CARPE DIEM

CINQUIÈMEANNÉE

TOME III


II

Tu ne m'aimes plus ?


Hermione avait vu juste, comme toujours: Ombrage avait commencé à avoir des soupçons au sujet du club de défense d'Harry. Et ses doutes avaient inévitablement entraîné un renforcement de la brigade inquisitoriale durant de longues semaines. Entre-temps, la garce avait voulu renvoyer Hagrid et avait demandé à des Serpentards de surveiller Harry et ses amis de très près, les suivants comme leurs ombres. Hermione connaissait les projets de «Barbie» puisque Parkinson avait postulé à la brigade inquisitoriale. Quelle cruche, franchement !... Mais une cruche utile, il fallait être honnête.

-Tu es vraiment folle ! Cria Draco en fusillant Pansy du regard. Travailler pour Ombrage, c'est travailler pour le Diable !

Ils étaient rassemblés dans leur salle commune, comme à chaque fois que quelque chose déplaisait à Draco et qu'il demandait – exigeait serait plus juste – des explications. Et comme à chaque réunion, Hermione restait en retrait, admirant sa manucure impeccable et ses vernis printaniers. Les affaires de Voldemort étaient d'un ennui mortel.

-Plusieurs de mes amies ont postulé, je devais le faire aussi ! Admis la sorcière en tentant de se défendre. Et mieux vaut être proches d'Ombrage que d'être son ennemi !

Draco et Pansy se disputèrent un moment, sous l'œil calculateur d'Hermione. Cette dernière n'avait pas dit un mot depuis le début des hostilités, réfléchissant à la position de la brune.

-Tu as eu une bonne idée, Parkinson, dit simplement Hermione en époussetant une poussière sur le sofa.

Les deux autres sorciers tournèrent la tête vers elle comme si une seconde tête lui était poussée. Hermione leva les yeux au ciel, exaspéré par tant de consternation.

-Avoir une taupe dans le camp ennemi est une bonne chose pour nous, expliqua-t-elle lentement, comme si elle parlait à des enfants. Et Pansy est plutôt doué pour l'espionnage.

-C'était exactement mon idée, répondit Pansy, peu convaincante.

-Évidemment, sourit la sorcière. Maintenant, il faut s'en servir avec intelligence.

Draco poussa un grognement, ce qu'elle ignora royalement. Son humeur massacrante durait depuis des semaines... depuis qu'il l'avait repoussé après leur baiser, sur ce même sofa. La jeune fille se concentra sur Parkinson.

-Tu vas déjà lui donner de fausses indications.

-C'est-à-dire ? Grogna Pansy, peu désireuse d'obéir à la princesse des serpents.

-Ombrage ne doit pas découvrir l'armée que forme Harry. Alors évite Crabbe et Goyle pour qu'ils ne comprennent pas tes intentions. Attends ! S'exclama Hermione en éclatant de rire. Non, aucun risque. Ces deux-là sont plus idiots que des mandragores.

-Bah voyons ! Cracha Draco. Et pourquoi elle ne doit pas arrêter Saint Potter, au juste ?

Hermione inspira profondément, irritée par son attitude. Plus il ouvrait la bouche, plus il l'irritait.

-Parce que je veux la voir disparaître de cette école, répondit Hermione sombrement. Et si quelqu'un peut s'en charger à ma place, ça m'arrangerait. Si je m'en occupe, je risque d'user de vilains sorts. Inutile que le ministère me pourchasse pour meurtre.

Piètre mensonge, même si au fond d'elle, Hermione désirait plus que tout tuer Dolores Ombrage. En revanche, le ministère ne l'inquiétait. Une autre partie voulait aussi qu'Harry poursuive son projet, pour être près lors de l'affrontement avec Tom Jedusor. Mais à la seconde où cette idée était apparue dans son esprit, son pendentif s'était mis à grésiller et une once de plaisir diabolique l'avait assailli. Aider Harry n'était plus sa priorité. Mais tuer Ombrage, c'était un beau projet. Harry n'avait qu'à se débrouiller tout seul avec les sous-fifres de la garce.

-Alors... je dois orienter Dolores dans d'autres directions, jacassait Parkinson alors que la princesse des serpents était toujours dans ses pensées. Sauf que je n'arriverais pas à faire taire ceux qu'elle a attrapés. Et avec ce qu'elle leur a fait boire...

Hermione releva la tête brusquement, fusillant la brune du regard, se levant du sofa.

