CARPE DIEM

TOME IV

SIXIÈME ANNÉE


II

La mission de Draco


Hermione s'agrippa à ses épaules dans un ultime cri, renversant la tête en arrière, ses boucles caramel s'étalant sur les draps de satin verts. Elle soupira d'aise après avoir recouvré ses esprits et rouvrit les yeux, un sourire radieux aux coins des lèvres.

-Tu es sublime quand tu jouis, chuchota Draco en caressant ses cheveux, rêveur. J'adore te regarder.

La jeune fille rougit en lui souriant, frottant son nez contre son cou. Elle bailla à plusieurs reprises.

-Et moi j'adore quand tu es ici, avec moi, répondit-elle dans un souffle, s'assoupissant quelques secondes plus tard.

Draco roula sur le côté et plaça le drap sur le corps de la sorcière, heureux. Ils venaient de le faire trois fois. Le jeune homme était satisfait du déroulement de la soirée, ayant cru que ses excuses pour être partie sans prévenir ne seraient pas bien reçues. Il avait été loin d'imaginer que Hermione lui sauterait dessus, pleins d'effusions.

Draco se leva et passa par la salle de bain, nu, un sourire idiot aux lèvres. Passant de l'eau sur son visage, il observa des marques de griffures sur ses pectoraux et ses épaules. Son sourire s'élargit, et Draco se traita d'imbécile, se passant la main dans les cheveux pour les rejeter en arrière.

-Crois-tu agir pour son bien, mon frère ? Tonna soudain une voix feutrée, résonant dans la pièce.

Il tressaillit violemment en relevant les yeux vers le miroir, ce dernier renvoyant l'image funeste de son meilleur ami, Blaise Zabini. Le sorcier se retourna lentement et regarda la silhouette fantomatique, toujours aussi pâle et transparente, vêtu de son uniforme et de son écusson. Son visage, pourtant sévère, renvoyait l'image d'un jeune adolescent de quinze ans, âge à laquelle Blaise fut tué. Draco en avait désormais dix-sept, et voir son ami défunt, éternellement jeune, l'attrista. Mais il se reprit très vite, peu à l'aise avec la présence spectrale.

-Les morts ne savent pas frapper aux portes ? Grinça Draco comme signe de bienvenue, enfilant rapidement un t-shirt noir et un bas de pyjama en soie gris.

-Tu as un sens de l'humour douteux. Je suis heureux de te voir aussi.

-Hermione est à côté, taie-toi ! Gronda Draco en faisant un geste de la main.

-Non, mon frère... cette fois-ci, je suis venue te parler dans tes songes.

Draco fronça les sourcils, désabusé. Il tourna la tête dans tous les sens, perdu.

-Mais... Mione et moi...

-Tu es au manoir, loin d'elle, lui rappela Blaise d'un ton sec. Tu l'as abandonné sans te retourner, juste après votre dispute.

-La ferme ! Cracha Draco. Si tu t'amuses à nous espionner, du haut de ton nuage, alors tu sais que c'est faux. J'ai été obligé de partir. Je l'abandonne pas, je la sauve ! Et mêles-toi de tes affaires, pour une fois dans ta vie ! Ou ta mort... bref.

Le fantôme de Blaise vola à travers la pièce, menaçant, et Draco recula précipitamment.

-Vous êtes tous des idiots, gronda Blaise. Tu penses peut-être qu'affronter Ton Jedusor tout seul sauvera tout le monde, que lui obéir résoudront les problèmes. Tu as tout faux, mon frère. Ta destinée est en route... et elle n'est pas belle à voir. Éloignes-toi d'Hermione, et tu la perdras.

-Qu'est-ce que ça veut dire ? Rugit Draco.

-Tu crois qu'elle va te pardonner ta soumission au maître ? Que vous allez vous sauter dans les bras ? Non, parce qu'elle est forte, plus que tu le crois. Alors elle va se mettre en danger, trouver un moyen de te sauver – encore. Et qui crois-tu qu'elle va aller voir, maintenant que tu es partie pour devenir le petit esclave du maître ? Harry Potter... ce bon vieux saint Potter va y voir une porte de sortie pour elle. Il va sans doute même la convaincre de te lâcher, qui sait ! Après tout, elle serait mieux à Gryffondor, là où elle aurait dû aller !

