CARPE DIEM

TOME IV

SIXIÈME ANNÉE


III

Le message du centaure


Pour le premier jour en cours de Potion avec le professeur Horace Slugghorn, Hermione ne s'était pas attendu à commencer l'année aussi mal. Alors qu'à son habitude, elle levait la main pour répondre à une question – même si depuis que Weasley l'est traité de miss-je-sais-tout, elle s'était calmée quand à la participation – elle dû décrire une potion qui se trouvait dans un chaudron. L'humiliation fut de taille, quand elle comprit qu'il s'agissait de l'Amortentia – un philtre d'amour puissant – et que sans réfléchir, elle débita d'une traite l'odeur qu'elle sentait sortir du philtre; jus de citrouilles, cèdres et chèvrefeuilles.

Draco avalait tous les jours plusieurs verres de jus de citrouille, des cèdres aussi grands que le manoir longeait l'allée de la maison du garçon et la plante qu'il préférait était le chèvrefeuille. Hermione rougit furieusement en balbutiant et retourna à sa place, honteuse, mais se rembrunit très vite quand elle vit le jeune homme les yeux dans le vide, indifférent à tout ce qui l'entourait. Ce n'est seulement que quand Slugghorn parla d'une autre potion qu'il leva les yeux: la chance liquide, la potion qui pouvait vous faire gagner au loto à tous les coups. Perplexe, la sorcière ne lâcha pas son petit ami du regard durant tout le cours, agacé par son attitude de zombie et son seul intérêt pour une stupide potion. Il ne la regardait même plus, aujourd'hui !

-Que comptes-tu faire de la chance liquide, si tu réussis la potion ? Lui demanda-t-elle alors que le professeur venait de leur demander de préparer un philtre de mort vivante. Tuer Harry plus facilement ? Dit-elle, cynique.

Draco versa un ingrédient dans son chaudron en serrant les dents, silencieux. Hermione continua de le fixer méchamment sans se soucier de sa propre potion. De toute manière, Draco était le meilleur dans le domaine et elle était certaine qu'il allait gagner. Même si... même si Harry semblait se débrouiller à merveille, une table plus loin – enfin... s'il respectait la recette.

-Qu'est-ce que tu fabriques ?! Protesta-t-elle en criant après Harry, faisant réagir Draco par la même occasion. Il est écrit de couper, pas d'écraser. Tu fais n'importe quoi !

Plusieurs Serpentards ricanèrent, mais les Gryffondors semblèrent plutôt vouloir tous les tuer.

-Oh la vipère, la ferme ! Ce n'est pas tes affaires, alors déguerpis ! Cracha Weasley en fusillant la sorcière du regard. Occupes-toi déjà de ta potion, avant de t'occuper des autres.

Ses amis approuvèrent d'un hochement de tête.

-Je m'adressais pas à toi, le rouquin, alors détends-toi, répliqua-t-elle, venimeuse.

-Retourne à ta place, siffla le sorcier.

-Ne me donnes pas d'ordre, espèce de... !

-Assez ! Tonna la voix de Draco en arrière-plan. Éloignes-toi d'elle immédiatement, Weasley, où tu risques de te retrouver à l'infirmerie rapidement.

Le rouquin serra les dents mais dans un excès d'intelligence – étonnant de sa pars – recula d'Hermione. Il lui avait crié dessus en levant les mains et Draco avait immédiatement arrêté les hostilités. La jeune fille ne le remercia pas de son intervention et retourna à sa place, à côté de Pansy. Cette dernière lança un dernier regard glacial aux Gryffondor avant de passer à Draco, lui signifiant qu'il ne devait pas parler à Hermione, ni jouer les chevaliers en armures.

-Même sans le pendentif, tu aimes toujours autant Weasley, à ce que je vois, se moqua Pansy. C'est drôle, il se comporte exactement comme un chien de garde, avec Potter. Pas moyen de parler à l'un sans que l'autre rapplique. C'est pathétique.

-Et même sans le pendentif, je pense toujours à me débarrasser de ce crétin de roux, répondit Hermione sans réellement savoir si elle plaisantait ou non. Il n'apporte rien, ici.

-Si, si, les fous rires et les moqueries, sourit Pansy. Si sa sœur Ginny n'existait pas, tu crois que je m'éclaterais à Poudlard ? Absolument pas.

-Tu cherches les poux à cette fille ?

