CARPE DIEM
CINQUIÈME ANNÉE
TOME III
VI
Retour à la normale
Draco serra dans sa main la pierre maléfique puis la jeta au sol, dans un silence spectral. D'un mouvement sec et précis, il écrasa le pendentif de son pied et l'enfonça dans la terre molle. Il entendit la pierre grésiller avant de se taire à jamais. Draco écarta son visage d'Hermione et renversa la tête en arrière, se cognant contre l'arbre. Sonné, il ne pensa plus à rien, si ce n'est à la délivrance.
-Mais... que... qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Hermione en clignant des yeux, regardant tout autour d'elle comme si elle venait de sortir d'un rêve.
Le jeune homme baissa les yeux sur elle et lui écarta une boucle du visage, l'air apaisé. Le regard de la jeune fille avait changé; il était redevenu insouciant et emplit de bonté, à l'exact opposé du regard fourbe et maléfique qu'elle avait porté depuis deux ans.
Deux putains d'années, où Draco avait réellement compris le problème que tardivement. S'il avait su, il lui aurait arraché dès le premier jour, quand il l'avait remarqué à la rentrée de quatrième année.
-Où sont passés Harry et Dolores Ombrage ? Continua-t-elle avant de hoqueter, regardant fixement Draco.
Rougissant, elle s'écarta de lui comme s'il avait la peste en faisant un bond en arrière. Elle remit sa jupe et son pull en place, l'interrogeant du regard. Pour une fois, elle n'était pas en colère contre lui, simplement gênée.
-Les centaures s'occupent du sort de la garce et Potter est parti avec l'abruti pour sauver Black, expliqua le sorcier d'un ton monocorde, comme si cela l'ennuyait. Tu ne te rappelles pas ?
-Attends... quoi ? Balbutia-t-elle, écarquillant les yeux de stupeur. Mais... mais on était en train de marcher et... et... pourquoi on se retrouve seuls, à présent ?
-Visiblement, la puissante énergie du pendentif t'a rendu amnésique, sur les derniers instants.
Hermione retint son souffle et posa instinctivement une main sur la base de cou. Rencontrant seulement sa peau, la jeune fille se mit à trembler, se recroquevillant sur elle-même. Draco l'attira à elle et l'enlaça, posant son menton sur sa tête.
-Calmes-toi, tout va bien, promis-t-il en caressant son dos pour l'apaiser. C'est terminée.
Hermione s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage et éclata en sanglots, enfonçant son visage dans son cou. Le sorcier la berça le temps qu'elle pleura.
-Oh mon Dieu ! Murmura-t-elle après cinq minutes de souffrance. Draco... !
Le jeune homme posa les yeux sur elle, essuyant ses larmes.
-Oh seigneur ! Cria-t-elle. Harry est en danger ! Je dois... !
La sorcière s'agita dans les bras de Draco et il sourit malgré lui: son amie était bien de retour.
-Pourquoi tu souris ? S'exclama Hermione, les yeux ahuris. Il faut qu'on aille le rejoindre ! Les visions d'Harry... c'est probablement un piège. Il faut vite... !
-Non, Hermione, tonna Draco d'un ton implacable.
Elle se figea, le regardant sans comprendre. Elle eut un mouvement de recul mais il la rattrapa.
-Je sais que tu veux aider ton ami, dit-il en crachant le dernier mot. Mais tu ne peux rien faire. J'ignore ce qu'il en est de tes souvenirs, de ses deux dernières années, mais souviens-toi que je suis lié au maître, et que notre présence aux côtés de Potter nous sera fatale. Il nous tuera, Hermione, tu comprends ? Et s'il ne le fait pas, le ministère s'en chargera, quand ils comprendront notre lien avec le maître. Alors il est hors de question que je te laisse te mettre en danger, c'est clair ?! Potter a toujours su se débrouiller.
-Mais j'étais toujours là ! Répondit-elle d'une petite voix. Toi aussi. Harry a besoin de ses amis pour...
-Ne le crois pas plus stupide qu'il ne l'es déjà: Potter est parti avec toute sa bande d'apprentis guerriers.
