CARPE DIEM

CINQUIÈME ANNÉE

TOME III


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Introduction

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L'ordre du Phénix. Quel autre nom pouvait bien attribuer le grand sorcier Albus Dumbledore à sa société secrète, ayant pour seul but de se confronter à Tom Jedusor et ses mangemorts. Le Phénix était l'une des seules créatures à pouvoir se régénérer, se rappela Harry Potter. Son nom était donc parfaitement approprié pour une armée cherchant à vaincre un être quasi immortel. Le survivant se rappelait encore distinctement du jour où il fut emmené pour la première fois dans les quartiers de l'ordre: il avait trouvé étrange de pénétrer dans un couloir très étroit, poussiéreux et peu chaleureux. Ce n'était pas l'idée qu'il se faisait d'une société visant à sauver le monde, mais en comparant la maison à Poudlard... ce n'était pas surprenant. Heureusement, Madame Weasley avait été là pour l'accueillir et le rassurer un peu. Il avait alors découvert ce qu'était l'ordre grâce aux explications de Ron, Ginny, Fred et Gorge, présent dans les quartiers bien avant lui. C'est ce jour-là que le sorcier avait aussi découvert que Rogue faisait parti de l'ordre -une aberration, selon Ron. Seulement... il ne gardait pas un très bon souvenir de cette période. C'est à cette époque que tout le monde traitait Harry Potter de menteur, niant le fait que Voldemort était de retour et que, pour couronner le tout, il avait été renvoyé de Poudlard, juste parce qu'il avait dû se protéger des détraqueurs devant son cousin. Un cauchemar.

Le jour où le Poudlard Express partit, Harry avait pourtant connu bien pire que ce qu'il avait vécu au tribunal de magie. Le jeune homme en avait parlé à personne, mais ce jour-là, sur le quai, il avait vu face à lui Tom Jedusor, habillé tout de noir, son costume trois-pièces le rendant plus effrayant encore. Depuis cette apparition, Harry souffrait parfois d'étranges douleurs. Mais comme à l'accoutumée, il n'avait rien dit à personne. Il en avait assez qu'ont le maternel.

...

L'été était toujours là, mais la rentrée de Poudlard avait déjà sonné, accueillant de nouveaux élèves et de plus anciens. Comme chaque année, le choixpeau monopolisa toute l'attention durant un moment, avant que Dumbledore se lève et fasse son éternel discours de bienvenue. Les enfants l'écoutèrent religieusement, pendant que les adolescents discutèrent entre eux, la table des Serpentard étant la plus bruyante. Plusieurs professeurs les réprimandèrent, sans pouvoir les faire taire.

-Si je te vois encore parler à Greengrass, je te parle plus ! Fulmina Hermione Granger en regardant méchamment Draco Malfoy, son petit-ami.

Ils se disputaient pour la énième fois depuis leur arrivé. Les autres élèves ne firent même plus attention à leurs chamailleries, bien trop habitués dans le train à les voir se faire la guerre comme un vieux couple. Cela amusaient certains, en irritait d'autres, mais seule Pansy Parkinson osa leur dire en face.

-J'ai rien fait ! Se justifia le sorcier, ricanant en entendant Crabbe et Goyle pouffer. Je demandais juste des nouvelles, c'est pas un crime.

-Me prends pas pour une idiote, tu te fiches des autres ! Et arrête de traîner avec ses énergumènes ! Cria-t-elle à l'adresse des deux cancres.

-OK, je faisais ça juste pour me venger, répondit Draco en levant les yeux au ciel. Tu parlais à Potter juste avant, alors...

-Je lui ai juste sourit ! S'indigna-t-elle. Tu m'énerves !

-C'est pour ça que tu m'aimes ! Ricana son petit-ami, moqueur.

La sorcière le frappa à la tête, reportant ensuite son attention au discourt de bienvenue de ce vieux fou de Dumbledore. Elle ne loupa pas le visage furieux du professeur Rogue quand le directeur annonça quelqu'un d'autre pour enseigner les forces du mal: une certaine Dolores Ombrage. Hermione blêmie, ayant déjà lu un article sur cette affreuse bonne femme. Elle avait assisté à la séance de délibération de l'affaire de Potter. Quelle garce !

