Coucou, comment allez-vous depuis ? Encore désolée pour l'attente, mais voici la suite de l'histoire ! Bonne lecture.
(Merci encore pour vos commentaires et à ceux qui ont mis SPARKS en favoris !)


Chapitre 5 : City by night


Premier balancement à San Francisco, et ce n'est franchement pas une réussite. Mon saut était parfait, enfin plutôt ordinaire, ce que j'ai l'habitude de faire quotidiennement. Simplement ici, je ne peux pas faire de belles longueurs et les sauts vertigineux que je voudrais. Ainsi, mon atterrissage est quelque peu bancal. Faute de vitesse pour remonter ma toile et tomber pile poile sur le toit de l'immeuble, mon corps tape le mur en briques rouges. J'attrape de justesse le rebord et en poussant sur mes pieds, je me hisse pour passer par-dessus. Ça fait bien les biceps dit donc, très pénible cet effort par contre. À mon retour, je promets de faire un tour à la salle de sport.

Arrivé sur le toit, j'ai juste le temps de m'abriter derrière des tuyaux d'airs avant de recevoir une rafale de balles. Trois gardes bien armés se tiennent près de la seule porte menant en bas vers l'entrepôt. Ils ont dû recevoir l'ordre de tirer sur tout ce qui bouge. J'aurais juré que j'étais silencieux, comment ils ont pu m'entendre venir ? D'après la précision des balles, ils ne savent pas exactement où je suis. Je ne donne pas cher aux petits pigeons qui sont venus picorer leur saleté sur le bitume.

Les balles ricochent au sol tandis qu'une autre partie éclate dans le plomb de la tuyauterie. L'air rejeté sort tout de suite du trou en une fumée fugace avant de s'évaporer dans l'air ambiant. La cacophonie n'est qu'à ses débuts, je jette un coup d'œil rapide et constate qu'ils vont bientôt recharger.

Quelques secondes s'écoulent et le bruit finit par s'estomper. Je sors de ma cachette et désarme le premier gars à ma portée en tirant une toile sur son pistolet. Une fois la toile fixée, je tire aussitôt pour ramener son pistolet et lui relancer tel un poing en pleine tête. Un de moins, étourdi au sol.

Le second, distrait, ne remarque pas ma toile dans son canon. Il tire mais la balle coincée fait exploser l'arme à l'intérieur, les débris éclatant sur son visage. Il lâche instinctivement son arme en criant de douleur, ses mains se mettent à frotter ses yeux machinalement. Je profite de la situation et enjambe le tuyau pour courir vers eux. En quelques pas, j'arrive à sa hauteur. Je fais tomber l'homme d'un revers du pied, il tombe sur le dos la tête se cognant contre la porte. Voilà, maintenant il va dormir avec son pote. Il ne reste maintenant plus qu'une seule personne.

Grâce à mon instinct, j'évite d'une pirouette en l'air les trois premières balles. Les suivantes finissent par s'emmêler dans mon bouclier de toile que je viens de confectionner en tirant plusieurs toiles. Le dernier s'est réfugié vers mon ancienne position, et le son creux de son arme m'indique qu'il vient de finir sa cartouche.

— Tes potes ont raté leur entretien d'embauche, abandonne c'est peine perdu.

Son arme glisse par terre jusqu'à rejoindre mes pieds.

— Je me rends, ne me fait pas de mal !

Choix judicieux. Je marche lentement vers la parabole et tombe sur un gaillard maigre bien que ces deux mots n'aillent pas ensemble c'est ce qui le décrit le mieux. Il fait peine à voir, je ne veux pas critiquer, mais il semblerait que ce soit son premier jour de travail. Il semble affecté par ce qui vient arriver. En même temps, un homme costumé qui neutralise des hommes armés en faisant de la gym acrobatique ça peut brouiller l'esprit. L'homme transpire comme si le soleil venait de lui faire un câlin torride, la sueur coule dans tous les endroits possibles de son corps. J'espère vraiment que c'est la chaleur et pas mon costume serré aux mauvais endroits.

— Mais faut pas stresser ! Lui dis-je aisément. Tu voulais bien faire en suivant les règles, mais c'est pas ta faute c'est les ordres du boss. Pas ton jour de chance, j'imagine ? Tu pensais être heureux peinard ?

— Tais-toi !

— Tu as raison, je parle trop j'ai pris une mauvaise habitude à cause d'une personne.

— Mais tu vas te taire ?!