Draco rugit face à la provocation, fonçant droit devant son ami. Il voulu le frapper de son poing mais il ne rencontra que le vide. Blaise se matérialisa quelques mètres plus loin, le visage impassible, presque cruel.

-Peut-être que tu as raison de suivre les ordres du maître, après tout, continua Blaise. C'est ta spécialité, les ordres. Plus facile de suivre que d'ordonner. Continue sur cette voie, et Hermione partira pour de bon de ta vie. Détruit-là, détruit-toi... tu ne sais faire que ça, depuis que tu es né. Tu as été élevé pour servir Voldemort, tu as été formaté pour tuer les sorciers comme Hermione...

-La ferme ! Cria Draco en plaquant ses paumes sur sa tête. La ferme ! Tu es mort, c'est un rêve, dégage de ma tête ! J'agis pour nous sauver tous, je ne fuis pas ! Je fais ce qui est le mieux et Hermione le comprendra. Maintenant, sort de ma tête ! Je déteste quand tu viens, tu me hantes, tu me fais du mal. Va-t'en, Blaise, va-t'en ! J'ai changé, j'ai changé ! Hurla-t-il. Jamais je serais comme mon père, jamais !

Draco cria encore et encore après son ami, furieux, anéantis, fatigué. Ce n'est seulement après avoir senti une main fraîche sur son visage que le jeune homme se calma, sentant peu à peu la douceur des draps sur ses bras et sur ses jambes. Il se réveillait d'un horrible rêve.

-Mon chéri... Draco... là, tout va bien, calmes-toi. Réveilles-toi.

Le sorcier secoua la tête, les yeux fermés. Il ne voulait pas partir de son rêve. Hermione l'attendait de l'autre côté, dans la chambre, nue sous les draps. Il voulait la retrouver, la serrer contre lui, la protéger.

-Mon chéri... Severus est arrivé. Il t'attend dans le salon.

Le sorcier senti comme une douche froide se déverser sur son corps. Se redressant brusquement dans le lit, il regarda sa mère, l'air inquiète, le visage crispé. Ses mains tenaient celle de son fils comme celle d'un noyé. Elle était terrifiée et Draco comprit pourquoi.

-Je descends tout de suite, mère, répondit Draco d'un ton neutre, se levant du lit prestement en lui tournant le dos.

Il ne voulait pas lire dans les yeux de sa mère la pitié, le désarroi, la peur. Alors il s'habilla comme s'il descendait manger dans la salle à manger, calme, ennuyé, le regard éteint. Il ne pensa pas à ce qui l'attendait en bas, ne réfléchit pas à ce qu'il dirait, à ce qu'il accepterait... Il boutonna sa chemise noire d'un air absent, repensant plutôt à l'apparition de Blaise dans son songe.

Un rêve ou une réelle apparition ? Draco ignorait si Blaise lui avait réellement parlé ou si son subconscient l'avait imaginé. Son ami n'avait jamais été aussi cruel, même de son vivant. Il ne l'avait jamais exposé à son destin de cette manière. Mais si Blaise avait réellement été là, dans ses songes... devait-il prendre au sérieux les menaces du fantôme ? Hermione pouvait-elle se détourner de lui s'il acceptait la mission qu'allait lui imposer le maître ?

Si la jeune fille lui tournait le dos... Draco le savait, il en mourrait. Jamais il ne supporterait de la perdre, de la voir dans les bras d'un autre, heureuse, en vie... et pourtant... n'était-ce pas ce qu'il désirait le plus au monde ? La savoir heureuse et en vie ? même dans les bras d'un autre ? Blaise avait-il voulu l'alerter d'un danger imminent ? Savait-il prédire l'avenir, maintenant qu'il vivait avec les morts ?

Le sorcier posa le front sur le mur, lasse. Il ne savait plus quoi faire, ni où aller. Tout se mélangeait dans sa tête et personne ne pouvait le conseiller. Il était seul, désormais. Soit il acceptait la mission et s'éloignait de l'amour de sa vie, soit il fuyait et prenait le risque de voir Hermione mourir. La perdre ou la perdre... Blaise avait raison; son destin était en chemin.

...

Le jour de la rentrée, au petit matin, Hermione et Pansy entrèrent dans la gare de Londres, traînant derrière elles leurs malles dignes du siècle dernier. Beaucoup de badauds se bousculaient sur les quais et les couloirs de la gare, trépignant d'impatience avant d'embarquer, et les jeunes filles durent raser les murs pour se faufiler à travers la foule.

