CARPE DIEM
TOME IV
SIXIÈME ANNÉE
V
Ami-ennemi
-Ce Gabriel est complètement taré ! Se plaignit Pansy une fois rentré dans sa chambre, se vautrant sur son lit d'un air désespéré. J'en ai croisé des mecs tordus, crois-moi, mais celui-là vaut la palme d'or. Et il ne s'est pas caché d'avoir servi le maître de son plein gré ! Je pensais le professeur Rogue flippant, mais lui... !
-Oui, il est flippant, répliqua Hermione en soupirant, refermant la porte de leur chambre en poussant le verrou. On ne sait pas sur quel pied il danse alors méfions-nous de lui. Je ne fais plus confiance en Dumbledore pour que l'un de ses «espions» nous surveille sans que je m'en inquiète. J'ai quelque chose à te montrer, de plus important que l'ex mangemort devenu espion.
Intriguée, Pansy se redressa sur son matelas et se poussa pour laisser Hermione s'asseoir. Elle lui montra son téléphone et ce qu'il affichait sur l'écran. Mince, c'était comme un parchemin, mais façon moldu ! Un peu comme la télévision, mais en plus petit. Fascinant... ! Dire que Pansy avait méprisé le monde de Granger ! Mais les moldus avaient une vie plus cool qu'eux !
-L'étoile du dragon, lu-t-elle à voix haute, penché sur le portable. L'une des constellations les moins brillantes. Pourquoi tu me fais lire ça ?
-L'étoile la moins brillante, répéta Hermione lentement. L'étoile noire. Tu saisis ?
-Attends ! S'exclama Pansy en se relevant brusquement sur ses genoux. Le dragon... tu veux dire Draco ! C'est de lui que la prophétie du centaure parle ?
Hermione approuva, éteignant son téléphone. Elle n'était pas surprise que la brune devine rapidement. Contrairement à qu'on racontait sur leur maison, les Serpentards étaient bien plus intelligent que les autres. Plus stratège et fourbe, certes, mais au final, ce sont eux qui tiraient l'épingle du jeu.
-La fille d'Eve, c'est moi et l'étoile noire, c'est Draco, donc logiquement, je dois le remplacer pour quelque chose.
-Tu veux plutôt dire pour sa mission, lui dit Pansy sombrement, pensive. Je crois que tu dois empêcher Draco de tuer Dumbledore. Non, désolée, je ne le crois pas, j'en suis certaine.
-Oh merci Parkinson, jamais je n'avais pensé à faire ça ! Cracha-t-elle, sarcastique.
-Arrête, je rigole pas. On ne peut pas le laisser faire ça. Et même si je me fous du sort du directeur, je ne souhaite pas sa mort, et encore moins que Draco se salissent les mains pour un ex Gryffondor. On doit absolument trouver un moyen de l'arrêter et le protéger du maître, qui voudra alors le tuer. C'est de ça qu'il s'agit ! On doit protéger Draco.
-Et comment, en tuant Voldemort ? Pesta Hermione. Bonne chance ! On doit surtout s'enfuir, oui ! Combien de fois l'ai-je soufflé à Draco ! Mais il ne m'écoute jamais !
-Les Serpentards ne sont pas lâches ! Protesta Pansy furieusement, fronçant les sourcils. Jamais Draco ne voudra fuir ses responsabilités. Et puis il ne partira pas sans Narcissa et Lucius.
-Alors on a moins d'un an pour trouver une autre solution, se lamenta Hermione.
-Cool, tu ne donnes pas la pression, Granger ! Ironisa Pansy, la frappant à la tête. Mais quand même, tu ne trouves pas ça étrange, qu'une prophétie parle de vous deux ? À croire que vous étiez destinés à sortir ensemble !
-Qui sait ! Répondit Hermione en haussant des épaules. Le destin ne répond à aucune logique, après tout.
...
Plus les mois s'écoulaient, et plus Hermione devenait maussade, calquant l'attitude qu'arborait Draco en permanence depuis la rentrée. Le jeune homme devait trouver un moyen de tuer le directeur de Poudlard à dessein de voir toute sa famille mourir... puis se voir tuer à son tour. Mais Hermione savait que sa crainte première était sa propre sécurité. Ce qu'elle n'acceptait pas. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour elle. Sorcière née moldu, elle était vulnérable face au grand mage, elle et Draco le savaient, mais d'une manière ou d'une autre, elle avait toujours réussi à aider Harry sans qu'aucun mangemort ne la soupçonne. Elle était plus intelligente, plus maligne, plus forte. Elle devait le prouver à Draco.