-Les quoi ? Demanda Pansy. Je crois que je la déteste plus que je te détestais, c'est pour dire !

-Heu... c'est possible ? Pourquoi, qu'a-t-elle fait, au juste ?

-Elle existe, marmonna la brune, furieuse. Honnêtement, j'ignore pourquoi, mais quand je la vois... j'ai envie de l'étrangler. Pis son attitude de chien baveux devant Potter... ça me fait bien rire !

Hermione n'osait pas lui dire que la sœur Weasley et Pansy se ressemblait sur un point; elles couraient après un garçon qui ne calculait rien. Dans un sens, c'était tant mieux pour Hermione, qui détestait la simple idée que Draco fréquente une autre fille qu'elle. Mais pour ce qui était de la fille Weasley... la Serpentard avait depuis longtemps remarqué l'intérêt qu'elle portait à Harry. Faut dire, elle le suivait comme son ombre, comme Pansy avec Draco. Seulement, jamais Hermione n'avait entendu Harry lui parler de la rouquine, ou si seulement une fille l'intéressait. À par Cho en quatrième année... c'était le calme plat pour le survivant, mais Hermione le voyait mal se soucier de sa vie amoureuse, avec Voldemort dans les parages. Et s'il devait en avoir une, ça ne serait pas une fille chétive qui s'évanouit à la moindre occasion. Vu les ennemies du garçon, la chanceuse devrait être munie d'un caractère de guerrière. Pas le profil d'un Weasley, c'est certain !

-Tu as senti quelle odeur, devant l'Amortentia ? Demanda subtilement Hermione à la brune, jetant dans son chaudron la racine d'asphodèle et l'infusion d'armoise.

Sa potion aurait dû prendre une couleur cassis, avant de pâlir progressivement. Visiblement, la jeune fille n'était pas assez motivée pour réussir.

-Pourquoi cette question ? S'étrangla Pansy en lui jetant un coup d'œil surpris. Je t'ai déjà dit que j'avais oublié Draco !

Hermione arqua un sourcil, incrédule. On n'oubliait pas un amour de jeunesse comme cas, d'un claquement de doigt.

-J'ai senti une forte odeur de sucre, répondit Pansy en levant les yeux au ciel. Tu vois, Draco déteste les sucreries ! Je ne sais même pas pourquoi j'ai ressenti ça puisque je m'intéresse à personne.

-Il n'y a même pas quelqu'un qui susciterait ton intérêt dans toute l'école ? Insista Hermione, rieuse. Vraiment personne ? C'est difficile à croire. Il y a le choix, pourtant ! Même dans les dernières années ?

-Ça suffit ! La fustigea la brune, toute rouge.

-Theodore Nott, par exemple ? Continua de la taquiner la sorcière. Mais tu peux trouver un garçon dans une autre maison, ce n'est pas interdit. Attends que je réfléchisse aux candidats potentiels...

-Granger, la ferme ! Marmonna Pansy.

-Michael Corner, alors !

-C'est un sang-mêlé ! S'écria Pansy. Et il sort avec la rouquine, justement.

-Dis donc, tu fais la commère à Poudlard, ou quoi ? Si jamais tu me dis avec qui sort l'autre abruti...

-Célibataire pour l'instant, mais la rumeur court qu'une fille s'intéresse à lui.

Hermione regarda son amie d'un air blasé.

-Tu me fais penser à un magazine ambulant. Si tu étais moldu, tu deviendrais paparazzi. Et Harry, tiens, j'aimerais bien savoir ce que tu en penses ?

-Potter ? Ria Pansy, moqueuse. Même célèbre, les filles ne se bousculent pas à ses pieds. Il a un côté sombre qui doit les faire fuir. Où alors c'est sa malédiction. Qui voudrait sortir avec l'ennemi numéro 1 du maître ?

-Pourquoi tu t'emportes au sujet de Potter ? C'était juste une question.

-Oui bah les questions sont terminées ! S'agaça la sorcière. Je vais chercher de l'armoise.

Elle contourna vite son pupitre et partit. Hermione leva un sourcil, perplexe quand au comportement de la sorcière, puis reporta son intérêt vers Draco. Une place plus loin, ce dernier s'activait avec son philtre de mort vivante. Dommage pour lui... Harry venait de terminer le premier.

...