Hermione semblait rassurée, soupirant.
-Et... qu'en est-il du collier de Dumbledore ?
-Il est détruit, tonna-t-il en désignant le sol. Et laisse-moi te dire que le jour où le directeur revient à Poudlard, je lui dirais deux mots, au sujet des prises de risque. Qu'il fasse joujou avec Potter, mais toi, il ne t'utilisera plus !
-C'était parti d'une bonne intention, assura-t-elle.
-Tu parles ! La magie du collier t'a complètement désinhibé, te dépouillant de ton âme. Mais ça n'arrivera plus. J'y veillerai.
...
Ils étaient en train de remonter le sentier menant au château, main dans la main, quand Pansy Parkinson surgit de nul par, essoufflée par sa course.
-J'ai croisé Potter et sa clique, et ils m'ont dit où vous étiez, dit-elle pour répondre au regard étonné de Draco. Bon sang, c'est quoi cette histoire avec Ombrage ?
-Cette garce voulait user d'un sort impardonnable sur nous, répondit Draco. Mais Hermione a eu une idée de génie en la guidant dans la forêt. Les centaures s'occupent de son cas.
-Ils ne vont pas la tuer, quand même ? S'exclama Hermione. Il faut prévenir un professeur pour...
Les deux autres la regardèrent avec des yeux écarquillés. Elle se renfrogna en croisant les bras.
-Tu étais la première à vouloir sa mort, marmonna Pansy d'un ton sceptique, avant de remarquer l'absence du pendentif. Merde ! Draco, tu as réussi !
-Grâce à toi, dit-il en hochant de la tête, prenant Hermione par la taille pour l'enlacer brièvement. Mione est de retour.
Son sourire ravageur fit rougir Hermione, mais Pansy les regarda en renâclant, levant les yeux au ciel.
-Ne lui en veux pas, mais Pansy a fouillé dans tes affaires à ma demande, et a trouvé beaucoup de souvenir de chez toi. On a eu l'idée que te faire rappeler notre enfance t'aiderait.
-Ouais, apparemment les lettres adressées à tes parents ne parlent que de Draco, marmonna Pansy.
-Tu as lus les lettres ? S'écria Hermione.
-Pas celle de Potter et Krum, détends-toi, dit Pansy.
-Même si j'en crevais d'envie, admis le sorcier en regardant Mione. Désolé... mais il fallait absolument que je t'arrache le collier. Tu devenais incontrôlable.
-Je m'en rendais pas compte, lâcha-t-elle d'une voix triste. Je crois... que je savais que c'était mal, mais que je m'en fichais. Ça me rend triste, parce que je n'éprouvais pas de remords. J'ai été une amie horrible.
-C'est du passé, assura Draco d'un geste de la main. Mais je vais quand même dire deux mots à Dumbledore.
-OK, Hermione est de retour, dit Pansy en frappant dans ses mains. Qui veut la seconde bonne nouvelle ?
Hermione et Draco se regardèrent sans comprendre.
-Les mangemorts ont pris d'assaut le ministère, sourit Pansy.
-En quoi c'est une bonne nouvelle !? Cria Hermione, choquée.
-Bah...
-Franchement, soyez honnête, tous les deux: l'un de vous est fier d'être mangemort ? De servir un homme qui dit que les sang purs sont supérieurs alors qu'il ne l'es pas lui-même !? C'est un hypocrite qui tuerait tous ses sous-fifres à la moindre occasion. Vous n'avez aucune valeur. Et franchement, qui rêve d'un monde sans lumière ?! Vous ne préférez pas sortir dans la rue sans connaître la peur ? Les mangemorts tus pleins de familles, mais sont les premiers à pleurer si on s'en prends à leurs enfants. Bah qu'ils se mettent à la place de l'autre camp ! Peu suivent Voldemort, alors il serait facile de l'arrêter. Mais pour ça, il faut que les nouvelles générations pensent par elle-même, déjà. Alors... vous êtes fier de porter la marque des ténèbres, vraiment ?