-Par Salazar, Barbie existe même chez les sorciers ! Se lamenta-t-elle en voyant ledit professeur qui allait enseigner la défense contre les forces du mal.

-De quoi ? Demanda Draco en se penchant vers elle, regardant dans la même direction. C'est quoi cette chose ?! C'est monstrueux, grimaça-t-il.

-Pour une fois, on est d'accord, répondit Hermione, estomaquée. Ça brûle les yeux.

L'horrible femme commença à prendre la parole sous le regard peu amène du directeur. Son sourire made in «ministère» ne trompa personne.

-Je suis persuadé qu'on va devenir de très bon amis, disait la sœur de Barbie avec un sourire ô combien effrayant et faux. *(tiré du film)

Hermione et Draco échangèrent un regard moqueur, amusé. Comme beaucoup d'élèves, voire la totalité d'entre eux, personne ne la prenait au sérieux, se moquant ouvertement d'elle, la regardant tels des enfants devant un clown. En même temps, la femme était loin de passer inaperçue, avec son tailleur rose bonbon et son rire de sorcière.

-Le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé, continua-t-elle, un sourire horripilant figé sur ses lèvres. Préservons ce qui doit être préservé. Améliorons ce qui doit être amélioré. Et supprimons les pratiques qui doivent être... interdites. *(tiré du film)

Un rire aigu s'échappa de ses lèvres, terminant son discours. Hermione regarda la nouvelle enseignante d'un mauvais œil, serrant les poings. Ce n'était donc pas que des racontars, ce que disait la gazette à son sujet. Elle était véritablement folle.

-Tu me traduis ? Souffla Draco, perdu comme beaucoup d'élèves.

-C'est une connasse ! Rugit la jeune fille, se tournant vers son copain d'un air scandalisé. Une détraquée qui travaille pour le ministère. En clair, elle espère contrôler tout ce qui se passera dans le château. C'est une vengeance. J'ai lu des trucs sur elle et c'est pas jolie. Elle n'a pas aimé ses années à Poudlard.

Hermione se retourna vers la table des professeurs, furieuse.

-J'ai compris son petit jeu, sourit-elle. Ça ne marchera pas avec moi ! Qu'elle tente de nous contrôler... je me ferais une joie de répliquer.

-Si tu le dis, marmonna Draco en se concentrant sur son assiette. Ça reste notre professeur au même titre que Rogue.

-Lâche, marmonna la sorcière en secouant la tête.

La jeune fille passa tout le reste du dîner à surveiller Barbie, craignant déjà que l'année allait déraper. Elle avait affronté Voldemort, un basilic et un loup-garou...elle ne pensait pas que le futur danger repose sur cette femme criarde.

...

Durant le premier cours de défense contre les forces du mal, une semaine plus tard, Hermione appréhenda l'arrivée d'Ombrage. Comme toujours, les maisons étaient mélangées, ce qui lui permit de se rendre compte qu'un problème persistait chez les Gryffondor: tous s'écartaient quand Harry passait son chemin.

Assise dans les derniers rangs -son petit-ami se croyant être le seul à pouvoir décider des places à prendre- elle fut pourtant la première à remarquer Dolores Ombrage, alias Barbie. Cette dernière fit une entrée fracassante, brûlant sans état d'âme une feuille volante en forme d'hirondelle. Rien qu'à ce geste, Hermione su que le professeur deviendrait très vite une ennemie pour elle. Particulièrement en découvrant son nouveau manuel -signé le ministère de la magie- dénué de toute... défense contre les forces du mal. La sorcière ricana bruyamment, toute la classe se retournant vers elle. Ombrage cessa de sourire, braquant son regard sur la jeune fille.

-Désolée, dit Hermione, n'en pensant pas un mot. C'est juste qu'il y a aucun sortilège de défense.

-Plaît-il ? Demanda d'un ton guilleret le professeur. Pourquoi en avoir besoin, miss ?

Hermione et Harry rirent ensemble, ce qui déplut fortement à Draco Malfoy, braquant un regard noir sur le survivant.

