CARPE DIEM

TOME IV

« L'amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l'âme »

William Shakespeare

SIXIÈME ANNÉE


PROLOGUE


Pour une raison qu'elle ignorait, l'eau savonneuse qui ruisselaient jusqu'à s'épanouir sur le carrelage hypnotisait Hermione Granger. Le miroitement de l'eau stoppa sa course et la jeune fille resta coite au beau milieu de la pièce, comme ensorcelée par le spectacle. Elle regarda les volutes de buées s'échapper et se coller à la paroi en verre, la mousse blanche cascader sur la peau et les muscles qui travaillaient. Son regard s'attarda sur le torse qu'elle pouvait voir à travers la buée, bien galbée et lisse. Elle suivit des gouttes d'eau jusqu'au ventre musclé et le haut des hanches. Elle osa poser les yeux plus bas, sur le sexe légèrement rosé. À cet instant, le corps se retourna et Hermione eut la vue sur des fesses bien fermes et puissantes. Se mordant les lèvres, elle s'y attarda plus que nécessaire. Ensuite, elle admira le dos, qu'elle trouva magnifique et soudain, la jeune fille s'imagina le griffer à cet endroit précis, jugeant la peau trop parfaite pour qu'elle reste vierge.

D'où lui venait le souhait de marquer ce dos ? À quel moment Hermione s'était transformée en possessive pour vouloir absolument apposer sa marque ? Pourtant... griffer ce dos devint son obsession de la journée. Ça et la vision des gouttes d'eau ruisselant sur le corps.

Son observation dura seulement quelques secondes, avant que l'eau s'arrête enfin et que Draco Malfoy se retourne pour attraper à l'aveuglette une serviette. Clignant des yeux, il chercha l'objet de ses désirs avec irritation, poussant un grognement quand sa main rencontra le vide. Sursautant, Hermione secoua la tête en rougissant et s'avança pour lui tendre le linge, avec un raclement de gorge. Le jeune homme ouvrit les yeux, paressant surpris en la découvrant. Il attrapa la serviette et l'enroula autour de ses hanches rapidement, avant de quitter la douche.

-J'étais juste passée pour réapprovisionner le linge de bain, rougit Hermione en baissant les yeux, retenant un sourire béat. J'arrive juste, précisa-t-elle, sous entendant qu'elle n'avait rien vu d'intime.

C'est ça... rien vue du tout ! Juste ce qu'il fallait. Un dos parfait, un ventre parfait, des hanches et des fesses parfaites, un se...

-Tu n'as pas frappé, répondit Draco en bougonnant.

Ok... elle ne voulait pas le déranger.

-Tu es contente d'être passée ?

Relevant les yeux, croyant qu'il était furieux, elle découvrit Draco avec un sourire aux lèvres, moqueur. Bon... il la taquinait. Peut-être même qu'il ignorait qu'elle l'avait... maté. Mon Dieu, il était parfait avec les cheveux mouillés.

-Dépêches-toi, soupira-t-elle en ignorant sa remarque, sinon le petit déjeuné sera froid.

Elle lui jeta une autre serviette à la figure sous le rire du jeune homme et quitta rapidement la salle de bain, s'échappant par la même occasion de cette chaleur étouffante. Elle courut presque jusqu'à la cuisine – rouge de honte – et vérifia qu'il ne manquait rien à la table.

Pourquoi l'avoir vue nu la déstabilisait à ce point ? Ce n'était pas comme si elle ne l'avait jamais admiré dans sa tenue d'Adam. Où qu'elle n'avait jamais couché avec lui. En fait, ils avaient partagé le lit huit fois exactement depuis la première fois. En l'espace de deux semaines. Six à l'initiative de Draco. Elle ne devrait donc plus se pâmer devant lui... si ?

Tirant une chaise, elle s'installa devant son bol bleu et attendit Draco descendre, repensant malgré elle à leur premier ébat. Rougissant, elle passa les mains sur son visage, mortifié par la scène de la salle de bain.

