CARPE DIEM

CINQUIÈME ANNÉE

TOME III


III

Vulnérabilité et force


Draco Malfoy déboula dans le bureau de son parrain, Severus Rogue, l'homme le plus craint et détesté des Gryffondors -par conséquent, le chouchou des Serpents. Après sa conversation avec Saint Potter, le sorcier avait traversé tous les couloirs du château, désespéré. Il allait devenir fou si Rogue refusait de l'aider.

En entrant avec fracas, Severus ferma brutalement le livre qu'il était en train de consulter, faisant voler de la poussière tout autour de lui. Draco ne se formalisa pas de son regard peu amène et le rejoignit derrière son bureau, où quelques parchemins traînaient jusqu'au sol.

-Vous me dérangez, grinça son parrain en le regardant avec dédain.

Draco ignora son ton – une comédie, il le savait, puisqu'il adoptait le même chaque jour.

-Votre bouquin attendra. J'ai besoin de votre aide et ce n'est pas discutable.

Severus lui lança un regard courroucé, surpris par le ton de son filleul. Draco ne perdit pas la face et le foudroya du regard, peu impressionné par son pincement de lèvres.

-Et que puis-je pour toi ? Nasilla-t-il en se penchant légèrement en avant.

-Que vous répariez votre erreur ! Cracha le sorcier. Hermione perd la raison et vous, ma mère et Dumbledore en êtes responsable ! Arrêtez ça sur-le-champ !

Les poings serrés, Draco frappa la table violemment, appuyant ses propos. La soudaine disparition du directeur l'avait rendu fou – sans lui, peut-être que sa Mione ne redeviendrait plus jamais. Et Severus était son seul espoir désormais, le seul capable de comprendre.

-Je ne peux pas, répondit son parrain en se détournant de lui, s'emparant de son livre et marchant vers la sortie.

-Vous le ferez ! Cria Draco en se retournant, un rictus aux lèvres. À moins que j'aille révéler votre implication dans la mort des parents de Potter.

C'était cruel, Draco le savait. Il avait eu vent des sentiments de son parrain pour Lily Potter et de sa souffrance quand le maître l'avait tuée. Il savait qu'il risquait gros en faisant référence au passé. Mais si quelqu'un pouvait comprendre la détresse de Draco, c'était Severus.

Ce dernier se figea, se retournant lentement vers son filleul, les yeux assassins. Une fraction de seconde plus tard, Draco fut jeté contre un mur, Severus bloquant sa trachée d'une main. Ils s'observèrent en silence, furieux tous les deux.

-Si tu parles, le maître nous trouvera tous deux inutiles... je te laisse imaginer ce qu'il fera pour que tu regrettes ton choix.

-Je ne crains pas la douleur, répliqua le jeune sorcier. Je la connais depuis toujours.

-La douleur physique, sans doute, mais la douleur psychique est insupportable, je te l'assure. Pense au sort de miss Granger et Parkinson quand le maître apprendra ta traîtrise.

Draco écarquilla imperceptiblement ses yeux glacés, sentant son cœur manquer un battement.

-Il ne les touchera pas, assura Draco, la voix tremblante. Aidez-moi et personne ne sera torturé aux mains du maître. Je vous en prie, murmura le jeune homme.

Il ne suppliait jamais, mais savoir Mione aux mains du maître lui était intolérable. Et si le pendentif ne lui était pas enlevé, elle s'y jetterait de son plein gré, devenant fervente du mal. Jamais !

-Enlevez-lui le collier ! Cria-t-il à son parrain. Je vous haïrais, vous et ma mère, si vous ne faites rien ! Je partirais avec elle loin d'ici, et je reviendrai jamais !

-Tu es trop précieux pour ta mère... tu lui briserais le cœur, répliqua Severus.

-Et le mien ?! Cracha le jeune homme, poussant son parrain loin de lui, acerbe. Mione est contrôlée par cet abjecte pierre que vous avez donnez à ma mère ! Elle se détourne de tout, même de moi. Et je devrais la laisser partir sans rien dire ?! Vous dites que je briserai le cœur de ma mère ? Si Mione ne retrouve pas la raison, c'est elle et moi qui perdons le nôtre. Et je vous pardonnerais jamais cette trahison. Vous auriez tord de ne pas m'aider, Severus, assura Draco d'un air sombre. Hermione est talentueuse avec les sortilèges et je suis le meilleur en potion. Faites le calcul et imaginez ma vengeance si vous choisissez de me laisser le cœur brisé.