-Nous prônons la théorie, ici, pas la pratique. Aussi, pour vos BUSES, il est inutile de connaître la pratique de ces sortilèges.

La Serpentard regarda son professeur avec consternation. Draco lui attrapa la main avant qu'elle ne tire sa baguette.

-Je vais la tuer, murmura Hermione en la regardant d'un air ahuri. Draco, retiens-moi, je vais vraiment la tuer !

Elle n'était visiblement pas la seule. Harry Potter commença à son tour à hausser le ton, scandalisé par les propos du nouveau professeur. Cette dernière semblait véritablement étonnée que les élèves veuillent des sorts de défense.

-Pourquoi avoir besoin de pratiquer la magie ? Rigola Ombrage.

-Oh, je ne sais pas, répliqua Harry en faignant l'hésitation. Hum... pour se protéger du retour de Voldemort, par exemple. Mais après, je sais pas, je ne travaille pas au ministère comme vous alors... Vous êtes mieux informé que moi pour savoir tout ça, sourit-il, condescendant.

L'annonce du mage noir et sa nonchalance pour en parler laissa la classe silencieuse, figé d'effroi. Seul Hermione sourit, ravit que le survivant comprenne comme elle que Barbie était un problème de taille. Il était loin d'être idiot, au contraire de cette femme.

-Deux heures de colles, tous les deux ! Hurla Ombrage, son visage virant au rouge.

Hermione pouffa, pas le moins du monde impressionnée. Elle ne savait pas ce qui l'attendait. Si Ombrage croyait pouvoir gagner ici, elle se fourvoyait. La jeune fille n'avait pas survécu quatre années en cachant être une née-moldu pour se faire ratatiner par une bonne femme du ministère, probablement payée par un mangemort pour inspirer la terreur à Poudlard. La sorcière voulait la guerre ? Hermione allait la lui servir.

...

Quand Harry et Hermione pénétrèrent dans le bureau de Dolores Ombrage le soir-même, la jeune sorcière crut avoir une attaque: tout était rose, rose, et rose ! C'était vraiment la maison de Barbie, mais en pire. Des assiettes aux motifs félins ornaient les murs et des napperons blancs reposaient sur le bureau. La jeune fille se croyait chez mère-grand.

-Assis, ordonna le professeur en indiquant deux chaises. Vous allez me copier des lignes, tous les deux. Pour votre insolence !

Harry obéit à Ombrage et s'assit à la place indiquée, le regard fuyant. Hermione soupira, agacé. Il fallait toujours que monsieur fasse profil bas ! Un peu de caractère, enfin !

-Miss Granger, on vous attend ! L'apostropha Barbie, assise derrière son bureau, une tasse de thé à la main.

Original. La Serpentard réprima une réplique cinglante et finie par s'asseoir à son tour, arborant une attitude rebelle, le sourcils arqué, les lèvres pincées. Ce n'était pas dans sa nature de manquer de respect aux adultes, mais là, elle sentait que l'usurpation de pouvoir montait trop à la tête d'Ombrage. Et l'usurpation de pouvoir, Hermione ne pouvait l'accepter.

-Bien, monsieur Potter, vous aller m'écrire: «je ne dois pas mentir» et vous, miss Granger: «je ne dois pas être insolente». Vous écrirez avec mes plumes personnelles.

Elle leur sourit d'une manière exaspérante puis leur tourna le dos. Hermione la fusilla du regard, regardant ensuite la plume sur sa table. Elle la fixa un moment, le doute s'insinuant dans son esprit.

Des lignes ? C'était ça, sa punition ? La sorcière s'était attendu à quelque chose de plus... créatif. Dolores Ombrage était une ancienne Serpentard. Son esprit était sombre et rusé. Hermione fini par prendre en main la plume, commençant à gribouiller sur le parchemin. Seulement, elle s'arrêta immédiatement. À ses côtés, Harry remuait sa main gauche, mal à l'aise. Il grimaçait de douleur, voyant apparaître sur sa peau de drôles de tâches rouges. La sorcière le regarda d'un air horrifié.