Soudain, l'homme s'énerve. Il grogne d'une rage bouillonnante. En un battement des yeux, je vois son corps se transformer, ses épaules s'agrandissent et son corps entier prend une toute nouvelle musculature. Les veines ressortent sur sa peau, puis son corps se raidit et prend des angles improbables. L'homme déchire ses vêtements, tente de se maintenir en place, les mains griffant le sol comme s'il voulait faire partir cette sensation inconnue qui parcoure tous ses membres. Il crache du sang mais cela ne l'empêche pas de gronder pris par la folie de cette rage. À vue d'œil, je peux dire qu'il a gagné facilement plus d'un mètre. Ses yeux virent vers un bleu clair presque transparent. Je n'ai pas le temps de savoir s'il va bien qu'aussitôt, il arrache le tuyau qu'il utilisait comme cachette. Il porte l'objet à ses épaules comme s'il tenait une brindille d'herbe dans les mains et la jette vers ma direction.

Alors ça, je l'ai pas vu venir. Impossible d'y échapper. Je suis trop proche de lui pour éviter la collision et me prends l'objet à la figure. Le coup est si fort que je suis déjà propulsé en l'air vers l'autre bout du toit. Mon dos heurte violemment la porte derrière moi et mes os se mettent à craquer m'arrachant une douleur atroce à la colonne vertébrale. Je crachote l'air restant dans mes poumons étouffés par ce tuyau qui pèse presque une tonne. Je suis coincée entre la porte et l'objet, pas moyen de me relever je n'arrive pas à extirper mes jambes.

Je serre des dents et tente de renverser le tuyau sur le côté pour sortir de là avant qu'il ne revienne à la charge. Je pousse une fois, puis une deuxième fois en forçant sur mes bras pour arriver à bout du tas de ferraille. Le tuyau vacille puis tombe à la renverse sur le côté d'un bruit sourd. Péniblement, j'essaie de me remettre sur pied. J'ai pris salement ce coup, ma main se pose vers mon ventre comme pour maintenir des organes en place. La douleur revient à la charge, je tousse à nouveau pris légèrement de vertige. Je me prépare malgré moi à recevoir d'autres choses à la volée mais Dieu merci rien ne passe.

Je baisse ma garde et aperçois au loin, l'homme. Il est inerte au sol, les yeux vidés de lueur. Une salive blanche et grumeleuse recouvre sa bouche.

— Qu'est-ce qui vient de se passer…

Au même moment j'entends un verrou s'enclencher derrière mon dos m'indiquant qu'on vient de me verrouiller la porte. Pour m'assurer, je tente quand même mais la poignée reste coincée. S'il croit m'arrêter comme ça il se met le doigt dans l'œil.

Je vais devoir trouver un autre chemin pour accéder au bâtiment. Prés du rebord, je jette un œil en contrebas. Il reste la porte principale, plutôt risquée comme idée. Je serais trop exposé si je descends par là. De plus, les civils que j'ai vus auparavant au motel doivent être regroupés juste à côté. Autre possibilité maintenant que j'y pense : entrer par les fenêtres, mais je suis sûr d'être remarqué en fracassant les vitres. Je vérifie si je peux malgré tout ouvrir discrètement cependant ils ont barricadé les fenêtres comme celles des prisons donc pas moyen de se faufiler en douce.

Me voilà coincé sur le toit. En regardant aux alentours, je me rappelle que mon vieil ami vient de m'offrir une nouvelle brèche pour entrer dans l'enceinte de l'immeuble. En regardant à l'intérieur du trou béant formé, je constate que le tuyau d'aération est suffisamment grand pour faire glisser une personne. Une araignée comme moi peut facilement passer sans se faire remarquer. En espérant que les bouches ne vont pas se rétrécir au fur et à mesure que je m'approche d'une pièce. J'arrache le reste de plomb pour éviter de me couper et rentre la partie haute de mon corps en premier. Je sens l'air chaud me traverser. Je n'imagine pas ce qui va m'arriver en bas et pousse sur mes bras pour pouvoir glisser. Je m'engouffre et tout mon corps plonge dans l'obscurité. La lumière disparaît pour me laisser dans mes pensées avec cette sensation de glisse et de vent qui m'emporte. Durant cette glissade enivrante, mon cœur se soulève dans ma poitrine. Je la ressens à chaque fois que je me balance entre mes fils dans les rues de New York. Faire du toboggan c'est cool en soit, toutefois ma position rend le mouvement inconfortable jusqu'à la fin où je retombe maladroitement sur mes fesses.

Je me ressaisis et enlève la poussière qui s'est déposée sur mon costume. Je continue en rampant à quatre pattes, tête baissée. J'avance une main à la fois dans le conduit avec la plus grande délicatesse qui existe. Je vais faire en sorte d'être le plus silencieux possible. J'ai l'impression d'avancer à l'aveugle jusqu'à ce que j'arrive à une intersection. Je décide au pif de continuer à gauche en suivant l'air frais. Entre les toiles d'araignées vieillottes à éviter et le métal qui s'étouffe sous mon poids encombrant, il y a forcément une personne en dessous qui s'est posé des questions. En continuant un peu, j'aperçois de la lumière sortir d'une petite grille carré. En me penchant, j'aperçois des hommes bien armés en pleine discussion. Je n'avais même pas entendu leurs voix à cause du vent dans les conduits.