Ce qui avait été bien, dans leur première fois, c'était la spontanéité de Draco. Il ne lui avait pas dit mot pour mot qu'il voulait coucher avec elle. C'était l'acheminement de plusieurs gestes qui les avaient décidés. C'était plus facile, dans ce cas, de passer à l'acte. Hermione n'avait pas eu à réfléchir et penser à l'après. Ou songer à la douleur et au manque de plaisir pour elle.

Bon Dieu, les livres mentaient effrontément aux femmes ! Ils promettaient monts et merveilles et la réalité était tout autre. Certes, Hermione aimait couché avec Draco, parce qu'elle l'aimait et que la communion de leur corps la rendait incroyablement émotionnelle. Mais au début, ça n'avait pas été le feu d'artifice. Sans doute le manque d'expérience, l'âge et la maladresse étaient en cause.

Elle se souvint de la troisième fois mieux que les deux premières; elle avait eu son premier orgasme et avait enfin compris pourquoi les livres en faisaient toute une histoire. Depuis, la jeune fille était moins timide pour faire des avances à Draco, même s'ils ne passaient pas leur journée au lit.

Revenant à la réalité, elle entendit Draco entrer dans la cuisine et l'embrasser dans le cou avant de s'asseoir. Il attaqua son assiette goulûment pendant qu'Hermione le regardait en reposant ses mains sur la table.

-Journée au lac, aujourd'hui, dit-elle en croisant les doigts.

Depuis qu'ils partageaient le lit, le sorcier avait du mal à vouloir sortir de la maison, prétextant un danger imminent au sujet des mangemorts. Hermione ne voulait plus entendre ses idioties. Draco était possessif, c'est tout.

-Tu recommences, dit-il en pointant sa fourchette sur elle. Tu me regardes.

Il avait toujours les cheveux ébouriffés. Et portait un t-shirt de la couleur de ses yeux – gris perle. Elle adorait ça.

-Ce n'est pas un crime, quand il s'agit de ta copine. Et tu éludes ma proposition.

-Ça me déstabilise. Et je n'élude rien du tout.

C'est son corps qui la déstabilisait, elle.

-Pauvre petit chéri, se moqua-t-elle en attrapant le dernier croissant. Allez, Dray, ça fait deux jours qu'il fait super beau. Je veux sortir, moi !

-Mange et tais-toi, râla-t-il. On ne sort pas longtemps, alors.

Victorieuse, elle se pencha en avant et l'embrassa, le laissant finir de manger pendant qu'elle montait préparer les affaires pour la plage.

Quand elle attendit Draco dans l'entrée, elle avait déposé à ses pieds deux sac cabas remplis de grandes serviettes, de crème solaire, de livres, d'un parasol, d'un pique nique et d'affaires de rechange. Quand il surgit dans le couloir, elle fit la grimace, comparant leurs tenues: Hermione portait un short en jean, un haut de bikini noir et un t-shirt blanc. Draco ne semblait pas avoir compris le sens du mot vacances. Il portait certes un short et des tongs, mais son haut à manches longues ne collait pas. Elle tapa du pied, relevant un sourcil, bras croisés.

-C'est non négociable, l'averti le jeune homme en indiquant son bras.

-Comme tu veux, répondit-elle.

Ce n'était pas de sa faute, mais il venait un peu de gâcher son humeur, en soulevant le problème qu'ils tentaient tant bien que mal d'ignorer. S'ils pouvaient oublier Poudlard et Voldemort, ça les arrangeraient !

...

Draco Malfoy était beau et il le savait. Sa petite amie aussi le savait. C'est pourquoi il ne s'étonna pas quand, arrivés sur la plage, beaucoup de filles le dévorèrent des yeux et que Hermione, rouge de colère, s'agrippait à son bras et lançait des éclairs aux filles ayant l'audace de le regarder.

Cette attitude aurait dû l'énerver, parce qu'en agissant ainsi, Hermione sous-entendait qu'il ne la désirait pas et qu'il voulait aller voir ailleurs, à l'occasion. Mais c'était en réalité tout le contraire. Il adorait sa possessivité parce qu'il lui donnait le sentiment de tenir à quelqu'un, qu'il était important et irremplaçable. Un sentiment inconnu jusqu'alors.

