2.

– Harry! Est-ce que tu m'écoutes? s'inquiéta Hermione en le dévisageant. Tu as l'air bizarre.

– Laisse-le tranquille, Hermione, grogna Ron en croquant dans la dernière chocogrenouille qui lui restait. Tu serais heureuse toi à l'idée de passer l'été avec les Dursley? Il n'a aucune envie de quitter Poudlard, c'est normal.

Et plus encore que les années précédentes, alors que l'espace d'un instant, il avait eu la joie et l'espoir de pouvoir habiter avec son parrain.

– Et? Je n'ai pas le droit de m'inquiéter?

– Si, tu le peux, mais la peine de t'étonner parce que son air est bizarre!

Harry ferma les yeux, ignorant cette nouvelle dispute.

Le Poudlard express ralentissait à mesure qu'il approchait de la gare. Le front appuyé contre la vitre froide, Harry soupira lourdement. En réalité, il ne pensait presque pas aux Dursley. Bien sûr, il n'était pas enchanté à l'idée de les retrouver. Loin de là. Seulement, son esprit n'était préoccupé que par Sirius. Il ne pensait qu'à lui. Il se demandait où il allait pouvoir se réfugier et ce qu'il allait faire de ses journées.

Combien de temps allait-il pouvoir tenir, seul en pleine nature, avec le ministère et les détraqueurs à sa poursuite? Il ne pourrait jamais souffler. Il avait survécu une année, il survivrait peut-être une année de plus encore, ou dix. Mais un jour, il allait forcément faire un pas de travers. Un jour, il se ferait attraper. Il ne méritait pas tout ça. Il devait être innocenté. La vérité devait impérativement être dévoilée au grand jour.

Tout était si injuste. Heureusement pour lui, son animagus n'était pas recensé dans les registres officiels. Et il pouvait toujours compter sur Buck. Cette pensée réconfortait un peu Harry. L'hippogriffe allait le protéger et être un ami précieux pour son parrain.

Il tourna le visage vers ses meilleurs amis qui, aussi remontés que des manticores, fixaient chacun une partie différente du compartiment. Au moins, ils ne se disputaient plus. Harry soupira, attirant l'attention sur lui.

– Je suis désolé, Hermione. Je suis un peu ailleurs. Je pense à Sirius.

– Je suis sûre que tout ira bien pour lui. Il est fort et c'est un puissant sorcier. Il va s'en sortir et va trouver le moyen de surmonter tout ça. Et puis, un jour où l'autre, la vérité finira par éclater.

– Il vaut mieux qu'elle éclate rapidement la vérité, grommela Ron, la bouche pleine de chocolat. Ça fait déjà presque treize ans qu'il attend.

Hermione donna un coup de coude à Ron. Alors qu'il allait protester contre ce geste, le visage fermé de son meilleur ami l'en avisa. Il se renfrogna dans son siège et se mordit la lèvre, attristé de ne pas savoir comment lui remonter le moral.

– Qu'est-ce que tu me disais, Hermione? demanda doucement Harry.

– Je te demandais si tu avais réfléchis pour cet été. Pour la finale de la coupe du monde de quidditch.

– Ça me ferait énormément plaisir de pouvoir venir avec vous! sourit le survivant, avec une lueur d'excitation non mesurée dans le regard.

– Ce n'est pas encore sûr, se désola Ron, d'après la dernière lettre que mon père m'a envoyé, il est encore en train de négocier à son travail, pour nous obtenir des places. Je t'enverrai un hibou pour te prévenir dans les semaines à venir.

– Si tu as les places, j'espère que mon oncle et ma tante me laisseront vous rejoindre. Je suis sûr qu'ils seront extrêmement heureux de me voir partir plus tôt, mais ils seraient capables de vouloir me garder, simplement parce que le match est important pour moi. Ils n'ont aucune envie de me voir m'amuser.

– Match ou pas match, tu peux venir au Terrier quand tu le souhaites.

Harry eut un sourire reconnaissant envers son meilleur ami et hocha la tête.

