CARPE DIEM
TOME IV
SIXIÈME ANNÉE
VII
Tension
-Pourquoi refuserais-tu de venir ? C'est la seconde fois que tu évites ces soirées, et moi j'en ai marre ! Qu'est-ce que je vais faire, moi, toute seule !
Son air misérable fit soupirer Draco, qui regarda Mione d'un air de reproche. Il avait compris depuis un certain temps que la jeune fille usait souvent de son charme pour l'amadouer. Et paix à son âme, il y succombait à chaque fois.
-Tu es bien plus doué que moi en relation sociale, marmonna-t-il. Tu ne vas pas t'ennuyer, Mione.
-Mais je ne pourrais pas m'exhiber à ton bras ! S'entêta-t-elle en boudant, faisant la moue et croisant les bras. Je ne ferais qu'engloutir des amuse-gueules toute la soirée et supporter les badinages des garçons qui profiteront de ton absence pour me parler. Tu crois sincèrement qu'ils n'oseront pas ?
Le jeune homme pensait que les bibliothèques servaient aux étudiants pour étudier dans le calme et le silence. Visiblement, cette notion échappait complètement à Hermione, qui ne chuchotait nullement.
-Arrêtes, Mione, je ne peux pas venir, la discussion est close.
Il se leva de son siège, referma le livre de potion qu'il lisait et fit signe à la sorcière de se lever à son tour. Mais la petite entêtée resta assise, lui lançant un regard assassin.
-Pendant que tu t'amuseras – ce que j'espère pour toi – moi je retournerais... tu sais où... pour faire tu sais quoi. Alors non, je ne peux pas me permettre de perdre mon temps.
Excédée, la jeune fille se leva en soupirant, une moue toujours collée aux coins des lèvres. Le jeune homme jeta un coup d'œil autour de lui avant de prendre Hermione dans ses bras et lui coller un bisou sur le front. La sorcière arrêta de faire la tête et un sourire réapparu sur ses lèvres, ce que Draco voulait voir depuis tout à l'heure. Il n'aimait pas la contrarier, même s'il était très doué dans le domaine.
-Même pas une toute petite heure ? Insista Mione en penchant la tête en arrière.
-Pas même une minute. Je préfère encore que tu ailles à la soirée avec saint Potter plutôt que j'échoue à réparer l'armoire et que tu sois la cible du maître.
Le regard que lui lança Mione le troubla.
-Alors j'irai avec lui, dit-elle sérieusement. Non, ne me fait pas ton regard de tueur, ça ne marche jamais avec moi. Tu préfères que je demande à Cormac ?
Pour toute réponse, Draco attrapa sa nuque et l'embrassa dans un baiser passionné, mordant sa lèvre inférieure, afin de lui faire comprendre que toute option ne lui plaisait guère.
Si sa Mione devait aller absolument à la soirée du professeur Slughorn accompagnée, il préférait encore Potter. Malgré sa jalousie maladive, une partie de sa conscience lui disait que le garçon n'était pas amoureux de Mione. Bien. Sinon, Potter serait mort bien avant que le maître mette la main sur lui. Foi de Malfoy.
...
Harry Potter venait à peine de sortir de sa salle commune qu'une tornade de cheveux caramel lui tomba dessus, le faisant bondir en arrière. Quand son esprit comprit qu'il s'agissait d'Hermione et non d'un ennemi, le sorcier se calma, lui souriant un peu, craignant qu'elle ne soit là que pour lui reprocher encore quelque chose.
-Bonjour Harry, sourit la jeune fille joyeusement.
Le garçon se demandait sérieusement si son amie ne souffrait pas d'un problème de personnalité. D'une journée à l'autre, il ne savait jamais comment la jeune fille réagissait en sa présence. De plus, il avait remarqué depuis très longtemps qu'elle avait le même comportement avec les autres, y compris Malfoy. Parfois elle l'admirait, parfois elle le craignait. C'était un problème que le sorcier ne rencontrait qu'avec une autre personne: Ron.
Ronald était son meilleur ami, il était loyal, intelligent, drôle, très bon stratège et avait parfois de bonnes idées. Mais quand il se trouvait en face d'Hermione Granger, Ronald changeait radicalement de comportement, et Harry avouait qu'il se comportait comme un petit con avec la Serpentard.