Ils s'installèrent sur le sable, à plusieurs mètres du groupe de filles, et Draco installa le parasol pendant que la jeune fille disposait les serviettes. Puis tout partit en vrille. Pour sa défense, Draco avait été élevé dans une famille de haute noblesse et aux convenances étriquées. Aussi, voir Hermione s'étirer pour enlever son haut, dévoilant à tous les hommes présents son ventre plat et sa poitrine cachée par un minuscule bout de tissu le rendit malade. Et quand deux mecs passèrent devant eux et sifflèrent en regardant sa copine, Draco perdit patience, furieux contre ses moldus.

-Tu leur souris, en plus ! Cracha Draco en se baissant pour attraper le t-shirt de la sorcière et lui tendre.

-Mais j'ai pas souris ! Protesta-t-elle.

-Tu as rougi.

-J'étais gênée. Contrairement à toi, Dieu grec, je ne suis pas persuadé d'être une reine de beauté.

Dieu grec... Draco oublia sa colère et sourit, gonflé d'orgueil. Hermione pesta face à cette attitude et baissa son short. Draco cessa de respirer, la maudissant.

-Je veux mourir, gémit-il en la regardant, désespéré.

Tous les mecs allaient la regarder. Ils n'avaient pas le droit. Elle lui appartenait !

-Tu es ridicule.

-Réaliste, nuance, répliqua-t-il en pointant du doigt plusieurs moldus non loin, les yeux rivés sur elle.

Hermione mit les mains sur les hanches.

-Tu es sur le point de m'ordonner de me rhabiller, Draco ? Parce que je te préviens, cette attitude macho ne va pas durer longtemps, tu peux me croire.

-Tu fais ce que tu veux, mais...

-Écoutes, je promets de ne pas agresser les filles qui passeront en te regardant, à condition que je puisse bronzer en paix, sans que tu fasses une syncope. C'est bon, on peut se détendre, maintenant, ou tu vas lancer un sort à tous les mecs qui passe, pour qu'ils deviennent aveugles ?

Soufflant, Draco la laissa tranquille, ayant appris récemment ce que le mot «féministe» impliquait. S'il lui faisait la réflexion qu'elle était trop peu vêtu, il allait le sentir passer. Peut-être même qu'elle serait en colère au point de lui refuser son lit. Impensable.

Hermione s'installa sur sa serviette tandis que le sorcier vérifiait les moldus derrière lui. Personne pour le moment regardait dans leur direction. Des filles bronzaient plus loin, des garçons jouaient avec un ballon de l'autre côté, des enfants s'égaillaient avec le sable. Bien. Il s'allongea à côté de sa petite amie et, caché derrière ses lunettes de soleil, surveilla les alentours, pendant qu'Hermione fermait les yeux, s'étirait de tout son long – elle voulait sa mort – et cambrait le dos en levant les bras pour les placer sous sa tête. Sa position faisait relever sa poitrine et donnait une cambrure sexy à son dos. Draco ne détacha plus son regard de son corps.

Son bikini noir était minuscule mais loin d'être indécent, il l'admettait. Il cachait ce qu'il fallait et seul Draco connaissait ce que le tissu cachait. Personne d'autre. Aucun autre homme. Seulement lui. Cette certitude le rassurait un peu.

Il suivit des yeux la cambrure de son dos et s'attarda sur son ventre plat et taché de milliers grains de beauté minuscules. Pour une raison inconnue, il adorait le ventre d'Hermione. Il pensait même qu'en dehors de son visage et de ses yeux, c'était ce qu'il préférait chez elle. Étrange. Il avança sa main et frôla sa peau, survolant son ventre et ses côtes. Hermione frissonna mais garda les yeux fermés, creusant le ventre, étirant un sourire sensuel. Le sorcier observa son ventre avec envie et s'y attarda, dessinant comme il aimait le faire des arabesques dessus. Les os de son bassin saillaient sur le haut de ses hanches et faisait que le bas du bikini ne reposait pas à même la peau, offrant deux interstices. Draco détourna les yeux après un bon moment et remonta ses doigts jusqu'au bas de sa poitrine. Hermione prit une grande inspiration. Le haut du bikini était une brassière avec un ruban en satin qui s'enroulait à son cou. Personne ne pouvait voir ses seins et ça le rassura.

