Bonjour tout d'abord ! Et merci à vous, toutes et tous pour m'avoir laissé un commentaire, mis en favoris ou tout simplement pour avoir cliqué sur ma fanfic pour la lire tout simplement ou par simple curiosité. Je m'excuse pour ceux dont j'ai oublié de répondre aux commentaires et aussi pour le délais d'attente, je suis une vraie tortue et avec la fac, j'aurais encore moins de temps :/ (snif) mais j'essayerais de publier la suite dés que je le peux ! Merci encore et bonne lecture ~
CHAPITRE 3 : Comme une pile
La pointe du crayon gratte sur la feuille, les lignes sont remplies de calculs pour certains à l'arrache tandis que sur d'autres, on retrouve des notes oubliées et gribouillées. Je termine en écrivant le nombre que je pense trouver selon des calculs plutôt correctes cette fois-ci. En me relisant une dernière fois, je passe ma feuille à Mary Jane qui, à côté, est encore perdue dans la résolution de ses propres calculs.
En sentant mon regard se poser sur elle, elle se penche vers moi comprenant que je venais de terminer. Elle me prend la feuille des mains et commence à lire sans ajouter un mot. Son épaule est collée contre la mienne, notre proximité ne semble pas l'affecter. En la touchant j'ai l'impression que la température de la chambre avait monté en un claquement de doigt. Sans doute n'a-t-elle pas fait attention, elle était prise dans ses pensées tandis qu'elle scrute chaque ligne de mon raisonnement. Son visage ne manifeste aucune expression, je ne peux que voir ses yeux scruter une à une mes recherches. Elle m'a complètement oublié, me donnant le droit de là contempler. Plus rien dans ma chambre n'avait d'intérêt, à part elle. Elle est si proche, mais je n'ose pas lui faire la remarque de peur de casser ce moment en nous rendant mal à l'aise. Je suis suffisamment embarrassé pou détruire ce petit moment. Ses cheveux roux étaient maintenus à l'arrière de son visage par un élastique me laissant apprécier toutes ses petites imperfections qui la rendaient si jolie à mes yeux. Qu'est-ce qu'on étouffe dans cette chambre.
— Alors ? Si Kepler voyait ta feuille, non… mais tu t'imagines voir Kepler pleurer ?
— Pete, arrête ! Répond-elle en me donnant une tape sur l'épaule. Moi, je peux t'assurer qu'il aurait complimenté mon audace, j'étais presque arrivée au même résultat !
Nos yeux se croisent, la seconde semble me paraître une éternité avant qu'elle ne se relève pour s'asseoir sur mon lit. Elle s'allonge aussitôt en lisant en diagonale ma feuille qu'elle lève au-dessus de son visage.
— J'ai sûrement trouvé une nouvelle formule avec tout ce que j'ai fait. Je suis une audacieuse.
— Alors, une tortue audacieuse.
Ses yeux bleus s'agrandissent de surprise en entendant ma réponse. Elle me dévisage assis en plein milieu de ma chambre puis, me lance un coussin en pleine figure, une moue boudeuse. Je me prends un autre coussin puis ma couverture sans que j'aie le temps d'agir. Des rires joyeux fusent entre nous. Je n'avais jamais autant ri de cette manière. S'amuser en ne se souciant de rien. Ces moments me manquent, j'aimerais les revivre à chaque moment où je sens que je replonge mais tant que j'aurais ces photos accrochées sur mes murs, je ne suis pas prêt à oublier Gwen et à m'engager dans une nouvelle relation. Pourtant mon cœur bat si fort dans ma poitrine, je n'ai qu'une envie c'est de sentir ses lèvres sur les miennes, mais je ne peux pas. La raison toujours plus forte que tout. MJ semble l'avoir compris, elle n'a abordé le sujet qu'une seule fois pour savoir et à vrai dire, pour m'appréhender. Il faut dire que c'est moi la carapace, je suis difficile à approcher. MJ a su comment faire, je comprends mieux pourquoi elle est différente des autres. Elle voulait que j'avance tandis qu'eux avaient pitié de ma personne. Grâce à elle, tout marche pour le mieux. Des choses ont changé : ma façon de vivre, de répondre, d'être communicatif moins renfermé enfin d'après ce que dit mon entourage. Je fais du sur-place, c'est une façade encore fragile et je sais pourquoi.
