CHAPITRE 2 : Holà señorita


[ - 24 h plus tôt - ]

Gwen. Me voici encore devant ta tombe, tu dois me prendre pour un vrai no-life à souvent venir te rendre visite. Tout cela pour attendre. Mais attendre quoi au juste ? Je ne sais même pas moi-même, mais une chose est sûre c'est que je suis désolé. Je pense que tu l'as compris à force de m'entendre le dire. Ce n'est pas comme si j'avais un énorme poids sur le cœur qui m'oblige à venir chaque fois te voir pour me faire pardonner. Tu sais bien, je suis comme paralysé, continuer à vivre ma vie comme si de rien n'était alors que tu n'es plus là. À quoi bon vivre ? C'est vraiment compliqué et, être ici, devant toi me permet de me vider l'esprit. Je ne pense plus à rien, j'écoute le silence et ma respiration. Personne n'a besoin de moi aux alentours, je peux être de nouveau moi : Peter Parker, et non Spider-man.

Je te l'accorde, avec toutes mes tâches accomplies avant et maintenant, tu dois sûrement être fière de moi. Ce n'est pas comme si tu l'as jamais été. Au contraire, tu comprenais mieux que moi cette responsabilité. À tes yeux, j'ai toujours été un mec spécial. Je n'ai jamais su ce que c'était véritablement, mais tu es restée avec moi. Mon côté loser pro dans ma catégorie ne t'a jamais fait peur, toi qui as toujours été la fille chérie populaire. Je me demande vraiment si c'est ce côté qui t'a attiré chez moi ? À côté, tu as Spider-man. Il est apprécié de tous, tandis que Peter Parker est et restera toujours le petit gars méconnu. Mais au moins lui, il peut continuer à vivre sa vie… en compagnie de sa tante. Wow, qu'est-ce qu'on s'éclate !

Bref, passons. À partir d'aujourd'hui, je vais essayer d'arrêter de me lamenter. Je pense que tu préfères entendre plutôt des nouvelles croustillantes ? Je ne vais pas passer par quatre chemins : je t'avoue qu'il y a peut-être une nouvelle fille dans ma vie. Non, ce n'est pas ma petite amie. Elle m'aide juste à aller mieux, on va dire qu'elle rend mes journées plus joviales. Elle s'appelle Mary Jane, j'espère que cela ne te met pas en colère là où tu es. Elle est gentille, douce, raffinée je suis sûre que vous auriez été amies. Je sens comme une alchimie entre elle et moi. En te connaissant, tu m'aurais dit de tenter le coup, de me rapprocher d'elle au lieu de me lamenter sur mon sort. Je te connais, tu as toujours voulu mon bonheur, que je tourne la page. Ça paraît facile pourtant je n'arrive pas à faire une croix sur toi. Je ne veux pas que tu appartiennes à mon passé. Voilà pourquoi c'est compliqué parce que tout est de ma faute.

— Raaaah, je pense vraiment trop ! Si tu savais comment tu me manques énormément Gwen.

Je contemple sa tombe, la pierre est encore neuve parfaitement polie et vernie.

— Si seulement, à ce moment j'avais… enfin peu importe.

Le son d'une sirène de pompier se met soudain à retentir autour de ce lieu de paix. Mes doigts glissent sur les lettres de son nom tandis que la sirène fait le tour du cimetière. Je remarque rapidement un camion de pompier défiler sur l'avenue principale avant de disparaître dans la circulation. Son passage brise le silence un instant avant de s'éloigner tel un écho au loin. Je regarde ma montre, elle affiche 18 :57. J'ai encore passé toute ma journée à ses côtés, assis devant sa tombe. Le temps passe si vite.

— Je t'aime Gwen. Je reviendrai très vite.

Un autre camion actionne son gyrophare afin de marquer sa présence impatiente à vouloir passer. Malgré une circulation déjà dense, les autres usagers cherchent à lui ouvrir le chemin mais avec ces bouchons, celui-ci allait devoir s'armer de patience encore un moment. Il vaut mieux que je vienne leur prêter main-forte, Spider-man devrait même y jeter un coup d'œil.

Je pose le bouquet de roses rouges sur sa tombe qui vient rejoindre le reste des bouquets de fleurs. Certains sont frais, ils viennent d'hier, grand max avant-hier. Les trois quarts viennent de moi. Sa tombe semble presque s'allonger sur un nuage de fleurs.

Je me relève d'un bond, tirant sur mon sac à dos posé à côté. Je contemple une dernière sa tombe murmurant une dernière fois les lettres gravées sur la pierre avant de lui tourner le dos. Il est grand temps de partir et de redevenir Spider-man.