Le train s'immobilisa. Les trois amis se levèrent instantanément. Ron ouvrit brièvement sa valise et y fourra ses papiers de bonbons et son jeu d'échec version sorcier. Les élèves de Poudlard étaient pressés de retrouver leur famille. Tout le monde s'agitait et se poussait dans les wagons.

A travers la vitre, alors qu'ils piétinaient pour sortir, Harry vit les jumeaux Weasley qui descendaient les marches du train pour arriver sur le quai. Fred tirait deux valises derrière-lui. Sans doute celle de Ginny. En effet, la jeune fille apparut quelques secondes plus tard, sans valise à la main.

L'instant d'après, plusieurs têtes rousses fondirent sur les trois jeunes gens. Harry put reconnaître immédiatement Arthur et Molly Weasley. Mais il y avait également deux personnes qu'Harry n'avait encore jamais rencontré.

– Ron! s'exclama-t-il en maltraitant son épaule.

Ron suivit le regard de son meilleur ami et son visage s'éclaira. Il murmura les prénoms «Charlie» et «Bill», et se redressa sur la pointe des pieds, dans l'espoir de trouver Percy dans le train, pour lui annoncer la présence de ses frères.

– Tu vois Percy? demanda-t-il.

– Il doit être avec l'autre Préfet-en-Chef, suggéra Hermione. Ce sont tes aînés, n'est-ce pas?

Ron acquiesça d'un geste de la tête, tout en jouant des coudes pour sortir du train le plus rapidement possible. Ses frères allaient sûrement passer l'été au Terrier. Cela faisait si longtemps que sa famille n'avait pas été au complet dans leur maison. Il avait l'impression de revenir des années en arrière.

Finalement, après quelques minutes, ils furent tous dehors. Harry vit Malefoy, au loin, qui rejoignait son père. Lucius poussa un elfe de maison avec son pied, et la petite créature s'empressa de prendre la valise de Drago, avant de se volatiliser avec.

– Harry, mon chéri! s'exclama Mrs Weasley en serrant Harry contre elle, le faisant légèrement sursauter.

Ron se massait les côtes, après l'attaque de sa mère et se dirigeait à présent vers son père et ses frères aînés pour les saluer. Molly se sépara de Harry et l'entraîna à sa suite vers le reste de sa famille.

– Voici donc le fameux Harry Potter. Je suis Charlie.

– Et moi c'est Bill, ajouta l'aîné des Weasley, en lui serrant la main.

– Enchanté, sourit à son tour Harry, à l'encontre des deux frères de Ron.

Harry se sépara à contre cœur de la famille Weasley et d'Hermione, en se promettant mutuellement de s'écrire au moins une fois par semaine. Il chercha ensuite son oncle du regard. D'habitude, Vernon était toujours présent avant même l'arrivée du train. Ils partaient ainsi immédiatement. Mais cette fois-ci, il n'y avait aucune trace de lui. Loin de s'en soucier, Harry se laissa tomber sur un banc de la gare, posa la cage d'Hedwige à ses côtés et installa ses pieds sur sa valise.

Le temps s'éternisait lentement. Toujours aucun signe de son oncle. Peut-être avait-il oublié qu'Harry devait arriver aujourd'hui? Ça ne l'aurait pas étonné si cela avait été le cas. De toute façon, il devait se rendre à l'évidence : personne n'allait venir le chercher. Il n'avait aucun argent moldu et il n'y avait plus que des visages inconnus dans la gare.

Il se leva, cala la cage de sa chouette sur sa valise et la tira péniblement derrière-lui. Elle était encore plus lourde que lorsqu'il était parti. Si seulement il pouvait lancer un sort pour la rendre plus légère. Hedwige qui s'était endormie, émit des cris sourds pour protester contre l'inclinaison désagréable de sa cage.

– Désolé, ma belle, soupira Harry. Je te laisse sortir de ta cage dès qu'on sort de la gare.

Comment allait-il pouvoir rentrer chez les Dursley? Ils avaient sûrement un repas important ou un foutu concours de pelouse. Il allait prendre le métro et frauder, ce n'était pas la première fois et ce ne serait pas la dernière fois qu'il le ferait.

