Me revoilà ! Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien en tout cas, moi je me porte bien (cool.) et donc voici la suite de l'histoire :D Bonne lecture !
Merci pour vos reviews si chaleureuses -^^- et bienvenues à RoronoaAgathou, Khalice, Tenshihouou et A2Slol qui viennent d'arriver !


CHAPITRE 8 : Bus trip


Mes sens m'alertent de tous les côtés, ma tête tambourine à cause de la force de l'explosion je n'entends rien si ce n'est qu'un long son aigu dans mes deux oreilles. Des voix s'énumèrent chacune leur tour autour de moi. Et le son environnement revient, comme si je venais de remonter ma tête à la surface de l'eau. J'entends dans un bruit de fond étouffé des appels incessants, je ne sais pas s'ils me sont adressés mais il m'est impossible de réagir. J'ai encore l'esprit qui vacille à tel point que je n'arrive plus à articuler des mots, ma voix est comme étouffé dans ma gorge.

On me bouscule au passage, mon épaule frappe une personne je rate son visage de peu. Je bouge la tête dans tous un sens, mais le bouton désactivé ne semble pas fonctionner. Mes pouvoirs d'homme araignée deviennent ma faiblesse, je n'arrive pas à me concentrer sur un point fixe sans avoir à regarder dans tous les sens pour esquiver un quelconque danger qui ne vient pas. Mes oreilles sifflent en continu, je ne capte aucun son cohérent dans mon environnement. Malgré ma perte auditive, je tente de me relever sur mes deux jambes frêles mais la catastrophe arrive aussitôt. J'évite tout juste de tomber en me rattrapant sur quelque chose de métallique sans savoir exactement de quoi il s'agit.

Lentement mais sûrement, je reviens à cette réalité encore inaudible tandis qu'à travers mon champ de vision je visualise ce qui semble être un nuage créé par de la poussière en l'air. La supérette m'est inconnaissable avec les grava et débris qui jonchent le sol, mais également les fractures que cette explosion ait causée juste après. Je dissipe ce nuage de poussières battant mes mains dans l'air. La supérette semble être loin derrière moi, je ne reconnais pas ce lieu qui m'entoure. Un peu étourdi, je tente de reprendre en massant mon front pour dissiper ce mal de crâne. Si je ne peux pas savoir où je suis, il faut au moins que je sois conscient et avec toutes mes capacités.

Deux présences floues me font de l'ombre au-dessus de moi, je dois frotter et cligner mes yeux pour mieux voir et distinguer ces personnes qui font pratiquement la même taille et la même corpulence. Deux petits yeux me surveillent derrière leurs cheveux grisonnants et les rides qui parsèment leurs visages inquiets. Je vois leurs regards suivent mes mouvements. Je recule sans le vouloir pris par cette vitesse inoffensive autour de moi et pourtant, je perds mon équilibre. En élargissant mon champ de vision, j'aperçois le monde en perpétuel mouvement. Le paysage se met à bouger de l'autre sens à une allure prompte. Sous mes pieds, j'entends gronder comme un moteur en furie et je comprends enfin que je suis dans un véhicule en mouvement.

Les bâtiments filent les uns après les autres, je détourne le regard et remarque un autre visage, cette fois c'est celui du conducteur qui me dévisage à travers ce petit miroir qui ne doit être que le rétroviseur intérieur. À regarder autour, je fais enfin attention aux petits détails placardés comme de la décoration bas de gamme. Des affiches publicitaires inondent sur ce qui ressemble être un bus d'après son apparence jonchée d'innombrables fenêtres et de barres métallique à la verticale. Et enfin tout me revient, mes sens d'araignée s'éteignent pour me laisser me remémorer ses derniers moments avant que l'explosion ne survienne.

Mes pieds percutent quelque chose, je tourne la tête et aperçois le corps de Deadpool, allongé à plat ventre. Je me précipite sur lui pour m'assurer qu'il va bien, son pouls bat normalement ce qui doit être un bon signe. Je dis cela, car je remarque un autre problème, son dos fumant comme une sorte de brioche vapeur chinoise tout juste sortie du four. Cette petite fumée émane de son corps chaud, et je ne sais pas si c'est aussi un bon signe à vrai dire. La peau est fissurée sous son costume à présent déchiré et ensanglanté. Je suis dans un même état, mais grâce à lui je n'ai que des égratignures, mon costume n'est pas en lambeau, mais on frôle presque la révélation d'identité avec mon masque dans un piteux état. Je dois tirer dessus pour voir à travers de nouveaux trous, ma vision est obstruée par le bout de tissu qui s'est étiré entre-temps.