La jeune fille lui avait déjà expliqué pourquoi Ron agissait ainsi; selon Albus Dumbledore, si Hermione avait été à Gryffondor, elle aurait fini avec Ronald, et ce serait Malfoy qui aurait tourmenté la jeune fille. Drôle de parallèle. Harry imaginait très mal son ami avec Hermione. Ils étaient loin de se ressembler, et même s'il détestait Malfoy, le sorcier de sang-pur correspondait bien mieux à la jeune fille, puisque tous deux se disputaient la première place en terme de notes.
-Bonjour Hermione, répondit Harry prudemment.
Comme il n'avait pas rencontré Pansy Parkinson depuis plusieurs semaines, peut-être que la sorcière n'avait rien à lui reprocher. De toute manière, il n'avait pas même lancé un regard noir à Malfoy ces derniers temps. Un exploit, dont il était très fier.
-Tu es accompagné pour la soirée de Noël ?
Harry s'attendait à des banalités, ou même une demande au sujet de son copain, mais certainement pas à ça.
-Malfoy n'est pas invité ? Espéra-t-il en souriant.
-Il est occupé, répondit-elle, et Harry perdit son sourire, comprenant ce qu'elle voulait dire par «occupé». Et je me demandais si tu ne voulais pas venir avec moi.
-Je ne suis pas suicidaire, Hermione.
-Mais Draco sait déjà que j'avais l'intention de te le demander ! Insista la jeune fille. Il ne te dira rien, promis.
-Alors c'est toi qui es suicidaire, lui reprocha Harry en fronçant les sourcils. Écoutes, Slughorn compte inviter des élèves des quatre maisons. Que crois-tu qu'il va se passer quand les Serpentards vont te voir à mon bras ? Je suis loin d'être idiot, et je sais pertinemment que la plupart de ta maison sont des enfants de mangemort. Ils iront immédiatement te dénoncer.
-Mais ils me voient déjà te parler à longueur de journée, et tu vois, je suis toujours en vie !
-Laisses tomber, Hermione, mais je refuse de t'accompagner à la soirée. Je préfère que tu demandes à quelqu'un de ta maison, pour ta propre sécurité.
-Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ça ?! S'emporta la sorcière. Entre toi et Draco, ça commence à bien faire ! Je ne suis pas idiote, et je sais parfaitement me défendre. Je n'ai pas besoin que vous soyez tous sur mon dos.
Harry entraîna la Serpentard un peu plus loin dans le couloir, remarquant plusieurs Gryffondors les espionner à la dérober.
-Hermione, c'est non ! Tonna Harry avec fermeté.
-Mais si tu ne m'accompagne pas, je vais devoir supporter Cormac, gémit la jeune fille en voûtant les épaules, l'air attristé.
Le garçon connaissait suffisamment son amie pour savoir qu'elle était en train de le manipuler. De toute manière, toutes les filles avaient la même tactique de persuasion.
-Au moins, les espions de Tom Jedusor n'y verront rien à redire.
-Tu es méchant, Harry ! Pleura faussement son amie. Tu ne sais pas ce qu'à Cormac dans la tête.
-Je sais au moins qu'il se trouve dans le bon camp, contrairement à d'autres.
Aïe. Harry avait été trop loin et il le vit dans le regard que lui lança Hermione.
-Tout le monde n'a pas la chance d'être née du bon côté de la barrière, cracha Hermione.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, s'excusa le sorcier. Hermione, je voudrais t'accompagner, mais sois raisonnable, avec la mission de Malfoy. Tu ne l'aides pas, en venant me voir.
-Tu me demandes encore une fois de choisir mon camp ?
-Non, bien sûr que non ! S'agaça Harry, levant les yeux au ciel. Je te dis juste de ne pas te moquer des partisans de Tom en venant au bras de leur ennemi. Ça aura forcément des répercussions sur Malfoy et toi, sinon.
-Merci de t'inquiéter pour lui.
Son cynisme n'échappa pas au garçon.
-Je te considère comme ma meilleure amie, Mione, et même si j'agis comme un crétin avec Malfoy, je ne souhaiterais jamais qu'il lui arrive quelque chose si ça devait te rendre malheureuse. Faut me croire, je suis nul parfois, mais j'ai toujours agi pour ton bien. Comme là, en refusant ton invitation.
-Très bien, répondit simplement Hermione, et Harry souffla un bon coup, heureux d'avoir évité une énième dispute. De toute manière, le professeur a dit de venir accompagné, mais il n'a pas précisé la nature de la relation. Parce qu'il n'est pas question que je supporte Cormac, quand bien même tu jures par tous les Dieux qu'il fait partie de ton camp !
