C'était la première fois que Kurt avait reçu une lettre de Blaine sans vouloir répondre immédiatement. Il avait été blessé à la suggestion qu'il avait été inapproprié avec Adam ou trop proche, rien ne s'était passé et même si Adam voulait quelque chose de plus, Blaine avait besoin de faire absolument confiance à Kurt ou sinon leur relation longue distance ne marcherait jamais. Kurt s'était inquiété à la mention de Sebastian dans la lettre, ses tentatives d'éloigner Blaine, son mépris pour leur relation. Kurt savait qu'il avait besoin de faire savoir à Blaine qu'il était aimé et qu'il lui faisait complètement confiance mais tandis qu'il lisait encore la lettre, il savait aussi que Blaine devra prendre des décisions par lui-même, sans la présence constante de Kurt.

Ce fut en fait Cooper qui ramena les garçons ensemble mais pour des raisons complètement sans rapport avec leur récent problème. Blaine n'avait pas oublié sa mère, s'était souvent demandé où elle était mais était aussi très blessé qu'elle n'avait contacté personne de la famille ou prit soin de son fils. La relation de Blaine avec son père était toujours silencieuse et mal à l'aise, Blaine s'assurant qu'il cuisinait son propre diner et s'occupant de lui puisque Richard passait encore plus d'heures au bureau. Blaine regardait souvent le plafond de sa chambre en souhaitant qu'il ait eu tout ce temps quand Kurt était toujours à Lima.

Cooper téléphona le jour après l'escapade au bar gay avec Sebastian, pendant que Blaine espérait désespérément un appel ou quelque chose de Kurt. L'école avait été horrible puisqu'il envoyait des messages à Kurt sans recevoir de réponses et il s'assit en essayant de se distraire avec un film tout en regardant son portable. Dès que la sonnerie se fit entendre, la voix désespérée de Blaine rejoint l'oreille de Cooper.

« Blimey tu es impatient de m'entendre, » dit Cooper, semblant surpris.

« Oh, Cooper, » dit doucement Blaine.

« Content de t'entendre aussi minus, » dit Cooper.

« Désolé, j'espérais juste entendre Kurt. »

« Vous vous êtes disputés? »

Blaine se mit à expliquer à Cooper ce qu'il s'était passé, utilisant la version éditée.

« Bon ne t'inquiète pas de ça pour le moment. J'ai trouvé maman. »

Il y eut un battement de silence jusqu'à ce que Blaine réalise ce qu'il avait dit.

« Ouais elle n'était vraiment pas dur à trouver, » continua Cooper. « Elle a presque rendu ça trop facile, donc peut-être qu'elle voulait être trouvé. Il semble qu'elle vit avec un homme appelé Mike qu'elle voit depuis quelques mois. J'ai une adresse. »

Et juste comme ça, Blaine et Cooper prévoyaient comment ils l'approcheraient, décidant de ne pas le mentionner à leur père. Ils firent des plans pour après les cours le lendemain et Blaine resta à regarer son plafond tandis que le monde allait dormir autour de lui, se demandant ce qu'il dirait à sa mère et comment il pouvait possiblement se réconcilier avec Kurt.

Cher Blaine,

Je suis plutôt sûr que ce sera la lettre la plus dure que je devrais jamais t'écrire et je pense que c'est pourquoi j'ai hésité pendant si longtemps. J'aurai dû répondre hier mais j'étais toujours blessé je suppose et j'avais besoin de réfléchir. Après que j'ai posté cette lettre, je vais répondre à ton message, donc pardonne-moi de t'avoir ignorer aujourd'hui.

Je suppose que j'ai besoin de savoir tout d'abord que je t'aime et seulement toi. Ces quelques derniers mois ont été une torture mais seulement parce que je ne pouvais pas te voir et te rassurer comment je le pouvais l'année dernière. Ma dernière année était parfaite parce que tu étais là et j'adorais venir à l'école pour te voir, pour chanter avec toi, pour avoir tous mes moments spéciaux avec toi.

Cette année a été plus dure. Essayer de la traverser tout seul est dur et je n'ai jamais réalisé combien j'étais fort avant que je ne parte. J'avais oublié que je me battais contre les brutes avant que tu ne viennes à McKinley, que je chantais des chansons écrites pour des filles et portais des tenues féroces, jamais effrayé d'être qui je suis. J'étais heureux de faire parti d'un couple, heureux d'être avec toi parce que tu me complètes Blaine. Si jamais je pensais que je manquais quelque chose, ce trou de la forme d'un Blaine dans mon cœur. Aussi guimauve que ça paraît tu es ma pièce manquante, Blaine. Je ne veux pas séparer les pièces.

