CARPE DIEM
TOME IV
SIXIÈME ANNÉE
XI
Séparation et meurtre
Draco l'assurait, l'école pouvait retenir son souffle jusqu'au soir. Ce qui ne leur laissait que quelques heures avant que le crépuscule plonge Poudlard dans les ténèbres. Peu de temps pour réellement élaborer une stratégie.
-Quel est le plan jusqu'à l'arrivée des mangemorts ? S'inquiéta Pansy Parkinson alors que le trio s'engouffrait dans les cachots, surveillant que personne ne les suivent. Tu ne pourrais pas les retarder, Draco ? Détruire à nouveau le mécanisme de l'armoire ou bien...
Le jeune homme stoppa sa course brusquement, faisant arrêter les deux sorcières. Plusieurs enfants venaient de sortir de la salle commune des Serpentards, et ils se dirigeaient vers eux en se chamaillant sur un quelconque sujet.
-J'ai réparé l'armoire à disparaître il y a plusieurs jours maintenant, répondit Draco à voix basse. Si Bellatrix n'arrive plus à passer, elle comprendra que je suis responsable.
-Mais pourquoi décident-ils de passer à l'action ce soir ? Si le plan est opérationnel depuis un moment...
Draco ne répondit pas. Les trois sorciers étaient loin de tout savoir des plans du mage noir.
-Doit-on sonner l'alerte ? continua Pansy en regardant tour à tour Draco et Hermione.
La jeune fille regarda Hermione. Elle se contenta de l'observer, la mine sombre. Hermione n'avait pas encore pris de décision à ce sujet, et ne savait quel plan exécuter d'ici l'arrivée de Bellatrix.
-Pour quel motif ? Finit-elle par répondre après un moment. Nous connaissons les plans de Voldemort car on travaille plus ou moins pour lui ? Les aurors enverraient des détraqueurs sur le champ pour nous remercier.
Pansy essuya cette menace d'un geste de la main, agacé.
-Si Bellatrix croise la route d'un élève, elle le tuera, assura-t-elle. Tu veux avoir ça sur la conscience ?
Hermione considéra la brune avec circonspection. Elle ignorait que la sorcière avait vocation à protéger l'école. Pansy était plutôt le genre à sauver sa peau coûte que coûte.
-Je suis désolée, mais on ne va rien faire, répondit Hermione avec fermeté. La seule chose qu'on doit faire, c'est décider si Draco va ou non rejoindre les mangemorts pour aller tuer le directeur.
-C'est prévu depuis longtemps, lui rappela Draco d'un ton sec. Vous devriez plutôt aller toutes les deux vous cacher pendant que je me charge de...
-Pendant que quoi ? Cracha Hermione en même temps. Tu veux vraiment le faire ?! Tu seras l'ennemi du monde magique tout le restant de tes jours.
-Si je n'obéis pas, tu sais ce qui arrivera, gronda-t-il.
-Je me fiche des menaces de Voldemort, cria Hermione en repoussant Draco. Tu ne tueras pas Dumbledore, je le ferais !
Pansy et Draco la regardèrent sans ciller, choqués par ses propos. La sorcière soupira devant leur réaction.
-Ne fais pas comme si tu ne connaissais pas mon plan, cracha-t-elle à Pansy.
-Mais je croyais qu'on allait fuir ! Protesta la brune. C'était le plan initial, je te signale. On devrait déjà être en route, d'ailleurs ! Plus on resta là à tergiverser, moins on aura de chance de s'échapper.
-Quoi, fuir ? S'écria Draco. Pour aller où ? Se cacher parmi les moldus ?
-Ce serait un problème ? Demanda Hermione en fronçant les sourcils. À moins que tu as peur que les moldus te contaminent.
-Oh je t'en prie, on ne va pas se disputer pour ça, encore. Je dis juste que fuir ne servira à rien. Et attends, on s'en fiche de ça. Tu ne tueras pas le directeur !
-Pourquoi pas ! Si Voldemort a des doutes sur moi, je ne ferais qu'assurer mes arrières. Après ça, personne ne pourra plus douter de moi.
-Tu ne vas pas te salir les mains pour moi ! Si tu tuais Dumbledore, tout le monde voudrait ta tête.