Alors que le soleil se met à disparaître vers l'horizon, une fumée grise dévore le ciel de New-York bientôt aperçu qu'à travers les lumières de ses enseignes commerciales et ses lampadaires. Sous ces immeubles, on peut apercevoir des flammes envelopper entièrement un logement. Les gens vivants entre le rez-de-chaussée et le 3ᵉ étage ont pu s'échapper in extremis. Ils sont rapidement pris en charge par les pompiers devant l'immeuble. Quelques-uns viennent leur porter secours tandis qu'une autre équipe prépare le matériel nécessaire pour les ausculter. Plusieurs de leurs camions sont déjà sur place, la rue de l'immeuble était complètement bloquée des deux sens. Les pompiers sont à l'œuvre pour éteindre le feu qui prenait de plus en plus de l'ampleur. Les jets d'eau sont propulsés en direction des fenêtres où le feu s'en échappe.

Deux pompiers se préparent à monter sur une échelle hissée vers une fenêtre encore intacte. L'un des deux pompiers réussit à faire descendre quelques personnes en plus après avoir cassé cette fenêtre. Dans le groupe de rescapée, une femme continue à pleurer son désarroi et personne ne semble pouvoir la consoler.

Je descends de ma tour, tirant une toile près d'elle. Dès que je mets le pied-à-terre, elle s'effondre en plein milieu de la rue. Maintenant à côté d'elle, elle me paraissait plus épuisée et à bout de forces. Les sauveteurs écartent la foule qui commence à se regrouper autour de la femme. Deux pompiers tentent de la relever tandis qu'un autre part se met en charge de lui apporter un verre d'eau. Les policiers sont également sur le terrain, leur véhicule bloquait les deux côtés de la rue pour laisser de la place aux pompiers. Un policier vient me rejoindre en me voyant arriver.

— Vous pouvez me faire un topo de ce qui se passe monsieur l'agent ?

— On ne sait pas encore la raison des flammes Spider-man, mais les habitants de l'immeuble ont été évacués. D'après eux, il y en a d'autres personnes à l'intérieur et certains manquent à l'appel. Des pompiers sont en train de chercher mais s'ils sont ensevelis sous les décombres ça va leur compliquer la tâche.

Je sens brusquement quelque chose agripper mon costume. Ce sont les mains de la femme, peut-être avait-elle dans la trentaine d'années. C'est difficile à voir, car la vie semble ne pas lui avoir fait de cadeaux. Ses yeux étaient à peine visibles, ses cheveux ébène cachaient la moitié de son visage noyé dans les larmes.

Elle tire à nouveau sur mon costume pour m'attirer vers elle. Une autre série de larmes se déverse sur ses joues cramoisies. Sa peau brune est totalement parsemée d'un résidu mêlant sueur, cendre et poussière. Sa lèvre inférieure tremble, elle balbutie des mots inaudibles avant d'essayer de se reprendre plus calmement. Quelqu'un vient la rassurer en lui présidant des conseils pour respirer.

— Mon fils. Ma fille. Chris et Jessica, ils manquent plus qu'eux et ils sont encore là-bas. Ils n'ont que 8 ans, vous devez les secourir, c'est mes enfants Spider-Man. Par pitié, je ne veux pas les perdre, ils sont tout ce qui me reste.

— Où sont-ils ?

— Appartement 304, faîtes vite je vous en supplie…

Au même moment, une explosion éclate au 3ᵉ étage faisant apparaître de gigantesques flammes par les fenêtres brisées. Le souffle de la déflagration oblige les pompiers à s'écarter alors qu'ils sont presque suspendus dans le vide. Leur échelle commence à tanguer tandis que la chaleur devient plus forte au fur et à mesure que les minutes passent.

Le feu est à présent à son apogée, et les flammes ont encerclé les lieux. Les pompiers sur l'échelle tentent de rentrer par cette fenêtre mais le passage n'est plus accessible suite à l'explosion. Ils n'ont aucune chance d'y parvenir sans y laisser leur peau. Je suis le seul qui peut encore ces gens à l'intérieur.

À l'entrée de l'immeuble, d'autres pompiers sortent avec des rescapés mais aucun signe des deux enfants. Au même moment l'échelle se met à basculer une fois encore mais violemment, entraînant les pompiers dessus vers une chute mortelle. J'agis à temps avant qu'ils ne tombent, tissant des toiles pour les attraper dans leur chute. Leurs têtes évitent de justesse de s'écraser contre le sol. Grâce à mes toiles, ils ressortiront avec quelques ecchymoses.

— Hé, les gars ! Occupez-vous d'éteindre les flammes, je prends la relève pour chercher les enfants !

Je lance mes toiles et tire dedans pour m'emporter telle une flèche tirée sur son arc pour rejoindre l'intérieur de l'immeuble. Mon corps est raide et se faufile facilement par la fenêtre. Cependant, je ne peux pas empêcher les flammes se déchaîner sur mon passage. La chaleur vient lécher mon costume qui part en lambeau entre le feu et le verre brisé. La fumée s'engouffre juste derrière moi tandis que je pose mes premiers pas sur le palier du 3ᵉ étage.

La température est davantage infernale dans ce couloir, je n'ose même pas penser l'intérieur des appartements. Ma vision est réduite, impossible de voir précisément ni d'entendre clairement autour de moi à cause des crépitements des flammes dansantes.