Je sais que tu étais bourré quand tu as écrit cette lettre et j'espère que tu ne regrette rien que tu ais écrit cette nuit-là. Tu es le bon pour moi aussi Blaine, je n'ai jamais rien connu de plus sûr, mais je sais que les relations demandent du travail et notre plus gros test sera la distance que nous devons traverser pour nous voir.

Je sais que je peux vivre ici tout seul, je sais que je peux y arriver à New York parce que c'est mon rêve et je vais travailler vraiment dur pour l'accomplir. J'ai besoin de savoir que tu me soutiens avec mon rêve, j'ai besoin de savoir que tu me fais confiance pour rester ici et le réaliser.

Je veux que tu saches que même si je ne fais pas confiance à Sebastian, je te fais confiance. Je sais que tu ne me ferais jamais de mal mais j'ai peur des choses stupides que quelqu'un peut faire quand ils sont seuls ou effrayé. Je veux que tu ne te sentes jamais comme ça.

Sâche que tu es aimé et chéri. Sâche que je te fais confiance et que tu es admiré. Sâche que tu es parfaitement imparfait et je t'aime tellement.

N'oublie jamais,

Amour Kurt xx

Kurt téléphona à Blaine juste après avoir envoyé la lettre mais il sonna sans réponse. Soudain inquiet, il ne savait pas ce qu'il se passait en ce moment à Lima entre Cooper, Blaine et leur mère.


« Cooper... » dit-elle dès qu'elle ouvrit la porte, ses yeux écarquillés, sa bouche ouverte presque comiquement. Blaine fut dans son champ de vision et sa mère sembla enfin réagir, ouvrant la porte en grand, s'attendant complètement à ce qu'il la suive dans la maison.

C'était une maison magnifiquement décorée et elle ne fit pas semblant d'être la parfaite hôtesse ici.

« Qu'est-ce que tu fais ici maman ? » demanda Cooper une fois qu'ils furent assis.

« Je devais partir, » murmura-t-elle, évitant leurs regards intenses cherchant des réponses. « Mike me traite avec respect et je sais qu'il l'aime par ses actions. »

« Qui est Mike ? » siffla Cooper.

« Mon petit-ami, » dit sa mère, la tête baissée de honte.

« Wow, » dit Blaine et Cooper lui jeta un regard comme pour dire qu'il s'occupait de ça.

« Donc depuis combien de temps ça dure ? »

« Je n'ai jamais trompé votre père, » dit-elle, assez intransigeante sur le fait qu'elle disait seulement la vérité et voulait être totalement comprise. « J'ai rencontré Mike au marché et il était charmant, poli et il savait que j'étais marriée mais nous faisions des promenades, allions faire du shopping durant la journée, juste passions du temps ensemble. » Son visage reflétait soudain tous genres de lumière tandis qu'elle réalisait qu'elle avait toujours ce traitement et qu'il n'avait jamais faibli. « Nous nous voyons depuis presque trois mois maintenant mais je savais soudain que je voulais passer le reste de ma vie avec lui et que la vie que je vivais avec votre père n'était pas une vie du tout. Mike travaille dur mais il m'emmène faire des choses, nous avons tout le temps du monde l'un pour l'autre et il me rend heureux. S'il vous plait comprenez. »

« Je comprend maman, » dit gentiment Blaine, « Mais pourquoi est-ce que tu ne l'as dit à personne, pourquoi est-ce que je me sens comme le parent – être responsable, essayer de te trouver. Et pour papa ? Il mérite de connaître la vérité. »

« Je ne pourrais jamais lui dire Blaine, » dit-elle, « J'ai essayé tellement de fois d'améliorer les choses entre nous mais il n'a jamais été interessé. Pour lui, je serais toujours la femme qui cuisine et nettoie sa maison et s'occupe de ses fils. Bon j'ai espéré que je serai capable de revenir et faire ça mais j'avais peur qu'il serait en colère contre moi. Il ne voudra pas que qui que ce soit sâche que je l'ai quitté pour un autre homme, même si j'étais complètement fidèle pendant que nous étions ensemble. »

« Et pour nous ? Est-ce que tu n'allais jamais essayer entrer en contact avec nous ? » Blaine ne pût pas cacher la douleur qui s'étirait sur son visage et le visage de sa mère s'adoucit.

« Oh Blaine, je suis désolé, » dit-elle, des larmes dans ses yeux, « J'allais venir te trouver quand les choses se seraient calmé, peut-être essayer de vous contacter secrètement. Je ne sais pas. »

« Tu sais que nous devons le dire à papa, » dit Cooper, soudain la voix de la raison. Madeline sembla légèrement effrayée à cette pensée mais hocha la tête de compréhension.