-Rogue a accusé Harry dernièrement de lui avoir volé du polynectar, siffla-t-elle. C'est comme ça qu'Ombrage comptent trouver le groupe de résistants ?

Parkinson recula sous la colère de la sorcière.

-Cho Chang est en train d'être interrogé, balbutia-t-elle.

Hermione vit rouge, s'avançant vers elle d'un pas furibond. Draco s'interposa entre les deux jeunes filles, arrêtant Hermione d'un regard glacial, levant la main. Elle inspira profondément, desserrant les poings.

-Et tu comptais me le dire quand ? Siffla-t-elle en reculant d'un pas. Quand Ombrage mettra la main sur Harry, ou quand elle lui jettera un sortilège proscrit ?!

Pansy garda les yeux rivés au sol, consciente que mettre Hermione en colère était une mauvaise idée, si l'on voulait survivre dans l'heure.

-Peut-être que Chang ne fait pas partie du club de défense ? Marmonna-t-elle.

Même Draco n'y croyait pas, lâchant un léger ricanement.

-Idiote ! Harry est amoureux d'elle, bien sûr qu'elle connaît l'endroit où ils s'entraînent tous ! Et maintenant qu'elle est entre les mains de la garce, Harry n'a plus que quelques minutes devant lui, avant que la brigade ne l'arrête. Tu aurais dû venir me voir dès l'instant où la Serdaigle avait été attrapée ! Cria Hermione en perdant son calme. Ombrage va trouver Harry et Dieu seul sait ce qu'elle fera ensuite !

-Mais je pensais que Chang n'était pas importante, se défendit Pansy. Je cherchais plutôt à éloigner la brigade de Weasley, Londubat ou encore...

-J'ai beau haïr le rouquin, je le sais prudent et doué en magie. Les espions d'Ombrage n'auraient eu aucune chance face à lui. Maintenant qu'Ombrage a ce qu'elle veut, ta place dans la brigade n'a aucun intérêt pour nous. Et j'ai perdu assez de temps avec tes conneries !

Hermione fit les cent pas dans la pièce avant de s'arrêter brusquement. Les deux autres Serpentards la regardèrent sans rien dire.

-Bon, maintenant que tu as foiré la moitié de ton «idée», va au moins voir ce qu'il en est, avec le groupe d'Harry ! Cracha-t-elle en poussant Pansy vers la sortie. Voit ce que tu peux faire.

-Mais quoi... ?

-Dégage de ma vue ! Vociféra la sorcière.

Pansy regarda Draco avec peur puis tourna les talons, fuyant comme la peste la salle commune.

...

Durant la fureur de Mione et les jérémiades de Pansy, Draco avait gardé le silence, ce contentant d'intervenir seulement quand sa petite amie avait perdu son sang-froid et voulu se jeter sur l'autre sorcière. Sinon rien, pas un mot. À quoi bon !

Le jeune homme n'avait fait qu'observer la serpentine de Mione, désormais sa seule obsession dans la vie. Elle avait grésillé et envoyé des volutes de traînées noires, sans qu'aucunes des filles ne s'en aperçoivent. Et plus la pierre s'assombrissait, plus Hermione se mettait en colère. Draco ne savait comment arrêter ce maléfice. Mais ce qui était sûr, c'est qu'il n'avait plus aucune influence sur Mione. Quoi qu'il fasse, elle semblait le lui reprocher.

Draco se tourna alors vers Hermione, les bras croisés, dénué de toute expression. Il était inutile de lui donner une raison supplémentaire pour la faire crier.

-Grace à Pansy, Ombrage a gagné contre Harry. Il faut espérer que ce vieux fou de directeur fasse quelque chose contre elle, désormais.

Draco hocha de la tête, silencieux.

-S'il échouait et que le ministère prenait d'assaut Poudlard...

La jeune fille se mordit les lèvres, debout devant Draco, comme s'il n'était plus présent dans la pièce. Elle fronça les sourcils puis rejeta rageusement une mèche lui barrant le visage.

Ses cheveux ondulés avaient bien poussé l'été dernier, et Draco avait un faible pour ses longues mèches caramel, lui arrivant désormais juste au-dessus de la taille.

Malgré sa fureur permanente et son indifférence pour le jeune homme, Draco ne pouvait qu'admirer son amie. Quel crétin !

-Voldemort y verrait un signal pour prendre le contrôle. Donc... Harry serait sa cible. Et donc... il n'attendrait plus que je lui apporte des informations, il le tuerait. C'est embêtant.

