Hey guyyys~ Je suis encore à la bourre. Parce que ma vie est passionnante, une fois de plus ! Y avait une projection du tout vieux Dracula de 1930 au cinéma en bas de chez moi alors comme je suis une personne cultivée et tout et tout je me suis fait une petite soirée rétro bien sympathique. Je n'épiloguerai pas sur la qualité extraordinaire des effets spéciaux à l'époque (mention spéciale pour les chauves-souris : on voit pas les fils, contrairement à ce que je m'attendais).

Tant qu'on en est à des considérations cinématographiques, j'ai regardé (pour la 3ème fois de ma vie, honte sur moi) Basil le détective ou, comme le dit si bien quietlyprim (allez voir son tumblr c'est un ordre) : The Gay Mice. That was gay.

A part ça, merci pour vos commentaires, merci pour les ptits gens qui ont pris le train en marche ce week-end, je vous fais des bisous et je vous dédicace ce chapitre. Luv luv.

Ah, oui : je pense que ça vaut la peine de préciser que, ok, bon, je n'aime pas du tout du tout Mary, mais je respecte les avis divergents (je veux dire : ma fic précédente était aussi pro-Mary que possible sans me risquer dans le JohnMaryLock (je sais même pas si ce ship a un nom)) et je ne cherche pas à faire du bashing gratuit. Ok. Je l'ai faite un peu (beaucoup) homophobe, mais il fallait bien que quelqu'un le soit, et j'avais pas prévu d'insérer Sally ou Anderson donc voilà. A part ça, je me contenterai d'être le plus fidèle possible au personnage de la série, ou en tout cas de mon interprétation de ce personnage. Voilà pour le disclaimer.

On continue sur notre lancée avec un chapitre un peu... bittersweet ? Je vous laisse juger !


I'll never love you like her.

Though we need to find a time to just do this shit together,

For it gets worse.

I want to touch you,

But that just hurts.


Les mains. Les mains de John sur. Sa peau. Son torse, ses cicatrices. Chaudes. Ses mains. Son souffle dans le. Creux de son cou. Le sourire de John contre sa peau. La peau de John. Sous ses paumes, ses épaules larges, sa cicatrice. Un frisson, le désir, John. Un murmure, des mots chuchotés, n'importe quoi. De la douceur. Sa bouche, ses lèvres. À un souffle de lui. Les yeux de John assombris d'excitation fixés sur sa bouche. Une question à peine murmurée, une supplication. Oui oui oui. Oui. Des lèvres frôlées, si proches, inaccessibles. Oui. Oui. Une main dans les cheveux, un élan irrésistible. Oui.

Sherlock se réveilla en sursaut. Il faisait encore sombre dans la chambre trop froide. Il y avait eu un bruit dans la maison, ou peut-être l'alarme d'une voiture s'était déclenchée dans la nuit. En tout cas, il ne dormait plus. Et il ne dormirait plus, vu l'état des… parties inférieures de son corps,réalisa-t-il avec amertume. C'était stupide, c'était embarrassant, c'était exactement comme quand il avait quinze ans et qu'il n'avait pas encore dompté ses stupides stupides stupides pulsions. Il réfléchit sur la marche à suivre et décida que prolonger indéfiniment son état d'extrême frustration sexuelle n'était pas une solution. Passé un certain stade, la perspective de voir ses facultés mentales stimulées par l'abstinence perdait de son intérêt face à la pure rage qu'il accumulait à force de ne rien faire de son désir et de se complaire dans l'horrible pensée que John était là, juste , mais irrémédiablement inaccessible. Il soupira. Le moment était venu de se masturber, pensa-t-il dans des termes méticuleusement techniques qui avaient l'avantage de poser des distances entre lui, l'image qu'il se faisait de lui, et l'acte. L'image qu'il se faisait de l'acte.

Il glissa ses mains sous les draps en regardant fixement le plafond. Tenta de penser à autre chose, récitant les éléments de la table de Mendeleïev pour se distraire. Hydrogène, hélium, lithium, béryllium… Se détacher de ce que ses mains faisaient. Il détestait détestait détestait en arriver là, il détestait les images qui lui venaient à l'esprit, il détestait tout le concept, la notion même de sexe. Cette… perte… de… contrôle…

Bore, carbone, azote, oxygène, fluor, néon… sodium… magnésium… aluminium

Le visage de John se dessina au plafond, c'était ridicule qu'il revienne toujours à ça, comme un malheureux caillou en orbite autour de ce sourire solaire, mais le fait était là, il l'aimait, il l'aimait, il l'aimait. Il fallait chasser cette image de son cerveau, repenser à Mendeleïev, ne pas se compromettre encore davantage.