Draco regardait sa petite amie sans dire un mot, raide comme la mort. La seule pensée qui l'assaillis fut si quelqu'un d'autre avait entendu les paroles révolutionnaires de la jeune fille. Pansy, elle, la dévisageait ouvertement, plissant les yeux. Draco reconnu son air sceptique.
-Tu es du camp de Potter, accusa-t-elle avec véhémence.
-Je suis surtout de sang moldu, alors je protège d'abord mon monde.
-Putain, Mione ! Hurla Draco en lui agrippant le bras violemment. Es-tu devenue suicidaire ? Ce n'est pas une information à dire à l'ennemi, merde !
-L'ennemie t'emmerde, Malfoy ! Psalmodia Pansy en rugissant de rage, les poings sur les hanches. Et tu étais au courant ? Elle est... merde, c'est une sang-de-bourbe, vraiment ?!
Pansy détailla Hermione de la tête en pied en faisant la moue, l'air dégoûté. Draco se mit entre les deux filles et poussa Pansy loin d'eux, dans un rictus glaçant. La brune répliqua en sortant sa baguette, pointant son torse. Elle semblait déterminé à neutraliser le jeune homme.
C'est Hermione qui calma le jeu en se glissant devant son petit ami, les mains mis en évidence, dans un geste apaisant.
-Je sais ce que tu penses, cingla la jeune fille en fixant Pansy. Mais réfléchie bien, Pansy; si tu dis que Draco est un traître, Voldemort le tortura durant des jours avant de le tuer. Tu es son amie, tu ne peux pas le vendre comme ça.
La brune baissa légèrement sa baguette, hésitante. Ses yeux papillonnaient de Draco à Hermione.
-Mais tu es une sang-de-bourbe ! Récria Pansy en reprenant ses esprits, dirigeant désormais son arme sur la sorcière. Comment peux-tu savoir cela et l'aimer, Malfoy ? Et toi, comment tu as pu tromper notre maison ?! Aucun sang-de-bourbe n'a été admis à Serpentard !
-Il n'est jamais trop tard pour évoluer, répondit Draco en haussant des épaules. Hermione est peut-être née moldu, mais elle est déjà la meilleure sorcière depuis de nombreuses décennies. Nos origines ne veulent rien dire. Seuls nos actes comptent.
Mince, il sortait ça d'où ?! Hermione se dévissa le cou pour le dévisager, l'air de penser la même chose que lui. Oh, ça va, hein !
-Seuls les sangs purs devraient...
-Change de disque, Pansy, c'est dépassé, la coupa Draco en perdant patience. Écoutes, soit tu nous tues tous les deux tout de suite, soit tu la fermes et tu fais comme si porter la marque des ténèbres, c'est génial, même si on pense tous le contraire.
-Des espions... souffla-t-elle, sidéré. Vous êtes entrés dans les rangs à la demande de Dumbledore ?!
-Tu crois que le jour où Blaise fut tué, Draco et moi rêvions de baiser les pieds de Voldemort ? Sérieusement, je croyais qu'il avait été aussi ton ami ! Comment peux-tu juste être fier de servir ce monstre quand c'est de sa main que notre ami n'est plus là !? Tu bafoues sa mémoire !
Pansy entrouvrir les lèvres, sans qu'aucun son s'en échappent. Des larmes perlèrent sur ses joues et elle les essuya rapidement en reniflant, baissant de plus en plus sa baguette. Hermione décroisa les bras et s'approcha d'elle, ayant elle aussi les larmes aux yeux. Draco fit un pas pour l'en dissuader mais elle l'arrêta. Il se renfrogna et baissa la tête.
-Blaise me manques affreusement, bredouilla Hermione en regardant Pansy. Et la nuit où il a été tué... Draco a été obligé de se soumettre pour porter la marque. Pour Blaise et pour moi. Aucun de nous pense et partage l'idéologie de Voldemort. Et je sais qu'au fond de toi Pansy, tu ne partages pas non plus son envie de pouvoir. C'est normal de l'avoir cru, puisque tu as été élevé dans ce but. Mais tu as l'âge de penser par toi-même. Alors réfléchis: qui sont les plus importants, entre Voldemort et tes amis ? Draco a déjà choisi. J'ai choisi. Il ne reste plus que toi.