— Pfiou ! Enfin terminé avec ses devoirs, dit-elle en recopiant mon brouillon sur son cahier. Quelle heure est-il ? Déjà 18 heures passé ? Mince, je vais être en retard pour mon cours de théâtre ! Désolé Peter de devoir te laisser tomber comme ça, mais il faut que j'y aille !
— Non, je t'en pris. Pas de problème. Ça me fait plaisir de te voir.
MJ laisse un petit sourire remonter sur ses lèvres tandis qu'elle enfile sa veste en cuir sur ses épaules. C'est lorsqu'elle sourit avec tendresse que ses jolies petites pommettes ressortent. Après l'avoir enfilé, elle récupère ses feuilles et son sac à dos accroché sur le porte-manteau. Elle se penche vers moi et m'embrasse sur la joue. Sans ajouter un mot, je la laisse s'en aller dans le couloir pour atteindre la porte de l'appartement. Elle dit au revoir à Tante May dans la cuisine et s'arrête juste avant pour se retourner :
— Merci pour ton aide ! À moi, la moyenne ! déclare-t-elle les pieds sur le paillasson. Je te recontacte très vite !
La porte se referme derrière elle. Je me laisse tomber la tête sur le tapis, me voilà seul dans mes pensées. Je regarde le vide ou peut-être le plafond, rêvassant sur cet après-midi plutôt cool avec elle. Son odeur remplit encore la pièce, je ne vais pas réussir à m'endormir ce soir.
Est-ce que je peux vraiment me permettre une nouvelle relation ?
Découragé à l'idée de trouver une réponse à ma propre vie sentimentale, je décide de me rabattre sur mon lit. Mon matelas douillet sait comment me parler sans parler de mes coussins, de vrais petits bonheurs du quotidien. J'oublie souvent de les remercier.
Ce silence est si paisible. En fermant les yeux, je me sens déjà partir. Une petite sieste ? Si seulement. Cependant, il me reste ce problème ambulant à gérer. Qu'est-ce qu'il m'a dit déjà ? Ah oui, une affaire de gang qu'il faut résoudre et qui va sauver carrière. Où voulait-il qu'on aille déjà ? Chicago ? Non, je crois que c'est San Francisco. C'est ça. Si je lui refuse mon aide, qui va l'aider ? Qui va s'en occuper ? Impossible de ne pas penser aux pertes innocentes si je ne fais rien, Deadpool n'étant pas un innocent je n'ai pas à le compter dans les pertes. Jusqu'à présent je n'ai eu vent de cette histoire, la police m'a averti de quelques crimes mais personne n'a fait le lien. Il vaut mieux que je m'en charge avant que cette histoire prend de l'ampleur. Ces malfrats vendent je ne sais quoi ce qui veut dire augmentation des marchés noirs et de la criminalité. Une chose est sûre, je pourrais me faire une réputation en dehors de New York si je la résous rapidement et facilement. La nouvelle terreur des bads guys. Pourquoi pas.
— Ouais, c'est pas plus mal. Il faut que je me prépare et que j'aille lui dire maintenant…
Parler à Deadpool.
— Ça attendra quelques minutes. Demain.
Je vais juste dormir un peu, on verra ça plus tard. Mes paupières se laissent aller, se refermant lentement tandis que je commence à piquer du nez. J'ai bien le droit de faire une petite sieste, personne n'a besoin de moi pour l'instant et comme tout ados qui se respectent un petit somme fait de mal à personne. Procrastiner pour quelqu'un comme moi c'est pas grand-chose. À mon réveil, je rangerai ma chambre, les feuilles et cahiers qui traînent sur le sol et je préparai mon sac pour ce voyage inattendu. Ensuite je le préviendrai, on va faire comme ça.
