CARPE DIEM
TOME IV
SIXIÈME ANNÉE
VIII
Sectumsempra
Après les vacances de Noël, le calme n'était toujours pas revenu à Poudlard, et dans les couloirs et la grande salle, tous les élèves ne parlèrent que d'une chose: l'attaque des mangemorts à la maison Weasley. Il n'y avait pas eu de mort, mais la maison avait explosé dans un geyser de feu et comme Harry Potter avait été présent sur les lieux, l'histoire avait fait beaucoup parlée d'elle.
Comme un malheur n'arrivait jamais seul – Hermione détestait Weasley, mais n'avait rien contre ses parents, qui étaient les rares sangs-purs à aimer les moldus – Ronald Weasley avait par la suite goûté à une stratégie de Draco pour tuer le directeur de Poudlard, et avait par conséquent frôlé la mort, si Harry n'était pas intervenu à temps pour le sauver du poison. En même temps, cet abruti avait ouvert une carte appartenant à un autre, et avait été victime d'un philtre d'amour. Une chose en entraînant une autre, il avait fini par boire la boisson que Draco avait choisie d'empoisonner. Bref, cet idiot était maudit.
Pour le monde sorcier, deux attaques venaient d'avoir lieu, et il était évident que Voldemort y était pour quelque chose. Bien sûr, personne à par Hermione et Pansy ne savait qui était l'auteur du poison destiné à Dumbledore. Même si Harry semblait avoir de sérieux doutes sur la question.
-C'est tendu, en ce moment, remarqua Pansy en montrant du menton la table des rouge et or.
Le trio vert et argent venait de s'installer à leur table, dans la grande salle, et beaucoup d'élèves avaient le nez collé dans la gazette, inquiet par ce qu'ils lisaient. La peur se lisait sur leur visage.
-Ils craignent que les mangemorts continuent les attaques, expliqua Hermione en mâchonnant un morceau de réglisse rouge.
-Ils ont attaqué Londres en début d'année, rappela Pansy. Ils savent que Poudlard sera la prochaine cible. Tu sais quelque chose ? Demanda-t-elle à Draco en se tournant vers lui, assis à ses côtés.
Le prince des serpents hésita un instant avant de hocher de la tête. Son humeur maussade n'échappa à aucune de ses amies.
-C'était une tactique d'intimidation, marmonna-t-il dans sa barbe, le menton posé dans ses mains d'un air blasé. Ma tante savait parfaitement que Potter serait intouchable.
-Tu parles ! Cracha Hermione avec flemme. Bellatrix n'hésiterait pas à se jeter dans la gueule du loup pour satisfaire son maître. Si elle avait pu le tuer de sa propre main...
-Elle ne le touchera pas sans l'ordre du maître, assura Draco pour la rassurer. Et Potter est plus fort que ma tante.
-On est d'accord ! Acquiesça Pansy. Bella n'a que de la gueule.
-Et elle a tué le parrain d'Harry, souffla Hermione, penché vers ses amis. Il ne laissera pas passer ça. Il la tuera le premier.
-Qu'il se dépêche ! Exulta la brune.
Les deux jeunes filles échangèrent un regard complice, mais Draco ne semblait pas content qu'elles se lies contre sa famille. Il leur fit comprendre en claquant la langue, irrité.
-Quoi, tu aimes ta tante, peut-être ? Demanda Pansy.
-C'est la sœur de ma mère, répliqua simplement Draco.
-Et Sirius Black faisait partie de sa famille, pourtant elle n'a pas hésité une seconde, rétorqua sèchement Hermione, qui lui valut un regard réprobateur de la pars de son petit ami. Donc ne t'attends pas à ce qu'elle lève le petit doigt pour te sauver, si tu échoues à ta mission. À ce propos, l'armoire est opérationnelle ?
Draco se redressa en inspirant profondément, baissant les yeux sur son assiette. Ses poings se crispèrent devant lui, faisant trembler son verre d'eau.