-C'est rien, chuchota-t-il, tournant sa main pour la lui cacher.

Ombrage revint sur ses pas à ce moment-là, fixant les deux élèves d'un air interrogatif. Elle sourit, sachant pertinemment ce qui s'était passé.

-Je vous conseille de vous y mettre, miss Granger, l'averti Barbie en se tournant vers elle, perdant de son sourire.

La Serpentard hésita, regardant sa plume puis le professeur. Ombrage se pencha alors sur elle, Harry en arrière-plan, regardant la scène avec appréhension.

-Essayez-vous encore de me défier, miss Granger ?

Hermione serra les poings, regardant la femme avec fureur, ne sachant comment se comporter. Elle mourait d'envie de sortir sa baguette et de l'user sur elle, mais d'un autre côté, sa conscience lui disait que ce n'était pas une bonne idée... pour le moment. Il fallait attendre. Ombrage n'attendait que ça, que la jeune fille perde le contrôle devant elle. Elle serait renvoyée. Hermione baissa donc les yeux la première, prenant en main la plume, sachant très bien ce qui allait suivre. Elle ne voulait pas passer pour faible, mais pour le moment, il lui fallait faire profil bas. Hermione savait exactement quand elle se vengerait de ce que l'horrible femme s'apprêtait à lui faire subir.

...

Les semaines suivantes, Dolores Ombrage prit de plus en plus de pouvoir dans l'école, ce qui ne surprit pas Hermione, au contraire de tous les autres. Elle se demandait juste pourquoi ce vieux fou de directeur ne faisait rien pour y remédier. Poudlard appartenait à Dumbledore, non à cette femme. Seulement, quoi dire devant elle, sinon remettre en cause le système du ministère, car c'était de ça qu'il s'agissait finalement: soit l'acceptation du ministère, soit sa contestation... et par conséquent, sa déloyauté. Malheureusement, tout le monde semblait la croire et prendre ses menaces aux sérieux. Le Premier ministre, Fudge, avait alors déclaré publiquement vouloir redresser l'école Poudlard. Hermione s'en inquiétait. Quand l'Etat voulait «améliorer» l'éducation... ce n'était jamais bon, dans le monde magique.

Un jour, Hermione en avait eu assez de voir cette femme diriger Poudlard comme un despote. C'était quand le professeur Trelawney fut renvoyé par cette folle. Hermione avait tenu longtemps sans rien dire. Elle avait alors craqué. OK, elle ne voyait pas la divination comme quelque chose d'utile, mais elle ne voulait pas pour autant voir cette malheureuse femme à la porte. C'était injuste. Alors, tandis que Draco et elle revenait de l'entraînement de Quidditch, ils avaient découvert dans la cour du château les deux professeurs, l'une en larmes, l'autre en jubilation. Hermione était intervenue, échappant à Draco.

-Que croyez-vous faire, exactement ? Demanda Barbie en découvrant la Serpentard devant le professeur Trelawney.

Hermione ne regardait qu'Ombrage, sachant parfaitement que tous les sorciers avaient les yeux braqués sur elle, choqué par son geste. Elle était la seule à lutter contre cette femme mais s'en fichait. Tous les autres se cachaient derrière les arches en pierres, pas elle.

-Au nom de quoi humiliez-vous cette femme ? S'écria Hermione. Quel est votre but de la renvoyer ?

Ombrage, sa baguette entre les mains, perdit de son sang-froid, regardant la jeune fille avec colère. La Serpentard resta pourtant courageuse, la défiant de faire le moindre geste contre elle.

-Jeune fille, écartes-toi, ce ne sont pas des affaires d'enfants, la disputa le professeur, un tic nerveux au coin de l'œil.

-Et ce ne sont pas des affaires du ministère ! Répliqua Hermione, vénéneuse. C'est à Albus Dumbledore que revient encore le droit de décider, ici. Pas à vous, qui n'êtes qu'un simple professeur dans cette école !