-Tu me chatouilles, rit-elle quand il frôla sa clavicule et le ruban le long de sa poitrine. Tu veux me mettre de la crème solaire, Dray ?

Elle ouvrit les yeux et lui tendit un flacon blanc et jaune. Peu déstabilisé par sa proximité, elle se souleva pour l'embrasser rapidement puis se tourna sur le ventre et... par salazar. Hermione défit son haut et le posa à côté d'elle, montrant son dos à nu. Draco aurait adoré ça... s'ils étaient seuls. Il pouvait observer le renflement de ses seins. S'il pouvait, les autres aussi, non ?

Frustré entre colère et désir, il fit pourtant ce qu'elle lui demandait, massant ses épaules et son dos. Il fit abstraction de ses petits gémissements de plaisir, gardant la tête froide ainsi qu'une autre partie de son anatomie. Quand il termina son œuvre, elle voulut se redresser, mais il l'obligea avant à remettre le haut rapidement.

-Si nous étions à Nice, tu aurais fait une crise cardiaque, assura-t-elle en relevant ses lunettes de soleil sur sa tête. Beaucoup de femmes se promènent seins nus. Et je te parle pas des plages nudistes.

-Un endroit où on ira jamais, promit Draco.

-Tu me fais rire. Tu es adorables quand tu es jaloux. Comme si on voulait voler ton jouet.

-Tu n'es pas mon jouet, mais mon porte-bonheur, dit-il en lui embrassant le front. Maintenant, soit sage.

-Je suis toujours sage, sourit-elle, innocente.

-Mais bien sûr !

Il repensa à la nuit dernière, quand Hermione lui avait sauté dessus et avait commencé les préliminaires. Sage... pas toujours.

-Tu viens te baigner ? Demanda-t-elle.

-Je reste ici.

Hermione fit la moue, boudeuse. Voyant qu'il ne cédait pas, elle se leva et rejoignit le bord du lac toute seule, et avant de plonger, elle lui adressa un sourire aguicheur. Sage, tu parles !

Draco la surveilla, assis en tailleur. Il se donnait l'air d'un papa poule surveillant sa progéniture, mais il s'en fichait. Hermione était tout pour lui et si elle avait le malheur de simplement boire la tasse, il allait paniquer. Abruti !

Tirant sur son col, suant à grosses gouttes, il se rendit très vite compte qu'il n'allait pas pouvoir rester ainsi bien longtemps. Hésitant, il remonta une manche, puis l'autre, gardant le bras maudit baissé, tourné vers l'intérieur. Quand, dix minutes plus tard, Hermione faisait toujours des brasses dans l'eau, et que le jeune homme ne supportait plus la chaleur, il se résigna à retirer son haut, posant le tissu gris sur le bras maléfique. Peu à l'aise, il apprécia tout de fois le vent – très chaud hélas – sur son torse nu. Un bronzage ne lui ferait pas de mal.

Dix minutes passèrent encore, et la place se remplissait de plus en plus. Draco avait entamé un livre et jeté son haut plus loin, avec les affaires de sa copine. Il était concentré sur un ouvrage issu de Poudlard, sur les constellations – il cherchait la signification de l'étoile noire – quand une ombre vint lui cacher le soleil. Croyant que la jeune fille était revenue, il ferma son livre en relevant la tête, souriant. Il déchanta très vite.

Devant lui se trouvait un garçon de son âge, aux cheveux châtains bouclés et aux yeux marrons clairs. Seulement vêtu d'un short noir, il dévisagea Draco d'un air sombre, presque meurtrier. Quand il baissa les yeux, Draco se rendit compte que son tatouage était exposé, et il tourna son bras brusquement. Le garçon fit un pas en arrière, la mâchoire serrée. Il semblait ne pas savoir comment réagir. Comme s'il savait qui était Draco, mais que sa présence ici le surprenait plus encore. Draco reconnut ce genre de regard immédiatement.

