CARPE DIEM
CINQUIÈME ANNÉE
TOME III
V
Un début de paix
Draco Malfoy était rarement heureux.
Dans sa famille, bonheur rimait avec faiblesse, et donc montrer un semblant de bien-être était mal vu. Seul sa mère pouvait montrer de la tendresse à Draco dans des rares moments, quand son père partait travailler au ministère. Ces moments se comptaient sur une main, mais jamais il n'avait tant chéri ces moments. Aussi, retrouver Hermione telle qu'elle devrait être lui réchauffa le cœur. C'est pourquoi il chérit ce moment de bonheur rare et pressa le pas en tirant presque sa petite amie.
Il ignorait pourquoi le pendentif n'avait pas brillé de noirceur quand elle lui avait demandé un baiser sous les feux d'artifice, mais Draco ne voulait pas gâcher ce moment à trouver une réponse. Il voulait simplement profiter de sa Mione, comme si enfin, la pierre ne l'ensorcelait plus.
-Moins vite ! S'agaça Hermione en le suivant, Draco tirant toujours sur la manche de la sorcière.
Il ignora son ton irrité et son changement d'humeur. Elle l'avait embrassé ! Le reste comptait pas.
-Je vais tomber ! Se plaignit-elle en trébuchant.
Draco tourna dans un couloir dépourvu de chandelle et fit volte-face, plaquant sa petite amie contre lui, s'appuyant sur un mur, dans un recoin où personne ne les verrait. Puis plaqua ses lèvres contre les siennes, enfouissant sa main dans les mèches caramel de Mione et lui maintenant le visage contre le sien, inspirant son effluve comme il respirait l'air.
D'abord inerte, les bras ballants, la jeune fille se détendit imperceptiblement quand Draco ouvrit la bouche et caressa de sa langue ses lèvres pulpeuses. Hermione poussa un soupir inconscient et ouvrit doucement la bouche, et Draco s'y engouffra avant d'entamer un ballet fiévreux, sans lui donner le moindre répit pour reprendre son souffle. Sa langue joua avec la sienne et il commença à explorer tout son être de ses mains et de ses lèvres.
Jamais Draco l'avouerait, mais avant de sortir officiellement avec sa meilleure amie, le jeune homme avait été trouver une fille pour l'embrasser. À cette époque, seul Blaise avait été mis dans la confidence, et Draco avait été persuadé que son acte n'avait été qu'expérimental. Pour être à la hauteur. Mais aujourd'hui, Draco regrettait son geste. Seul sa Mione aurait dû avoir le droit de le toucher et de l'embrasser.
S'il avait su, cinq ans plus tôt, que la fille qui l'observait dans la boutique Ollivander était celle qui dégèlerait son cœur... ! Il se souvenait de son regard, avant qu'elle se retourne et teste une énième baguette. Un regard dénué de peur, d'arrogance et de mépris. Il en était tombé amoureux au premier regard, sans qu'aucun des enfants ne le sache vraiment.
-Dray... souffla Hermione d'un timbre suave contre ses lèvres.
Ça ressemblait à une faible protestation. Il sentit même ses poings se plaquer contre son torse pour l'éloigner légèrement d'elle. Draco mordit sa lèvre inférieure et l'embrassa jusqu'à ce qu'elle arrête de le pousser, prenant en coupe sa joue. Il promena son autre main sur sa taille et sa hanche, la faisant réagir à ses caresses dans un frisson involontaire. Hermione lui marcha sur le pied et il recula la tête, gardant toutefois ses mains où elles étaient.
C'était agréable de la toucher, de ne rencontrer presque aucune résistance. Juste l'embrasser comme s'ils étaient deux gamins, sans futur incertain.
-Je n'arrivais plus à respirer, dit-elle quand il la regarda.
Les lèvres de Mione étaient rouges, son souffle irrégulier et ses iris dilatés. Une de ses mains tenta de dégager celle de Draco de sa hanche, mais le sorcier lui tapa dessus gentiment, lui volant un baiser par la même occasion.
Hermione le regarda d'un air faussement furieux, étirant un sourire espiègle.
