Salut, collègues sherlockien(ne)s ! J'ai un nouveau chapitre tout chaud juste pour vous...

Cette troisième partie était censée être purement fluffy, pour bien clore mon histoire... mais finalement, j'ai pas pu me retenir d'angst-ifier tout ça. Il fallait quand même résoudre certains problèmes... Et je me penche sur pas mal desdits problèmes dans ce chapitre !

Jugez par vous-mêmes !


There is no greater love than what I feel for you,

No sweeter song, no heart so true.


Quelques jours passèrent. Le temps que Mycroft achève de démanteler le réseau de Mary, Sherlock restait plus ou moins assigné à résidence. Il devrait attendre que sa situation soit régularisée, que la menace de retourner se faire tuer en Serbie qui planait au-dessus de sa tête disparaisse, avant de pouvoir reprendre ses activités. Voyant son état de nervosité, son frère avait réussi à obtenir qu'il sorte sans surveillance, s'aérer, se promener, se distraire de la terrible dépression dans laquelle le plongeaient l'enfermement et l'isolement. Comme à l'habitude, il n'avait rien compris. Sortir ? Cela ne l'intéressait plus. Pas quand John passait ses journées prostré dans son fauteuil. Régulièrement, Sherlock vérifiait le placard de la cuisine où ils rangeaient l'alcool. Le niveau de la bouteille de whisky baissait graduellement à chaque fois qu'il la regardait. Il ne disait rien pour ne pas mettre John en colère. Il se rassurait en comptant ses antidouleurs (il n'en prenait pas, ce serait grave s'il en prenait, il n'y avait rien de grave tant qu'il ne mélangeait pas les médicaments et l'alcool, n'est-ce pas ?).

Au bout du troisième jour, la bouteille de whisky disparut et c'est le rhum qui commença à diminuer. Sherlock ne le voyait jamais boire, ne retrouvait jamais de verre égaré, c'était comme s'il ne se passait rien.

Sherlock ne s'était jamais retrouvé dans cette situation. Il n'avait jamais eu personne sur qui veiller, et il n'avait pas la droiture morale, pas le profil nécessaire pour prendre John par le bras et lui dire d'arrêter ses conneries. Il n'était pas un modèle en la matière. En aucune matière, réellement.

Il essayait de déterminer le moment à partir duquel ce serait impossible et irresponsable de ne pas lui en parler. Quand son haleine sentirait tellement l'alcool qu'il n'arriverait plus à l'embrasser. Quand il le verrait tituber et se tenir aux meubles. Quand la bouteille de rhum serait vide. Quand les antidouleurs commenceraient à disparaître. Quand John dirait ou ferait quelque chose qui dépasserait sa pensée et les laisserait tous les deux blessés. Mais chacun de ces moments finissait par arriver et il ne disait jamais rien.

- Tu m'emmerdes ! s'écria John lorsqu'il croisa son regard et y découvrit quelque chose qui ne lui plut pas. Tu m'emmerdes à tirer cette tête comme si c'était à toi que cette merde arrivait, comme si ça avait quelque chose à voir avec toi.

Sherlock détourna les yeux par réflexe, essayant de se souvenir de ce qu'il faisait avant que John ne se mette à tonitruer (s'il prétendait ne pas l'entendre, il se calmerait peut-être de lui-même). Laver la vaisselle. Il quitta le salon et John le suivit en criant toujours.

- Tu ne t'es jamais rendu compte que tu n'étais pas le centre de l'univers ?! Toujours besoin de faire le martyr, comme si–

Ne pas l'écouter. Sherlock nettoyait les assiettes en des gestes précis et méthodiques. Il y avait des insultes qui se réverbéraient contre les murs de la cuisine, et ça faisait mal quand même. Puis John lui arracha des mains l'assiette qu'il frottait consciencieusement et la jeta contre un placard. Un coup dans le bois. Des bris sur le carrelage.

- Ecoute-moi quand je te parle !

Sa main qui le saisit par l'épaule avec une force qu'il n'avait plus utilisée contre lui depuis longtemps. Et il avait beau se convaincre qu'il fallait ne pas écouter et ne pas réagir, son corps répondit à sa place. Fight or flight.