Voyant que mon état ne demande pas une analyse plus approfondie, je me consacre pleinement sur celui de mon partenaire. La fumée se dissipe, le volcan ne va pas se réveiller finalement.

Le véhicule roule calmement tandis que je remarque des morceaux de verre enfoncés dans sa peau, ouvrant un peu plus les cicatrices déjà saignantes. J'enlève les plus visibles à mains nues, me mordant la lèvre inférieure en voyant comment ces choses sont extrêmement bien enfoncées sous plusieurs couches en dessous de l'épiderme. Si l'afflux de sang me fait douter de l'utilité de mon geste, l'apparition d'une peau neuve rougie qui referment la plaie m'indique que je suis sur la bonne voie. Les nouvelles cicatrices se redessinent méchamment mais se referment en un clignement des yeux, aidant Deadpool à aller mieux je l'espère.

Après quelques minutes d'opération clandestine, Wade commence à se réveiller, ses doigts se mettent à bouger tout d'abord à mon soulagement puis il se met à grogner des insultes à tout bout de champ. Une fois complètement conscient, il pousse sur ses bras pour se mettre sur le dos et se lève à moitié, fixant un point derrière moi. Plusieurs personnes dont j'avais oublié l'existence viennent me chercher pour me remettre sur pied sans que je ne demande quoi que ce soit.

Trois vieilles dames viennent chaleureusement me tenir compagnie, se présentant comme les organisatrices du voyage pour les personnes du troisième âge. Elles me donnent l'air de vieilles meilleures amies en sortie d'après le pull rose qu'elles portent chacune et qui comporte un chaton trop mignon, les pattes emmêlées dans une pelote de laine.

— Bonjour, bel homme !

— Vous êtes déguisé en quel insecte ? Continue une autre femme. Est-ce un nouveau scarabée sur votre uniforme rouge ? C'était très minutieux votre travail, vous m'impressionnez !

— Regardez-moi ça, les filles ! Ajoute une autre. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi bien sculpté, ce n'est pas trop serré ?

En accompagnant ses paroles, la dame n'hésite pas à toucher mes abdos légèrement à découvert par-dessus le tissu. Je retire sa main avec la même attention que je donnerai à ma grand-mère, mais c'est au-dessus de mes forces quand une autre femme se jette complètement sur moi pour m'attraper les fesses et par la même occasion les tâter, non parce que c'était pas suffisant. J'ai l'impression d'avoir trouvé une version féminine et âgée de Deadpool. Si c'était lui, j'aurais hurlé depuis bien longtemps mais gare à celui qui veut brusquer une dame d'un certain âge.

Encore une fois, je l'écarte gentiment en remettant ses mains le long de son corps. Wade vient se joindre à nous, pointant un doigt menaçant à cette femme à la peau matte et dont la densité des cheveux est si imposante que je pourrais perdre un mon téléphone et mes clés dedans.

— Tu ressembles peut-être à ma copine Al l'aveugle mais t'as pas son charisme d'handicapé à vie. Alors du balai les mémés…

Wade s'approche de moi, me prenant par l'épaule et vient coller sa bouche au plus près de mon oreille. Il cache sa bouche pour me susurrer des mots dont moi seul peut entendre. Les trois femmes ne font plus attention à nous, les autres vieux du bus nous dévisagent, pourquoi ne suis-je pas étonné de leur jalousie ? Ou alors c'est leur regard habituel face à la nouvelle génération.

— Hé...t'imagines une sextape avec elles ? Murmure-t-il. M pire cauchemar. Tu crois que les vieux peuvent s'étrangler juste en mangeant un pop-corn ou avoir un AVC durant le show ? C'est que ça se brise vite.

Il réussit à me décrocher une grimace répugnée, mais rien d'autre puisque l'arrivée inattendue d'un nouvel individu dans le véhicule vient perturber notre conversation si bien commencée. Loin de moi l'envie de me battre et mettre en avant mes capacités, cependant après un réveil mouvementé, j'aurais préféré descendre de ce bus et partir quelque part où on m'oublierait jusqu'à ce que je décide de revenir, c'est-à-dire jamais.