-Tes menaces ne changeront rien, soupira son parrain d'un air triste. Je ne peux pas t'aider, Draco, j'en suis incapable, crois-moi. Mais...

Le jeune homme s'apprêtait à sortir de la salle quand Severus l'arrêta en levant une main.

-Il existe un autre moyen pour que tu puisses lui enlever toi-même le pendentif.

-Lequel ? Le pressa le garçon.

-Tu dois déjà le savoir: Miss Granger doit te voir comme tu la vois.

-C'est impossible ! S'écria Draco en reculant d'un pas, désespéré. Je vous dis que la pierre l'éloigne de moi. Elle ne pense qu'à éliminer Ombrage et se fiche du sort de Potter. Si le maître lui demandait de le tuer, elle le ferait probablement. Je ne suis plus rien pour elle.

Severus secoua la tête, rassurant.

-La serpentine est emplie d'autant de magie blanche que de magie noire. Il existe un juste milieu. Trouve-le et tu pourras la délivrer. Fait en sorte qu'elle t'aime autant que tu l'aimes, et le collier sera vulnérable et cassable.

-Facile à dire, grogna Draco. Elle croit que je l'aime pas.

-Et c'est le cas ?

Draco lança un regard assassin à son parrain, tournant les talons.

-Je me débrouillerais, conclut le garçon, maussade. Mais j'oublie pas votre implication, assura-t-il en sortant, glacial.

...

Le soir même, le jeune homme évita délibérément Hermione et attira Pansy à l'écart, hors de la salle commune. Ils longèrent le couloir menant à la cour et s'appuyèrent contre les arcades. La sorcière souriait de toutes ses dents, visiblement ravie de la ballade.

-J'ai une mission à te confier, commença Draco en ignorant le regard sensuel que Pansy lui lançait.

Elle était face à lui, appuyer contre le mur, une main sur la hanche, rejetant ses long cheveux bruns derrière une épaule. Ses yeux charbonneux le dévoraient du regard.

-Tout ce que tu veux, répondit Pansy à voix basse, séductrice.

Il leva les yeux au ciel, croisant ses bras contre son torse, lui montrant son indifférence. Certes, Pansy était sans doute une très jolie fille, avec ses cheveux ailes de corbeaux, ses longs cils, ses lèvres pulpeuses et ses longues et fines jambes. Mais même si sa jupe était plus courte que la moyenne et son blazer extrêmement serré contre sa poitrine, Draco ne voyait rien en elle qui puisse le faire saliver. Il préférait les longues mèches caramels, les yeux pailletés d'or et les tâches de sons.

-Va fouiller dans les affaires de Mione et cherche tout ce qui est susceptible de renfermer des souvenirs, des affaires de chez elle. Un journal intime, des photos, ce genre de truc.

Pansy perdit de son sourire et se redressa, abandonnant sa posture provocante.

-Pourquoi ? Daigna-t-elle marmonner.

-Ça me regarde !

-Et pourquoi je le ferais ? Qu'ai-je à y gagner ?

Draco serra les dents, impatient.

-Tu es censé être mon amie !

Pansy tiqua, mais ne répondit pas. Draco abdiqua, irrité.

-Je cherche à enlever le pendentif de Mione. Tu as tout intérêt à ce que j'y arrive, puisqu'à cause de lui, elle est plus mauvaise. Ce qui n'est pas bon pour toi, n'est-ce pas ?

La brune souffla d'exaspération, serrant les dents.

-Tu auras des nouvelles demain au déjeuner, marmonna-t-elle avant de partir, impassible.

Le jeune homme soupira, épuisé. Si Pansy se mettait à le défier aussi, il allait vite perdre son calme. Les filles étaient insupportables ! Les ordres devaient être obéis, pas contestés !

...

Pansy Parkinson entra dans le dortoir qu'elle occupait avec Hermione et découvrit que cette dernière était sous la douche. Timing parfait !