Alors qu'il s'apprêtait à franchir les portes de la gare, il aperçut Dudley, accompagné de deux policiers moldus. Harry leva des sourcils surpris, se demandant ce que Dudley avait bien pu faire. Oh, en réalité, il avait bien sa petite idée. Il avait dû maltraiter quelques enfants. Mais, il était rare qu'il se fasse prendre sur le fait. Un enfant avait-il enfin eu le courage de le dénoncer?

La curiosité remplaça la surprise, en voyant que l'un des agents serrait tendrement l'épaule de son cousin, comme s'il voulait le réconforter. S'il avait fait une bêtise, il n'aurait pas le droit à ce genre de traitement. Harry se déplaça vers eux d'une manière hésitante et s'arrêta devant son cousin, qu'il interrogea du regard. Dudley avait le visage plus pâle encore que lorsque Hagrid avait fait apparaître une queue de cochon sur ses fesses.

Voyant que le jeune Dursley gardait le silence, l'agent prit lui-même la parole.

– Monsieur Harry Potter? demanda-t-il d'une voix douce, non sans adresser un regard perplexe vers la cage d'Hedwige.

– Oui, répondit-il en fronçant les sourcils. Il y a un problème?

– Veuillez nous suivre, mon garçon. Mon collègue et moi, vous expliquerons tout dans un endroit un peu plus calme.

Harry ne posa pas davantage de questions et suivit Dudley et les policiers qui sortaient de la gare, pour rejoindre une voiture de fonction. Ils invitèrent Harry à s'asseoir à l'intérieur, alors que Dudley s'était déjà machinalement installé sur le siège arrière. Il s'empressa de suivre son cousin et de mettre sa ceinture.

En arrivant au poste, les policiers les installèrent dans une petite salle chaleureuse, avant de les laisser seuls. Harry souhaitait profiter de ce moment de tranquillité, pour interroger son cousin, mais ce dernier gardait le silence. Il semblait en état de choc. Il ouvrait et refermait immédiatement la bouche, comme si les paroles qu'il voulait prononcer étaient trop douloureuses pour être dîtes à haute voix.

Harry n'eut pas le loisir d'insister davantage, puisque le policier, qui essayait de réconforter Dudley un peu plus tôt, entra dans la pièce les bras chargés de friandises, de gâteaux en tout genre et de biscuits secs. L'autre policier le suivait de près, un plateau remplit de tasses dans les mains.

– Chocolat? Café? Thé? souffla-t-il gentiment en posant le tout devant les deux adolescents.

Dudley ne répondit rien, mais Harry accepta l'offre avec reconnaissance. Il mordit avec gourmandise dans une part de brownie au chocolat. Du coin de l'œil, il observait le visage déconfit de son cousin et en ressentait presque de la peine pour lui. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais cela devait être grave pour que Dudley refuse catégoriquement de s'empiffrer.

– Voilà, mon garçon, soupira tristement le vieux policier sans lâcher le regard de Harry. Votre oncle et votre tante ont été enlevé à leur domicile, il y a quelques heures. Votre cousin a trouvé la maison vide et saccagée. La porte a été défoncée. Je suis sincèrement désolé. Je sais que vous êtes orphelins et qu'ils sont les seuls parents qu'il vous reste.

Les yeux de Harry s'écarquillèrent de stupeur. Son oncle et sa tante faisaient tout pour se fondre dans la masse. Il n'y avait rien d'extravagant en eux et ils passaient le plus clair de leur temps à être dans la banalité la plus plate. Ils avaient un peu d'argent, mais toutefois rien de bien extraordinaire. Qu'est-ce qui pourraient motiver quelqu'un à les enlever? «C'est totalement stupide.», pensa Harry qui n'y comprenait rien.

A moins que.. Ce devait être un sorcier. Sûrement des partisans de Voldemort, qui voulaient se venger une fois de plus. Il devait en rester en liberté. Des gens comme Lucius Malefoy, par exemple. Toutefois, s'attaquer aux Dursley, n'était pas forcément la meilleure technique pour l'atteindre. Ce n'était pas les personnes qu'il estimait le plus. Harry se força de prendre un air attristé.