-Tu vas demander à qui, alors ?
La sorcière lui offrit un sourire espiègle, et le sorcier se méfia immédiatement.
-Je suis certaine que Pansy va adorer la soirée, répondit Hermione en arquant un sourcil.
Oh non, pas elle, pensa Harry. Cette fille était l'ancienne meilleure ennemie d'Hermione, et une Serpentard qui adorait par-dessus tout insulter tous les Gryffondors qui passaient devant elle. Depuis quelque temps, Hermione et Pansy avaient lié une amitié étrange, et lorsque Harry se disputait avec elle, il savait pertinemment que Pansy Parkinson viendrait le trouver pour l'insulter. Une habitude depuis le début de l'année.
Savoir que la petite garce serait à la soirée ne l'emplit pas de joie. Une étrange hostilité commençait à naître entre elle et Harry, mais il ignorait si Hermione était en cause. La brune semblait particulièrement le détester lui et tous les Weasley qui avaient le malheur de croiser son chemin. D'ailleurs, Ginny s'en plaignait souvent.
-Tu ne connais personne d'autre ? Demanda Harry d'un ton maussade.
Hermione sourit encore plus, amusée.
-Avec Pansy, la soirée sera bien plus animée, crois-moi !
-Oh, je lui fais confiance, maugréa-t-il. Tant qu'elle reste loin de moi.
-Mais elle t'adore !
-Oui, évidemment. Comme Malfoy me voue une admiration divine ! Ricana Harry. Franchement, tu devrais revoir ton entourage, parfois.
-Si tu commençais par faire le tri de ton côté, répliqua Hermione, pince-sans-rire. Weasley est un crétin fini.
-Bon, on arrête là, j'ai compris le message. Je m'occupe de mes oignons.
-Parfaitement ! Sourit la jeune fille. Bon, je file à la bibliothèque. Tiens-moi au courant pour tes recherches sur le passé de V. Et dis à Weasley que je rêve de le voir se rétamer lors d'un match de Quidditch !
Elle partit, hilare, sous le regard assassin d'Harry, qui n'allait certainement pas passer le message.
...
Pansy venait de sortir de son cours de potion, et alors qu'elle se dirigeait vers son cours de défense contre les forces du mal, elle profita de passer à côté de la fille Weasley pour la bousculer. La rouquine fit tomber tous ses livres et son regard censé être intimidant fit rire la brune, qui la regarda de haut, pendant que l'autre se mettait à genoux pour ramasser ses affaires.
-C'est génial, il paraît que tu viens à la soirée de Noël, ce soir, lui dit Pansy, les poings sur les hanches. J'y serais aussi, dit-elle en rejetant une longue mèche derrière son épaule. C'est cool, non ? Et tu y vas avec qui ? Encore le même, ou tu as changé de mec, entre deux soirées ?
La Serpentard avait vu la rouquine embrasser un garçon de sa maison aux Trois balais, elle avait alors trouvé la situation idéale pour colporter des ragots dans toute l'école. Maintenant, il se disait que Ginny Wesley sortait avec beaucoup de garçons.
-Moi je sais que tu y vas avec Granger, rétorqua la rouquine en se relevant, défiant la brune du regard. C'est trop mignon, j'ignorai que vous sortiez ensemble.
-Très drôle, cracha Pansy. C'est pas moi qui bave pour un mec qui n'en a rien à foutre de toi. Potter s'est-il seulement intéressé une fois à toi, en dehors des matchs de Quidditch ?
En plein dans le mille ! La fille Weasley blêmit instantanément, et même si Pansy aurait voulu avoir de la compassion pour elle, elle n'en eut pas. Pour une raison inconnue, cette fille l'horripilait, au point d'oublier qu'elle voulait suivre Hermione et sauver le monde. C'est sûr, ce n'était pas en attaquant la rouquine qu'elle allait un jour gagner les bonnes grâces du camp de Potter.
Qu'importe ! Il existait toujours des exceptions, et Ginny Weasley en faisait partie.
-Dégage de mon chemin maintenant.
Pansy poussa la fille de l'épaule et disparu dans les couloirs, un sourire aux lèvres.
Elle menait la terreur chez les Gryffondors beaucoup moins qu'avant. Mais il lui arrivait toujours, à de rares occasions, de jouer la garce. Une nécessité, encore pour le moment. Après tout, elle n'était pas tirée d'affaire, avec son ignoble tatouage sur le bras gauche. Et avec sa mère qui était partisane du maître, ça n'aidait pas la jeune fille à bien se comporter en public. Car il fallait sauver les apparences, comme toujours. Du moins, jusqu'au jour où Pansy trouvera enfin le moyen de fuir cette vie.