Ombrage tiqua, son visage virant au rouge. Hermione sentit alors une main se poser sur son épaule. Tournant la tête sur le côté, elle vit Draco, sa baguette sortit, se plaçant à la hauteur de la jeune fille. Il défiait Ombrage. Cette dernière allait répliquer, la main tenant sa baguette ayant l'air sur le point d'être utilisé, quand soudain, dans une apparition presque instantanée, Dumbledore surgit, menaçant. Tous les élèves retinrent leur souffle.

-Dolores Ombrage, fit-il d'un air faussement calme.

-Albus, sourit le professeur. Ravi que vous soyez là. Deux de vos élèves viennent de faire preuve d'insubordination envers leur professeur. Quand je vous dis que l'école n'est pas assez sévère, je ne mens pas ! Ces deux-là, dit-elle avec rage en pointant Draco et Hermione du doigt, mérite une correction exemplaire. De plus, certains de vos professeurs sont inefficaces, d'où cette situation.

-Vous n'êtes pas qualifié pour prendre de telles décisions, Dolores, prévint le directeur d'un air menaçant, perdant de son flemme. Je suis encore le directeur, et, à ce titre, je peux encore décider.

Le professeur Mcgonagall arriva à cet instant, prenant le professeur Trelawney dans ses bras. Cette dernière n'arrêtait pas de pleurer depuis qu'Ombrage avait déclaré son renvoie. Elle était totalement effondrée. Hermione s'écarta un peu des deux femmes, Draco la suivant comme son ombre, lui agrippant la main.

-Mcgonagall, raccompagnez le professeur Trelawney à l'intérieur, dit Dumbledore gentiment. Quand à vous, Dolores – ses yeux s'assombrirent – ne croyez pas que vous ayez le pouvoir ici.

-Pour l'instant, rétorqua Barbie.

Abus Dumbledore la regarda un instant, l'air impassible mais visiblement furieux, puis coula un bref regard vers les deux Serpentard.

-Reprenez votre travail ! Dit-il alors avec véhémence.

Hermione entendit Harry crier après le directeur, mais celui-ci disparut rapidement. Draco se tourna alors vers sa petite-amie, furieux.

-Tu es vraiment inconsciente ! Rageât-il en se passant une main dans les cheveux. Ombrage avait un public, elle n'aurait pourtant pas hésité à te jeter un sort pour ton insolence. Rappelles-toi de Maugrey, l'année dernière. Il n'a pas hésité à me transformer en furet.

-C'était pas Maugrey, mais un mangemort ! S'agaça Hermione, lâchant la main de Draco d'un geste impatient. Et je me fiche de ce que peut me faire cette femme. Je sais me défendre !

-Elle est dangereuse ! Insista le sorcier. C'est une détraquée. Ombrage n'hésite pas à torturer pour se venger.

-Je saurais y faire face, répondit Hermione, lui montrant sa main gauche d'un geste provocateur.

Elle voulait se montrer brave en disant ça, mais Draco vit qu'elle n'était pas si sûre d'elle. La jeune fille fuyait son regard et se mordait les lèvres.

-Viens là, dit-il en l'enlaçant, lui embrassant le front. Arrête de me compliquer la vie: j'ai beaucoup à faire pour veiller sur toi. Évite de me rajouter du travail avec cette folle. Elle t'a déjà fait du mal une fois, je ne veux pas qu'elle recommence.

-J'ai compris, soupira Hermione, rejetant la tête en arrière, lui souriant un peu. Mais je peux pas faire comme si tout allait bien ici.

-Il va falloir, pourtant. Ombrage n'est pas la pire et tu le sais. Si tu n'arrives pas à rester à ta place avec elle...! Comment tu feras devant...

Les yeux d'Hermione s'étrécir, regardant le garçon avec colère. Draco lui tira une mèche de cheveux, la prévenant de se calmer.

-Je sais parfaitement comment me conduire devant les mangemorts, répliqua-t-elle durement.

-Alors fais pareil avec cette vipère. Sans ça, je te croirais pas.

Draco lâcha sa petite-amie et tourna les talons, la laissant en plein milieu de la cour, vide.

...

