CARPE DIEM

IV TOME

SIXIÈMEANNÉE


IX

Que tu as de beaux yeux, Potter


-Eh tu vas laisser passer ça ?! S'indigna Pansy en criant, debout devant le couple assis dans un sofa. Merde, comment tu peux rester calme après ce qui s'est passé ? Si j'étais à ta place, j'irais retrouver ce petit merdeux et... !

-C'était un accident, répondit Hermione avec calme, ignorant le regard sceptique de son petit ami et celui courroucé de Pansy.

-Eh son sortilège qu'aucun de vous deux connaissez, c'était un accident, peut-être ? Vous savez, j'observe Potter depuis un moment, et à chaque cours de potion, il sort un livre que lui seul possède. Eh comme par magie, c'est devenu le meilleur élève depuis cette année. Eh vous deux, ça ne vous pose pas de problème ! Mais réveillez-vous, merde !

-Au cas où tu l'oublierais, j'ai d'autres préoccupations, rétorqua méchamment Draco. Si Hermione ne veut pas donner suite à l'accident, c'est elle que ça regarde.

Pansy regarda le couple d'un air sidéré. Depuis quand Draco était devenu tolérant ?

Trop furieuse, elle cessa de s'épuiser à les raisonner et claqua la porte en partant, se dirigeant d'abord à l'aveuglette, flânant dans plusieurs couloirs. Ce n'est seulement après plusieurs dizaines de minutes que la sorcière se rendit compte que plusieurs élèves de Gryffondor passaient devant elle, et elle vit alors qu'elle s'approchait de leur dortoir. Génial...

Pansy fit demi-tour mais se retrouva nez à nez avec Potter et Weasley. Comme par hasard. Doublement génial. Le regard noir que lui lança Weasley ne fit que rendre sa rage plus forte encore.

-Va jouer ailleurs, dit-elle au rouquin d'un ton sec.

-Va te faire...

-C'est bon, Ron, le coupa Potter d'un geste de la main.

Weasley dévisagea la sorcière un long moment avant de se décider à partir, et il la bouscula en passant devant elle. Pansy resta de marbre, les dents serrées, fixant le survivant avec colère. Sa posture indiquait très clairement que la conversation n'allait pas être gaie, alors Potter lui indiqua un coin où ils seraient à l'abri des oreilles indiscrètes. Pansy le suivit dans les couloirs sans dire un mot, jusqu'à atteindre la cour du château. Là, la jeune fille stoppa net et fit face au Gryffondor.

-Je sais déjà que tu vas crier pour ce qui s'est passé hier soir..., commença Potter d'une voix dure.

-Crier ? S'exclama Pansy d'un air scandalisé. Oh non mon pote, je ne vais pas te crier dessus, non ! Je suis sûr que tu souffres assez d'avoir failli tuer Hermione ! Non, ce que je veux, moi, c'est ton satané bouquin que tu traînes avec toi en potion !

Elle tendit une main dans l'espoir qu'il lui cède dans l'instant. Malheureusement pour lui, Potter fit comme s'il ne comprenait pas.

-Ne fais pas l'idiot, ça va m'énerver encore plus ! Je sais parfaitement que le sortilège que tu as lancé sur Hermione venait de ce foutu livre. Alors donne-le-moi !

-Je ne l'ai plus ! S'énerva-t-il à son tour. Hier, j'étais tellement mal que j'ai demandé à quelqu'un de cacher le livre. J'ai aucune idée de son emplacement.

Pansy plissa les yeux, suspicieuse. Potter insista.

-Eh tu as gardé en tête les sorts de ton bouquin ?

-Non, affirma Potter sombrement. Je ne voulais blesser personne hier soir.

Pansy éclata de rire, mais son rire restait sombre, menaçant.

-Tu mens très mal, Potter. Maintenant, écoutes-moi bien; approche à nouveau Hermione et Draco, et c'est moi que tu trouveras en travers de ton chemin. J'ai aussi quelques tours qui pourraient bien te faire du mal.

La jeune fille en resta là, et voulut partir, mais Potter l'arrêta dans son élan et lui attrapa le bras. Pansy s'arracha à lui d'un geste brusque.

-Si tu crois que tes menaces me font peur... !