Mes poumons avalent malencontreusement le dioxyde de carbone présent en grande quantité. Je me mets à tousser à répétition dans le creux de mon coude. Malgré le peu d'oxygène, je parcours à une cadence rapide le couloir pour trouver le fameux appart 304. Dans ma course, je remarque des apparts vides à travers les portes ouvertes. Tout était carbonisé et ne ressemblait plus à rien en fondant. Les portes n'ont aucun mal à s'ouvrir. Il suffisait d'un coup d'épaule et la porte en question tombait en morceaux.

L'air lourd et la présence des flammes rendent cette recherche difficile, j'ai l'impression d'avancer à reculons depuis des heures. Pourtant, je suis là que depuis quelques minutes. Je dois aller vite tout en faisant attention au moindre bruit et danger imminent. Je vérifie qu'il n'y ait personne, je crie pour appeler les survivants mais personne ne répond.

Il me reste une seule porte à ouvrir. Au fond du couloir se tient le dernier appartement : le 304.

Arrivé devant la porte, je donne un gros coup de pied en plein milieu du bois. La porte cède directement en basculant vers l'avant. Sitôt tombée, sitôt la fumée émane de la pièce. Mon bras couvre mon visage, je rentre dans l'appartement en évitant soigneusement de mettre les pieds dans les cavités formées. J'arrive sur ce qui me semble être le salon mais la fumée est si dense dans la pièce que mon champ de vision est obstrué.

— Jessica ! Chris ! Vous êtes là ? Votre mère vous cherche et c'est pas trop le moment de jouer à cache-cache si vous voulez mon avis !

Soudain, mon instinct d'araignée se met à réagir me plaçant en état alerte. En un coup d'éclair, je me jette sur le côté évitant de justesse le plafond qui dégringole sur mon ancien emplacement. Le feu continue à se propager et dévore cette fois le rideau pendant que le canapé se fait gentiment grignoter à son tour.

— Chris ?!

Toujours aucune réponse, je glisse sur le sol en voyant arriver une flamme au-dessus de moi. Je dois vraiment prendre sur mes réserves de super force pour continuer à avancer. Un pompier n'aurait pas pu rester ici plus longtemps. Je tousse à nouveau et continue ma fouille dans l'appartement. Malgré mes appels incessants et mes recherches dans la cuisine, la salle de bains, les chambres : je ne trouve personne. Le seul endroit que je n'ai pas encore visité c'est la chambre des parents.

Il faut faire vite, toujours plus vite. Je n'arrête pas de tousser et ma tête commence à tourner avec cette fumée toxique.

— Jessica ?!

Avec cette foutue chaleur, je trempe dans ma sueur. Ai-je le droit de blaguer un peu en disant que mon costume pue et qu'il faut immédiatement le mettre à laver ?

À bout de force, je tombe à genoux. Mes mains me rattrapent in extremis avant que je ne m'écroule de tout mon corps épuisé. Le sol se met étrangement à bouger. Mince, c'est ma vision qui me joue des tours.

Brusquement, un bruit sourd percute mes oreilles. Vif et aigu, mais grâce à mon ouï sur-développé j'ai eu le temps de l'entendre. Quelqu'un tente forcément de me joindre, il n'arrive pas à parler donc il tape pour marquer sa présence. Le bruit, je reconnais ce son. Une matière un peu creuse et lourde à la fois comme…du bois ! Où y a-t-il du bois ? Commodes, tables, le lit…

Je me relève pris par l'adrénaline et l'espoir. Je me mets à chercher sous ce qui reste du lit, chaque recoin où il y a assez d'espace pour contenir deux bonshommes. Non, encore rien… Cette étagère tombée !

— Vous êtes là ? Tenez bon, attention !

Avec ce qu'il me reste, je soulève l'étagère certes avec difficultés en poussant sur mes deux bras. Lentement, l'étagère se lève. Les livres encore intacts finissent par tomber. En la repositionnant, j'aperçois deux petits enfants recroquevillés en dessous. Quatre yeux grands ouverts font leur apparition en me voyant.

— Dépêchez-vous de sortir de là, je vais pas tenir plus longtemps ça me brûle !

Ils obéissent et sortent en s'aidant mutuellement. La petite sœur qui supporte le frère dont la cheville semble s'être tordue. Dès qu'ils sortent, je laisse l'étagère tomber à côté de nous. Je fais signe aux deux enfants de s'accrocher à moi. Ils enroulent leur bras autour de mon cou, la fille me remercie d'un doux sourire malgré l'état de la situation autour de nous. Le petit gars se place sur mon dos tandis que la fille est en sécurité entre mes bras.

Je ne pensais pas galérer autant pour traverser le salon avec deux enfants à charge. Je me tourne pour revenir dans le couloir et reprendre mon chemin de départ, mais une nouvelle déflagration me fait obstacle m'obligeant à rebrousser chemin. Je reviens sur mes pas et trouve une autre issue de secours. Il ne nous reste plus que les fenêtres de l'appartement pour sortir de cette fournaise.

