6.
– La maison doit être parfaite pour accueillir Harry! s'exclama Sirius en jetant un sort de rangement à la bibliothèque.
– Je sais Sirius, ça fait déjà dix fois que tu me le dis, sourit-il en sirotant la fin de sa tasse de café. Et ça fait aussi dix fois que tu changes l'ordre des livres. D'abord par couleur, puis par taille et maintenant par ordre alphabétique. Je crois que ce n'est pas le plus urgent, non?
– Ce qui ne fait que trois et pas dix, grogna Sirius. Je veux qu'il se sente chez lui.
– Ce sera le cas, soupira Remus en se levant pour mettre sa tasse dans l'évier. Et je ne pense pas qu'il ira vérifier le rangement de la bibliothèque. Et si on montait à l'étage pour lui préparer sa chambre? Je pensais lui mettre quelques livres justement, tu dois en avoir plusieurs sur le quidditch, non? Ça lui ferait plaisir.
Sirius lui offrit un sourire gêné.
– Et bien, je m'en suis déjà occupé hier.
– A quel moment? s'étonna Remus.
– Avant d'aller me coucher, lorsque tu étais en train de lire ton bouquin sur le canapé. Je n'ai pas résisté. J'ai également nettoyé deux fois toute la maison. Elle en avait bien besoin.
– Alors il n'y a rien à faire. Ne touche plus à rien, Sirius, c'est inutile et détend-toi un peu.
Comme s'il pouvait se détendre. Son filleul arrivait dans deux jours et Sirius ne savait pas du tout comment Harry allait réagir. S'il souhaitait voir ses amis, cela allait être impossible. Les sorties n'étaient pas vraiment permises, non plus. Il n'y avait absolument rien à faire dans cette maison. Il allait s'ennuyer. Et s'il ne voulait pas rester? Remus devinait sans doute la tournure que prenaient ses pensées, car un sourire moqueur se dessina sur son visage. Il éclata ensuite de rire et pressa une main rassurante sur l'épaule de Sirius, alors que celui-ci le foudroyait du regard.
– Bon, puisque je n'ai aucun soutiens de ta part, je monte voir Buck. Lui au moins ne se foutra pas de moi.
Le rire de Remus raisonna une seconde fois, mais Sirius était déjà en train de gravir les marches qui le menaient au grenier. Harry avait intérêt d'arriver très vite, s'il ne voulait pas avoir la mort de son parrain sur la conscience. De plus, le savoir aux mains de Rogue, ne le séduisait absolument pas.
Il poussa doucement la porte du grenier. Buck releva la tête vers lui, pour le dévisager tristement, alors que Sirius ouvrait les fenêtres pour faire entrer de l'air frais.
– Je suis désolé, mon grand. Je sais que comme moi, tu aimerais pouvoir sortir. C'est vraiment injuste.
Buck s'approcha de lui et frotta gentiment son bec contre son bras. L'animal était vraiment magnifique. Au départ, Sirius craignait de le voir s'agiter, s'énerver ou rechercher son indépendance, mais Buck avait immédiatement compris que Sirius voulait le protéger et que sa vie était en danger à l'extérieur. Il avait donc accepté son sort avec le plus de courage possible.
– Un jour on sera libre. Tous les deux. Tu verras. On fera ce qu'on veut. Tu sais, Harry va venir vivre ici le reste des vacances. Il viendra te voir. Et peut-être que certains soirs, on ira voler tous les deux. Qu'est-ce que tu en dis? Dans la nuit, on sera invisible.
L'hippogriffe semblait au comble du bonheur en entendant les paroles de Sirius. Il trépignait sur place en agitant ses ailes. Sirius se recula vivement, en riant, pour ne pas se prendre un coup.
Il pivota ensuite sur lui-même et son regard s'arrêta sur une vieille armoire, qui avait appartenu à Andromeda. Elle lui avait offert lorsqu'il avait emménagé ici. Il fronça les sourcils et tenta de l'ouvrir. Il ne se souvenait plus de ce qu'elle contenait. L'armoire était particulièrement difficile à ouvrir. La porte pouvait bien être coriace, rien ne venait à bout de sa baguette.
Mais une fois ouverte, Sirius poussa un soupir de déception, elle était vide. Il n'y avait rien à l'intérieur, mise à part... sa pensine. Il l'avait complètement oublié.