-Tu n'es pas un moldu, dit-il d'une voix basse, menaçante.

Il se releva lentement et fit face au garçon. Draco faisait quelques centimètres de plus.

-Je ne sais pas de quoi tu parles, répondit l'autre avec calme, dans un accent médiocre mais compréhensible.

-Si, tu le sais, sinon tu n'aurais pas peur de moi.

Le garçon cligna des yeux une fois. Son corps déjà crispé se durcit encore. Il avait peur, il savait ce que le tatouage signifiait et pourtant, il était venu l'affronter. Idiot et téméraire. Stupide.

-Je suis en vacances, là, alors dégage avant que je m'énerve.

-Tu es un putain de mangemort ! cracha le garçon en français, furibond.

L'insulte, Draco l'avait comprise. Le statut qu'il était censé représenter aussi. Heureusement que Draco avait emmené sa baguette avec lui. Il aurait dû se douter que des sorciers se promèneraient dans les parages, gâchant ses vacances. Restait à savoir si le garçon était un problème à éliminer ou non. Le problème ne se posa pas, cependant, puisque Hermione arriva à ce moment-là, coupant court aux hostilités. Les femmes étaient douées pour calmer les tensions.

-Salut, fit-elle à l'inconnu dans la même langue, dans un français impeccable. Il y a un souci ? Sourit-elle.

Draco connaissait le Français, mais il ne désirait faire aucun effort avec ce sorcier.

-Moldu ? Demanda le garçon en fronçant les sourcils.

-Non. On est élèves à Poudlard, répondit-elle. Tu es de Beauxbâtons, je suppose.

-C'est un..., commença-t-il à cracher.

-Tu as mal vu, rétorqua la jeune fille, dur, gardant toutefois le sourire. On passe des vacances loin de la magie, alors sans paraître grossière, nous aimerions rester seuls.

Le garçon hésita, regardant tour à tour le couple.

-Je reconnais un Malfoy quand j'en vois un, dit-il en reprenant son accent effroyable. Tu sais ce qu'il est et tu...

-Elle t'a dit de dégager, mec, gronda Draco en s'avançant d'un pas. Pas de magie, pas de sorcier, pas de mangemort. Dégage, tu veux ?

Le sorcier mis du temps pour déguerpir de la vue de Draco, mais quand ce fut fait, cela mis un terme à la belle sortie d'Hermione.

...

Durant le mois et demi qui suivit, Draco et Hermione étaient retournés rarement au lac, à cause de ce sorcier. À chaque fois, il avait été là, à les observer de loin. Draco avait voulu plus d'une fois s'en occuper personnellement, mais à la demande de sa petite amie, il s'en était abstenu. Heureusement, le lac était immense et le couple avait finalement trouvé au cours des semaines un endroit plus calme. La fin des vacances arrivait, ce qui ne voulait dire qu'une chose pour le jeune homme: adieu l'intimité, adieu la tranquillité. Pansy Parkinson arrivait aujourd'hui et Draco allait retourner dormir dans la chambre d'amis. Autant dire qu'il n'était pas vraiment impatient de la voir. Il restait trois heures au sorcier pour en profiter. Et il savait comment les utiliser.

Entrant dans la chambre d'Hermione, il découvrit sa raison de vivre somnolant dans le lit, une jambe nue pendante dans le vide. Ses cheveux bouclés camouflaient son visage et le drap dénudait ses épaules et son dos. S'allongeant à ses côtés, il désactiva le réveil – il devait sonner dans deux minutes – et vint se blottir contre Hermione, enroulant ses bras autour de sa taille comme s'il enlaçait un doudou.

...

Hermione gémit doucement dans son sommeil et se tourna légèrement vers la masse chaude qui s'enroulait autour d'elle. Elle n'était pas vraiment réveillée, ce qui perturba son sens sensoriel. Rêvait-elle encore ?

