7.
Harry chercha son cousin du regard. Il se demandait où il pouvait être. La maison avait beau être grande, elle ne l'était tout de même pas assez pour qu'il soit introuvable. Pas qu'il se préoccupait de lui, au contraire, mais il ne l'avait pas vu de la journée. La curiosité à son comble, Harry se mit à fouiller chacune des pièces, dans l'espoir de mettre la main sur Dudley. S'il était en train de fouiner dans les affaires de Rogue, ce dernier allait être rudement en colère. Et quelque chose lui disait que ce serait à Harry d'en payer les frais, pour ne pas avoir surveillé son moldu.
Les pièces étaient vides. Son cousin semblait s'être purement et simplement volatilisé. Dans ses recherches, il poussa la porte d'une pièce qu'il n'avait jamais remarqué auparavant. C'était une salle immense, qui devait servir de laboratoire. Harry n'eut pas vraiment le temps de contempler les flacons, les fioles et les ingrédients dont il n'avait encore jamais eu connaissance et qui s'étalaient sur des vingtaines d'étagères, car un bruit se fit entendre. Rogue, qui était sorti depuis le matin, venait de rentrer.
Harry sortit et referma précipitamment la porte derrière lui. Comment allait-il pouvoir expliquer l'absence de son cousin? Dudley n'aurait pas été si stupide, pour fuguer de la maison, n'est-ce pas? La surprise cloua Harry sur place, alors que Rogue et Dudley étaient tous les deux sur le seuil de la porte, en train de discuter à voix basses.
Le jeune sorcier se mordit les lèvres. La jalousie le dévorait entièrement, sans qu'il n'en comprenne les raisons. Il les dévisagea un instant et fit demi-tour, pour retourner dans sa chambre. Il aurait dû y penser. Rogue avait la fâcheuse tendance d'apprécier et de préférer toutes les personnes que Harry détestait. D'abord Malefoy et maintenant Dudley. Un sentiment d'injustice le secouait totalement. Il s'en fichait, au fond, mais il en voulait tout de même à son professeur de l'avoir tenu à l'écart. Qu'est-ce qu'ils étaient allés faire à l'extérieur? Pourquoi Harry ne les avait-il pas accompagné?
Une fois la tension redescendue, Harry se décida enfin à sortir de sa chambre, mais tomba nez à nez avec Rogue. A son expression sévère, le jeune sorcier savait qu'il allait passer un mauvais moment.
– Je ne veux plus jamais vous voir mettre le nez dans mes affaires, Potter.
– Pardon? s'étonna-t-il.
– Vous pensiez que vous pourriez pénétrer dans mon laboratoire, sans que je m'en rende compte? Il est vrai que je ne vous ai pas interdit d'aller où que ce soit. Mais il me semblait clair, toutefois, que cette maison n'était pas la votre et que vous n'aviez pas à fouiner partout.
– Je ne fouinais pas. Professeur, ajouta Harry en se rendant compte de la froideur de sa réponse. Je cherchais Dudley. Je ne savais pas que vous aviez décidé de faire une petite promenade en sa compagnie. Où est-ce que vous étiez?
– Cela ne vous regarde pas.
Rogue eut un sourire mauvais en voyant le regard légèrement troublé que lui lançait le survivant.
– Oh, ce n'est pas la réponse que vous attendiez? La petite célébrité favorite de Dumbledore, exige sans doute d'être tenue au courant de ce que fait chaque personne.
– Je n'en ai rien à faire, s'agaça Harry en le dépassant.
– Monsieur Potter, veuillez surveiller votre insolence si vous tenez un tant soit peu à vivre avec votre cher Lupin.
Harry aurait aimé accélérer le temps, d'ailleurs, pour se réfugier immédiatement chez son cher Lupin, comme le professeur Rogue le disait si bien. Là-bas, au moins, il ne serait pas entouré de personnes qui le détestaient. Il s'imaginait même passer les meilleures vacances de sa vie. Comme il ne savait pas quoi faire à l'extérieur de sa chambre, Harry fit finalement demi-tour, claqua la porte et se laissa tomber sur son lit. Dudley le suivit de près, quelques minutes plus tard.