-Je ne te menace pas, Potter. Je te dis juste que si tu touches à mes amis...

-Ah, tes amis ! Vous étiez comme chien et chat, Hermione et toi. Vous êtes totalement différentes, rien ne peut vous...

-Tu ne me connais pas, cracha Pansy durement. Tu ne sais rien. Tu ignores tout.

Potter eut un sourire froid en lui attrapant le bras gauche. Pansy glapit en tentant de s'extraire de sa prise, mais le sorcier tint fermement son poignet dans son poing et le retourna, relevant sèchement le pan de son pull. La jeune fille posa instinctivement son autre main sur son tatouage, mais le mal était déjà fait.

-Je sais déjà que tous les Serpentards ou presque travaillent pour Voldemort.

-Ne fais pas une généralité, crétin ! Siffla-t-elle en tirant son bras en arrière, en vain. Ce n'est pas un Serpentard qui a failli tuer une élève hier soir. Eh les traîtres sont dans toutes les maisons, pour ta gouverne. Tes parents en ont fait les frais.

La surprise et la peine se lurent sur le visage du sorcier, et Pansy baissa les yeux, regrettant déjà ses paroles. Elle avait pourtant voulu changer et arrêter de jouer la garce. Visiblement, les mauvaises habitudes étaient difficiles à abandonner.

-Je ne voulais pas dire ça, dit-elle entre ses dents, le bras toujours prisonnier du Gryffondor. C'est juste que... on est parfois obligé de faire certaines choses. La marque sur mon bras ne veut rien dire, tout comme celle de Draco. Tu peux me croire ou non, je m'en fiche. Mais ne dit plus que tous les Serpentards sont pareils. C'est faux, dit-elle dans un murmure.

Pansy n'était pas du genre à s'apitoyer sur son sort, mais le regard de Potter la rendait malade et elle se sentait obligée de se justifier. Pour une raison inconnue, elle avait besoin que le sorcier ne la regarde pas avec dégoût.

Potter lâcha enfin son bras en soupirant. Il se gratta la tête d'un air pensif, et la brune l'observa sans mot dire, baissant rapidement la manche de son pull blanc, qui contrastait parfaitement avec ses longs cheveux noirs. Comme ceux de Potter. Bien qu'il n'ait pas de reflet bleu comme elle.

Elle se surprit à l'observer plus en détail, pendant que lui faisait de même, mais certainement pour d'autres raisons. Ses yeux verts ressemblaient à ceux d'un chat, pensa Pansy. Elle admira son air pensif et sérieux, sa fossette sur le coin droit de son menton, ses lèvres suffisamment douces pour...

Heu... retour en arrière. Pansy eut un frisson en reprenant ses esprits, secouant la tête pour retrouver la réalité. Non mais qu'est-ce qui lui prenait, par Salazar !? Potter était un Gryffondor, d'une, et un sale crétin doublé d'un abruti fini ! Son meilleur ami était le diable en personne – et ça n'avait rien à voir avec ses cheveux roux – et il était l'ennemi du maître. Autant dire un sorcier à éviter comme la peste ! Alors pourquoi se mettait-elle à regarder ses lèvres comme si...

Bon, stop, maintenant ! C'était quoi son problème !? Il fallait qu'elle parte. Tout de suite. Sinon... elle allait le frapper. Elle n'oubliait pas ce qu'il avait fait hier à Hermione !

-Tu sais pour les parents d'Hermione ? Demanda Potter alors qu'elle reculait loin de lui.

Sa question la stoppa net et un air incrédule se peignit sur son visage.

-Savoir quoi ? Dit-elle.

-Leur origine moldu.

-Oui... oui je le sais, répondit-elle avec prudence. Pourquoi tu tiens à le savoir ?

-Eh tu es quand même amie avec une née moldu... fit-il, pensif. Je vois.

Pansy croisa les bras sur sa poitrine, impatiente.

-Va-en aux faits, Potter.

Pendant quelques secondes, le garçon la regarda au point de la mettre mal à l'aise, puis il se réanima et s'approcha d'elle. Pansy resta campé sur ses pieds, les sourcils froncés.

-Je peux donc te faire confiance.

Ce n'était pas une question. Potter réfléchissait et Pansy ignorait ce qu'il préparait.

-Suis-moi, j'ai quelque chose à faire.