Trois fenêtres s'offrent à nous, je remarque que celle du milieu nous propose la meilleure ouverture avec un risque faible de finir en pâté pour chiens. Se défenestrer est notre dernière option pour sauver notre peau. Avec mes toiles, tout devrait bien se passer même si je crains des surprises avec ma force physique actuelle.

Tout va bien se passer, Peter. Normalement. Très important de rester confiant dans ce genre de moment, je ne dois pas l'oublier sinon le stress va me faire perdre tous mes moyens.

Les enfants toussent également et la petite devant moi vient de perdre connaissance. Plus de temps à perdre, je recule de quelques pas pour prendre de l'élan puis fonce en direction de la fenêtre. Celle-ci se brise en morceaux sous mon poids. Notre chute est vertigineuse, si la sensation m'est familière la fille se met à crier à pleins poumons tandis que le brouhaha de la foule en dessous commence à se faire entendre. En moins une seconde, je tire ma toile en direction du bâtiment face à moi. Mes mains tremblent en agrippant le plus fermement ma toile. On arrive à prendre de la force centrifuge pour nous balancer mais une autre déflagration vient compromettre mon plan. La force du souffle déstabilise notre lancée et je perds l'équilibre. Mes mains glissent tandis que je vois impuissant ma toile s'effriter pour finalement, se détacher complètement.

Nous faisons une chute libre sans moyens d'y échapper, je n'ai plus assez de temps pour tirer à nouveau. Je sens l'étreinte de la petite sur mon dos. Elle a peur, je peux peut-être les sauver eux deux si je fais en sorte d'être le premier à m'écraser. Des pensées funestes m'envahissent mais si je peux encore les sauver, je dois saisir cette dernière chance.

À moins que…ça pourrait fonctionner !

Avant de finir comme des crêpes, il me vient une idée. Je tire autant de toiles de tous les côtés, espérant qu'une d'entre elles s'accroche assez loin pour nous rattraper. Par miracle, je trouve ma sortie quand l'extrémité d'une toile vient se coller contre un lampadaire. Au dernier moment, nous évitons le drame en reprenant une petite lancée. J'arrive à nous relever, tirant sur la toile pour emmener mes jambes à se lever et ainsi, nous procurer une nouvelle force pour nous balancer. Je gagne quelques mètres mais mes pieds frappent vite contre le sol. Je serre les dents en sentant la douleur me remonter dans les jambes. Je tente de freiner pour nous arrêter tant bien que mal pour éviter les voitures bientôt à notre portée. Mes pieds se désintègrent dans le bitume, je parcours pratiquement 5 mètres avec les dents mordillant jusqu'au sang ma lèvre inférieure. Nous arrivons à nous arrêter juste avant, épuisé. Je retiens les enfants tout près de moi tandis que nous nous écroulons à bout de souffle sur l'herbe dans un parc.

J'ai à peine le temps de reprendre mes esprits que des gens viennent m'aider à me soulever prenant par la même occasion les enfants sous leur aile afin de leur administrer les premiers soins. Tous les passants présents viennent à notre rencontre, se regroupant autour en applaudissant tous en chœur. Ça fait vraiment chaud au cœur de voir ça. Je salue à mon tour les pompiers un peu maladroitement, ils sourient face à mon geste. Je n'arrive plus à faire une seule action sans grincer des dents. Heureusement qu'ils sont là également, je constate que le feu semble sous contrôle à présent. J'espère que les journalistes vont être clément sur ma personne.

Les enfants sont à présent pris en charge dans une ambulance, sa mère se fraye un chemin vers eux pour les embrasser et les prendre dans ses bras. De l'autre côté, le reste des pompiers finissent éteindre les dernières flammes de l'immeuble qui dorénavant ne ressemble plus à rien. Au moins, nous ne déplorons aucune victime sous ce ciel assombri par cet incendie très spectaculaire.

Mon costume est pratiquement en lambeau, ce n'est qu'en touchant mon visage que je constate que seuls mes yeux sont encore masqués. Et les journalistes se ruaient déjà pour prendre une photo de moi. Je me faufile entre les gens pour disparaître de leur vue mais un pompier à côté de moi me tapote soudain l'épaule pour me proposer qu'on vienne me soigner. Je refuse par politesse, physiquement je suis plutôt mal au point toutefois je n'oublie pas mes précautions de super-héros : se soigner seul à la maison.

Ma mission est terminée ici, je suis prêt à repartir à aider d'autres personnes bien que j'hésite vraiment à prendre ma soirée. Dans ma marche, j'aperçois furtivement plus loin la course de deux personnes qui s'insinuent dans la pénombre d'une ruelle étroite. Un drôle d'individu les suit de près et disparaît avec eux. Je reste sidéré par ce que je viens de voir, est-ce que cette personne est réelle ? Elle était costumée en rouge et noir de la tête aux pieds. J'ai presque pensé qu'une personne se faisait passer pour moi une seconde, mais non au contraire elle était bien différente mais c'était trop rapide pour que je distingue en détails. En tout cas au vu de sa carrure, il était pressé de les rattraper. Et je crois bien avoir aperçu des armes japonaises sur son dos. Des vrais katanas. On est à New York mais quand même, l'extravagance a ses limites.
Je regarde sur mes deux côtés mais personne ne semble avoir vu la scène.

