Point de vue : Angela Ziegler ( 10 octobre )

"Je dois y aller, murmura la brune assise face à elle dans le café."

"On se voit samedi, répondit Angela en la serrant dans ses bras."

"Bien sûr, s'exclama Fariha. Je suis tellement heureuse que tu viennes."

"Si ça peut illuminer ta journée, ça me va."

Fariha était très proche de la suissesse. Cela ne dérangeait pas cette dernière qui se sentait bien près d'elle. Cependant, l'égyptienne devait vraiment rentrer chez elle et la laissa seule en tête à tête avec son chocolat chaud. Elle ne tarda pas à recevoir un SMS de son "amie".

"Ça y est je veux être samedi !"

La blonde gloussa et posa un regard attendri sur la photo de la maghrébine , assise sur un rocher devant une étendue d'eau, qui se trouvait dans ses contacts.

"Toi t'es amoureuse!"

"AMÉLIE!"

"Pardon Angie, railla la noiraude en s'asseyant face à elle. Et quoi, tu flaches soudain sur les jolies égyptiennes?"

"Je ne suis pas amoureuse de Fariha, marmonna Angela."

"C'est ça, tu es aussi peu amoureuse que je suis la fille d'un baron français."

"Amélie, Tu es la fille d'un baron français."

"On s'en fiche il est mort."

"Sainte mère de Dieu, ce que tu peux être désespérante. Quoi qu'il en soit, Fariha est juste une élève de mon lieu de travail. Et puis je ne la connais que depuis un mois et demi."

"Chérie, tu es totalement déraisonnable alors n'essaye pas de me faire croire qu'elle te laisse indifférente."

"Elle ne m'intéresse pas."

"Dixit celle qui gloussait devant un message il y a deux minutes. Tu vas me faire croire que tu n'as pas de papillons dans le ventre ? Tu vois que tu l'aimes, s'exclama la prof de maths."

"C'est ridicule, elle est trop jeune pour moi, et puis tu as vu sa mère ? Elle ne ferait qu'une bouchée de moi si je la touchais, s'exclama la blonde."

"Alors premièrement, Gérard avait quinze ans de plus que moi, ne la ramène pas. Ensuite, on s'en fiche de sa mère elle s'y fera! Bon réponds à ta brunette avant qu'elle appelle la police parce qu'elle s'inquiète pour toi!"

Point de vue Fariha Amari. ( 13 octobre)

C'était le jour j. Elle avait hâte de voir Angela. Elle faisait les cent pas dans la pièce.

"Dis donc t'as vraiment envie de la voir toi, plaisanta Lena."

"C'est pas ça, mentit Fariha."

"À peine."

"Plutôt que me parler tu devrais pas te changer ?"

L'anglaise grogna et prit sa tenue de Volley-ball. L'égyptienne se concentra sur son téléphone. Soudain, elle aperçut des entailles sur le dos de son amie.

"C'EST QUOI CA ?!"

"Rien du tout, répondît sèchement la brunette en mettant son T-Shirt."

"Tu rigoles ? Ça a l'air super douloureux !"

Elle se tut. La jeune anglaise pleurait, incontrôlable. L'égyptienne la prit dans ses bras et lui chuchota des paroles de réconfort.

"C'est madame Lacroix. À cause de mon retard le premier jour."

"Parles en aux autorités !"

"Je peux pas, elle a promis de me détruire si je le faisais."

"Mais on ne peut pas laisser les choses comme ça !"

"Si, c'est malheureusement obligatoire. De toute façon je ne veux pas que ça change."

"Pardon?"

"Cette situation me convient amplement."

"Mais elle te bat, Comment peux-tu accepter ça ?!"

"Disons qu'elle sait se faire pardonner. Écoute, je vais bien, alors concentre toi sur ta blondinette."

Sur ces mots elle sortit de la pièce et alla sur le terrain, rejoindre son meilleur ami Winston. Fariha suivit le mouvement et trouva enfin les yeux bleus de la Suissesse. Elle se précipita pour la serrer dans ses bras.

"Je suis tellement contente de te voir, s'exclama la brune."