Ses oncles et ses tantes, l'avaient offert à Regulus et Sirius, lorsqu'ils étaient encore à Poudlard.
La pierre de la pensine était d'une jolie couleur crème. Ses doigts frôlèrent les runes et les symboles indéchiffrables, qui ornaient l'objet. Il adressa un coup d'œil vers Buck, puis vers la porte du grenier et haussa les épaules. Rien ne lui coûtait de se replonger un instant dans ses souvenirs.
Il observa un instant le liquide argenté qui brillait à la surface de la coupole et plongea son visage à l'intérieur.
Sirius fronça les sourcils. Il se trouvait dans le parc de Poudlard, seul. Quelque chose n'avait pas fonctionné comme il le fallait? Soudain, il se baissa. Deux balais venaient de passer, à pleine vitesse, au dessus de sa tête. Les éviter était absolument stupide, vu que Sirius n'était pas réellement présent, mais le réflexe était inconscient. Il releva les yeux. Sur le premier balais, Sirius pu reconnaître James, qui souriait éperdument, le corps pratiquement couché sur son manche. Et sur l'autre, et bien, c'était lui-même.
– Tout le monde sait que je suis plus rapide que toi, Black.
– Même pas dans tes rêves, Potter, répondit-il avec un large sourire.
Ils faisaient la course. Sirius se souvenait parfaitement de ce jour là. Aucun des deux n'avaient gagné, si ce n'est un bon paquet de retenues. Des bruits de pas précipités se firent entendre derrière lui. Remus et Peter arrivaient en courant, le rire au bord des lèvres.
– Ils ont l'air de bien s'amuser, soupira Peter en les observant avec envie.
– Ils s'amuseront beaucoup moins si McGonagall les fait descendre de leur balais en les tirant par les oreilles, se moqua Remus.
Peter allait répliquer quelque chose, lorsqu'un bruit sourd, semblable à une explosion, se fit entendre . Les deux jeunes gens sursautèrent et se précipitèrent vers leurs amis. Sirius avait lamentablement oublié cela. Les balais des deux amis s'étaient pris l'un dans l'autre, alors qu'ils voulaient se pousser et avaient terminé leur course dans un buisson.
– Patmol! Cornedrue! cria la voix essoufflée de Remus.
– Ça va, grogna James en se relevant péniblement. On est toujours vivant.
– Tu saignes, gémit Peter en se tenant la bouche comme si elle allait tomber.
– Ce n'est rien du tout, le rassura James en lui décoiffant les cheveux. Et toi Sirius? s'inquiéta-t-il en lui tendant une main amicale pour l'aider à se relever.
– Je crois que je me suis foulé la cheville, grimaça-t-il en acceptant la main qui s'offrait à lui. Qu'est-ce qui t'a pris de me foncer dessus comme ça? Tu ne sais donc pas voler droit?
James secoua la tête face à la mauvaise foi de son meilleur ami, mais son expression amusée s'évapora instantanément en se rendant compte qu'ils étaient observés. Les bras croisés sur sa poitrine, le professeur McGonagall les fixait avec colère.
– Monsieur Black, Monsieur Potter. Dans mon bureau. Immédiatement.
Tout se brouilla autour de Sirius.
Ses souvenirs avaient brutalement changé. Il était à présent devant le Poudlard Express. Il pivota brièvement pour regarder autour de lui, afin de suivre sa version plus jeune. Le Sirius du souvenir traînait déjà sa valise à bord du train. Il devait être en sixième année. L'excitation se lisait sur le visage des quatre amis.
James et Remus s'adressèrent un coup d'œil complice et s'en allèrent en courant. Le Sirius de sixième année arqua ses sourcils et tourna la tête vers Peter, qui semblait tout aussi perdu que lui. Finalement il haussa les épaules et entraîna Peter dans le couloir du wagon, jusqu'au compartiment où leurs amis étaient entrés.
Il tira la porte et secoua la tête en les voyant tous les deux allongés sur les sièges.
– Désolé, soupira James qui n'avait pas l'air désolé du tout, alors qu'il s'étalait de tout son long sur le siège de gauche. Il n'y a pas de place ici.
– Ici non plus, s'excusa Remus en une moue moqueuse.
– Il me semble qu'il y a de la place dans le compartiment de Servilus, ajouta James en se mordant la lèvre pour se retenir de rire.