Embêtant ? Le sorcier regarda sa petite amie avec des yeux ronds, perdant le peu de calme qui le contenait encore jusque-là. Il ne reconnaissait plus la sorcière devant lui. Ce n'était plus Mione qui parlait.

-À moins que j'arrive à tuer Ombrage avant qu'elle ne contacte le ministère et donc, un mangemort, continua-t-elle, l'index sur les lèvres, comme si elle réfléchissait au gâteau qu'elle allait manger. Mais faut qu'elle soit seule dans son bureau. Et je ne pourrais pas user d'un sort impardonnable. Faut rester subtil...

Le jeune homme se rapprocha de l'inconnue devant lui et leva une main vers son cou, évitant son regard emplit de folie. Il n'avait qu'un but; atteindre le pendentif et lui arracher.

-Peut-être un poison dans son thé, continua-t-elle en souriant avec malice.

Draco fit un dernier pas avant de l'atteindre, s'apprêtant à tirer sur la pierre. Au même instant, Hermione posa les yeux sur lui et plissa les yeux, méfiante.

-Une autre idée, peut-être ?

Le sorcier n'avait pas suivi les projets meurtriers de sa copine, écarquillant légèrement les yeux quand elle lui parla directement.

-Pour tuer Dolores Ombrage, précisa-t-elle en soufflant. Tu m'écoutes, quand je te parle, Dray ?

-J'ignorais que tu t'adressais à moi, avoua-t-il non sans cacher son irritation. Tu fais comme si je n'existais pas depuis des jours.

En réponse, elle haussa des épaules, indifférente.

-C'est toi qui as commencé, rétorqua-t-elle avec véhémence.

Tandis qu'elle s'irritait pour son inattention, Draco se rapprocha plus encore et posa enfin les doigts sur la chaîne du pendentif. Il n'eut pas le temps de tirer dessus; ses genoux percutèrent le sol brusquement, un courant électrique parcourant son échine. Le jeune homme retint un cri, se mordant la lèvre jusqu'au sang. Ouvrant sa paume, il découvrit la marque de la chaîne, imprimé sur sa peau.

Quand il releva la tête, il vit sa petite amie le regarder avec intérêt, la tête penchée sur le côté: comme si elle observait un animal plutôt que son copain agonisant.

-Tu as déjà essayé de m'enlever le collier, sans succès. Pourquoi t'acharner à continuer, Dray ? Demanda-t-elle d'un ton réprobateur et amusé.

Le jeune homme se releva en silence, faignant le calme. À l'intérieur, il hurlait après cette fille qui lui avait volé sa Mione.

-Je t'aime, ça devrait suffire comme explication, cracha-t-il, en inadéquation avec ces paroles tendres.

Hermione pinça les lèvres, arqua un sourcil et fronça le nez. Signe qu'elle ne croyait pas un mot de ce qu'il lui disait.

-Tu as une drôle de façon de me le montrer.

-Et quand en aurais-je eu l'occasion ?! S'écria Draco, cynique. Pendant les repas ? Ah non, tu n'y es jamais ! À la bibliothèque ? Je t'y trouve jamais ! Alors quand, hein ?

-Pas la peine d'être sarcastique, renâcla la sorcière, levant les yeux au ciel. J'avais mes raisons de t'éviter.

-Et je peux savoir lesquelles ? S'agaça-t-il.

-Tu m'as repoussé ! Cracha-t-elle, glaciale. Tu m'as embrassé puis tu as arrêté.

Draco chercha dans sa mémoire la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux. Qu'il avait embrassé Mione et non cette fille dénuée de tout sentiment.

Oh ! C'était ici-même, dans la salle commune. Il s'en rappelait très bien. C'est ce jour-là que le sorcier avait su que Mione était tout pour elle, malgré tous ses secrets et ses origines moldus. Mais maintenant qu'il réfléchissait, Draco remarqua que c'est à partir de ce moment-là que sa petite amie était devenue plus sombre, plus... Serpentard. Comme aujourd'hui.

Oui, il se souvenait de cette soirée et oui, il l'avait repoussé. Mais... pas pour les raisons que Mione croyait.

-Alors excuse-moi, mais j'ai beaucoup de mal à croire que tu m'aimes, comme tu dis, continua Hermione en le regardant avec dédain.

Elle lui tourna le dos, faisant voler sa jupe plissée et Draco sentit qu'elle allait lui échapper, alors il lui attrapa le bras et la retourna vers lui, furieux.

-Moi, je t'aime, mais c'est visiblement plus réciproque ! Cria-t-il, venimeux.