Plus tard, alors que Draco venait d'abandonner Hermione pour «une affaire», la jeune fille s'enferma dans la bibliothèque plusieurs heures, cherchant encore et encore ce que pourrait être «l'étoile noire». Cela faisait plus de trois mois que Draco, Pansy et elle cherchaient, sans succès, et la sorcière commençait à désespérer. D'autant que depuis la rentrée, qui datait d'une semaine, Draco se comportait comme un zombie et ne lui adressait que peu la parole. Seules les fois où Hermione se faisait agresser verbalement par un Gryffondor, Draco intervenait en se comportant comme le petit ami qu'il était. Pour le reste... son fardeau se lisait sur son visage.

Au fil du temps, elle avait commencé à comprendre peu à peu la prophétie du centaure. Elle présageait que la menace était proche, et que Draco et elle joueraient un grand rôle dedans. Mais pour en être sûr, la sorcière devait absolument savoir qui pouvait être l'étoile noire. Fatiguée par tous les ouvrages qu'elle avait lus, Hermione referma brutalement le livre et enfouit son visage dans ses mains, en pleine réflexion. C'était sans espoir, toute seule !

Soudain, une illumination lui vint. Le contexte n'était pas idéal pour ce qu'elle s'apprêtait à faire, mais la Serpentard ne voyait pas d'autre alternative. Elle devait retrouver le centaure et l'obliger à lui en dire plus sur la prophétie. Elle devait sortir du château à l'insu des aurors et pénétrer dans la forêt interdite. Facile, n'est-ce pas !

-Range ton livre, ordonna-t-elle à Pansy Parkinson, assise en face d'elle, le nez plonger dans un volume. Nous sortons, ce soir.

Pansy la regarda comme si elle ne parlait pas la même langue, et Hermione l'ignora en commençant à partir. La brune se précipita à sa suite sans un mot, perplexe.

-Sort ta baguette, chuchota-t-elle.

La brune obéit sans faire le moindre commentaire, suivant la sorcière à pas feutrés, sortant dans la cour du château avant de se cacher derrière un mur de pierre. De l'autre côté, à quelques mètres, deux aurors montaient la garde, vêtus de longues capes noires.

-Tu m'expliques, avant de se faire tuer par ces hommes ? Chuchota Pansy. Où veux-tu qu'on aille, avec ces chiens de garde ?

-On va dans la forêt interdite. Il faut que je parle au chef des centaures.

-Mais il fait nuit ! Protesta-t-elle, agacée. On va franchir la barrière protectrice du château et personne ne saura où on est, si on rencontre des ennuis.

-On n'a pas d'option, désolée. Et nous sommes deux... personne ne devrait poser de problèmes.

-Parce que l'écusson de Serpentard fait fuir, cracha Pansy.

Sans prévenir la brune de son plan d'action, Hermione sortit de sa cachette brusquement et se mit à courir droit devant elle, fonçant vers les aurors. Pansy resta en arrière, médusée par sa témérité.

-Stupéfix ! Hurla-t-elle en neutralisant le premier auror, le prenant par surprise.

Le sorcier fut propulsé en arrière avant de retomber lourdement sur le sol, inconscient. L'autre homme réagi immédiatement à l'attaque et lança un sort, que la Serpentard évita de justesse en roulant au sol. Pansy finit par sortir de sa cachette pour venir en renfort, tentant de neutraliser l'auror. Elle allait tuer Hermione, après s'être occupé de l'auror !

-Repulso ! Cria l'homme en visant les deux jeunes filles.

Pansy se jeta de côté, tombant dans l'herbe et s'égratignant les bras et les genoux. Hermione ne fut pas assez rapide et reçut le sort en pleine poitrine, la faisant voler dans les airs. Quand elle toucha le sol, expulsant l'air de ses poumons, l'auror était déjà sur elle, baguette levée.

-Expelliamus ! Fit Pansy en rattrapant la baguette de l'homme. Stupéfix !

Le second auror s'effondra au sol telle une statue de marbre, et Pansy se précipita sur Hermione pour l'aider à se relever.

-Tu es suicidaire, pour attaquer des aurors ? Hurla la brune. Deux Serpentards attaquants des aurors... non mais je vois déjà nos têtes fichées, par salazar ! Tu as perdu l'esprit ! Inutile de te rappeler ce qui se trouve sur mon bras gauche, aboya-t-elle. Si on l'apprend, je peux saluer Lucius Malfoy de ta pars !