-Deux bières aux beurres, demanda-t-elle une fois installé au bar des Trois Balais.
-Par Merlin, regardes qui vient infester le bar, ricana Pansy en poussant du coude son amie. Le monde des sorciers est décidément trop petit.
Plus loin, Harry Potter et Ronald Weasley venaient de s'asseoir à une table, côte à côte. Les deux Gryffondors ne les virent pas les fusiller du regard et commandèrent la même chose qu'elles. Harry fixait un point devant lui et la sorcière devinait qu'il s'agissait du professeur Slughorn, un sorcier très énigmatique.
-On devrait interdite la reproduction, chez certaines familles, continua la brune en serrant les dents, lorgnant désormais sur la sœur Weasley, assise dans un coin d'ombre, en compagnie d'un autre Gryffondor.
-Ce n'est pas très gentil pour les autres roux de la planète, marmonna Hermione en souriant, moqueuse. J'ai croisé un roux une fois, un moldu, et à la vérité, il était étonnamment très sexy, avec sa barbe de trois jours.
-Un moldu, de surcroît roux et sexy ? Impossible ! Assura Pansy.
-J'étais aussi choqué que toi ! Ricana la sorcière, voyant Weasley tourner la tête vers elles. Tiens, il sait qu'on parle de lui ! Bonjour Weasley ! Dit-elle à haute voix en bougeant la main.
-Oh le regard de tueur ! S'esclaffa Pansy quand le Gryffondor se leva de sa chaise en serrant les poings, les fusillant d'un regard noir. Pourquoi être poli, si on obtient cette réaction, franchement !
-Difficile de bien élever tout un troupeau... Oh, le rouquin s'amène. Fait comme s'il n'était pas là, chuchota Hermione en se retournant, prenant sa bière au beurre.
Les deux Serpentards firent mine de raconter une blague hilarante quand le sorcier s'approcha d'elles et frappa de son poing le bar près de Pansy. Il braqua ses yeux sur elles mais ne dit rien, se contentant de les regarder pour les intimider. La blague. S'il croyait qu'il avait réussi à les effrayer l'autre fois, sur le terrain de Quidditch... !
-C'est pour quoi ? Demanda Pansy en faignant l'étonnement. Tu essayes peut-être l'hypnose ! S'exclama-t-elle ensuite, se tournant complètement vers lui. Vas-y, je suis prête.
Rieuse, elle approcha son visage du Gryffondor et attendit, les yeux dans les yeux. Après quelques secondes, elle s'écarta en sifflant, moqueuse.
-Je suis vraiment désolée Weasley, dit Pansy d'un ton condescendant en lui tapotant l'épaule, mais même un première année aurait fait mieux. Mais courage, tu as encore deux ans pour apprendre les élémentaires.
Hermione savait que le sorcier était sur le poing de craquer, mais se moquer de lui était trop tentant. Et après ce qu'il lui avait fait au stade de Quidditch, il pouvait courir pour qu'elles l'épargne.
-Fiches le camp ou tu ne recevras pas seulement des moqueries, cracha soudain Hermione en cessant de sourire.
Weasley braqua alors ses yeux vers elle, depuis tout à l'heure trop furieux après Pansy pour s'occuper d'elle. Sa main le démangeait et elle le savait. La sorcière sortie donc la première sa baguette, se contentant de la poser sur le bar, faignant l'innocence.
-Je ne pense pas que tu tenterais quelque chose avec un public derrière, dit-elle.
En effet, Harry s'était levé, s'approchant du groupe. Il regardait son meilleur ami en secouant la tête.
-Je suis désolée, cette fois, c'est nous qui avons amorcé les hostilités, expliqua Hermione en se levant. Je peux te parler, Harry, en privé ?
Furieuse, Pansy fronça les sourcils mais Hermione lui fit signe de rester là.
-Touche-la d'une manière ou d'une autre, et je jure d'utiliser la magie noire contre toi, siffla-t-elle ensuite à l'oreille du rouquin. Tu viens, Harry ?
