Point de vue Angela Ziegler. ( 29 octobre)

Angela leva la tête de son livre, entendant son téléphone vibrer sur son bureau. Son regard se rembrunit, voyant le numéro de Fariha s'afficher sur l'écran et elle soupira en rejetant l'appel. Elle ne voulait parler à personne, surtout pas à l'égyptienne. À plusieurs reprises, l'écran s'illumina, annonçant un nouveau message. Angie posa brusquement son livre et se jeta sur son lit en râlant. Elle prit son téléphone et regarda ses photos. Depuis quelques temps, nombreux étaient les clichés avec la maghrébine. Son cœur se serra au souvenir de la jeune fille. Elle avait pris le pas de s'éloigner, pour permettre à celle ci de trouver quelqu'un de mieux. Mais rien à faire, Angela ne pouvait l'effacer de ses pensées. Au contraire, Fariha était omniprésente dans son esprit. Elle soupira en consultant ses messages dans lesquels l'égyptienne montra son inquiétude pour la blonde. La Suissesse se leva, alla poser son téléphone sur la table de nuit et troqua son pyjama contre un chemisier blanc et une jupe bleue ( oui, à cette période de l'année). Elle envoya rapidement un message à Fariha pour la rassurer. Elle lui dit également qu'elle passerait la prendre, qu'elle devait lui dire quelque chose. Il était temps qu'Angela la présente à quelqu'un et qu'elle brise les barrières qu'elle avait érigées entre elles. Elle se dirigea vers sa voiture, mit le contact et débuta son chemin. Elle pria, tout le trajet, pour que la maghrébine comprenne. Elle arriva rapidement chez la brune, qui l'attendait devant. Elle qui espérait des salutations chaleureuses et un sourire, elle fut accueillie par un bref bonjour et un regard froid. La brune monta à ses côtés. Elle ne dit rien. Angela se taisait également. Parler ne ferait qu'empirer l'ambiance. Elle se contenta de conduire. Quelques fois, elle regarda furtivement l'égyptienne, pour se prendre un regard noir. La tension était palpable dans la voiture. Fariha avait l'air très en colère. La Suissesse n'en pouvait plus. Elle arrêta la voiture sur un parking et se tourna vers la jeune fille, les yeux brillants de colère.

"Fariha ! Tu pourrais m'expliquer ce que tu as contre moi?!"

"Attends... Ce que moi, j'ai contre toi? C'est toi qui m'évites!"

"Je ne t'évite pas Fariha ! J'aimerais pouvoir t'aider à comprendre ce qui m'arrive mais pour ça j'aimerais que tu cesses avec tes regards noirs!"

Elle se figea. La maghrébine était en train de trembler et ce n'était sûrement pas de froid. Celle ci se tourna vers la blonde. Son expression avait complètement changé. Elle pleurait a gros sanglots. Elle détacha sa ceinture et Angela crut qu'elle allait s'en aller. Mais elle n'en fit rien. Au contraire, elle se jeta dans les bras de la Suissesse et pleura contre son épaule.

"J'ai peur Angie ! Peur d'être seule. Peur que tu m'abandonnes. J'ai peur que Lena et même ma mère me laissent en arrière. Alors s'il te plait , angie, regarde moi et dis moi que tu ne me laisseras pas ! "

Angela resserra son emprise autour de l'égyptienne. Elle lui caressa les cheveux, très doucement, comme elle le ferait avec une poupée.

"Jamais Fariha, jamais je ne te laisserai, quoi qu'il arrive. Tu comptes énormément à mes yeux alors même si Dieu le voulait, je ne le ferais pas, murmura-t-elle avant de poser un baiser sur la joue de la jeune fille."

Fariha leva la tête vers elle, les yeux pleins de larmes. Elle se rapprocha et posa à son tour ses lèvres sur la joue de la blonde. Elle se rassit et rattacha sa ceinture.

"Prête ?"

"Prête."

"Alors allons y, déclara la Suissesse en remettant le contact."

Elles se sourirent tout le trajet. Angela se gara dans une allée et prit la main de la maghrébine.

"Avant qu'on y aille, j'aimerais que tu saches... chaque année je viens ici, voir mes parents, leur donner de mes nouvelles. Mais tu es la première personne à qui je demande de m'accompagner."

"Tu ne m'avais pas dit que tes parents ..."

"Étaient morts? Ça ne m'empêche pas de croire qu'ils peuvent veiller sur moi. Et vu que tu comptes vraiment pour moi, je pense que de leur vivant ils auraient voulu te connaître."

Fariha se rapprocha et la serra dans ses bras.

"Alors mieux vaut y aller."

Elles sortirent de la voiture et la Suissesse prit la main de la jeune fille avant de l'attirer vers le portail. Elles arrivèrent enfin devant une grande tombe, au bord de laquelle Angela s'agenouilla et commença à prier. Puis elle parla en allemand. La blonde aperçut l'égyptienne lever la tête a l'entente de son nom. Angela se leva et se tourna vers la brune. Elles se dirigèrent vers la voiture, dans un léger silence gêné.

"Bon pose la question qui te brûle les lèvres, murmura l'infirmière."

"Tu disais quoi? A tes parents je veux dire."

"Je leur ai parlé de notre rencontre."

"Mais encore."

"Je leur ai expliqué à quel point j'étais heureuse de te connaître, répondit elle en prenant la main de la jeune maghrébine."

"Juste heureuse ? "

"Bien sûr que non! Tu comptes énormément pour moi, ça aussi je le leur ai dit!"

"Mais encore quoi ? Parce que j'ai beaucoup entendu mon nom trésor , lança Fariha en se rapprochant d'elle, laissant une vingtaine de centimètres entre leurs deux corps."

Angie rougit très intensément face au surnom. Elle se sentait hypnotisée par la voix douce et les beaux yeux bruns qui la fixaient, qui semblaient la sonder.

"Alors trésor ? "

"Je leur ai aussi dit... à quel point... non, laisse tomber."

"A quel point quoi Angie chérie ?"

Elle se rapprocha encore plus et posa ses mains sur les épaules de la blonde.

"À quel point je t'aime, murmura Angela."

L'égyptienne l'attira encore plus près, encadrant le visage de l'infirmière de ses mains et... son portable sonna.

Ja, ich bin dämonische. Désolée pour cette fin, c'était trop tentant. J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me donner votre avis.