Silicium, phosphore, soufre…

Chlore, argon…

Potassium…

Ne… pas… penser… à… John.

Calcium… scandium… titane… vanadium… chr…

John.

Le prénom s'échappa de ses lèvres comme un cliché, un horrible stéréotype, un soupir vaguement grondé, une pulsation, puis le calme après la tempête.

Il se leva, terriblement mécontent de lui, et se nettoya au lavabo de sa salle de bain en évitant de se regarder. C'était triste, il était triste, il n'aimait pas être triste.

Il s'habilla pour commencer une nouvelle journée à faire semblant de ne pas être amoureux de John Hamish Watson. Il se prépara une tasse de thé qu'il déposa à côté de son microscope. Un coup d'œil à l'horloge, il était trois heures.

Il se résolut à faire ce qu'il avait repoussé la veille. Il attrapa l'épais classeur qu'il avait laissé sur la table avant de se coucher, prit sa tasse et alla s'installer dans son fauteuil pour lire le dossier que Mycroft lui avait fourni sur Mary après… l'accident dans la tour de Magnussen.

Mycroft avait obtenu ces informations par des voies officieuses. Les services secrets n'étaient pas au courant, et même s'il y avait là largement de quoi la faire enfermer à perpétuité, Sherlock avait pris la défense de Mary auprès de son frère. C'était son passé, elle n'était plus une menace, il ne fallait surtout pas qu'elle soit arrêtée alors qu'elle était enceinte, John ne s'en remettrait pas.

Sherlock n'avait jamais parlé à John de l'existence de ce dossier.

Vers six heures, Sherlock posa le classeur sur une étagère, entre un ouvrage de chimie et un manuel d'apiculture. Il traça mentalement un schéma reliant les principales informations qu'il avait dégagées de sa lecture. Il ne pouvait pas se permettre d'épingler les preuves sur le mur d'un salon où John venait régulièrement.

Il restait des détails à creuser, des pistes à approfondir, mais le principal, ce qui lui avait si longtemps échappé, était clair. Mary avait cessé toute activité criminelle cinq ans auparavant. Elle avait directement commencé sa formation pour devenir infirmière, avait obtenu son diplôme un an après que Sherlock avait feint de se suicider, et, six mois plus tard, avait trouvé un poste à la clinique où travaillait John.

Les détails les plus révélateurs avaient toujours été là, mais ils prenaient seulement sens à cet instant précis. Elle avait changé de vie peu après la nuit où Moriarty leur avait révélé son visage à la piscine. Elle n'avait postulé à aucun autre hôpital avant d'arriver à celui de John. Comme si elle avait simplement attendu qu'une place s'y libère.

Mary travaillait pour Moriarty. Il s'était aperçu de l'importance de John lors de leur affrontement à la piscine. Il avait donné à Mary pour mission de s'infiltrer dans la vie de John pour le surveiller. Mais entretemps, Moriarty était mort. Pourquoi n'avait-elle pas abandonné sa mission ?...

Il n'eut pas le temps de mener sa réflexion plus loin. John venait d'apparaître dans l'embrasure de la porte.

- Hey.

- Hey, répondit Sherlock en trempant les lèvres dans son thé tragiquement froid.

D'un coup d'œil, il vit tous les signes d'une mauvaise nuit : les cernes, le front plissé sur une migraine, la bouche grimaçante. Et bien sûr, le plus évident, le fait qu'il ait pris un taxi à six heures du matin pour venir le voir. Bizarrement, il était content.

- Tu as… tu as du nouveau sur Moriarty ?

Sherlock haussa les sourcils. Pris de court – il n'aurait pas dû être pris de court, c'était normal que John lui pose la question puisqu'il avait prétendu la veille que Mycroft « avait du nouveau sur Moriarty » – il décida de mentir.

- Non. Une fausse piste.

C'était plus simple – non, pas plus simple, plus sûr – de tenir John à l'écart. Dans l'ignorance.

- Oh. Okay.

John était planté là, au milieu du salon, les bras ballants. Un éléphant dans la pièce. Depuis le début, depuis toujours, il y avait cet éléphant dans la pièce et John ne savait rien faire d'autre que rester planté là, les bras ballants.

- Je vais faire du thé, décida-t-il finalement, et ça aussi, c'était habituel, c'était la tactique de fuite favorite de John.

Sherlock le suivit dans la cuisine, curieux de découvrir la raison pour laquelle John n'était pas encore parti. Aucun des deux hommes ne prononça un mot durant les quelques minutes nécessaires pour porter l'eau à ébullition et la verser dans les tasses. Sherlock se résolut à rompre le silence.