— Où est-il allé ? Demande l'un d'entre eux.

— Il n'est pas passé par-devant, il n'a pas pu aller bien loin si l'autre l'a coincé sur le toit.

— Par où il irait alors ?

L'interlocuteur hausse des épaules. Je ne peux pas passer par là, autant continuer encore un peu mais en avançant, je m'aperçois trop tard que j'ai fait tomber de la poussière en raclant cette grille. Un Pas besoin d'être bon écrivain pour voir qu'ils viennent de comprendre que quelque cloche. Je devrais peut-être me dépêcher de déguerpir de ce trou histoire de…

— Qu'est-ce que vous attendez ?! Mais tirez dedans et éliminez-moi cette bestiole !

Les coups de feu suivent les paroles et trouent le tuyau dans une cacophonie me rendant presque sourd. Le conduit tient les impacts de balle mais pour combien de temps encore ? Deux balles frôlent mon pied tandis qu'une, plus perforeuse, déchire la manche de mon costume. Je vais sans doute rencontrer de jolis bleus en rentrant à la maison. Où est Deadpool quand on a besoin de lui ? J'espère qu'il n'est pas resté dans le motel à dormir devant la télévision.

Je bouge dans tous les sens pour sauver ma peau, mais ils ont pris pour cible cette ligne de tuyau. Je n'ai pas le moyen d'avancer ou de reculer sans perdre ma tête avant. Bon, crois un peu à tes chances Spider-man.

Je tisse d'énorme toile sous mon corps pour forger une autre protection plus solide à ce tuyau. Cette fois, je ne suis plus le vent et prendre le sens opposé. Les coups continuent à péter dans le conduit mais mes toiles empêchent les balles de traverser. Je tourne à droite à la seconde intersection. Je vire ensuite vers la gauche qui semble plus calme tandis qu'un chahut semble se former plus bas. Soudain, je bascule vers l'avant en posant malencontreusement ma main vers une surface horizontale inexistante. Dans ce noir complet, je n'ai pas vu le tuyau partir à la verticale. Je chute et frappe contre une grille. À peine ai-je le temps de me redresser sur mes deux mains que la grille se met à trembler. Elle ne résiste pas plus longtemps face à mon poids et s'ouvre, m'éjectant à l'extérieur.

Alors que je vois le gris de l'habitacle s'éloigner de mes yeux, je me vois presque flotter dans l'air. Au lieu de tomber raide aplati sur le sol, je suis comme emporté par le vent. Quelque chose me soutient, je vois le monde bouger sous mes pieds, le sol est en mouvement pourtant je reste statique et bien installé. En levant le regard, je distingue un énorme masque rouge penché vers moi.

— Un ange tombé du ciel !

— Deadpool c'est vraiment pas le moment.

Je pense que c'est vraiment le mauvais moment de lui demander de me déposer par terre. Il court à vive allure, et en regardant derrière lui, je remarque nos poursuivants. Ils ne font pas que courir, ils nous tirent également dessus. Le dos de Wade reçoit une dizaine de balles et son visage ne laisse rien transmettre. Il subit la douleur sans broncher.

— Pose-moi par terre ! Je peux courir ! Ou au moins neutraliser quelques-uns.

— Nope ! Impossible ! Pas encore ! Répond-il en secouant la tête.

Tandis qu'il tente d'ouvrir une porte fermée devant nous sans utiliser ses mains déjà occupées à me tenir, d'autres balles viennent se loger dans son dos. Quand il réussit à ouvrir la porte d'un coup de pied, je sens sa cadence ralentir. Sa course est moins rapide, il boite presque. Wade a plutôt intérêt à me laisser courir à ses côtés que je puisse au moins me sentir utile et non comme la demoiselle en détresse dans ses bras.

Je tente de glisser vers le côté pour m'extirper mais bien qu'il soit intensément focalisé à courir en ligne droite, il me resserre plus contre lui pour ne pas me laisser s'échapper ou de peur que je puisse tomber entre-temps. Je ne le comprendrai jamais.

— Bon sang ! Me tiens pas comme ça ! Pousse-toi un peu et laisse-moi t'aider !

Je prends appui sur ses épaules et me relève pour avoir un meilleur champ de vision sur nos poursuivants. Ils sont armés et courent groupés. Aucun d'entre d'eux ne tente une attaque solitaire. Ils sont bien équipés et portent une tenue professionnelle, on n'a pas affaire à un petit gang local.

Je balance plusieurs toiles pour neutraliser quelques-uns. Un finit en cocon, un autre ne peut plus bouger ses pieds collés au sol et un autre, la main attachée à un poteau. Je tente de cacher la vue d'un homme, mais il réussit à éviter mes pièges. Le reste continue à avancer tels des robots.