-C'est drôle, c'est exactement ce que je pensais, quand j'ai eu cette brillante idée ! Cria Hermione à la figure de son petit ami. Si c'est toi qui le tue, tu connaîtras le même sort.
-Eh alors, tu ne me crois pas capable d'assumer et de me protéger ?!
-Par Merlin, moins fort, tous les deux ! Marmonna Pansy. Les aurors font des rondes à toute heure de la journée.
Le couple échangea des regards furieux avant de se taire. Hermione croisa les bras sur sa poitrine et lui tourna le dos. Pansy se contenta de lever les yeux au ciel, bien trop habitué au comportement puéril de ses amis.
-Alors, vous avez un plan, d'ici ce soir, oui ou non ? Sinon, je vous préviens, vu comment vous m'énerver, je me casse sans vous, c'est clair ?!
-Si Dumbledore sait qu'on prévoit de l'assassiner, il se cachera peut-être, souligna Draco devant le silence d'Hermione, qui boudait toujours. Je ne pourrais donc pas le tuer, mais ça ne serait pas vraiment de ma faute.
-On peut toujours tenter, sourit Pansy, ravi qu'un plan se mette en marche. OK, je me charge de prévenir le directeur. Je vais aussi parler à Potter. Il sera le mieux placé pour protéger le directeur. Et vous deux ?
-J'irai accueillir Bellatrix et les autres, comme convenu. Toi, Hermione, tu iras parler à Rogue. Il doit certainement savoir ce qui se prépare ce soir, mais explique lui qu'on va tenter une sortie pour éviter le drame. Peut-être pourra-t-il trouver une excuse pour regrouper les élèves dans un endroit sûr.
-Donc on prévient l'école de l'invasion ? Demanda Pansy, surexcitée.
Hermione ne comprenait plus la sorcière. Depuis quand Pansy était passé dans le camp des enthousiastes ? Par Merlin, elle cachait bien son jeu, elle aussi.
-Si on découvre que nous connaissions les projets de Voldemort, on aurait plus de problèmes que si on tente de les prévenir.
-Pour une fois que tu détiens la voix de la sagesse, se moqua Hermione.
-J'ai toujours d'excellentes idées, protesta Draco.
-Ouais, c'est ça... eh voilà pourquoi on tente d'éviter de tuer le vieux fou. Quelle idée brillante, en effet !
-Bon, vous avez fini de vous disputer. L'heure tourne, râla Pansy.
...
Le professeur Rogue venait de s'entretenir avec les aurors qui surveillaient l'entrée du domaine du château, quand Hermione le trouva, drapé de son éternelle cape noire et de son air maussade. On ne pouvait pas dire que le professeur savait engager la conversation. Et qui pouvait bien se vanter d'avoir vu Severus Rogue sourire ?
-Miss Granger, grinça-t-il quand il s'aperçut de sa présence, non loin de lui, elle aussi drapée dans sa longue cape émeraude.
-Le temps présageait un magnifique week-end, lui dit la jeune fille sans bouger, la mine impassible. Maintenant, on se croirait à la nuit tombée. Le vent est menaçant, les arbres chuchotes des avertissements et les créatures magiques se caches au fin fond de la forêt. Savez-vous pourquoi le ciel est si sombre, professeur ?
Il ne répondit pas, devinant que la jeune sorcière se fichait de lui. Son regard s'assombrit et il avança lentement vers elle.
-Où est Draco ? Demanda Rogue de sa voix lente et grinçante.
-Il attend Bellatrix, lâcha Hermione d'un ton abrupt. Apparemment, la fête commence ce soir. Vous étiez au courant ?
À sa tête, ce n'était pas le cas. Génial, quand on se prétendait espion.
-Vous avez dit tout faire pour protéger Draco, votre filleul. Vous avez un plan, pour l'aider ?
-Le problème a été évoqué avec Albus. Nous savons comment réagir, Miss Granger. Ne faites rien. Laissez Draco approcher Albus et lever sa baguette. Je me chargerais du reste.
-Et que ferez-vous ? Se moqua-t-elle. Vous aurez Bellatrix comme témoin gênant.
-Je protégerais Draco, assura le professeur. Ne faites rien. Rien de stupide.
-Et Harry Potter ? Cracha-t-elle.