Sirius poussa Peter avec son coude, en lui adressant un regard en coin qu'il comprit aussitôt. Tous les deux rentrèrent dans le compartiment en leur adressant un sourire cruel. Surtout Peter. Il s'élança vers James et se laissa lourdement tomber sur lui, en s'asseyant sur son ventre. James se retrouva, en deux secondes, démuni de tout l'air de ses poumons.
Sirius, lui, s'avança doucement vers Remus, tel un félin. Il se laissa glisser sur lui et s'allongea contre son corps, enfouissant son visage dans son cou, comme il aimait tant le faire. Remus serra ses bras autour de la taille de son ami et lui sourit démesurément.
– Tu m'as manqué Patmol, souffla Remus dans le creux de son oreille.
– Tu n'es pas marrant, Sirius, grogna Peter quasi en même temps, alors que James se décalait pour lui laisser de la place et poser ses pieds sur ses cuisses.
Sirius tourna le visage vers ses deux autres amis et leur offrit un sourire étincelant.
– Moi je suis plutôt rassuré de voir que tu n'as pas été un bourrin comme Peter, sourit Remus en passant ses doigts dans les cheveux de son ami. Je me suis blessé au ventre pendant l'été, tu m'aurais fait vraiment mal.
Sirius se redressa, passa ses jambes de chaque côté du corps de Remus et releva délicatement son t-shirt.
– Qu'est-ce que tu fais, s'étonna Remus en essayant de remettre ses vêtements convenablement.
– Touche pas, s'agaça-t-il en tapant ces mains qui l'empêchaient de faire ce qu'il voulait.
Il caressa un instant les nouvelles cicatrices qui parsemaient le ventre de son ami et soupira.
– Elles se sont infectées, non? On ira voir Mme Pomfresh immédiatement en arrivant. Il faut qu'elle examine ça. C'est vraiment moche, on dirait que ça va s'ouvrir de nouveau.
– Je sais, grogna Remus en poussant son ami pour s'asseoir correctement. Mes parents font ce qu'ils peuvent, mais cette magie les dépasse. Elle est différente de la magie des sorciers ou des simples blessures naturelles. Enfin, bref. Je vous laisse, je dois me rendre à l'avant du train, avec les autres préfets.
Le décor se brouilla une nouvelle fois et Sirius atterrit dans la cabane hurlante. Mme Pomfresh est là, penchée sur Remus, une main contre son front.
– Courage, Monsieur Lupin, sourit-elle tendrement. A demain matin.
– Merci, murmura-t-il en serrant les dents.
La douleur était insupportable pour le jeune homme. La tête baissée sur ses mains, il inspirait et expirait doucement, en réprimant un sanglot. Une fois l'infirmière partie, le Sirius des souvenirs se débarassa de la cape d'invisibilité de James, pour se ruer vers son ami, qui s'était laissé glisser sur le sol.
– Attends, viens Lunard, je vais t'aider à te remettre sur ton lit.
– J'ai mal. Je veux rester par terre.
– Tu es sûr?
– Oui, oui. Je... Je suis sûr.
Sirius vit sa version plus jeune se mordre les lèvres et s'allonger près de son ami, en entraînant avec lui une chaude couverture.
Il se souvenait très bien de cette nuit là. C'était un peu avant les vacances de noël. Il faisait très froid. James avait une retenue, tandis que Peter devait travailler son devoir supplémentaire de sortilège, à rendre pour le lendemain. James avait promis de l'aider après sa retenue. Sirius tenait donc compagnie à Remus tout seul.
– Le loup est en colère, se plaignit Remus en se réfugiant dans les bras protecteurs de Sirius. Il faut que tu te transformes.
– J'ai le temps, répondit-il calmement.
Remus pleurait à présent. Il agrippait la chemise de son ami comme si sa vie en dépendait, comme s'il pouvait le libérer de cette torture. Il étouffait ses cris dans la poitrine de Sirius, qui se sentait totalement impuissant. Il lui caressait simplement le dos, en lui murmurant des paroles qu'il voulait rassurantes.
– Transforme toi! ordonna Remus en se tordant sous la souffrance.
Sirius le serrait plus fort contre lui. Les hurlements déchirants de son ami broyaient son cœur. La détresse se lisait sur son visage, qui se crispait et se secouait sous les spasmes de ses sanglots. Il ne méritait pas ça. Remus était la personne la plus gentille qu'il connaissait. Et la plus douce également.