Harry l'observa un instant, alors qu'il quittait ses chaussures d'un air maussade.
– On est allé voir une assistante sociale, expliqua Dudley en s'asseyant sur son lit. On m'a posé des tas de questions sur la tante Marge. Ils voulaient savoir si elle voyait quelqu'un. Qu'est-ce que j'en sais moi? A part ses douze chiens, je suis pas sûr que beaucoup de personnes viennent lui tenir compagnie. Tu en penses quoi, toi?
– Vous avez fait ça pendant tout ce temps?
– Non. Il m'a emmené faire quelques courses. Il a remarqué qu'il me manquait certaines choses. Tu ne réponds pas à ma question.
Harry secoua les épaules et se leva.
– Tu vas où? siffla Dudley.
– Au toilette. Je n'ai pas le droit? le fusilla-t-il du regard.
Mais alors qu'il s'y dirigeait d'un pas nonchalant, Dudley le poussa à l'intérieur, sans prendre la peine de fermer la porte derrière lui. D'un coup dans le dos, il plia Harry en deux, qui se retrouva ridiculement positionné au dessus de la cuvette.
Il lutait contre la force de Dudley, qui voulait lui faire boire la tasse.
– Tu es complètement malade! Lâche-moi immédiatement! ordonna Harry en se débattant.
– C'est à cause de toi tout ce qui arrive, alors j'aimerais que tu me portes un peu plus de respect, à partir de maintenant. Tu m'entends?
– Arrête, Dudley, lâche-moi!
Dudley continuait de le pousser vers l'eau des toilettes. Harry fit glisser sa main dans sa poche et en retira sa baguette magique. Dudley desserra sa prise et se recula, le visage blafard.
– Tu n'as pas le droit de t'en servir.
– Je te montre? le menaça Harry en la pointant vers le visage de son cousin.
– Potter! souffla la voix de Rogue, qui venait voir pourquoi ces deux gamins se hurlaient encore dessus. Rangez immédiatement cette baguette, si vous ne voulez pas avoir encore plus d'ennuis.
Harry obéit, non sans leur adresser un regard haineux. Mais la suite lui prouva que tout pouvait toujours se dégrader.
– Et bien, et bien, monsieur Potter se fait déjà remarquer, coula la voix impérieuse de Lucius Malefoy, qui se tenait derrière Rogue.
Drago était à ses côtés. Un sourire moqueur étirait son visage, qui ne quittait pas les deux cousins des yeux. Harry aurait aimé s'enfoncer dans le sol, pour ne plus jamais en ressortir.
– Je m'excuse Lucius, mais comme tu le vois, je suis occupé. Viens donc dîner la semaine prochaine, avec Drago et Narcissa.
Lucius hocha positivement la tête, tout en dévisageant à son tour Harry et Dudley.
– Très bien. Nous continuerons notre conversation dans la semaine, alors.
Harry était en colère, comme rarement il ne l'avait été auparavant. Il se sentait en danger dans cet endroit. Et Dudley n'était pas ce qu'il y avait de pire. Il ne faisait pas confiance à Rogue. Lucius Malefoy était sans doute la pire personne qu'il connaissait, après Peter Pettigrow et Voldemort. C'en était trop pour lui. Il ne voulait pas rester une seconde de plus dans cette maison. Il observa les Malefoy ouvrir la porte, pour pouvoir transplaner hors de la maison. Malefoy, accroché au bras de son père, ne lâchait pas Harry des yeux, tandis qu'ils s'évaporaient.
Une fois partis, Harry se pressa vers la porte, sans un regard en arrière.
– Je peux savoir ce que vous faites.
– Oui. Je m'en vais.
– Arrêtez vos caprices et...
– Je ne fais pas de caprices. Je ne suis pas le bienvenue ici, alors je m'en vais.
D'un coup de baguette magique, Rogue ferma la porte et la verrouilla. En voyant Harry sortir sa baguette, son professeur leva les yeux au ciel et soupira lourdement.
– Ne soyez pas si stupide. Si vous l'utilisez, vous pouvez dire au revoir à Poudlard. Ça m'arrangerait de ne plus vous voir, mais pensez un peu à votre avenir. Allez dans votre chambre. Immédiatement.
