violemment, pliant ses jambes et reculant jusqu'à la tête de lit, sonnée.
-Qui est là ? Couina Hermione en fixant l'ombre, les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade.
Un éclair tonna à cet instant, éclairant la chambre quelques secondes. Hermione découvrit alors son assaillant, interloquée.
-Seigneur Dieu, souffla-t-elle en descendant du lit lentement, n'osant croire ce qu'elle avait vu. C'est impossible... Blaise ?
Ce dernier s'avança d'un pas, sortant de l'ombre, lui souriant gentiment. Alors la sorcière, complètement désappointée par sa présence, lui sauta au cou, euphorique.
-Salut, Princesse.
-Mais comment est-ce possible ? S'écria-t-elle, choquée. Tu es vraiment là ? Pourquoi es-tu là ?
Elle s'écarta de lui pour mieux le regarder. Il semblait heureux et triste à la fois.
-Vous êtes stupides, Draco et toi, dit-il simplement.
Hermione le fixa une minute sans rien dire. Il était là, devant elle, alors qu'elle l'avait vu mourir sous ses yeux et... il lui parlait de Draco et d'elle ?!
-Quoi ? Balbutia la sorcière.
-Vous vous ignorez pour des idioties !
-Mais... ! Quoi ?!
Blaise leva les yeux au ciel, impatient.
-Je sais pour ton mensonge, Mione, lui révéla-t-il calmement. Mais vos réactions sont encensées ! Une guerre est sur le point d'éclater, Draco est malgré lui entraîné dans le mauvais camp parce qu'il t'aime et toi... toi tu vacilles entre les deux camps, ne sachant qui choisir entre Draco et Harry. Tu joues un jeu très dangereux, Princesse. Ça ne marchera pas éternellement et tôt ou tard, le lord comprendra dans quel camp tu es véritablement. Alors parle à Draco ! Je suis mort, Mione, mais pas vous deux. Alors ne soyez pas stupides pour une fois, parce que le temps vous rattrapera.
Hermione ne fit que l'écouter, bien trop abasourdie par sa présence pour réagir réellement à ses paroles.
-Comme d'habitude, il va falloir que je vous aide, soupira Blaise en levant les yeux au ciel. Même mort, vous m'épuisez, tu sais !
Hermione ouvrit la bouche pour répliquer, mais cria à la place, se redressant brusquement dans son lit, un grondement rugissant dans le lointain. Elle cessa de respirer, regardant tout autour d'elle: elle était dans son lit et il n'y avait personne dans la chambre. Fronçant les sourcils, Hermione vit la porte de sa chambre entrouverte. Elle l'avait pourtant bien fermé en allant se coucher ! Elle se leva donc et ouvrit la porte, regardant dans le couloir. Personne. Seulement, face à elle, la porte de Draco était elle aussi entrouverte.
-C'est lui qui est venu dans ma chambre ? Marmonna la sorcière pour elle-même, perplexe.
Elle posa prudemment un pied dans la chambre de son ami, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement. Rien. Hermione fit la moue et regarda vers le lit, apercevant la silhouette du garçon sous les couvertures. Elle recula puis tourna les talons, voulant refermer la porte derrière elle. Seulement, au même moment, la tempête qui animait le ciel éclaira une fois encore le manoir et ses intérieurs. Draco se redressa brusquement dans son lit et regarda directement dans la direction de la jeune fille. Hermione se figea, l'observant à la dérober.
-Tu as encore peur de l'orage ? Marmonna le sorcier en se grattant la tête, un brin amusé par la situation.
Son amie serra le poing qui tenait la poignée de la porte, ne répliquant pas.
-Viens là, soupira-t-il ensuite en la regardant quelques secondes, la détaillant de la tête aux pieds.
Hermione resta dans l'encadrement de la porte, hésitante. Draco insista en levant sa main, attendant qu'elle s'approche. La jeune fille montra son exaspération en soufflant, finissant malgré elle par avancer dans la chambre et fermer la porte derrière elle. Elle rejoignit Draco à pas lent, incertaine, et quand ses jambes butèrent sur le cadrant du lit, son ami lui tendit à nouveau la main. La sorcière leva les yeux au ciel mais posa sa paume dans la sienne, ce dernier la tirant dans le lit avec lui. Assis face à face, ils ne se dirent pas un mot pendant de longues minutes, seul l'orage comblant ce silence angoissant.
-Il faut qu'on parle, souffla le garçon.
-Il faut dormir, rétorqua Hermione, sur la défensive.
-Je parle sérieusement, Mione !
La sorcière sursauta à l'énoncé de son diminutif. Ça faisait plusieurs semaines qu'ils s'ignoraient, plusieurs semaines que son mensonge était dévoilé. Elle avait presque oublié.
-Je suis un mangemort, marmonna-t-il difficilement, déglutissant. C'est comme ça, on ne peut pas retourner en arrière. Mais ce qui m'inquiète, c'est toi ! Le maître te connaît comme mon amie, désormais. Il t'a à l'œil, il t'a demandé des choses, à toi aussi, concernant Potter. Seulement, tu es vulnérable, avec ce secret qui plane au-dessus de ta tête. Il faut qu'on se mette d'accord sur la suite.