-Je croyais avoir terminé, mais... non, avoua-t-il d'une voix morne. Une fois sur deux, j'échoue.
Il était rare de voir Draco perdre son arrogance et sa fierté, mais à cet instant, son petit ami semblait vouloir se blottir dans un coin pour se morfondre. Hermione sentit son cœur se serrer à cette vue, et posa sa main sur celles du sorcier.
-Tu as encore du temps, Dray... dit-elle d'une voix douce.
-Mais Rogue a raison ! Souffla-t-il. L'étau se resserre et les autres commencent à parler. J'ai fais deux tentatives pour vous-savez-quoi, et j'ai échoué aux deux.
-Parce que tu ne le veux pas vraiment.
-Je dois quand même réussir, sinon on saute tous les trois ! Ragea-t-il.
-Ou sinon, on fait ce qu'on avait dit, souffla Pansy sans les regarder, jouant avec sa fourchette.
Le couple tourna la tête vers elle, et la brune regarda Hermione pour savoir si elle pouvait continuer sur sa lancée. La sorcière hocha de la tête, prudente.
-Hermione veut qu'on s'enfuie, avoua Pansy tout bas.
Elle ignorait comment Draco le prendrait, mais elle espérait qu'il y réfléchisse, plutôt qu'il rejette l'idée tout de go.
-Fuir ? Répéta Draco, incrédule. Les sangs-purs ne sont pas lâches !
-Ils ne restent pas en vies longtemps non plus ! Cracha Hermione, perdant patience. Écoutes Draco, la situation devient périlleuse, alors soit tu te salis les mains maintenant, soit on s'en va. C'est simple ! De notre côté, Pansy et moi essayons de te sortir de là, et j'ai dû même demander l'aide d'Harry pour cela. Mais on n'a pas de plan, si ce n'est fuir le pays. Si tu n'arrives pas à exécuter ta mission, nous sommes mort.
-Tu... tu as parlé de ça à Potter ?! Siffla Draco en écarquillant les yeux, furieux. Mais ça va pas, la tête !
-Heu... c'est pour ça qu'il t'a frappé aux Trois balais, avoua Hermione en se triturant les mains. Beaucoup de monde connaît les plans de Voldemort à Poudlard, tu sais.
-Et personne ne m'arrête pour autant ? S'étonna Draco.
-Avant, oui, dit Pansy. Mais avec les deux attaques de Noël... tout risque de s'accélérer. Tu vois pourquoi on insiste pour partir maintenant. Potter va finir par parler, et on va se retrouver un matin avec une armée d'aurors à notre porte ! Eh personnellement, je ne veux pas croupir dans une cellule en attendant qu'un sale épouventard vienne me tuer.
-Elle a raison, souffla Hermione en soupirant. Serment inviolable ou non, Rogue ne pourra pas nous protéger contre le ministère. Eh avec vos bras à tous les deux, il sera très difficile de prouver notre innocence. Il est grand temps de réfléchir à demain. Très sérieusement.
-Alors... on quitte l'école ? Demanda Pansy d'un ton enthousiaste.
Les deux jeunes filles regardèrent Draco, attendant sa réponse. Tout semblait désormais reposer sur lui, et il le savait. Hermione le voyait dans le regard qu'il lui lança, comprenant qu'elle n'irait nul par sans lui.
-Je dois terminer de réparer l'armoire, répondit Draco en secouant la tête. Je dois absolument exécuter cette partie du plan... ensuite.. nous aviserons.
Pansy voûta les épaules, le regard dans le vide. Hermione se contenta de baisser les yeux sur son assiette sans dire un seul mot. Draco était tellement terrifié par Voldemort qu'il préférait continuer sa mission plutôt que fuir. Hermione le comprenait, mais s'il arrivait à trouver un moyen de tuer le directeur de l'école... alors elle devrait agir pour le sauver, lui.