- Pourquoi tu es venu ? Tu sais que je t'aurais tenu au courant s'il y avait vraiment quelque chose. Pour Moriarty.

- Permets-moi d'en douter, dit John avec un sourire amer. Tu ne me frappes pas comme étant quelqu'un qui a le réflexe de me tenir au courant de l'évolution des événements.

- C'était avant. J'ai… Ce n'est plus pareil.

Ce fut au tour de John de hausser les sourcils.

- Oh. Et qu'est-ce qui s'est passé ?

Sherlock se renfrogna. Son ton était trop… sarcastique.

- Rien, j'ai… eu une sorte d'épiphanie. Pendant mon overdose.

- Sherlock Holmes a été touché par le Saint Esprit. Il y a donc de l'espoir pour l'humanité ! plaisanta John en ôtant les sachets de thé des tasses.

- Pourquoi tu es venu ? répéta Sherlock.

- Pour le thé.

Il mentait. Pourquoi mentait-il ?

- Okay, j'avoue tout, admit John en souriant. J'avais un mobile secret.

Sherlock fronça les sourcils. Il regarda son ami sortir de la cuisine, sa tasse à la main, pour rejoindre son fauteuil comme si tout était parfaitement normal. Il le suivit, perplexe, et s'assit à sa place.

- Tu avais l'air bizarre, au restaurant. Je me demandais ce qui s'était passé pendant que je suis parti aux toilettes.

Oh. Evidemment, il aurait dû s'attendre à ce que John repère ce genre de détails. Il était ce genre de personne.

- Rien, répondit-il simplement.

- Je savais que tu ne me dirais pas, conclut John en goûtant son thé.

- Mais il ne s'est rien passé !

- Je réalise que je n'ai pas été la personne la plus… accessible l'an passé, mais… je suis toujours ton ami. J'ai suivi des séminaires de gestion de la colère, depuis, compléta-t-il avec un sourire d'autodérision.

D'autodépréciation ? Ne fais pas ça, tu es tout. Tu es tout.

- Je… ne suis pas certain que tu puisses comprendre, tenta Sherlock pour se donner le temps d'inventer un mensonge.

Il mentait trop pour quelqu'un qui avait ressenti tant d'euphorie à l'idée d'être enfin sincère.

Le regard que John lui jeta était suffisant pour lui signifier à quel point son excuse était lamentable. Il prit une profonde inspiration, rassemblant son jeune courage.

- Okay. Mmm… quelqu'un, un client, m'a pris à partie au sujet de ma… sexualité.

Le mot était hideux, la formulation était ridicule au possible, le mensonge était transparent et son courage était évanoui. Ce n'était pas nécessaire, ce n'était pas nécessaire de supporter tout cela.

Et John avait cette expression vide qu'il avait quand il ne comprenait pas. Il n'y avait rien à comprendre.

- Hum. Tu… quoi ?

C'en était risible. Sherlock ne put s'empêcher de rire, d'une espèce de fou rire difficilement contenu. Oh, et l'idée que John puisse se lever et sortir, une fois qu'il aurait réalisé ! C'était tellement drôle, c'était parfaitement hilarant de s'imaginer John (qu'il aimait, pour rendre cette situation encore plus désopilante !) lui tourner le dos pour quelques mots qu'il n'était pas nécessaire de prononcer, mais qu'il avait prononcés malgré tout. Il ne pouvait plus s'arrêter de rire.

- Arrête de te moquer ! protesta John en lui jetant un coussin à la figure, ce qui eut pour effet de redoubler ses éclats de rire.

Il riait pour ne pas pleurer, pour ne pas s'humilier davantage. Mais il finit par se calmer, par retomber dans le douloureux sérieux de ses aveux.

- Je suis… je suis gay, John, c'est effroyable que tu sois le seul à ne pas le voir. (Le rire recommençait à monter dans sa voix, nerveusement.) Même quand j'essaie de le cacher tout le monde le voit, c'est…

- Mais. Irene ? Et Janine ?

- J'admets que pour Janine, j'ai volontairement brouillé les cartes, répondit-il avec un sourire. Même si finalement tu as été le premier à savoir que ce n'était pas réel. Mais pour Irene… C'est toi qui as cru que j'étais amoureux d'elle.

- Mais quand je t'ai demandé si tu étais…

- … je n'ai pas nié, compléta-t-il.

- Mais quand les gens–

Sherlock prit le parti de l'interrompre une bonne fois pour toutes.