Hermione posa une main sur l'épaule de la jeune fille et la pressa, lui servant un sourire compatissant. Puis elle tendit une main en arrière et Draco y posa sa main. Ils partirent en laissant Pansy dans ses tourments.
...
La nuit fut agitée, pour Hermione. Elle tourna et se retourna dans son lit durant des heures, la sueur perlant son visage. Elle n'arrivait pas à trouver la paix, hanter par ses démons.
Elle se trouvait dans le cimetière, seule. Le brouillard venait lécher ses jambes et la nuit dévoilait ses plus obscures ombres, à travers les tombes. Hermione ne pouvait pas bouger ses pieds, cloués au sol par des mains invisibles.
La panique et la claustrophobie la submergèrent d'un coup, au même instant qu'une ombre surgit devant elle, drapée de noire. Voldemort se tenait devant elle, ses yeux rubis la regardant avec sadisme. Elle cria mais aucun son ne passa ses lèvres. Paralysé, elle vit le mage noir lever sa baguette et réciter le sortilège funeste.
-Non !
Une voix fantomatique transperça le brouillard, enveloppant Hermione de la tête aux pieds. La sorcière rouvrit les yeux de stupeur, découvrant à la place de Voldemort un ami cher à son cœur.
-Ne baisse jamais les bras ! Hurla Blaise comme si elle se trouvait à des kilomètres de lui. Tu es plus forte que lui !
-Blaise ! Cria-t-elle à son tour, s'avançant précipitamment vers lui en tendant la main.
Elle rencontra seulement le vide, puis le visage de Blaise se brouilla.
-Non, attends ! S'affola-t-elle. Je t'en prie, ne m'abandonnes pas ! Blaise !
-Ne baisse pas les bras ! Hurla encore la voix de Blaise, quelques pars loin derrière elle. Tu es plus forte que lui !
La voix s'éteignait peu à peu, et Hermione s'époumona contre le vent, tombant à genoux dans la terre et les feuilles mortes.
-Blaise, reviens ! Pourquoi tu me hantes ?! Hurla-t-elle en éclatant en sanglots. Pourquoi me fais-tu ça ?!
La voix s'était tut, laissant Hermione dans le désarroi et la souffrance.
-Non ! Non ! Non ! Hurla-t-elle en frappant le sol de ses poings.
-Non ! Non !
-Hermione ! Hermione !
-Mione ! Mione !
-Non ! Non ! Continua-t-elle de hurler dans son lit.
-Fous-lui une gifle !
-Recules, laisse-moi m'occuper de ça !
-Elle va se faire mal ! Fait quelque chose !
-Tais-toi, Pansy ! Hermione ! Hermione !
La jeune fille émergea difficilement de son cauchemar, martelant son matelas de ses poings et de ses pieds. En nage, des larmes coulant sur ses joues, elle ouvrit les yeux avec peine en cessant tout mouvement. Elle s'était épuisé à se débattre contre une force inconnue.
-Mione ? Entendit-elle l'appeler avec la voix de Draco.
Hermione se redressa brusquement dans le lit, posant une main sur son front, sentant la migraine monter.
-Tu viens de faire une crise de panique.
-Une crise de panique ?! Elle était possédée ! Cria Pansy, plus loin. J'ai eu la peur de ma vie.
-Silence, gronda Draco. Eh... comment tu te sens ? Demanda-t-il doucement en écartant une mèche collant la joue d'Hermione. Tu arrives à mieux respirer ?
La sorcière hoquetait toujours, retrouvant difficilement de l'air, mais elle se calma quand Draco lui caressa le visage, le cou et les bras.
-Blaise n'est plus là, murmura-t-elle d'une voix presque inaudible, échappant à nouveau quelques larmes.
Ça va faire un an, répondit Draco d'une voix douce. Pourquoi tu...
-Je portais ce fichu collier ! Cria-t-elle, plaquant une main contre son cœur, comme si elle souffrait. Je ne pouvais pas faire mon deuil et pleurer. Mais je ne veux pas le faire maintenant. Ça fait trop mal !