Fuir l'école évitait la mort du directeur, mais elle évitait aussi que Draco se fasse tuer par les aurors. Certes, Voldemort serait furieux, mais Hermione n'avait pas peur du mage noir: elle le craignait, oui, mais la mort de Draco la terrifiait encore plus. Elle devait donc penser au plan B.
-Très bien, nous attendrons, lui dit Hermione, sous le regard peiné de Pansy. On te couvrira toujours.
Elle et Pansy protégeait les arrières du sorcier quand ce dernier se rendait dans la salle sur demande. Elles continueraient le temps qu'il faudrait.
-Pourquoi diable Potter nous regarde comme s'il rêvait de nous lancer un endoloris ? Pesta Pansy pendant que Draco et Hermione se regardaient, mains liées.
Tournant tous la tête vers le survivant, ils découvrirent le Gryffondor en compagnie d'une fille qui fixait Draco avec un regard étrange, presque apeuré. Hermione fronça les sourcils devant cette hostilité, puis se rappela avoir déjà vue cette fille. En se retournant vers son petit ami, celui-ci déglutit et commença à se lever, l'air agité.
-J'espère pour toi que tu lui avais lancé un sort d'amnésie ? Gronda-t-elle tout bas en empoignant le bras de Draco.
-De quoi vous parlez ? Demanda Pansy.
-La fille ensorcelée par le collier, c'est elle. Eh j'ai bien peur qu'elle se souvienne que c'est Draco, qui est responsable. Hé, attends !
Draco s'enfuit de la salle comme si un démon le coursait, et Hermione n'eut pas le temps de le retenir. Elle se leva de son banc rapidement, imitée par Pansy, et toutes deux virent Harry se précipiter à la suite de Draco, l'air furieux.
-S'il ose le toucher... ! Cracha Pansy en s'élançant à sa poursuite.
-Arrête ! Lui cria Hermione en la tirant sèchement en arrière, se donnant en spectacle dans toute la salle. Je m'en occupe, Harry saura m'écouter.
-À d'autres ! Il va finir par vraiment se retourner contre toi, oui !
-J'ai dit que je m'en occupais ! Reste en dehors de ça !
Sur ces mots, la jeune fille courut vers la sortie sans adresser le moindre regard aux élèves qui les regardaient, espérant pouvoir retrouver les garçons à temps, avant que l'un d'eux fasse l'irréparable.
...
Draco se réfugia dans les toilettes du troisième étage après avoir fui la grande salle, échappant au regard assassin de Potter et aux mains de sa petite amie. Il avait craint que Hermione lui reproche ses actions passées, et avait donc préféré se cacher quelques pars où personne n'allait jamais ou presque.
En effet, les toilettes du troisième étage étaient hantées par Mimi Geignarde et peu d'élèves se risquaient à venir troubler le repos de la défunte, très caractérielle et un poil susceptible. Seuls lui-même et le balafré étaient venu, pour des raisons diverses: Potter pour avoir trouvé l'entrée secrète de la Chambre des secrets, et Draco, pour se réfugier et pleurer en paix.
Pleurer en paix... un Malfoy, pleurer ! Ah ! Si son père le savait, il aurait déjà reçu un coup de canne si violent qu'il n'aurait même pas pu verser une seule larme.
Draco avait rarement pleuré dans sa vie: c'était dans sa nature, il ne montrait jamais ses émotions à quiconque et ressentait que peu de sentiment. C'était d'ailleurs l'un des plus grands reproches de Blaise. Selon lui, Draco aurait pu avoir l'amour d'Hermione depuis le premier jour, s'il n'avait pas joué au con et préféré paraître froid et hautain.
Il avait retenu la leçon, mais même à l'heure d'aujourd'hui, il était difficile pour le jeune homme de paraître authentique, et se pavaner au bras de sa Mione tel un amoureux transi. Il l'était, ça oui ! Mais pour ce qui était de le montrer...
Dans un élan de rage, Draco frappa violemment de son poing le miroir devant lui, et ce dernier se brisa en mille morceaux à ses pieds, faisant tinter à ses oreilles des cliquetis et un rire sinistre.
