CARPE DIEM

TOME IV

SIXIÈME ANNÉE


XII

Épilogue


Les baguettes s'étaient levée le soir où l'invasion eut lieu. L'école avait ensuite fermé ses portes et renvoyé les élèves chez eux, par mesure de sécurité. Albus Dumbledore n'était plus et le monde des sorciers était complètement chamboulé, dans la même confusion que quinze ans auparavant. Et rien ne semblait s'arranger après plus d'un mois passé dans la peur et l'angoisse.

Suite à l'invasion des mangemorts, la grande salle avait subi des dommages, la maison d'Hagrid avait brûlé, et bien d'autres destructions avaient eu lieu. Hermione n'était pas retourné en France chez ses parents. Elle n'avait même pas envoyé une lettre pour en expliquer les raisons. Pansy avait fait de même avec sa famille. Elles pensaient qu'en revenant dans leur foyer, un drame surviendrait.

Elles étaient donc toutes les deux en cavale, selon les dires de Pansy. En vérité, Hermione avait fini par admettre que Pansy avait eu raison depuis le début: ils auraient dû fuir depuis bien longtemps. Ils avaient attendu, nié l'évidence. Maintenant... elles étaient effectivement en fuite, mais sans leur ami.

Hermione et Pansy avaient fui juste après la disparition des mangemorts et de Severus Rogue. À ce moment-là, Harry Potter avait été dans un état incontrôlable, et sans réfléchir, avait rejeté la faute sur les filles. Pansy et Hermione n'avaient rien pu dire ou faire pour calmer le sorcier, et elles avaient fini par transplaner avec l'aide de Gabriel, qui venait les secourir.

Maintenant, elles se cachaient dans un hôtel au nord de l'Angleterre, au milieu des moldus, bien loin de Poudlard, bien loin de Londres et de toute personne susceptible de les reconnaître. Et elles attendaient. Écoutaient les nouvelles que donnaient Gabriel. Vivaient depuis un mois comme de simple mortel. Attendais que la tempête se calme. Que les gens se ressaisissent.

-J'ai fais le ravitaillement ! S'exclama Pansy un jour en revenant du marché, les bras chargés de sacs. Mais impossible de trouver des citrouilles.

Pansy adorait faire les courses sur la place du marché. Hermione la laissait faire, trop occupé de son côté pour s'embarrasser avec les besoins humains. Elle passait la journée à écouter la radio, lire la gazette et rester à l'affût du moindre signe de la famille Malfoy. Elle ne pouvait penser qu'à ça. Pas au fait qu'en ce mois de juillet, les citrouilles n'étaient pas de sorties.

Dans la gazette, ils parlaient maintenant des noirs secrets de l'ancien directeur de Poudlard. Le deuil était passé très vite et Rita Skeeter savait manier la plume comme personne.

-Ah et tu ne m'as toujours pas expliqué comment marche cette foutue carte que tu m'as donnée. Pourquoi les moldus ne payent pas comme nous ? C'est dingue ce truc... hum... tecologie, c'est ça ?

-Technologie, marmonna Hermione dans sa barbe, accroché à la radio.

-Il y a aussi deux enfants qui m'ont parlé. Ils trouvaient étrange mon manteau et disaient qu'on était loin d'Halloween. S'ils pensent qu'ils étaient mieux vêtus ! Les moldus s'occupent-ils toujours des affaires des autres ? Du coup, je leur aie jeté un petrificus totalus.

Hermione releva la tête et fronça les sourcils. Elle n'avait absolument pas suivi tout le badinage de son amie.

-Quoi ? Fit-elle quand Pansy la regarda en croisant les bras sur sa poitrine.

-Je plaisantais. Ma baguette est restée sagement dans ma botte.

-Poudlard est assiégé par les mangemorts, dit Hermione pour faire taire son amie. Severus Rogue reprend le rôle de directeur.