Avant que la chaleur vienne, elle rêvait du lac où elle aimait aller avec Draco. Il faisait nuit et personne à part eux ne s'y trouvait. Allongés sur un plaid, ils regardaient les étoiles filantes du mois d'août. C'est à ce moment-là que la chaleur l'enveloppa tout entière.

Les mains de Draco glissèrent sur son ventre, qu'il adorait dorloter de mille et une façons. Il la massa d'une manière à lui couper le souffle en passant une jambe entre les siennes, les écartant légèrement. Puis une pluie de baisers tomba sur son cou et sa clavicule. Frissonnante, elle se laissa complètement aller aux caresses, émergeant du sommeil peu à peu. Elle sentit Draco se plaquer derrière elle et lui souffler dans le cou. Secouée de spasme, elle rigola en se réveillant totalement. Alors elle se retrouva sous le sorcier en quelques secondes, les mains prisonnières.

-Dray, lâches-moi, demanda-t-elle en faisant la moue, amusé par le regard qu'il lui lançait.

Il semblait contrarié et Hermione pensait connaître la raison. Elle le trouvait adorable quand il boudait.

-Tu ressembles à un garçon que j'aimais bien, quand j'étais petite, chuchota-t-elle en riant. Il était très craquant.

-Dis-moi son nom, que j'aille m'occuper de lui, s'amusa le sorcier en embrassant son cou.

-Malfoy, dit-elle lentement, comme si elle n'était pas sûre. Tu le trouveras facilement; il fait toujours la tête, se croit le plus beau du monde, marche comme un roi et...

Hermione éclata de rire sous les assauts de son petit ami. Draco attaquait ses côtes et la faisait hurler de rire.

-Je plaisantais ! Je plaisantais ! Cria-t-elle en pleurant de rire, gesticulant dans tous les sens pour s'extraire de sa prise. Non, stop ! Tu triches, je peux pas utiliser mes mains ! Draco !

Croyant qu'il n'allait jamais arrêter, Hermione hoqueta quand il cessa de jouet à la chatouiller et qu'il plongea sur sa bouche, titillant ses lèvres.

OK, changement d'ambiance. C'était radical mais cela correspondait parfaitement à Draco. Il ne prévenait jamais quand il voulait la prendre. Jamais. Et ça l'aidait à ne jamais trop réfléchir.

Draco approfondit le baiser en lâchant enfin ses mains, la libérant de tout mouvement, puis descendit le long de son corps, attrapant son bas de pyjama pour le lui retirer rapidement. Il fit subir le même traitement à son haut et Hermione se retrouva en simple culotte noire, à sa merci. Désirant être à égalité, elle le déshabilla à son tour avant de le pousser contre les oreillers et de s'asseoir à califourchon sur lui, assis l'un en face de l'autre.

Elle aimait cette position. Au cours de leurs galipettes, elle avait appris que son plaisir s'accroissait en étant au-dessus, dominant leurs ébats. Draco ne s'était jamais plaint et adorait se laisser manier à sa guise. Parfait, parce que la jeune fille s'était révélée directive pendant le coït, tout le contraire dans la vie quotidienne.

Draco joua avec ses mèches pendant qu'elle promenait ses mains sur son torse lisse et légèrement ailé. Elle suivit le tracé de ses pectoraux avant de descendre plein sud, posant la main à plat sur le sexe de Draco. Ce dernier était gonflé et prêt à l'action, ce qui la fit rougir de plaisir.

-Il faut faire vite, car je dois nettoyer la chambre avant l'arrivée de Pansy.

À l'annonce de Pansy, Draco émit un grognement plaintif, fourrageant dans ses cheveux avant de les empoigner et de l'embrasser avec force. Hermione gémit dans sa bouche et empoigna son sexe d'une main, le faisant sursauter légèrement. Fière de son effet, elle le massa jusqu'à ce qu'il l'arrête en écartant sa main, les dents serrées.

-Maintenant, dit-il.

Il l'attrapa par la taille et la souleva, le temps qu'elle baisse son boxer et qu'il le jette de son pied loin du lit. Souriante, elle l'imita rapidement puis se rassit sur ses jambes, loin de son sexe. Frustré, il grogna de mécontentement mais ne fit rien pour la rapprocher. Bien. Il savait qui menait la danse.

