11.
Harry nettoyait son éclair de feu, assis sur le tapis du salon, près de la cheminée éteinte. Sirius avait commandé une télévision moldue, qui était arrivée dans la matinée. Avec l'aide de Remus, dont la mère était moldue, il essayait désespérément de la faire fonctionner.
– C'est bien un truc de moldu, ça, se renfrogna-t-il en abandonnant la télécommande aux mains expertes de son ami. Tiens Lunard, débrouille-toi, ça m'énerve.
– Tu n'as aucune patience, Sirius. Et pour la dernière fois, arrête avec ce surnom.
Comme toute réponse, Sirius lui offrit un sourire qui n'avait rien de désolé et s'allongea sur lui, posant sa tête sur ses cuisses. Il observait Remus par dessus ses sourcils, alors que ce dernier était concentré sur la télévision qui prenait des couleurs inquiétantes.
Sirius le trouvait tellement beau. Il aurait souhaité ne l'avoir que pour lui. Que Remus lui appartienne totalement. Qu'il éprouve la même chose que lui, pour qu'il comprenne que tous les gestes et toutes les attentions, qu'ils avaient l'un envers l'autre, agissait sur lui comme la pire des brûlures. C'était une torture que de le toucher, sans jamais pouvoir aller plus loin. Une merveilleuse torture, dans un sens, car il en demandait toujours plus. C'était comme tendre sa main, en désirant absolument atteindre un objet, mais sans jamais y parvenir et ne faire que le frôler.
Si leur complicité n'avait pas été si tactile, il ne serait peut-être pas tombé amoureux de lui. Il ne se souvenait même pas de comment cela avait commencé. En première année, déjà, leur relation était ainsi. Tout était si naturel envers Remus. Il avait l'impression de le trahir en éprouvant des sentiments si puissants pour lui, alors que Remus n'y voyait que l'amitié. Comment pouvait-il désirer son ami, comment pouvait-il l'aimer autrement?
– Je pense que c'est bon, souffla Remus pour lui-même.
– Moi je pense plutôt qu'elle va exploser, jugea Sirius en jetant un coup d'œil vers l'appareil.
Les étranges couleurs laissèrent bientôt place à deux moldus, se trémoussant et chantant au milieu d'une scène.
– Quelle horreur, se marra Sirius en se relevant pour admirer le spectacle de plus près, c'est d'un niveau au moins aussi élevé que celui de Celestina.
Harry releva la tête pour voir les chanteurs et au moment où il allait donner plus d'informations sur leur sujet, la cheminée s'ébranla, laissant apparaître de longues flammes vertes. Remus eut tout juste le temps de plaquer Sirius contre lui, que Rogue apparaissait déjà dans l'âtre. Le professeur de potion essuya sa robe de sorcier, tout en fixant la télévision avec un profond dédain.
– Severus! gronda Lupin, qui essayait de cacher la panique qui vibrait dans sa voix. Tu ne peux pas débarquer ici sans te manifester avant.
– Je n'ai pas le temps de jouer à ça, Lupin. Potter, dépêchez vous de me suivre.
– Que.. je me dépêche.. de vous suivre? répéta Harry d'une manière incertaine.
– En ce moment même, Fudge se trouve dans ma cuisine et attend de vous voir. Alors oui, dépêchez-vous de me suivre.
Il laissa traîner ses yeux sur ce que portait Harry. L'adolescent était encore en pyjama. Il leva les yeux au ciel, en pensant à la réputation qu'il allait lui faire, mais ne fit aucun commentaire et se jeta dans la cheminée. Il jeta un dernier coup d'œil vers les deux moldus criards de la télévision et un nouveau rictus dédaigneux déforma les traits de son visage.
– Maintenant, Potter, siffla-t-il avant de prononcer distinctement l'adresse de sa maison.
Sans perdre une seule seconde, Harry se rua dans la cheminée et s'effaça à son tour.
Remus secoua désespérément la tête et adressa un regard en biais vers Sirius, qui se mordait la lèvre alors que Remus l'écrasait sous son poids. Le lycanthrope se dégagea pour le laisser respirer.
– Désolé, murmura-t-il. C'était moins une.
Sirius approuva d'un geste et se redressa, l'air inquiet. Il voulait connaître la raison de la venue de Fudge. Cela ne présageait rien de bon. Remus devait sentir son angoisse, car il prit sa main dans la sienne et la serra d'une manière apaisante. Harry ne pouvait pas être retiré à Rogue, n'est-ce pas? Ce n'était pas possible.