-Laisse-moi tranquille, ordonna le sorcier à la fille planant au-dessus des lavabos, son rire raisonnant dans tous les toilettes. Dégage !
Furieux envers le monde entier, il se retourna et s'appuya contre la céramique, serrant dans ses mains le lavabo, la tête penchée en avant. Ses mèches blondes tombèrent sur son visage, mais il aperçut quand même Mimi Geignarde descendre vers lui dans un souffle froid. Elle avait arrêté de rire comme une écolière.
-Je croyais que les Malfoy ne ressentaient rien ? Demanda le fantôme d'une voix fluette, la tête penchée sur le côté.
Le jeune homme lâcha un rire moqueur, toujours à admirer le carrelage sale à ses pieds.
-Comment tu peux le savoir, tu ne sors jamais de ton trou !
-Mais les élèves parlent ! Répondit fièrement la fille. Alors ?
-Alors tout le monde semble croire tout ce qu'on leur raconte, pesta-t-il.
-Eh pourquoi un sang-pur viens ici pour pleurer ?
-Je ne pleure jamais ! Jura-t-il, excédé.
-C'est la seconde fois que tu viens pleureur ici, Draco Malfoy. J'adore espionner ceux qui osent venir troubler mon repos, expliqua-t-elle fièrement. Pourquoi tu pleures ? Insista-t-elle.
Draco releva les yeux sur le fantôme, l'air morne. Son soupir traduisit bien plus son humeur.
-Parce que je déteste mon nom, finit-il par avouer entre ses dents. Je déteste ce qui m'incombe de faire parce que je suis un Malfoy.
Le jeune homme lâcha un sanglot incontrôlable, puis craqua, après de longs mois à rester stoïque et imperturbable face aux crimes de son père.
...
Hermione sut où se cachait Draco grâce à une Serdaigle que le jeune homme avait bousculée en s'enfuyant de la grande salle. Draco l'avait percutée dans le couloir du troisième étage, et avait pénétré dans les toilettes des filles, abandonnés depuis une quarantaine d'années.
-Harry Potter vient d'entrer, lui aussi, ajouta la jeune Serdaigle d'une voix inquiète. Il avait sa baguette à la main.
Par Salazar... Hermione grimpa quatre à quatre les escaliers mouvants jusqu'au troisièmes, puis dérapa dans le virage en direction des toilettes. Si elle ne se dépêchait pas... Non, elle ne devait pas y penser. Harry était intelligent, n'est-ce pas ? Jamais il tuerait un autre élève... pas vrai ?
La jeune fille sortie elle aussi sa baguette, arrivant presque à destination. Seulement, alors qu'il ne lui restait que quelques mètres, elle entendit déjà plusieurs bruits suspects, épouvantable et inquiétant.
Des jets de lumière apparurent et le bruit caractéristique de sortilèges glaça le sang de la sorcière. Aussi, quand elle pénétra dans les toilettes, elle ne réfléchit pas, trop inquiète, et évita de justesse un sortilège qui jaillit devant elle.
-Arrêtez tout de suite ! Hurla-t-elle aux deux sorciers.
Ne les voyant pas, elle longea prudemment les cabines des toilettes en suivant les bruits des sorts, et vit Harry devant elle, plaqué contre la paroi, prêt pour à nouveau tirer sur Draco. Apparemment, les garçons ne l'avaient pas entendu crier.
Harry quitta sa cachette et lança un nouveau sort, puis un autre fut renvoyé dans sa direction, et ainsi de suite, pendant de longues minutes. Inquiète que les sorts deviennent de plus en plus dangereux, Hermione décida d'intervenir, et tenta d'arrêter Harry dans son élan, le visant de sa baguette et commençant à formuler un sort de défense assez léger pour simplement le prévenir d'arrêter. Harry l'entendit et en se retournant rapidement, ne sembla agir que par instinct, croyant probablement que Draco avait changé d'emplacement et qu'il le prenait par surprise. Aussi Hermione écarquilla les yeux quand le Gryffondor la visa sans vraiment la voir.