Elle se balança d'avant en arrière et Draco l'entoura de ses bras, trouvant une meilleure position sur son matelas. Sa petite amie éclata en sanglots, et même lui eut du mal à se retenir de pleurer. Mais Draco avait fait son deuil. Il était temps qu'Hermione se lâche et tourne la page. Il le fallait.
-Pleure maintenant, Mione, murmura-t-il à son oreille, la berçant tendrement. Tu verras, tu sera plus légère demain. C'est douloureux mais je suis là. Et je te promets que ça passera. Peut-être pas demain, peut-être pas dans une semaine, mais un jour, tu oublias la douleur. Ça va aller, je te le promet.
Et il la berça un long moment, écoutant ses pleures et ses cris. Pansy resta un moment debout contre la porte, encore secoué par le cauchemar de la sorcière, puis alla s'asseoir sur son lit, en face du couple, et les regarda, réfléchissant à ce que lui avait dit Hermione au sujet du choix qu'elle devra faire: la froideur du pouvoir ou la chaleur des amis.
...
Le lendemain matin, le soleil brillait de mille feux et la température devenait de plus en plus estivale, au fil des heures. Pas un seul nuage venait ternir ce ciel bleu. Le temps était magnifique, radieux, parfais pour commencer la journée en toute légèreté !
Hermione se leva aux aurores et pensa immédiatement à Harry Potter. Elle fit taire la douleur dans son cœur, dû à son cauchemar et, sautant du lit comme si on venait de la piquer, elle passa dans la salle de bain rapidement et sortit de sa chambre en quatrième vitesse, habillé d'une tenue moldu simple: t-shirt vert profond, slim noir et ballerines. Elle prit le temps d'ensorceler ses cheveux pour qu'ils forment de jolies boucles caramel, puis se précipita dans les escaliers. Elle parcourut la salle commune en courant, effrayant des premières années au passage, puis sortit en trompe, courant tout droit vers la maison des Gryffondors.
Que c'était bon de recouvrer la liberté et la légèreté !
Arrivé devant l'immense tableau, essoufflée par sa course, elle se posa contre le mur et attendit qu'un élève entre ou sorte. Elle attendit dix longues minutes avant qu'un deuxième années surgit des escaliers, portant fièrement une cravate rouge et jaune.
-Eh, petit ! Le héla-t-elle devant la porte.
Le garçon, mesurant pas plus d'un mètre cinquante, aux cheveux blonds comme les blés, la dévisagea en reculant, semblant reconnaître une Serpentard. Ouais... le t-shirt vert.
-Va me chercher Harry.
-Harry... ?
-Harry Potter, évidemment ! Soupira-t-elle.
Le garçon ouvrit les yeux comme des soucoupes. Oh seigneur, un blond !
-Ça va, il va pas te manger ! Ce n'est pas Johnny Depp non plus ! Va le chercher et dit qu'Hermione Granger doit lui parler sur-le-champ.
-M...moi ?
-Oh par pitié, oui ! S'il te plaît !
-OK, répondit le garçon en reprenant contenant. J'y vais !
Il semblait littéralement rayonner de fierté. Ah, les enfants...
Quand Harry daigna se montrer, Hermione avait croisé la route de six Gryffondors. Elle les avait tous salués joyeusement, mais n'avait eu en retour que des regards vénéneux ou effrayés. OK... bonjour la politesse, chez eux.
-Harry ! S'écria-t-elle en se jetant au cou de son ami.
Le sorcier recula sous son assaut mais l'étreignit à son tour.
-Dis-moi ce qui s'est passé hier soir, le pressa-t-elle en tirant sur ses bras. Tu vas bien ? Tout le monde va bien ?
N'obtenant aucune réponse, elle recula son visage, découvrant la mine d'Harry. Ce dernier la regardait d'un air résigné, triste. Il arborait des cernes noirs et ses épaules se voûtaient comme s'il portait le point du monde. Mon Dieu, c'était le cas.
-Harry... que s'est-il passé ?
-C'est Sirius, lâcha le garçon d'une voix éteinte. Ils étaient trop nombreux pour nous.