Il se retint avant le coup de poing, le coup de coude, le coup de genou, il maîtrisa ses réflexes et sa panique et le serra contre lui avec violence, camisole de force humaine. John arrêterait peut-être de le détester s'il lui montrait assez à quel point il l'aimait. Il se débattit entre ses bras mais ne parvint pas à se dégager, puis se calma progressivement. Sherlock courba les épaules et le cou, comme pour se replier autour de lui (il aurait voulu le contenir, l'absorber, l'endocyter), pressant sa joue contre ses cheveux et ses lèvres contre son oreille.

- Je suis désolé de tout ramener à moi. Je suis coupable de tellement de choses, c'est plus facile de me sentir coupable de ça aussi, murmura-t-il. Tu as dit que tu avais besoin de moi mais je ne sais pas comment t'aider.

John ne disait rien.

- Je sais pas comment t'aider. Dis-moi quoi faire.

Il sentit les bras de John entourer son dos et son visage se presser dans son cou. Humide. Il pleurait. Mais il ne disait rien, et le silence les opprimait. Sherlock tenta de le remplir, de dire les mots qu'il fallait, peut-être, les mots qui répareraient peut-être leur maigre bonheur qui n'arrêtait pas de se briser.

- Je n'ai jamais fait ça, John, on ne m'a jamais demandé de faire ça. Mais tu sais que je ferais… je ferais tout pour toi. Je ferais… Je referais tout, je retraverserais toute cette horrible vie que j'ai vécue et que je croyais acceptable avant de te rencontrer, je revivrais tout, la… solitude. Les overdoses. Les trahisons, les blessures, les dépressions. La peur. Moriarty. Les mensonges que je t'ai dits et qui me déchiraient. Ne pas pouvoir te toucher. Ecrire la musique de ton mariage. Me faire tuer, et ne pas mourir, et la Serbie, je retournerais en Serbie. Je revivrais cette vie pathétique, cent fois, mille fois, pour te voir sourire.

John tremblait.

- Dis-moi quoi faire. Ne me laisse pas dehors alors que je ferais tout, tu sais que je ferais tout.

Et puis, parce que les miracles arrivent parfois, John commença à parler.

- J'ai pas fait attention… quand elle était enceinte… j'étais tellement en colère. J'ai pas fait attention. J'ai perdu mon enfant, Sherlock, et je ne savais même pas à quel point j'en voulais un. Je devrais être heureux parce que… tout est rentré dans l'ordre, et tu es là, mais…

- Mais ton enfant est mort. Et c'est trop cher payé pour être juste heureux…

- Je dois retourner chez Ella…

- Je prendrai rendez-vous pour toi, chuchota Sherlock.

Il n'avait pas besoin qu'il le dise pour comprendre que c'était au-dessus de ses forces. Il se recula légèrement pour regarder son visage défait. Tout ce qu'il ferait pour le voir sourire.

Il le guida lentement vers la chambre, l'aida à se déshabiller. Il ouvrit sa chemise, un bouton à la fois, en commençant par le cou. Le bout de ses doigts frôlant son torse (sa cicatrice, neuve et rose), c'était la première fois qu'il touchait toute cette peau, qu'il la dévoilait de ses propres mains, qu'il la regardait sans détourner les yeux, et pourtant ce n'était pas sexuel, à peine sensuel, c'était pudique, c'était révérencieux, et il posa trois baisers, d'un côté de sa gorge, de l'autre, entre ses clavicules. Il écarta les pans de la chemise ouverte, la dégagea de ses épaules (son ancienne cicatrice, pâle, trouée d'un nouvel impact encore pourpre) et la fit glisser le long de ses bras. John restait immobile, les yeux fermés. Épuisé.

Sherlock s'agenouilla pour délacer ses chaussures et les lui enlever. Il laissa John s'appuyer sur ses épaules pour se maintenir en équilibre. Sans trembler, ses mains blêmes défirent la boucle de sa ceinture, la fermeture éclair. Ses phalanges glissaient contre ses cuisses comme il baissait son jean. John s'assit sur le lit et Sherlock dégagea ses chevilles de son pantalon avant de le plier et le poser sur une chaise avec sa chemise.