– Peut-être sait-il pour l'anniversaire surprise? envisagea Sirius. Il pourrait demander à Servilus de ne pas laisser le gamin y aller.
– Je ne vois pas pourquoi Harry ne pourrait pas y aller. Molly Weasley nous a assuré que la salle qu'ils avaient retenu pour la fête, était parfaitement sécurisée. Elle a mon entière confiance et je sais qu'elle ne le mettrait jamais en danger. Ni lui ni personne, certes, mais elle éprouve une grande affection pour Harry, c'est indéniable. Elle l'aime comme l'un de ses enfants. Sa sécurité passera toujours avant tout.
Rogue était venu, il y a trois jours, pour donner une lettre des Weasley à Lupin. Dean, Seamus, Hermione et Ron, voulaient organiser une fête d'anniversaire surprise à Neville et à Harry, pour leur quatorzième anniversaire. Leurs anniversaires n'étaient que le 30 et le 31 juillet, mais ils devaient le faire avant, car Neville partait ensuite avec sa grand-mère, rendre visite à des amis. Remus avait été convié le lendemain pour le repas du midi, où les adultes pouvaient se mêler aux adolescents. Dans un temps, il avait pensé refuser, trouvant cela injuste vis-à-vis de Sirius, mais ce dernier avait insisté pour qu'il y aille.
Une bonne heure plus tard, Harry était revenu. Sirius s'était contenté d'éteindre la télévision et d'inciter son filleul à les rejoindre sur le canapé, afin d'écouter son rapport complet sur ce que le ministre de la magie lui avait dit. Harry se laissa tomber entre eux et Sirius attendit.
– Tout va bien, le rassura Harry alors qu'il croisait les yeux inquiets de son parrain. Il est juste venu pour me dire que les recherches persistaient. Que, parce que je n'avais aucune nouvelle, je ne devais pas penser qu'aucune mesure n'était en cours. Que le ministère allait parvenir à mettre la main sur toi et que mon oncle et ma tante me seraient rendu en un seul morceau.
– Il n'a pas été surpris en te voyant? Il n'a pas posé de question sur le temps que tu as mis à le rejoindre?
– Rogue lui a dit que j'étais malade et que je dormais. Comme je suis en pyjama, ça ne l'a pas démenti et même au contraire.
Sirius hocha pensivement la tête. Il observa un instant le jeune sorcier et maudit cette période, qui avait arraché tant de vies.
– Je suis sûr que les margemorts, si ceux sont bien eux les coupables, finiront d'eux-même par relâcher Vernon et Pétunia. Ils ne doivent déjà plus les supporter, railla-t-il finalement.
Cette remarque fit sourire Harry.
– Rogue a dit que ce n'était plus la peine de nous importuner, s'il n'avait rien d'intéressant à nous fournir et Fudge est monté sur ses grands chevaux : «c'est de mon devoir de vérifier que Mr Potter se porte en pleine santé et qu'il est heureux d'être ici.», conta Harry en prenant la voix du ministre de la magie. J'ai répondu que je n'avais jamais été aussi heureux.
– Ce crétin de Fudge a dû penser que Rogue était une parfaite petite nounou. Rogue doit être passablement énervé de la réputation que tu lui donne.
– Rogue savait très bien que je ne parlais pas de lui, répliqua doucement Harry.
– Alors c'est Rogue, qui doit penser que je suis une parfaite petite nounou, sourit Remus en attirant Harry contre lui, pour lui déposer un baiser sur le haut du front.
Sirius offrit, dans son regard, toute la tendresse qu'il possédait. En voyant les deux hommes qu'il aimait le plus si heureux, il se promit de ne jamais laisser personne lui enlever ça.
Après le dîner du soir, un hibou s'engouffra par la fenêtre et tomba dans l'assiette vide du jeune sorcier. Harry s'empressa de retirer la lettre des pattes de l'animal et poussa un soupir de surprise en reconnaissant l'écriture de Mr Weasley.
– Comment sait-il que je suis ici? Je n'ai rien dit à personne, je vous assure.
– Nous le savons, Harry. Rogue l'a sûrement fait parvenir chez nous, en voyant que la lettre ne lui était pas adressée.
– Je.. ne comprend pas.. bafouilla Harry en leur tendant le mot. Mr Weasley veut que je me rende immédiatement à cette adresse.. seul. Qu'est-ce que ça veut dire? Vous pensez que c'est un piège?