...
-Je ne t'avais pas demandé de faire un effort, avec Ron ? Le sermonna Harry, une fois seuls dans un local au fond du bar. Comment veux-tu que je daigne seulement tolérer ton petit ami si tu menaces mon ami sans cesse !
-C'est lui qui s'excite tout seul, marmonna Hermione en croisant les bras. Ce n'est quand même pas notre faute s'il a des oreilles de vampires, pour nous entendre de l'autre bout du bar !
Harry la regarda en arquant un sourcil. Elle arrêta, soupirant. C'était inutile de continuer cette conversation sans que le garçon s'impatiente.
-Très bien, je promets de faire des efforts avec ton crétin... enfin ton ami. Mais il doit tout autant arrêter ses menaces de mort, c'est compris ?! J'en ai ma claque de devoir surveiller mes arrières quand il est dans les parages.
-Des menaces ? S'étonna son ami. Pas Ronald, dit-il en secouant la tête négativement.
-Attends que la guerre éclate et tu verras qui il est vraiment, cracha-t-elle. Bref, ce n'est pas de ton ami que je suis venue te parler, mais de Draco.
-Quoi, il t'interdit de me parler, pour changer ? Désolé de te le dire, mais de toute manière, tu ne te soucie pas beaucoup de moi, ces derniers temps, dit-il presque en boudant.
-Mais je me soucie de toi en permanence ! Je ne fais que ça, depuis six ans, figures-toi ! Bon... en dehors de la période où je portais le pendentif. Là, je voulais te tuer.
-Pardon ? S'étrangla Harry, sidéré. Par pitié, ne m'annonce pas qu'à cette période, tu as fait l'erreur de... merde ! Jure-moi que ton bras est vierge de toute marque !
-C'est pas le propos, s'agaça Hermione d'un air dédaigneux. Je te parlais de Draco.
-Qu'est-ce qu'il a encore ? Renifla Harry.
-Voldemort lui a confié mission impossible. Quoi, tu connais même pas le film ? S'exclama-t-elle en voyant la tête que faisait son ami. Mais d'où tu sors !
-D'un placard, répondit Harry d'une voix dure. Quelle est sa mission ?
-Tuer Dumbledore, souffla-t-elle, le regardant avec nervosité.
Harry la dévisagea un moment, blêmissant à vue d'œil.
-Et s'il ne réussit pas, il sera tué, ajouta-t-elle, pensant allégé la nouvelle et défendre Draco. Ainsi que ses parents.
-Alors qu'il se fasse... !
-Non ! Hurla Hermione en reculant d'un pas, terrifiée. Jamais ! Il ne mourra pas ! Assura-t-elle en serrant les dents. Je t'en prie Harry, j'ai besoin que tu l'aides !
-Alors tu préfères qu'il tue !
- Je ne sais pas comment le protéger ! Je vais tout faire pour l'en empêcher, mais...
-Oh, bien sûr, Hermione. Et comment tu vas faire ? Ton plan ? Demanda Harry méchamment.
-Je... j'ai pas encore... balbutia-t-elle.
-Moi, mon plan, ça va être de tuer Malfoy, déclara le sorcier d'un ton sans appel. Comme ça, il y aura un petit con en moins et trois personnes de sauvée, bien que le sort de son père me soit indifférent.
-Je suis venue t'en parler pour que tu l'aides !
-Trop tard ! Son problème est sans issue. Dumbledore mérite mon soutien.
-Fais ça et tu te trouveras une nouvelle ennemie ! Cria-t-elle. Laisses-moi m'occuper de ça, Harry. Tu ne veux pas m'aider, d'accords, mais ne lui fait pas de mal ! Je... je trouverai vite une solution
-Cette fois, tu ne résoudras pas le problème, rétorqua son ami, implacable.
Hermione voulut le retenir en agrippant son bras, mais Harry la fit lâcher prise brusquement en lui lançant un regard noir, puis il la laissa et partit sans se retourner.
C'était la première fois que la jeune fille se sentait terriblement seule.
...
Draco passa la porte des Trois Balais avec la ferme intention d'en ressortir très heureux. Pour cela, il commanda un whisky Pur Feu. Enfin, il en commanda plusieurs... mais il ne savait plus trop où il en était avec les verres.