-Regarde qui voilà, soupira Pansy en bousculant du coude son ami – anciennement meilleure ennemie.

Hermione leva les yeux vers la famille Weasley, découvrant sans surprise Harry en train de parler avec le rouquin empoté. Les filles passèrent devant eux discrètement, faignant d'admirer un train qui venait d'entrer en gare.

-S'ils pouvaient ne pas s'être levé du lit, ceux-là ! Grommela la brune, s'approchant du quai 9 et 10 d'un pas pressant.

-Il n'y aurait pas d'animation sur le terrain de Quidditch, sans Weasley, voyons !

-Oh, c'est vrai ! L'année serait ennuyeuse, sans lui.

Les sorcières rigolèrent comme deux écolières, s'apprêtant à emprunter le passage magique de la voie 9 ¾.

-Ça va aller, souffla Pansy en regardant derrière elle, voyant Hermione hésiter à avancer. Je suis sûr que Draco sera dans le train, ne t'inquiète pas.

-Je l'espère, murmura Hermione, je l'espère.

Prenant le passage à travers le mur, les deux Serpentards atteignirent le train de Poudlard, vers les derniers wagons où les Serpentards élisaient domicile. Plusieurs nouveaux élèves coururent devant elles et se firent disputer par un élève quelques wagons avant, les renvoyant à l'avant du train, furieux. Pansy leva les yeux au ciel quand le Gryffondor changea d'expression à la seconde où il regarda Hermione, lui souriant comme un demeurer. Crétin.

-Tu le connais ? Demanda Pansy en désignant le garçon au sourire tordu.

Athlétique, probablement séduisant, les cheveux châtains. Pansy ne l'avait jamais remarqué, ce qui indiquait qu'il ne traînait pas avec Potter et sa bande. Son amie tourna la tête vers l'intéressé et lâcha un soupir impatient. Visiblement, elle ne l'aimait pas.

-C'est Cormac McLaggen, lâcha Hermione en accélérant le pas, passant devant le garçon sans le regarder, courant presque à son wagon. Il m'a parlé l'année dernière, une fois.

-Et ? Demanda la brune, poussant un gémissement quand sa malle buta dans son mollet.

-Et rien du tout ! S'emporta-t-elle. Si Draco apprend ce que veut Cormac, il va le tuer.

-Attends... il t'a demandé de sortir avec lui ? S'écria Pansy, hilare. Sérieusement ? Mais tu as combien d'admirateurs, au juste ? D'abord Viktor Krum, maintenant ce type !

-Crois-moi, ça ne m'amuse pas ! Même si Viktor a arrêté de m'envoyer des lettres, je doute qu'il cesse de me parler. Je crois qu'une compétition existe entre lui et Draco, mais j'ignore pourquoi.

-Je sais juste que Draco hait Krum parce qu'il t'a invité au bal de Noël. Et crois-moi, il n'y a pas besoin de raison supplémentaire pour qu'ils se fassent la guerre.

-Tu comprends donc pourquoi je n'ai pas intérêt à donner de faux espoirs à ce crétin de Gryffondor.

Pansy monta dans le train en approuvant, longeant un couloir aux couleurs de Serpentard avant d'entrer dans une immense loge où plusieurs sièges et tables s'y trouvaient. Presque toutes les places étaient déjà occupées.

-Il n'est pas là... quelle surprise, grogna Pansy.

Elle vit Hermione paniquer.

-Ça ne veut rien dire, Draco va bien.

Hermione soupira, se trouvant une place dans le fond du wagon, juste à côté des places de Crabbe et Goyle. Génial.

-Vous n'avez pas vu Draco, par hasard ? Leur demanda-t-elle, grimaçant quand elle aperçut furtivement la marque des ténèbres sur le bras gauche de Goyle.

Ce n'était pas bon signe. L'absence de son petit ami et le tatouage n'auguraient rien de bon.

-Pas aujourd'hui, répondit Goyle. Mais nous étions avec lui hier.

Crabbe donna un coup de pied à son ami et Hermione plissa les yeux, suspicieuse.

-Pour quoi faire ?

-Rien du tout, répliqua Crabbe, évitant son regard. Tu n'as qu'à lui demander.