Je soupire, cette idée est presque parfaite si l'ombre d'un nuage n'avait pas fait son apparition. Ce sera pour une prochaine fois, cet individu n'est pas venu pour prendre l'apéro avec nous je suppose. Ce poids lourd tombe du ciel comme par enchantement, la force de sa chute fait basculer le bus créant un tremblement sous nos pieds. Je me prends inévitablement l'affiche publicitaire qui veut m'apprendre à parler anglais tandis que les autres passagers tentent de se cramponner aux barres. L'onde est assez puissante pour nous faire vaciller voire chuter au sol pour les moins téméraires. Derrière l'inconnu, le chauffeur du bus perd sa trajectoire nous faisant valser vers la droite d'abord puis la gauche, c'est une chance qu'on ne percute pas d'autres véhicules dans la circulation.

Un peu chahuté, je reprends tout de même ma posture de défense m'assurant d'abord qu'il n'y ait pas de blessés. L'homme possède un corps très musclé et ce n'est pas qu'une simple impression. Il est bodybuildé à tel point que je remarque difficilement ses jambes sous son corps alors que ses bras sont pratiquement inexistants derrière cette masse musculaire. Même chose pour sa tête engloutie sous la tonne de muscles, est-ce que cet homme possède un cou ? Une chose de concrète, ce sont ses veines. Scintillantes d'un bleu noir sur sa peau telles des racines aigries cherchant à se développer sur toute zone encore inexploitée. Son petit débardeur noir s'efforce maladroitement de se comporter dignement comme un vêtement utile. Je remettrai presque en doute ma force physique face à ses muscles disproportionnés qui ne font que ridiculiser mes bras sortant tout juste d'une adolescence compliquée. Blague à part, je n'ai rien à cacher. Sérieusement c'était vraiment compliqué. S'il semble apprécier les regards sur son corps, je ne peux pas dire la même chose concernant son visage caché qu'il cache sous un masque opaque d'un blanc nacré. Une couleur sans aucune prétention et pourtant, j'ai le sentiment qu'il y a de la profondeur derrière qui cache une vraie signification. Seul une larme noire est dessinée sous la position de son œil gauche. Deux trous noirs sont présents au niveau de ses yeux pour lui donner la vue alors que la bouche est représentée par-delà un trait fin pour montrer la présence de la cavité. Si son masque blanc symbolise la pureté, l'état de son pantalon usé laisse à penser que ce drôle de personnage a une longue histoire à raconter. Pour ne pas trop me casser la tête, l'analyse la plus simple est de penser qu'il possède juste plusieurs masques en stock parce que développer l'image d'enfant avec un lourd passé derrière lui, ce n'est vraiment pas mon travail.

Les discussions se sont tues dès son arrivée, une tension impassible a dorénavant pris place. En levant les yeux au ciel, j'aperçois l'immense ouverture sur le toit du bus. Il est peut-être passé par là, mais il n'en est pas l'origine sinon j'aurais entendu le fracas avant qu'il ne saute dedans comme un enfant excité dans son bac à sable. Seule explication c'est que Wade et moi-même avons atterri de cette manière à cause de l'explosion et le chauffeur n'a pas jugé bon de s'arrêter. Est-ce qu'il est aussi vieux et sourd que ses voyageurs ?

Je reviens à ma situation quand j'entends son souffle devenir plus bruyant que la circulation plutôt chaotique à San Francisco. Autour de sa ceinture, je reconnais le même type de bombe qui a roulé prés de nous avant l'impact, il en possède d'autres prêtes à l'emploi et ce ne serait pas cool de sa part d'en dégoupiller une pour l'occasion.

Deadpool m'interpelle de mes pensées en me donnant un petit coup de coude discret. Avec prudence, je quitte l'homme pour m'intéresser à mon coéquipier masqué.

— Qu'est-ce qu'on fait ? Demande-t-il en étirant sa bouche dans une petite moue.

La seule chose sensée qui me vient à l'esprit.

— On fait sortir les gens de ce bus.