– Vous avez des pistes, demanda-t-il timidement. Un suspect? Des indices?

– Malheureusement non, rien du tout. Mais ne vous laissez pas abattre mon garçon, nous finirons bien par les retrouver. Demain, la maison sera passée au peigne fin.

Mais dans quel état seront-ils retrouvés? Connaissant les partisans de Voldemort et leur haine pour les moldus, cela ne serait sans doute pas très beau à voir.

Harry ne put réprimer une grimace. Ils ne souhaitaient pas leur mort, mais il était totalement indifférent de leur sort. Peut-être qu'après-tout, c'était simplement un règlement de compte entre voisins.

S'ils pouvaient revenir en aillant oublier son existence, pour qu'il puisse se volatiliser tranquillement dans la nature, cela l'arrangerait. Il se retourna vers Dudley, qui le visage dans ses bras, était secoué par un sanglot muet. Harry ne l'avait jamais vu pleurer avant. Il l'avait déjà vu faire des caprices, mais jamais il n'avait pleurer de la sorte.

– Qu'est-ce... qu'est-ce que vous allez faire de nous? Nous allons être placés dans une famille d'accueil? hoqueta Dudley, sans lever les yeux vers les agents.

C'était la première fois qu'il prenait la parole. Les policiers l'avaient sans doute longuement interrogé, avant de venir le chercher à la gare. Mais Harry ne l'avait pas entendu dire un seul mot en sa présence.

– Non, bien sûr que non. Votre tante Marge, qui est bouleversé par la disparition de son frère et de sa belle-sœur, a gentiment accepté de vous héberger chez elle, jusqu'à ce qu'on les retrouve. Elle ne peut pas venir avant mardi. Ce qui veut dire que vous allez passer le week-end et la journée du lundi dans une maison d'enfants. Vous n'allez pas être séparés, mes garçons, ne vous inquiétez pas.

Il ne manquait plus que ça. La tante Marge. C'était pire encore que les Dursley.

– Oh, souffla Harry, légèrement sonné, en se laissant tomber contre le dossier de son fauteuil.

Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire à Merlin, pour que celui-ci s'acharne ainsi sur sa personne? Dudley aussi tressaillit à cette nouvelle. Il savait que la tante Marge l'adorait, il n'aurait aucun problème à vivre sous son toit. Seulement, sa tante n'était agréable à vivre pour personne. Même pour Dudley qui était incontestablement le fils parfait à ses yeux.

Le téléphone sonna, faisant sursauter Dudley qui s'arrêta immédiatement de pleurer et se redressa en s'essuyant les yeux. Il jeta un regard haineux à Harry, lui déconseillant de faire un quelconque commentaire sur son état et replongea dans un état comateux, tout en fixant les biscuits avec un air de dégoût.

Harry leva un sourcil. Son cousin n'avait pas à être sur la défensive. Il n'avait jamais eu l'intention de se moquer de lui. Au contraire, pour la première fois de sa vie, il avait l'impression d'être en présence d'une personne normale et pas d'une brute épaisse et sans cervelle.

– Le premier ministre en personne! Vraiment? s'exclama le policier, faisant sortir Harry de ses pensées. Mais qui sont ces mômes exactement? Bon, très bien, je m'occupe de ce qui me regarde, mon lieutenant. Il est déjà ici? D'accord, je vais le faire entrer.

Il raccrocha.

– Vous avez de la visite, murmura le policier en dévisageant les deux cousins.

Harry aussi était surpris. Le premier ministre moldus se trouvait derrière cette porte et venait pour eux? A quoi cela rimait-il? Quelqu'un frappa à la porte, qui s'ouvrit sur un homme en costume et...

– Fudge... s'étonna Harry en se levant d'un bond, pour se ruer face à lui. Monsieur, mon oncle et ma tante...

– Je sais, je sais, le coupa le ministre de la magie. C'est une sale histoire. Veuillez me suivre, s'il-vous-plaît. Monsieur Dursley, vous aussi, suivez-moi.