Hermione le fusilla du regard avant que la porte du wagon s'ouvre à la volée. Draco Malfoy apparut alors, fier dans son costume noir, le menton relevé, marchant comme si tout lui appartenait. Aussi cruel que magnifique, il incarnait à la perfection le danger. Et Hermione, bien que furieuse après lui, ne put s'empêcher de l'admirer, le cœur battant la chamade.

Idiote ! Elle secoua la tête et s'assit à sa place, faignant d'admirer les quais.

-Tu peux nous laisser un moment, Pansy ?

Bien que courtois, son ordre ne laissait pas le choix à la brune, et celle-ci n'hésita pas une seconde pour se lever de la banquette, l'abandonnant rapidement. Draco se glissa à sa place, face à Hermione et la fixa, silencieux. Le train commença à avancer que le couple resta silencieux, se fixant, l'un impassible et l'autre furieuse.

-Tu comptes t'expliquer, au juste ? S'impatienta la jeune fille en trépignant du pied.

Silence. Draco se contenta de l'observer avec ce regard froid et impassible qu'il réservait à tous ceux qui passaient sur son chemin. Cela lui fit mal.

-Tu vas parler, oui ou non ?!

Hermione renâcla, levant les yeux au ciel. Son attitude l'horripilait.

-Écoutes, Mione...

-La ferme ! Siffla-t-elle, perdant patience, ignorant les regards autour d'eux. Ne m'appelles pas comme ça, je suis furieuse contre toi, Draco. Si tu penses que tu peux te pointer ici, la bouche en cœur, et que je te pardonne, tu peux courir ! Sois tu me dit ce qui s'est passé chez toi, sois tu t'en-va loin de moi.

La jeune fille se rendit compte qu'elle s'était levée, frappant la table de son poing, et tous les Serpentards présent la regardaient. Draco se contenta de serrer les dents, impassible.

-Tu souhaites rompre, dit le jeune homme d'une voix atome.

-Bien sûr que non ! Cria-t-elle, excédée. Mais j'aimerai que tu me parles, pour l'amour de Dieu !

Draco regarda les élèves qui les fixaient et aboya un ordre. Tout le monde se rassit, les têtes baissées.

-Pas ici, marmonna-t-il.

-Très bien, alors en attendant, me parle pas, cracha-t-elle.

-Hermione... je t'en prie...

Il venait de poser sa main sur son bras quand une explosion se fit soudain entendre, assombrissant le wagon jusqu'à ne plus rien y voir. Tous les Serpentards crièrent, affolés, et Draco se leva et se plaça instinctivement devant Hermione, la protégeant de ses bras. Seulement quelques secondes durèrent avant que le wagon reprennent enfin ses couleurs.

-Tout va bien ? Demanda Hermione en posant une main sur celle de Draco.

-Sûrement des gamins de première année, dit quelqu'un.

-C'est la faute des frères Weasley, cracha un autre.

-C'est bon, ce n'est rien, dit la sorcière en tirant sur le bras de Draco. Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?

Il fixait la porte, les lèvres pincées.

-Rien, répondit-il, rien du tout.

...

Le trajet passa lentement, entre regard et sourire crispés.

Hermione semblait vouloir tuer Draco du regard, et le jeune homme se dit qu'il avait de la chance d'être encore en vie. Elle l'avait même pas giflé, ce qui était bon signe pour lui.

-Comment va Narcissa ?

Surpris, le jeune homme regarda sa petite amie, clignant des yeux.

-Elle... tout va bien. Ma mère va bien.

-Tu dis qu'elle est soulagée que Lucius soit à Azkaban ?

-Non ! S'écria-t-il. Enfin, je veux dire... avec moi, ma mère va bien.

-Et tu es rentré au manoir pour la consoler ou... ?

Crispant les poings, il détourna le regard. Puis, après quelques secondes, il se pencha vers elle.

-Rogue devait me parler, avoua-t-il. J'avais... affaire.

-Tu me prends pour une idiote, encore !? Cracha Hermione. Je sais parfaitement pourquoi tu es partie comme un voleur !

Elle agrippa son bras tatoué, le serrant jusqu'à lui faire mal.

-Que t'a demandé Voldemort, Draco. Ne me mets pas à l'écart, je suis concerné. On sort ensemble, alors quand tu as un problème, j'ai un problème. C'est clair ?! Dis-moi.

-Je ne te dirais rien, je suis désolé.

-Vraiment ? S'exclama Hermione en lâchant un rire, l'air outré. Tu vas rien me dire ?! Si ça concerne...