-C'est un piège ? Se crut-elle de demander, malgré son regard confiant.

-Hermione doit... se reposer, répondit Potter, mal à l'aise. Tu vas donc la remplacer pour cette fois.

-Eh où va-t-on ?

-Je ne sais pas. Mais j'ai un plan.

OK...

-Tu es taré, tu sais ça, dit Pansy d'un air affligé. Attends, qu'est-ce que c'est ?

Potter venait de sortir une minuscule fiole transparente. Pansy mit quelques secondes pour reconnaître le breuvage. C'était de la chance liquide. Il ouvrit le petit bouchon en liège et bu la potion d'un coup sec. Après ça, Potter lui servit un drôle de sourire, mélange d'ivresse et de somnolence. Un regard flippant, selon la jeune fille.

-Heu... tu te sens bien ? Demanda Pansy.

-Parfaitement bien ! S'exclama joyeusement Potter, faisant sursauter la brune. C'est une merveilleuse journée, tu ne trouves pas ?

-Heu... tu peux me dire pourquoi tu as bu la potion, là ?

-Je dois parler au professeur Slughorn, lui dit le garçon, toujours joyeux. Allez, viens, fit-il en lui attrapant le bras, on va voir Hagrid !

-Quoi ? Mais... tu viens de dire...

-Allez, traînons pas !

Le sorcier tira sur son poignet et l'entraîna dans son sillage, en direction de l'extérieur. Ils coururent presque jusqu'aux serres, et Pansy faillit trébucher quand Potter s'arrêta brusquement devant elle. Plus loin se tenait le professeur Slughorn.

-On devrait partir, dit-elle en agrippant son bras. On ne devrait pas sortir du château.

Potter lui sourit mais se dirigea quand même vers le professeur. Pansy poussa un juron avant de le suivre. Le crétin qu'était le jeune homme parla au professeur et Pansy vit très clairement qu'il était en train de le manipuler. Eh quand Potter se retourna vers Pansy pour repartir, le professeur les rappela à l'ordre, les prévenant que la nuit allait tomber. Visiblement, ça ne posait pas de problème au Gryffondor, qui invita le professeur à les suivre chez Hagrid.

Bon, la chance liquide ne lui réussissait pas.

-Ça va te rendre abruti encore longtemps, ta fichue potion ? Pesta Pansy en suivant le garçon jusque chez Hagrid.

-Je ne vois pas de quoi tu parles.

Ouais, bien sûr...

-Heu... fit la jeune fille quand ils s'approchèrent de l'habitation d'Hagrid.

Plus loin sur la colline, le demi-géant se tenait prêt d'une créature monstrueuse anormalement tordue. En s'approchant plus encore, Pansy blêmit en découvrant que la chose hideuse était... une araignée... géante. Par Merlin... elle voulait mourir. Elle s'accrocha sans réfléchir au bras de Potter, regardant tout sauf l'hideuse créature.

-J'aurai jamais dû sortir de mon dortoir, marmonna-t-elle.

-Il est mort, tout va bien ! La rassura gaiement Potter au moment où ils arrivèrent auprès du demi-géant.

Hagrid coula un regard désabusé sur le sorcier avant de saluer du menton la jeune fille. Le professeur Slughorn arriva quelques secondes après, et sembla s'extasier de la présence de l'araignée géante.

-Il s'agit bien d'une acromentule ? Demanda le professeur avec stupéfaction.

-Une acromentule morte, monsieur, rétorqua Potter sous l'œil peiné du demi-géant et le regard noir de Pansy.

Non mais quel crétin ! Pansy eut la mauvaise idée de suivre du regard ce que trafiquait le professeur, et elle déglutit en fermant les yeux quand il cassa l'une des pattes de l'hideuse acromentule. Par Salazar... elle avait envie de vomir. Certes, elle haïssait tous ceux qui possédaient plus de huit pattes, mais de là à manipuler les membres d'une carcasse...

-Nous sommes désolés pour votre... ami, Hagrid, souffla la jeune fille au nom de Potter et elle.

Bon, ils pouvaient partir, maintenant ? L'acromentule la faisait flipper, même morte. Eh le fait que le demi-géant pleure cette chose...! Le professeur Slughorn privilégiait la voie scientifique au deuil, mais son discours maladroit fut de trop pour la jeune fille.