-Il me semble que lui et Dumbledore soient absents pour le moment. Ce n'est pas un problème pour vous, Miss Granger.
-Absents ? Ils fuient l'école ?
-Ne vous montrez pas aussi idiote ! S'agaça le professeur. Jamais le directeur fuirait ses obligations.
Bien sûr... elle ne mettrait pas sa main à couper pour une telle affirmation, toutefois, elle choisit de croire Rogue.
-Comptes-ils revenir aujourd'hui ? C'est étrange de partir après avoir enfin obtenu des informations sur le passé de Voldemort. Ai-je visé juste ? S'amusa Hermione en voyant se renfrogner le professeur Rogue. Je suis loin d'être idiote, professeur, alors ne faites pas comme si Draco et moi ne faisons rien pour éviter la guerre. Dumbledore et Potter sont parti au sujet d'une magie extrêmement dangereuse. Les horcruxes.
Le professeur s'avança plus encore, le regard sombre. La défiance dont faisait preuve la sorcière l'agaçait, elle le savait, mais quelle jubilation d'avoir le sentiment de contrôler la situation. Elle pensait qu'il allait répondre, nier toutes ses suppositions, ou même la dénigrer et la traiter encore d'idiote. Il n'en fit pourtant rien. Il se contenta de passer à côté d'elle tel un fantôme et de laisser tomber à ses pieds dans un bruit mat un objet. Puis le professeur Rogue continua son chemin dans le dédale de pierre et s'enfonça dans les ténèbres.
Hermione baissa les yeux sur l'objet délaissé après avoir fusillé le professeur du regard – comment osait-il rester de marbre face à la situation chaotique qui se préparait ?! - et eut un mouvement de recul en reconnaissant le pendentif brisé, ce pendentif même qui avait causé la mort de son ami Blaise et l'avait rendu aussi cruelle qu'une sang pur partageant l'idéologie de Voldemort.
Comment Rogue avait-il pu remettre la main sur la pierre maudite ?
Longtemps hésitante, Hermione observa le collier sans y toucher, désireuse de le briser à nouveau de son talon. Pourtant, une question subsistait: est-ce que Dumbledore était derrière cette machination ? Si tel était le cas...
-Il ne reste plus beaucoup de temps.
La jeune fille sursauta en entendant cette voix l'interrompre dans ses réflexions et se retourna en la reconnaissant immédiatement. Elle ne connaissait qu'une personne pour soigner ses entrées de cette manière.
-Tu as une manière très déplaisante de surgir, Gabriel. Tu t'ennuies trop auprès des mangemorts ?
-Si tu veux tout savoir, les méchants ont eux aussi des plans B, quelques fois. Certains disciples attendent une ouverture à l'entrée du domaine.
-Plan ridicule, si tu veux mon avis, car l'école est protégée par un sort. Seul Dumbledore, le professeur Rogue et... toi, peuvent entrer et sortir sans encombre.
-J'ai jamais dit que notre plan B était lumineux.
-Qu'est-ce que tu fais ici, au juste ? S'impatienta Hermione en soupirant, lui montrant très clairement que sa venue n'était pas appréciée. Si tu es vraiment un agent double, comme tu dis, ne devrais-tu pas être avec Bellatrix et les autres, pour ne pas gâcher ta couverture de «soi-disant gentil de l'histoire» ?
Gabriel rit jaune face à son sarcasme, ne semblant pas aimer son ton désinvolte. Il la détailla de haut en bas d'une manière telle qu'Hermione jura avant de tenter de partir. C'était sans compter sur le sorcier, qui la retint par le coude, l'obligeant à le regarder.
-Tu dois prendre le collier avec toi, dit-il rudement de son fort accent français.
-Tu n'as qu'à le prendre, toi, si tu le veux, répliqua-t-elle, furieuse. Lâche-moi.
Gabriel ramassa l'objet maudit et lui mit de force dans la main, qu'il referma en poing.
-Ce soir, tu vas avoir besoin d'une protection supplémentaire. Si tu comptes seulement sur Draco pour te protéger, tu te fourvoies. Le pendentif...
-La dernière fois que la pierre était censée me protéger, cracha Hermione, cela a tué mon meilleur ami, sous mes yeux. Alors non, je ne toucherais plus au cadeau empoisonné de ce vieux fou. Eh pour ta gouverne, je n'ai besoin de rien ni de personne pour surveiller mes arrières. Je dois certainement connaître plus de sorts que toi, par ailleurs.