-Je croyais qu'il fallait se dépêcher, protesta le sorcier en boudant, impatient.

Hermione le fit taire d'un baiser sur les lèvres, puis d'un autre sur la joue, le cou, le torse... Elle plaça ensuite ses mains sur ses épaules et se rapprocha, tirant légèrement sur ses mèches blondes.

-Arrêtes de jouer, demanda-t-il en caressant ses côtes et son dos. Sinon je meurs.

La jeune fille se mordit la lèvre, sa timidité reprenant toujours un peu le dessus quand venait le moment clé. Alors Draco saisi ses hanches et la plaqua contre lui, posant une main entre eux pour vérifier qu'elle était prête avant de la pénétrer d'un seul coup de rein, en douceur.

Seigneur... ! À chaque fois – en dehors des deux premières fois – qu'ils s'unissaient de cette manière, que Draco la pénétrait comme si elle était la chose la plus précieuse à ses yeux, un trop-plein d'émotions l'envahissait, lui donnant toujours envie de pleurer. La sensation était divine et indescriptible. Alors elle laissa Draco mener la danse et ferma les yeux, se concentrant sur les sensations, sur le plaisir qui montait, montait, montait.

...

Draco agrippa les hanches de sa petite amie et la pénétra avec lenteur, douceur et vénération. C'était à chaque fois pareil; une partie de lui voulait adorer le corps d'Hermione à chaque fois qu'ils couchaient ensemble, prenant son temps et se montrant doux à chaque geste, chaque coup de rein. Mais l'autre partie de lui voulait l'aimer avec force, domination, possessivité. Il voulait la prendre avec passion et fougue, dans plusieurs positions.

Cette lenteur le frustrait, mais il se disait que ce n'était que le début de leur histoire. Peut-être qu'Hermione et lui seront moins prévenants avec l'âge et l'expérience. Le jeune homme l'espérait, car la douceur le tuait à petit feu, même s'il le faisait avec plaisir à chaque partie de jambe en l'air.

Il s'agrippa plus fort aux hanches d'Hermione, s'enfonçant toujours plus loin en elle, poussant jusqu'à atteindre le fond de son vagin. Il adorait être en elle, sous elle, sur elle... peu importe, du moment qu'il allait et venait en elle, et que son antre brûlant emprisonne son sexe.

-Plus... plus... souffla-t-elle en soupirant, les yeux toujours fermés, dodelinant de la tête.

Elle utilisait ses cuisses pour monter et descendre, mais seul Draco contrôlait vraiment la pénétration. Il allait et venait plus rapidement cette fois, agrippant son dos pour la plaquer contre lui. Sentant le plaisir monter, il renversa la tête en arrière, cognant le mur dans un bruit sourd, la bouche grande ouverte. Hermione lui tira les cheveux tout en montant et descendant.

Draco sentit alors son vagin se contracter, se rétrécir, et dans un spasme qui emprisonna son sexe dans un étau cuisant, Hermione se contracta violemment contre lui et lâcha un long soupir guttural. Le jeune homme la rejoignit dans sa jouissante quelques secondes après, plongeant sur ses lèvres pour atténuer son cri, l'embrassant comme s'il manquait d'air.

Couvert de sueur et haletant, il détendit ses jambes rendues douloureuses par l'effort et s'effondra contre les oreillers, Hermione tombant sur lui comme une poupée inanimée.

-Il faudrait penser à une nouvelle position, murmura Draco en caressant l'échine de la jeune fille. J'ai trop de courbatures, comme ça.

-Oui, demain, répondit-elle en baillant. Demain...

Ils se rendormirent très vite, oubliant l'arrivée de Pansy dans quelques heures.

...

Pansy Parkinson avait transplanée avec son elfe de maison. Arrivée devant le chalet des Granger, la jeune brune avait renvoyé la créature d'un geste de la main et observé la demeure de son ancienne ennemie avec un air affligé. Ou était le château ? La villa de luxe ou... ? Ah... oui. Pansy allait passer les dernières semaines de vacances chez des moldus. Comment en était-elle arrivée là ?