— Spidey ! À gauche ou à droite ?

— Me demande pas ! J'en sais rien !

Deadpool choisit de continuer sur un couloir à gauche qui nous emmène sur une passerelle. Grosse erreur, car la porte suivante ne s'ouvre que par empreinte digitale. Pendant ce temps, je me retourne, mais il est trop tard pour faire marche arrière. Ils nous bloquent déjà le seul accès et la seule solution qui nous reste c'est de sauter de la passerelle. Avant qu'ils ne tirent, je tire plusieurs toiles pour former une grosse corde. J'espère que c'est suffisant pour retomber sur nos deux jambes quelques mètres plus bas.

J'indique à Deadpool de sauter immédiatement et il s'exécute sans perdre un instant. Les deux hommes restants prévoient notre coup et l'un d'entre eux n'hésite pas déchirer ma toile à coup de feu tandis que l'autre, se met à lancer deux couteaux de sa ceinture. J'ai le temps de remarquer son manège mais Deadpool ne m'entend pas à temps.

Avant que la corde ne se coupe, je réussis à éviter la chute en attrapant une barre métallique de la passerelle mais ma main manque de justesse d'attraper celle de Wade. Je le vois, impuissant, tomber dans le vide, le couteau se plantant dans son épaule. Je bloque la trajectoire du premier couteau jeté en l'attrapant à la volée et j'utilise sa propre force pour le renvoyer à son lanceur. Heureusement ce coup le pousse à se renverser dans une benne de carton. Mon cœur se soulage, il a évité le drame.

Prêt à en découdre, je tire une toile sur le plafond et me remets sur mes deux pieds. Je donne un coup de pied renversé et l'homme relâche dans le vide son arme à feu. D'un tour de passe-passe, je l'attrape et l'éjecte par-dessus la rampe. J'aurais pu le laisser s'écraser, mais je l'attache à l'une de mes toiles. Il va s'amuser un peu à balancer dans le vide la tête vers le bas ça lui fera du bien.

L'autre homme m'attrape par-derrière, son bras tentant de m'étrangler. Au même moment, je sens un objet pointu me traverser le bas du dos. Quel fumier. J'étouffe un juron et le renverse à l'avant en m'abaissant. Je retire le poignard d'un coup sec, fermant les yeux tandis que je sens la lame faire le chemin averse et le sang affluer sur son passage. D'après mon diagnostic rapide de mauvais docteur, le fémur n'a pas été touché, et je n'aurais sûrement pas dû l'enlever vu la quantité de sang qui pisse. Merci quand même à ma bonne étoile.

À terre, il s'essuie du revers de la main le sang qui a coulé au coin de sa bouche. Étrangement, il a un rictus et semble apprécié le moment pour quelqu'un qui est en mauvaise position. Je m'avance vers lui pour enlever cet air, et à cet instant, en posant mon pied je vois la porte s'ouvrir automatiquement. Une ligne d'hommes arrive et se regroupe vers lui. Oh, je comprends mieux sale vicieux.

— Si vous voulez bien m'excuser…

Instinctivement je sauve ma peau et grimpe sur la rampe de la passerelle. Avant que les tirs ne m'atteignent, je saute dans le vide. En prenant appui sur mes jambes, je saute assez haut pour attraper la chaîne pendue au plafond. Je gémis de douleur en maintenant mes bras en l'air tandis que je me balance pour arriver jusqu'à la berne. Le vent fuse dans mes oreilles tandis que j'atteins la position de Deadpool qui n'a pas essayé de se dégager de l'endroit où il est actuellement.

Je sens mon ventre se compresser à cause de la douleur qui m'élance près des côtes, ce mal de chien est infernal. Cependant sans le vouloir, je relâche ma prise trop tôt et ma cheville se tord au passage tandis que je m'étale auprès de Wade. Pas facile la vie de super-héros surtout quand je peux bêtement me blesser. Je souffle en silence, mordant ma lèvre inférieure pour faire passer la douleur ailleurs. Je vais me laisser quelques minutes avant de recommencer, le temps de reprendre des forces en quelque sorte. Il leur faudra bien quelques minutes avant de nous rejoindre.

Je suis sortie de mes pensées diverses par une tape dans l'épaule. C'est Deadpool qui tente de se relever, il est à mi-chemin d'être debout sur ses deux pieds. Je ne comprends pas pourquoi il s'entête à se faire du mal comme cela surtout avec ses couteaux dans le dos.

— Reste ici, je reviens mais d'abord tu peux m'enlever le dernier couteau dans mon dos.

Comme si je pouvais voir ailleurs.

— Euh, ouais ?