Harry soupira et obtempéra finalement. Poudlard était le seul endroit qu'il considérait comme sa véritable maison. S'il perdait ça, il perdait tout. Il donna un coup d'épaule à Dudley, lorsqu'il passa près de lui et s'enferma une nouvelle fois dans sa chambre. Enfin, ce n'était pas sa chambre. Il ne pourrait jamais se sentir chez lui dans cet endroit.
Le soir, Harry n'alla pas dîner. Mais à vingt-deux heure, alors qu'il n'entendait plus un seul bruit et que Dudley somnolait déjà, le jeune sorcier se leva et sortit. Doucement, il se dirigea vers la cheminée. Un feu crépitait en son centre. Il se laissa tomber devant et savoura l'apaisement que le feu sans chaleur procurait en lui. En effet, le feu était magique et servait uniquement de décoration. Mais les flammes dansantes parvenaient à calmer le survivant.
Il prit un livre qui se trouvait en haut d'une pile, près de lui, et commença à le lire. Il parlait de magie noire. Cela ne l'étonnait même pas. Soudainement, son livre fut arraché.
– Touchez encore à l'un de mes ouvrages personnels et vous n'aurez plus de mains.
Harry ne leva même pas les yeux vers lui et se concentra sur la cheminée. Une fois Rogue éloigné, il sortit un carnet de sa robe de sorcier, ou il avait glissé une photo de ses parents, dansant dans la neige. Il les observa longuement, dans le but d'y trouver du réconfort.
Il tourna vivement la tête, se sentant observé. En effet, Rogue était de nouveau dans son dos, les yeux rivés sur la photo. Il avait dû penser qu'Harry n'avait rien écouté et qu'il avait repris un de ses livres. L'espace d'un instant, Harry aurait juré voir un voile de tristesse passer dans les yeux de son professeur, avant que la colère ne s'y loge.
– Vous n'êtes pas fatigué? demanda-t-il.
Harry secoua doucement la tête. Résigné, Rogue attrapa son poignet et le tira derrière-lui.
– Asseyez-vous ici, ordonna-t-il simplement, en désignant la table de la cuisine. Si vous ne voulez pas dormir, vous allez faire vos devoirs de vacances.
– Mes devoirs? répéta Harry en haussant les sourcils.
– Vous êtes sous ma tutelle. Que diront mes collègues, si vos devoirs ne sont pas faits pour la rentrée, Potter, alors que vous vous trouviez sous mon toit? Ce n'est pas Lupin qui vous obligera à faire quoi que ce soit. Allez, au travail. Je vous ramène une tasse de thé et des biscuits.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent de stupeur, en prenant conscience des paroles qui venaient d'être prononcées.
– Vous n'avez rien mangé aujourd'hui, se justifia-t-il. Je n'ai pas envie de devoir vous conduire à St Mangouste, parce que vous ne pouvez plus tenir debout.
Il revint quelques minutes plus tard, avec un plateau. Harry pouvait voir deux tasses de thé et des biscuits secs, qui ressemblaient à de gros pattés informes.
– Je suis peut-être maître des potions.. soupira Rogue en analysant le regard du garçon qui a survécu à un avada kedavra du Seigneur des Ténèbres, simplement pour le faire sortir de ses gongs. Mais je ne sais pas faire la cuisine.
– Vous n'avez pas d'elfe? murmura Harry.
Rogue hocha la tête sans le quitter des yeux.
– J'en avais un. Je devais avoir votre âge lorsqu'il est mort. Je passe tout mon temps à Poudlard, sauf l'été. A quoi me servirait-il?
– A vous nourrir convenablement pendant les vacances, plutôt que de risquer votre vie en mangeant quelque chose comme ça, s'indigna-t-il en brandissant le gâteau. Vous ferez sérieusement concurrence à Hagrid, dit-il en croquant dedans. Mais à l'inverse des siens, je ne risque pas de perdre mes dents. C'est déjà ça.
