9.

Sirius et Remus s'étaient arrangés avec Severus, pour que le repas avec les Malefoy et celui avec les Tonks, se fassent le même jour.

Le jour fatidique, un peu avant midi, Harry traînait des pieds dans le salon, en fixant la cheminée d'un air maussade. Il n'avait aucune envie de retrouver Rogue et de voir son pire ennemis et ses parents. Il espérait que le dîner ne s'éterniserait pas, pour pouvoir rentrer le plus vite possible.

– Ne fais pas cette tête, soupira Remus en le rejoignant dans le salon. Tout va bien se passer. Tu n'es pas obligé de participer ou de faire la conversation. Tu dois simplement faire acte de présence. Tu seras vite de retour.

Des assiettes et des couverts se suivaient les uns derrière les autres, en lévitation, derrière Remus. Harry ne les quittait pas des yeux, alors qu'ils se dirigeaient vers la grande table de bois pour la dresser.

– Ou est Sirius? demanda l'adolescent en s'effondrant sur le canapé, pour cesser de faire les cent pas.

– Ici, répondit doucement le concerné.

Harry offrit un large sourire à son parrain, en le voyant pénétrer le salon vêtu d'un costume trois pièces absolument splendide. Remus avala difficilement sa salive, lui aussi semblait impressionné par le charisme sauvage et mystérieux qui s'échappait de son ami. En effet, ses longs cheveux emmêlés et son regard espiègle, qui lui donnaient l'air d'un vagabond, contrastaient vivement avec son costume élégant. Et l'un et l'autre fondaient très bien ensemble.

– Ce costume te va parfaitement bien, murmura le lycanthrope, tout en détournant le regard vers la préparation de la table.

Il soupira après une fourchette qui était tombée dans le pot-à-eau et la sauva de la noyade.

– Tu mets souvent des costumes moldus? s'étonna Harry, qui ne pouvait réprimer un sourire moqueur de se former sur son visage.

Sirius le foudroya gentiment du regard et se laissa tomber sur le fauteuil, près de son filleul, afin de lui frictionner douloureusement les cheveux. «Comme s'ils n'étaient pas déjà assez difficiles à dompter comme ça», se lamenta Harry en se les raplatissant après cette attaque.

– Cette journée va être longue, se renfrogna Harry. Pourquoi est-ce que je dois aller chez Rogue?

– Tu le sais pourquoi, soupira Sirius en l'observant du coin de l'œil. Si tu n'étais pas présent au dîner, les Malefoy se poseraient des questions et ce n'est pas bon. C'est ce qu'il faut absolument chercher à éviter. N'hésite pas à laisser traîner une oreille de temps en temps. Tu dis que Lucius et Servilus doivent avoir une conversation importante. Je doute qu'ils la tiennent pendant le repas. Si tu vois qu'ils s'éloignent à un moment donné ou que..

– Sirius! le réprimanda son ami en le dévisageant d'un regard sévère. Ne te mêle surtout pas de leurs histoires, Harry.

Harry se contenta d'adresser un regard complice à son parrain, pour lui montrer qu'il allait suivre ses conseils. Mais préféra se taire, afin de ne pas déclencher une guerre avant l'heure. Ce que Remus ne savait sans doute pas, c'est que Harry avait déjà interféré dans les histoires de Lucius Malefoy et que ce dernier ne l'avait sûrement pas oublié. Le dîner allait être terriblement froid. D'ailleurs, il était même un peu inquiet pour le contenu du repas. Si ce que Rogue leur servait, ressemblait de près ou de loin au repas que Dudley et lui avaient eu droit durant leur séjour, ils avaient tous du soucis à se faire.

– Ce que je voulais dire, reprit Harry, c'est pourquoi Rogue. Pourquoi pas McGonagall? Il m'a répondu qu'elle ne voulait pas de moi, mais je ne pense pas que ce soit vrai, n'est-ce pas?

– Non, bien sûr, mais Minerva aime bien trop respecter les règles. Elle ne t'aurait jamais laissé venir chez nous. Enfin, chez Lupin. Dumbledore savait que Rogue serait capable de te protéger si besoin mais aussi d'accepter que tu rejoignes notre maison pour que tu ne puisses plus mettre ton nez dans ses potions.