Mon havre de paix est très vite perturbé par des bruits de fond qui refusent à me laisser partir. Sans voir, je reconnais ce bruit. Je le faisais souvent petit en jouant avec les voisins. Quelqu'un est en train de me lancer des cailloux à ma fenêtre. Plusieurs fois même. C'est dérangeant et très frustrant pour mon sommeil, mais je suis trop fatigué pour voir qui est-ce. Une personne saine d'esprit utilise un téléphone et envoie un message. Et ne dérange pas. Tant pis, elle attendra quelques heures, repassera comme une personne ordinaire. Si c'est le voisin même si je n'y crois pas, Tante May est à sa disposition. Tante May en tant que secrétaire. Je suis curieux de voir ça.
J'entends encore trois autres coups de pierre sur ma fenêtre puis plus rien. L'individu semble s'être calmé, il doit être parti à présent. Le silence règne à nouveau dans ma chambre pour mon plus grand plaisir. Enfin.
Un filet d'air frais me caresse la nuque descendant le long de mon dos, sous mon t-shirt blanc et maintenant, j'ai trop froid pour fermer l'œil. Je suis trop bien dans mon lit pour me lever et fermer cette fenêtre. Je suis pourtant certain d'avoir fermé la fenêtre. Toujours les yeux fermés, j'attrape ma couette et me mets au chaud à l'intérieur. En me retournant sur le côté, je m'enveloppe sous la couette faisant cette fois, face à mon mur.
Comment les cailloux puissent frapper contre ma fenêtre si elle est ouverte ? Hm. Je l'ai sûrement mal fermé.
Le grincement du parquet en bois agite mes oreilles. Cette situation est trop étrange pour que je puisse de nouveau dormir. Sans bouger, j'ouvre de nouveau les yeux. J'entends le cliquetis d'une serrure qui se referme à clef derrière mon dos, mais il m'est impossible d'apercevoir ce qui se passe sans bouger. Au revoir tranquillité.
Je décide de me retourner et au même moment un énorme masque rouge me fait face me coupant le souffle par sa proximité. Son visage, malheureusement connu, est si proche du mien que je recule par réflexe. Mon dos frappe contre le mur faisant tomber quelques photos placardées dessus. Je tente de me lever, mais ma tête cogne contre l'étagère que je viens d'oublier l'existence.
Trop proche. Beaucoup trop proche.
— Spidey !
Son visage se rapproche à nouveau de trop près. Je le repousse d'un geste brusque, poussant ce vieux masque de mes deux mains. Deadpool trébuche sur une pile de cahiers et tombe sur ses fesses. Une chose enveloppée par du ruban adhésif s'écroule également avec lui.
Il se gratte la tête et se relève en se pomponnant au passage pour garder fière allure tandis qu'il bombe son torse. Sur le coup, mes mains se sont posées sur mon torse pour s'assurer que je suis bien habillé et que rien n'est à l'air libre. Réflexe d'homme qui pense avoir dormi en sous-vêtement, on dirait que c'est moi au final qui est gêné pour un rien du tout. Je me donne une claque invisible pendant que Deadpool ramasse son gros colis pour le remettre debout à ses côtés.
— Putain mais qu'est-ce tu fais là ? Et c'est quoi ça ?!
Je lui indique son colis mystère d'un doigt accusateur. Il lève le sien en retour comme un élève studieux attendant que le prof lui donne la parole mais comme je ne veux pas attendre ses absurdités, je le décale sur le côté. Il va encore me raconter une longue histoire incompréhensible, je préfère vérifier de moi-même ce qu'il cache en dessous. Il lève toujours son doigt attendant que je l'interroge, mais je décide de prendre son colis pour voir de moi-même. Je me fige sur place avant même d'avoir cherché à défaire cette chose. Je sais déjà ce qu'il contient et le plus important, Deadpool est chez moi. Chez Peter Parker.
— C'est pas possible, tu sais où j'habite, tu sais qui je suis.
Abandonnant son paquet, je l'attrape par le col de son costume et le projette sur mon lit. Le poing fermé, je me penche vers lui le menaçant d'un poing prêt à frapper son visage. Je devrais lui asséner un coup pour chaque bêtise venant de lui. C'est plutôt une bonne idée. Je peux aussi l'abattre ici sur-le-champ si l'envie me vient. Il a vu mon visage, il sait où j'habite et je n'ai absolument pas confiance en lui. Il traîne dans des affaires et des gens peu fréquentables, en sachant qui je suis c'est évident qu'il va le vendre au plus offrant. Je ne comprends pas, comment a-t-il fait ? Je fais toujours très attention et ne laisse rien derrière moi.