Bien que la besogne que lui demandait Draco était plutôt facile, elle s'y exécuta avec dérision. Hermione, toujours Hermione. Depuis que cette pimbêche était arrivé dans sa vie, Draco n'avait d'yeux que pour elle. Psss ! Non mais quel idiot.

S'assurant que la porte de la salle de bain était fermée à clé, Pansy regarda le coin qu'occupait la sorcière: impeccable, au contraire de son côté, plus bordélique. Elle commença à fouiller dans le sac de cours mais n'y trouva que des parchemins, des plumes, de l'encre et des manuels. Bon...

Pansy se coucha au sol et regarda sous le lit, ou la poussière était absente. La brune sourit en découvrant un carnet bleu écorné. Elle le prit et l'ouvrit à la première page rapidement. Des sortilèges de cinquièmes années. Déçue, Pansy le remis à sa place et ouvrit le tiroir de sa table de nuit, farfouillant parmi les papiers.

Des lettres de ses parents, de Draco, de Potter... de Viktor Krum. Intéressant. Il y avait aussi des drôles de bâtons transparents avec une pointe au bout. Des outils moldus pour écrire. Pourquoi avoir ces instruments dans ses affaires ? Ridicule.

La brune prit les lettres et referma le tiroir. Fronçant les sourcils, elle rouvrit ce dernier. Quelque chose clochait. Il était moins profond qu'il le devrait. Pansy posa la main sur le fond du tiroir et sentit la plaque bouger. Elle la souleva rapidement et fronça les sourcils en découvrant des objets moldus. Encore.

Il y avait un livre moldu sur l'Apocalypse – charmant – avec quatre cavaliers sur la couverture. Des files blancs – des écouteurs, se souvint-elle de son cours sur l'étude des moldus. Un portable noir et bleu à l'écran tacite... non, tactile. Ça, elle connaissait un peu. C'était comme une lettre envoyée par hibou, mais sans lettre et sans hibou. On pouvait même parler avec.

Et après, les moldus ne connaissaient pas la magie ?! Pansy avait toujours soupçonné ces gens d'être moins idiot qu'on le laissait croire. Peut-être que leur magie était simplement différente.

Pansy s'empara du portable, dégoûté et excité à la fois de tenir ce truc étrange mais incroyable dans la main. Comment écrire à une autre personne si le portable ne volait pas ? Elle ne voyait pas. Ce n'était absolument pas logique. C'était donc magique, forcément !

En le manipulant, l'écran noir s'ouvrit et Pansy eut un mouvement de recul en voyant apparaître une photo figée. Quelle utilité, franchement ?

La photo montrait une Hermione d'environ dix ans – avant qu'elle rencontre Draco, pensa la brune avec malice – au bras d'un drôle de personnage aux longs cheveux blancs, maquillé à l'excès avec des marques noires sur le visage. Il portait une cape blanche avec une immense capuche et un long bâton. L'enfant qu'était Hermione sur cette photo souriait en l'enlaçant, elle-même méconnaissable avec sa robe rouge et or, d'un style médiéval, et de longs cheveux blonds et caramels, où une tiare y reposait. Pansy ignorait qui était l'homme, mais il ressemblait à un sorcier. L'était-il ? Elle réussit à enlever la photo et se retrouva devant une autre, avec des drôles de petits dessins en bas.

Dessus se trouvait encore Hermione, au même âge, cette fois avec des cheveux noirs et des mèches rouges, aux côtés d'un homme magnifique, ténébreux, aux cheveux brun mi-long et à la cape ébène. Hermione portait une robe identique à la précédente, mais avec des plumes noires et rouges, lui donnant un air de princesse des ténèbres. En arrière-plan de cette photo, plusieurs autres personnes posaient, souriantes, tous vêtus de tenues similaires aux sorciers.

Peut-être étaient-ils la famille de la sorcière. Une famille de sang-pur très... moyenâgeuse et cérémoniale. Pansy ne connaissait pas les Granger, ne sachant d'eux seulement leur discrétion, mystère et excentricité. Mais au vu des objets moldus, la brune comprit que les Granger étaient loin de ressembler à sa famille, ou même aux Malfoy. Hermione détestait Weasley, pourtant, sa famille semblait malgré tout lui ressembler.