– Sirius, je t'en supplie, sanglota-t-il en collant son front contre le sien. Si je te faisais du mal, jamais je ne me le pardonnerais. Transforme-toi.
Sirius ferma les yeux et déposa ses lèvres contre la joue humide de son ami. Quelques secondes plus tard, le corps du jeune homme était remplacé par celui d'un immense chien. Et l'autre, par un loup-garou, aux yeux féroces, qui se calmèrent instantanément en se plongeant dans ceux du chien noir.
Les souvenirs s'estompèrent une fois de plus. Et Sirius fut dans leur ancien dortoir, décoré des armoiries de Gryffondor, de différentes équipes de quidditch, de papiers de bonbons en tout genre, de jeux versions sorciers qui s'étalaient sur le sol et de posters de mages célèbres qui tapissaient les murs.
Sirius dormait dans le lit de Remus, le visage près l'un de l'autre. Peter, lui, ronflait sonorement, ses pieds hors du lit et son bras cachant une partie de sur son visage.
– On se réveille là-dedans! s'exclama James, qui avait déjà vêtu sa robe de sorcier.
Les trois autres grognèrent et le dévisagèrent comme s'il s'agissait d'un troll des montagnes.
– Tu es fou? grommela Peter en plaquant sa main contre ses yeux, qui avaient du mal à s'acclimater à la lumière du jour.
– Absolument pas, mon Queudver, sourit James en le tirant hors du lit pour danser un slow avec lui.
Sirius ricana en les observant, trouvant le tableau vraiment comique.
– Que se passe-t-il? demanda doucement Remus.
– Et bien, Lily est venue d'elle-même m'adresser la parole, hier soir, dans la salle commune. Et ce n'était même pas pour me crier dessus. Quelque chose à changé, vous ne pensez pas? Elle va peut-être venir me parler de nouveau. Elle descend toujours un peu plus tôt le matin, pour prendre son petit-déjeuné. Je veux être là en même temps qu'elle.
– Elle descend à l'heure normale, Cornedrue, se moqua Remus. C'est toi qui te réveille toujours à la bourre. Nuance.
– Peu importe. Allez vous préparer.
– La ferme, Potter, soupira Sirius en lui jetant son coussin dessus. C'est samedi aujourd'hui, moi je dors.
– Je suis d'accord, bailla Peter en sombrant de nouveau dans ses couvertures.
Sirius adressa un sourire complice à son meilleur ami. James était tellement amoureux de Lily. Il en venait presque à être attendrit par ce sourire qu'il qualifiait ordinairement de «débile» et qui ne quittait plus les lèvres de James.
Sirius s'étira et posa sa tête contre la poitrine de Remus, pour s'en servir de nouvel oreiller. Et se rendormit aussitôt.
Les images se brouillèrent une nouvelle fois. Sirius était à présent au mariage de James et de Lily. Un verre à la main, Sirius dansait avec Lily, sous le regard complice et amusé de son meilleur ami, qui dansait avec Alice Londubat. Finalement, James donna un rapide baiser sur la joue de sa cavalière, dont le ventre arrondit ne laissait plus aucun doute et s'approcha de sa femme et de son meilleur ami.
Il prit la main de Sirius dans la sienne, en lui souriant gentiment.
– Ça ne te dérange pas si je te l'emprunte? demanda-t-il à l'adresse de sa femme, qui fit mine d'accepter avec joie, comme si elle espérait depuis longtemps de s'en débarrasser.
James entraîna son meilleur ami à l'abri des regards, leurs mains toujours serrées l'une dans l'autre.
– Où est-ce que tu n'emmènes comme ça? questionna Sirius, en le suivant péniblement.
– J'ai quelque chose à te demander. Mais j'ai besoin de ta discrétion pour le moment.
– Tout ce que tu veux. Tu le sais.
– J'aimerais... Je me demandais si...
– James! le coupa Sirius. Pas de ça avec moi. Qu'est-ce qu'il y a?
– Patmol, voudrais-tu être le parrain de mon enfant?
– Bien sûr. Attends, quoi? De ton...quoi?
– Je..
Le visage de Sirius s'illumina et il sauta au cou de son meilleur ami, le serrant de toutes ses forces contre lui.
– Pour l'amour de Camelot! James! On va avoir un bébé!
– Techniquement, Lily et moi allons avoir un bébé...