C'était son projet depuis quelques mois; abandonner sa famille et sa vie à Poudlard. Bien sûr, personne ne connaissait son souhait, pas même Draco et Hermione, mais Pansy soupçonnait son ancienne ennemie de connaître ses intentions. Comme elle lui avait confié vouloir refuser le mariage arrangé qu'organisait sa mère, il n'était pas difficile de deviner. Surtout quand on s'appelait Hermione Granger.
C'est en se dirigeant vers son prochain cours qu'elle vit Draco, qui se dirigeait à l'opposé des salles de cours. Sa démarche laissait entendre qu'il ne désirait pas être suivi, et son air sombre le fait qu'il ne désirait pas non plus aller où il devait aller.
Pansy oublia donc son cours de défense contre les forces du mal – inutile pour elle, puisqu'elle maîtrisait bien plus de sort que la plupart des élèves – et suivi Draco à la trace, sans pour autant se cacher réellement de lui. Hermione lui avait dit ce que faisait le garçon pendant son temps libre.
Quand Pansy déboucha dans un couloir, elle crût avoir perdu son ami, mais aperçut avant qu'elle disparaisse une immense porte en bois. Elle devina alors qu'il s'agissait de la salle sur demande.
-Il a bientôt terminé, dit soudain une voix qui fit sursauter la jeune fille.
Plus loin, Hermione émergea de l'ombre, vêtu d'une cape et de son uniforme. Ses cheveux tressés reposaient sur une épaule, et son air sombre dissuadait toute personne de venir lui chercher les ennuis.
-Tu surveilles ses arrières, comprit Pansy en s'approchant du mur où la porte se trouvait quelques secondes plus tôt.
-Les espions existent aussi dans le camp adverse, répondit Hermione en lui montrant sa baguette. Et je sais comment les recevoir, sourit-elle.
-Tu ne préfères pas aller en cours ?
-J'ai séché plus d'heure que toi. J'ai jamais eu le moindre reproche de la pars de Rogue.
-Ils doivent savoir pourquoi nous ne sommes pas présents dans les salles, s'inquiéta Pansy.
-Si ça posait problème, nous le saurions depuis longtemps, assura Hermione. Pour le moment, Dumbledore laisse faire les choses.
-Alors qu'il connaît la nature de la mission de Draco ? Drôle de sorcier.
Hermione et Pansy restèrent près du mur un long moment avant que Draco sorte enfin. Et heureusement, personne ne vint traîner dans les couloirs durant tout ce temps. Sinon, Pansy savait très bien qu'Hermione ne les aurait pas ménagé.
Quand Draco sortit, il ne fit aucun commentaire quand à la présence des deux jeunes filles, et il coula un regard plus chaleureux à Hermione avant de s'éloigner, sombre comme à l'accoutumée. Et quand Pansy regarda à son tour son amie, elle vit un sourire sur le visage d'Hermione, l'air de dire «il est comme ça mais je l'aime quand même». Quelle mièvrerie !
-C'est pour bientôt ? S'enquit Pansy en suivant le couple de Serpentard, main dans la main.
Au moins, Draco négligeait moins Hermione à cause de sa mission. Tant mieux, car après, c'était à Pansy de supporter les états d'âme de son amie. Et ce n'était pas agréable.
-Ce soir, j'aurai terminé, répondit Draco de sa voix glacial.
Pansy sentit son cœur battre plus fort à cette annonce, mais le sorcier lui coula un regard pour la rassurer.
-Non, dit-il en secouant la tête, pas cette nuit.
Soulagé que Poudlard ne craigne rien pour le moment, surtout pendant les périodes de fêtes, Pansy et Hermione soupirèrent à l'unisson, laissant Draco de marbre. Pansy ne tenait pas à ce que la guerre éclate maintenant. Elle espérait même partir bien avant !
...
Quand la soirée de Noël commença, Hermione se sépara de Draco et se rendit à la fête organisée accompagnée de Pansy, qui jubilait de constater l'absence de Ginny Weasley et la compagne d'Harry, qui était autre que Luna Lovegood, une Serdaigle illuminé et rêveuse qu'on aimait appeler «Loufoca».