-Que comptes-tu faire ? Pantela-t-elle avec scepticisme, fixant sa main sur sa hanche.
Il étira un sourire laxiste et se décolla du mur, retournant Hermione contre la paroi. Puis promena encore inlassablement sa main sur sa taille et sa hanche, commençant à passer les doigts sous son pull et sa chemise blanche. Dégageant ses derniers de sa jupe plissée, il posa délicatement la pulpe de ses doigts sur son ventre plat et sa taille, et fit des cercles lents. Les iris de la sorcière se dilatèrent plus encore et son souffle se coupa. Draco eut un sourire en coin, fier de son effet.
-Ne songe à rien, ma jolie Mione, murmura-t-il à son oreille. Ressens.
Draco caressait toujours son cou pendant que l'autre remontait lentement sur son corps, peau contre peau. Arrivé plus haut, il sentit la barrière de son soutien-gorge, puis plus haut encore, le haut de sa poitrine, nue. Draco ne fit que l'effleurer pour ne pas braquer sa petite amie et redescendit sur son ventre, y restant pour y dessiner des cercles, des lettres, des symboles.
Hermione le laissa faire sans l'arrêter, contractant le ventre à chaque effleurement et poussant quelques soupirs d'aise. Ses mains, longtemps restés recroquevillés sur le torse de Draco, mollirent au fur et à mesure des caresses sensuelles, et finit par les poser sur ses bras, serrant ses biceps contre elle. Draco se pencha quand elle l'attira à elle et il sentit sa poitrine se presser contre lui. Le sorcier déglutit mais inspira un coup pour rester maître de lui. Il plongea dans son cou et lui caressa ce dernier de sa bouche.
-Dray..., murmura-t-elle en chancelant presque, posant une main sur son épaule pour ne pas tomber.
Le sorcier parsema son cou de petit baiser puis commença à lui mordre la chair. Il ignorait pourquoi, mais il présentait qu'elle aimerait ça. Il eut sa réponse quand elle renversa la tête en arrière et crispa les mains sur sa chemise. Elle remonta ensuite une main vers son visage et l'attira à elle pour l'embrasser, fourrageant sa main dans sa crinière blonde et déstructurant sa coupe parfaite.
Draco sourit contre sa bouche et, confiant, laissa son ventre pour sortir sa main de son pull, l'orientant plus bas pour venir frôler sa cuisse. La jupe s'arrêtant au-dessus du genou, il accéda à la peau de sa petite amie facilement, et recommença à y dessiner des symboles, glissant son genou entre ses cuisses. Ses baisers furent encore plus ardents, lui mordant la lèvre et l'aspirant. Il posa ensuite sa main à l'arrière de sa cuisse et la souleva légèrement, plaquant son corps contre le sien, entre ses jambes.
...
Harry Potter vivait probablement sa pire année.
Depuis le mois de septembre, il faisait perpétuellement des rêves monstrueux et percevait des scènes qui se passaient réellement. Malgré le calvaire qu'il vivait, ces visions lui avaient permis de sauver le père de Ron à la période de Noël. Aujourd'hui, une vision avait encore surgi. Une vision insupportable où son parrain, Sirius Black – sa seule famille en dehors des Weasley – se faisait torturer par Voldemort en personne. Bien que le professeur Rogue lui ait enseigné la legilimancie, Tom Jedusor arrivait toujours à manipuler son esprit. Il avait donc conscience que c'était un piège pour l'attirer et le tuer.
Et alors ?! Il s'agissait de Sirius ! Il ne pouvait pas ignorer sa vision sous prétexte qu'il risquait de se faire tuer.
-Je dois absolument me rendre au ministère !
-Si je n'arrive pas à te convaincre de rester, je viens avec toi ! Répondit Ron avec colère en le suivant en courant dans les couloirs. Inutile de protester.
Harry n'en avait pas eu le temps, de toute manière. Son meilleur ami le suivait partout, ignorant le danger. Soit ! Il aurait peut-être besoin d'aide.
-Il faut utiliser le bureau d'Ombrage pour aller au ministère, cria Harry sans s'arrêter de courir.