-Peux-tu seulement comprendre pourquoi je garde le silence ? J'essaye de te protéger, et accessoirement, que tu me vois pas comme un monstre.

-Quel sacrifice ! Bah tu sais quoi ? Je m'en fous de ta protection. Je suis assez grande pour me servir d'une baguette et tuer, je te signale. Alors va te faire voir !

Elle se leva brusquement et sortit du wagon en trombe. Du coin de l'œil, le jeune homme vit Pansy la suivre, lui lançant un regard assassin.

-On se verra au dîner, dit-elle avant de claquer la porte.

Quand Draco s'effondra dans son fauteuil, la tête renversée en arrière, il perçut un imperceptible mouvement vers la malle d'Hermione, rangée au-dessus des fauteuils. Souriant, il resta assis et regarda le paysage défiler, préparant mentalement une histoire pour éviter les questions d'Hermione.

...

Dans la grande salle, Hermione trépignait du pied, inquiète par l'absence de Draco... et d'Harry. Un professeur manquait aussi à l'appel; le directeur de Serpentard. La jeune fille regarda une fois encore vers la porte, tandis que Pansy se servait un verre de jus de citrouille. Cela ne ressemblait pas à Draco de louper un dîner, et avec l'absence d'Harry, elle pressentait que cela avait avoir avec le départ précipité du Serpentard chez lui.

-Il ne se préoccupe de rien, marmonna-t-elle dans sa barbe, fusillant Ronald Weasley du regard. Son meilleur ami est absent et il s'en fiche.

C'est à ce moment-là que Harry fit son entrée, heureusement pour lui bien avant le discours de bienvenue de Dumbledore. Son entrée passa inaperçu sauf pour elle, qui le suivit des yeux, en plein effroi. Harry Potter avait le nez en sang. Et elle jurait savoir qui en était le responsable.

Quand Draco pénétra dans la grande salle dix minutes plus tard, venant s'asseoir en face d'elle, Hermione serra les dents, montrant son ami du doigt.

-Qu'est-ce que tu as fait ?

Draco soupira, l'air ennuyé.

-Tu as essayé de le tuer ?

-N'importe quoi, ria-t-il, irrité. Si j'avais voulu le tuer, ce n'est pas son nez que j'aurai visé.

-Donc c'est bien toi ! Qu'a-t-il fait pour que tu le frappes ?

-Il nous espionnait.

-Pas étonnant, pesta-t-elle. Tu es l'ennemi, pour lui. Si tu m'écoutais, on irait voir Dumbledore et on irait se réfugier dans l'ordre du phénix et...

-Non ! Aboya-t-il.

-Mais enfin... !

-Et ne t'approche pas de Potter ! C'est une question de vie ou de mort, Hermione.

Elle se contenta de l'observer, furieuse, et Draco finit par lui attraper la main tendrement, contrastant furieusement avec son attitude froide et son regard glacial.

-Fais-moi confiance, Mione. Pour une fois, fais-moi juste confiance.

Elle allait répliquer mais Dumbledore choisit ce moment pour commencer son discours, présentant les nouveaux professeurs, tel Horace Slugghorn pour les potions ou bien Severus Rogue pour...

-Oh non, soupira-t-elle tandis que tous les élèves se mirent à parler en même temps.

Dumbledore venait de nommer Rogue professeur de défense contre les forces du mal. La journée finissait bien mal.

-Génial ! Applaudit la table de Serpentard.

À l'exception de la jeune fille, visiblement inquiète, de Draco, qui semblait broyer du noir, et de Pansy, qui resta impassible, la table se réjouit de la nouvelle. Pour Hermione, c'était la fin de l'équilibre au sein de Poudlard. Comment Dumbledore pouvait-il faire confiance à Rogue ? Il lui avait déjà fait part de son secret de née moldu, et voilà qu'il lui donnait le poste tant désiré par le grand sorcier.

Quand le directeur continua son discours et que le nom de Tom Jedusor sorti de sa bouche, Hermione ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à Draco. Celui-ci semblait ignorer royalement les mots du vieux fou, mais la jeune fille ne put nier quelques points communs entre Jedusor à l'époque de Poudlard, et Draco Malfoy, assis en face d'elle, le regard absent.