Il se retourna vers le policier.

– Je vais m'occuper de ces enfants messieurs, vos supérieurs sont au courant. Et comme vous le voyez, le premier ministre également. Si ça ne vous dérange pas, la nuit va être longue pour ces deux jeunes gens. Nous allons y aller dès maintenant. Si vous avez des questions, le premier ministre sera heureux d'y répondre. Allons-y, ajouta-t-il à l'adresse des deux cousins.

Le policier semblait surpris du toupet qu'avait ce petit homme au regard impérieux, mais se contenta de hocher la tête. Il paraissait également impressionné d'être devant le premier ministre en personne. D'ailleurs, ce dernier avait un regard affolé, qui montrait clairement qu'il n'était pas à l'aise en la présence des sorciers.

– Nous ne pouvons pas utiliser la cheminée à cause de votre cousin, expliqua calmement Fudge, alors qu'ils sortaient du commissariat de police. Nous allons donc avoir recours au transplanage d'escorte.

Ils rejoignirent un Auror qui attendait patiemment au milieu du parking. Harry haussa un sourcil en voyant qu'ils n'étaient escortés que par un seul Auror, mais ne s'y intéressa pas vraiment.

– Harry, agrippez-vous fermement à mon bras.

L'Auror attrapa le poignet de Dudley. Ils transplanèrent jusqu'au ministère de la magie, devant la porte d'entrée. Pour Harry, ce n'avait pas été agréable, mais il savait à quoi s'attendre. Pour Dudley, son visage avait à présent une inquiétante couleur verdâtre. Il se retourna, s'accroupit légèrement et vomit sur le trottoir. Fudge sortit sa baguette et jeta un sort de nettoyage, avant de pousser la porte du ministère et de rentrer sans un regard en leur direction.

Ils pénétrèrent dans le bureau du ministre, qui d'un coup de baguette, referma la porte derrière eux. Dudley semblait à présent terrorisé. Lui, à qui on avait appris à craindre et à haïr la magie, se retrouvait en plein cœur de celle-ci. Il ne savait pas quelle attitude adopter et ses épaules se voûtaient un peu plus à chaque fois qu'un nouveau bruit se faisait entendre.

– ..Sirius Black est responsable de ces disparitions, susurra Fudge d'une voix mielleuse, fièrement convaincu de son raisonnement.

– Le meurtrier qui passait sans arrêt au journal télévisé? s'horrifia Dudley. Mais pourquoi? Quel est le rapport avec mes parents?

Fudge adressa un regard à Harry et remarqua à quel point le jeune homme le fixait avec haine.

– Ne vous inquiétez pas, s'étonna Fudge. Nous allons mettre la main sur lui et déjouer ses agissements. Tous les Aurors sont à sa recherche.

– Qu'est-ce qui vous fait penser que Sirius Black est derrière tout ça? s'emporta l'adolescent.

– Et bien.. ça me semble logique, il..

– Donc vous n'en savez rien, trancha-t-il. Ce ne sont que des suppositions grotesques et mensongères.

– Mais voyons, Harry... Sirius Black en a après vous. S'en prendre à votre oncle et à votre tante, est un moyen efficace pour continuer de vous appâter.

– Pendant que vous cherchez Sirius Black, ceux qui ont réellement enlevé mon oncle et ma tante sont dans la nature!

– De toute façon, le ministère continuera de rechercher Black, jusqu'à ce qu'on lui mette la main dessus! Et puis, c'est la seule piste que nous avons, pour le moment.

– Et bien vous feriez mieux d'en chercher une autre! s'agaça Harry, qui s'irritait facilement lorsqu'on insultait son parrain de la sorte.

Fudge mit la colère du garçon sur le dos de l'inquiétude et ordonna aux deux adolescents de s'asseoir. Se souvenant de la conversation qu'il avait eu avec le policier, Harry reprit la parole.

– Je ne veux pas habiter avec ma tante Marge, siffla-t-il, d'un ton qui se voulait catégorique. Ne m'y forçait pas, je vous en supplie.