Pansy abandonna l'objet quand elle entendit la porte de la salle de bain se déverrouiller. Elle referma le tiroir discrètement et s'allongea à plat ventre sur son lit à la couverture émeraude, attrapant sa brosse à cheveux.

...

Hermione sursauta malgré elle en découvrant Parkinson dans la chambre. Elle ne pensait pas la voir avant un moment et avait baissé sa garde. Heureusement, la brune ne fit pas attention à elle, préférant prendre soin de ses cheveux en les brossant avec autant de soin qu'une sirène.

Hermione préférait user d'un sort pour coiffer ses cheveux. Sans magie, sa masse de boucles devenait n'importe quoi et lui donnait une allure effroyable. Avec un sortilège, ces boucles étaient parfaitement dessinées, comme dans les magazines de mode. Elle eut une pensée pour les filles moldus. Les pauvres...

-Si tu continues comme ça, avec un peu de chance, tu deviendras chauve d'ici demain, sourit Hermione avec mesquinerie en avançant dans la chambre, posant ses fesses sur le lit.

Elle observa la brune avec un rictus aux lèvres. Seulement, Parkinson ne répondit pas, ignorant son sarcasme. Bonjour la mauvaise humeur !

-Ais-je été exaucée ? Pansy Parkinson a perdu sa langue ! Alléluia !

La jeune fille tourna brusquement la tête vers Hermione, étirant un drôle de sourire avant de jeter sa brosse et de se redresser. Elle s'assit face à elle, se penchant légèrement en avant, la fixant avec le même air que la sorcière. OK, le jeu était fini.

Hermione se leva rapidement, mais Pansy l'imita à la perfection. Serrant les poings, la brune fit de même. Hermione pinça les lèvres et Parkinson fit pareil.

-Tu as aussi perdu ta personnalité, apparemment, fit la princesse des Serpentards. À quoi tu joues ? Aboya-t-elle.

-Tu aimes les moldus ? Demanda Parkinson d'un ton brusque, faisant reculer Hermione soudainement.

Cette dernière écarquilla les yeux en dévisageant la sorcière, plissant le nez. Pour la première fois, Pansy venait de la décontenancer.

-Quelle question ridicule ! Cracha Hermione en faisant la grimace.

Elle tenta de paraître dégoûté mais arrêta de jouer après que la brune lève un sourcil, non dupe. Hermione serra les dents, haineuse.

-Tu parles avec des expressions moldus, continua Pansy avec suffisance. «Alléluia» confirme ce que je sais déjà; tu es comme les Weasley.

Elle cracha ce dernier mot, acerbe. Hermione se mit alors à rire.

-Tu oses m'insulter de traître à mon sang ? Me comparer au chien de Potter ?

Pansy ne baissa pas les yeux sous la colère de la sorcière, gardant la tête haute.

-Pourquoi détenir des objets moldus, sinon ?

-J'aime observer ces êtres inférieurs, répondit Hermione avec cruauté, mentant avec prouesse. Ça s'appelle des expériences.

Pansy fit la moue, sceptique. Soit !

-Mais peut-être es-tu trop arriéré pour comprendre l'étude des moldus, Parkinson. Voldemort souhaite leur extinction. Moi, je pense qu'ils sont utiles. Mais les anciens ne voudront jamais l'admettre.

-Utile ?

-Tu as fouillé dans mes affaires, comprit Hermione en la regardant fixement. La magie n'existe pas chez les moldus. Ils appellent cela «technologie». Lie les deux et le sorcier aura le contrôle sur tous les mondes. Voldemort à tord de l'exclure.

-Et c'est la raison pour laquelle tu possèdes ces objets ? Pas parce que tu admires le monde des moldus ?

-Si c'était le cas, je ne serais ni à Serpentard, ni une espionne de Voldemort, répliqua Hermione avec ferveur.

-Oui..., marmonna Pansy en la regardant d'un air troublé. Probablement.

Elle pinça les lèvres mais ne dit plus rien. Hermione se détendit quelque peu et desserra les poings.