Harry fixa un instant son parrain, avant de lui adresser un regard perplexe.

– Quoi? sourit Sirius en lui donnant un coup d'épaule. Ce n'est pas ce que tu voulais?

– Si. Mais, je ne suis pas sûr qu'il me protégerait si je me retrouvais en danger. Ça l'arrangerait si je disparaissais. Il... il me déteste vraiment. Ce n'est pas qu'un petit différent, comme disait Fudge. C'est vraiment sérieux. Il éprouve une telle animosité pour moi.

– Je ne pense pas, souffla Remus.

– Bien sûr que si! Vous l'avez bien remarqué tout au long de l'année, non? Ses regards, ses paroles, son attitude. Il n'aime pas grand monde, surtout les Gryffondor, ça c'est un fait. Mais la haine qu'il éprouve pour moi, est bien supérieure à celle qu'il a pour les autres. Et ça aussi c'est un fait.

– Il te protégera toujours, Harry. Toujours. Déjà parce que tu es sous sa responsabilité et puis, parce que le professeur Rogue t'a toujours protégé. S'il avait souhaité se débarrasser de toi, comme tu dis, il aurait pu le faire à de nombreuses reprises déjà. Il n'a pas manqué d'opportunité. Tu as un don pour t'attirer des ennuis et il a toujours pris le parti de tout faire pour t'en sortir.

– Qu'il ose seulement penser à lui faire du mal et je le réduis en charpie, aboya Sirius. Même si ça me tue de le dire, soupira-t-il en s'adoucissant, Rogue ne te déteste pas gratuitement. Et j'ai ma part de responsabilité là-dedans.

– Tu vas vraiment lui en parler, s'étonna Remus en s'asseyant à côté d'eux.

– Et bien, pourquoi pas?

– Rogue va être furieux, le prévint-il.

– Comme si j'en avais quelque chose à faire.

Harry savait que Sirius avait suggéré à Rogue de prendre le passage secret du saule cogneur, un jour de pleine lune, s'il voulait vraiment savoir ce que Remus était. Le mettant ainsi en grave danger. James l'en avait empêché juste à temps, lui sauvant ainsi la vie. Mais rien n'était vraiment clair dans tout ça.

Sirius adressa un regard furtif vers la cheminée, puis un sourire amer se dessina sur son visage. Parler de ses souvenirs était toujours difficile. L'animagus avait tendance à vivre avec un pied dans le passé. Et justement, parler de ce qui n'est plus, ne faisait que lui renvoyer à la figure que tout était définitivement révolu. Il inspira un bon coup, avant de porter un verre de whisky-pur-feu à ses lèvres.

– Tu dois savoir que Rogue était de la même année que ton père, Remus et moi, n'est-ce pas? On ne l'a pas détesté tout de suite. Nous n'aimions pas les Serpentard, mais il n'était pas le pire de.. son espèce. Il était silencieux, réservé et plutôt timide. De plus, traînait souvent avec ta mère entre les cours.

– Vraiment? s'horrifia Harry, qui se demandait comment sa mère avait pu trouver quelque chose d'intéressant en Rogue.

Sirius acquiesça d'une signe de tête.

– Ça nous surprenait également. Ils étaient très proches et s'entendaient à merveille. Ils se connaissaient avant de rentrer à Poudlard. Seulement avoir un ami à Gryffondor, lorsqu'on est un Serpentard, et l'inverse, c'est difficile. Rogue n'avait que Lily, il n'avait pas d'amis et aucun Serpentard ne lui adressait la parole, à cause de l'amitié qu'il entretenait avec ta mère. De plus, il était incroyablement studieux. Et en subissait beaucoup de moqueries. Un peu comme Remus. Toujours le nez fourré dans un bouquin. Sauf que personne n'aurait osé se moquer de Remus, étant donné qu'il était le meilleur ami des personnes les plus populaires de tous les temps.

A cette remarque, Remus frappa le haut du crâne de son ami, en lui adressant un regard faussement outré.

– Prétentieux, grogna le lycanthrope.