Après s'être effondré dans la cour suite à sa vision, Ron et lui avaient filé comme des flèches dans le hall du château. Ron et lui martelèrent désormais le sol et s'engouffrèrent dans plusieurs couloirs avant d'atteindre les escaliers mouvants. À chaque mètre parcouru, Harry sentit son cœur cogner dans sa cage thoracique, la peur paralysant ses sens pour ne sentir que rage et colère.
Il fallait sauver Sirius.
À quelques mètres d'eux, alors qu'ils continuèrent leur course, Harry vit sortir d'un coin d'ombre deux adolescents en uniforme aux couleurs de la maison Serpentard. Même de loin, il les reconnut immédiatement et il accéléra sa course.
-Hermione ! Cria-t-il en s'approchant.
Le couple semblait sortir d'une dispute, puisque la jeune fille arborait une moue colérique et le blond un air irrité. Seulement, la tenue d'Hermione était débraillée et la chemise de Malfoy complètement froissée. Nul doute qu'ils sortaient d'un moment très intime.
-Tout va bien ? Cria Harry en s'inquiétant pour son amie, fusillant Malfoy du regard. Qu'est-ce que tu lui as fait ? Cracha-t-il en bousculant le blond.
Les deux ennemis se fusillèrent du regard, torse contre torse. Le Gryffondor remarqua alors que le blond mesurait au moins dix centimètres de plus que lui. Cela ne le déstabilisa pas. Sa vision le rendait téméraire.
-Du calme, Potter, répondit Malfoy d'un air sombre. Dégage de là.
-Il t'as touché ? Insista Harry en fixant Hermione.
La sorcière rougit furieusement, baissant les yeux sur ses chaussures. Derrière eux, Ron exulta, amusé par la scène qui se jouais.
-Ce n'est pas ce que tu crois, dit-elle en serrant les dents. Draco est juste un idiot, quelques fois.
En l'observant, Harry découvrit une marque rouge sur la joue du blond. Une marque de main bien visible. Visiblement, le Serpentard avait été remis à sa place.
-On n'a pas le temps, cracha Ron en bousculant les deux Serpentards pour se tourner vers Harry. Faut y aller !
Le Gryffondor regarda une dernière fois son amie, s'assurant que sa situation avec Malfoy était maîtrisée, puis suivit Ron dans le couloir. Mais à peine eut-il fait un pas que la sorcière lui attrapa le bras.
-Tu n'avais pas l'air bien, tout à l'heure, dit-elle.
-Et tu t'inquiètes que maintenant ?! Vociféra Ron, plus loin dans le couloir.
Harry calma le jeu, mais Malfoy réagit autrement, marchant droit sur Ron.
-Parle-lui encore comme ça, et je te tue ! Menaça-t-il le plus sérieusement du monde en pointant un doigt sur son torse.
-Assez ! Gronda Harry. On y va, Ron.
Son ami braqua un regard menaçant sur Malfoy avant de tourner les talons. Harry du lui tirer le bras pour qu'il ne finisse pas par voler dans les plumes du Serpentard.
...
-Il faut les suivre, déclara Hermione le plus sérieusement du monde quand les Gryffondors disparurent. Il a l'air de se passer quelque chose de grave.
Draco éclata de rire mais se calma très vite en croisant son regard furibond. Il se renfrogna mais la dévisagea comme si elle était folle.
Qu'elle était sexy avec ses boucles ébouriffées et ses lèvres rouges !
-Tu veux peut-être une autre gifle ? S'exclama-t-elle en désignant sa joue qui ne portait pas encore de marque rouge.
Le sorcier fit la moue et soupira. OK, il avait bien mérité la gifle. Hermione n'avait plus été à l'aise quand il avait posé sa main sur sa cuise, et comme elle lui avait dit, le fait qu'il ne retire pas sa main immédiatement l'avait énervé. Et donc... ça avait fait mal.
-Très bien, on fait comme tu veux, dit-il en la suivant d'un pas tranquille dans le couloir.