-Gros crétin à trois heures, chuchota la brune en se penchant vers Hermione.
Se retournant, elle vit Cormac lui sourire, et la sorcière lui renvoya un regard noir, censé le dissuader de l'approcher.
-S'il croit que ses beaux yeux vont me faire flancher...!
-Il n'a même pas de beaux yeux, renchéri Pansy en grimaçant.
-Tu préfères les yeux verts ? Se moqua Hermione d'un air narquois.
Pansy lui coula un regard interrogateur en fronçant le nez, l'air de ne pas la suivre.
-Les cheveux noirs et un air arrogeant, continua Hermione, une manie de toujours jouer au héro et...
-Par Merlin, de quoi tu parles encore, merde ! Cracha Pansy. Tu parles de qui, là ?
-De personne, répondit la sorcière en souriant dans son verre. De personne.
Suspicieuse, Pansy la regarda encore une longue seconde avant de boire d'un trait son verre de vin et tourner la tête vers les festivités. De son côté, Hermione ricana intérieurement, amusée que son amie soit si aveugle.
Harry était juste en face d'elles, à quelques mètres, et il semblait vouloir à tout prix prendre le professeur Slughorn en aparté. Grand bien lui fasse, le professeur était demandé de tous côté.
-Étrange fille, tu ne trouves pas ? Lui demanda-t-elle en désignant la Serdaigle du menton. En tout cas, je n'ai jamais vue Harry traîner avec elle.
-Je m'en fiche, grogna Pansy, regardant la blonde d'un air hautain. Loufoca est bien trop obnubilé par ses créatures imaginaires pour qu'on la prenne au sérieux. Non mais regarde-moi ça; à croire qu'elle est droguée en permanence, avec ses yeux vitreux !
-C'est sans doute pour cela que Harry l'a invité; elle est trop étrange pour que quelqu'un d'autre l'invite et supporte sa compagnie.
-C'est toujours mieux que l'autre pétasse qui fait le tapin aux Trois balais, répondit avec virulence Pansy.
Hermione voyait très bien qui était la «pétasse» en question, mais elle savait que le venin de Pansy était essentiellement versé par le fait que Ginny Weasley s'intéressait de très près à Harry. Et pour une raison totalement inconnue à Pansy, toutes filles parlant au sorcier lui déplaisait. Seul Hermione semblait comprendre pourquoi la brune était si mesquine avec ces filles.
-Du tartare de dragon ? Demanda soudain un serviteur qui passa devant les deux jeunes filles.
Dans son véritable monde, Hermione se moquerait des noms étranges que portaient les plats des sorciers, mais quand on savait ce que composaient véritablement ces plats... Hermione n'avait plus trop envie de rire.
-Pour avoir une haleine horrible ? Cracha Pansy. Non, merci ! Donnez-en aux Gryffondors, ils vont adorer, ricana-t-elle, accompagnée d'Hermione.
-Excuse-moi une seconde, dit Hermione précipitamment en voyant le professeur Rogue s'entretenir avec Harry.
Quand Rogue parlait à Harry, ce n'était jamais pour de bonnes choses. Et comme son ami doutait fortement de la loyauté du professeur à Albus, il se méfiait toujours de lui.
-Qu'est-ce qui se passe ? Voulut savoir la sorcière en lui bloquant le passage.
-Hermione, soupira Harry. Ne viens pas me parler !
-Que t'a dit Rogue ? Insista-t-elle.
-Juste que Dumbledore s'est absenté du château jusqu'à la rentrée...
-Pourquoi il viendrait te rapporter ça... ? S'inquiéta-t-elle, perdue.
Le brouhaha derrière eux les interrompit et fit taire tous les invités de la fête. Alors surgit le concierge, traînant devant lui un élève qui semblait visiblement mécontent d'être ainsi ballotté. Quand la jeune fille reconnue Draco, elle força Harry à prendre son verre et se rapprocha, inquiète. Son petit ami semblait vraiment furieux.
-Lâchez-moi, espèce de cracmol ! Cria-t-il en se dégageant de la poigne du concierge.
La fête s'arrêta dans un silence angoissant, et tous les convives observèrent Draco Malfoy avec des regards haineux.
-Je viens de le trouver rôder près des couloirs de l'étage, disait Rusard au professeur Slughorn. Il dit avoir été invité.
-C'est bien le cas, cria Hermione en se rapprochant davantage, et tous les visages se tournèrent vers elle.