-Comment ça ? S'inquiéta son amie.
-Tu connais la legilimancie, pas vrai ? Inutile de le nier, je sais que tu connais la magie noire aussi bien que moi. Il va falloir qu'on en parle, Hermione !
-Je sais parfaitement comment me protéger contre lui.
-J'en doute ! Rétorqua Draco. On ne parle pas d'un Gryffondor jurant de trouver un moyen de nous faire perdre des points, mais du mage noir ! Tu sais pertinemment que seul ce vieux fou de Dumbledore peut vaincre le maître. Alors si j'étais toi, je m'inquiéterais vraiment de la suite des événements ! Et je parle pas que de toi, mais de tous ceux qui seront au courant de ton secret; moi, Potter et tes parents.
-Il y a une autre personne qui est dans la confidence, marmonna la sorcière, hésitante.
-Qui ? Grinça Draco, suspicieux.
-Je ne peux pas t'en parler.
-Tu es sérieuse ?! Cracha le garçon, furieux. Je mets de côté ta trahison et tes origines, je te propose mon aide pour te sortir de cette galère, et tu gardes encore des trucs pour toi ?!
-Comprends-moi, tu ne dois pas savoir son identité. Tu parlais de legilimancie, eh bien, ça y renvoie. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est Dumbledore qui lui en a parlé. Je ne savais même pas que c'était un allié.
-Dis-le-moi, Mione, insista le sorcier. Je dois tout savoir, sinon je pourrais pas te protéger ! On doit faire front ensemble.
-Je crois que Dumbledore cache encore d'autre information, que d'autres personnes sont dans la combine, mais... Severus Rogue est au courant depuis des années, pour moi.
Draco assimila l'information sans broncher, fronçant les sourcils par la suite.
-Je vois... souffla-t-il. C'est une information capitale. Personne ne doit être au courant.
-Tu es le seul à qui je l'ai dit.
-Pas même Potter ! ricana Draco, acerbe.
-Arrête avec ça ! J'ai été ton amie depuis le début, pas celle d'Harry. Enfin... je suis amie avec lui mais... c'est plus une alliance qu'une amitié, je crois. C'est avec toi que je passe mon temps, mets-toi ça dans le crâne !
-Encore heureux ! Ronchonna le garçon.
Hermione ne put s'empêcher de rire face au comportement jaloux de Draco. Ce dernier la fusilla du regard puis soupira, pouffant à son tour.
-Bon, alors... tu ne me déteste pas, finalement ? Demanda timidement Hermione, le regardant à travers ses cils.
-Non, je te déteste pas, répondit son meilleur ami, se rapprochant légèrement.
Il leva une main doucement et posa sa paume sur la joue de la jeune fille. Cette dernière le laissa faire, appréciant son toucher. Alors Draco l'attira à lui et l'enlaça, soupirant d'aise.
-Je m'inquiète beaucoup, avoua-t-il dans son cou. Il va falloir être très bon en comédie.
-Je t'apprendrais. Je suis une experte dans ce domaine.
-Je sais, répondit amèrement Draco.
Il s'écarta légèrement et prit une mèche de cheveux de son ami pour la remettre derrière son oreille. Puis il tira sur les couvertures et s'allongea, entraînant sa meilleure amie avec lui. Ils se firent face, allongés, le tonnerre grondant au loin. Draco regarda la sorcière, la mine soucieuse, puis ferma les yeux, Hermione l'imitant très vite, le sommeil la gagnant rapidement, ainsi lové contre le garçon. Dans l'obscurité, il prit sa main, et la sorcière sourit comme une idiote.
-Merci, chuchota-t-elle.
Bonjour, Bonjour !
...et se termine ce deuxième tome ! Comme vous pouvez le sentir, une suite est prévue, beaucoup plus sombre, beaucoup plus périlleuse pour notre Hermione.
Alors, oui, Pansy va avoir une place importante désormais, oui, la mission d'Hermione est flippante (mais je ne dis rien dessus, à vous de voir ce que c'est), oui, le pendentif va poser problème et oui, Draco ne déteste pas Hermione et va l'aider !
La suite se portera sur la sixième ET la septième année. Pourquoi encore un saut dans le temps ? Pour passer à la vitesse supérieure dans le Dramione. Je n'allais pas écrire une véritable romance sur des jeunes adolescents. La prochaine fois, nos deux héros auront 17 ans (oui, je sais, j'avance d'une année par rapport aux films, je sais) et le rating M sera enfin justifié. Donc la suite sera sombre, l'amitié avec Harry mise à rude épreuve et le dramione enfin d'actualité. Oui, des lemons sont prévus, et oui, Blaise reviendra en souvenir.
Pour terminer, je vous remercie tous pour ce deuxième tome. J'ai souvent été inspiré par vos reviews, donc elles sont très importantes pour moi. Merci encore pour cette année d'écriture (difficile à concilier avec la fac) ! Merci, merci, merci ! La suite... ? Pas encore commencé, il faut que je regarde les films à nouveaux. Mais bientôt !