Seul Draco, Dumbledore et Rogue connaissaient la vérité sur son sang, sa véritable maison et sa haine pour Tom Jedusor. Et mettre Parkinson dans la confidence avait effleuré l'esprit de la sorcière, bien qu'elle ne l'aimât pas. Elle pourrait être une alliée supplémentaire... ou un problème à éliminer.

Pour le moment, elle préféra se taire, faignant comme toujours d'incarner la parfaite Serpentard.

Certes, par moments, elle ne feignait pas son attitude de garce, et elle savait parfaitement que le collier y était pour quelque chose. Mais peu importait, puisqu'il lui faisait croire que son attitude était nécessaire à sa survie.

-Donc... tu dois être ravie de ce qui s'est passé aujourd'hui ?

Hermione grogna, croyant que Pansy lui fichait la paix pour la soirée. Si seulement cette fille avait un instinct de survie !

-Quoi, Weasley est tombé de son ballet et est mort ? Sourit-elle en se retournant.

Bon, elle en aurait entendu parler... et Harry serait probablement venue la voir pour pleurer.

-Ombrage et Fudge ont ordonné l'arrestation de Dumbledore, mais il s'est évaporé avant qu'ils l'attrape. Ombrage a le contrôle de Poudlard dès demain.

Hermione se figea, regardant Pansy comme si elle était un fantôme. Puis un sourire cruel naquit sur ses lèvres. OK, que le vieux fou ne soit plus dans l'école était une mauvaise nouvelle, surtout pour Harry, mais il fallait être honnête; ce n'est sûrement pas Dumbledore qui va jeter Dolores Ombrage du château.

Non, comme toujours, Hermione devra sauver la situation. Comme si elle avait le temps, tiens ! Harry peut pas se débrouiller seul sans qu'il trouve les problèmes. La sorcière devait vraiment tout faire, ici !

-Il va donc falloir faire le sale boulot à la place du plus grand sorcier du monde. C'est affligeant, soupira Hermione en se massant les tempes, las qu'à chaque fin d'année scolaire, quelque chose l'oblige à jouer les héroïnes.

-Tu parles de... neutraliser Dolores Ombrage ? S'inquiéta Pansy d'un air incertain. C'est comme si tu voulais arrêter Bellatrix; c'est impossible.

Hermione secoua la tête, certaine de ce qu'elle voulait faire.

-Tu préfères sans doute qu'elle contrôle l'école et...

-Non ! S'écria la brune, furieuse. J'aimerais la faire souffrir tout autant que toi ! Mais la tuer est un crime...

-Pour une mangemort, tu me fais rire. Tu te soucies trop des règles. Mais je n'ai pas parlé de meurtre, alors redescend d'un cran. Je ne peux pas la tuer comme ça, sans que mon acte soit légitime. Mais si un vampire ou un loup-garou s'en chargeait, ça serait malheureux pour elle, n'est-ce pas ? Ou n'importe quelle créature de la forêt interdite !

La sorcière improvisait, mais à mesure qu'elle parlait, un plan se mettait en place. La forêt interdite ? Quelle bonne idée pour faire disparaître quelqu'un !

-Et comment tu veux l'attirer dans la forêt ? Demanda Pansy, comme si le plan de la princesse des serpents n'était pas délirant.

-On verra le moment venu, soupira-t-elle. Mais, Pansy, pas un mot à Draco de tout ça, c'est clair ? Il se mêle toujours de tout et bien qu'il soit une aide précieuse, je doute qu'il conçoive cette fois à m'aider. Mais toi... tu seras parfaite.

Pansy la regarda d'un air sceptique, faisant la moue. Elle ne semblait pas ravie de l'aider.

-D'abord Dray, maintenant toi. Et tu penses que ça sera gratuit ? Ricana-t-elle.

Hermione plissa les yeux quand Pansy usa du surnom de son copain, mais se calma aussitôt.

-Quel est ton prix, pour m'aider à nous débarrasser de la garce en rose ?

-Tu me traites comme ton égal, et non ton chien, déjà. Et ensuite...

Parkinson baissa la voix, plus menaçante. Comme si Hermione devait avoir peur de ses prochains propos.

-Tu arrêtes de faire souffrir Draco, termina-t-elle avec froideur.

Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas la brune.

-Je ne lui ai rien fait ! Protesta-t-elle avec véhémence.

-Si, constamment ! Vociféra Pansy. Ça me tue de le dire, mais il est fou amoureux de toi. Et que fais-tu en retour ? Tu l'ignores. Je connais Draco depuis plus longtemps que toi, Granger, et je peux t'assurer que je l'ai jamais vu s'intéresser à quelqu'un, sauf à toi. Pas même Blaise ou sa mère. Seulement toi. Alors soit tu arrêtes de jouer avec lui, soit tu le quittes. C'est mon prix pour que je t'aide.

Hermione l'observa sans rien dire, étrangement calme. Pansy se rembrunit, visiblement moins courageuse désormais. Cependant, une lueur passa dans le regard de la sorcière.

-Tu vas me tuer maintenant... ou quelque chose dans le genre ? Osa Parkinson en levant le menton.

-Non... murmura Hermione en se détournant de la brune. Je passerais mes nerfs sur quelqu'un d'autre.

La brune bougea dans son champ de vision, silencieuse. Elle passa devant elle puis s'enferma dans la salle de bain, sans un regard. Hermione resta prostrée un moment, pensive, puis vit son pendentif luire à nouveau. Elle venait d'oublier son chagrin en une seconde.

...

Draco mangea seul le lendemain matin, comme d'habitude depuis le «rejet» d'Hermione la nuit où elle l'avait embrassé et... ouais, bref.

Il but son jus de citrouille et piocha dans la barquette de petit pain, tartinant ce dernier de confiture et de miel. Il ignora les fantômes volant au-dessus de lui, pour se concentrer sur la table des Gryffondors. Ces derniers avaient des têtes à faire peur.

Bon, il comprenait. Si Severus venait à disparaître, il ferait aussi la gueule.

-Hermione va mieux ?

Draco releva les yeux sur l'opportun qui osait le déranger. Il allait le remettre à sa place mais quand il vit Saint Potter poster devant lui, le regard sévère, il se contenta de carrer les épaules, lui lançant un regard dédaigneux. Il adorait le prendre de haut. Bon... là c'était plutôt de bas, mais le principe restait le même, par Merlin !

-Tu veux pas répondre ? S'irrita le Gryffondor.

-Je parle pas au sang-mêlé, répondit-il avant de se mordre la langue.

Quel hypocrite, parfois ! Potter le regarda avec la même pensée.

-Hermione va bien ou pas ? Gronda-t-il en frappant la table du poing.

Des Serpentards tournèrent la tête et se mirent à chuchoter, choqué de la présence d'Harry Potter à leur table. Draco leur cria de dégager.

-Pas ici, se contenta de dire le blond en se levant rapidement.

Potter sembla surpris mais le suivit sans protester, alors que Draco le menait dehors, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. Quelques élèves qu'ils croisèrent les regardèrent soit choqué, soit sidéré. Ouais... Malfoy pouvait parler à Potter sans insulte. Incroyable, hein ?

-Je la trouve nuls pars et je...

-Tu n'es pas le seul, gronda Draco en se posant sur un banc.

Potter resta debout, la mâchoire contracté.

-Le coller dont tu m'as parlé...

-Il est maléfique, l'interrompit Draco une fois encore. Dumbledore le lui a donné pour la protéger de...

Il n'osait le dire.

-De vous, les Serpentards, supposa Potter.

Il était futé, le binoclard.

-Ouais, bref. Il agit sur elle comme de mauvaises ondes. Plus elle use de l'énergie de la pierre pour paraître dure et implacable, plus elle devient mauvaise. Faut que je lui fasse ressentir des... trucs, pour qu'elle puise s'adoucir et que je lui enlève le pendentif. Sans ça, on se fait électrocuter et putain, ça fait mal !

Potter baissa les épaules comme si le poids du monde reposait sur lui. C'était peut-être le cas, mais Draco le partageait.

-Les trucs dont tu parles... de quoi s'agit-il ?

Draco grimaça, peu désireux de s'épancher sur ses sentiments devant Saint Potter.

-Comment veux-tu que je l'aide si tu ne dis rien ! Cria Potter en s'avançant vers le blond, le poussant par les épaules.