Elle tira sur le bras du Gryffondor pour lui signifier de partir. Ce dernier secoua la tête avec son air béat, et Pansy se rembrunit en serrant les dents. La situation devenait vraiment pesante, et comme si ça ne suffisait pas, le chien d'Hagrid se mit à glapir à côté d'elle. Génial. Elle était partie furieuse et avait trouvé Potter pour lui dire sa façon de penser, et voilà qu'elle se retrouvait malgré elle à l'enterrement d'une araignée gigantesque avec un crétin abruti par une potion et deux adultes tout aussi peu sérieux face à la situation. Non mais franchement ! Ses amis le paieraient, tiens !

...

Dans la maison d'Hagrid, Harry était toujours sous l'influence de la chance liquide. Il regardait son ami Hagrid et le professeur se saouler en racontant des âneries. Cela le faisait beaucoup rire, comme s'il retournait en enfance. Ce qui n'était apparemment pas le cas de la jeune fille à ses côtés, qui se préoccupait plus de ses cheveux que de ce qui l'entourait.

Pansy Parkinson ne lui avait jamais adressé la parole durant plus de quatre ans. Puis un jour, elle s'était lié d'amitié avec Hermione, et peu à peu, la belle brune avait commencé à le regarder. Puis à venir lui parler. Enfin parler... l'engueuler serait plus exacte. Elle semblait avoir comme mission de défier quiconque viendrait troubler le trio vert et argent. Un véritable garde du corps enragé, en somme.

Ce soir, il avait vérifié ce qu'il soupçonnait: elle faisait partie des mangemorts. Mais quelque chose lui disait qu'il pouvait la croire quand elle disait ne pas avoir voulu ça. Hermione jurait la même chose pour son copain. Harry ne savait pas si c'était cette certitude qui l'avait décidé à l'emmener avec lui ce soir. Peut-être qu'il pensait qu'en se montrant gentil, Hermione serait moins rancunière. Il pouvait toujours espérer.

Soudain, Hagrid tomba tête en arrière contre le mur et s'endormit. La jeune fille leva les yeux quelques secondes avant de revenir à ses longues mèches brunes, passant ses doigts dedans à la manière d'une sirène. C'est dans cette contemplation presque fascinante que le professeur Slughorn se mit à parler d'un poisson offert par une certaine Lily. Alors les deux jeunes sorciers le regardèrent d'un même mouvement. Harry attendait depuis le début de l'année que le professeur se livre, et c'était enfin arrivé. La chance liquide marchait bien.

-Je suis bien l'Élue, disait-il au professeur. C'est bien moi qui dois détruire Voldemort. Mais pour que j'y arrive, vous devez me dire ce que vous avez confié à Tom Jedusor il y a des années, quand il avait mon âge. Vous devez me le dire, maintenant. Ou sinon, ma mère sera morte pour rien.

Il se passa un long moment avant que le professeur ne cède et lui donne une partie de sa mémoire. Et Parkinson avait cessé de s'intéresser à ses cheveux, regardant le professeur avec la même insistance qu'Harry.

Dehors, Harry était redevenu lui-même, et il fonça vers le château sans attendre pour aller parler au directeur. C'était sans compter sur la Serpentard, qui le suivit à la trace, furieuse.

-On a passé des heures pour seulement ça !? Mais il n'a rien révélé du tout !

-Non, mais il va me le montrer, répondit Harry.

La brune poussa une exclamation, lui faisant lever les yeux au ciel.

-Nous le montrer, mon pote ! J'ai passé les pires heures de ma vie avec toi et les deux ivrognes, là, alors j'ai intérêt à voir dans la pensine tout autant que toi !

Harry se retourna brusquement vers elle, méfiant.

-Personne ne connaît la pensine.

-Ne me prend pas pour une idiote, répliqua Parkinson d'un ton rageur. Dans le camp adverse, ça parle beaucoup, tu vois. Mais ça ne veut pas dire que moi, je révèle quoique se soit ! Alors je veux venir !

-Ça, c'est pas moi qui décide. Tu peux toujours demander à Dumbledore.

-Bien.

-Bien, ragea Harry.