-Tu veux parier ?
-Si tu me menaces, tu vas vite voir que ce n'est pas de la vantardise. Maintenant, lâche-moi et laisse-moi passer. Pour information, je dois empêcher ce vieux fou de se faire tuer, cingla-t-elle.
-Et tu crois que je n'ai pas les mêmes objectifs ?
-Je ne sais toujours pas qui tu es et surtout, dans quel camp tu te trouves, Gabriel.
-Si j'étais dans le camp du maître, tu peux me croire sur parole, j'aurai été lui dire que tu es une sang-de-bou...
Hermione le gifla si fort qu'elle en eut mal à la main. Des engourdissements remontèrent jusqu'au haut de son bras, pour autant, elle ne se défit pas de son sourire satisfait et un brin furieux. Comment osait-il l'insulter devant elle ?! Le sorcier se massa la mâchoire un moment avant de la regarder.
-Je me suis mal exprimé, s'excusa-t-il.
-Si tu crois que Voldemort a une bien meilleure vision des sang-mêlés...
-Hé ho, je suis désolé, s'agaça-t-il en fronçant les sourcils. Ma parole, tu as un sacré crochet.
-Merci, fit-elle en souriant de toutes ses dents. Bon, maintenant que j'ai été très clair et que tu en porte la marque, tu vas me laisser passer !
-Je t'accompagne, rétorqua Gabriel en secouant la tête devant la mine furieuse de la sorcière. Non, écoutes, je connais aussi la prophétie, et j'imagine très bien ce que tu as en tête. On a encore un peu de temps pour trouver une autre solution.
-Pourquoi diable tout le monde essaie de m'empêcher de tuer le directeur ?! Éructa-t-elle. Si je ne le fais pas, Draco...
-Quelle différence, que ce soit toi ou lui qui le tue ?
-Draco a déjà sacrifié beaucoup de choses pour sa famille et moi. En retour, je ne fais que lui apporter des problèmes. Je veux lui sauver la vie.
-Tout ce que tu réussiras à faire, c'est conforter Potter et les autres dans l'idée que tu es dans le camp ennemi.
-Je me fous bien de Potter et du reste de l'école ! Cria Hermione avant de s'interrompre brusquement. Oh non...
Hermione vacilla en portant son attention au pendentif. La serpentine luisait d'une humeur noire qui lui était familière. Elle lâcha la pierre comme si était brûlante.
-Je croyais que le pendentif était brisé ! S'écria-t-elle en reculant précipitamment. Qu'est-ce que tu as fait ? L'accusa-t-elle.
-Tu crois vraiment qu'un sortilège de Dumbledore peut être brisé d'un simple coup de pied ?
-Éloigne ça loin de moi ! Il m'influence beaucoup trop dans mes jugements.
-Calmes-toi !
-Je ne me calmerais pas tant que la pierre brillera ! Cracha Hermione en continuant de reculer.
-Attends, Granger...
La sorcière profita de leur distance et tourna les talons pour décamper. Elle courut vers le château sous les cris de Gabriel, mais arriva à le semer après de longues minutes de courses et plusieurs dérapages dans les couloirs du château. Quand elle fut sûre que Gabriel l'avait perdue de vue, elle s'arrêta pour reprendre son souffle, contemplant avec horreur ses mains qui tremblaient.
Seul le pendentif était responsable de son état. La prophétie disait donc vrai: «Quand la fille d'Eve portera le glaive, de ses yeux noirs, prendra la relève, de l'étoile noire». Les yeux noirs...
Hermione ne voulait pas que tout recommence. Elle avait pensée et fait des choses indignes d'elle-même. Encore tout à l'heure, elle avait affirmé à Gabriel que le sort de l'école ne l'intéressait pas, du moment que Draco était sauvé.
Certes, une part d'elle-même pensait ainsi. Mais de là à ignorer le sort des autres élèves... peut-être pas à ce point-là, non.
Toujours est-il que le professeur Rogue avait fait renaître ce sentiment de puissance en elle, et elle ignorait si cela était une bonne nouvelle.