Draco Malfoy vit les quatre premiers mois de l'année passer à une vitesse folle, n'ayant pas une minute à lui pour souffler. Entre les entraînements de Quidditch, sa décision de suivre consciencieusement le cours de potion, les lettres de plus en plus nombreuses de son père au sujet de son nouveau statut et les actions suicidaires de Mione envers Ombrages... ! Le jeune homme en pouvait plus. Autant les quatre premières années avaient été d'un ennui pour lui – sauf étrangement à chaque fin de cycle, un problème survenant toujours – autant cette cinquième année allait le tuer pour surmenage.

La disparition de Blaise pesait fortement dans la balance, rendant ses journées bien monotones et difficiles à terminer dans la bonne humeur. Il avait toujours Hermione à ses côtés – sa petite-amie même ! - mais avec son secret révélé l'été dernier et ses sautes d'humeurs constantes, le sorcier avait beaucoup de mal à rester positif. Il était heureux avec elle, sans doute. Mais ses sourires et ses baisers ne pouvaient lui faire oublier la marque sur son bras, la vision de Blaise, son corps ne bougeant plus. Tout ça le hantait et le hanterait probablement pour toujours. Pourtant... personne ne semblait s'en soucier. Tout le monde à Poudlard avait déjà oublié l'été dernier, niant le fait que le maître était revenu, que deux garçons avaient été tués, que lui-même s'était fait embarquer dans le cercle du mage, ainsi que Parkinson. Même Hermione semblait oublier tout ça. Draco avait remarqué que sa petite-amie ne parlait jamais de Blaise, de la mission que lui avait confié le maître, de son pendentif... Elle faisait comme si rien ne s'était passé, concentrant davantage d'énergie envers Ombrage que pour continuer à cacher son secret.

Draco avait accepté le sang de sa meilleure amie pendant les grandes vacances. La jeune fille était resté un mois au manoir et durant quatre semaines, le sorcier avait d'abord évité Hermione puis finit par lui pardonner. Pourquoi ? Il détestait toujours les sang-de-bourbe, après tout ! Mais il s'était souvenu de quelque chose qui avait tout changé. Dans le cimetière... Hermione s'était mise en danger délibérément pour lui sauver la vie. Personne n'avait agi de la sorte avec lui auparavant. Hermione lui avait alors prouvé que quel que soient son sang et son origine, le garçon comptait pour elle. Draco ne pouvait donc pas lui reprocher sa crainte de le voir se détourner d'elle. Il avait fini par comprendre son secret.

-Salut, toi !

Draco sursauta imperceptiblement quand Hermione surgit derrière lui en lui embrassant la joue amoureusement. Il s'était posé sur un des sofas de sa salle commune depuis un moment, et perdu dans ses pensées, il ne l'avait pas entendu entrer. La jeune fille glissa une main sur son cou pour le masser et le rejoignit sur le sofa, lui embrassant à nouveau la joue. Son sourire habituellement contagieux ne fit qu'accroître son malaise: la sorcière vivait très bien malgré la mort de leur ami et la pression du mage noir.

-Tu as une petite mine, remarqua-t-elle en faisant la moue, s'asseyant en tailleur à ses côtés. Tu as perdu un match de Quidditch, aujourd'hui ?

-Si ce n'était que ça, répliqua Draco en détournant la tête, agacé.

-Alors quoi, Rogue a encore fait des siennes ? Demanda-t-elle, perdue. C'est étrange, il t'adores, rabaissant quiconque n'étant pas de sa maison.

-Ce n'est pas ça, s'impatienta le jeune homme, faisant plaquer sa langue.

-C'est parce que je n'ai pas déjeuné avec toi à midi ? Continua inlassablement Hermione, se penchant vers lui. J'étais à la bibliothèque.

Le sorcier tourna la tête vers elle, agacé. Le sourire moqueur de sa petite-amie lui fit contracter la mâchoire. Elle ne comprenait vraiment rien.

-Quoi, tu boudes ? S'écria-t-elle en s'esclaffant. C'était pas arrivé depuis que tu étais enfant ! Quoique... quand Blaise me parlait, tu faisais la même tête... !

La jeune fille, amusé de la situation, buta soudain en prononçant le nom de leur ami disparu. Son regard s'assombrit, en accord avec l'humeur de Draco à cet instant.