Le Serpentard se leva et poussa à son tour le Gryffondor. Ils se regardèrent dans le blanc des yeux un long moment après ça.

-Je dois lui rappeler ses sentiments... pour moi, grinça Draco en détournant les yeux.

Quelle plaie ! Il allait étriper Potter pour ça.

-Je sais pas comment elle peut t'aimer, répondit Potter.

-J'ai pas demandé ton avis ! Siffla-t-il.

-Mais tu vas avoir besoin de mon aide, alors plantes-toi ça dans la tête: tu vas devoir me supporter tant qu'Hermione aura le collier autour du cou.

Par salazar, il le tuerait bien avant !

-Hermione a besoin de moi, de son copain, pas d'un pseudo sorcier qui lui sert de bouée quand l'ambiance des serpents la dépasse, grinça Draco en ricanant.

-Si déjà tu arrêtais de penser à sa place ! Rétorqua Potter. Peut-être que le collier lui ouvre simplement les yeux sur la réalité: tu n'es qu'un con qui aime tout contrôler. Pourquoi garderait-elle un boulet comme toi alors que tu méprisses même son propre monde. Si elle ne t'aime pas, ça serait mieux pour elle...

Potter allait continuer son discours sur le fait qu'il était qu'un raté, quand Draco lui balança son poing dans la figure, lui écrasant le nez. Le sorcier s'écroula au sol en poussant un grognement, posant une main sur son nez alors que celui-ci saignait. Draco secoua sa main endolorie, fier de lui.

-Parles-moi comme ça encore une fois, et la prochaine fois, je te tue.

Potter pouffa en se relevant, le défiant de s'exécuter.

-La vérité fait mal, dit-il avec suffisance.

Draco vira au rouge et se jeta sur le survivant. Ce dernier répliqua vite à l'attaque et s'ensuivit des coups brutaux et douloureux. Draco reçut un coup dans l'estomac et Potter tomba à genoux quand le blond lui jeta son pied derrière les jambes.

Ils se ruèrent de coup sans se préoccuper de leur baguette et roulèrent au sol. Draco prit le dessus et et colla une droite contra la mâchoire de Potter. Ce dernier cria de rage puis propulsa le sorcier lion de lui en l'éjectant avec ses pieds. Draco tomba sur le dos et eut la respiration coupée.

Les deux garçons allaient continuer de s'entre-tuer quand quelqu'un arriva en courant, criant d'arrêter le massacre.

...

Pansy n'avait pas trouvé Draco dans la grande salle, mais comme sa maison était spécialiste dans les commérages, elle apprit très vite que Potter était venu lui parler et que les garçons étaient partis ensemble.

Potter et Malfoy ?! Pansy savait qu'une seule chose pouvait réunir les deux ennemis et sa colère augmenta quand elle croisa justement la responsable; Granger venait de s'asseoir à table, tout sourire, alors que Weasley lui hurlait de mourir dans d'atroces souffrances.

Elle se posta devant la sorcière et la regarda boire son jus de citrouille en serrant les dents.

-Tu savais que chez les Moldu, Parkinson est une maladie grave ? Commença Hermione en levant les yeux sur Pansy, tout sourire.

-Potter et Draco sont partis ensemble, ce matin, lui dit la brune en se penchant vers elle, ignorant délibérément l'insulte. Tu sais pourquoi, au juste ?

-Dumbledore est parti. Peut-être que c'était le feu vert pour eux de se battre à mort, répondit Hermione en haussant les épaules, amusée. Je ne suis pas voyante, j'en sais rien ! Cria-t-elle ensuite.

Pansy recula d'un pas, irritée par l'humeur massacrante de son ennemie.

-Dans ce cas, bon appétit, souffla Pansy en traçant sa route, faisant fit du regard des Serpentards.

En sortant de la grande salle, un élève de sa maison lui indiqua la direction qu'avaient prit les deux grands ennemis et elle se dirigea ainsi vers la sortie du château, après avoir passé la grande horloge et la grande porte.

Non loin, sous des arches en pierre entourant la cour, la sorcière resta bouche bée devant le spectacle: Draco et Potter se roulaient au sol, leur chemise blanche tachée de sang et de poussière. Elle réagit quelques secondes plus tard, courant vers les garçons en sortant sa baguette, prête à neutraliser Potter.