Il retourna auprès de John, toujours perché au bord du lit. À genoux entre ses cuisses ouvertes, il devait lever la tête pour voir son visage. Des mots brûlaient ses lèvres, qui lui semblaient tellement ridicules. Il embrassa sa joue droite, un peu rugueuse.

- Tu es…

Sa joue gauche, presque à l'oreille.

- … tellement…

(Il prononça à peine le dernier mot, gêné.)

- … beau.

Puis ses lèvres, léger, comme un effleurement, comme le bout de ses doigts touchant à peine ses coudes. Il l'aida à se coucher et le borda.

- Je t'aime, chuchota-t-il depuis la porte qu'il s'apprêtait à refermer.

- Ce que tu as dit, tantôt… marmonna John, déjà à moitié endormi. Moi aussi. Moi aussi…

Un sourire tordu étira le visage de Sherlock sur un côté.

Dans la cuisine, Mrs Hudson était occupée à ramasser les morceaux d'assiette. Il s'apprêtait à dire quelque chose, mais elle l'interrompit.

- Ne t'inquiète pas, ça lui passera, dit-elle d'une voix calme. C'est arrivé après, tu sais, l'enterrement. Et puis c'est passé.

Elle jeta les débris dans la poubelle et s'épousseta les mains sur sa jupe. Puis elle sembla voir l'air d'inquiétude dans les yeux de Sherlock.

- Ne t'en fais pas, répéta-t-elle en lui tapotant le bras. John n'est pas un vrai alcoolique, crois-moi. Tu devrais le savoir.

Comme toujours, il y avait plus dans ce qu'elle sous-entendait que dans ce qu'elle disait réellement. Tu devrais savoir que c'est toi qui ne sais pas contrôler tes addictions.

- C'est tout de même terrible, ce qu'il s'est passé avec Mary, soupira-t-elle. Mais je lui ai toujours trouvé un air bizarre. Charmante, mais pas sympathique.

- Comme moi ? demanda Sherlock par réflexe.

Mrs Hudson éclata de son rire de chouette, frappant légèrement son avant-bras. Elle se contenta d'un ne dis pas de telles absurdités, tu vas me tuer et sortit de l'appartement en gloussant.

Il haussa les sourcils, puis vérifia l'heure qu'il était. Quatorze heures. Il pourrait peut-être résoudre une ou deux enquêtes qui traînaient dans sa boîte mail depuis des semaines. Il s'installa à la table de la cuisine, avec une tasse de thé. Il commença par téléphoner à Ella, puis se mit au travail.

Tout était silencieux. Ses paupières se fermaient toutes seules. Il n'avait plus vraiment dormi depuis la nuit à l'hôpital. S'il fermait les yeux, juste quelques secondes…

Une main sur son épaule le ramena à la conscience et dans le brouillard d'un rêve (un cauchemar) de tuyaux de plomb et de couteaux d'acier il ne subsistait qu'un point fixe (survivre) et qu'une certitude (la mémoire musculaire et les réflexes acquis par une longue pratique d'arts martiaux). Un coup de coude dans les côtes (couper le souffle de l'adversaire), se retourner en se levant et dégager la chaise (quelle chaise), un coup de poing au visage (menton nez yeux peu importe), plaquer l'adversaire contre un mur (quel mur) d'une main autour de la gorge. Serrer.

La troisième seconde s'acheva avant que Sherlock ne serre les doigts autour du cou de John. Il le relâcha comme s'il avait été brûlé et recula de deux pas, manquant de se prendre les pieds dans la chaise qu'il avait renversée.

- Pardon, oh mon Dieu, pardon…

John se tenait la gorge, avec de la surprise sur le visage (sa joue rouge oh mon Dieu). Mais il levait sa main droite comme pour lui dire de se calmer. Tout va bien, ce n'est rien.

- Je suis pas le seul à avoir des problèmes, plaisanta-t-il finalement. Tu veux que je prenne rendez-vous chez Ella pour toi ?

- Je n'ai pas de problème, réfuta Sherlock en croisant les bras. Ça va passer. Il ne faut pas me réveiller, et il ne faut pas m'approcher par derrière, c'est tout.