Hermione était toujours en train de reprendre ses esprits, indifférente aux cris de son amie. Elle se fichait des aurors, elles étaient resté dans l'ombre et les deux hommes ne pourraient les reconnaître.

-Allons-y, fit-elle en courant vers le sentier menant à la forêt.

La brune resta quelques secondes figée, ahurie par l'inconscience de la princesse des serpents. Elle finit par la suivre malgré elle, furieuse et totalement décontenancé par ce qu'elles venaient de faire. Neutraliser des aurors... si deux filles de sixièmes années pouvait le faire... qu'en était-il des véritables mangemorts ?! Poudlard était perdu d'avance...

...

Enfouit au plus profond de la forêt, les jeunes filles passèrent beaucoup de temps à retrouver la trace des centaures. La nuit rendait leur visibilité difficile et le moindre craquement les faisaient sursauter. Plusieurs groupes de chauves-souris les agacèrent un moment et Pansy, excédée, leur envoya un sort d'immobilité. Elle adorait les animaux mais il y avait des limites !

Quand elle franchit plusieurs racines aussi grosses que des troncs d'arbres, Pansy s'accroupit brusquement au sol, fouillant la terre de ses mains pour venir écarter les feuilles sur son passage. Dessous se trouvait plusieurs empreintes de sabots, et victorieuse, cria à Hermione de venir voir.

-C'est des traces fraîches, sourit Hermione en se relevant, époussetant sa jupe et ses collants.

À cet instant précis, comme s'ils les avaient entendu, une créature sortie tout droit de la mythologie se trouva devant elles, imposant et dangereux. Il devait atteindre plus de deux mètres et le haut de son corps humain était taillé comme une armoire à glace. À ne pas chercher, donc.

Hermione comme Pansy ne montra pas leur crainte, le défiant du regard.

-Il faut que je parle à votre chef de clan, commença Hermione en regardant droit dans les yeux la créature mi-homme mi-cheval. C'est urgent.

-Nous ne communiquons pas avec les humains, protesta le centaure en faisant claquer ses sabots dangereusement.

Ses yeux noirs luisirent dans la nuit, signe d'avertissement. Normalement, les centaures ne s'en prenaient pas aux élèves de Poudlard... mais en ces temps troubles, les traditions s'effilaient.

-Votre chef l'a fait, désolée, insista la Serpentard. C'est dans votre intérêt de m'aider... à moins que vous soyez faible et que les mangemorts aient réussi à vous manipuler. Mais j'en doute.

Furieux, le centaure disparut à travers les arbres avant qu'un autre apparaisse, plus grand, plus imposant, plus effrayant. Comme si c'était possible !

-Fille d'Eve, fit la créature en s'avançant lentement vers les deux sorcières. Je t'écoute.

Son ton signifiait son mécontentement. Elle devait faire vite.

-Rappelez-moi la prophétie, demanda-t-elle avec assurance.

Le nez du centaure frémit, visiblement agacé par le ton de la sorcière.

-«Quand la fille d'Eve portera le glaive, de ses yeux noirs, prendra la relève, de l'étoile noire», lui dit le chef des centaures d'une voix forte et sombre. Les humains sont donc si peu intelligents pour se souvenir ?! Gronda-t-il.

-Crétin ! Murmura Pansy tout bas, au point où Hermione ne fut pas sûre de l'avoir entendu.

-Qui est l'étoile noire ?

Hermione ne se laissait pas impressionner par le centaure. Son instinct la poussait à partir en courant, tremblant de peur, mais elle se fit violence, se comportant comme une Serpentard le devait face au danger. Avoir peur mais le cacher. La lâcheté n'était pas une option.

-Tu dois trouver par toi-même.

-Désolée, mais je manque de temps, là. Si je comprends tout, je dois prendre la place de l'étoile noire pour accomplir quelque chose... alors ?

-Tu es intelligente, tu peux trouver.

-J'ai mon idée mais ça me paraît impossible.

-L'étoile noire est plus proche que tu ne le crois.

-L'étoile fait référence à un nom, n'est-ce pas ? Compris Hermione. Quelqu'un qui porte le nom d'une étoile.

-Tu t'approches, gronda le centaure. Le noir désigne une âme déchue. Trouve cette personne et tu la sauveras de son destin.