Il mit les mains dans ses poches et coula un regard vers les fesses de la jeune fille. Elle se retourna, furieuse.
-Quoi ? J'ai encore rien fait ! Jura-t-il en rougissant furieusement.
Si elle apprenait qu'il matait ses fesses, elle le castrerait immédiatement.
Par Merlin, qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Sa mère lui avait parlé des hormones, mais tout de même ! C'était un Malfoy ! Où était passé son élégance et son calme ?!
Hermione s'approcha de lui et le tira vers elle par la cravate. Il se laissa faire avec plaisir.
-On doit les rattraper, pas entamer une promenade de santé ! Hurla-t-elle.
Son pendentif, qui s'était mis à luire quand elle l'avait giflé, scintilla plus encore, ce qui fit réagir Draco et le calma, lui et ses ardeurs. Il la suivit sans discuter.
...
Hermione et Draco entrèrent dans le bureau de Dolores Ombrage quelques minutes après Harry et le rouquin. Ces derniers se relevèrent de la cheminée d'un seul mouvement, en alerte.
-Tu vas me dire ce qui se passe où je torture Weasley pour le savoir ?! S'impatienta Hermione en croisant les bras sur sa poitrine, se postant à quelques mètres d'eux.
Draco referma la porte en s'assurant que personne ne montait les escaliers. Il rejoignit sa petite amie tout en lissant sa chemise et resserrant le nœud de sa cravate verte et argent.
-Essaye pour voir ! Répondit le rouquin d'un ton acerbe.
Weasley remonta les manches de son pull, contractant les muscles de ses bras. Draco ricana et sortit sa baguette d'un geste innocent, la tapotant sur le bureau dans un rythme soutenu. Le message était clair.
-Toi, on t'as pas sonné, répliqua Draco.
Le Gryffondor éructa, faisant un pas en avant.
-Foutez le camp, bande de serpent ! Cria Weasley.
-Quelle spiritualité ! S'esclaffa Draco.
L'un furieux, l'autre amusé, les deux garçons se rapprochèrent dangereusement de l'affrontement. Hermione les laissa parler, ennuyé. Potter, quand à lui, tenta de faire reculer son ami mais sans succès.
-Va donc embrasser un détraqueur ! Aboya Weasley.
-Va donc baiser un centaure ! Riposta Draco d'une voix glacial.
-Dray ! Hurla Hermione, scandalisé par ses propos.
Draco pinça les lèvres mais continua de fixer le rouquin, menaçant. Il se retenait de justesse pour lancer un sort. Il pensait même qu'à cet instant, il détestait plus encore Weasley que Potter.
-Pourquoi tu as besoin de la poudre de cheminette ? Continua Hermione en se concentrant sur Harry, se tournant vers lui et lui parlant comme à un bon ami.
Au temps pour lui; Draco haïssait Saint Potter plus que le traître à son sang. Qu'il touche à Mione et Potter était mort.
Beurk ! Ça puait la testostérone, par ici !
-Sirius est en danger, répondit le brun en jetant un coup d'œil sur Draco, méfiant. Tu sais peut-être quelque chose, toi !
Son ton accusateur lui déplu fortement.
-Pourquoi serais-je au courant ? Black n'a plus rien à voir avec ma famille.
-Je te parle de Voldemort, cracha le Gryffondor.
-Prend gardes, rétorqua Draco. Je suis plus doué que toi pour lancer des sorts.
-Quand on a un papa mangemort, rien d'étonnant, marmonna Weasley dans sa barbe.
Hermione tourna violemment la tête vers lui. Draco ignora le sorcier.
-Tu comptes affronter le mage noir tout seul ? S'amusa-t-il en détaillant son ennemi. Ne compte pas sur Weasley, il est trop trouillard pour seulement affronter le regard du mage noir.
-Tu es plus lâche que moi, cingla le rouquin.
-La ferme, la défendit Hermione. Ne nous parle pas, toi. Tu comptes vraiment combattre Voldemort ? Demanda-t-elle ensuite à Harry. Tu vas perdre. Je sais que tu es un puissant sorcier, Harry, mais... même Dumbledore le craint, alors...