À cet instant, l'homme au masque sort trois petites fioles bleues que je reconnais comme étant cette satanée drogue et boit l'ensemble en un temps record sans broncher ni ciller une seule seconde. Je parle peut-être trop vite alors, car les effets viennent rapidement. Il se met à convulser violemment sous nos yeux mais aucun de nous ne bouge de sa position initiale L'homme pose soudain un genou au sol, résistant avec force pour ne pas sombrer dans l'overdose. La sensation se propage dans son sang, il se met à tambouriner ses pectoraux tel un animal prêt à faire ressurgir une rage si longtemps étouffée, faisant reculer le reste des occupants du bus vers notre position. Je suis surpris de voir les retraités aussi calmes que nous alors qu'un monstre prend vie à chaque seconde qui passe. Avec ses injections, ses muscles prennent de la consistance, ils grossissent à vue d'œil et je me demande encore ce qui retient de grossir et exploser. C'est incroyable mais terrifiant à regarder, son souffle ressemble à celui-ci d'un taureau prêt à nous empaler pour sentir notre sang chaud glisser sur ses cornes, et ici, il se contentera avec merveille de son masque.

— Et nous avec, ce serait pas mal.

À peine ai-je fini ma phrase que Masque Blanc lance le coup de départ. Il prend une arme rangée derrière son dos, évidemment qu'il est occupé jusqu'aux dents, et lance l'objet tranchant vers notre direction. La dague fuse dans l'air, mais grâce à mes sens revenus j'ai le temps d'agir en cambrant le dos pour tomber sur mes genoux et pour passer juste en dessous avant de me faire empaler méchamment. Je n'exagère même pas mes mots, avec une telle force et une telle vitesse, je suis certain d'arriver au même résultat sanglant avec un couteau à beurre.

Genoux au sol, j'aperçois dans un temps ralenti l'arme blanche scier l'air en deux. Je lève le bras dans ce quart de seconde et réussis à saisir l'objet, la main tremblante et en un mouvement acrobatique, je renvoie l'arme à son lanceur me prenant sans le voir un autre couteau dans la jambe. Ouch, celui-là était pas mal.

Malgré ma cadence rythmée et rapide, il évite de se faire transpercer par sa propre arme juste en tournant nonchalamment sa tête d'un côté. Son arme termine sa course dans le pare-brise, craquant celui-ci, et prenant par surprise le chauffeur qui freine sans le vouloir. Nous bloquons la foule avant qu'elle ne chute à l'avant tandis que les cris font enfin leur apparition en même temps que la peur habituelle dans ce genre de situation. Musclé et rapide en plus ? La poisse.

Je ne m'avoue pas encore vaincu, arrachant le couteau de ma jambe et me tâte à la tâche de faire diversion en lui envoyant en pleine figure une boule de toiles que je viens de terminer dans ma main.

— Ce jeune homme est épatant ! S'élève une voix.

— Et vous n'avez encore rien vu ! Ajoute Deadpool.

Je construis une cloison protectrice avec plusieurs lancées de toiles, en un rien de temps la barricade se forme. Je prends Deadpool à part dès le travail terminé. Je le secoue aussi fort que mes forces le veulent bien pour le scander de se bouger avant qu'on y laisse notre peau pour de bon. Emi a fait appel pour régler notre compte définitivement, il faut qu'on se maille tous les deux pour réussir, ce gars est balèze.

— J'étais en train de dire à ses dames qu'un immigré aurait apprécié ton mur.

— Je m'en fiche Deadpool, bouge ton cul !

— Oui, chef !

J'oublie de lui dire d'arrêter de faire des manières alors qu'il se met au garde-à-vous en voyant les ondes de choc se propager par-delà mes toiles qui tremblent sous l'effet de l'impact de ses poings. Les premières toiles s'effritent pour fondre sur le sol, nous voilà de nouveau dans une course contre la montre.

— Priorité numéro 1 : sortir les gens de ce bus.

— Euh OK, mais comment ? Demande-t-il en abaissant la main.

— Je fais diversion et pendant que tu les fais descendre par la fenêtre arrière.

— Et pourquoi pas par la porte comme tout le monde ? Ou même à l'avant ?

— Idiot ! Peut-être parce qu'il y a quelqu'un qui nous bloque le chemin ? Et ce quelqu'un est un fou furieux peut-être hein ?! je dis bien peut-être.

— Ah oui, comprit-il en hochant la tête. C'est des choses qu'on oublie souvent.