Sirius lui adressa un petit sourire, avant de reprendre son histoire.

– James aimait bien Lily, même si à onze ans, il n'éprouvait aucun sentiment amoureux encore. Il avait un faible pour elle surtout parce que ta mère, ne se laissait absolument pas impressionnée par lui. Alors que tout le monde voulait être l'ami de James Potter et de Sirius Black, la petite Lily Evans ne voulait absolument pas en entendre parler. Elle nous trouvait arrogant et trop sûr de nous. Ce qui était vrai. Par contre, elle appréciait Remus. Ils travaillaient souvent ensemble à la bibliothèque, quand ils avaient du temps de libre. Ils se parlaient même quand ils se croisaient dans les couloirs, au banquet ou dans la salle commune. James et moi, n'avons pas eu se privilège avant de nombreuses années. Ce qui rendait James dingue.

– Rogue vous rejoignait à la bibliothèque? interrogea curieusement Harry, qui se demandait si Remus était également l'ami de son professeur de potion, dans le temps.

– Oh, non, absolument pas, répondit Remus. Lily en souffrait, d'ailleurs, parce que celui qu'elle considérait comme son meilleur ami, se faisait de plus en plus distant. Et il ne s'approchait jamais de ta mère, s'il voyait qu'elle n'était pas seule.

Après un instant de flottement, Sirius reprit son récit.

– On était habitué à voir notre camarade de maison passer tout son temps avec un Serpentard de malheur, et puis du jour au lendemain, ils se voyaient moins. Ils passaient toujours des moments tous les deux, évidemment, mais quelque chose avait changé. On gardait un œil sur eux, de loin. Et puis, avec Peter, James et Remus, nous avons enquêté sur Rogue. On le suivait, questionnait furtivement d'autres élèves. Il lisait des bouquins, qui nous faisait grincer des dents. Que de la magie noire. Petit à petit, il a commencé à avoir des amis. Des amis de sa maison, qui n'étaient absolument pas fréquentables et qui tenaient des propos anti-moldus assez violents. On s'inquiétait pour Lily, qui était moldue de naissance. Alors, on lui en a parlé. Ta mère était tellement en colère qu'on se mêle ainsi de ce qui ne nous regardait pas, qu'elle a décidé, après cette confrontation, de faire comme si on n'existait plus. Ce qui ne changeait pas vraiment de d'habitude.

Harry souriait bêtement. Il appréciait ce qu'il entendait de sa mère. Il ne l'avait jamais imaginé de cette façon. Sur la seule photo qu'il avait d'elle, elle semblait si douce et si amoureuse de son père.

– James était furieux après Rogue, sourit tristement Sirius, alors que l'image de son meilleur ami, qu'il considérait comme son frère, revenait dans son esprit. Du Serpentard sans intérêt, il est monté immédiatement au rang de vermine graisseuse à absolument exterminé. C'était la fin de notre première année. James a ruminé ses mauvaises pensées pendant toutes les vacances. En revenant, alors que j'avais complètement oublié l'existence de Servilus, James ne pensait qu'à sa revanche. Il avait préparé des tas de blagues puériles, qui étaient très amusantes à mes yeux. Pas à ceux de Remus, mais toutefois il ne disait rien. Elles consistaient à changer ses ingrédients de potion, pour qu'il se rate. Ce qui était le comble pour Rogue, tu dois t'en douter. Ou alors, on ensorcelait son encre, afin qu'il ne puisse plus rendre de note. Des trucs comme ça.

– Pourquoi ne pas simplement l'ignorer, s'étonna Harry qui ne comprenait pas vraiment où cela les menait de s'en prendre ainsi aux autres.