- John. Tu ne t'en es sans doute pas rendu compte pendant que tu étais occupé à crier au monde entier que tu n'es pas gay, mais je n'ai jamais nié que je le suis. Je ne l'ai jamais affirmé non plus, mais ce n'est pas ma faute si tu crois que les gens sont hétéros par défaut. J'aimerais qu'on parle d'autre chose.

John semblait sincèrement bouleversé.

- Je suis désolé… si j'ai pu te blesser avec mes réflexes de macho de merde. Je suis désolé. Si j'avais su, j'aurais…

- … évité de répéter en boucle que tu n'es pas gay comme si c'était la pire chose au monde qui puisse arriver à quelqu'un ? suggéra Sherlock.

- Oui, déjà, soupira-t-il. Je suis désolé.

- Ce n'est rien, affirma Sherlock en se levant.

S'il sortait de la pièce, John arrêterait peut-être de parler.

- Je vais y aller, du coup, marmonna John en se levant également.

Oh, parfait. Il n'était même pas surpris.

- Il n'y a aucun rapport entre la discussion que nous venons d'avoir et ton soudain désir de quitter les lieux, n'est-ce pas ? prononça-t-il froidement.

- Non, ça n'a rien à voir ! protesta John.

Sherlock ferma les yeux. Il tournait le dos à John, qui ne pouvait pas le voir rassembler ses esprits. Les petits bouts de lui-même.

- Alors, si ça n'a rien à voir, reste, demanda-t-il (Ordonna-t-il ? Supplia-t-il ?). Si ça ne change rien, ne fais pas comme si ça changeait tout.

Il l'entendit se rasseoir et soupira, soulagé. Il se laissa encore quelques secondes pour calmer le rythme de sa respiration, avant de retourner dans son fauteuil. Le silence se prolongea, presque insoutenable. Sherlock ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à la bouche de John et se sentait idiot.

Il se sentait idiot de le forcer à rester alors qu'il n'était venu que pour en savoir plus sur Moriarty. Il n'avait rien à lui donner, il savait des choses qu'il ne pouvait pas lui dire, et il ne pouvait que prétendre ne rien savoir. C'était encore plus frustrant que de ne réellement rien savoir. John était là pour le Travail. Sans le Travail, Sherlock était juste un putain de pédé impossible à vivre et qui voudrait de ça ?

- Comment tu te sens ? demanda John, comme s'il lisait dans ses pensées. Par rapport à Moriarty, je veux dire… Ne pas savoir…

- Inutile, répondit-il sans réfléchir.

La boule dans la gorge, un amas d'épines. Un putain de pédé impossible à vivre et inutile. Il détestait cette journée, il détestait comment elle avait commencé, il détestait comment elle le faisait se sentir, il détestait le fait qu'elle était exactement la même que toutes ses journées depuis des mois. Des années. Un putain de pédé inutile et mélodramatique.

- Tu ne devrais pas être si sévère envers toi-même.

C'était une phrase, et c'était tout. C'était comme une caresse, c'était si bienveillant. C'était pourquoi John était si parfait. Sherlock ne pourrait jamais l'aimer, jamais correctement, même dans une autre dimension, même dans un monde parfait, il ne pourrait jamais le rendre heureux, mais John le pouvait.

Avec une seule phrase, John pouvait être l'univers, son univers, et lui donner sans le savoir la tendresse dont il n'avait jamais cru avoir besoin.


A suivre...

J'ai lu l'autre jour une fic (en anglais) où John avouait à Sherlock qu'il avait toujours fait en sorte qu'il ne l'entende pas dire "je ne suis pas gay". Et en effet, John ne l'a jamais dit en sa présence, sauf dans A Scandal in Belgravia, à Battersea, quand il ne savait pas que Sherlock l'écoutait. Je trouve ça gigantesque, comme détail, de se dire que la phrase que le fandom associe en général à John (et qui a donné lieu à toutes ces fics moralement douteuses avec un John "hétéro-avec-une-exception". GENRE.), et que les anti-johnlockers utilisent à l'infini pour nous faire taire, John a toujours pris soin à ce que Sherlock ne l'entende pas. En mode "je suis pas encore au point où je peux m'assumer publiquement mais, just so you know, je suis là si tu veux de moi". ARGH.

Mais bon, j'ai eu cette révélation DES MOIS après avoir écrit ce chapitre, donc c'était difficile de le remettre dedans. Voilà voilà.

On se retrouve jeudi pour la suite de cette petite matinée cosy entre nos personnages préférés~ Dernier chapitre de la première partie, donc attendez-vous à un petit twist quand même sinon c'est pas drôle !

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