-Sectumsempra ! Cria-t-il une seconde plus tard, à moitié cacher derrière un mur.
La jeune fille fut éjectée en arrière tel un boulet de canon, sans pousser un seul cri tant l'impact fut violent. D'ailleurs, elle n'émettait aucun son; une douleur fulgurante se propageait dans tout son corps et la tordait de douleur. Hermione ne cria pas, mais sentit le froid du carrelage et les cris des deux sorciers. Puis le trou noir, elle n'entendit et ne vit plus rien.
...
Quand Draco comprit qui Potter avait touché, son monde s'écroula. Il ne connaissait pas le sort que venait de lancer son ennemi – un sortilège de magie noire, il en était certain – mais quand Draco s'effondra aux côtés de sa Mione, il découvrit la gravité de la situation.
Hermione baignait dans son sang et ses yeux fixes le regardaient comme si elle était à l'agonie... ou proche de la mort. Elle était lacérée de partout !
-Hermione ? Couina Potter en s'avançant vers le corps ensanglanté, pantelant. Oh, par Merlin... !
Draco poussa un rugissement guttural, serrant Hermione contre lui. Elle le regardait toujours de ses yeux fixes, vides.
-Qu'est-ce que tu as fait ? Hurla-t-il sans regarder Potter. Qu'est-ce que tu as fait ?
Sa rage et sa peur rendaient sa voix affreusement sinistre. Potter sembla comprendre le danger et recula d'un pas, hébété. Son visage pâle comme la mort contrastait avec le sang à ses pieds.
-Je suis...
-Recule, cria Draco, acerbe. Recule, sale sang-mêlé, recule ! Disparaît avant que je te tue ! Disparaît !
Le fait de serrer Mione dans ses bras l'empêcha d'user de sa baguette. Il le savait, si son amour n'avait pas besoin de sa présence, il aurait tué Potter. Il le jurait.
Oh, Mione... Pourquoi devait-elle toujours le suivre ?! À cause de lui, elle était sans cesse en danger !
-Ça va aller, pleura Draco d'une voix tremblante. Tu vas voir, madame Pomfresh va trouver quelque chose...
Il ne croyait pas ce qu'il disait. Il y avait trop de sang !
-Draco !
Relevant des yeux rouges et désespérés, le jeune homme découvrit son parrain, qui accourait vers eux dans un mouvement souple et rapide. Potter n'était plus là, ayant probablement fui comme un lâche devant l'horreur de son acte.
-Vulnera Sanentur, souffla Rogue dans une sorte de litanie.
Draco garda Mione contre lui, refusant même de desserrer sa prise. Il fallait qu'elle sache qu'il était là. Il le fallait.
-Vulnera Sanentur, continua son parrain dans un étrange chant.
Draco vit les blessures de la jeune fille se refermer une à une, les lacérations disparaître lentement, le sang s'estomper peu à peu. L'espoir revint, et avec lui, la haine. Draco n'oublierait pas qui était responsable de ce sort. Jamais.
-Vulnera Sanentur, finit Rogue en passant une main sur la joue de la sorcière. Il faut l'emmener à l'infirmerie, maintenant, Draco.
-Elle n'est pas tirée d'affaire ? S'affola-t-il.
-Tout va bien, désormais, mais elle doit être surveillée.
Draco refusa que son parrain porte sa Mione, aussi donna-t-il sa baguette puis se leva avec la jeune fille dans ses bras, désormais endormis, le visage serein.
-Comment saviez-vous ? Demanda Draco en suivant le professeur à travers les couloirs.
-Miss Parkinson, répondit-il simplement, sans plus rien ajouter.
-Je vais tuer Potter.
Il devait le dire à son parrain. Il souhaitait tellement tuer Potter !
-Tu blesseras davantage Granger.
-Si vous n'étiez pas venue, serait-elle morte ?
Un long silence suivit avant que Rogue finisse par répondre par l'affirmatif.