"Moi aussi."

Elles se regardèrent avec tendresse.

"Je dois y aller, la victoire nous attend."

Fariha avait raison, ils avaient gagné haut la main. Et elle avait été boostée par le regard de la blonde sur elle. Elle rejoignit celle-ci, accompagnée par Lena. La jeune anglaise se tendit. Aux côtés de la suissesse se tenait la cause de ses malheurs, madame Lacroix. Elle semblait pourtant très douce, rien à voir avec la femme qui l'avait battue.

"Miss Oxton, miss Amari, murmura celle-ci en les apercevant."

Elles restèrent silencieuse. L'égyptienne se tourna vers Angela et lui sourit qu'elle lui rendit tendrement.

"C'est mignon, s'exclama la jeune prof de maths."

"Il n'y a rien de mignon là dedans Amélie, gronda l'infirmière."

Cela dit, leurs joues étaient plus rouge que des pivoines et elles ne pouvaient pas se regarder sans amplifier cet effet.

"Bon ceci dit, faudrait fêter votre victoire, lança madame Lacroix pour détendre l'atmosphère"

"Bon, savez vous venir voir un film mesdemoiselles, demanda la blonde."

"Bien sur, Angie, s'exclama Fariha."

"J'ai rien de mieux à faire, renchérit son amie."

"Bon, miss Oxton avec moi et miss Amari avec toi Angie?"

Elle hocha la tête et fit signe à l'égyptienne de la suivre.

" Cela ne me rassure pas qu'elle soit dans la voiture d'Amélie, murmura Angela en mettant le contact. Amélie est spéciale. Elle peut aimer et se faire aimer en deux minutes. Seulement elle blesse les gens qu'elle aime. Physiquement je veux dire."

"Elle a déjà blessé Lena. Et c'est clair qu'elles sont ensemble."

"Comme je le disais, il suffit de deux minutes avec elle. J'ai été dans le cas, je sais à quel point c'est dangereux et surtout que ça ne mène à rien. Sans ta mère, je serais morte maintenant. C'est ce qui est arrivé à son mari, Gérard. Mais je crois que Lena ne se rend pas compte du danger qu'elle court."

"Alors elle va mourrir ?"

"N'exagère pas ma belle, il y a moyen d'empêcher Amélie de se laisser aller, ça va être compliqué, mais c'est possible."

"Et quel est ce moyen ?"

"Leur faire prendre conscience du danger. Mais assez parlé de ça, démarre l'autoradio, on va les appeler et décider du film à regarder, lança la blonde."

Elles finirent par se mettre d'accord et par choisir le film Sinister, un film d'horreur. Elles coupèrent l'appel et se regardèrent longuement. Fariha sourit en tournant son regard vers la fenêtre.

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Je me disais juste que mon malaise avait du bon, puisqu'il nous a permis de nous rencontrer."

"J'aurais préféré te rencontrer autrement mais c'est un moyen comme un autre, répondit Angela en souriant à son tour."

Elles arrivèrent enfin chez la suissesse, une jolie maison qui était à l'image de sa propriétaire : belle, grande, avec une aura de pureté. La blonde les fit assoir dans le salon et leur apporta des Doritos et du soda.

"Hana deviendrait folle, s'exclama Lena face aux multiples sortes de Doritos."

"Carrément, répondit l'égyptienne."

"Bon, je vais mettre le film, murmura Angela face au regard d'Amélie, un regard qui semblait signifier "qu'est ce que je fiche ici?"."

Fariha posa sa main sur le canapé, bien en évidence pour qu'Angela comprenne que si elle voulait, elle pouvait la prendre sans hésiter. Cette dernière avait surestimé sa capacité à rester de marbre devant un film et finit par se blottir contre l'épaule de la maghrébine, qui n'avait plus peur tellement elle l'avait vu. Lena et Amélie finirent par partir, terrorisées. Le film se termina quelques minutes après et la blonde se délogea de l'épaule de la brune. Celle-ci posa un petit baiser sur sa joue pour la rassurer.

"Fariha?"

"Oui?"

"Tu refais ça quand tu veux, plaisanta Angela."