Un cri à l'unisson met fin à notre conversation, qui est suivi d'un boum m'obligeant à pressant Wade à suivre le plan. Les marteaux pour briser les vitres se situent à l'avant du bus, pas moyen de tirer d'ici pour les récupérer il va falloir casser les vitres à mains nues.

Ce petit souci entraîne un léger contre-temps à mon plan basique. Wade cherche à ouvrir les portes à deux, après plusieurs échecs et des doigts douloureux, il se jette sur la fenêtre, comme prévu initialement n'est-ce pas, pour donner un gros coup de pied en plein milieu pour essayer de l'ouvrir par la force. Pendant ce temps, je rajoute une nouvelle couche de toiles pour fortifier cette barricade de fortune déjà au bord de l'effondrement, c'est comme mettre un pansement à une fissure. Au troisième coup, la fenêtre se craquelle, encore et encore jusqu'à se détacher en premier et s'éjecter à la volée sur la chaussée. Une voiture nous suivant derrière s'écarte de justesse en klaxonnant. Je lève la main en signe d'excuse mais le chauffeur énervé est déjà parti en trombe, nous dépassant sur la voie de gauche sans voir la gravité de notre situation. Il aura nos vies sur la conscience celui-là.

— OK, reprend Deadpool en claquant des mains. Femmes et enfants d'abord. Pas d'enfants, alors on va dire les mamies débordantes de féminités. Allez les filles, on se bouge le popotin !

En file indienne, les passagers descendent sous des cris apeurés. Dans un signe relevant pratiquement du bon Dieu, le bus trouve un endroit loin de la circulation pour s'arrêter il ne faudrait pas oublier le chauffeur dans les gens à sauver aussi. Deadpool fait la courte échelle pour les aider à monter la fenêtre avant de descendre. Allez, on se dépêche. Je brusque le pas aux passagers en venant l'aider, car il est évident qu'on n'assiste pas à un simple spectacle pour amuser la galerie et à ce rythme, nous ne pourrons pas sauver tout le monde.

Je crée un petit coussin de toiles pour ralentir leur chute puis une fois qu'ils sont tous descendus je tisse des lianes, une catapulte et j'arrache des bancs de sièges pour m'en servir comme projectiles. Je finis d'installer les objets sur les fils que ma dernière toile lâche prise à ce moment. Je catapulte un banc pour le retenir ou au moins le ralentir, mais il défonce le banc en bois, fendant le banc en deux. Pas le temps de me dégager qu'il fonce sur moi et me plaque au sol.

Je fais signe à Wade de ne pas s'occuper de moi et de récupérer le dernier passager à faire sortir : le chauffeur sourd à l'avant.

— Passez une agréable journée, merci d'avoir choisi la compagnie Dead-spider, ou Spipool-man ? Spidey-pool !

Je tire une toile et attrape un autre banc pour lui lancer en pleine tête, il lâche prise et j'en profite pour m'extirper.

— Et d'appeler la police.

L'homme réussit à m'attraper par la cheville remuant son poing à l'endroit où son couteau s'était enfoncé. Je serre les dents sentant la douleur me remonter la jambe, il me faut une force immense pour ne pas crier.

— Et appelez la police ! Répète-t-il de but en blanc en sortant du bus. La suite du plan, chef ?

Deadpool est renversé d'un revers de la main, il percute les vitres avant de tomber le corps inerte au sol. L'homme m'attrape par le coup me faisant sortir du bus avec lui. De nouveau, il me plaque au sol, serrant ma gorge de ses deux grandes mains à tel point que ma voix devient un ramassé de geignements incohérents.

L'envie d'être Tarzan sauvant Jane est trop tentante pour Wade qui se relève sur ses deux bras. Il se remet debout comme si son corps n'a pas été malmené comme une feuille de papier juste avant. Son regard capte une liane accrochée à une porte, mais je n'ai pas le temps de voir la suite que mes yeux se révulsent par le manque d'air. Je suffoque, mon corps est soulevé par des spasmes. Je n'arrive pas à fuir, j'en suis incapable et condamné à subir jusqu'à ma mort. Je me sens sombrer dans l'inconnu, mais l'oxygène revient d'un seul coup et l'emprise autour de mon cou s'éloigne. J'aspire une grosse bouffée d'air en toussant le tout par la suite. Je remarque vaguement une boule rouge certainement Wade qui a sauté sur lui pour l'étrangler avec ma toile. Pendant qu'il est occupé, je rampe pour m'éloigner du colosse traînant mon corps sur le sol. Masque Blanc n'arrive pas enlever Deadpool accroché sur son dos alors, il tire d'un coup sec sur la liane pour se dégager de sa prise renversant celui-ci vers l'avant. Je ne vois pas la suite, la vision trop obstruée mais en écoutant les sons autour de moi, je comprends qu'il a sorti les lames de leurs fourreaux.