John fronçait les sourcils. Il ne le croyait pas.

- Tu as… ça… depuis combien de temps ?

Sherlock leva les yeux au ciel, espérant détourner l'attention de John en minimisant la gravité de la situation. Tu es bête de t'inquiéter, tout va très bien, trouble de stress post-trauma-quoi, jamais entendu parler.

- Depuis la Serbie, admit-il finalement.

Il ne dit rien de plus, il ne dirait rien de plus. John n'avait jamais su qu'il avait été torturé, et il ne le saurait jamais. Il devait bien y avoir un moyen de lui cacher pour toujours les cicatrices de son dos.

John n'insista pas. Il regarda le corps de Sherlock, ses poings serrés, ses jointures pâlies par la pression, ses épaules voûtées, son dos courbé. S'il l'avait pu, il se serait déjà crucifié des dizaines de fois. Comment pouvait-on le croire sociopathe ? Il s'approcha sans bruit et l'embrassa.

- Ce n'est rien.

Sherlock inspira son haleine de dentifrice, acquiesçant doucement. Ce n'était rien. Ils le savaient depuis le départ, qu'ils étaient tous les deux cassés. Ou pas vraiment cassés, abîmés. Réparables. Récupérables.

John fureta dans les placards et dénicha un tube d'aspirine. Un cachet dans un verre d'eau. Sur la table, Ella jeudi 9h griffonné sur un morceau de papier.

- Désolé pour tout à l'heure, dit-il à mi-voix.

Sherlock, dos à lui, n'avait pas bougé et ne bougea pas.

- Ce n'est rien.

Il but son aspirine. Son crâne peinait à se remettre de ces trois dernières journées. Il avait faim.

- On irait manger quelque part ? proposa-t-il en posant le verre vide dans l'évier. Il est vingt heures…

- Je peux commander chinois. Ou thaï, répondit Sherlock en sortant son téléphone de sa poche.

- Je pensais sortir. Chez Angelo.

Sherlock se retourna enfin pour croiser son regard.

- Dehors ?

Depuis l'overdose dans l'avion, il n'était sorti que trois fois de la maison, dont deux pour finir par voir John dans un lit d'hôpital. Il était à la limite de développer une phobie des espaces ouverts.

- Oui, dehors, répondit John avec un sourire. Va t'habiller.

Il s'était déjà occupé de son cas : un jean et ce pull beige qui lui donnait l'air tellement inoffensif. Sherlock céda finalement et retourna dans la chambre en traînant les pieds. Il quitta sa robe de chambre et son pyjama trop large, enfila un caleçon et une chemise blanche (non, la violette). Sur la pile de ses pantalons soigneusement repassés, un petit carré de papier (désolé, je t'aime). Il sourit. Il glissa un coin du message entre ses lèvres serrées, le temps de finir de s'habiller, puis le rangea dans sa poche. Chaussettes, chaussures, veston, vérifier les boutons de manchettes, un faux pli dans le col, une poussière sur le revers. Il examina son reflet. Vérifia ses joues (rasées de près), ses cheveux (plus ou moins ordonnés), et John entra dans la chambre avant qu'il ait eu le temps d'évaluer l'état de ses dents.

- Mais oui, tu es irrésistible, plaisanta-t-il doucement, appuyé de l'épaule contre l'encadrement de la porte.

- Excuse-moi d'essayer de faire bonne impression pour un premier rendez-vous, ironisa-t-il en s'approchant d'un pas souple.

John rit. Pas longtemps. Un peu tristement.

- Tu dois arrêter avec cette blague. Ça n'apporte rien de faire semblant qu'on n'a pas perdu tout ce temps.

Sherlock glissa ses doigts entre ceux de John et caressa du pouce le dos de sa main. Ses lèvres flottaient, hésitantes, à quelques centimètres de son front plissé d'inquiétude. Être capable de faire ça, d'être si près et si confortable.

- Je ne crois pas au temps perdu, chuchota-t-il finalement. Les choses arrivent quand elles peuvent arriver. Et tu… crois-moi, tu me préféreras comme je suis maintenant que comme j'étais quand on s'est rencontrés.