-Je n'ai pas le choix, soupira Potter.
-Alors je viens, décida-t-elle avec détermination.
-Non ! Cria le brun.
-Putain ! Ragea Weasley.
-Quoi... !? Hurla Draco.
À cet instant, la porte du bureau s'ouvrit brusquement et les quatre sorciers découvrirent avec horreur Dolores Ombrage, couverte de traces noires dû aux fusées des frères Weasley. Elle referma la porte derrière elle et sortit sa baguette, l'air déterminé. La folie hantait son regard.
-Vous allez avoir de gros ennuis, commença-t-elle en s'avançant doucement, le regard fou. Venant de vous, Potter, ça ne me choque pas que vous tentiez de retrouver Dumbledore, mais vous deux... ! J'en attendais mieux de la pars des Serpentards.
-Il ne s'agit pas de Dumbledore ! Cria Potter.
-Mensonge ! Vociféra Ombrage en pointant sa baguette sur lui. Où est-il ? Où ce cache ce lâche ?
-Il est loin d'être lâche, cracha Harry.
-Alors où est-il ? Pourquoi fuir l'école ? Potter, je ne le demanderais qu'une seule fois: où est Dumbledore ?
Personne ne répondit à sa question, muet et obnubilé par la baguette de la femme. Ombrage haïssait tous les élèves de Poudlard et l'avait déjà montré en torturant Mione et plusieurs autres élèves, même de Serpentard. Elle pouvait donc, sans vergogne, les anéantir ici, tout de suite, d'un simple sort. Elle en était capable et Draco jugeait qu'elle n'aurait aucun remords à le faire.
-Si aucun de vous ne parle, vous ne me laisserez pas le choix.
Draco se tendit, craignant que la femme perde patience d'une minute à l'autre, et il attrapa lentement la taille de sa petite amie pour l'attirer à lui, la protégeant en l'enlaçant, sa baguette en main, prêt pour se défendre.
Ombrage sourit d'une manière terrifiante, mélange de désolation et d'excitation.
-Le sortilège doloris devrait sans doute vous faire parler, tous les quatre.
Les élèves blêmirent. Draco recula imperceptiblement et souffla à l'oreille d'Hermione, la prévenant du danger.
-Vous n'avez pas le droit, souffla Hermione en tremblant, regardant Ombrage avec stupeur.
Le sorcier hésitait à agir. Parviendrait-il à désarmer la femme avant qu'elle blesse quelqu'un ? Il ne voulait pas que la jeune fille prenne le moindre risque.
Étonnamment, Hermione semblait avoir oublié ses répliques cinglantes envers Ombrage. Baissant les yeux, il sut pourquoi, quand il vit l'absence totale d'animation dans le pendentif. Pourquoi n'agissait-il pas quand il le fallait !?
-Personne ne pourra s'interposer ici...
Ombrage braqua sa baguette sur Potter. Hermione paniqua dans les bras de Draco et hurla.
-Attendez ! Je vais parler, balbutia-t-elle, les larmes aux yeux.
Les trois garçons la regardèrent, étonnés. Savait-elle où se trouvait le directeur ?
-La forêt interdite, dit-elle en reniflant. Il faut aller dans la forêt.
Ombrage la regarda d'un air victorieux. Draco coula un regard à Potter et le dévisagea: le brun hocha une fois de la tête et Draco comprit le message. Il lâcha sa petite amie, restant vigilant.
...
Personne ne connaissait le plan d'Hermione.
En vérité, la jeune fille ne le savait pas elle-même. Elle improvisait à mesure que ses pas l'entraînaient au fond de la forêt obscure. Et finalement, leur marche s'arrêta à l'instant où, levant les yeux, ils découvrirent un troupeau de centaure, les observant avec hostilité.
Harry se figea, ne les lâchant pas du regard. Hermione prit la main de Draco, tétanisé. Weasley resta près d'Harry, tremblant.
-Vous n'avez rien à faire ici ! Cria Ombrage en reculant derrière les adolescents. Cette affaire concerne le ministère !