Tous deux de simples élèves ordinaires, et pourtant... à l'abri des regards... un cruel destin. Hermione comptait bien savoir ce que lui avait demandé Voldemort, et si elle devait utiliser du polynectar sur Draco, elle le ferait sans hésitation. Il n'était pas question qu'il sombre sans qu'elle fasse tout pour l'en empêcher !

Pour clôturer la soirée, le directeur prévint les élèves que Voldemort n'hésitera pas à utiliser les enfants pour entrer dans les murs du château. À ces mots, Hermione remarqua le mouvement imperceptible de Draco, qui serra le poing et changea de position, mal à l'aise. Elle plissa les yeux en le gardant à l'œil, craignant d'avoir compris une partie du projet du lord.

...

Harry Potter suivit Hermione et Draco jusqu'au cachot, attendant qu'ils soient seuls dans le couloir pour se montrer.

Le sorcier avait voulu parler à Hermione depuis qu'il l'avait aperçu sur les quais de la gare, mais celle-ci semblait vouloir l'éviter à tout prix. Il avait vite compris le pourquoi du comment quand il avait utilisé sa cape d'invisibilité, espionnant le couple dans le wagon des Serpentards.

Bien que Malfoy ai explicitement ordonné à Hermione de ne pas s'approcher d'Harry, ce dernier n'avait rien apprit d'autre. Et la raison de sa présence dans le wagon des serpents était la recherche d'une preuve; celle comme quoi Draco était un mangemort.

Il avait des doutes depuis l'année dernière, bien sûr, mais Harry avait suivit Draco et sa mère sur le chemin de Traverses, il y a quelques jours, et ce qu'il avait vu le laissait perplexe. Si Malfoy n'était pas mangemort, alors Harry était Merlin en personne ! Et même si Ron ne voulait pas le croire, Harry en était convaincu. Il voulait maintenant une confrontation directe. Et accessoirement, rappeler à Malfoy que la prochaine fois, c'était lui qui lui casserait le nez !

-Si j'accepte de te faire confiance... tu vas arrêter de faire une tête d'enterrement ! Ragea Hermione au loin, stoppant sa course et empoignant le bras de Malfoy.

Harry se cacha derrière un pilier, espérant entendre la preuve qu'il recherchait.

-C'est toi qui t'es enfuis de la maison, pas moi ! Tu n'as pas le droit de faire la tête. Maintenant, j'aimerais qu'on parle de ce qu'a dit Dumbledore.

-Quoi, exactement ? Demanda le sorcier, blasé.

-Tu le sais très bien ! Le désir de Voldemort à prendre Poudlard !

Malfoy ne répondit pas, se tournant déjà vers la porte des cachots. La sorcière le retourna vers elle d'un geste brusque, irritée.

-Je croyais que tu devais tuer Harry, ou quelque chose du genre. Mais tu dois neutraliser les aurors qui surveilles les entrées, non ? Fragiliser la sécurité pour que...

-Mione, arrête, supplia presque le sorcier. Tu sais que je peux rien dire.

-Mais tu dois tuer personne, hein ? Insista-t-elle, agrippé à son bras.

Harry se raidit, attendant la réponse du blond. Savoir que son amie craignait pour sa vie et qu'elle ne lui dise rien... le sorcier devait absolument lui parler.

-Je vais me coucher, lâcha Malfoy.

Le Serpentard s'arracha à la prise de sa petite amie et disparut derrière la porte du cachot. Harry se décida vite à sortir de sa cachette avant que la sorcière lui courre après.

-Tu nous écoutais ?! S'écria Hermione en tournant la tête vers lui, surprise par sa présence. Tu dois partir d'ici...

-Malfoy ne saura pas que je suis venue, promis.

-Ce n'est pas le problème ! Que fais-tu ici ?

Harry avança dans la lumière des torches.

-J'ai besoin de certitude, Hermione. J'ai besoin de savoir où tu te trouves, dans cette guerre imminente. J'ai besoin de mon amie, mais j'ignore si... si je peux te donner ma confiance. Pas si tu sors avec Malfoy, en toutes connaissances de causes.

-En toutes connaissances de causes ? Répéta-t-elle, perdue.

-Tu sors avec un mangemort, Mione, tonna Harry d'une voix froide. Apparemment, tu penses même qu'il veut me tuer. Et tu restes à ses côtés ?

La jeune fille détourna les yeux, se mordant la lèvre supérieure. Ses boucles tombèrent devant ses yeux, et Harry ne put s'empêcher de s'approcher de son amie, levant une main pour dégager son visage.