Hermione sentit les larmes monter et serra les bras de son ami. C'est alors qu'Harry remarqua l'absence du collier autour du cou de la jeune fille. Son expression changea, passant d'éteint à soulager.
-Je trouvais aussi que tu agissais étrangement, dit-il en souriant, un peu.
Il désigna son cou. La sorcière lâcha un soupir et recula.
-Je suis désolée.
-Tu m'as fais peur, hier soir. Quand tes yeux ont viré au noir et que ta peau s'est marbré de veines noires... c'était quelque chose. Je ne savais que depuis peu que le pendentif contrôlait tes émotions et tes actions. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose.
-Tu n'as rien à te reprocher, assura-t-elle en échappant quelques larmes. Tout est redevenue comme avant, maintenant, sourit-elle. Et je compte te seconder dans tes prochaines missions contre le mage noir !
Harry lui rendit son sourire, l'enlaçant.
-Et pour ce qui est du centaure ?
La jeune fille fronça les sourcils en relevant la tête.
-Draco ne t'a pas raconté ? Un des centaures s'est approché de toi et a cité quelque chose te concernant.
-Je n'ai pas de souvenir de la nuit dernière, dit-elle. Qu'a dit le centaure ?
-Je ne me souviens pas des mots exacts, mais ça parlait de la fille d'Eve, d'un glaive et de l'étoile noire.
-Comme dans Star Wars ? Plaisanta Hermione en lâchant un ricanement.
Harry la regarda sérieusement.
-La fille d'Eve, c'est une humaine, le glaive est une arme et l'étoile noire certainement quelque chose de maléfique. Pourquoi le centaure aurait-il dit ça ? Ils ne veulent jamais interférer dans les prédictions, en général... pourquoi tu me regardes comme ça ?
-Tu as déjà presque déchiffré l'énigme et je sais que tu vas foncer à la bibliothèque pour faire des recherches sur l'étoile noire. Je me trompe ? Tu es bien de retour, Hermione, sourit son ami.
Elle fit la moue, vexée et amusée en même temps.
-Avant de savoir de quoi il retourne, je dois aller dissuader Draco de tuer Dumbledore.
-Quoi ? Blêmit Harry.
Hermione éclata de rire, ravie.
-Je plaisante ! Il veux simplement le recadrer au sujet du pendentif, mais je préfère être là. Avec lui, on sait jamais.
-Lucius était présent, hier soir, dit Harry en changeant d'humeur.
-Draco n'est pas comme son père, assura Hermione en cessant de sourire. Tu le saurais si vous étiez amis.
-Avec Malfoy ? Jamais ! C'est un crétin imbu de sa personne, fier et lâche.
-Non ! Protesta-t-elle. Il est parfois crétin, je le concède, mais il m'a sauvé la vie plus de fois que tu ne le soupçonne, et est loin de partager l'avis des hommes comme Lucius. Il sait pour moi, pour mes origines. Et tu vois, il s'en fiches ! Ce n'est pas un saint, mais il fait des efforts. Et je t'en prie, comprends-le, il a été élevé sans amour.
-Moi aussi ! Je dormais dans un placard d'un mètre carrée et je ne suis pas devenu aussi détestable que lui !
-Non, mais tu es aussi têtue que lui, c'est incroyable ! Soupira-t-elle.
-Je ne serais jamais ami avec Malfoy. Je t'adore, Hermione, tu es comme une sœur et je ferais tout pour toi. Et si tu te maries avec ce crétin, je ne dirais rien tant que je suis convaincu que tu le fais parce que tu le veux, mais jamais j'apprécierai Malfoy. Et soit honnête, c'est réciproque de ton côté, au sujet de Ron.
Hermione fit la grimace.
-Il n'est pas... celui que j'affectionne le plus.
-Mais c'est mon meilleur ami. Donc toi comme moi nous nous comprenons.
-Mmh..., marmonna-t-elle.
-Allez, vas rejoindre ton crétin de petit ami, sourit se voit plus tard ?
-Je suis à Serpentard, répliqua la sorcière, sourcil froncé. Et... je dois régler quelques petites choses. Mais je te fais signe, promis.