Harry exagérait, il le savait, car les biscuits de Rogue n'étaient pas si horrible que ça. Il plaisantait, bien sûr. Mais le jeune sorcier se demanda un instant s'il avait bien fait. Son professeur semblait dépourvu de tout humour. Il le fixait sans sourire, le visage fermé et froid. Harry baissa les yeux sur sa tasse de thé, buvant une gorgée, avant de se plonger dans ses devoirs de métamorphose. Hermione serait fière de lui, en le voyant s'y prendre à l'avance. Cette remarque lui arracha un sourire, car il s'imaginait à présent un Ron consterné, se demandant ce qu'on avait fait de son meilleur ami.
Rogue n'adressa plus la parole à Harry de tout le week-end. Il était sans arrêt enfermé dans son bureau ou dans son laboratoire. Le mardi matin, à la première heure, Harry eut le déplaisir d'ouvrir la porte à la tante Marge. La sœur de son oncle lui adressa un regard méprisant, avant de fondre sur son neveu pour le serrer dans ses bras.
– Allez, dépêchez-vous tous les deux, prenez vos affaires, ordonna-t-elle.
– Tous..tous les deux? répéta Harry, visiblement choqué par l'ordre qui venait de lui être fait.
– Bien sûr tous les deux! s'emporta Marge en le poussant sans douceur vers le milieu de la pièce.
Rogue la dévisageait d'un regard sévère, alors qu'il sortait de son bureau, mais Marge n'était nullement impressionnée.
– Je suppose que je dois vous remercier d'avoir pris soin de mon petit Dudleynouchet. Mais je suis persuadée que cela a été un véritable plaisir. Cet enfant est un ange.
Les sourcils de Rogue s'arquèrent. Il semblait visiblement ennuyé par cette petite femme, plus large que haute. Toutefois, il ne fit aucun commentaire.
– Et je m'excuse pour lui, grimaça-t-elle en jetant un regard en biais vers Harry. Vous savez, ce n'est pas de sa faute. Il n'a pas eu une vie facile. Mon frère et ma belle-sœur ont bien essayé de le remettre dans le bon chemin, mais le mauvais sang de ses parents coule dans ses veines. Il est toujours difficile de se débarrasser de la vermine. Apparemment, la mort ne suffit pas. Les traces restent toujours.
– Ça suffit, grogna Rogue.
Il observa un instant Harry, qui serrait les poings, dont l'un serrait sa baguette, à l'abri dans sa poche. L'été dernier, il l'avait déjà inconsciemment gonflé comme un ballon, il n'hésiterait pas à le refaire.
– Ce n'est pas la peine d'insulter la mémoire de personnes défuntes. Ils n'y sont pour rien si leur fils a mal tourné. Il semblerait qu'ils soient morts, quand il n'avait qu'un an. C'est ce qu'on appelle sans doute un cas désespéré.
Harry se tendit davantage en entendant les paroles de son professeur et la colère augmenta. Le visage de Rogue était étrangement rosé et ses yeux flamboyants, ce qui étonna légèrement son élève. Rogue s'approcha et posa ses mains sur les épaules d'Harry.
– Absolument pas, soupira Marge. Si ce n'était que ça. Mais, son père était la pire racaille qui soit, quant à sa mère... je ne sais pas ce qui a cloché avec elle, ma belle-sœur est pourtant une personne des plus fréquentables.
Rogue eut un rictus méprisant pour la tante de Dudley, qui osait parler de Lily de cette façon, mais cette dernière ne le remarqua pas.
– Monsieur Potter va rester ici pendant les vacances.
– Pas question, répondit Marge en secouant négativement la tête. Je peux savoir qui vous êtes exactement?
– C'est.. un professeur de mon école, expliqua le jeune sorcier, en prenant un air effrayé. Vous savez, du centre d'éducation des jeunes délinquants récidivistes de St Brutus?
– Oh, souffla Marge.
Rogue fronça les sourcils.
– Il va me tenir en main ici. C'est..c'est un véritable tortionnaire.
Marge semblait réfléchir. Rogue, lui, commençait à se demander si le gamin n'était pas en train de trouver un moyen pour s'en aller avec sa tante. Mais cela était totalement absurde, n'est-ce pas? Il allait vivre avec Remus. Il n'allait même pas rester avec lui. Alors pourquoi faire un cinéma pareil?
– Il utilise une cane pour te mâter?