Crabbe et Goyle étaient venu le voir ce matin, accompagné d'un message du maître en personne. Rien qu'à l'annonce de l'expéditeur, le sorcier avait senti son cœur s'arrêter et sa vision se troubler. Ne laissant rien paraître pour autant, il avait écouté d'un air hautain et ennuyé le message des deux mangemorts sans sourciller, les renvoyant ensuite aussi vite qu'ils étaient apparu. Puis Draco était parti se réfugier dans un couloir vide, frappant violemment de son poing le mur en pierre. Des marques marbraient encore son poing pour preuve.
Depuis, l'air hagard, il profitait de la sortie à Près-au-lard pour venir se saouler dans ce bar, priant Merlin et Salazar que personne ne vienne l'interrompre dans sa quête du désespoir. Le message du maître était on ne peut plus clair: il devait agir maintenant. Et il était inutile au grand mage d'ajouter quoi que ce soit d'autre, Draco lisait entre les lignes. S'il ne mettait pas un plan à exécution ce week-end quelqu'un payerait très cher. Son père, sa mère ou Hermione et Pansy. Tous ceux qui comptaient pour lui et qui le feraient souffrir s'ils venaient à mourir. Draco savait par qui le maître commencerait, et comment il agirait. Après tout... autant d'élèves travaillaient pour Voldemort que pour Dumbledore.
-Encore un, fit-il au barman en désignant son verre vide.
L'homme remplit à nouveau son verre d'un whisky Pur Feu sans un mot, mais leva les yeux au ciel quand Draco chancela en voulant boire une gorgée. Il posa finalement ses bras sur le bar et laissa tomber sa tête en avant, la chaleur comprimant ses poumons et le tournis le rendant nauséeux. Pourtant, il accueillit ce sentiment avec joie, profitant de l'effet de l'alcool pour ne plus penser à rien. Absolument à rien.
-Je veux mourir, gémit-il contre le bois du bar, fermant les yeux au point d'avoir mal.
Il n'était pas suicidaire, et malgré tout ce qu'il avait vécu depuis toujours, il n'avait jamais songé à partir de cette façon. De toute manière, il ne pouvait pas mourir. Qui s'occuperait de sa Mione, alors ! Et pour vivre... ou plutôt mourir à jamais avec Blaise... certainement pas. Son meilleur ami lui manquait, mais il n'oubliait pas non plus qu'il ne s'arrêtait jamais de parler et surtout, de lui faire la leçon pour tout. En particulier au sujet d'Hermione. Alors bon... il était bourré, mais pas au point de se lancer un sortilège. Ce serait drôle, quand même, non ! Pouvait-il seulement se désarmer tout seul ? S'il testait ce sort, serait-il éjecté à l'opposé de sa baguette ?
Amusé par ses questions existentielles, il fut hélas interrompu par un abruti, qui lui secoua l'épaule pour le réveiller. Draco grogna mais ne bougea pas, maudissant l'abruti en question.
-Laissez-moi mourir en paix, putain !
-Parfait, ça m'arrange, répondit une voix que le sorcier reconnu comme celle du survivant.
Génial, voilà qu'arrivait le responsable de tous ses malheurs ! Parce que oui, Potter était bien responsable de tout ce merdier ! Psss, pourquoi le maître ne tuait pas ce crétin et passait à autre chose ? Pourquoi Draco devait se mettre au milieu de toute cette connerie ?! S'il avait su, il aurait insisté pour aller à Durmstrang. Enfin... en emmenant Mione, hein. Ah ouais, mais avec Krum... par Salazar, il y avait toujours un con pour s'interposer.
-Si tu veux pas que je t'éclabousse, Potter, dégage de là, soupira Draco en sentant la nausée revenir.
-Après ça, répliqua le sorcier d'un ton qui déplut au blond.
Il eut à peine le temps de cligner des yeux que Potter lui décrocha un violent coup de poing en pleine mâchoire, prenant tout son élan pour le percuter. Le geste lui renversa la tête sur le côté et il percuta le bois du bar, faisant craquer l'os d'un son assourdissant. Pour le peu de personnes qui étaient restées en cette fin de journée, ce fut le choc et l'inquiétude.