Hermione l'embrassa sur la joue en l'étreignant longuement. Elle tourna ensuite les talons pour rejoindre la grande salle. Qu'est-ce qu'elle avait faim !
...
Dans l'après-midi, Draco et Hermione entrèrent dans le bureau du directeur Albus Dumbledore, main dans la main. Le vieux fou lorgna sur leurs mains, le sourire aux lèvres, et les invita à s'asseoir. Draco démarra au quart de tour, mais le directeur leva une main pour le calmer.
-Je sais ce que tu penses de moi, Draco.
-Ça m'étonnerais ! Cracha le jeune homme. Si c'était réellement le cas, vous me viriez de l'école.
Hermione ne lui lâcha pas la main, l'apaisant.
-Draco pense seulement qu'utiliser une magie instable n'était peut-être pas la meilleure tactique, pour me protéger, expliqua Hermione. Demander mon avis et m'expliquer les enjeux aurait sans doute aidé à éviter... ce qui s'est passé.
-Non c'est plus que ça ! S'exaspéra Draco en fusillant la sorcière du regard. Vous n'avez pas à vous servir des élèves ! Vous faîtes ce que vous voulez avec la vie de Potter, mais ne jouer pas avec nous ! Je suis certain que depuis le premier jour, vous avez manigancé.
Draco regarda Dumbledore avec rage.
-C'était facile, pour vous. Hermione servait pour amadouer le fils de Lucius Malfoy et étant née moldu, elle servirait à Potter comme à moi. Vous auriez dû aller à Serpentard !
-Draco ! Cria Hermione. Déjà, le directeur ne m'a jamais imposé d'être liée à toi. Je t'ai connu avant Poudlard ! Et ensuite, calmes-toi, je t'en prie. Il a essayé de m'aider.
Le couple se disputa mais Dumbledore cessa les hostilités.
-Je n'avais pas prévu que le sortilège de la pierre développe plus le côté maléfique. Il servait d'abord à protéger Hermione.
-Évidemment, puisque vous êtes toujours derrière Potter. En tant que directeur, vous devez veiller sur tous les élèves ! Cracha Draco.
-J'ai une question, professeur, s'enquit la sorcière en arrêtant Draco. Le pendentif avait plusieurs effets sur ma personnalité et mes émotions. Pourquoi il m'influençait plus particulièrement en la présence de Draco et... de Ronald Weasley ?
Le directeur sourit, remontant ses lunettes.
-Parce que ces deux garçons sont liés à votre destinée.
Hermione explosa de rire, regardant le directeur en fronçant les sourcils.
-Draco, bien sûr, c'est évident, dit-elle en souriant au garçon. Mais Weasley ? Il me déteste et on se parle rarement. J'ai aucun lien avec lui, je vous assure.
-Mais les choses auraient été bien différentes si vous n'aviez pas rencontré Draco sur le chemin de traverse. Vous auriez été à Gryffondor, Hermione.
La jeune fille regarda Dumbledore un moment, réfléchissant à ses paroles. Elle semblait enfin comprendre où il voulait en venir, et elle leva des yeux désemparés. Ce qu'elle venait d'imaginer lui était insupportable.
-Qu'est-ce que ça peut changer ? Répliqua Draco sans vraiment écouter les paroles du directeur. J'aurais retrouvé Hermione dans le train ou dans l'école.
Buté, il ne croisa pas le regard désolé de la jeune fille. Dumbledore soupira, s'affaissant dans son fauteuil.
-Tu ne m'aurais pas adressé la parole, si on s'était croisé seulement à Poudlard, toi en Serpentard et moi en Gryffondor.
-N'importe quoi ! Répliqua Draco.
Elle arqua un sourcil, sceptique.
-Vous dîtes donc que si j'avais été à Gryffondor, j'aurais été ami avec Weasley ? Demanda-t-elle au directeur. Mais comment le pendentif le saurait ?
-C'est le mystère de sa magie, répondit le sorcier. Mais effectivement, l'histoire aurait été différente, si vous aviez emprunté des chemins différents, le jour de votre rencontre.