Poussée par l'envie d'en savoir plus, avec un esprit curieux de nature, j'abandonne l'idée de patrouiller dans le quartier -parce que d'autres super-héros traînent aussi dans le coin- pour m'aventurer à mon tour dans cette ruelle tout en gardant mes distances. Simple mesure de sécurité. Et puis, peut-être que cette personne aura besoin de mon aide, ces deux personnes peuvent être des voleurs lourdement armés.

Dans la ruelle, l'état des lieux est dans une condition déplorable, rien ne donne envie d'y mettre les pieds entre les sacs-poubelles, les détritus qui dépassent et les rats qui se nourrissent des restes. D'autant plus que je ne sais pas où je mets mes pieds, je suis sûr d'attraper des boutons avec cette flaque d'eau usée. La ruelle est mal éclairée pour que je décrive davantage ce qui me dégoûte. Je décide finalement de regarder la scène en hauteur tirant une toile pour me hisser sur un toit près de là. Je n'ai jamais été bien placé pour apercevoir la scène se jouer sous mes yeux. Il manque juste le pop-corn.

L'allée mène à un cul-de-sac, les deux types ne sont pas partis bien loin. De ma position, je peux les voir vêtus chacun de vêtements noirs jusqu'à leur bonnet. Avec l'obscurité je n'arrive pas à voir exactement leur visage. Ils sont bien cachés dans cette ruelle étroite sans compter la camionnette de couleur blanche qui gâche la vue. Il semblerait qu'ils se passent des boîtes en carton afin de les ranger à l'intérieur. Drogues ? Armes ? Médicaments illégaux ? Je n'ai pas le temps d'en savoir plus que le second acte débute : L'entrée d'un nouveau personnage charismatique.

Chicos ! Vamos ! S'écrit-il en espagnol en sortant ses deux katanas de leur étui.

Les deux hommes s'arrêtent dans leur activité, et lui font face avec deux jolies armes à feu soigneusement tout droit sorties du fond de la camionnette. Sans lui laisser le temps de s'exprimer à nouveau, ils déclarent les festivités sous la forme d'une pluie de balles battante. Les balles fusent dans cette petite allée. Quelques-unes dérivent pour percuter le sol bétonné, ou les murs de brique. Une balle ricoche sur ma position, il vaudrait mieux que je me positionne plus en retrait.

J'ai beau être passif, je suis sceptique sur ce qui va arriver ensuite. Loin de moi à vouloir les laisser s'entre-tuer, mais je suis très curieux de savoir ce que l'homme en rouge va faire. Finalement, je m'abstiens et continue à regarder la scène qui se déroule devant moi. Ce n'est pas comme si l'homme aux katanas était en danger concrètement, mais c'est captivant de voir qu'il arrive avec facilité à esquiver toutes les balles. J'ai presque l'impression qui va en couper certaines en deux. Il s'en sort très bien pour le moment, je pense intervenir si ça dégénérait vraiment. C'est la première fois que je vois ce type en plus. Il a de bonnes techniques, lorsqu'il n'arrive pas à esquiver, il utilise ses katanas comme bouclier. Il possède une technique, ce n'est pas n'importe qui. Sûrement un professionnel mais cette étrange danse qui fait à la fin lui enlève toute la crédibilité qu'il vient de gagner. Cela perturbe en quelque sorte le sérieux de la situation et la classe que je viens de lui donner. Franchement, il faut l'avouer, ce mec a réveillé ma curiosité longtemps endormie.

— Hop, hop ! Et voilà ! Ajoute-t-il d'un ton jovial.

À y regarder de plus près, il ne fait que s'amuser et n'a pas contre-attaqué. Il a bien réfléchi et a attendu qu'ils finissent entièrement leurs munitions. Ce mec se moque délibérément d'eux, les pauvres je les plains.

Perché sur la tour du bâtiment, je commence à sentir mon instinct d'araignée me prévenir d'un potentiel danger. Je regarde autour de moi mais l'alerte résonne encore dans ma tête. Je crois que celle-ci n'est pas pour moi. Elle vient ailleurs et pour quelqu'un d'autre.

À présent, L'homme sort la grosse artillerie du véhicule tandis que son compagnon sort quelque chose de bleu pour le boire. L'homme tire à nouveau une rafale avec sa mitraillette lourde, j'oublie complètement le second homme en voyant l'homme en rouge réussir à les éviter également en bronchant un peu cette fois. Bizarrement, même avec la mitraillette enclenchée, mon sens continue à m'interpeller. Quelque chose va se produire et ce n'est pas cette mitraillette lourde. Je ne vois plus le second homme qui l'accompagnait jusque-là, il s'est comme volatilisé. La tension monte minute par minute, mais il me faut encore un moment avant de trouver une fenêtre à moitié ouverte. La lumière d'un objectif m'aveugle un instant m'affirmant qu'une autre personne observe la scène et surtout, qu'elle va tirer avec un fusil sniper. Mais, c'est le second homme ?! Comment a-t-il fait pour monter là sans que je le remarque ?! Évidemment ! L'homme encore dans la ruelle fait diversion, l'homme costumé n'arrivera jamais à éviter cette puissante balle. Je dois l'avertir !