Deadpool se laisse faire et montre deux mains en signe de rédemption.
— Qui d'autre sait que je suis Spider-man ?
— Euh, la bonne réponse est personne ?
— Tu ne me mentirais pas, n'est-ce pas Deadpool ?
— Jamais, croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer.
Deadpool agite la tête pour m'indiquer que non, mais j'ai du mal à le croire. Je connais beaucoup de personnes prêtes à payer un paquet de fric en échange d'informations sur ma personne même la plus minime. Et lui veut me laisser croire qu'il l'a gardé pour lui seul parce que notre amitié est plus forte que tout ? Laissez-moi rire.
— Et ce type que t'as ramené avec toi, parce que cette chose contient effectivement un homme, tu trouves que ma chambre ressemble à un dépotoir ? Parce que non, je ne veux pas être lié de meurtre alors le seul et unique choix qui s'offre à toi c'est de déguerpir d'ici en vitesse avant que je me mette sérieusement à m'énerver.
— Ah, non, non, pas du tout ! S'agite-t-il. C'est un cas de légitime défense, il a voulu me tuer ! J'ai essayé de lui en dissuader, que c'était pas bien qu'il devrait le ranger dans sa petite poche, mais il était toujours en train de me poignarder. Enfin, ça restait des coups ratés, car il était pas très fort mais c'est pas ce que je voulais te dire. Alors, comme il ne m'écoutait pas, j'ai dû l'arrêter par la bonne manière : la manière forte. J'ai tapé pile au milieu de sa tête puis il est tombé dans les pommes. Je devais le tuer mais comme il faisait dodo, une ampoule s'est allumée dans ma tête et je me suis dit Deadpool pourquoi ne pas le torturer pour savoir d'où il vient ? Excellente idée ! Je vais le faire à la maison, mais après avoir mangé des crêpes. Puis je me suis souvenu que tu habitais à côté. Oh mais la petite araignée habite près d'ici ! Je vais lui dire bonjour ! pour finir par Ah, non, non ! C'est un cas de …
— OK. OK. Où as-tu trouvé mon adresse ?
— Par pur hasard.
Je ferme encore plus mon poing et le rapproche de son nez.
— Je le jure ! Je t'ai croisé en civil dans la rue près de ton université et j'ai direct reconnu ton odeur. En reniflant une deuxième fois, j'étais formel.
— Quoi ?! Mais c'est dégoûtant de faire ça ! Chut !
— Hein ? Tu les entends parl—
Mon poing se desserre pour s'aplatir complètement contre sa bouche pour le faire taire. J'entends les pas de tante May qui se rapproche dangereusement vers nous. De justesse, je tire une toile pour refermer la porte entrouverte avant qu'elle ne rentre et voit la tragédie dans ma chambre.
— Peter, tu es là ? Dit-elle en toquant à la porte juste après. Je t'ai préparé des cookies.
Je fais signe à Deadpool de se cacher en prenant sa saleté de colis et lui avec en indiquant l'armoire à sa droite. Une porte fermée n'arrêtera pas tante May de rentrer pour inspecter les lieux, elle veut toujours s'assurer de ses propres yeux que tout va bien.
— Un moment, Tante May. J'arrive !
En maintenant la porte de peur qu'elle la fracasse, car elle en est sûrement capable, je jette un regard fuguasse à Deadpool. Il est en train de mimer un cambrioleur des dessins animés portant son sac de billets verts tandis qu'il avance en « silence » sur la pointe des pieds. Oh, je suis sûr qu'il fait exprès de me mettre dans cet état, s'il continue à être lent je vais moi-même m'arranger pour lui faire sa fête juste après.