-Alors pourquoi m'avoir repoussé ? S'entêta la jeune fille, tentant de faire lâcher la poigne de Draco sur son biceps.

-J'avais une érection ! Hurla-t-il, hors de lui, enserrant plus encore le bras de Mione. Voilà, t'es contente ?! J'avais pas envie que tu le saches et que tu partes en courant, alors j'ai préféré arrêter ! C'était la première fois et c'était pour toi, alors ne me dis plus jamais que je mens en te disant que je t'aime !

Le souffle court, les joues cramoisies, Draco baissa les yeux sur la main de Mione, posé sur la sienne, et il lâcha son biceps rapidement, reculant de plusieurs pas. La jeune fille se frotta le bras en le regardant, aucune expression s'inscrivant sur son visage. Draco parlait dans le vide.

-C'est pour ça que tu m'as rejeté depuis tout ce temps. Tu pensais que je ne te voulais pas. Et bien sûr, la vengeance t'a semblé être la meilleure façon de réagir ! Par Salazar, tu ne vois pas que ton collier manipule tes sens ? L'Hermione que je connais aurait été contente que je mette ma fierté de côté pour avouer mes sentiments. Mais toi...! Toi, tu t'en fiche complètement, de ce que je peux ressentir pour toi. Ça ne te fait absolument rien ! Ai-je encore de l'importance, à tes yeux ?

Hermione redressa le menton, l'air de le défier.

-Ne sois pas absurde. On n'a pas rompu.

Elle ne répondait pas à sa question.

-Alors si tu m'aimes encore, enlève ce putain de collier.

-Non, répondit-elle, implacable.

Elle n'avait pas réfléchi une seule seconde. Parce que ce n'était pas le cas. La pierre luisait déjà, montrant à Draco que seule la serpentine contrôlait la jeune fille. Ce n'était plus Mione qui parlait.

-Tu ne me laisses pas le choix, alors, répondit Draco.

Il se détourna d'elle et ramassa son blazer et sa baguette. Pendant qu'il rangeait le reste de ses parchemins dans son sac en cuir, il sentit la sorcière se tendre derrière lui, l'observant sans bouger.

Se redressant, il sculpta sa petite amie puis se dirigea vers la sortie. Hermione le suivit de près, la mine légèrement inquiète.

-Ou tu vas ? Demanda-t-elle d'une petite voix.

-Te prouver que tu m'aimes encore, répondit le jeune homme, souriant presque quand il aperçut une émotion passée sur le visage de Mione.

Puis il disparut dans les couloirs des cachots.

...

Si on lui avait dit il y a encore un an que lui, Draco Malfoy, irait frapper de son plein gré à la porte d'Albus Dumbledore, sans y avoir été convoqué, il aurait rigolé. Pourtant, tel était le cas aujourd'hui. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il ne se préoccupait ni de sa fierté de Malfoy, ni de sa réputation de prince des Serpentards. Seul comptaient Mione et son pendentif de malheur.

-Je suis un homme difficile à surprendre, Draco, mais tu as réussi. Qu'est-ce qui t'amène ?

Comme si le directeur ignorait le comportement d'Hermione, par Merlin !

Draco entra dans le bureau du grand et célèbre sorcier, passant devant plusieurs tableaux aux regards haineux. Ouais... son père avait dû passer dans ce bureau.

Dumbledore était assis derrière son bureau, le menton posé sur ses mains jointes, le fixant de ses yeux calculateurs et fourbes. Le vieux sorcier avait toujours l'air de mijoter quelque chose et de tout savoir sur tout le monde. Il faisait peur à Draco, mais il le dirait jamais.

-Vous devez enlever la pierre autour du cou d'Hermione, dit le jeune homme d'un ton sans appel, ne tenant pas compte de s'adresser au directeur de Poudlard. Genre, maintenant.

Dumbledore ignora le ton de Draco, se redressant dans son fauteuil.

-Elle la protège.

-Foutaise ! Cria Draco, furieux. Le collier est maléfique et la manipule en permanence. Elle n'a plus le contrôle dessus et n'est plus la même personne. Même le sort de Potter commence à lui être indifférent ! Ce n'est plus Hermione, alors faîtes quelque chose !

-Draco... commença le directeur d'un ton calme.

-Elle veut tuer Dolores Ombrage, avoua Draco. Ce n'est pas assez clair, encore ?!

Le directeur baissa ses mains, faisant signe au jeune homme de s'asseoir.