Cette fille était insupportable ! C'était probablement la pire qu'il ait jamais rencontrée. Et son attitude de pimbêche mal lunée l'irritait. Toutefois, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour cette fois. Il n'avait qu'à pas lui dire de le suivre. Non mais quelle mouche l'avait piqué, par Merlin ?! C'était certainement pas pour ses beaux yeux ! Ah, sûrement pas !

-Pourquoi tu me fixes comme ça ? Pesta la brune.

Harry détourna les yeux, irrité, puis reparti en direction du château. La Serpentard le suivit comme son ombre jusqu'au bureau d'Albus Dumbledore, et à aucun moment il ne vit de l'hésitation dans le regard de la sorcière. Sa détermination reflétait la sienne.

-Je ne crois pas que...

La sorcière lui lança un regard noir avant de l'écarter de son chemin et frapper à la grande porte. Harry se résigna à la suivre dans le vaste bureau du directeur en marmonnant dans sa barbe. Cette fille n'avait aucune subtilité. Tout semblait lui appartenir quand elle entrait quelques pars.

-Bonsoirs les enfants. Je vous attendais.

Parkinson se rembrunit face à l'accueil du directeur, tandis qu'Harry resta de marbre, bien trop habitué à ce que Dumbledore soit au courant de tout dans ce château. Cependant, cet aspect de sa personnalité calma la sorcière, qui se campa devant son bureau en croisant les bras dans une attitude parfaitement dédaigneuse. Eh après, c'était les Gryffondors les arrogants !

-Potter s'intéresse au passé de Voldemort, dit de but-en-blanc la Serpentard d'un ton de reproche. Je veux moi aussi savoir de quoi il en retourne.

Son exigence fit enrager Harry, qui la fusilla du regard.

-Comme je l'ai dit; ce n'est pas moi qui décide. Tu pourrais très bien m'espionner pour le compte de Jedusor.

Parkinson s'esclaffa, visiblement amusé par son accusation.

-C'est toi l'idiot qui m'a traîné avec toi ce soir. Eh si je travaillais pour Tu-Sais-Qui, tu peux me croire, Hermione serait déjà six pieds sous terre. Draco aussi...

-Si jamais tu... ! Cracha Harry en serrant les poings.

-Allons, allons, du calme ! Intervint Albus Dumbledore en levant les deux mains en l'air pour calmer les deux élèves. Inutile d'accuser qui que se soit ici. Personne n'espionne personne dans cette pièce. Bien, Harry, si je comprends bien, tu as réussi ce que je t'avais demandé ?

Hochant de la tête, le jeune sorcier montra fièrement la fiole où reposaient les souvenirs de Slughorn. Il la donna au directeur, qui se dirigea immédiatement vers la pensine. Parkinson se précipita à sa suite, comme si elle craignait qu'Harry décide de la mettre dehors.

-Une minute, fit Harry en attrapant la jeune fille. Dis-moi pourquoi tu veux absolument voir dans la pensine.

-Tu as la mémoire courte ? C'est toi qui m'as dit que je remplaçais Hermione. Tu devais apparemment lui dire ce que tu découvrirais avec Slughorn. Je suis là maintenant, alors lâche-moi.

-Professeur ? Demanda Harry, hésitant.

-Je ne vois pas d'inconvénient à ce que miss Parkinson se joigne à nous. Quelle est la phrase des moldus déjà ?... plus on est de fou...

-Très bien, soupira Harry en s'écartant de la brune. Si vous êtes sûr...

La jeune fille sourit face à sa victoire et lui balança un discret «crétin» avant de poser les mains au bord de la pensine. Le sorcier la rejoignit et l'imita, prêt à découvrir la vérité.

...

Pansy rentra dans sa salle commune à deux heures du matin, réussissant à éviter tous les préfets qui circulaient dans les couloirs. Malheureusement pour elle, la salle n'était pas vide, et une silhouette se dessinait dans l'alcôve d'une fenêtre, observant l'extérieur. Elle ne savait pas de qui il s'agissait, alors elle fila en direction de l'étage sans plus s'en soucier, mais s'arrêta en cours de route, détaillant la silhouette une seconde fois. N'était-elle pas légèrement transparente ? Non, elle était sûrement fatiguée. La soirée avait été longue et un mal de crâne n'arrangeait pas la situation.