Un des centaures fit quelques pas et tira de son dos une flèche. Il arma son arc et visa Dolores Ombrage, toujours caché derrière les élèves.
-Tu avais prévu ça ? Marmonna Draco à son oreille, tendu à l'extrême.
-Je n'avais rien prévu, dit-elle en souriant.
Son pendentif venait de s'activer. Elle inspira un grand cou et se tourna vers Barbie, amusé.
-Même sans baguette, je vous battrai toujours, ricana-t-elle. Les créatures de la forêt ont en horreur le ministère, qui s'évertue chaque année à les entraver encore et toujours. Ils sont vos ennemis. Vous êtes mal barré, finit-elle en souriant malicieusement.
Hermione sentit Draco se figer quand une flèche la frôla près d'elle. Ombrage contra l'attaque et jeta un sortilège au responsable. Le centaure hurla et s'effondra, entravé par des cordes.
-Tu vas connaître le même sort ! Exulta la femme en pointant ensuite sa baguette sur la jeune sorcière.
Hermione la regarda d'un air menaçant, peu effrayé par ses menaces. Elle sentit une force l'envelopper, l'électriser. Ses sens décuplèrent et une nouvelle énergie la galvanisa. Tout autour d'elle, l'air semblait se figer, et un froid glacial tomba dans la forêt.
Sa pierre luisait de volutes sombres, ce qui fit reculer Draco. Ce dernier la regardait avec inquiétude, fixant ses yeux puis son cou.
-Ton regard... murmura-t-il d'un ton hagard. Ton visage... Oh Mione... où es-tu ?
La jeune fille l'ignora et se concentra sur Ombrage, qui la dévisageait avec horreur. Tout le monde la regardait avec horreur. Même les centaures hésitèrent à avancer.
-Mais que ce passe-t-il ? Paniqua Ombrage en s'adressant à Harry. Quel maléfice est responsable ?
Les centaures reprirent leurs esprits. Hermione les regarda et ces derniers s'avancèrent lentement. Quelques-uns se détachèrent du troupeau et encerclèrent Ombrage. Le chef – semble-t-il – s'approcha de la jeune fille pendant que les autres s'emparèrent de la femme, qui hurla et les menaça.
-Potter ! Dîtes leur que je travaille pour le ministère, et qu'ils doivent me relâcher.
-Les centaures condamne la restriction des terres par le ministère. Je suis désolé, professeur, mais je ne peux rien faire, répondit Harry en s'écartant des créatures.
Le chef du troupeau continua d'avancer vers Hermione, et Draco voulu s'interposer. Mais le centaure resta à bonne distance et ne fit que l'observer, pensif.
-Tu es celle dont les astres parlent, dit le centaure d'une voix grave, tonitruante. «Quand la fille d'Eve portera le glaive, de ses yeux noirs, prendra la relève, de l'étoile noire».
-L'étoile noire ? Souffla Draco. Que veux dire ce charabia ?
Le centaure se redressa en silence et partit, ignorant les interrogations de Draco et la mine stupéfaite d'Harry et Weasley. La jeune fille se contenta de regarder Ombrage se faire traîner par les créatures et disparaître dans le brouillard.
...
-Harry, il faut se dépêcher !
Les quatre élèves semblèrent enfin se réveiller, et Draco se tourna rapidement vers Hermione, toujours enfermé dans une espèce de transe.
Plus tôt, son collier avait émis des vibrations inquiétantes et les yeux de la sorcière avaient littéralement noirci. Son visage, quand à lui, avait commencé à blanchir et faire apparaître des veines noires. Ses cheveux s'étaient soulevé et le mal qu'avait lu Draco dans son regard l'avait cloué sur place. Il était urgent d'enlever le pendentif de son cou, et le sorcier se jurait de le faire ce soir même.
-Que ce passe-t-il avec Hermione ? S'inquiéta Potter, tout en regardant Weasley, visiblement pris entre deux eaux.
Draco se rappela que le Gryffondor devait aller sauver Black du maître.
-J'en sais pas plus que toi, Potter ! Cracha le sorcier. Je m'en occupe, toi, va donc te faire massacrer par le mage noir.