Le centaure galopa entre les arbres et disparu comme il venait d'apparaître. C'était déjà une chance qu'il ait répondu. Hermione ne pouvait plus compter sur lui pour résoudre la prophétie.

-C'est moi ou je suis encore plus perdue qu'avant, souffla Pansy.

-Au contraire... c'est parfait, sourit Hermione. J'ai ce qu'il me faut, désormais.

Elle n'alla pas plus loin dans ses explications et fit signe à Pansy de rentrer. Il était plus de minuit et les aurors étaient sur le point de se réveiller, alertant les autres de supposés envahisseurs.

Rebroussant chemin, les filles pressèrent le pas, ayant l'impression que les centaures étaient toujours là, quelques pars, à les observer. Quand elles s'éloignèrent suffisamment et retournèrent sur le chemin menant à la sortie, une ombre apparût, et les jeunes filles s'armèrent immédiatement, pensant aux deux aurors de tout à l'heure. Quand la silhouette se fut suffisamment rapproché, Hermione et Pansy reculèrent d'un même mouvement, reconnaissant le sorcier de Beauxbâtons.

...

Draco Malfoy avait accepté la mission de Voldemort. Se tenant devant le mage noir, il avait plongé dans les yeux rubis de l'horrible créature et avait accepté de tuer Albus Dumbledore. Il l'avait fait car son père était désormais à Azkaban, que sa mère se retrouvait seule au milieu de mangemorts, et que Voldemort connaissait parfaitement l'existence d'Hermione.

Draco adhérait à la marque des ténèbres par amour, pas par principe. Mais ce fardeau qui pesait désormais semblait plus difficile qu'il ne le croyait.

En tuant le directeur de Poudlard, Draco n'allait pas seulement faire disparaître un homme, mais toute une institution et des valeurs. Et le sorcier savait qu'une fois la mission achevée... soit Voldemort gagnait la guerre, soit Potter tuerait Draco de sa propre main. Et l'un comme l'autre, aucune issu ne le réjouissaient.

En y réfléchissant, la présence d'Hermione dans sa vie changeait tout, pour le sorcier. Et il était parfaitement conscient que s'il n'avait pas traîné dans le chemin de Traverse, arrivant en retard chez Ollivander, sans doute sa vie aurait été radicalement différente. Sans doute serait-il devenu mangemort, mais à la différence qu'il en serait fier. Cette pensée le rendit malade.

Comment son père avait-il pu l'élever en lui inculquant la puissance des sangs-purs et la bassesse des sangs-de-bourbe ! La réalité était tout le contraire, et Hermione en était la preuve vivante. Née moldu, elle avait défié les règles établies et affrontée le danger pour Draco, délaissant toutes ses valeurs pour accepter celles de Serpentard.

Cette preuve d'amour lui suffisait pour effacer tous les principes de Lucius Malfoy et reconsidérer tout le monde sorcier. Il avait été décidé à tout lâcher, tout abandonner pour Hermione. Mais voilà que le destin l'avait rattrapé.

Pour que Hermione reste à ses côtés, il devait aider le mage noir. Mais en l'aidant... que lui arriverait-il ? Azkaban ou la mort ? Et que dirait Mione, dans l'histoire ? Comprendrait-elle ou le regarderait-elle comme un monstre ? C'était la plus grande crainte de Draco... bien plus que celle de ne pas réussir sa mission.

Devant la salle sur demande, le jeune homme regarda une dernière fois en arrière, afin d'être sûr de ne pas être suivi, puis entra, amorçant son plan pour réussir la mission du maître. Sombre et lugubre, Draco traversa la salle remplie d'objet usagé de toute sorte, se dirigeant droit vers l'objet de ses désirs; soulevant un drap pourpre, l'armoire à disparaître parût devant lui, immense et dangereuse. La guerre était sur le point de commencer.

...

Les deux sorcières de Serpentard sortirent leur baguette et pointèrent le jeune homme, prêt à le neutraliser. Ce dernier se contenta de les observer, les mains dans les poches, une longue cape noire sur les épaules, comme celle des aurors. Étrange.

-Bonsoir, mesdemoiselles, les salua-t-il en français, son accent typique du pays contrastant avec sa tenue de sorcier londonien.

-Qu'est-ce que vous faites ici ? S'écria Pansy, paniquée.

-Qu'est-ce que tu crois, lui dit Hermione sans lâcher le garçon des yeux, il est venue pour nous tuer, probablement. Reste à déterminer son camp, continua la sorcière en s'avançant, prête à jeter un sort. Alors ?