— Attention, le danseur ! Sniper à 2 heures !

J'abandonne ma position pour descendre les rejoindre. Le regard de l'homme aux katanas me suit pour me regarder tomber au lieu de faire gaffe sur ce que je lui pointe du doigt. Il reste planté là à me fixer alors que le silencieux a tiré sa charge sur lui. Il est trop tard pour l'éviter.

La balle part d'une seule propulsion et se loge dans sa boite crânienne pour ensuite s'expulser de son front dans un bruit retenu par la chair et l'os déchiqueté. Son sang m'éclabousse à la figure, me figeant un instant sur place.

Le voyou profite de la situation et range la mitraillette et le fusil sniper. Il finit seul le chargement et monte aussitôt dans la camionnette. Je tente de le stopper avant qu'il ne démarre en trombe mais le sniper m'a pris cette fois pour cible. J'évite sans soucis ses nouvelles balles sans aucune précision cette fois et marche sur le mur pour tenter une approche directe par la fenêtre mais l'homme a déjà disparu. Il ne reste que le fusil.

— Et merde, c'est vraiment pas cool maintenant.

Je me laisse retomber sur mes pieds et me tourne vers le corps, les mains sur les hanches. J'ai un mort sous les bras, des cartouches vides partout et des bandits qui viennent de faire la malle. Chouette fin de journée et dernière fois que je me poste en spectateur.

— C'est pas vrai, t'es mort ? Je t'ai vu faire tes pirouettes, tu vas pas me dire que tu t'es fait avoir par une balle d'un calibre différent, rah mais qu'est-ce que je dis ? Évidemment qu'il est mort, avec cette balle en pleine tête comment veux-tu qu'il te parle !

Ma main glisse sur ma tête pour lisser mes cheveux inexistants déjà écrasés sous mon masque. Vieille habitude. Ne trouvant rien à dire, je m'accroupis pour mieux l'observer. Il est étalé au sol, du sang jailli de son front et c'est pas joli à voir même si son masque lui recouvre une grande partie de l'horreur. La seule chose que je ressens ressemble un peu à de la jalousie. À croire qu'il a copié son costume sur le mien. On est tous les deux en rouge de la tête aux pieds mise à part les armes qu'il porte ainsi que ses accessoires à sa ceinture. Les gens vont vraiment nous prendre pour des associés. J'ai du mal à y croire, mais il faut que je me fasse à l'idée que c'était juste un simple type qui voulait faire le beau mais qu'il n'avait rien de si spécial.

Est-ce que je laisse le corps ? Ou je m'enfuie aussi ?

Bon, je ne devrais pas rester à contempler un mort. Avec les coups de feu tirés les flics vont débarquer d'une minute à l'autre et je ne donne pas cher à ma peau s'ils m'interceptent prés du corps. Puis même si les concitoyens de cette ville m'apprécient de 2 % de plus que l'année dernière, la police continue de me voir d'un mauvais œil. Il faut déguerpir.

Je me décide à le toucher une dernière fois pour faire comprendre à mon beau cerveau que cet homme est mort. Lentement, j'avance mon index tout doucement de sa joue me préparant à toute éventualité. Il ne manque plus que la musique stressante en arrière-plan. Quand je le touche, rien ne se produit, puis une deuxième fois : aucune réaction. Normal en même temps.

Voilà cerveau, t'as ta preuve, on peut partir ?

Je me demande bien ce qu'ils gardaient d'aussi important dans leur camionnette. Ils transportaient sûrement des armes et d'autres trucs dans le même style. Une autre affaire qui doit être résolue, mais je vais laisser ça aux policiers. Je me relève sur mes deux jambes non pas sans un soupir et me dirige d'un pas calme vers la route principale. Aucun passant ne semble avoir entendu la scène qui vient de se produire. Le quartier est redevenu calme, les pompiers un peu plus loin s'occupent d'inspecter les débris après l'incendie et les policiers commencent à quitter les lieux pour rejoindre la circulation. Les voitures peuvent de nouveau emprunter la route chacune leur tour, tandis que de l'autre côté, les passants sont encore absents et les habitants rentrés chez eux. Bien sûr, ils n'avaient rien entendu comme d'habitude. Rien vu, rien n'entendu, ce sont des bons innocents. Ce n'est pas oncle Ben qui va me dire le contraire.

Je pare ma main et prépare la direction de ma toile lorsqu'une chose derrière moi m'attrape par surprise et me ramène dans l'obscurité de l'allée. Je perds mon équilibre alors que des mains profitent de ma surprise pour me retourner par les épaules. Avant que je comprenne réellement ce qui se passe, la personne m'attire contre elle dans une forte étreindre jusqu'à soulever mes pieds du sol.