Draco jeta rageusement son sac au sol, restant debout derrière le fauteuil, prenant appuie dessus, foudroyant le grand sorcier de ses yeux bleus comme la glace.

-Te rappelles-tu de ton amie, avant qu'elle possède le pendentif ?

Draco souffla, peu désireux de lambiner. Il dut pourtant s'y résoudre. Dumbledore n'était pas du genre à agir dans la panique. Il analysait tout avant de prendre la moindre décision, au contraire du jeune sorcier.

-Plus vraiment, répondit Draco, frustré.

Comment était Mione avant que Narcissa Malfoy lui remette le pendentif ? Il ne savait plus vraiment. Ça remontait à des années... ils n'étaient encore que des enfants.

-Hermione Granger aurait dû aller à Gryffondor, je pense que tu t'en doutes. Et donc, avaient toutes les qualités pour réussir dans cette maison: le courage, la loyauté, l'intelligence... mais aussi le sens de l'amitié, de l'amour, du sacrifice, de la compassion. Tu vois où je veux en venir, Draco ?

Ouais et comment ! Aucune de ces qualités n'était représentée chez les Serpentards.

-Mets cette personne à Serpentard et tu verras qu'elle sera vite dépassée par la personnalité de cette maison. Et par les temps qui courent, je crains que cette personne ne survit longtemps. Tu comprends ?

-Vous sous-entendez quand même que les Gryffondors sont moins forts que les Serpentards, sourit Draco malgré lui.

-Moins fort, non, mais moins préparé, peut-être. Maintenant, prenons vos propres situations. Vois-tu un Gryffondor dans les rangs des mangemorts ?

Le jeune homme se raidit, plissant les yeux.

-Non, assura-t-il, prudent.

Ou presque. Pettigrow n'était-il pas un rouge et or ? Sans doute le seul...

-Pourquoi, selon toi ?

-Pour les raisons que vous avez cités: la compassion, l'amour... En temps de guerre, on ne peut se permettre ce genre d'émotion.

-Tout juste. C'est un peu rude, mais tu n'as pas totalement tort...

-Allez-en au fait ! On parle d'Hermione, pas des mangemorts !

-Mais j'y viens. Comment crois-tu que ton amie réagirait, en tant que Gryffondor, devant Tom Jedusor ?

Le jeune sorcier blêmit, retenant sa respiration. Instinctivement, il gratta la marque sous son blazer et sa chemise. Le directeur sourit, arquant un sourcil.

-Si tu lui enlèves le pendentif, sa véritable personnalité reviendra peu à peu, expliqua Dumbledore. La sentiras-tu capable de continuer à tenir tête à Tom ?

Draco resta muet. Le directeur savait beaucoup de choses, mais il n'aurait jamais imaginé qu'il savait pour la marque sur son bras.

-Vous êtes en train de dire qu'Hermione est faible ! Ragea le jeune homme. Elle n'a pas besoin du pendentif pour être courageuse. Elle l'a prouvé en choisissant la maison Serpentard, pour moi. Elle n'a pas besoin de vous pour vivre chez les verts et argents !

-Mais le courage suffira-t-il ? Insista Dumbledore en le regardant à travers ses lunettes. Tu n'en manques pas non plus. Mais tu possèdes une force que les Gryffondors n'ont pas: l'indifférence. C'est ce qui te permet de supporter la marque des ténèbres.

Il désigna son bras, et d'un coup de baguette, lui fit remonter sa manche, dévoilant l'odieux tatouage. Draco y plaqua sa main.

-Vous le savez depuis notre retour, dans le labyrinthe, en déduisit le sorcier. Comment ?

Le directeur sourit, mystérieux.

-Je sais que tu l'as fait pour Hermione. Et ne t'inquiète pas, personne d'autre ne le sait.

Ça, Draco avait du mal à le croire. Et il ne comprenait pas non plus le silence du directeur face à son nouveau statut de mangemort.

-Bon... mais pour Mione, alors ? Vous allez l'aider ou pas ?!

-Tu as compris que sans lui, tu devras être plus prudent encore, avec elle. Elle changera de personnalité, la déstabilisant. Tu devras la protéger plus qu'avant.

-Ce pendentif l'emprisonne, répondit simplement Draco. Libérez là.

Dumbledore soupira mais finit par hocher de la tête. Il ouvrit la bouche mais fut interrompu par des coups brutaux sur la porte. Cette dernière s'ouvrit à la volée quelques secondes plus tard, faisant entrer Dolores Ombrage en personne. Draco eut à peine le temps de se lever que Saint Potter débarqua dans la pièce, accompagné de Fudge, à sa grande surprise.