-Depuis quand tu le sais ? Demanda Harry.

-Depuis le premier jour, souffla-t-elle. Ce soir-là, au cimetière. Seul Dumbledore et Rogue le savent.

-Dumbledore ?! Mais...

-Draco n'est pas Lucius, Harry ! S'emporta-t-elle, furieuse. Il fera le bon choix. Je t'en prie, quoi que tu penses de lui...

-Et s'il choisit la mauvaise voie ? Tu sais que tu peux compter sur moi, si jamais tu devais fuir loin de lui, souffla le sorcier en lui attrapant la main doucement.

-Tu me proposes déjà l'asile, Harry ?

-Hermione, je suis terrifié. Tu es née moldu... et les mangemorts tue les gens comme toi. Combien de temps tiendras-tu avant que Voldemort s'en aperçoive et ordonne à Malfoy de te tuer ?

La jeune fille écarquilla les yeux d'horreur, s'extrayant de sa prise pour s'éloigner de lui.

-Jamais Draco représentera un danger pour moi ! Cria-t-elle. Tu as tord de t'inquiéter... c'est plutôt pour toi que tu devrais t'en faire. Draco prépare quelque chose... et il est dans ton intérêt de surveiller tes arrières, dit-elle sombrement.

Elle allait tourner les talons quand Harry attrapa son bras.

-S'il te plaît, Hermione, viens me voir si jamais... tu as d'autres informations.

-Et trahir Draco ? Demanda-t-elle, le regard éteint. Je ne sais pas, Harry, Je ne sais pas.

Elle posa une main sur son épaule avant de lui servir un sourire d'excuse, puis passa la porte de sa maison, le laissant seul dans les couloirs du cachot.

Le Gryffondor resta songeur en plein milieu du couloir tandis que la lourde porte se refermait. Savoir que Malfoy était bien partisan du mage noir était une chose – aussi prévisible soit-elle – mais savoir que la jeune fille connaissait son affreux secret, et qu'elle continuait de l'approcher, ça, Harry ne le comprenait pas. À moins qu'il ne connaisse pas Hermione autant qu'il l'avait cru. C'était elle aussi une Serpentard, après tout. De sang moldu, mais Serpentard avant tout, et Harry savait que trop bien comment finissaient les élèves de cette maison. Il suffisait de voir le professeur Rogue !

Montant l'escalier menant hors des cachots, Harry rencontra une élève de Serpentard, qui lui rentra dedans violemment. Les deux sorciers grognèrent, s'étant tout deux cogné la tête.

-Tu peux pas regarder où tu marches ! Cracha-t-elle en frottant son front, grimaçant.

Aussi grande que Hermione, aussi farouche et hargneuse, la jeune fille devant lui avait les cheveux longs et aussi noir que lui, finissant leurs courses en ondulations jusqu'à sa taille. Des yeux noirs, un visage pâle, une moue inspirant un mélange entre dégoût et colère, Harry la reconnue étant la nouvelle amie de la princesse des Serpentards. Pansy Parkinson, élève de Serpentard au sang-pur, a la réputation de suivre Malfoy comme son ombre et subir le mépris de beaucoup de filles de Gryffondor. Harry ne la connaissait que de nom, et il ne lui avait encore jamais parlé ni montré le moindre intérêt.

Le sorcier la contourna en s'excusant, franchissant les dernières marches rapidement.

-Potter ! L'appela la jeune fille d'une voix forte.

Cela ressemblait plus à un ordre qu'autre chose, mais Harry se retourna quand même, un pied en avant, près à partir.

-Bonne chance pour cette année. Tu vas en avoir besoin, dit-elle le plus sérieusement du monde.

Il croyait à une moquerie de sa part, mais le regard que lui lança Parkinson l'averti qu'elle était très sérieuse, et que son conseil paraissait s'adresser finalement à tous les résidents de Poudlard.


Hello ! ^^

Bon, on connait la mission qui incombe à notre pauvre Draco... est-ce que Hermione va trouver un moyen de l'en sortir ? Mystère...

Harry va peut-être commencer à poser problème pour Draco ^^^Et je ne parle même pas de Cormac !

En attendant la suite, je suppose que beaucoup sont en période de révision pour le BAC ou autres, alors merde à vous !

Et comme à mon habitude, merci pour vos avis et vos mises en favoris ! à très vite !