-Arrêter, tous les deux ! Hurla-t-elle en accourant, s'approchant de Draco pour le tirer loin du Gryffondor.

Le sorcier arrêta de porter ses coups à son ennemi et se releva en crachant du sang, sous l'œil désapprobateur de Pansy.

-Vous avez de la chance qu'aucun professeur n'était là ! Le directeur n'est plus là pour vous protéger, l'un comme l'autre.

Pansy tira Draco vers elle quand il voulut s'en prendre encore à Potter. Ce dernier se relevait avec difficulté, nettoyant ses lunettes avec un bout de sa chemise déchirée.

-Vous êtes que des idiots ! Continua de crier Pansy, surprise elle-même par sa véhémence. Incapable de parler sans en venir aux coups, non mais franchement ! Tous les mêmes ! Si vous voulez aider Granger, c'est pas en tentant d'éliminer l'autre. Alors stop, maintenant !

La jeune fille se fichait du regard meurtrier que lui lançait Draco. Elle détestait Granger et ne portait pas Potter dans son cœur, mais elle savait pertinemment que quoi qu'elle fasse, Draco n'aimerait que Granger. Et si la princesse des Serpentards ne revenait pas, alors Draco serait malheureux. Si Pansy devait jouer les médiatrices dans l'histoire, elle le ferait, même si elle devait payer le prix le plus élevé.

-J'ai prévenu Hermione que vous étiez ensemble, pour parler d'elle. Eh bien elle s'en fichait royalement ! Si vous vous tuez, elle hausserait des épaules. Donc, continuer dans cette voie n'est pas la solution. Collaborer où dîtes adieu à votre petite Granger.

-Tu as un plan ? Demanda Potter, à la plus grande surprise de Pansy.

-Je... enfin...

-Je n'écouterais plus ce petit con prétentieux, alors parles où je me débrouillerais seul pour aider Hermione, grinça Potter en la foudroyant du regard.

-Je suis le seul à pouvoir enlever le collier, crétin ! Siffla Draco.

Pansy se mit entre les deux garçons.

-Stop ! J'ai effectivement une idée, dit-elle en regardant le Gryffondor.

-Et depuis quand tu t'intéresses au sort de Mione ? Demanda Draco en l'agrippant par le bras. Depuis des années, vous êtes sans cesse en conflit, toutes les deux.

-Comme toi et Potter, rétorqua-t-elle en souriant, se délivrant de la poigne du sorcier. Les choses évoluent. Et j'ai été fouiller dans les affaires de ta copine.

Ouais, elle avait craché le dernier mot. Jalousie, quand tu nous tiens !

-Et ? La pressa Draco.

-Et mon plan consiste à la rapprocher de ses souvenirs d'enfance, débita la jeune fille en se tournant vers Potter. Draco doit lui montrer qu'Hermione l'aime toujours, pour que le collier ne fasse plus effet. Alors si elle se rappelle de son enfance, de ce qu'elle avait été avant de porter la serpentine...

-Je ne vois qu'un seul moyen, dit Potter en regardant fixement le Serpentard. Tu dois l'emmener chez elle. Elle doit retrouver son monde.

Pansy tourna la tête vers Draco en fronçant les sourcils, intriguée par le regard que se lançaient les garçons. Visiblement, ils en savaient plus qu'elle.


Hello tout le monde ! :)

C'est officiel, Pansy fait désormais partie de l'histoire et obtient un rôle important. Ce n'est pas la meilleure amie, mais bon... elle devient importante. Pour ce qui est de Weasley... non... toujours pas. ^^

Une certaine collaboration naît entre Harry et Draco, mais c'est très loin d'être stable. Ennemi un jour, ennemi toujours ! Du moment que Draco sauve Mione, après tout ! Hermione montre une petite vulnérabilité face aux doutes de Pansy sur les sentiments qu'elle porte à Dray. C'est peut-être bon signe !

La suite sera sur le plan d'Hermione à éliminer Ombrage. J'ai hâte ^^

Merci encore pour celles qui me lisent et à bientôt pour la suite !