-Et donc... nous aurions été ennemis, déclara-t-elle en regardant Draco.
Le jeune homme continua de nier, mais la sorcière sentit Draco se crisper et pâlir.
-Cette sorte de... vie parallèle, elle n'a aucune importante aujourd'hui, pas vrai ? S'assura-t-elle. Même sans le pendentif, je peux rester à Serpentard ?
-Tu ne partiras pas ! S'écria le garçon. On s'en fiche de ce qui se serait passé, si tu avais été à Gryffondor. Tu n'es pas ami avec Weasley et tu n'es pas avec les rouge et or. Alors on s'en fiche
-Calmes-toi, Draco ! Je ne veux pas partir.
-C'est bon là, j'en ai marre. On se casse, dit Draco en se levant. Vous en avez assez fait, inutile de détruire nos vies plus encore, dit-il en pointant le sorcier du doigt. Vous avez de la chance que je ne sois pas comme mon père !
Draco tira sur le bras de sa petite amie pour qu'elle se lève, et rapidement, il l'entraîna dehors sans demander son reste, ignorant les tentatives d'excuses du vieux fou.
-Draco, arrêtes-toi ! Cria Hermione en tirant sèchement sur sa main.
Ils s'arrêtèrent dans le couloir, devant l'escalier du bureau de Dumbledore. Draco ne cacha pas sa colère.
-Tu ne vas pas le croire, quand même ?! L'accusa-t-il en serrant les dents.
-Croire quoi ? Ses excuses pour m'avoir donné le collier ou mon lien avec Weasley si j'avais été à Gryffondor ?
-Tu n'es pas une Gryffondor, ragea-t-il. Tu n'es pas ami avec ce crétin de rouquin, et jamais, jamais on sera ennemis !
-Mais ça ne sera jamais le cas, promis-t-elle en l'enlaçant, levant les yeux sur lui. Si j'avais été dans la maison des Lions, oui, mais ce n'est pas le cas et rien ne le changera. Je suis dans ta maison, avec toi. Détends-toi Draco, tout va bien maintenant. Ne te soucis plus de rien, d'accords ?
Elle sourit en lui attrapant la nuque, le caressant. Elle promena son autre main sur son torse et joua avec le col de sa chemise noire.
-Dans une semaine, on prends le train et on part enfin en vacances. Si tu veux, on passe nos deux mois dans le monde moldus, loin de la magie, des mangemorts et de ton père. On ira se détendre au lac, près de chez moi; plage, surf, plongée, bronzette... ça te tente ?
Elle le taquina en frottant sa nuque et fourrageant dans ses cheveux blonds. Draco se dérida peu à peu mais resta contrarié par les propos de Dumbledore. Hermione se dressa sur la pointe des pieds et lui attrapa le menton, plongeant ses yeux dans les siens.
-Arrête de réfléchir: on va rattraper deux ans durant les vacances, et je ne veux pas que tu fasses la tête. De plus, ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'œil, je compte bien finir notre moment, hier, dans la forêt.
Draco la regarda et un sourire sensuel étira ses lèvres. Il la souleva du sol et la fit tourner. Hermione éclata de rire, partageant sa bonne humeur.
-J'ai hâte de partir, souffla Draco avant de plaquer ses lèvres contre les siennes.
Hello !
J'ai voulu poster hier, mais... vous avez vu le temps qu'il faisait ? Et comme j'habite à 500 m de la plage, j'ai préféré tremper mes pieds dans l'océan. Et puis je sors de trois jours d'exams, que je reprends lundi (malheureusement) donc voilà ^^
Alors Blaise n'est pas encore bien présent, mais j'ai écrit la suite et il y aura un long, long, long passage avec lui et Draco ^^ Et... je pense qu'il redeviendra un personnage fréquent.
La prochaine fois, c'est l'épilogue. Et je vous conseille de profiter des beaux jours de nos deux chouchous, parce que la sixième année arrive et... je change pas le destin de Draco :/ Alors on profite du soleil, hein ^^
Le lemon arrive, attention aux jeunes, merci ^^
Et comme toujours, merci pour vos avis, j'ai toujours plaisir à vous lire !