Quand il finit enfin son cirque et que tout me semble correct et propre, je décide de lui ouvrir la porte. Elle s'apprête à la pousser pour rentrer et l'ouvrir entièrement, mais je m'interpose avant. Il ne faut pas non plus qu'elle passe en revue tout ce qu'il passe dans ma chambre jusqu'à mettre son nez à l'intérieur. Mon pied se cale derrière la porte pour la maintenir tandis que ma main se pose le rebord de la porte. À présent, il suffit d'accentuer le geste avec un sourire ravageur pour la convaincre que tout se passe très bien.
— Je t'entends faire du bruit depuis le salon, on croirait qu'il y a un chantier de travaux ici. Tout va bien ? Que fabrique tu encore ?
— Euh, rien et tout va très bien. J'avais pas remarqué que les murs étaient super fins par ici. Je fais simplement un peu de rangements, donc tout roule. Tes cookies ont l'air délicieux ! Tu peux me passer l'assiette tu sais, pas besoin de voir ce carnage d'ado au stade de la rébellion …
— Non, Peter tu m'as déjà fait ce coup et ça ne fonctionnera pas une seconde fois. Tu vas m'enlever ton bras immédiatement ou je peux te promettre que tu vas m'entendre râler tous les jours.
Ouch, voir tante May râler, c'est mon enfer sur terre.
J'obéis et enlève mon bras pour la laisser rentrer dans ma chambre. La porte se déploie tandis qu'il lui suffit de marcher quelques pas pour arriver au centre de la pièce. Elle regarde autour d'elle déplorant l'état des lieux en tournant sur elle-même pour tout regarde. Entre ses deux mains, les cookies fument dans l'assiette prouvant qu'ils viennent tout juste de sortir du four. Quelle odeur gourmande, ça fait un moment que je n'ai pas senti quelque chose de bon dans ma chambre.
Seuls les traits sur son visage détruit cette image de mère poule aux petits soins. Sa mine s'assombrit quand elle sent que quelque chose cloche et là c'est le cas. Évidemment je m'en veux à chaque fois de la mettre dans cet état, sa tension a dû monter d'un cran depuis que j'ai cette responsabilité. Jusqu'à maintenant, j'essaie d'être le plus discret pour pas qu'elle ne remarque mes blessures mais personne ne peut tromper son aura protecteur.
— Regardez-moi cette chambre, commente-t-elle en m'enfonçant un cookie dans la bouche. Mon petit-fils n'est pas un menteur, n'est-ce pas ?
— Nonf, pas du tout. Che m'occupe de chon cas chi chétait le cas.
Je marmonne la bouche pleine, essayant un sourire béant qui ressort douteux avec le chocolat autour de mes dents. Tant May contemple ma pile de vêtements sales sur ma chaise de bureau, elle rebrousse la tête en sentant un vêtement. Elle a porté le pire à son nez, il date de plusieurs semaines. Pas à pas, je me dirige vers le placard sans la quitter des yeux. Celui-ci est sur le point d'exploser avec les deux personnes dedans entre les vêtements. Quand j'arrive à hauteur du placard je donne un coup de pied arrière pour coincer la porte et la bloquer davantage en collant mon dos dessus.
Ma tante lâche un soupir déconcerté. Elle dépose l'assiette sur ma table de chevet puis se tourne à nouveau vers moi.
— Peter Parker, tu es vraiment un enfant à problème.
— Enfant, plutôt adulte maintenant ou ado c'est bien aussi si tu préfères. Et ton cookie est très bon, c'est quoi la recette ? Faudrait que tu m'apprennes à cuisiner en plus ! Parce que là, j'en ai jamais mangé d'aussi bon.
— Je te vois venir Pete, c'est toujours la même recette et je connais aussi ce coup-là. N'essaye pas de m'embobiner avec des compliments. Qu'est-ce que tu me caches encore ?
Ce qui est troublant, c'est qu'elle arrive toujours à voir quand je ne dis pas tout. Il va falloir que je change de technique mais pour le moment, je dois trouver un truc. Une excuse. Valable. Quelque chose qu'elle acceptera.
— OK, très bien. Je dois partir avec quelqu'un à San Francisco…
— Quelqu'un ? Qui est-ce ? Mary Jane ? Pourquoi ne l'as-tu pas dit plus tôt… Sale petit cachottier, vous êtes si mignon ensemble.