-Ça fait six ans que je cherche pourquoi Hermione s'intéresse à toi. Mais là, tu as touché le fond, dit Potter d'un ton glacial.
Draco cracha du sang sur le bar, ignorant les regards inquisiteurs et le responsable de sa douleur. Il vérifia sa mâchoire d'une main, s'assurant qu'elle n'était pas fracturée, et posa ensuite les yeux sur son agresseur, fou de rage.
-Quoi, tu attends une invitation pour trouver le courage de me tuer ! Ricana Draco en crachant à nouveau du sang.
Par Merlin, c'était super douloureux ! Même s'il arrivait à paraître simplement furieux, il était à deux doigts de crier tant la douleur se propageait partout. Il était bon pour voir Pomfresh à tous les coups.
-J'attends que ça, répondit Potter en serrant à nouveau son poing meurtri, prêt à le cogner une fois de plus. Tu n'imagines même pas les problèmes qui s'envoleront avec toi.
-Fais-moi ce plaisir, je t'en prie, ricana le blond en se massant le menton, grimaçant.
-Ça suffit ! S'écria une voix féminine derrière eux.
Affolée, Hermione poussa Potter de son chemin et se précipita sur Draco, posant une main sur sa joue et l'autre sur l'arrière de sa tête, d'un geste maternel et protecteur. Draco était tellement happé par l'alcool et la douleur qu'il soupira de soulagement en s'appuyant sur sa petite amie, se foutant royalement de son ego.
-Je le répète, ça suffit, ici ! Continua la voix féminine, se montrant enfin.
La responsable des Trois Balais leur hurla dessus et les obligea à quitter tous les trois son bar, sous les regards estomaqués des clients. Quand Draco sentit le froid de l'hiver s'engouffrer sous son long manteau, la douleur se fit plus vive, et il chancela, retrouvant l'équilibre grâce au soutien de Mione.
-Vas-t'en ! Entendit Draco pendant qu'il crachait un nouveau filet de sang dans la neige. Tu en as assez fait comme ça, je ne veux plus te voir !
Relevant la tête, il vit Potter tourner les talons d'un air étrangement coupable, tandis que sa petite amie le fixait comme elle fixerait un ennemi. Que se passait-il, par salazar !? Il voulut ouvrir la bouche pour la questionner mais sa bouche pâteuse, ajouté à la douleur, le fit changer d'avis. Pourquoi avait-il bu autant, déjà ?
-Draco, tu me fais peur, tu m'entends ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Elle était paniquée et il ignorait pourquoi. Jusqu'à ce qu'il se sente chancelé vers l'avant et manqué de peu de se manger le sol. Hermione le retint difficilement par une épaule en poussant un soupir, l'air de vouloir le lâcher à tout moment tant il pesait pour elle.
-Seigneur, mais tu as bu ! S'exclama-t-elle, reniflant avec dédain. Mais qu'est-ce qui t'a pris, merde !
Jamais Hermione ne parlait comme ça. Inquiet, Draco tenta de se redresser mais finit par poser un genou sur le sol, épuisé.
-Désolé, dit-il simplement, l'air coupable.
-Ce n'est rien, marmonna-t-elle en soupirant, agenouillée elle aussi dans la neige. C'est plutôt moi qui devrais m'excuser. C'est ma faute si Harry t'a frappé.
Il ne comprenait pas tous les mots de sa Mione. Son cerveau fonctionnait au ralentit et il ne pouvait que déchiffrer ses expressions faciales. Comme elle était belle, avec sa cape émeraude et ses longs cheveux caramel. Presque aussi blanche que la neige, sa peau contrastait avec ses joues et ses lèvres, roses et rouges. Il voulait l'embrasser. Mais... il était trop éméché pour ça. Enfin il le pensait.
-Pourquoi tu étais aux Trois Balais, Draco ?
Pourquoi était-il au... ? Ah... il se souvenait pourquoi. La mission. La menace qui planait sur ceux qu'il aimait, principalement la fille qui se tenait à ses côtés, les mains sur son cou, douce et aimante.
Merde, il devait tuer Dumbledore et vite !
-Une... une course à faire, répondit-il avec peine.
Si jamais Potter lui avait cassé une dent, il allait accomplir deux meurtres cette année, il le jurait !