Reprenant ses esprits, elle tenta de se calmer et décida d'oublier le pendentif le temps de retrouver Draco et Pansy. Avec ses amis, peut-être trouvera-t-elle un moyen d'échapper à l'emprise du collier.
...
Draco Malfoy se tenait dans la salle sur demande, devant l'armoire à disparaître.
L'endroit semblait parfait pour accueillir Bellatrix Lestrange et ses acolytes. La pièce était lugubre, sale, dépourvu de fenêtres et ressemblait au sanctuaire de la mort. Une ambiance que bien des mangemorts appréciait, et que le jeune sorcier ne comprendrait jamais.
Comment pouvait-on aimer les ténèbres, la mort et la tristesse ? Comment pouvait-on préférer un monde dépourvu de chaleur ?
Sa vie avait ressemblé à cette pièce, avant sa première année à Poudlard. Puis il avait rencontré Hermione sur le chemin de traverse, à la boutique d'Ollivander. Tout avait changé à la seconde où la petite fille s'était tourné vers lui. Sans doute son sourire l'avait-il fait un peu peur. Après tout, qui souriait en voyant un Malfoy ? Sans doute pour ce sourire que le jeune Draco l'avait suivi pour feindre de se rencontrer encore à la boutique de vêtements. Pour ça aussi qu'il lui avait payé un petit chat roux.
À ces souvenirs d'enfance, Draco eut un sourire sans joie. Est-ce que ce bonheur allait s'arrêter ce soir ? Depuis toujours, Draco avait comme un don au sujet des intuitions.
Il savait que la petite fille allait changer sa vie. Il savait que cette même fille allait être une source de problèmes pour lui, mais que ça en valait la peine. Il savait que le soir des dernières épreuves de la Coupe des Sorciers, quelque chose d'horrible allait se passer. Il savait que Krum allait poser problème. Il savait que Potter serait un problème majeur.
Et ce soir... il savait qu'il allait perdre quelque chose d'inestimable. Il espérait simplement que pour une fois, son intuition le trompait.
...
Hermione retrouva Pansy à la sortit de la Grande salle. Sans surprise, Draco n'était pas au rendez-vous et Pansy affirmait qu'il se trouvait sans doute avec Bellatrix à l'heure qu'il était. Effectivement, la nuit était tombée, les élèves repartaient dans leurs dortoirs, le ventre plein, et chacun pensait passer une bonne nuit... comme un soir ordinaire à Poudlard.
-Selon mes informations, la dernière fois que le directeur et Potter ont été vu, ils se dirigeaient vers la tour d'astronomie.
-Qui te la dit ?
-Quelques tableaux. Quoi, tu ne penses jamais à interroger les tableaux ? S'agaça en Pansy.
-Ils ne sont pas fiables. Ils adorent colporter des ragots.
-Oui eh bien, c'est toujours mieux que rien. On va jeter un œil ou pas ?
Hermione hésita. Et si Draco avait des ennuis ? Elle et Pansy ne pouvait pas le rejoindre, mais elle aurait aimé les suivre de loin, histoire de s'assurer qu'il ne risquait rien.
-Très bien, soupira Hermione. Mais si nous ne trouvons aucune trace d'eux, on court à la salle sur demande.
-À vos ordres, chef, répondit Pansy en prenant la marche. Tu sais, si on avait fui comme je te l'avais conseillé ce matin...
-La ferme, Pansy. C'est trop tard pour regretter quoique se soit.
-Moi, ce que j'en dis... marmonna la brune.
...
Arrivées à la tour d'astronomie – normalement interdite à cette heure-ci – les deux sorcières se rendirent à l'évidence: il allait être difficile de retrouver Dumbledore. Personne ne se trouvait ici, et avec le temps qui virait à l'orage, elles n'étaient pas rassurées pour rester à une telle hauteur. Après tout, elle était dans la plus haute tour. Autant agiter un drapeau rouge devant un taureau !
-Ils sont peut-être dans son bureau, tout simplement, tenta Pansy.
-Si ce vieux fou sait que les mangemorts arrivent ce soir, ils ne seront pas dans son bureau. C'est beaucoup trop évident.
-Mais alors où...
À ce moment-là, les filles entendirent un son caractéristique propre au transplanage. Elles découvrirent alors devant elles le directeur en personne, accompagné de Potter. À croire qu'ils tombaient du ciel au moment opportun ! Hermione entraîna Pansy avec elle et se cachèrent derrière un pilier en ferraille.