— Mon COOPAAAIN !

Argh. Oppressé. Besoin d'air.

— Tu m'as trouvé cool ? C'est vrai ? Genre cool, cool ? Oh, oui baby ! C'est le plus beau jour de ma vie !

Quelque chose de chaud dégouline sur mon visage atteignant mes lèvres en dehors du masque. Je débloque immédiatement en sentant le liquide. HEIN. L'homme rapproche dangereusement son visage du mien, sa bouche prête à me faire une grosse bise sûrement baveuse et je ne sais où. Je tente de m'extirper du mieux que je peux de lui, mais je n'arrive qu'à sortir un bras. Suffisant pour tisser une toile d'araignée en plein dans la figure. L'homme est déstabilisé et cherche à se l'enlever, je viens alors lui jeter mon pied dans son ventre pour l'éloigner. Je fais jaillir une pluie de toiles sur tout le corps pour l'emmener vers le mur derrière lui. Il restera bien longtemps collé contre ce mur. Et à l'envers s'il vous plaît dans un joli cocon très sage.

— Bon sang ! T'es qui, toi ?! Ah mais attends, t'es le danseur …

Ouais c'est effectivement lui, se tortillant dans son cocon toujours content, on pourrait presque sentir des cœurs roses s'envoler autour de lui. Voyons, mais qu'est-ce que je dis ? Le mot n'est pas assez fort, il est excité comme une puce de me voir.

— Spider-man, mon héééros ! Tu m'as sauvé la vie !

— Euh, non. Rectification : tu es mort. Je t'ai simplement averti et là, maintenant, tu devrais être mort et allongé sur ce sol crade. Alors pourquoi est-ce que tu me sembles trop bien vivant ?

L'homme masqué arrête enfin de gesticuler un moment le temps de réfléchir à ce que je viens de dire. Une moue boudeuse se lit à travers son masque. Il finit enfin par s'expliquer au moment où j'enlève ce liquide visqueux sur ma face. Il m'a mis son propre sang sur moi, c'est tout bonnement merveilleux. Comme si je n'en avais pas assez goûté.

— C'est une histoire très très longue, mais c'est pas important tu sais Spidey, car l'auteure se dit en ce moment qu'elle a trop écrit pour me laisser carte blanche et puis, mon héros préféré qui me sauve la vie et qui s'inquiète pour moi ! Oh, mais dis-moi pourquoi ton costume est déchiré et cramé ? Voir ton corps comme ça… Tu vas me faire rougir ! Oh, non c'est déjà le cas. Oh la la, me regarde pas comme ça !

— Mais de quoi tu parles ? Est-ce qu'il y a au moins des choses compréhensibles et sensées qui sortent de ta bouche ? Et commençons par le début, tu veux bien ? Tout d'abord, tu es qui au juste ?

Je m'avance vers lui et m'accroupis pour arriver à sa hauteur afin de poser mon doigt sur le cocon, au niveau de son torse avant de continuer :

— Et surtout quoi ? Tu penses pouvoir me le dire sans faire des hors-sujets ? Ou c'est trop, pour toi ? Et je t'interdis de m'appeler Spidey, c'est juste… pas possible.

Il hoche la tête.

— D'accord, Spidey…

Je vais l'étriper.

— On me connaît comme le mercenaire le plus beau et le plus puissant : le fameux Deadpool ! Le Deadpool des dames ! Tada ! Vous voyez que ça a fait son effet, les amis ? Il en est resté bouche bée. C'est l'effet Dead ! L'effet Pool !

On n'est pas sorti de l'auberge. À qui est-ce qu'il parle ?

— OK je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Tu parles tout seul mais passons, comment tu fais ça là ? À être vivant comme si aucune balle n'a transpercé ton cerveau juste avant ? T'es un mort-vivant, un truc dans le genre ?

Au même moment, juste sous mes yeux, la méchante blessure se referme, seul le costume garde les séquelles de l'impact alors que la peau englobe le trou béant. L'os, les nerfs, le sang se régénèrent. Sous. Mes. Yeux. En un instant. C'est encore plus bizarre vu de prés et dégueulasse surtout. Conclusion : Deadpool est un zombie avec une grande gueule, aucun doute là-dessus.

— Je peux … comment dire déjà ?

Les bras croisés, je lui fais comprendre que j'attends impatiemment sa réponse mais celui-ci continue de réfléchir tout en me fixant du regard.

— J'ai mal à la tête, finit-il par dire. Est-ce que tu peux au moins…

— Non.

— Me retourn— …

— J'ai dit : non.

— Enfin…tu sais le sang me monte à la tête et…

— Tu survivras à cette petite douleur.

— Je suis peut-être immortel, mais je suis un être sensible à la douleur…

— Raison de plus pour me dire ce qui te rend si spécial et j'envisagerai après, peut-être, à te relâcher si la réponse me convient.

— Alors, Je peux… voilà.

— Voilà ? D'accord, tu te fiches de moi. Au revoir Deadpool, c'était sympa je pense que les policiers vont se faire un réel plaisir à te poser des questions.