-Et ça impliquait plusieurs verres d'alcool ? Lui reprocha Hermione en grinçant des dents. Draco, je...
Hésitante, elle le regarda un moment, le regard hanté par quelque chose qu'il ne comprit pas. Puis elle finit par soupirer et se relever, effaçant la neige de sa cape et de sa jupe. Elle lui tendit ensuite la main et il se releva à son tour.
-Viens, on rentre...
Draco attira Hermione contre lui alors qu'elle s'apprêtait à le tirer en direction de la sortie de Près-au-lard. Il ne l'avait pas prise dans ses bras depuis la rentrée. C'était trop dur loin d'elle, il avait besoin de son corps, de sa chaleur, de son souffle et de son odeur. Il était comme un petit garçon perdu et maintenant que Hermione était là, il voulait remonter le temps jusqu'à l'été dernier et jamais accepter la mission qui lui avait ensuite été confiée. Il voulait simplement finir l'année, avoir sa Mione auprès de lui et ne jamais devoir se salir les mains pour un détraqué. Mais c'était un souhait... pas la réalité. Alors il serra la sorcière contre lui en enfouissant son nez dans ses cheveux un long moment, sachant que peut-être, il ne le referait pas avant longtemps. Ou peut-être jamais.
-Viens, Draco, lui souffla Hermione d'un air troublée en s'écartant de lui, lui tirant à nouveau la main.
-Non, répondit Draco malgré lui. J'ai quelque chose à faire, avant.
Quoi exactement ? Boire jusqu'à tout oublier, c'était fait, alors maintenant qu'il était plus gai qu'à l'ordinaire...
-D'accord.
Surpris, Draco regarda Hermione sans comprendre le ton de sa voix. Elle semblait résignée. Pourquoi le regardait-elle comme s'il se rendait à l'échafaud ?
-Je fais très vite, ajouta-t-il avant de retourner sur ses pas, marchant difficilement tant la douleur de sa mâchoire et de son crâne était puissant.
Il se souvenait, maintenant. Il avait une mission à accomplir, et son plan était en marche. Il lui suffisait juste de trouver un bouc émissaire. Ensuite, il courait rejoindre Hermione... jusqu'à ce que les aurors viennent le chercher et l'emmènent prendre ses quartiers aux côtés de son père.
...
Hermione suivit des yeux Draco rejoindre les Trois Balais d'un pas chancelant, puis pousser la porte et s'engouffrer à l'intérieur. Elle ignorait de quoi retournait son affaire urgente, mais elle savait que cela concernait sa mission. Devait-elle intervenir maintenant ? Elle avait déjà assez fait de bêtises en allant chercher Potter. Cette initiative aurait pu être fatale à Draco, tant Potter avait été furieux en découvrant la mission que lui avait confié le mage noir. La sorcière regrettait être venue le voir pour se confier. Maintenant, elle était simplement furieuse contre sa réaction violente.
Commençant à avoir froid, Hermione cessa de fixer la tache écarlate qu'avait laissé Draco dans la neige, et décida de rentrer au château. En faisant plusieurs mètres, elle croisa la route de plusieurs élèves de Gryffondors et Poufsouffles. Ils semblaient déjà savoir que Potter avait mis le prince des Serpent à terre. Cette idée la fit rager et elle fusilla les rares élèves qui osèrent lui lancer des regards amusés.
-Bonjour, Hermione.
Soulagé, la sorcière découvrit non loin du groupe Hagrid, qui venait à sa rencontre. Pour une raison inconnue, elle était la seule Serpentard à mériter la loyauté du géant, malgré le fait que Ronald Weasley jure tous les grands sorciers qu'elle était aussi mauvaise que Voldemort lui-même. La rancune du garçon ne semblait pas préoccuper le gardien de chasse, qui lui sourit chaleureusement quand elle s'approcha.
-J'ai croisé Harry, il y a quelques minutes, poursuivit-il, inquiet. Il s'est passé quelque chose entre vous ?
Perspicace, comme toujours.
-Harry s'en est pris physiquement à Draco, répondit-elle entre ses dents. Il n'avait jamais perdu le contrôle de cette manière.
-C'est étonnant, effectivement. Venant de Ronald, pourquoi pas, mais Harry... !