-Désolée, fit-elle en baisant la tête, jouant avec ses ongles. Le trio vert et argent ! S'écria-t-elle en lâchant un rire nerveux, ses yeux se mettant à briller légèrement. J'ai pas encore l'habitude de me faire à notre duo. C'est pour Blaise que tu fais la tête ? Tu peux me le dire, tu sais... tu as le droit d'être triste ou... ressentir quelque chose, en tout cas.

-Au contraire de toi, répliqua Draco sèchement, s'en voulant immédiatement. C'est pas ce que je voulais dire, soupira-t-il. J'ai juste eu une semaine difficile, c'est tout.

-Je peux peut-être la rendre meilleure ? Sourit Hermione en se redressant soudain, se rapprochant de lui.

Sa petite amie le chevaucha rapidement, surprenant Draco, qui n'avait pas l'habitude de ses gestes amoureux. Fallait dire que leur couple était extrêmement récent, remontant à l'été, et, depuis ses quatre mois, ils n'avaient pas été très proche, occupés chacun de leur côté et pour d'autres raisons évidentes: la mort de Blaise et le retour de Voldemort. Des bisous et quelques câlins... c'était tout ce qu'avait obtenu Draco de sa meilleure amie. Il s'en était contenté, peu habituer aux gestes affectifs et aux sentiments amoureux.

Hermione, assise face à lui sur ses cuisses, le regarda, une main sur la base de son cou, lui caressant des mèches rebelles. Draco posa une main instinctivement sur sa taille, hésitant, son autre main restant sur le sofa, crispée. Il retint son souffle, fuyant le regard de sa petite amie. Elle le regardait, le sourire aux lèvres. Il n'aimait pas quand elle faisait ça; c'était trop... intime. Il avait grandi avec l'idée de haine, pas d'amour. Ce qu'Hermione l'obligeait à ressentir le rendait étrange. Elle le savait très bien et s'en amusait toujours.

-Tu es beaucoup trop tendue, souffla-t-elle en lui embrassant la joue, y restant plus longtemps cette fois.

Draco sentit les lèvres de la jeune fille descendre sur sa peau, dérivant dans son cou, le caressant pour la première fois avec tant d'insistance, tant de douceur. Le garçon serra les dents, se retenant de renverser la tête en arrière. Hermione posa alors une main sur son torse, l'autre restant sur son cou, et remonta son visage, jusqu'à ce que ses lèvres touches les siennes. Draco inspira un souffle d'air avant que la sorcière l'embrasse, l'emprisonnant dans un baiser passionné.

Le sorcier répondit spontanément à l'attaque, venant plaquer ses mains dans le dos de son assaillante, se redressant dans le sofa. Il remonta une main jusqu'à la base de son cou et agrippa les cheveux de la sorcière, approfondissant le baiser. Hermione répondit en gémissant, ouvrant la bouche. Draco commença alors à jouer avec elle, amorçant un ballet brûlant. Il s'étonnait lui-même de son ardeur, mais il savait une chose depuis la première heure: embrasser sa meilleure amie était l'acte le plus fou qu'il aimait faire. Et pour une première fois, il osa même aller plus loin en promenant ses mains sur son corps, la rapprochant encore plus de lui. Cela semblait plaire à sa petite amie, qui sourit contre ses lèvres, se trémoussant légèrement contre lui. À ce geste, Draco poussa un grognement, s'écartant brusquement d'elle, les lèvres en feu. Ils se regardèrent, à bout de souffle.

-J'ai fait quelque chose de mal ? Demanda-t-elle, les joues rouges.

-Non, heu...

Draco écarta ses mains de la jeune fille comme si elle l'avait brûlé, reprenant son souffle, se calmant. Quelque chose s'était passé et il savait pertinemment quoi. Il ne voulait pas qu'Hermione le sache.

-C'est la salle commune, dit simplement Draco. On pourrait nous voir.

Excuse minable, certes, mais Hermione regarda tout autour d'elle avant de rougir violemment, s'écartant de lui rapidement en descendant de ses jambes. Elle se releva et plissa sa jupe, comme si de rien n'était.