Elle attrape ma joue gauche d'une main et la pince de manière assez gênante. Nos autres invités peuvent voir la scène sans soucis puisque la porte libère un petit battant. Et quand on parle d'eux, soit Deadpool peut maintenant gesticuler pour deux personnes, soit mon cas vient d'empirer et l'armoire ne cesse de trembler. Il faut vite que je sorte ma tante de ma chambre.
— Oui, enfin non, pas encore. J'espère mais là, c'est juste pour un ami. Je serais parti pour quelques jours, il a besoin d'aide pour des affaires de famille. Et voilà, tu sais tout maintenant enfin tout ce que je sais du moins.
— Je vois, dit-elle en m'observant scrupuleusement. Comment s'appelle-t-il ?
Deadpool. Jolie la question piège. Non je ne connais pas son nom, je n'ai même pas eu la curiosité ou l'envie de le faire alors qu'il connaît le mien ainsi que mon adresse. Et moi je le propose de l'aider, sur un coup de tête.
— Wade Wilson, chuchote une voix derrière moi.
— Il s'appelle Wade.
— Wade ? Moi qui croyais que tu n'avais que deux copains, c'est tout bonnement mieux ! Quand est-ce que tu pars ?
— Maintenant, lui dis-je en la repoussant gentiment vers la porte. Le plus tôt possible. Et pour info, je n'ai pas que deux amis, les autres sont justes trop occupés pour venir.
— Ce n'est pas ce que m'a raconté Gwen.
Ses yeux semblent s'humidifier en prononçant son nom, il y a longtemps qu'elle ne l'a pas fait et j'aimerais vraiment qu'elle évite.
— Il faut vraiment que je prépare mes affaires.
— Mais, tu ne veux pas d'abord l'inviter à manger pour me le présenter ?
J'ouvre la porte et continue à la repousser à l'extérieur de ma chambre.
— C'est très gentil de ta part, mais je t'assure que tu ne voudrais jamais le rencontrer.
Je réussis à fermer la porte avant qu'elle n'ouvre la bouche pour rappliquer. Posant mon oreille à la porte, je l'entends battre du pied sur le parquet en marmonnant.
Deadpool choisit ce moment pour tomber avec l'homme qu'il a kidnappé. Le papier se déchire laissant entrevoir l'homme à l'intérieur, ligoté avec du scotch à la bouche. Je ne vois pas de quelle manière il est habillé avec tout ce scotch brun sur lui. Seule sa crête blonde est visible ainsi que son tatouage qui ressemble à une larme prés de son œil. Le plus important c'est qu'il est réveillé et qu'il a vu mon visage.
— On s'en va maintenant.
Deadpool hoche la tête et s'occupe de son gars tandis que je prends un vieux sac de sport pour y mettre des vêtements de rechange. Plus tôt, on aura terminé, plus tôt je pourrais rentrer pour reprendre mon quotidien.
— Alors pour qui tu travailles, Bob ? Billy ? Kevin ou alors…tu t'appelles Gérard ? Susurre-t-il d'un ton faussement sombre.
— J'ai dit : On. S'en. Va. Interdit d'utiliser ma chambre comme salle de torture. Puis torture interdite, tout court.
— T'as entendu le boss, changement de plan : étouffement par cookies.
Je me retourne au même moment pour l'en empêcher, mais il lui a déjà retiré le scotch autour de sa bouche. Sa main tient l'assiette et enfourne la moitié des cookies sur le pauvre homme qui n'arrive plus à tous les avaler. Je bouscule Deadpool d'un coup d'épaule et plonge ma main dans sa bouche avec dégoût pour remonter les cookies baveux restants.
— Roh mais Petey, s'apitoie-t-il. Il allait dire pour qui il travaille !
— Bien sûr, juste après avoir succombé à son asphyxie !
Deadpool finit par bouder dans un coin de la pièce, mangeant les restes de cookie. En relevant la moitié de son masque, je peux apercevoir sa peau craquelée qui est également remplie de trous béants déformés par je-ne-sais-quoi. Sa peau était anormalement rouge comme s'il avait pris de l'acide dans un feu. Ce mec arrive toujours à me surprendre, je devrais lui demander plus tard si c'est aussi le cas sur d'autres parties de son corps. Il semble ne pas en souffrir, sûrement grâce à son pouvoir de régénération.