Pansy fit un autre pas et s'arrêta encore une fois. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette pièce. Un sentiment oppressant venait de l'assaillir et un frisson la parcouru, comme un coup de vent glacial. Elle tourna la tête une fois encore vers la silhouette et sursauta en reculant vivement. Elle tourna la tête dans tous les sens, mais plus personne hantait la salle commune. Était-ce un fantôme ? Pansy enroula ses bras autour d'elle en surveillant les quatre coins de la pièce. Elle sentait toujours la présence mais elle ne voyait rien. Elle se précipita donc à l'étage sans demander son reste, mais arrivée en haut des marches, elle entendit des voix en direction des sanitaires.

Pansy reconnut immédiatement la voix de Draco et d'Hermione. Ils étaient dans une énième dispute de couple. Pour changer.

-...vraiment le cas, tu serais sortie de ta chambre, aujourd'hui. Heureusement pour toi que Rogue te couvre.

-Ça n'a rien à voir ! Je... il m'arrive moi aussi de vouloir faire l'école buissonnière.

-L'école quoi ? Bon, peu importe. Je sais que tu me mens pour le protéger.

-C'est faux ! Je te l'ai déjà dit, Draco, je n'en veux pas à Harry.

-C'est ça ! Tu as peur que je le tue, oui.

-J'ai raison de m'inquiéter, n'est-ce pas ?

Un long silence s'ensuivit, et Pansy en profita pour sortir de sa cachette, toussotant. Le couple la regarda et Hermione soupira en voyant qui venait de les surprendre.

-Vous n'êtes pas couché ? Demanda la brune en approchant.

-Tu peux parler ! Râla Draco de sa mauvaise humeur. Où étais-tu ?

En vadrouille. En fait, Pansy ne savait toujours pas ce qu'elle allait leur révéler. Elle ne savait pas quoi dire, en vérité. Ce qu'elle avait découvert dans la pensine l'avait effrayé. Elle ne savait pas quoi penser de la situation.

-Ça me regarde, dit-elle. Vous parliez de Potter ?

Hermione lâcha un soupir irrité. Elle avait visé juste.

-Alors tu lui en veux, compris Pansy, se retenant de sourire. Le discours sur l'amitié et la confiance, c'était du baratin pour le protéger.

-Elle pense que je vais aller le tuer, marmonna Draco comme si l'idée était absurde.

Les deux sorcières le regardèrent, sceptique. Il se rembrunit en croisant les bras sur son torse, faisant la moue.

-Mouais... fit Pansy, dubitative. Bon, sinon, Potter a enfin fait parler Horace Slughorn. Je suppose que ça t'intéresses pas ?

Hermione abandonna sa mine contrariée.

-Tu as été lui parler ! S'exclama Draco.

-Pour remettre ce crétin à sa place. Mais pour une raison inconnue, il m'a assez fait confiance pour qu'il partage les révélations sur Voldemort.

Un silence de plomb accueillit la brune. Le couple regarda Pansy avec des yeux ronds.

-Putain, on m'explique ce délire ? S'impatienta Draco.

-Chut ! Le gronda sa petite amie en le frappant à la tête. On parlera de ça ailleurs.

-Mais...

-Ce n'est pas le lieu, Draco, cracha Hermione. On en discutera demain, en lieu sûr.

-Bien, parce que sinon, j'allais m'écrouler devant vous, expliqua Pansy en tournant les talons vers son dortoir. Potter m'a épuisée.

Le regard sidéré de ses amis ne lui échappa pas. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient jusqu'à demain.


Bien le bonjour à vous ^^

Je suis très contente du dernier chapitre, car personne ne s'était attendu au fait qu'Hermione se prenne le sortilège. Bref, très heureuse de mon petit effet.

Ici, je voulais faire évoluer l'intrigue avec Harry/Pansy. L'histoire reste un Dramione, mais ce couple va avoir une petite importance aussi.

A la fin, une apparition spectrale. Une idée sur son identité ?

La prochaine fois, je relance le côté "amour et folie" entre Hermione et Draco. Les pauvres, ils y a tellement de danger autour d'eux que leur vie intime est laissé de côté. Il est temps que je revienne dessus ^^

Eh encore merci pour vos avis ^^