-Désolée... tu me fais trop d'effets, sourit-elle en haussant les épaules. Je devrais aller me coucher.

-Pareil, répondit Draco, ne bougeant pas d'un cil pour autant.

-OK... bon, bonne nuit !

Hermione s'enfuit rapidement de la pièce, visiblement gêné, bien qu'elle ne veuille l'admettre. De son côté, Draco soupira bruyamment, rejetant la tête contre le sofa. Quelle humiliation ! Draco aimait peut-être sa meilleure amie depuis un bon bout de temps -selon les dires de Blaise- mais jamais il... ne l'avait désiré. Le désir, c'était un sentiment étranger pour lui, comme tout ce qui touchait à l'amour, de toute manière. Alors quand il l'avait embrassé, il avait enfin ressenti quelque chose de différent. Quelque chose de plus intense. C'était indescriptible; en gémissant, Hermione avait réveillé quelque chose chez Draco. Depuis, il ne voulait qu'une chose: beaucoup plus. D'où l'arrêt de ses baisers. Et pourquoi pas lui dire carrément, pendant qu'il y était !? Valait mieux prétendre être gêné de l'embrasser dans un lieu public plutôt que d'avouer qu'il la désirait. Soit elle aurait éclaté de rire, soit elle serait partie en courant. L'un comme l'autre, Draco Malfoy ne connaissait pas l'humiliation et ne la connaîtrait jamais !

...

Hermione était allongée dans son lit, fixant le voile vert de son baldaquin depuis plus d'une heure, essayant de s'endormir suite à l'épisode «passionné» avec Draco. OK, elle s'était emballé toute seule, et alors ?! C'était son petit-ami, non ?! Vouloir l'embrasser et expérimenter d'autres trucs semblait normal.

Alors pourquoi Draco l'avait-il rejeté ? La jeune fille repassait la scène dans sa tête des milliers de fois, sans comprendre ce qu'elle avait fait de mal. Elle n'était pas assez jolie pour lui plaire de cette manière ? Il ne l'aimait plus ? Est-ce que son sang de moldu le dérangeait, finalement ? Est-ce qu'elle aurait du mieux s'habiller pour être autant entreprenante ?

Hermione plaqua ses mains sur son visage, gémissant de frustration. Quelques larmes perlèrent sur ses joues et vinrent tomber sur son oreiller. Son cœur, lui... la fit souffrir comme jamais. Quelque chose se passait, dans sa cage thoracique. Comme si on lui faisait subir un endoloris. C'était peut-être exagéré, mais Hermione ne voyait pas comment comparer sa douleur fantôme. Elle avait mal au cœur sans avoir mal. Et elle savait pourquoi: Draco ne la désirait pas. Quelle autre explication à son rejet ?!


Bonjour mes très chers ! En avant pour une nouvelle année, avec la chère, douce et tendre Dolores ombrage (que je hais cent fois plus que Voldy)

Pour ce troisième tome, je vais passer brièvement la cinquième année, qui concerne principalement Harry et sa petite armée. Sans Hermione, je me rend compte que ça va être difficile d'y penser ! D'où quatre mois éclair dans cette intro. Je pense peut-être finir l'année dans le premier chapitre puis passer aux choses sérieuses avec la sixième année... je réfléchis encore à mon découpage.

Bon, je commence mon deuxième semestre à la fac, donc beaucoup plus de boulot et d'heures passées à la BU. Je continue d'écrire, mais ça va être dur. Je ne promets donc pas une publication rapide comme en décembre :/

Pour finir, merci à tous mes lecteurs ! J'ai adoré travailler sur le deuxième tome, recevoir de magnifiques commentaires et vous faire plaisir, pleurer et enrager. J'espère encore arriver à ce résultat maintenant. Et vous l'aurez compris: les lemon arrivent ! Mais doucement, hein ! J'ignore un peu comment ça se passe dans la tête des garçons à 15 / 16 ans, mais je doute qu'ils soient tous prêts au grand saut. Donc mon Draco sera plutôt de ceux qui prennent leurs temps. Voilà, voilà.

A très vite et donnez-moi votre avis !