Le directeur ne semblait pas au meilleur de sa forme, et dû s'asseoir avec l'aide d'Harry Potter. Ils ne s'étaient pas rendu compte de la présence des deux Serpentards.
-Il faut... Severus... j'ai besoin... de Severus... pria le directeur au sorcier de son souffle court.
Le Gryffondor ne discuta pas et se précipita vers les escaliers, où se trouvaient les deux sorcières. Potter se figea en les découvrant. Puis un bruit se fit entendre, et les trois jeunes sorciers se figèrent.
-C'est vous qui... ! Les accusa Potter en entendant Dumbledore le prier de se cacher.
-Pas maintenant ! S'empourpra Hermione en poussant le sorcier vers les marches. Il faut descendre, vite !
Tous trois se cachèrent un étage au-dessous, et Hermione fit comme si elle ne voyait pas le regard assassin de Potter. Ce n'était pas le moment de tenter de lui expliquer la situation.
-Pourquoi vous... !
-Chut ! Fit Hermione en lui frappant la tête. Ils arrivent.
-Mais qui... ?!
-La ferme ! Pesta Pansy.
Cachés dans l'ombre, ils attendirent que les pas se rapprochent, et les deux sorcières ne furent pas surprises quand Draco se montra, montant tout en haut de la tour, comme s'il savait parfaitement que le directeur était là. Potter éructa, et Hermione du le retenir pour l'empêcher de se montrer et se faire tuer. Bellatrix Lestrange était forcément dans les parages.
-Non... !
Harry venait apparemment de comprendre la situation. Hermione leva les yeux au ciel devant un tel manque de logique. Il savait bien ce que trafiquait Draco, pas la peine de faire ces yeux-là !
-Si tu te manifestes, tu es mort, lui dit-elle à mi-voix.
Il la regarda avec un air furieux. Hermione reporta son attention vers le sommet de la tour, trop inquiète au sort de son petit ami pour considérer Harry Potter. Elle ne voyait plus Draco, mais elle l'entendait parler avec le directeur.
-Draco, tu n'es pas un assassin, disait Dumbledore.
Sûrement pas. Hermione ferait tout pour lui éviter ce genre de vie. Il n'était pas comme son père.
-Comment vous le savez ?! S'énerva Draco d'une voix tremblante. J'ai fait des choses qui vous ferait frémir, ragea-t-il.
Hermione secoua la tête. Sa peur était palpable et cela n'échapperait pas à Bellatrix si elle était quelques pars dans l'ombre. Devait-elle intervenir maintenant ?
-Oui je sais, Draco, répondit le directeur. Mais je pense plutôt que tes tentatives pour me tuer ont été étrangement ridicules. Peut-être que finalement, tu es loin de penser comme eux.
-Si... je dois le faire. Je suis obligé. Sinon...
-Tu sais, j'ai connu un garçon, un jour, et il n'a fait que de mauvais choix. Et je sais parfaitement que toi, tu es différent. Tu as la chance d'être entouré d'amis.
-Justement ! J'ai des amies... et il faut que je les protège.
-Je comprends, Draco, je comprends. Mais tes amies veulent-ils que tu ailles aussi loin pour les sauver ?
-Ça n'a pas d'importance, répliqua Draco. Je sais ce que je dois faire. Je suis désolé.
Hermione ne pouvait plus rester dans l'ombre et faire comme si la scène ne se déroulait pas sous ses yeux. Elle s'éloigna de Pansy – qui la supplia de rester cacher – et de Potter – qui semblait près à tuer Draco dans une seconde – rapidement et monta les escaliers opposés à ceux qu'avait empruntés Draco. Elle se retrouva alors derrière le directeur, face à Draco. Ce dernier écarquilla les yeux mais n'eut pas le temps de dire quoique se soit car un bruit se fit entendre. Dumbledore n'avait pas encore remarqué la présence de la sorcière.
-Il y a du monde avec toi, Draco ? Comment ?
-L'armoire à disparaître.
-Astucieux, fit le directeur, réellement impressionné.