La jeune fille avait été élevée à la dure, dans le même esprit que Draco Malfoy et bien d'autres élèves de Serpentard. Elle avait donc grandi en méprisant les moldus, les sangs-de-bourbes, les cracmols, les vampires, les loups-garous, et toute créature n'appartenant pas à l'élite sociale des sorciers de sang-pur. Cela réduisait la population considérablement, et Pansy n'avait alors jamais eu une foule d'amis. Draco et elle se connaissaient depuis la naissance, mais le garçon n'avait jamais porté un intérêt pour elle. Blaise avait été gentil avec elle, mais dire qu'ils avaient été amis était un peu fort. Elle côtoyait à l'occasion quelques filles de sa maison, mais au fond, Pansy les trouvaient toutes superficielles, ignorantes et méprisables.

Pansy donnait une image de garce imbue de sa personne, fier et froide comme la glace. Pour sa défense, elle avait longtemps aimé Draco et sans doute fut la raison de l'imitation de sa personne. Toujours est-il que cette image était faussée.

Pansy n'était pas une garce. Du moins, elle n'avait jamais voulu l'être. Elle n'aimait pas humilier les autres ni se faire passer pour la méchante sorcière. Mais... on ne choisissait pas sa famille. Et dans son cas, jouer la méchante se révélait vitale.

Petite, on avait déjà choisi pour elle: tu iras à Serpentard, tu serviras le mal, tu deviendras mangemort, tu honoreras les sang-purs... et blablabla. Et son avis, dans tout ça ? Inutile, comme tout ce qu'elle représentait aux yeux de son monde.

Alors oui, elle avait longtemps détesté Hermione, et à juste titre. Comment ne pas prendre en grippe une fille que vous rêvez d'être ! Pansy jalousait la sorcière pour tout. Oui, elle s'était calmé, mais il était difficile d'aimer quelqu'un de parfait. Par merlin, même son statut de sang-de-bourbe lui faisait envie ! Quel enfer.

Pansy rêvait d'effacer ce fichu tatouage maudit sur son bras, rêvait de quitter Poudlard et rêvait de fuir sa famille. En fait, elle rêvait de changer d'identité et de vie. Et peut-être même abandonner la magie...

Ce n'était pas Hermione qui lui avait ouvert les yeux sur Voldemort. Pansy avait changé de camp à la seconde où Blaise s'était fait tuer, mais comment aurait-elle pu le crier sur tous les toits, sans être convaincus que Draco et Hermione partagent son avis.

Maintenant, elle pouvait montrer son vrai visage, mais le changement s'avérait difficile. Elle était contente de venir ici, passer deux semaines avec Dray et Hermione. Mais ses motivations étaient loin d'être les mêmes que la sorcière. Pansy voulait fuir son monde. Pour cela, elle devait connaître le monde des moldus... et trouver le refuge parfait pour l'année à venir.

La jeune brune était décidée; elle faisait sa dernière année à Poudlard.


Bien le bonjour, chers lecteurs de mon coeur ! Oui, malgré l'orage, je reste gaï, il le faut bien...

Alors je me suis octroyé deux semaines de vacances pour souffler un peu sur l'écriture. J'ai presque pas ouvert mon ordinateur pour reposer mes yeux, et j'ai passé du temps avec un de mes chats qui était malade. Il va mieux, donc j'ai à nouveau le moral !

Merci encore, encore, encore pour vos messages adorables ! Je n'ai pas encore répondu à cause de mon absence mais je me remes au travail ^^ Et merci de m'avoir rassuré sur le lemon. Je ne suis pas particulièrement doué pour ces scènes mais j'espère que vous aimerez les autres !

Le garçon du lac est un nouveau et va réapparaître. Pansy va prendre une nouvelle place dans l'histoire et Blaise... oui, il va revenir.

La suite, vous la connaissez, malheureusement pour Draco-chou. A la semaine prochaine et merci encore et toujours !