– Oui, souvent.
Comment osait-il mentir de la sorte? Même s'il le poussait souvent à bout et que sa simple présence l'agaçait au plus haut point, Rogue n'avait jamais levé la main sur lui. Il n'y avait plus aucun doute, à présent, le survivant voulait qu'on le prenne en pitié.
– Potter! le prévint Rogue d'une voix menaçante.
– Oh, ne vous inquiétez pas, sourit Marge. Vous avez raison. Il faut ce qu'il faut. Je ne vous juge pas et je vous félicite plutôt. Bon et bien, je vois que tu es entre de bonnes mains ici. Dudley, nous y allons.
Elle s'en alla aussi vite qu'elle fut entrée, sous le visage souriant du jeune Potter. Rogue ouvrit la bouche, pour la refermer instantanément et dévisagea longuement son protéger, avant de passer ses mains sur son visage.
– Bien. Vous aussi prenez vos affaire. Je vais prévenir Lupin de votre arrivée. Il doit vous attendre.
Harry ne se fit pas prier et s'élança dans sa chambre pour récupérer sa valise, ainsi que la cage d'Hedwige. Il rassembla rapidement ses affaires qui traînaient à droite et à gauche. Puis, d'un pas tout aussi rapide, alla retrouver son professeur, qui fut surpris par la vitesse à laquelle il l'eut rejoint.
– Tout est prêt. Allez-y en premier.
Il lui donna l'adresse et Harry attrapa une bonne poignée de poudre de cheminette entre ses doigts, avant de disparaître derrière de longues flammes vertes.
– Harry! s'exclama Lupin, alors que l'adolescent toussait légèrement dans sa cheminée. Viens, ne reste pas là, le professeur Rogue va arriver d'une seconde à l'autre.
En effet, à peine eut-il posé un pied hors de l'âtre, que Rogue apparaissait également à l'intérieur. Harry épousseta sa robe de sorcier et se précipita dans les bras de son ancien professeur. Il ne savait pas s'il s'agissait d'une attitude correcte, mais il était bien trop reconnaissant envers lui. Leur accolade fut brève, car Remus le repoussa presque immédiatement, afin de l'analyser avec profondeur.
– Vous ressemblez à Molly Weasley quand vous faites ça, s'amusa Harry en haussant les sourcils.
Remus lui rendit son sourire et leva les yeux, redoublant d'attention pour son ancien camarade, qui les observait avec dégoût.
– Faites comme si je n'étais pas là, surtout, grinça Rogue. La semaine prochaine, les Malefoy viennent dîner chez moi. Harry devra être présent.
Remus acquiesça et remercia poliment Rogue. Alors qu'Harry allait ouvrir la bouche pour protester, son professeur de potion s'avança vers lui pour attraper fermement son col.
– Qu'est-ce que je vous ai dit? demanda-t-il furieusement. J'exige quelque chose de vous, vous l'effectuez immédiatement. Vous obéissez à chacune de mes demandes. Un point c'est tout. Ou vous ne quitterez plus ma demeure, pour que je sois certain de vous avoir sous la main, à chaque fois que j'en aurais besoin, afin de ne pas m'attirer des ennuis par votre faute. Est-ce bien clair?
Remus jeta un coup d'œil inquiet vers les escaliers et l'étage supérieur, puis tira Harry derrière lui.
– Ça ira comme ça, Severus. Je pense qu'il a compris. Je te l'emmènerais à la date prévue. Tu ferais mieux de nous laisser à présent.
Rogue le fusilla d'un regard noir et, d'un coup de cape, se retourna vers la cheminée, ou il disparut instantanément.
– Je vais le tuer! raisonna la voix de Sirius, qui descendait en trombe des escaliers. Je ne sais pas comment j'ai pu garder mon calme. Servilus ne survivra pas à l'été. Je vais lui faire la peau avant.
– Sirius... s'étonna Harry, sous le choc. Mais...
Sirius s'arrêta pour le regarder. Puis, doucement, il ouvrit les bras, tandis qu'un sourire resplendissant étirait ses lèvres. Harry se jeta dans ses bras et ils restèrent de longues minutes silencieusement blottit l'un contre l'autre.