Les deux jeunes sorciers se regardèrent, l'un avec rage, l'autre avec emphase. Draco venait de comprendre pourquoi tout se remue ménage. La présence du directeur du ministère inaugurait rien de bon pour Abus Dumbledore. Et pour le reste de l'école.

Cho avait parlé et Potter avait été attrapé. Génial... Mione allait adorer apprendre ça. Pour tuer la bonbonne en rose, bien sûr.

Par Salazar, Dumbledore devait l'aider ! Potter attendrait plus tard, non ?!

...

Harry regardait Malfoy avec fureur, le traitant de tous les noms dans son esprit. Il aurait dû se douter que c'était lui le responsable de tout cela. Il devait probablement travailler pour Ombrage et devait donc jubiler en ce moment, fier de son coup. Quel abruti ! Une fois libre, il irait retrouver Malfoy et lui ferait payer !

-Comme vous pouvez le constater, Cornelius, j'avais raison. Dumbledore formait bien une armée pour s'opposer à vous et au ministère !

Ombrage, un sourire carnassier aux coins des lèvres, se faisait un malin plaisir à accuser Dumbledore sans preuve. Malheureusement, Fudge semblait la croire, et pire encore, le directeur affirma cette accusation.

Harry cria être le seul investigateur du club de défense, mais Ombrage l'ignora, et Fudge demanda rapidement l'arrestation d'Albus, pour avoir créé une armée contre le ministère.

Harry voulut protester mais déjà, Dumbledore recula en le regardant fixement, lui faisant soudain un clin d'œil. Puis, dans un battement d'ailes, le phénix du directeur plongea de la tour d'observation qui surplombait le bureau, et disparu... emportant le directeur avec lui. S'ensuivit un cri horrible. Celui de Dolores Ombrage, la rage remplaçant son sourire.

Harry aurait dû se réjouir de la fuite de Dumbledore, mais quand il vit la tête que faisait Malfoy, il sut que quelque chose de grave s'était produit.

-Malfoy ! Cria le sorcier après avoir pu sortir du bureau, bien avant Fudge et Ombrage.

Il courut vers le Serpentard, oubliant sa haine à son égard.

-Pourquoi tu parlais avec Dumbledore ?

-Mêles-toi de tes affaires, Potter, cracha le blond, hautain.

Harry n'en attendait pas moins de son rival. Aussi insista-t-il.

-Contrairement à toi, je me préoccupe de l'attitude destructrice d'Hermione, siffla Malfoy en se retournant vers Harry, les yeux lançant des éclairs.

-De quoi parles-tu ?

-Laisse tomber ! Ce n'est pas ton problème. Il s'agit de ma copine, pas de la tienne !

Harry leva les yeux au ciel, exaspéré.

-On en est encore à s'entre-tuer pour ça ? Tu es stupide, Malfoy. Hermione n'a qu'une seule personne en tête et c'est toi, même si j'ignore pourquoi, puisque tu n'es qu'un crétin sans cervelle. Alors arrêtes avec ta jalousie maladive. Je suis son ami, alors dis-moi ce qui se passe. Tu aurais vu ta tête quand Dumbledore a disparu.

Malfoy semblait vouloir tourner les talons et le laisser en plan. Pourtant, après un soupir et un regard autour de lui, il regarda Harry.

-Je veux que Dumbledore enlève le pendentif qu'elle porte. Personne ne peut le faire sauf Hermione ou le directeur. Mais ce vieux fou vient de disparaître ! J'ai aucun moyen de faire revenir Mione...

-Comment ça, revenir ? Commença à paniquer Harry. Elle allait très bien la dernière fois qu'on s'est parlé !

-Tu te dis son ami et tu ne remarques pas son comportement ? Et c'est moi le crétin ! Hermione pourrait tuer Pansy ou Weasley que ça lui ferait ni chaud ni froid. Voilà, tu comprends le problème ?!


Hello ! Je vois que l'attitude de Mione vous inquiète... bah ça s'arrange pas tout de suite. Mais Dray va la sauver, pas de panique ! Et peut-être que quelque chose va s'installer entre lui et Harry. Bon, on ne parle pas d'amitié, hein, mais peut-être une légère entente pour aider notre sorcière... qui sait ! Pansy va aussi être plus présente, à la désolation de Mione. Et sans doute une surprise pour les fans de Blaise-chou.

La suite bientôt et merci pour vos impressions ! A très vite !