-Espèce d'enculé ! Ragea Weasley.
-Allez-vous-en ! Hurla Draco. Je suis le seul à pouvoir aider Mione.
Cette dernière cligna des yeux, comme si elle reconnaît son nom, puis tourna la tête vers les trois garçons. Ses yeux avaient repris leur couleur initiale et sa peau venait de reprendre des couleurs.
-Entoures-toi d'amis, murmura-t-elle à Potter. Tu en auras besoin.
Potter trépigna sur les feuilles, mais Weasley décida à sa place et l'agrippa violemment par le bras. Après un dernier regard fou d'inquiétude, Potter et Weasley disparurent et laissèrent Draco, seul avec une fille qu'il reconnaissait à peine.
-Mione ? Appela-t-il en retenant son attention.
Sa petite amie tourna lentement la tête vers lui, comme s'il l'ennuyait, et lui sourit. Un sourire mauvais dessina ses lèvres et Draco déglutit, choisissant une autre approche.
-Hermione... tu ne veux pas sortir de cette forêt ? Il fait froid et on n'a pas nos baguettes. Tu rentres avec moi ? On se posera sur un des canapés et on allumera la cheminée.
Il parlait doucement, comme pour amadouer un animal sauvage. Seulement, Hermione ne semblait pas du tout sensible à ses paroles. Elle continuait de l'observer sans mot dire, ce qui s'avérait extrêmement perturbant.
-Ombrage est entre les mains des centaures. Elle ne pourra plus contrôler l'école. Tu peux te calmer, maintenant, d'accord ?
Le sorcier lui parla tout en marchant prudemment, tournant autour d'elle pour se rapprocher lentement, les mains en évidence. Il ne voulait pas l'énerver.
-Je sais que tu voulais la tuer, tout à l'heure. Tu l'aurais fait, n'est-ce pas ? Hermione... ce n'est pas toi qui voulais ça. La fille de tout à l'heure, cette chose en toi, ce n'était pas réelle. Tu peux la combattre, tu le sais. Tu me l'as prouvé tout à l'heure, quand tu m'as demandé de t'embrasser. Tu t'en rappelles ?
Hermione réagit imperceptiblement, bougeant d'un millimètre la tête. Draco se rapprocha, confiant.
-N'écoute pas la chose en toi, souffla-t-il. N'écoute pas cette énergie qui te fait croire que tu es plus puissante avec. C'est faux. Tu peux l'être sans elle. Écoutes seulement ton cœur, Mione, je t'en prie. Tu aimes quand je te touche, que je t'embrasse. S'il te plaît, aime mon touché à cette chose. Soit plus forte qu'elle.
Le jeune homme s'arrêta à quelques centimètres d'elle, plongeant dans ses yeux et lui montrant toute sa sincérité. Hermione leva les yeux sur lui, entrouvrit les lèvres et fronça les sourcils. Draco essaya encore.
-Tu te rappelles ce que t'avais dit Ollivander quand tu as trouvé ta baguette ?
S'il n'arrivait pas à l'émouvoir, peut-être que leur enfance l'aiderait.
-Non, murmura-t-elle.
-Il disait que ce n'était pas un hasard, pour que la baguette en ventricule de dragon te soit destiné. Seuls les puissants sorciers la méritaient. La baguette t'a choisi bien avant que le pendentif te possède. Tu étais déjà destiné à de grands pouvoirs... mais pas de cette façon. Tu es doué naturellement, tu n'as pas besoin d'aide.
-Tu... tu t'en souviens ? Balbutia-t-elle en le regardant, surprise.
Draco étira un petit sourire. Elle était sensible aux souvenirs.