Hermione nota que Dumbledore était anxieux. Normal, vu la situation. Elle aurait aimé que les mangemorts ne débarquent pas tous à ce moment-là, l'obligeant à revoir sa position.
-Hermione, fit Draco d'un ton ferme mais terrifié en tendant la main.
Comme elle se trouvait derrière Dumbledore, Bellatrix et les autres pouvaient douter de sa loyauté. Draco était terrifié et le lui montrait, la priant de venir à ses côtés.
Coulant un regard en direction de l'étage au-dessous, elle vit Pansy lui faire signe. Alors elle traversa les quelques mètres qui la séparait de son petit ami et rencontra le regard du directeur en chemin. Quand elle se planta à côté de Draco, lui prenant la main, Dumbledore la regarda d'un air qui signifiait qu'il savait tout. Il savait ce qu'elle voulait faire pour sauver Draco et semblait d'accord avec son plan. Vieux fou !
-Comme c'est mignon ! Se moqua Bellatrix en émergeant de l'ombre et prenant enfin la parole. Vous avez l'intention de le faire ensemble ?
Sa moquerie ne fit rire qu'elle. La situation était bien trop tendue.
-Bonjour, Albus. Comme il est bon de se revoir.
-J'aimerais en dire de même, rétorqua Dumbledore.
-Excusez-moi pour cette visite impromptue, mais je ne voulais absolument pas rater votre déchéance. Alors, qu'attends-tu, Draco ?
Le jeune sorcier avait désarmé le directeur et pointait désormais sa baguette vers lui. En un seul mot, il pouvait rendre fier le maître et protéger sa famille. Pourtant, il ne dit rien. Hermione ne supportait pas ce spectacle.
-Je vais le faire ! cria-t-elle aux mangemorts, qui commençaient à douter de Draco.
L'un d'eux venait de sortir sa baguette, alors Hermione n'avait plus le choix. Draco ou elle devait tuer le directeur, sinon, ils seraient tués tous les trois.
-J'en rêve depuis longtemps, mentit-elle d'une voix assurée, presque moqueuse. Ce vieux fou a plusieurs fois tenté de me contrôler. C'est terminé.
-Non, c'est à Draco de le faire ! Protesta Bellatrix.
Hermione se retourna vers la mangemort, furieuse. Si elle pouvait aussi la tuer, celle-là !
-J'ai plus à prouver qu'un Malfoy ! Dit-elle avec rage.
-Ma fille, le maître t'a déjà donné une mission au sujet de Potter. Il veut que Draco soit celui...
-Ça suffit !
Tournant tous les têtes, l'assemblée vit apparaître le professeur Rogue. Ce dernier pointait déjà sa baguette... vers Dumbledore.
-Severus... mon ami, fit le directeur dans un signe d'espoir.
Hermione allait dire quelque chose, faire n'importe quoi. Elle voyait que la situation lui échappait, qu'une sortie de secours n'était plus envisageable, que sauver le directeur devenait impossible. Elle voulait dire quelque, mais Rogue s'avançait déjà vers le directeur, près à sauver Draco de sa mission. Elle venait de comprendre le plan de Severus et Dumbledore. Juste pour sauver Draco.
Si Hermione tentait quelque chose... Draco semblait comprendre ses intentions vue le regard qu'elle lançait à Bellatrix, et il lui serra la main très fort, lui arrachant sa baguette. La jeune fille tenta de protester, mais c'est ce moment-là que choisit le professeur Rogue pour passer à l'action, et tandis que la sorcière tentait de reprendre sa baguette, elle entendit l'effroyable.
-Avada Kedavra ! Cria Rogue à l'intention de Dumbledore.
Hermione hurla après le professeur, ne croyant pas qu'il était capable d'un tel acte. Draco tentait toujours de la calmer, mais elle continua de hurler, tandis que Dumbledore tombait de la tour, emporté par la mort.
Elle entendit des cris de toutes pars. Des cris de victoire. Des cris de rage. Des cris d'effroi. Ceux de Bellatrix. Ceux d'Harry Potter. Les siens.
Le plan était qu'elle sauve Draco en tuant le directeur. Elle avait cru comprendre ce qu'avaient manigancés Dumbledore et Rogue, mais sans vraiment y croire. Pas passer un tel accord pour sauver des élèves. C'était impensable. C'était laisser la place à Voldemort. C'était rendre les armes devant l'ennemi.