Pansy décroisa les bras, abasourdit. Son air enjoué disparu totalement et elle vint s'asseoir près d'Hermione, sur le canapé.

-Qu'est-ce que ça veut dire, à ton avis ? S'inquiéta-t-elle.

-Je crois que tout était prévu. Rogue n'a pas trahi Dumbledore.

-Mais il l'a tué ! Protesta Pansy, haineuse. On voulait éviter tout ça !

-À la demande du directeur lui-même, affirma Hermione d'un ton sec. Pour éviter que Draco finissent comme son père et soit un meurtrier. Rogue avait promis de protéger son filleul. C'est fait.

-Donc on doit lui faire confiance ? Ria Pansy d'un air offusqué. Je ne fais pas confiance aux personnes capables de trahir un ami. Même pour tenir une promesse.

-Laissons-lui le bénéfice du doute. Draco l'a fait quand il a découvert mes origines.

-Eh... on fait quoi, au sujet de Gabriel ? Marmonna Pansy en haussant des épaules. Il nous a aidés à partir de Poudlard, mais depuis, silence radio. S'il était un espion de Voldemort, il nous aurait déjà trahi, mais honnêtement, son histoire est étrange. Qui peut bien être mangemort par choix et du jour au lendemain, changer de camp ?

-Rogue, répondit Hermione. Il a changé de camp.

Pansy leva les yeux au ciel, agacé.

-Qui sait, les traîtres sont peut-être plus nombreux qu'on ne le pense, chez les mangemorts. Reste à espérer que Rogue puisse toujours veiller sur Draco. En attendant, il est temps de reprendre contact avec Potter. La situation au ministère m'inquiète.

-Il pense qu'on est responsable du meurtre du directeur ! Protesta Pansy. Mais qu'est-ce qui te prend, à toujours vouloir te jeter dans la gueule du dragon !

-Il était sous le choc, comme tout le monde, répliqua Hermione. Et je veux savoir où Dumbledore et lui étaient passés avant de transplaner dans la tour. Je veux qu'il me parle des horcruxes.

-Alors... on quitte notre planque ? C'est trop dangereux.

-J'ai déjà envoyé un hibou au terrier. Logiquement, c'est là que Harry se trouve. Si nous avons une réponse, c'est qu'il accepte de nous rencontrer... sans aurors ni baguette.

-Donc on attend soit un allié, soit un détraqueur prêt à nous tuer, énuméra Pansy. Ouais... c'est moi ou tes plans deviennent de plus en plus suicidaires ?!

...

Au terrier, Harry Potter et ses amis passaient le temps en préparant un grand mariage. Pour Harry, le moment était très mal choisi, mais il ne dit rien à ce sujet, encore sous le choc de la mort d'Alastor Maugrey.

Harry avait rejoint le terrier avec peine, poursuivi par des mangemorts. Il avait par la même occasion fait partir sa famille dans un endroit sûr. Si Voldemort tenait à le tuer, il n'hésiterait pas à commencer à s'en prendre à des moldus. Il avait déjà commencé.

Le plus dur restait sa chouette, Edwige. Elle avait été frappée par le sortilège de la mort en tentant de l'aider. Harry jurait de retrouver le mangemort qui était responsable de sa mort.

Alors qu'il ruminait dans son coin comme depuis un mois, Harry leva les yeux quand un couinement se fit entendre.

Un hibou Grand-duc arrivait à vive allure dans sa direction. Le sorcier ouvrit la fenêtre du salon et laissa entrer l'animal, attrapant au passage le petit rouleau de parchemin cacheté. En ces temps difficiles, peu de sorciers se risquaient à envoyer des lettres par hibou. Dans la plupart des cas, elles étaient arrêtées par des aurors ou des mangemorts. Ce hibou avait eu de la chance d'être encore en vie.

«On doit se parler.

Tu ne me fais plus confiance, mais sache que beaucoup portent des masques pour survivre.