- Je t'aimais déjà quand on s'est rencontrés.

Sherlock esquissa le plus petit sourire du monde. John leva les yeux vers lui et ils se perdirent l'un dans l'autre, comme toujours.

- Alors qu'est-ce que ça va être, maintenant… souffla-t-il en se penchant lentement (oh tellement lentement) vers ses lèvres entrouvertes.

Sherlock ne s'habituerait jamais à la sensation de sa bouche contre la sienne. C'était chaque fois la même impression d'un battement de cœur manqué, d'une chute libre, d'une explosion. Une faim. Il était affamé de lui. Les mains de John trouvèrent sa nuque, le début de ses cheveux à la base de son crâne, et s'accrochèrent à lui. Son corps réagit, forcément, il ne parvenait pas à rester indifférent (pourquoi l'aurait-il voulu ?), et John dut le sentir, dut le savoir, mais ne dit rien. Il en était reconnaissant.

Ils se séparèrent finalement, les yeux arrimés aux lèvres rougies l'un de l'autre. John se racla la gorge et prit une inspiration profonde (c'était si familier, cette manière qu'il avait de reprendre contenance, et c'était si miraculeux de pouvoir profiter éternellement de cette familiarité).

- On y va ? conclut-il en lui tendant la main.

Sherlock sourit et accepta l'invitation sans un mot. Le taxi était déjà en bas. John avait dû appeler pendant qu'il s'habillait.

Sherlock lâcha sa main lorsqu'ils sortirent de la maison et John la récupéra lorsqu'ils furent dans la voiture. Oh, c'était comme ça, alors. Il parlait de tout et de rien, tranquille, et Sherlock voyait les efforts qu'il faisait pour oublier sa peine.

Chez Angelo, John lui fit signe de s'installer à la table habituelle.

- Je te rejoins dans deux secondes, j'ai un truc à dire au patron.

Sherlock fronça les sourcils en fixant les rides aux coins des yeux de John, qui capta la manœuvre.

- N'essaie pas de déduire quoi que ce soit. Va t'asseoir. Pssht.

Il lui obéit sans réfléchir, réalisant seulement au moment où il suspendait son manteau et son écharpe que John l'avait chassé d'un vulgaire pssht. Il s'assit en croisant les bras, légèrement exaspéré (mais surtout tragiquement béat). Quand il le rejoignit à la table, il était suivi d'un Angelo apparemment très enthousiaste et armé d'un bougeoir et d'une bouteille de champagne.

Ils échangèrent un regard et John sourit en le voyant si paniqué. Il avait passé tout le trajet en taxi à se demander s'il était acceptable de lui tenir la main (lui toucher la main, lui frôler les doigts) au restaurant, et John débarquait comme un bulldozer avec chandelles et champagne. Et musique romantique, réalisa-t-il en reconnaissant vaguement dans le fond sonore l'accent italien d'un quelconque troubadour des temps modernes.

- Tu es trop romantique, je l'ai toujours dit, marmonna Sherlock en dépliant sa serviette pour l'étendre sur ses genoux.

- Il faut bien que j'aie des défauts.

Et son sourire, et ses yeux, et les ombres et la lumière sur son visage, il y avait tant à voir. Sherlock aurait passé des heures à scruter son visage sans parvenir à déchiffrer un dixième de l'énigme qu'était John Hamish Watson.

- Je n'ai pas dit que c'était un défaut, admit-il à voix basse en jouant du bout des doigts avec le pied de sa flûte de champagne.

La main de John couvrit la sienne et il ferma les yeux pour apprécier l'instant. Il pouvait s'imaginer. Il pouvait s'imaginer vivre ainsi pendant mille ans. Et ne jamais se lasser.

A suivre...


Alors, qu'en avez-vous pensé? :D J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, et les suivants encore plus... (non, je n'essaie pas d'attiser votre curiosité...)

A la semaine prochaine, et n'hésitez pas à faire exploser les commentaires ! J'adore ça (et j'avoue en avoir besoin pour contrer les effets dramatiques de ma dépression saisonnière. Je hais le mois de novembre.)