– On pensait que les Serpentard racistes et passionnés de magie noire, n'avaient pas leur place à l'école. Et comme ce n'était pas l'avis de Dumbledore, qui ouvrait ses portes à tout le monde, nous avions décidé de leur mener la vie dure. On détestait particulièrement Rogue, parce qu'il nous le rendait bien. Lily lui avait tout raconté et Rogue n'a pas du tout apprécié qu'on enquête sur lui. En retour, il a décidé de s'en prendre à Remus, en essayant de résoudre tous les mystères qui tournaient autour de lui. Si avant je ne me sentais pas vraiment concerné et que je le détestais simplement parce que c'était amusant de le faire, après ça, ma détermination était tout à fait sérieuse. S'en prendre à Remus était absolument absurde et je voulais le protéger. Remus ne savait pas qu'on était au courant. Moi, pendant l'été, je m'étais plongé dans des livres sur les loups-garou et quelque chose revenait sans cesse : ils ne s'en prenaient jamais aux animaux et leur présence les apaisait. Tout était clair dans mon esprit, il fallait que James, Peter et moi, devenions des animagus. Comme Remus se doutait que l'on tramait quelque chose dans son dos, on a fini par lui dire la vérité et c'est ainsi que sont nés les Maraudeurs. Notre petit groupe commençait à faire des choses bizarres, à disparaître, à chuchoter, et ça n'avait pas échappé à Rogue.

Sirius fronça le nez et respira avec dédain.

– En plus de tourner autour de Remus, il fourrait également son gros nez dans nos affaires. Et puis, comme je le disais, il était ami avec les pires Serpentard, qui sont devenus de redoutables mangemorts par la suite. Les idées de Rogue n'avaient rien de glorieuses. Ce qui n'arrangeait rien à son cas. Après l'épisode de la cabane hurlante, en cinquième année, Rogue était furieux d'avoir une dette envers ton père et il se rendait compte également qu'il avait failli perdre la vie. Alors il s'est mit à nous ignorer. Ton père avait cette sale manie de détester au plus haut point lorsqu'on l'ignorait. Alors, on a provoqué Servilus. Sans cesse. A l'humilier autant qu'on le pouvait. Parfois il se défendait. Mais à deux contre un, on avait l'avantage.

Il s'arrêta un instant, afin de boire une nouvelle gorgée de whisky-pur-feu.

– Heureusement, il avait Lily. Et en cinquième année, les sentiments de James envers ta mère avait considérablement changé. Il était fou amoureux d'elle et ne faisait que des choses ridicules pour attirer son attention. Il voulait absolument la séduire et l'inviter à sortir, c'était drôle, lourd et pathétique à la fois. Surtout que Lily était très en colère après lui, à cause de tout ce qu'il faisait subir à son meilleur ami. Elle s'interposait à chaque fois que l'on s'en prenait à Rogue. Et un jour, James et moi avons fait quelque chose d'horrible. Nous avons pendu Servilus la tête en bas, devant tout le monde. L'humiliation était à son paroxysme.

– Ce sort, levicorpus, expliqua Remus, était à la mode. Tout le monde l'utilisait, que ce soit contre ses ennemis ou contre ses amis.

Sirius se contenta d'hocher la tête d'un air amusé.

– Même James y a eu droit, un jour, alors que l'on sortait de botanique. Le malheureux Poufsouffle, qui avait lancé le sort sur lui, avait failli faire une attaque en voyant à qui il s'en était pris. Parce qu'il attendait juste derrière un buisson et comptait s'attaquer à la première personne qui se serait montrée. Et moi, j'ai bien failli mourir de rire ce jour là. Je n'arrivais plus à m'arrêter, j'en pleurais, alors que James suppliait qu'on le fasse redescendre. Après ça, nous avons retrouvé le Poufsouffle en question et nous lui avons offert une bièrraubeurre aux Trois-Balais.

Sirius tourna les yeux vers Remus, qui se mordait la lèvre d'un air détendu. Il semblait également trouver ce souvenir très drôle.

– Enfin, bref, quand Lily, comme à son habitude, est venue à son secours, Rogue honteux qu'elle puisse la voir dans cette position, l'a traité de Sang-de-Bourbe et lui a dit qu'il n'avait pas besoin de son aide. Après cet épisode, Lily ne lui a plus jamais adressé la parole. A nous non plus. Même Remus n'avait plus son attention, parce qu'elle était lassée de le voir si indifférent à ce que l'on pouvait faire, alors qu'il était préfet.