— Non, non ! D'accord ! Le mot m'est revenu ! Je peux me régénérer !

— Comment ?

— Les tests scientifiques, pire que la cigarette.

Donc il peut se rétablir de ses blessures, plutôt intéressante comme capacité. Dommage qu'il parle sans s'arrêter et là, il parle à un certain blanc et un certain jaune, ça m'a l'air d'être des voix dans sa tête. Ce mec est bizarre mais s'ils l'ont rendu dans cet état. C'est méchant de ma part d'insulter un malade.

Comme convenu, je l'aide à sortir des toiles en arrachant mes toiles. L'homme en costume rouge se laisser tomber bêtement à plat au sol. Derrière son dos je remarque un petit couteau rangé sur sa ceinture. Ça aurait été facile de couper mes toiles, il pouvait facilement attraper son arme avec sa main et m'avoir par surprise.

— Pourquoi tu ne t'es pas libéré plus tôt avec ton couteau ?

— Pour avoir une discussion avec toi, faire plus ample connaissance. C'est pas tous les jours qu'on rencontre son héros préféré dans la rue.

Quel idiot.

Deadpool se pomponne, reprenant ses katanas. En se redressant, il vient prendre ma main pour la serrer dans la sienne. Mes yeux se rétrécissent d'eux-mêmes par suspicion. Est-il vraiment le gentil idiot malade du coin ou le « mercenaire » à craindre avec ses armes à feu et ses katanas. Quand j'y pense, j'ai déjà entendu parler de ce type. Jusqu'à maintenant je croyais que c'était une légende urbaine je n'y prêtais pas intention à ce que les gens peuvent sortir comme ragots mais savoir qu'il existe… Peut-être idiot mais à craindre aussi d'un autre côté. Note à moi-même : ne pas trop se rapprocher de lui.

— C'est un plaisir de te rencontrer Spider-man, j'espère qu'on formera une équipe à l'avenir pour lutter contre les méchants criminels new-yorkais ! Ensemble, on sera plus fort que les Avengers !

— J'ai pas envie de faire équi— …

— Ces bandits tout à l'heure, me coupe-t-il. Il va falloir que je les tue, surtout le sniper, que je lui coupe la tête. On les aura un jour ! C'est pas bien de les laisser vivants, tout le monde à voter POUR la peine de mort là-dedans ? Grandiose !

Peine perdue, il ne m'écoute pas. Je soupire de lassitude. En le rencontrant j'ai l'impression d'avoir pris 20 ans de plus avec un gamin sous la charge. Deadpool est fatigant, je ne sais pas comment font les gens de son entourage pour le supporter. En tout cas, je ne tue personne et j'ai plutôt intérêt à ne plus le croiser sur mon chemin.

Ce n'est que maintenant que les sirènes commencent à se faire entendre sur la route principale. Les lumières bleues des véhicules de police se reflètent sur les vitres des boutiques. Il est grand temps de mettre les voiles. Avec le sang qu'il a laissé sur le sol et les restes de la bataille, comment expliquer que je ne fais pas partie de l'histoire juste un spectateur ? J'ai aucune chance.

J'enlève ma main gentiment de celle de Deadpool qui n'a pas encore lâché la mienne et affiche une sorte de sourire pour lui faire comprendre que je suis content de l'avoir rencontré. Je suis un vrai hypocrite.

— Deadpool. Au plaisir de ne plus te voir sur mon chemin et ne me mêle même pas à tes affaires. Tu fais ce que tu as à faire, je n'ai rien entendu mais si je te vois tuer quelqu'un, j'agirai par conséquent et on sait tous les deux qu'on est bons copains. Ce serait dommage. Il vaut mieux ne pas détruire ce lien d'amitié pour une affaire de gang ou je ne sais quoi.

— Euh, c'est plutôt des…

— Non ! Ne dis plus rien. Garde-le pour toi.

Je lui tourne le dos, et m'en vais le plus loin possible sans attendre ce qu'il a à me dire. En tirant sur ma toile, je me balance dans les airs pour prendre de la vitesse. Je me détache dès que je me suis suffisamment éloigné. Je décide de continuer ma course en prenant la voiture et me laisse tomber sur un taxi jaune dans la circulation. Un léger bruit sur le toit de la voiture suit mon bond mais le chauffeur n'a pas l'air de l'avoir entendu.

J'espère réellement ne plus le revoir, Deadpool est un mec à problèmes et j'ai déjà les miens, pas besoin d'en rajouter de nouveaux.

— J'espère que Tante May a déjà préparé le dîner, je meurs de faim…

Si je me sens moins stressé, seul sur cette voiture roulante. J'ai cette sensation qui me dit que quelque chose ne va pas. Comme quelque chose qui me regarde et pourtant, il n'y a rien autour de moi.


Note de l'auteur : Désolé pour l'attente et pour les fautes s'il y en reste. Une review pour me dire ce que vous en pensez du chapitre en général ? :)

Corrigé le 18/04/20

À la prochaine ~