Hermione fixa l'arche où était tombé le directeur, sourde à toute l'agitation autour d'elle. La mission était un succès, mais Draco n'en était pas le responsable. Comment le prendrait le mage noir ? Et Severus Rogue, comment allait-il justifié son acte ?
Soudain, alors qu'elle imaginait un futur sombre, on la bouscula violemment, et Hermione refit face au présent, regardant l'agitation tout autour d'elle.
Bellatrix hurlait de joie, les autres mangemorts accompagnant son hilarité, et Harry Potter surgissait devant eux, la haine directement orienté vers le professeur Rogue. Alors les mangemorts se mirent en mouvement et prirent la fuirent, la mine hilare, et le professeur Rogue empoigna Draco rudement, sous les protestations d'Hermione.
-Il faut quitter le château ! Gronda Severus Rogue.
Il descendit la tour d'astronomie à une vitesse folle, traînant les deux sorciers dans son sillage.
Au loin, la jeune fille entendit Pansy lui hurler quelque chose. Harry Potter vociféra après Rogue, courant à leur suite. Hermione trébucha plusieurs fois, incapable de suivre le rythme, et finit par lâcher le bras de Draco en tombant. Un regard en arrière, Draco tenta de l'aider mais Severus l'agrippa violemment par le col et le tira vers lui.
S'ensuivit une fuite vers la forêt interdite, où Potter les poursuivit en hurlant et lançant des sorts.
-Tu vas bien ? S'écria Pansy en relevant Hermione.
Avec ses paumes ensanglantées et la terre sur sa joue, elle ne donnait pas l'air d'aller bien. Le pire restant l'absence de Draco, déjà bien loin d'elle.
-Il faut retrouver Draco ! Répondit Hermione en tentant de courir.
-Mais tu es blessée ! Protesta Pansy tandis que la sorcière trébuchait.
Elle avait dû se tordre la cheville en tombant. Jurant Merlin, Hermione essuya ses larmes de rage et continua son chemin vers la forêt. Elle voyait encore Potter et la lueur de ses sortilèges.
-Hermione, arrêtes ! Si Severus a emmené Draco...
Hermione ignora son amie et continua sa route, quand soudain, une ombre surgit devant elle et l'attrapa par la taille, l'empêchant d'avancer plus loin.
-Granger, laisses tomber, il est déjà loin du domaine.
Rageuse, elle se libéra de la prise du sorcier et le bouscula loin d'elle.
-Dégage de là, par Merlin ! Cria-t-elle après Gabriel.
-Potter a vu Malfoy tenter de tuer le directeur. Si Rogue l'a emmené, c'est pour sa sécurité. J'ai pour ordre de rester ici, maintenant, pour te surveiller.
-Alors tu ne travailles plus pour le maître ? Demanda Pansy.
-Je suis officiellement un traître, répondit fièrement Gabriel.
Pour toute répondre, Hermione lâcha un cri de rage et regarda en direction de la forêt.
-Si je ne revois pas Draco... je te tuerais, jura-t-elle à Gabriel.
Hello les Potterheads ! Fin tragique, je sais. Draco et Hermione sont séparés, c'est horrible. Mais j'ai promis un happy end, alors no stress ^^
Bon, je sais pas si je fais un dernier chapitre ou si je passe à l'épilogue... En tout cas, je crois que vous devinez la suite du scénario. On a qu'à dire que la chasse aux horcruxes, ça va tourner en une grosse colocation. ^^
Sinon, à la sortie du fameux tome 8 de HP, j'ai été enchantée de voir que ma librairie avait organisé un événement digne du cinéma. J'ai donc pu rencontrer Severus Rogue et Hermione Granger dans un magnifique décor (oui, les moldus avaient le droit d'entrer). Le professeur m'a menacé, mais quand j'ai dit ma maison, il était content. Par contre, il a levé les yeux au ciel quand j'ai dit aimer Draco Malfoy. Psss... jaloux !
Bref, 8eme livre pas encore lu, alors CHUT sur le scénario, merci :D Je me refais les 7 autres avant.
Et comme toujours, merci pour vos avis, c'est toujours un régal de vous lire.
à très bientôt et réservez bien vos places pour le prochain film en novembre ! ^^