Reprenant un peu de ma force en respirant calmement (car je ne pouvais rien faire d'autre), je tente l'extraction du couteau. J'empoigne le manche de ma main et tire aussi loin que je peux. Je vois Deadpool serrer un objet dans la main pour rendre la douleur plus acceptable. On apprend aux élèves de ne pas enlever un couteau de sa plaie, car le sang jaillit davantage avec une plaie ouverte. Cependant pour les gens comme nous, le mécanisme de guérison dans notre organisme ne pourra pas nous soigner complètement. Je vois la lame sortir de la chair, baignée par le sang. Dans ce genre de moment, je ne peux que sentir les larmes me monter aux yeux. Il doit souffrir le martyr, je dois faire vite. J'y suis presque, mais je sens mes forces s'évaporer et la pointe semble coincée dans le tissu. Plus je tire et plus le sang fuie jusqu'à noyer la plaie. Cependant, au moment où je me prépare à laisser tomber, une autre main vient m'aider et nous éjectons ensemble le couteau en dehors.

Je m'aplatis comme une crêpe au milieu de ses cartons, le couteau encore en main. Je sue pratiquement entre les déchets ménagers. Je n'aurais pas dû me lancer tête baissée à l'intérieur sans savoir ce qui se tramait exactement. C'est bien crevant parfois de simplement neutraliser les gens. Argh, mais qu'est-ce que je raconte moi ?! Je me mets à penser comme Deadpool.

En regardant à côté, je constate que Deadpool n'est plus là. Je ne sais pas ce qu'il a en tête, mais je lui serrai éternellement reconnaissant s'il réussit à nous sortir de là. En me relevant des deux mains, je vois Wade sortir ses deux katanas après qu'il est sorti de la berne faussement protectrice. Au loin, le battant des portes claque pour laisser entrer les hommes à notre recherche. Wade se met à courir en les voyant arriver.

Le combat se déroule sous mes yeux, Deadpool maîtrise la situation face à tous ses hommes présents. Wade semble tellement s'en sortir avec brio. Les lames résonnent entre elles en harmonie. Je me sens tâche de lui laisser faire tout le sale boulot, personne ne m'a remarqué. Je suis discret, un petit spectateur dans un coin de la pièce. Et en observant la grande pièce où nous avons atterri, je distingue la présence des autres personnes que j'ai aperçus précédemment à l'extérieur. Ils portent encore leurs tenues de cellules et étrangement, aucun d'eux ne semble réveillé. Ils sont attachés les uns aux autres avec des menottes électriques.

Je décide de me rapprocher détournant mon intérêt au combat. Maintenant à quelques pas d'eux et en les regardant de plus près, je constate que la moitié est pratiquement décédée ou proche de la mort. Les vivants ou encore présent dans ce monde sont tous assis sur une chaise, docile. Quant aux corps dépourvus de vie, ils sont affalés au sol. Certaines personnes ont la tête basculée lourdement à l'avant, d'autres sont inconscients, le regard vidé d'énergie. Hommes comme femmes, leurs yeux ne m'échappent pas. Je les regarde, tour à tour et remarque des caractéristiques communes : la mélanine de leurs yeux vire au blanc et des veines bleues ressortent sur leur peau. C'était pareil pour l'homme que Wade a kidnappé dans ma chambre, de même pour le dernier homme qui m'a attaqué sur le toit avant qu'il ne meure subitement. Ce ne sont pas des modifications corporelles ordinaires. Celui qui m'a pris dans un sale état, la chose qu'il a prise lui a procuré une force décuplée.

La chaîne qui les entrave est si épaisse qu'il m'est impossible de la casser à mains nues, il doit bien avoir un mécanisme quelque part pour désactiver cela. Malgré leur état, aucun ne rouspète ou ne souffre. Ils sont calmes et assis sur une chaise. Je me permets d'ouvrir la paupière chez une personne dans les vapes. Elle a la pupille dilatée, son front est chaud et elle transpire énormément comme tous les autres prisonniers. Ils ont dû ingurgiter une nouvelle drogue, je ne sais pas quoi je n'ai jamais vu ce genre d'effet. Le Clergé doit créer cette nouvelle drogue, et il utilise des prisonniers pour faire des expérimentations avant de les utiliser et les vendre sur le marché noir.

Parker.

Un vent froid me parcourt l'échine, je sens le sol se dérober sous mes pieds. Mon nom résonne comme un écho lointain dans mes oreilles, je ne pensais pas l'entendre un jour. Je reconnais cette voix, elle m'est familière.

Puis soudain, une chose se pose sur mon épaule. Je me retourne abruptement, attrapant la main et prêt à retourner la personne. Wade parvient à me contrer juste à temps. Son masque est ensanglanté, j'ai comme un frisson en observant tout ce sang sur lui. Je n'ai pas les mots, son état me laisse bouche bée. J'ai tourné la tête quelques secondes et je le retrouve dans cet état. Mon cerveau me crie de faire un pas en arrière, de m'en aller de ce foutoir, mais je reste planté sur place. Je n'arrive pas à bouger. Hypnotisé et fasciné à la fois.