-Je suis entièrement responsable, avoua Hermione en triturant ses ongles. Je me suis confié à Harry mais je n'aurai pas dû. Je pensais pouvoir lui faire confiance. C'est une erreur que je ne referai pas, assura-t-elle d'une voix dure.
Hagrid fronça les sourcils, ne semblant pas heureux d'entendre cela.
-Y a-t-il un rapport avec...
-Tout le monde sait qui est le père de Draco et ce qu'il est, lui dit Hermione en voûtant les épaules. Harry sait que... que Draco suit les pas de Lucius, mais pas par envie mais par obligation. Alors... on va dire que c'est difficile en ce moment entre Harry et Draco. L'un comme l'autre me demandent de rejoindre tel ou tel camp et je... c'est évident qui je suivrais, quoiqu'il se passe. Alors oui, Harry et moi... on ne sera plus amis comme avant.
-Je vois, soupira tristement le géant. J'espère que cette guerre va bien se finir. Je crois que beaucoup de sorciers sont dans ton cas; ils suivent le mauvais chemin par obligation, parce que quelqu'un qu'ils aiment y est contraint. Au final, beaucoup d'amis se confronteront dans la bataille finale.
-Tout ça à cause d'une poignée de sorciers aux idées très divergentes, renchérie Hermione. Vous pensez que je devrais me battre contre Harry, un jour ? S'enquit-elle.
-Je ne connais pas le futur, mais j'ai déjà vu de bons amis se trahir, oui.
Cette idée la fit réagir. Trahir, elle savait faire. Elle venait de le faire en venant demander de l'aide à Harry. Elle l'avait fait plusieurs années auparavant en cachant à Draco ses origines moldus.
Soudain, un cri strident brisa le silence. Alarmés, Hagrid et Hermione accoururent vers les appels à l'aide, et découvrir deux jeunes filles sur le sol enneigé. L'une était inconsciente et l'autre la secouait, totalement paniquée.
-Je lui avais dit de ne pas y toucher ! Répéta en boucle la jeune fille en tournant la tête vers les deux nouveaux arrivants. Je l'avais prévenue !
À ses pieds, une sacoche en cuir laissait entrevoir un collier aux pierres bleu roi. Hagrid ordonna aux deux filles de ne pas y toucher et prit dans ses bras l'inconsciente, l'emmenant au plus vite au château. Hermione attrapa l'autre fille par le bras, attendant des explications.
-Où a-t-elle eu ça ?
-Aux Trois Balais, révéla la jeune fille, toute tremblante. J'ignore qui lui a confié, mais je sais qu'elle devait le remettre à Albus Dumbledore.
-Tu en es absolument sûr ?
La fille hocha de la tête avant de rejoindre Hagrid et son amie. Hermione se retrouva seule, en pleine réflexion. Les Trois Balais... Seigneur... Hermione savait qui lui avait remis le colis et pourquoi la fille s'était évanoui. Pourquoi n'était-elle pas simplement morte ? Draco avait-il délibérément fait une erreur dans le sortilège ?
Pleine d'espoir, Hermione suivit les traces qu'Hagrid avait laissé dans la neige, et rejoignit le château, avec la ferme intention de questionner Draco à son retour. S'il décidait vraiment de désobéir au maître... Hermione l'aiderait, quoi qu'il en coûte. S'ils devaient pour ça fuir loin d'ici, elle le ferait. Quitte à tout quitter.
Bonjour/ Bonsoir ! Oui... un peu de retard. Les exams, les réinscriptions, le déménagement, la recherche d'appartement... et les vacances. Bref, un petit répit avant de reprendre le rythme. Enfin, je ne vous promets rien, j'ai toujours pas trouvé de studio pour septembre, alors j'ai besoin de temps pour ça.
Bref, sinon, que dire de ce chapitre ? Un changement de relation entre Hermione et Harry ? Cela va-t-il empirer ?
Draco toujours aussi torturé par sa mission mais se souvenant avoir quand même le soutien de Mione. Non, il n'oublie pas sa chérie ^^
La suite ? Le dîner chez le professeur Horace Slughorn et le début des horcruxes et bien d'autres... Le scénario va changer.
Voilà, et toujours merci pour votre soutien ! Bonnes vacances et actuellement, bon Euro 2016 ^^