Heureusement pour Blaine, Cooper expliqua tout et Richard sembla tout intégrer. Ses yeux bougèrent sur le côté comme s'il essayait de penser à quelque chose à faire, n'importe quoi pour la regagner. Cooper accepta de rester pour la nuir mais dit qu'il aurait besoin de partir pour New York tôt le lendemain matin tandis que Blaine allait au lycée. Blaine alluma son portable alors qu'il allait au lit seulement pour qu'il bipe incéssemment avec les appels manqués et les messages de Kurt, qu'il rappela immédiatement.

« Blaine ! » s'exclama Kurt en répondant, « Où est-ce que tu étais ? Si c'était ta façon de me montrer que tu étais énervé... »

« Non Kurt, j'ai trouvé ma mère, » interrompit Blaine et il commença la longue histoire d'où elle était maintenant et comment son père avait réagi.

« Oh mon dieu Blaine, je suis désolé. Qu'est-ce qu'il se passe maintenant ? »

« Je pense que nous resterons en contact mais je sais qu'elle ne veut pas voir mon père. Je ne sais pas vraiment comment il le prend. »

« Donne-lui du temps, ça doit faire un choc de savoir que sa femme l'a quitté. »

« Ouais, » murmura Blaine et puis il réalisa que c'était la première fois qu'il parlait à Kurt depuis son moment à New York. « Comment vas-tu ? » demanda-t-il timidement.

« Ça va merci, » dit Kurt, comprenant ce qu'il voulait vraiment dire. « J'ai eu ta lettre. »

« Oh mon dieu Kurt je suis tellement désolé, » commença-t-il à bafouiller, « Je veux dire, j'étais bourré, vraiment stupide mais je pensais tout ce que j'ai dit, je suis vraiment désolé j'ai été un vrai crétin. »

« Un crétin, hein ? » dit Kurt en riant, « Tu es peut-être un crétin, mais tu es mon crétin. »

La conversation continua pendant longtemps dans la nuit et tandis que Blaine s'endormait, il sût qu'ils iraient bien et que quelques mois était tout ce qu'ils avaient avant qu'ils ne puissent vivre ensemble. Ils pouvaient réussir, il savait qu'ils étaient fort ensemble et c'était juste une des épreuves. Blaine ne savait pas tandis qu'il s'endormait avec un sourire aux lèvres que Richard ne comprendrait jamais combien il aimait réellement Kurt parce qu'il ne savait pas lui-même comment aimer.

Cooper réveilla Blaine tôt le lendemain matin pour partir pour New York, demandant à Blaine de promettre de l'appeler ou le contacter s'il avait besoin de quoi que ce soit. Il savait déjà que Richard serait dur à supporter maintenant, encore plus parce qu'il serait tellement détaché de Blaine. Il semblait inquiet tandis qu'il faisait signe à Blaine depuis le cadre de la porte mais Blaine essaya de le rassurer avec un sourire confiant, ne rejoignant pas vraiment ses yeux.

L'école passa mais dès que Blaine rentra, il vérifia ses mails et remarqua la lettre de Kurt qu'il lut avidement dans le couloir, lâchant son sac à la porte. Il ne remarqua pas que son père était déjà rentré mais Richard était dans la cuisine, regardant son fils lire avidement.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda Richard.

« Mon dieu papa, tu m'as fait sursauter ! » s'exclama Blaine en serrant sa poitrine avec la lettre toujours dans sa main. « C'est une lettre de Kurt, » dit-il d'un air rayonnant, la lettre contenant tout ce qu'il espérait que Kurt lui écrive et plus. Quelque chose sembla passer sur le visage de Richard tandis qu'il regardait le visage de Blaine, son langage corporel étant celui d'un petit enfant excité à Disneyland. Richard ne pouvait pas comprendre comment quiconque pouvait ressentir ça pour un garçon, ou qui que ce soit d'ailleurs, tellement brûlé et blessé dans sa propre relation. Il parla d'un ton sec, se rapprochant de Blaine, qui recula de surprise au changement d'expression de son père.

« Qu'est-ce que tu fais ? » La voix de Blaine tremblait ce qui sembla encore plus énerver Richard.

« Donne-moi ça, » dit Richard en prenant la lettre des mains de Blaine. Complètement pris au dépourvu, Blaine ne réalisa pas ce qu'il allait faire avant que ce ne soit trop tard. Richard commença à déchirer la lettre en deux d'un air maniaque, puis encore et encore jusqu'à ce qu'elle soit juste des petits morceaux de papier sur le sol par terre.