Wade court et fonce droit vers lui fendant à son tour l'air en deux. Dans son enchaînement, il prend appuie sur un de ses bras pour atteindre son dos et enfoncer son arme tranchante. D'une traite, la lame disparaît dans la peau faisant couler du sang au passage. Le colosse ne réagit pas, même pas un haussement de sourcil. Ce gars doit vraiment posséder un mental d'acier. Ce n'est qu'en répétant son geste, en plantant son deuxième katana que l'homme finit par lâcher un grognement bestial réveillant une frustration plutôt qu'une réelle douleur. De ses bras musclés, il cherche à atteindre son dos pour se libérer des katanas.

Je profite de la situation, venant porter secours à Deadpool. Lorsque celui-ci tourne son dos vers moi, j'agrippe vigoureusement les deux katanas pour les abaisser. En prenant appuie sur son dos, j'ai beau tirer vers le bas mais les katanas restent coincés, j'aurais dû réfléchir à deux fois mieux avant de partir dessus. L'homme au masque me secoue dans tous les sens, mais je suis têtu pour ne pas encore lâché prise. Cette situation me donne l'impression que je chevauche un taureau mécanique.

— Deadpool ?!

Je suis balancée dans tous les sens mais tiens bon, les mains serrées. Au loin, j'entends une sonnerie mélodieuse, je cherche du regard sa localisation et remarque Deadpool sur le siège du conducteur. L'air de la mélodie m'est familier, mais je suis trop agité que je n'arrive pas à me concentrer dessus, quoique ce ne soit pas vraiment le moment après tout. Mais puisque ça ne l'est pas, quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il sort son téléphone portable et allume le moteur du bus ?!

If you wanna be my lover,

L'homme finit par attraper le bout de mon costume et me jette à l'avant du bus. Je fonce sur Deadpool à une allure folle, entendant la chanson de cette foutue sonnerie près de mes oreilles maintenant avant que le pare-brise se fissure sous mon poids.

you gotta get with my friends,

Je suis pratiquement éjecté du véhicule, mais une main me retient avant qu'on retrouve mon corps sur la route. J'entends les pneus crisser à nouveau sur le bitume. Quelqu'un me rattrape et me tire pour me faire rentrer dans l'habitacle. Je me retrouve en deux, trois mouvements sur les jambes de Wade. Je jongle maladroitement sur mes deux mains pour rattraper le téléphone qui me tombe dessus.

Make it last forever friendship never ends,

Je lui envoie un regard abruti. Est-ce que c'est ce que je crois ?

— Vraiment, les Spice Girls ?

Sur l'écran, le surnom de « ma sucrette en sucre » apparaît au milieu. Je ne ferais pas de commentaire à ce sujet. Je cherche à refuser l'appel, prêt à poser mon doigt quand Deadpool me dépasse et accepte l'appel.

— On a pas le temps pour ça !

— Je n'ai pas le temps. Mais tu as le temps. Dis bonjour à ma fille adorée ! Elle s'appelle Ellie, c'est ta plus grande fan de tout l'univers entier.

Ahuri, ma bouche pourrait presque tomber à ce moment précis. À vrai dire, je ne compte plus les fans qui se disent être mon fan number one mais ce n'est pas ça qui me surprend le plus.

— Attends, tu as une fille ?!