Sirius reposa son verre vide sur la table basse et posa un instant ses yeux sur Remus. Il savait que s'il ne disait rien, c'est parce qu'il était bien trop reconnaissant d'avoir des amis, pour risquer de se les mettre à dos. Remus ne les aurait jamais perdu, s'il s'était révolté contre leurs actes. Jamais. Mais ça, il avait du mal à l'entendre. Et quoi que James, Peter ou Sirius pouvaient dire, Remus qui n'avait jamais eu d'amis auparavant, ne parvenait pas à les croire. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne leur avait rien dit par rapport à son problème de fourrure. Il avait peur de perdre les seuls amis qu'il avait eu dans sa vie, d'être jugé et d'être détesté.

Voyant qu'Harry attendait la suite de l'histoire, Sirius lui offrit brièvement un sourire et acheva son récit.

– Rogue était jaloux de James, pour de nombreuses raisons. Joueur de quidditch talentueux, beau gosse, extrêmement doué en cours alors qu'il ne bossait pas, personne populaire, James était tout ce que Rogue n'était pas. En septième année, James s'était vraiment assagit. Même si on continuait à faire les quatre-cent coups au concierge. Lily a apprécié le changement. Au fil du temps, ils se sont vraiment rapprochés. Ils sont sortis ensemble.

– Tu lui rappelle James, murmura Remus. Parce que tu lui ressembles tant physiquement, que c'en est troublant. Et puis, parce que tu t'appelles Potter. Lorsqu'il te regarde, il voit ton père. Il se souvient qu'il a perdu ta mère, à cause de ton père et que les excuses qu'il a pu lui faire, n'ont jamais réussi à faire oublier les paroles qu'il a pu prononcé. Tu lui rappelle également le conflit dont il faisait parti et toutes les humiliations qu'il a subi par notre faute. Et il te fait payer ça. Alors que tu n'es pas responsable.

Un silence gênant s'était installé dans la pièce, après la fin du récit.

– Sirius, tu devrais monter à l'étage, suggéra Remus. C'est bientôt l'heure. Rogue ne va pas tarder à arriver.

Harry fixait le vide, pensif. Il ne savait pas vraiment quoi penser de cette histoire. Ils étaient tous fautifs et critiquables. Mais en même temps, cela ne l'étonnait pas vraiment. Toutefois, tout semblait beaucoup plus clair dans son esprit.

Sirius pressa l'épaule d'Harry, avant de se lever pour s'effacer dans les escaliers.

– Au fait, Harry, j'aimerais que tu arrêtes de me vouvoyer.

– Je.. pardon.. c'est que.. c'est une habitude, je présume.

Remus lui sourit et haussa les épaules.

– Ce n'est plus la peine. Déjà parce que je ne suis plus ton professeur et puis, parce que je suis davantage qu'un ancien professeur. Enfin j'espère. Je suis un ami de ton père, de ton parrain et je.. Enfin.. tu comptes beaucoup pour moi, Harry.

– Vous aussi.. Je veux dire.. toi aussi tu comptes beaucoup pour moi, Remus.

Le lycanthrope serra doucement la main du jeune sorcier dans la sienne, visiblement ému.

– Oh, par pitié, arrêtez de me donner envie de vomir à chaque fois que je vous vois l'un avec l'autre.

Remus et Harry levèrent les yeux vers la voix qui venait de rompre le silence.

Harry était réellement troublé par le récit qu'il venait d'entendre. Rogue était donc le meilleur ami de sa mère. Il n'arrivait pas à y croire. Il devait la connaître mieux encore que Sirius et Remus. S'il l'a connaissait avant Poudlard, comme Sirius l'avait suggéré, il devait peut-être même savoir des choses qu'ils ignoraient totalement.

Il repensa soudainement à la photo de ses parents qu'il regardait lorsqu'il était chez lui. Il avait surpris le regard bouleversé de Rogue, même si cela n'avait duré que quelques secondes. Il avait réagi ainsi, parce que sa mère était sur la photo. C'était sa mère qu'il regardait de cette façon. Harry ne l'avait pas compris au départ.

– Vous venez Potter, ou nous allons passer la journée ici?

Harry se leva à contre cœur, sans parvenir à le regarder dans les yeux. Il salua Remus d'un geste de la main, en lui souriant gentiment et prit une poignée de poudre de cheminette.