– C'est merveilleux! Dès que le mariage est terminée, je transplane plus vite que mon ombre pour lui acheter son premier balais! Tu crois qu'il pourra faire du quidditch à partir de quel âge? Moi je n'ai pas eu le droit de mettre une fesse sur un balais avant Poudlard, parce que ma mère jugeait ce sport de barbare. Donc je ne sais pas à partir de quand, les personnes normales, ont commencé à en faire. Il faudra aussi l'emmener à Honeydukes et...
– Sirius! le coupa James en riant.
– Quoi? s'agaça son meilleur ami, vexé d'être interrompu alors qu'il élaborait ses projets dans sa tête.
– Est-ce que tu veux être son parrain?
– Oh oui! Pardon! Évidemment que je le veux! C'est un immense honneur! s'exclama-t-il en serrant une nouvelle fois son meilleur ami dans ses bras. Oh, qu'est-ce que je t'aime. Il faut dire à Lunard et Queudver qu'ils vont avoir un enfant. On va avoir un enfant! se réjouit-il en sautillant sur place.
– Sirius...qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase «j'ai besoin de ta discrétion pour le moment.», s'amusa son meilleur ami. Lily va nous tuer.
Le souvenir se dissipa une fois de plus et Sirius fut transporté à contre cœur, dans une atmosphère beaucoup plus lourde et sombre. Il se trouvait chez James et Lily. Le souvenir de Sirius était assis face à eux, les lèvres tremblantes et les yeux baissés vers le sol. Lily l'observait tristement. Harry était paisiblement en train de dormir dans les bras de son père. Il était loin, très loin, de se douter du mal qui rodait à l'extérieur et qui en voulait à sa peau. L'âme innocente dormait entouré des personnes qu'elle aimait et ne pensait que rien ne pouvait troubler d'une manière néfaste son repos.
– Donne-moi le, mon amour, souffla Lily en se levant. Je vais le mettre dans son lit. Et je suis fatiguée aussi. Je vous laisse. Bonne nuit, Sirius, ajouta-t-elle en embrassant le haut de son crâne.
La jolie rousse attrapa son fils et disparut dans les escaliers. James la regarda amoureusement partir, puis leva la tête vers son meilleur ami et se rendit compte qu'il pleurait. C'est donc pour ça que Lily les avait laissé entre eux. Il n'avait pas compris au départ. Sa femme était toujours si observatrice. Il s'en voulait de ne pas avoir remarqué les larmes silencieuses qui coulaient le long des joues de son meilleur ami.
La voix de Sirius brisa le silence.
– Pas Remus, s'horrifia-t-il en secouant vivement la tête. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Pas Remus.
James s'était accroupi devant lui et avait attiré son ami dans ses bras. Depuis le temps qu'il le connaissait, il ne l'avait encore jamais vu pleurer.
– Il y a peut-être quelque chose derrière tout ça, Patmol. Il ne le fait peut-être pas intentionnellement. Mais on ne peut pas nier que quelque chose cloche.
– Ce n'est pas possible, répétait Sirius en secouant la tête. Non, pas Remus.
– Calme-toi, voyons. Nous allons régler ce problème. Rien ne vient à bout des Maraudeurs, tu le sais, n'est-ce pas? Notre bon vieux Lunard va nous revenir.
– Je l'aime.
– Moi aussi.
– Non..je.. Je l'aime. Vraiment. Je suis complètement fou amoureux de Remus. Je voulais te le dire depuis longtemps, mais j'avais peur de ta réaction. Et j'avais peur que ça parvienne aux oreilles de Remus, également. Je.. Je n'ai jamais ressenti ça pour quelqu'un avant lui. Il est la seule personne que je n'ai jamais aimé. Il ne peut pas nous faire ça, James. Il ne peut pas nous trahir. Pas Remus. Ce n'est pas possible.
– Par Mordred, laissa échapper James en serrant un peu plus fort Sirius contre lui.
Sirius se dégagea et sortit de sa pensine, qu'il rangea rapidement dans l'armoire avant de la refermer. Il se laissa glisser le long du mur et respira profondément. Il n'aurait jamais dû se plonger dans ses souvenirs. C'était une très mauvaise idée. L'esprit troublé, il passa ses mains tremblantes sur son visage.
La porte s'ouvrit au même moment.
– Ah, tu es encore là, remarqua Remus.
– Oui.
– Ça fait deux heures que tu es enfermé ici, qu'est-ce que tu fais?
– Rien, je... J'arrive.