Il file laissant ma question en suspens, il aurait pu faire l'effort de m'écouter jusqu'à la fin. À présent qu'il n'est plus à mes côtés, je prends le volant entre les deux mains avant qu'on ne vire sur le côté de la route. Pendant qu'il s'occupe du gros tas de muscles, j'apprends à conduire. Je reste sur ma faim, perplexe et rempli de questions à lui poser dans ma tête. Sans trop de difficultés, je prends contrôle du volant légèrement difficile à manier, mais on s'y fait rapidement quant aux pédales, pas de surprise. Je ne connais rien au Code de la route, je n'ai pas de permis et encore moins pris le volant. Ceci est ma première fois et pour finir, j'ai un téléphone à la main. Bon, ne dramatisons pas, la route est stable j'ai une boîte automatique et deux pétales : accélérer et freiner.

[Allo ? Deadpool ?]

Raté. C'est le chahut derrière moi, j'entends des lames se hurter entre les bousculades et autres mouvements ramenant le désordre. J'en déduis qu'il ne pourra pas prendre l'appel pour l'instant.

— Il est un peu occupé, mais il te passe le bonjour.

[Qui est à l'appareil ?]

Le feu tricolore se met au rouge, arrêtant les voitures devant moi. Je ne sais toujours pas pourquoi je prends son appel et pourquoi je continue à conduire ce bus. Je tourne pour prendre la voie opposée afin de continuer ma route. J'entends les autres conducteurs me klaxonner, suivi bientôt de la police qui vient nous voir filer sous leur vigilance. Leur gyrophare s'enclenche automatiquement rajoutant une mélodie à cette cacophonie. Un simple coup d'œil dans les rétroviseurs pour voir d'autres véhicules de police arriver à vive allure pour nous suivre derrières quelques voitures.

— Ton ami l'araignée : Spider-man.

[Tonton Spider-man ! C'est bien toi ?!]

Tonton. On apprend toujours de nouvelles choses sur soi.

— En chair et en os, enfin...tu vois ce que je veux dire.

Juste à cet instant, je remarque qu'une barrière de police est installée pas moins d'un kilomètre de là. La route est à sens unique et les rues trop étroites sur le côté pour changer de direction.

— Mon petit doigt me dit que tu t'appelles Ellie. Ravie de t'avoir au bout du fil.

[Oui, je suis ta plus grande fan ! Deadpool ne fait que de me parler de toi !]

— J'espère qu'il n'a dit que du bien de moi.

Son katana perce la vitre avant du bus, me faisant manquer le début de son long récit. Je le vois ramper avec mal vers ma direction.

— Manqué ! Lui crie-t-il au nez.

À deux mains, il arrive à se relever non sans ronchonner. Un pied sur la vitre brisée, il tente de retirer son katana.

Il perd sa deuxième arme en ripostant à un coup qui le mit à genoux. Wade a juste le temps d'écarter les jambes pour éviter de se faire couper et moi, d'éviter des travaux sur la chaussée en ne regardant plus la route pour voir ce qui se passe derrière mon siège.

— Encore manqué ! Et pour ta proposition : non je ne fais pas dans le masochisme.

[...ensuite t'as envoyé en l'air le Rhino ! C'était spectaculaire ! Deadpool m'a dit qu'il veut être comme toi ! Il t'a dit que la semaine dernière je suis arrivée première en natation ? ]

J'ai l'habitude d'entendre les gens dirent qu'ils veulent me tuer. Mais là, c'est différent et d'une certaine manière ça fait du bien de l'entendre.

— Ton papa doit être fier de toi. J'aurais aimé discuter plus longtemps, mais on est un peu occupé en ce moment. Le téléphone au volant c'est pas très héroïque aussi. On te rappelle plus tard, c'est promis !

Je raccroche et dépose le téléphone sur un siège. Le colosse tire Wade par les pieds, mais celui-ci tient bon pour ne pas se faire emporter à l'arrière. J'attends que l'homme arrive à ma hauteur pour lui envoyer un coup bien à en débattre. Il recule d'un pas lâchant Deadpool, je lui assène une droite dans la mâchoire qui ne fait que le rendre plus énervé délaissant le volant dans d'autres mains.

Nous échangeons de place, je continue à le frapper, mais je suis vite à court d'énergie en voyant que cela ne fait que l'embêter. Il est beaucoup plus fort que nous. Je tire mes toiles sur ses pieds pour le scotcher sur place, le temps de revenir vers mon coéquipier avec une idée en tête.

— Plan B.

Deadpool qui vient de reprendre la place du conducteur me dévisage. En effet, on n'a jamais eu de plan B.

— Freine aussi fort que tu peux, et attache ta ceinture.