— Tu… Qu'est-ce que tu as fait ?

— Tu es blessé.

— Parce que tu crois que c'est une raison pour…

Je retire ses mains de mes poignées et me détourne pour regarder derrière lui. Une vision cauchemardesque s'offre à moi et me coupe la parole. Ses katanas portent encore le sang frais de ses victimes. Parfois je me demande comment ces gens finissent à mettre leur vie en danger pour gagner un peu plus. Peut-être n'ont-ils pas choisi ce mode de vie, ils ne méritent pas d'être assassiné sans avoir eu le temps de s'expliquer sur les raisons seulement parce qu'ils étaient du mauvais côté.

— Ils le méritaient.

Un carnage, des corps morcelés dans un bain de sang.

— C'est ma signature.

Il parle sans aucun sentiment, il ne ressent rien pour ce qu'il vient de faire. Je ne sais pas si j'ai bien fait de le laisser venir avec moi. Devrais-je avoir peur du Wade sérieux et froid que j'ai à côté de moi ou plutôt du mercenaire sans foi ni loi.

— Retrouvons les têtes de cette organisation, et après je ne veux plus te voir de ma vie. C'est compris ?

— Oui.

Je ne m'attendais pas à ce genre de réponse, mais bon s'il comprend ça me va parfaitement.

— Bref passons, je suis pas d'humeur à faire la morale aujourd'hui. Fouillons les lieux, on trouvera sûrement des indices ou les auteurs.

Des bras musclés viennent me soulever du sol pour me porter sur un dos troué et sanguinolent. Je n'ajoute aucun commentaire sur son geste et le laisse me transporter même si je préfère largement marcher à ce stade.

— Qu'est-ce que tu faisais à parler aux chimichangas oranges ?

Il doit parler des prisonniers.

— Je les ai trouvés par hasard, je n'ai pas pu parler avec eux va savoir comment ils ont pu échapper à la prison, mais ils semblaient sous l'effet d'une drogue qui aurait la capacité de donner une puissance comme la nôtre. J'ai bien peur que le Clergé ait l'intention de le mettre sur le marché s'ils ne l'ont pas déjà fait. En parlant de ça, il faudrait les libérer. Il doit y avoir un mécanisme, un panneau de contrôle ou quoi. Par hasard tout à l'heure ?

Il agite la tête pour m'indiquer que non. Ça m'aurait étonné dans le cas contraire, et ce n'était pas sa voix. Cette voix forte et grave à la fois, il n'y a qu'une personne avec une telle voix.

Il ne nous faut pas beaucoup de temps avant de visiter entièrement cette pièce. Entre les bernes pour recycler cartons et autres détritus, nous trouvons des longues tables blanches mais aussi des tabourets autour. Les lumières sont descendues au plus près des tables pour donner une meilleure visibilité sur les instruments présents. Le kit matériel du parfait petit chimiste en herbe, ils produisent et testent leurs drogues ici. Il n'y a aucun employé, cela me laisse présumer que les prisonniers sont les scientifiques et les rats de laboratoire. Hum, c'est un investissement qui a le mérite d'être efficace.

Étrangement, personne n'est venu à notre rencontre depuis. Quelque chose se mijote, j'espère ne pas rester ici plus longtemps.

Tandis que je suis bercé par une douleur sourde, j'entends Wilson marmonner une mélodie à peine audible. En captant le rythme de la mélodie, je pose ma main au niveau de sa bouche pour qu'il ne puisse rien dire de plus. En rechantant l'air dans ma tête, je confirme mes soupçons en y mettant les paroles par-dessus. Il n'est pas gêné par ma main et continue à marcher tranquillement.

— À Droite. Ne me refais plus jamais le coup du Am Stram Gram.

Il prend finalement la gauche, têtu comme il est, mais je le remets sur le droit chemin en lui tirant l'oreille. Nous trouvons une porte également à accès par empreinte digitale. Il faut croire que cet endroit cache plein de choses mais en nous rapprochant, la porte est légèrement entrouverte. Sans difficulté, j'ouvre la porte pour découvrir les images de caméra et une table de commandes. Aucun de doute, c'est la salle de contrôle. Rien ne laisse présager qu'on tomberait dans un milieu à la pointe de la technologie et rempli de bons hommes qui veulent vous tuer sur-le-champ.

Le poste semble abandonné à la va-vite, les deux sièges présents sont vides. En descendant du dos de Deadpool, je m'assois sur l'une d'elles et remarque le café fumant à côté. Je ne cherche pas à savoir où ils sont partis et je pose mes doigts sur le clavier. Ça ne devrait pas être si compliqué d'entrer dans leur système.