L'autre homme tousse, me faisant revenir à mes préoccupations. Il est toujours ligoté avec du ruban, assis sur mon lit nous dévisageant chacun notre tour. Il a vu mon visage, il ne sait pas qui je suis et Wade ne lui a pas dit qui je suis exactement. À mon grand bonheur il est dans sa période d'intelligence. Maintenant, la question est de savoir ce qu'on va faire de lui.
Je prends quelques vêtements et referme mon sac de sport. Mes cours sont rangés au bon endroit et plus aucun vêtement sale ne traîne en dehors de leurs zones respectives : le bac de linge sale. Je peux reprendre mon rôle de justicier maintenant.
— Tu travailles pour eux ? Repris-je. Les moines gangsters ?
— Le Clergé, corrige Deadpool.
— Il m'a compris.
— Allez-vous faire foutre, aboie le blond.
— Voilà ta réponse, Wade. Il a pas envie de répondre à nos questions et ça m'arrange.
Deadpool se glisse dans l'espace entre nous et me demande de reculer gentiment.
— Laisse papa, faire le boulot.
S'il veut se prendre une insulte gratuite, libre à lui. Je lui laisse le temps d'essayer pendant que je termine de ranger, je sais déjà d'avance quel genre de réponse il va obtenir. Et quand il en aura marre, j'enverrai le gars direct au commissariat. Et en l'analysant de loin, je pense qu'ils vont retrouver de la drogue dans son sang. L'homme kidnappé semble avoir un tic qui l'oblige sans cesse à cligner les yeux pour se stabiliser. Pourtant c'est la première fois que je vois des veines bleues apparaître dans le globe occulaire. Quelle drogue va jusqu'à coloriser le sang ?
Je referme mon sac de sport et le pose sur mon épaule. Je reviens vers eux pour voir où avance cet interrogatoire.
— Comment tu m'as trouvé ? Demande Wade.
— Je t'emmerde.
Wade envoie la tête de l'individu sur l'autre rive en lui infligeant une bonne droite au visage. À mon avis, la vraie réponse n'est pas plus exceptionnelle que celle-ci, Deadpool était facile à trouver. Pas besoin d'être un expert pour voir qu'il n'est pas du tout discret. On le retrouve facilement dans des lieux fréquentés par des gens non fréquentables.
— Qui d'autre est avec toi ?
— Je sais pas. Jésus ?
Wade hoche la tête en signe de compréhension puis une gauche s'écrase sur son autre joue par un Deadpool redevenu sérieux. Logique réponse puisque la religion n'a rien à voir là-dedans.
— C'est qui ton boss ?
— Ta mère.
Et une autre droite. L'homme est un punching-ball vivant, amoché de tous les côtés, son nez est cassé laissant du sang colorier les ecchymoses. Je le suis tellement reconnaissant de ne faire aucun bruit pour ne pas alerter ma tante, mais d'un autre côté je suis étonné de me voir ne rien faire. Curiosité malsaine.
— Pourquoi ils veulent ma peau ?
— Je t'encule profondément.
Pas de réponse de Deadpool, il semble être pris dans une longue réflexion le dévisageant intensément.
— Encore mieux, continue l'homme la bouche en sang. Je t'encule toi, ton petit copain ici présent et ta mère je sais qu'elle est partante.
C'est à mon tour de rappliquer, mon poing part au milieu de son visage. Le blond finit par tomber à la renverse sur mon lit ne pouvant plus supporter un autre coup. Surtout la mienne qui vaut triple. La violence, c'est mal, mais il l'a cherché. À présent, il est inconscient sur mon lit et au lieu de m'inquiéter pour lui, j'ai peur qu'il salît mon lit avec son sang. J'ai mis tellement de force pour frapper dans sa mâchoire que mes phalanges me font un mal de chien.