Si nous pouvons tenir une conversation sans que tu m'accuses d'un crime, renvoie-moi le hibou».

Il n'y avait aucune signature. Aucun nom. Harry savait pourtant qui lui avait écrit. Seule Hermione Granger aurait le courage et l'audace de revenir vers lui sans craindre des représailles.

...

À l'hôtel, aux confins de la campagne de Keswick, Hermione ne prit pas la peine de saluer Gabriel quand ce dernier transplana au beau milieu du salon, comme s'il possédait tous les droits. Elle continua de feuilleter son livre de magie noire en l'ignorant, parfaitement conscience que le français allait vite perdre patience.

-Tu as de nouvelles infos ? Demanda finalement Hermione après de longues minutes.

Le sorcier croqua dans une pomme qu'il trouva dans une corbeille, faignant la nonchalance. La sorcière s'impatienta et tapa du pied, irritée. Il était d'un sans-gêne déconcertant.

-Je n'ai plus accès au manoir, si telle est ta question, dit-il, lui lançant un regard en coin. Mais selon mes informations, Malfoy a retrouvé son père.

-Quoi ?! S'écria Hermione, la peur au ventre, se détachant du mur auquel elle s'était appuyé. Mais... !

-Attends. Je ne voulais pas dire qu'il était à Azkaban. Lucius et beaucoup d'autres sont sortis grâce à Voldemort. Apparemment, c'est pas très rose au manoir.

Jetant son livre sur le canapé, Hermione se passa une main dans les cheveux, inquiète.

-Est-il possible pour Draco de sortir ?

-Pas sans éveiller les soupçons. Et s'il tentait une sortie, on devinerait tout de suite qu'il essaierait de te rejoindre. Il faut encore patienter.

-Patienter ! S'exclama-t-elle en levant les bras au ciel. Ça fait plus d'un mois que tu me sors ce discours ! Moi, j'en ai marre de patienter. Je t'ai pas attendu pour agir.

-Qu'est-ce que tu as fait ? La morigéna-t-il en fronçant les sourcils.

-J'ai fait ce que j'aurai dû faire le soir où Dumbledore a été tué. J'ai demandé à Harry Potter une chance de m'expliquer.

-Tu as envoyé un hibou ?! Espèce d'idiote, la lettre peut être détournée par les mangemorts !

-Traite-moi encore d'idiote, et tu ne pourras plus jamais parler ! Cracha Hermione. Je ne t'ai toujours pas pardonné le fait de m'avoir mise en présence du pendentif. Alors baisse d'un ton avec moi ! D'ailleurs... où est le pendentif ?

Gabriel eut un sourire froid avant de sortir de sa poche de jean une petite serviette en soie noire. Hermione eut un mouvement de recul, furieuse.

-La prochaine fois, épargne-moi une tentative de meurtre et débarrasses-toi de cette maudite pierre !

Haineuse, la sorcière laissa le sorcier de Beauxbâtons réfléchir et claqua la porte de sa chambre violemment, signifiant clairement qu'on n'avait pas intérêt à la déranger.

...

Quand Pansy Parkinson revint dans la chambre d'hôtel, elle découvrit le français assis sur le canapé, les jambes croisées, un trognon de pomme posé sur l'accoudoir. Et les Français étaient censés être bien éduqués, hein ? Foutaise !

Elle s'approcha d'un pas furieux et lui balança un coup de pied dans les jambes. Le sorcier se réveilla en sursautant et bondit de l'assise, les yeux écarquillés.

-Tu reviens après un mois d'absence et tu as le culot de dormir ?! Rugit Pansy en le frappant à l'aide d'un coussin.

-Mais vous avez toutes les deux vos règles ou quoi ! Pesta le sorcier en reculant loin de la furie. Je viens en ami, je rappelle !

-Alors comportes-toi comme tel ! Tiens, rangent ces sacs dans le placard, derrière toi. Je suppose qu'en plus de te supporter, tu restes dîner.