Après quelques minutes, j'arrive à prendre le contrôle des caméras du moins la plus grande zone. En zoomant sur la caméra filmant les prisonniers, on me propose un déverrouillage. Je tente le coup et réponds oui dans la fenêtre. Le mécanisme s'enclenche sous nos yeux, le cadenas change d'icône et les prisonniers sont libérés de leurs menottes électroniques. Au moins une chose de faite.

— Oh, mais je le connais celui-là ! Comment qui s'appelle déjà ?!

Wade sautillerait presque sur lui-même, il me pointe du doigt une image sur le grand écran.

— Impossible.

Nous descendons au plus vite, la salle de contrôle est loin derrière nous. J'en ai presque le souffle coupé en courant pour atteindre la pièce précédemment visionnée dans la caméra. Wade traîne des pieds derrière moi, mais son esprit ne s'est pas dispersé entre temps. Il semble autant intéressé que moi à trouver cette personne. Je n'arrive pas à croire mes yeux, comment peut-il être ici ? J'ai tant de choses à lui demander.

Nous retournons à l'endroit même où Deadpool a fait un carnage. En repassant devant les prisonniers, je remarque que deux membres manquent à l'appel, peut-être ont-ils repris connaissance entre temps mais ce n'est pas ça qui m'importe. Je reviens sur mes pas pour me retrouver face à un grand mur gris. Tout à l'heure, je suis passée devant sans prêter attention et Deadpool était positionné juste devant lorsque j'ai entendu une voix m'appeler.

Sans attendre davantage, je me mets à taper dans tous les coins du mur penchant l'oreille pour entendre un quelconque bruit creux. Non. Non. Non. Là.

Ma main lisse pratiquement la paroi grumeleuse. Mes doigts découvrent de minuscules traits que je n'ai pas fait attention à l'œil nu. Elles se suivent pour dessiner une sorte de double porte dans ce mur. En trouvant la porte, je longe maintenant à l'extérieur de celle-ci et mon index tombe aussitôt sur une touche carrée enfoncé dans le mur. J'appuie pour actionner le mécanisme et ouvre une porte dérobée. La pièce secrète se dévoile lentement dans un bruit mécanique. Le mur en béton se sépare en deux et la porte glisse dans les recoins pour disparaître sur les côtés. Je ne vois rien à l'intérieur, la pièce est sombre et semble contenir des piles de cartons. Un bruit de bip sonore refroidit encore plus atmosphère froide et lugubre.

Je n'ai pas le temps de me préparer que Wade me pousse pour à pénétrer les lieux. Je m'emmêle bêtement les pieds dans des cartons sous ses ricanements mais décide de ne pas prêter attention et continue à avancer à l'aveugle. Wade ne m'accompagne pas et fait le guet en restant prés de la porte. J'espère trouver rapidement un interrupteur, on n'y voit absolument rien. En inspectant attentivement la pièce, je constate qu'on a affaire à un mini labo personnel. La présence sur ce qui ressemble à une cage d'après les ombres m'indique qu'on doit garder des animaux ou des personnes à l'intérieur. Je devrais vérifier s'il n'y a personne dedans.

— Wade, rends-toi utile tu peux trouver l'interrupteur pour la lumière ?

J'avance pas à pas sans trop savoir sur quoi je vais tomber. Une odeur chaude et humide s'amplifie dans mes narines. En marchant, je mets mes mains en avant au cas où je me prendrais un objet de grande envergure. Et c'est bien le cas, mes mains rentrent en collision avec une sorte de grille métallique. En touchant à plusieurs endroits, je suis bien formel : une grille assez petite pour n'y glisser que mes doigts.

Brusquement une chose maintient mes doigts à l'intérieur, je sursaute sur le geste mais arrive à m'en détacher avant. Au même moment, la lumière s'allume et me laisse voir un spectacle d'horreur.
Une jeune femme se recroqueville automatiquement à la lueur lumineuse. Ses yeux me dévisagent sous cette lumière jaune, elle tremble de tous ses membres. On dirait qu'attraper mes doigts était un effort surhumain, la taille de sa cage ne lui permet pas de se lever. Elle porte une simple tunique légère grise, ses cheveux emmêlés cachent son visage apeuré. Elle est presque au bord des larmes en me voyant.

— Derrière vous.

Je tends l'oreille tandis qu'elle me répète ses mots une deuxième fois avec la voix vacillante.
Je me retourne et aperçois une table d'opération transformée pour maintenir un homme dessus. J'en crois pas mes yeux, c'est bien lui.

— Dr. Connors !

Deadpool vient aussitôt en m'entendant crier. Alors, ils sont intelligents et organisés. Je ne suis pas sûr que ce soit encore un trafic de cocaïne lambda par un petit gang de quartier en voyant tout ce qui se trouve ici.

— Dead'.

— Spidey. Je sais ce que tu vas me dire.