Peu de Serpentards avaient été invités, c'est pourquoi la plupart des visages les regardèrent avec colère, peur ou méfiance. Comme toujours.
-Laissez-moi m'occuper de ça, intervint Rogue en foulant la foule. Je vais raccompagner Monsieur Malfoy.
-Avec joie, répondit le garçon d'un ton glacial. L'ambiance craint ici, de toute manière.
Hermione ne demanda pas son reste et suivit le cortège jusqu'à la sortie, et elle vit Pansy faire de même après une seconde d'hésitation. Tout le monde les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent, puis la musique reprit.
...
Seuls dans le couloir, le professeur Rogue fusilla les deux jeunes filles du regard, mais Hermione le défia de lui demander de partir. Elle n'allait pas le laisser lui dicter sa conduite, surtout lorsqu'il était question de Draco.
-Si vous avez quelque chose à dire, nous sommes tous les trois concernés, dit-elle d'un ton dur, croisant les bras sur sa poitrine. Eh je peux savoir pourquoi tu t'es donné en spectacle, toi ? Rugit-elle à l'adresse de Draco. Faire profil bas, tu connais ? Moi, j'ai dû le faire, alors qu'est-ce que...
-Je travaille, moi, répliqua Draco.
-Crétin, le directeur est parti et ne sera pas au château pendant deux semaines. Renseignes-toi, plutôt que de perdre ton temps ! Eh pourquoi vous êtes venue à la fête pour informer Harry ? Demanda-t-elle au professeur.
-Vous vous occuper un peu trop des affaires de monsieur Potter, miss Granger, gronda Rogue de sa voix nasillarde.
-Il faut bien que quelqu'un le fasse ! Si je n'étais pas là, la situation aurait déjà tourné à la catastrophe.
-Arrête de te donner autant d'importance, je sais très bien gérer la situation, s'agaça Draco.
-Alors pourquoi Rogue doit jouer les gardes du corps, ce soir ?
-Il a fait le serment inviolable pour me protéger.
-Quoi ? Crièrent les deux jeunes filles. Comment ça ?
En une seconde, Hermione comprit de quoi retournait le serment.
-Vous devez tuer Dumbledore si Draco échoue ?
-Silence ! Aboya le professeur. On ne parlera pas de ça ici !
-Vous travaillez pour lui et pourtant, vous allez...
-Miss Granger, cela ne vous regarde pas.
-Dans la mesure où Draco risque de mourir et moi aussi, si, ça me regarde, par Salazar ! Ça regarde même Pansy ! Ça regarde tous ceux qui veulent rejoindre le camp de Potter.
-Alors pas d'inquiétude, on n'est pas nombreux, ricana Pansy.
-Vous me désespérer, tous les trois, soupira le professeur Rogue. Je suis étonné que vous ne soyez toujours pas démasqués, avec les décisions puériles de miss Granger et le comportement idiot de toi, Draco. Grandissez un peu ! Vous ne pouvez pas parler à Potter quand ça vous chante, miss Granger. Êtes-vous seulement conscient que si quelqu'un parle, vous trois, vous allez connaître la torture, avant de mourir ? Eh je vous parle bien des deux camps.
-Azkaban et le baiser de la mort ou Voldemort et l'endoloris, quel choix ! Répondit Pansy. Vous êtes sûr qu'on ne devrait pas créer un troisième camp, juste pour être tranquille ?
Hermione lui renvoya un regard noir, et Rogue se contenta de lever les yeux au ciel, l'air affligé.
-C'est un miracle que vous soyez toujours en vie, répéta Rogue.
Hermione lui répondit en souriant fièrement, comme s'il venait de les complimenter.
Bien le bonjour à vous ! ^^
Comme promis, j'ai écrit pendant mes vacances (j'ai même eu le temps d'écrire un autre chapitre, c'est cool, hein ^^) et donc me revoilà ^^
Merci pour vos avis si adorables ! Je n'avais pas internet de la semaine alors hier, quand je vous ai lu, j'étais aux anges. Et bienvenue aux nouveaux lecteurs !
Pour ce chapitre, peu à dire, si ce n'est le comportement de Pansy face aux filles qui tourne autour d'Harry. Pour la suite, Draco sera moins joyeux (il ne l'es déjà pas vraiment ici) puisqu'il croyait avoir réussi à réparer l'armoire... mais finalement... bref, la suite arrive bientôt ^^
Merci encore pour vos avis, vos mises en favoris, etc... c'est mon petit salaire de l'été ^^ à bientôt !