– Bien évidement. Ce serait bien trop dangereux de vous confier à une moldue avec Black dans la nature.

Les lèvres de Harry se plissèrent, mais il ne préféra pas relever la remarque.

– Et moi? demanda timidement Dudley.

– Oh, pour vous il n'y a aucun problème. Vous ne risquez rien.

Il hocha doucement la tête. Son visage reprenait peu à peu des couleurs, mais sa mâchoire tremblait par moment, comme s'il pouvait éclater en sanglot à n'importe quel moment.

– Mon ami Ron acceptera de m'accueillir chez lui, assura Harry avec un sourire plein de reconnaissance pour cette famille qui n'avait pas grand chose, mais qui pouvait offrir tout ce qu'elle possédait, pour arracher un sourire à quelqu'un.

Fudge tripota ses mains moites et adressa un sourire désolé au jeune garçon.

– Je n'en doute pas, je n'en doute pas, répéta-t-il avec nervosité. Cela a été ma première idée, en effet. Seulement, Dumbledore pense que ce n'est pas prudent et je dois reconnaître que je suis de son avis. C'est à cet endroit que tout le monde penserait vous trouver en premier. C'est justement pour cette raison, que ce n'est pas judicieux de vous envoyer là-bas.

– Alors...où est-ce que je vais aller?

– Et bien.. Nous en avons longuement discuté, vous savez, cela n'a pas été facile. Mais, votre professeur de potion a finalement accepté de vous héberger pendant les vacances d'été. Il sera votre tuteur, jusqu'à ce que vous puissiez retourner chez votre oncle et votre tante.

Le sol semblait s'ouvrir sous les pieds d'Harry. Son cœur sombrait douloureusement dans sa poitrine, tandis que les paroles que Fudge venait de prononcer, tourbillonnaient en boucle dans sa tête.

– Le.. professeur Rogue.. répéta-t-il avec ahurissement. Il a accepté de me prendre?

– Oh.. soupira Fudge. Non.. enfin, si. Mais la question n'est pas là. Il n'a pas le choix. Votre sécurité est plus importante que vos petits différents.

– Petits.. Petits différents? bafouilla le jeune homme. Il me déteste. Il me hait sans aucune raison valable, depuis le premier instant où il a posé les yeux sur moi!

– On ne déteste pas quelqu'un sans raison. Et je suis persuadé que le professeur Rogue ne vous hait pas. Il n'est pas connu pour témoigner de l'affection. Je suis sûr que ce n'est pas spécialement contre vous et que vous interprétez mal.

Harry baissa le regard sur ses mains, pour essayer de calmer la colère qui l'envahissait à cet instant.

– Il me déteste parce que je ressemble à mon père, répliqua froidement le jeune homme.

– Et bien, ce sera peut-être l'occasion d'apprendre à vous connaître et de cesser votre petite guerre puérile et pleine de pré-jugés.

Il posa ses yeux sur Dudley, avant de reprendre la parole vers le Gryffondor.

– Votre tante Marge ne peut pas être à Londres avant trois jours. Ce qui fait qu'en attendant son arrivée, vous aurez votre cousin avec vous. Cela sera sans doute plus facile de vous familiariser avec la maison de votre professeur, en ayant la présence de votre cousin à vos côtés. Et je suis persuadé que le professeur Rogue acceptera qu'il vienne vous rendre visite chaque fois que vous en éprouverez le besoin.

Harry grimaça. Génial.


Bonjour à tous! Tout d'abord, je voulais sincèrement vous remercier pour vos reviews. Vous ne pouvez pas savoir à quel point elles m'ont fait plaisir. Je vous remercie vraiment, parce que ce sont vos messages qui encouragent les auteurs de fictions à publier et à écrire pour vous. Donc merci, merci infiniment.

Je suis impatiente d'écrire sur mes amours, Remus et Sirius, qui sont au centre de cette histoire. Cette histoire est pour eux. Parce que je ne veux qu'une seule chose, c'est les rendre heureux. Merci beaucoup de m'avoir lu et merci pour celles et/ou ceux qui laisseront une review, merci, merci.