— Vraiment ?

— On est dans la merde.

— Non, c'est vrai ? dis-je ironiquement. Y a-t-il d'autres surprises dont je dois m'attendre ?

Avec Wade, je tente de desserrer les sangles autour de ses bras et ses jambes. Le pauvre homme a peut-être voulu transformer la population américaine en lézard géant, mais il reste un très bon professeur que je respecte malgré tout.

— Non, ça reste un mauvais garçon.

— Qu'est-ce que tu viens de dire ?

— Je lis tes pensées. Nouveau pouvoir.

Ignore-le.

— Connors, vous m'entendez ?

Le voir ainsi, il semble si faible sous cette combinaison orange. Son visage est terne, il est pâle à en faire peur un fantôme mais ce qui m'inquiète le plus sont et ses traces d'injections. J'en compte une dizaine sur chaque bras et les veines sont apparentes, virant au bleu électrique. Je connais ce signe.

— Peter, susurre l'homme dans un souffle.

— Oui, c'est moi ! Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

Sa tête se penche vers moi et il ouvre les yeux. Bleus clairs.

— Je crains ne pas savoir plus que vous… Qui est-ce ?

Connors lève légèrement le menton pour désigner Wade à mes côtés qui lui adresse un joli coucou en agitant la main.

— Une longue histoire.

Uun grésillement vient soudainement nous déranger et se propage un long moment dans la salle toute entière. Nous regardons partout pour trouver la source de ce nouveau bruit et finalement je le trouve en premier, montrant alors à Deadpool le haut-parleur mural. Et avec lui, une caméra qui doit sans doute nous enregistrer d'après la LED rouge qui clignote.

[Je le laisserai là où il est si j'étais vous. Il est déjà condamné.]

Je donne un coup de coude discret à Deadpool, celui-ci quitte des yeux le plafond pour me regarder à nouveau.

— On devrait appeler la police.

— Les poulets ?!

— Je m'attendais plus à m'occuper juste du grand loup mais pas à démanteler tout un réseau. Regarde-les, même si on les sort d'ici, on va y laisser notre peau dès l'instant où on franchira la sortie. La police sait faire son boulot et je l'ai appris à mes dépens.

Wade évalue mes propos et finit par hocher de la tête pour montrer qu'il est d'accord avec moi.

[Vous voulez déjà partir sans tester l'armurerie lourde ?]

— L'armurerie

Je ne finis pas ma phrase que j'entends une rafale de balles arriver vers nous. Deadpool réagit en premier et me pousse de la trajectoire. Les balles s'enfoncent dans sa chair en un claquement violent et le propulsent plus loin créant une nouvelle ouverture dans le mur.

Je sors immédiatement du laboratoire secret pour venir au chevet de Wade gravement blessé laissant le docteur ainsi que la jeune femme dans sa cache. À nouveau, je viens de le perdre. Aucune réaction tandis que je lui touche le bras pour tenter de le réveiller.

Je tente un autre moyen et prends ses épaules pour le secouer et provoquer, un choc ou quelque chose d'assez fort pour qu'il revienne à la vie. Les munitions sont encore plus grosses et épaisses que des balles de pistolets.

— Deadpool ! DEADPOOL ! WADE, réponds bon sang !

La machine monstrueuse a lâché tout son chargeur et continue à grincer dans le vide. Prés de la porte où nous sommes rentrés, quelqu'un se met à claquer des mains. Je repose le corps de Deadpool au sol ne sachant pas quoi faire autre avec. Il ne répond pas et ne bouge plus. Je décide de le mettre derrière un abri sûr le temps qu'il régénère.

Me voilà seul à présent. Je me retourne d'un éclair. Je suis stupéfait de sentir son aura beaucoup plus tard. Comment a-t-il fait pour se déplacer si silencieusement sans que je ne remarque sa présence ? Encore cette satanée drogue c'est ça ? Il est même passé à travers mon sens d'araignée.

L'homme fait un signe de la main à un de ces gars pour arrêter la mitraillette lourde installée plus loin près de la porte principale.

— Et je ne fais que m'échauffer, dit l'homme, le sourire aux lèvres.

Sous mes yeux, il injecte une dose bleue dans le bras du docteur Connors. Je me maudis de ne pas avoir réussi à le détacher à temps de cette table. Ses hurlements envahissent la salle et m'hérissent les poils. Sa douleur vient frapper mon cœur qui se déchire en l'entendant supplier pour que tout cela s'arrête mais le liquide est déjà dans son organisme au travers de son sang. Je me fige sur place, me rappelant un mauvais souvenir enfermé à double tour dans un coin de ma mémoire. C'est bien une peau verte de lézard qui vient apparaître sur le revers de sa main.

Merde, merde. Je suis dans la merde, c'est peut-être un piège après tout.


01/06/2020 : Correction du chapitre ;)