-Je me souviens de tout, te concernant, assura-t-il en la rejoignant, se plaçant devant elle, la dominant de son mètre quatre vingt. De tous les moments qu'on a passés ensemble, de toutes nos vacances, de tous nos jeux, avec Blaise. Le patin à glace, les cabanes dans les chambres, les duels, les réveillons de Noël, tes cadeaux, tes attentions, tes sourires, tes regards, tes caresses... le jour où j'ai découvert tes origines moldus, qui n'a fait que renforcer mes sentiments pour toi, qui m'a fait grandir et fait découvrir un autre monde. Du jour où je t'ai trouvé dans le dernier wagon, perdue dans tes pensées, et que lorsque je me suis assis, tu m'as regardé comme si nous étions déjà les meilleurs amis. Quand j'ai entendu le choixpeau crier Serpentard et que tu as rejoint ma maison, de la joie que j'ai ressentie mais cachée car je n'étais encore qu'un sale môme. Du bal de quatrième année, quand je me suis saoulé pour la première fois, parce que te voir danser avec Krum me rendait malade. De toutes les fois où Blaise me sermonnait parce que je refusais d'avouer mes sentiments. De toutes les fois où tu m'encourageais au Quidditch, et qui me rendaient euphorique, me faisant sourire comme un débile. De notre premier baiser...
Draco pouvait continuer inlassablement, énumérant tous les souvenirs qui lui revenaient en tête, mais déjà, il sentit la victoire le gagner. Hermione le regardait les larmes aux yeux.
-Je t'en prie, Mione, murmura-t-il en rapprochant son visage, posant sa main sur sa joue. Reviens-moi.
Il plaqua ses lèvres contre les siennes et la serra étroitement dans ses bras, la possédant avec passion. La jeune fille inspira profondément contre ses lèvres et ouvrit la bouche, le laissant l'aimer. Draco sentit quelques larmes sur ses propres joues mais les ignora, prolongeant le baiser en reculant contre un arbre. S'y adossant, il se baissa légèrement et vint écarter de son genou les jambes d'Hermione. Puis il la souleva du sol sans se détacher de sa bouche et la fit chevaucher sa jambe, reposant son corps contre le sien, sa jambe pour seul maintien. Hermione expira brutalement, gémissant contre ses lèvres. Le sorcier la serra plus encore contre lui.
-C'est ça, Mione, laisses-toi aller, susurra-t-il.
Draco butina ses lèvres en adorant ses formes, de la taille aux hanches. Hermione se laissa conquérir et baissa sa garde, entourant son cou de ses bras et aspirant ses lèvres de sa bouche. Draco gémit en retour, galvaniser par les sensations qu'elle lui faisait ressentir, mais n'oublie pas son objectif.
Draco posa une main sur son cou, la caressant pour la séduire, l'autre sur sa taille, voguant plus vers le sud, et sa petite amie ouvrit la bouche en réponse, comme pour l'aspirer tout entier, et approfondit le baisser, en prenant le contrôle et explorant son palais et ses dents. Le garçon la laissa mener la danse et déplaça sa main pour venir glisser plus bas, où la pierre reposait, entre sa carotide et la naissance de sa poitrine. Puis posa les doigts sur la chaîne et tira d'un coup sec.
Le collier se brisa dans sa main et Draco ouvrit grand les yeux, stupéfait et heureux. Hermione ne parut pas s'en rendre compte et continua de l'embrasser et de promener ses mains sur son torse.
Hey mes lecteurs adorés !
J'ai cru comprendre que le Dramione vous manquez... et bien c'était aussi mon cas. Donc voici mon cadeau ^^ Ce n'est pas encore le lemon, mais ça approche, je préfère prévenir ! Ah et qui souhaite le retour de Blaise ? Je dois savoir...
La petite énigme du centaure... je suis curieuse de ce que vous en pensez. Maintenant que l'histoire du collier est presque terminée (quelques mystères encore) il faut bien trouver d'autres complications ^^ L'étoile noire, c'est qui à votre avis ? Attention, piège.
Merci à Lyly Ford, Nedwige Stew, Swangranger, Booksheeran, Laurine21, et Maraille pour vos avis, comme toujours ^^ Et à ceux qui restent dans l'ombre mais qui me lisent, merci à vous aussi ^^
Maraille: Heureuse d'avoir eu ton avis si précieux :) Tu ne dois pas t'inquiéter pour Ronald et tu auras une explication à son sujet par notre sage Dumbledore. Merci encore pour ton avis !