Gabriel fit la grimace. Au vu du sac posé à ses pieds, il comptait même rester plusieurs jours. Ô joie ! Pansy allait l'étriper avant la nuit.

-Ce sera un plat typiquement anglais ? S'inquiéta-t-il.

-Pourquoi ? Grommela Pansy en soufflant.

-Chez nous, on n'aime pas du tout votre cuisine, répondit le français d'un air dégoûté. Moldu comme sorcier, d'ailleurs.

-Eh bien fais la cuisine, si t'es pas content ! Hermione refuse d'avoir un elfe de maison, alors comme tu penses pouvoir vivre ici, c'est toi qui vas faire l'elfe.

Pansy lui désigna rageusement les sacs de courses et le plan de travail, le suivant des yeux jusqu'à ce qu'il se mette vraiment au travail. En rechignant, cela va sans dire.

-Où est Hermione ?

-Elle boude dans sa chambre, sourit Gabriel, badin. Un truc de fille, fit-il en haussant des épaules.

Pansy ignora ses remarques et traversa le salon pour aller frapper à la porte d'Hermione. N'obtenant aucune réponse, elle entra sans attendre, découvrant la sorcière devant la fenêtre, donnant une vue sur la rue. Elle semblait plongée dans ses pensées.

-Gabriel va me rendre folle, pesta Pansy. Quand toute cette histoire sera finie, j'espère qu'il retournera chez lui, bien loin d'ici. Heu... tu regardes quoi, comme ça ?

-Je surveille le ciel.

Pansy s'approcha de la vitre et leva les yeux vers le ciel, curieuse. Elle ne voyait rien qui justifiait une telle concentration.

-Tu t'attends à ce qu'un sorcier survole la ville ou quoi ? Se moqua-t-elle.

-Je n'écarte pas cette hypothèse. Mais j'attends plutôt de voir un hibou.

-Tu as envoyé le mot il y a seulement une semaine. Peut-être qu'il réfléchit encore.

-Ou bien qu'il refuse et qu'il nous recherche.

-Dans le but de nous... tuer ? Demanda Pansy.

-Plus ou moins, répondit sombrement Hermione.

-OK... bon, eh si on évacuait toutes ces pensées négatives devant une bonne série ? Je suis devenue accro à la télévision et je meurs de savoir qui va mourir dans le prochain épisode !

-Je n'aurai jamais dû te parler de Game of Thrones, soupira faussement Hermione en souriant.

-J'ai l'impression de voir des familles de sang-mêlés et de sang-purs se battre la couronne. Eh franchement, les Lannister ont plus de classe.

-OK, tu as gagné, va pour une soirée GOT, abdiqua Hermione. Mais je te préviens, tu t'abstiens de tout commentaire quand une tête tombe.

-Si seulement Gabriel faisait partie de la série, soupira Pansy d'un air rêveur.


Hello les amis ! ^^

Bon... épilogue court mais voulu. Je voulais finir sur une note gaie car on sait tous que les derniers tomes sont sombres et tragiques.

Le Ve tome sera mon dernier pour cette histoire. J'avoue que j'aimerais écrire de nouvelles choses donc il est temps de clore cette aventure.

Gabriel va prendre part à l'aventure et à la chasse aux horcruxes, Pansy et Harry vont se rapprocher mais Hermione va-t-elle retrouver Draco ? Surprise.

Je crois qu'à partir de maintenant, le scénario ne suivra plus vraiment les films. C'était mon fil de route depuis le départ, mais je m'émancipe désormais.

Blaise aussi aura droit à son heure de gloire ^^

Bien... dites-moi ce que vous pensez de cette fin, de ce que vous imaginez pour la suite, et surtout, comment vous imaginez l'histoire Hansy ?

Merci pour vos avis et à très vite pour le dernier tome ! Plus de 2 ans déjà que vous êtes là ! Merci ! :D