— Je suis pas un bébé.

— Fais-moi confiance !

À proximité du barrage délimité par les policiers, leur chef des équipes nous demande de nous arrêter à travers leur haut-parleur. Deadpool leur offre un doigt d'honneur sans motif exact et enfonce son pied sur la pédale de frein. Le freinage est brusque, je m'abaisse à temps pour ne pas me prendre la brute au passage et goupille les grenades à sa ceinture. J'attrape ensuite Deadpool bien calé contre son siège grâce à sa ceinture qu'il enlève dès qu'il me voit l'envelopper d'un bras pour l'emmener avec moi. L'arrêt brusque plonge la tête de la voiture vers l'avant tandis que l'arrière se relève. Le carrosse est retourné, faisant un tonneau sur quelques mètres.

Nous échappons à l'accident. Alors que le bus se met à glisser à l'envers sur la chaussée, j'esquisse une toile au moment propice à travers la fenêtre pour nous faire sortir de là. La voiture finit sa course après plusieurs tonneaux écrasant les voitures de police utilisées aussi comme barricade. Les policiers ont le réflexe de s'écarter.

Je sors illico avec Deadpool à mes côtés et roulons ensemble avant de terminer notre course sur la porte d'une voiture. Celle d'un flic évidemment, c'est toujours comme ça que je termine ma course quand je ne regarde pas où je tire mes toiles.

Au même moment, le bus se met à exploser derrière nous lâchant un énorme souffle chaud sur nos visages et ceux des policiers aux alentours. Je pose mon bras à mon visage pour me protéger. Une autre explosion survient ne laissant que des débris du bus.

Un drone arrive sur les lieux en sortant d'un toit d'un immeuble, je lui lance mes toiles pour l'empêcher de me prendre en photo à travers son objectif mais le drone évite avec une agilité insupportable. Je cherche à cacher mon visage derrière mes bras et à cet instant précis, je comprends que mon masque ne protège plus rien à part ma bouche. Tout est en lambeau, rien n'est récupérable. Je le jette au sol.

Deadpool se relève pour bloquer tous les angles où le drone pourrait me filmer mais celui-ci nous laisse enfin tranquilles pour filmer l'état du bus et des policiers. Je lis à la va-vite le nom de Stark sur l'objet télécommandé. Alors, ce n'est pas la propriété d'un média ? Le drone repart aussitôt en ayant pris tout ce qu'il voulait. Bon, j'ai un problème plus important à gérer qu'une image volée.

— Deadpool.

— Oui, mon cœur ?

— Merci...je pense que c'est bon maintenant. J'ai...un souci avec la vue que tu m'offres.

— Quelle vue ?

En suivant mon regard, il comprend enfin qu'en étant assis et lui debout, j'avais une vue imprenable malheureusement sur son engin. Il s'écarte désolé par la situation, mais on sait tous les deux qu'il ne l'est pas du tout. Il se rassoit à nouveau à mes côtés, respirant de fatigue autant que moi. Mes jambes sont lourdes et c'est un miracle que je sois encore conscient avec une jambe handicapante et qui pisse un peu le sang. Finalement, je me sers de mon masque ou ce qu'il reste pour faire un garrot provisoire. La situation où on est me revient en tête quand j'entends les armes se charger. Les policiers nous encerclent, leurs pistolets pointés sur nous. On lève nos mains en l'air mais, je crois qu'au moindre mouvement ils tireront. Des hommes nous plaquent au sol, maintenant nos têtes contre le bitume et en ramenant nos mains derrière le dos. Je me laisse faire, je mérite bien une petite pause tandis qu'ils me mettent les menottes.

— Au moins on est en vie.

— Ouais, répond Wade pas vraiment convaincu.

Je vois une ombre sortir du bus, et disparaître dans une allée sans que personne ne la remarque. Wade a beau crier pour leur dire que le fautif dans cette histoire vient de partir sous leurs yeux, mais je ne suis pas le seul à le croire. Impossible qu'il soit envie, il ne reste plus rien dans le bus comment aurait-il pu survivre à l'explosion ?

Deadpool se rebelle face à leur acte poussant les policiers à agir plus fermement à son égard. Il se prend alors un coup de taser puis d'autres suivent avant qu'il ne tombe raide contre le sol.


Corrigé le 25/09/20