Le français sourit, peu impressionné par la menace que représentait Hermione. Excédée par son comportement, elle lui renvoya son sourire hypocrite avant de crier un sortilège, envoyant le sorcier mordre la poussière. Ce soir, elle était en forme et le combat la revigorait.

Le garçon prénommé Gabriel – s'il ne mentait pas – gémit en atterrissant sur le sol, mais un sourire moqueur barrait son visage.

-Tu as rodé près de ma résidence, et maintenant tu apparais dans cette forêt... qu'est-ce que tu me veux ? Puisque de toute évidence, ce n'est pas Malfoy que tu suis, mais moi.

Le garçon ne se releva pas, toujours dos au sol, de la terre plein les cheveux. Hermione s'approcha de lui et s'accroupit, attrapant la baguette du sorcier et l'examinant. Du bois de Tremble... La sorcière plissa les yeux en observant le sorcier, méfiante.

-Tu vas parler où je dois utiliser l'imperium ? Demanda Hermione avec suffisance.

-Granger ! Protesta Pansy en s'avançant prudemment.

Hermione leva la main, l'arrêtant net.

-Je sais ce que tu es, dit-elle en agrippant brusquement le bras gauche du garçon.

Retroussant sa manche, les filles découvrirent la marque des ténèbres, et Pansy hoqueta.

-Mais il... ! Il avait dit ne pas être... ! Comment tu as su qui il était ?

-Silence ! La prévint Hermione en tournant la tête vers elle. Ne dit plus rien.

Elle lâcha le bras du type avant de se relever, les deux baguettes en main.

-Pourquoi un mangemort me suis ? Aboya-t-elle. Pourquoi toute cette comédie au lac ? Tu cherchais quoi, en provoquant le fils Malfoy ?

-Il a menti, quand je lui ai parlé, souffla Pansy, furieuse.

-Je suis un mangemort, rigola le sorcier, haussant des épaules après s'être relevé. En quoi est-ce surprenant ? Et arrêtez de faire vos saintes-nitouches, quand l'une porte la marque et que l'autre baisse un mangemort.

Furieuse par les mots du sorcier, Hermione lui administra violemment une gifle du dos de la main.

-Je ne sais pas d'où tu sors ni pourquoi tu idolâtres Voldemort, mais sache que tu ne me fais pas peur. Pourquoi tu es ici ? Tu as été envoyé aux ordres de qui ?

Le dit Gabriel se frotta la joue en fronçant les sourcils. Il avait dû la sentir passer.

-Tu veux la bonne ou la mauvaise personne ? Sourit-il.

Hermione plissa les yeux, suspicieuse.

-Si tu es chargé de m'espionner...

-De quoi aurais-tu peur, au juste ? Tu sors avec Draco Malfoy, le fils d'un grand mangemort. Tu es sous la coupe du maître. Tu fais partie des privilégiés. Sauf si... tu joues la comédie et préfères le camp de Potter ?

-Moi au moins, je joue franc-jeu en matière de combat, se moqua-t-elle en lui balançant sa baguette. Je n'aurais pas dû pouvoir te désarmer avec le bois que tu as... ne t'inquiète pas, je découvrirais très vite qui tu es réellement. Viens Pansy... on rentre au château, fit-elle en attrapant le bras de la brune, s'éloignant du sorcier.

-Je ne suis peut-être pas le seul à mentir, rigola le sorcier de Beauxbâtons avant de transplaner sous leurs yeux.


Bien le bonjour !

J'ai pas mal de temps libre ces temps-ci alors j'en profite pour vous offrir plusieurs chapitres rapidement ^^ Peu me lise en ce moment avec les examens mais ça sera votre cadeau quand le calvaire sera fini :D

Alors j'ai eu une demande: une histoire entre Harry et Pansy. Ce n'était pas au programme, mais j'ai réfléchi à cette possibilité. Seul l'avenir nous le dira...

Ce Gabriel pose problème... qu'en pensez-vous ?

Une nouvelle idée sur l'étoile noire ? Hermione pense savoir, elle.

Merci pour vos commentaires, toujours apprécié comme en ouvrant un cadeau le jour de noël ! Merci à vous et à très vite !

Et un dernier mot: mes pensées pour Orlando et les familles des victimes.