-Alors je vais le tuer. Un jour, quand la guerre sera à Poudlard, je le tuerai.
C'était une promesse.
Quand le jeune homme déposa son amour sur un lit de l'infirmerie, madame Pomfresh voulut le renvoyer dans son dortoir. Pour seule réponse, Draco rappela qui était son père, et la femme recula avant de fermer le rideau les séparant des autres lits.
-Soit prudent, Draco, le prévint durement le professeur Rogue. Ne fait rien de stupide.
-Je ne bougerais pas tant qu'Hermione ne se réveillera pas, promit-il.
-Et pas un mot à qui que ce soit. Potter te devancerait et lâcherait des secrets que tu ne souhaites pas révéler.
Son parrain partit sans plus rien ajouter et Draco se renferma dans un mutisme terrifiant, refermant sa main sur celle de Mione. Son visage avait repris ses couleurs et son air serein aidait Draco à se calmer. Elle ne souffrait plus, mais à son réveil, quand serait-il de son était émotionnel ? Comment supporterait-elle l'attaque de son soi-disant ami ?
-Son instinct de conservation semble éteint, quand il s'agit de toi, Malfoy.
Draco se retourna brusquement vers le nouveau venu, et quand il reconnut le jeune homme, il se leva d'un geste menaçant, se plaçant devant le lit d'Hermione.
-Par Salazar, mais qui es-tu ?! Siffla-t-il.
-Ta copine me connaît. Je me nomme Gabriel. Elle ne t'a pas parlé de moi ? Sourit-il en faisant un clin d'œil.
La dernière fois que Draco avait vu ce type, c'était au lac, en France. À cette rencontre, le type avait réagi violemment en découvrant le tatouage sur le bras du sorcier. Mais visiblement... il savait tout depuis le début.
-Je suis dans votre camp, dit-il en montrant son propre tatouage.
OK... c'était un malade. Draco serra le bois de sa baguette.
-Tu ne me demandes pas quel camp ? S'amusa Gabriel.
Son air arrogant horripila Draco.
-Si tu as été envoyé pour voir où en était ma mission...
-C'est le cas, en effet, avoua le type de son fort accent français. Mais en vérité...
Il jeta un coup d'œil dans toute la pièce avant de sourire.
-Je m'en contre fou, dit-il. Je leur dirais que Potter te surveille, que tu as donc ralenti le rythme, mais que tu es sur la bonne voie. Ah et de rien.
Ce mec était flippant.
-Pourquoi ?
-Je surveille Granger, qui te surveille, et ainsi de suite. Bref, j'ai été trouver votre petite brune, qui a ensuite été chercher Severus ; de rien.
-Tu attends des putains de remerciements, peut-être ?! Si tu dis surveiller ma copine, pourquoi tu n'es pas intervenu, plutôt que jouer les espions !
Gabriel haussa des épaules, l'air indifférent.
-C'est pas moi son copain.
-Qui es-tu, putain ? S'énerva Draco en perdant patience.
-Je travaille pour ton cher protecteur. Mais aussi pour le maître. Bref, un agent double. Mais bon, ça cours les rues, ces temps-ci, pas vrai ? Fit-il en lui faisant encore un clin d'œil. Comme ta copine ne semblait pas vouloir me présenter, je me suis dit qu'il fallait que je me montre.
-Attends... si t'es un mangemort... par Merlin, mais comment tu es entrée dans l'école ?!
-Secret professionnel, désolé, répondit Gabriel de son sourire énigmatique. Ah et je viens aussi te dire que ça commence à s'impatienter au manoir.
Draco ne comprenait rien aux paroles du type. Son accent était irritant.
-Ouais, ta maison est assiégée par Bellatrix et d'autres erreurs de la nature. Bref, si j'étais toi, je me dépêcherais, quand même. Ou alors, tu écoutes ta petite copine et tu te casses loin d'ici. Perso, j'aime l'idée. Bon, j'ai jamais tenté ce genre de suicide, mais bon...si à l'occasion l'idée te traverse ta jolie petite tête blonde, appelle-moi. Traîner avec des mangemorts et des loups-garous, c'est plus trop mon délire.