Et puis c'est dégueulasse ce qu'il vient de dire, et je suis le seul à faire une moue indignée par autant de mots répugnants qui peuvent sortir de la bouche de ce gars. En plus, il m'a inclus dedans, donc j'ai une bonne raison de ne pas être gentil. Quant à Deadpool, il n'a pas bougé d'un cil, toujours la même posture, rangé devant l'homme comme une statue figée.
— Je peux savoir pourquoi tu l'as laissé parler comme ça ?
Le costumé montre enfin un signe de vie, il relève légèrement son visage vers moi me fixant à travers les deux trous blancs de son masque.
— Je m'imaginais la scène, m'avoue-t-il sans gêne.
Offusqué, mon pied frappe durement entre ses jambes. Deadpool se retient de crier et se tient les parties intimes des deux mains. Geste inutile puisque le mal est fait et qu'il s'effondre à son tour sur mon lit faute de force pour résister contre le choc. Mon doux lit n'a jamais été aussi amical avec des invités comme eux.
— Pas Pedro…susurre-t-il douloureusement. Pas mes chimichangas…
— Je l'emmène d'abord à la police, dis-je en ignorant ses supplices.
— Mes bijoux de famille…
— Ensuite on partira, doit-on prendre la voiture ou l'avion ? Bien que la réponse saute déjà aux yeux.
— Je meuuuuurs …
Wade s'étale en longueur sur mon lit et je le soupçonne de profiter du fait que celui-ci soit douillet pour continuer sa comédie dramatique en se roulant en boule dedans en poussant l'autre gars au sol.
— Deadpool.
— Non, j'ai mal, ronchonne-t-il la tête dans le coussin maintenant.
— Relève-toi, s'il te plaît.
— Ça me plaît pas. À moins que tu me fasses un bisou magique ou que tu dises « Wade est sexy. »
— Jamais de la vie.
— Méchante araignée.
J'essaye de le tirer du lit mais sans grand succès, il a les mains agrippées au matelas tel un chat qu'on vient de déranger.
— À se demander qui fait réellement le gamin dans cette histoire…
— Toi. Je ne bougerai pas, et je ne me désarticulerai pas pour rentrer dans la valise.
— Parce que tu gardes H24 ton costume ?
— Peut-être que oui, peut-être que non.
— T'es vraiment un boulet.
— Je sais, et les gens m'aiment comme ça. J'attends.
Je n'avais pas envie de voler une voiture, et prendre l'avion semble impossible sachant que je n'ai pas les moyens et même si lui les a, je pense que la police l'arrêterait sur le champ en voyant costume même s'il fait sa vie dedans.
— Où est la valise ?
— Prés d'ici. Mais on ira ensemble, main dans la main.
Super. Et si le trajet se passe par bus, les vérifications des bagages ne se font jamais. Je soupire, désespéré par la suite si on commence comme ça. Que veut-il que je dise déjà ? Ah oui, vraiment un boulet de première.
— Wade est…bien.
— TUUT ! Erreur.
— Wade est sexy alors s'il ne bouge pas tout de suite son cul de mon lit, je jure sur sa tête que je vais arracher chaque partie de son corps pour voir jusqu'où sa ré-génération ira.
J'aurais juré avoir vu des cœurs sauter sur sa tête tandis qu'il glousse comme une lycéenne qui vient de recevoir un salut du garçon le plus populaire.
— J'ai mal entendu, tu peux répéter le début avec plus de voix ?
— Va te faire, t'as très bien entendu.
Le désarticuler pour le faire rentrer dans une valise semble être la seule solution bien que l'idée de mettre un homme dans une valise est étrange et dérangeante à la fois.
Deadpool se lève enfin, un sourire transperçant son masque. Mon lit a gardé les séquelles de son passage, j'espère que Tante May a pensé à laver mon linge durant mon absence. Je ne veux garder aucune trace, aucune odeur de sa venue et de l'autre pourriture.
— On y va Spidey ? Dit-il déjà sorti par la fenêtre avec l'homme sur l'épaule.
La vie de super-héros n'est pas un long fleuve tranquille. Je passe ma main dans mes cheveux et souffle une dernière fois l'air d'une vie normale avant de quitter mon nid pour une nouvelle aventure.
Merci de votre lecture, à très vite au prochain chapitre ;)
Correction le 29/04/2020