Blaine regarda le papier jonchant le sol puis le visage de son père qui avait l'air de dire que ça n'avait pas été assez et Blaine eut soudain peur qu'il allait le frapper. Richard sembla trouver une idée et monta les escaliers deux à deux pour rejoindre la porte de la chambre de Blaine.

« Papa qu'est-ce que tu fais ? » cria Blaine et il le suivit, des larmes coulant le long de son visage à ce qui arrivait.

« Tu dois savoir Blaine que l'amour ne dure pas et ces lettres, » disait-il tandis qu'il allait dans la chambre de Blaine et voyait un tas de lettres sur sa commode, « Ces lettres sont une perte de temps. » Il les tint en l'air, menaçant et maniaque, ses yeux protubérant et de la sueur apparaissant sur ses temps. Il commença à déchirer une au-dessus jusqu'à ce que Blaine saisisse ses poignets avec désespération.

« S'il te plait papa, » supplia-t-il, « Ne fais pas ça, s'il te plait non... » Il sanglotait maintenant, désespéré d'arrêter ce que son père faisait. Tandis que Richard finissait de déchirer la lettre dans sa main, quelque chose fit un déclic derrière ses yeux et il vit le visage de Blaine. Il s'arrêta et semblant épuisé, il s'assit sur le lit de Blaine.

Blaine ne pouvait pas parler et regarder les bout de papier d'une de ses possessions les plus chéries tomber sur le sol, il craqua enfin et glissa sur le tapis, ramenant ses genoux à sa poitrine et sanglotant. Après un moment, Richard devint rouge de colère dissipée et de honte, quitta la chambre de Blaine sans un mot et ferma la porte derrière lui. Blaine regarda le papier entourant ses pieds et commença à les assembler et prenant son temps il les colla ensemble avec du scotch jusqu'à ce que ça ressemble légèrement à la lettre qu'il avait reçue de Kurt. Des larmes fraiches tombèrent tandis qu'il voyait la pitoyable lettre devant lui et il alla vers la porte pour prendre les bouts de papier là-bas. Il les trouva dans l'état où il les avait laissé et il les remit amoureusement ensemble dans sa chambre et appela Kurt.

« Blaine ? » dit Kurt quand il n'entendit aucun salut et soudain un nouveau sanglot quitta les lèvres de Blaine tandis qu'il essayait d'expliquer ce qu'il s'était passé.

« Tu dois appeler Cooper, » dit Kurt d'un ton urgent, « Viens à New York Blaine, tu n'es pas en sécurité ici, tu ne devrais pas devoir supporter ça. »

« Je ne sais pas Kurt, » dit Blaine doucement, pas sûr de ce qu'il voulait. Peut-être qu'il pouvait appeler sa mère ?

« Appelle Cooper, » dit encore fermement Kurt, « S'il te plait. »

Blaine accepta et dès que Cooper entendit ce qu'il s'était passé il acheta un billet d'avion à Blaine et lui demanda de préparer un sac.

« Tu restes avec moi minus, » dit Cooper, « Tu peux finir l'école ici je suis sûr et tu n'as plus que quelques examens finals maintenant de toute façon et tu seras prêt de Kurt. S'il te plait Blaine, écrit une lettre à papa si ça te fais te sentir mieux mais tu dois partir. »

Blaine accepta d'emballer ses affaires cette nuit-là et de prendre un vol tôt pour New York le lendemain matin. Il n'avait pas le temps d'expliquer aux gens au lycée mais il espérait qu'il les reverrait peut-être dans le futur. Il appela sa mère pour l'informer de sa décision et elle lui mit de l'argent sur son compte, demandant qu'il l'appelle quand il arriverait à New York. Sa décision prise, il semblait que tout semblait se mettre en place et se précipiter. Il eut à peine le temps de dormir et il écrivit une dernière lettre à son père, expliquant ce qu'il faisait. Réussisant à sortir sans faire de bruit de la maison après avoir laissé la lettre sur la table basse, il alla à l'aéroport, se sentant chanceux d'avoir de l'argent à lui de côté.

Le vol fut rude tandis qu'il se mordillait les lèvres, pensant à ce qu'il s'était passé et la décision qu'il avait dû faire. Il savait qu'il ne pouvait plus rester avec son père mais l'idée de le laisser seul, avec son évidente peine de cœur semblait aussi non naturel pour Blaine. Cooper et Kurt le retrouvèrent à l'aéroport, s'étant apparemment retrouvés avant et Blaine plongea dans les bras de Kurt, chaud et tellement réconfortant après une telle nuit. Il était enfin là et en sécurité, juste là où il appartenait.

A/N : Plus que l'épilogue ! Faites-moi savoir ce que vous pensez...