OK, ce mec était taré en plus d'être flippant. Draco ne savait pas s'il devait le croire ou s'en méfier. Mais il n'eut pas le loisir de se pencher plus sur le problème, puisqu'un gémissement leur fit tourner la tête à tous les deux.
Hermione battit des paupières avant d'ouvrir les yeux sur Draco, qui se pencha sur elle pour venir embrasser son front et sa joue. Le regard de la jeune fille restait rivé sur l'autre sorcier, l'air inquiète.
-Tu n'as pas quelqu'un d'autre à emmerder, gronda Hermione dans un français impeccable, sa voix plus faible que d'habitude.
-Ton copain n'est pas très compétent pour te protéger, alors je suis intervenu, répondit Gabriel dans la même langue, laissant Draco dans l'incompréhension.
-Joli travail, railla-t-elle, acerbe. C'est pourquoi je suis à l'infirmerie. Je vais dire à ton patron ô combien tu es compétent. Au fait, c'est à qui que je dois m'adresser ? Voldemort ou Dumbledore ?
Draco sentait une tension naître entre eux, et quand Mione prononça le nom du maître, il fusilla le sorcier du regard, méfiant.
-On ne peut pas te faire confiance, cracha Draco. Laisse-nous, maintenant. Hermione a besoin de repos, et tu n'es d'aucune utilité.
Gabriel hocha de la tête à la manière d'un serviteur puis transplana sous les yeux stupéfaits de Draco. Quant à Hermione, elle ferma les yeux en gémissant, l'air exténuée.
-Tu as le chic pour attirer les pires crétins, finit par marmonner Draco en s'asseyant sur le bord du lit.
-Pour le moment, je préfère encore parler à ce crétin-là que voir seulement le visage d'Harry, avoua-t-elle en serrant les dents. Ah et désolée mon chéri, mais tu fait bien partie des crétins.
Pour toute réponse, Draco s'excusa de son comportement en venant l'embrasser doucement. Lui caressant la joue, il la serra contre lui, heureux.
-Toi aussi, dit-il. Si ça avait été moi qui t'aurai lancé un sort...
Il frissonna, horrifié par ce qui s'était passé dans les toilettes. Il était sur le point de lancer un sort impardonnable quand Hermione était arrivée. Si elle s'était jeté sur Harry pour le protéger...
-Je ne veux pas revivre ma quatrième année, pleura-t-il dans son cou, s'accrochant à elle en la comprimant contre son torse. Plus jamais. Plus jamais.
Hermione lui promis, et ils restèrent enlacé sur le petit lit jusqu'au lendemain matin, où Hermione eut l'autorisation de sortir. Draco ne lâcha pas sa main de toute la journée, même pour se laver sous la douche.
Hello ! ^^
Bon, je vois que vous êtes tous parti en vacances, ah les chanceux ! Bref, je ne vous attends pas et vous offre la suite ^^
Alors ? On aime ou on n'aime pas Gabriel ? Gentil ou méchant ?
Harry a un peu fait une erreur et... la grande question: Hermione va-t-elle lui en vouloir ? mystère...
L'idée de fuir, qu'en pesez-vous ? Avant ou après la mort du directeur ? Eh qui sera dans la bande ? Ahah, encore des mystères...
à bientôt pour la suite ! J'emménage dans mon nouvel appartement cette semaine, alors je ne sais pas si je vais beaucoup avancer dans mes écrits - tellement impatiente de monter mes jolis meubles ! ^^ - mais ça avance. Ah et je suis nul en anglais, alors je n'ai pas acheté le dernier tome de JKR, mais je sais les grandes lignes. Eh J'ADOOOOOOOOORE ! Qui ça, qui ça ? Bah Scorpus, bien sûr ! Bref, à bientôt ^^