Remus fit semblant d'étudier la lettre.
– Non, il ne me semble pas. Tu devrais y aller. C'est peut-être urgent.
– Tu ne m'accompagne pas?
– Il y a écrit que tu dois y aller seul, Harry. Je pense que Mr Weasley sait ce qu'il fait. C'est peut-être encore un problème avec le ministère. Ils ont peut-être réellement du nouveau, cette fois-ci. Si je venais avec toi, ils se poseraient des questions. Ce serait à Severus de t'accompagner, s'il le devait. Et, je suis persuadé qu'il a lu cette lettre. S'il la jugeait inquiétante, il n'aurait pas renvoyé le hibou, mais serait plutôt venu te la remettre en main propre.
– Et si... continua Harry. Êtes-vous sûr que l'on peut faire confiance à Rogue? Je veux dire..
– On a déjà eu cette discussion, Harry, le coupa gentiment Remus. Mon intuition ou ce que je pense, n'a pas beaucoup d'intérêt. Toutefois, je fais confiance à Dumbledore et Dumbledore a confiance en Severus. Et ça me suffit amplement.
– Dumbledore n'est qu'un homme. Grand sorcier, ou pas. Il lui arrive d'avoir tort et de se tromper sur quelqu'un. Pendant douze ans, il a pensé que Sirius était coupable.
– S'il-te-plaît, Harry.
Remus et Sirius soupirèrent et encouragèrent Harry à se lever pour rejoindre Mr Weasley. Son parrain lui avait fait un clin d'œil, ce qui l'avait motivé à les écouter. Il ne le mettrait pas en danger. Jamais Sirius ne lui ferait faire quoi que ce soit de dangereux.
La maison sembla une fois de plus bien vide, une fois Harry disparut. Sirius se jura qu'il ne pourrait jamais s'y faire, si un jour son filleul devait repartir chez les Dursley. D'ailleurs, il n'était pas sûr, non plus, de supporter son retour à Poudlard.
Remus se leva brusquement du canapé où il était assis.
– Est-ce que c'est..?
Il ne termina pas sa phrase et ouvrit le buffet aux vitres transparentes.
– De la vodka mystère..souffla Remus.
– En effet.
– Je n'en ai pas revu depuis.. notre septième année.
Il attrapa fermement la bouteille et l'observa longuement. Un puissant alcool. Très puissant alcool.
Pour fêter la fin des cours avant le début des ASPICs, les Gryffondor avaient organisé une fête dans leur salle commune. Furieuse de savoir ses élèves éveillés, à près de trois heures du matin, le professeur McGonagall, en robe de chambre et les cheveux décoiffés, étaient venue les réprimander. Peter, tout sourire, avait sauvé la soirée en lui offrant un verre de jus d'œillet. Il savait à quel point Minerva en était friande. De toute façon, elle n'avait fait ça que par principe. Elle n'allait pas réellement les punir. Au contraire, elle les avait longuement fixé et ses yeux s'étaient remplis de larmes émues, fières et tristes. Elle était toujours malheureuse de voir ses élèves partir, même les pires d'entre eux. Si elle s'était écoutée, ce soir là, elle les aurait tous étouffé dans ses bras, en leur disant de redoubler leur année.
Le reste de la soirée, les élèves de Gryffondor avaient bu de la vodka mystère. James en avait fait rapatrié une vingtaine de bouteilles. Au même principe que les dragées surprises de Berthie Crochue, elles avaient une palette incroyable de goûts différents, à chaque gorgée.
– C'est la seule survivante de la soirée, sourit Sirius en lui prenant des mains, coupant net le fil de ses pensées.
– Vraiment? Je ne pensais pas qu'il en restait encore. Depuis tout ce temps..
– Oui, répondit-il simplement, en tapotant sa baquette sur le bouchon, afin de l'ouvrir.
– Tu veux la boire maintenant? Sirius, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Tu sais à quel point cet alcool rend ivre. Au bout de seulement quelques gorgées, la moitié de la salle commune était inerte sur le sol et ronflait comme des bœufs. Et une fois que l'on commence, il est presque impossible de s'arrêter avant d'avoir terminé la bouteille.
– Ce n'est pas grave. Le petit ne va pas rentrer ce soir. On peut bien s'amuser un peu.
Remus haussa les épaules, peu convaincu. Sirius porta le goulot à ses lèvres et en bu une gorgée. Il ferma les yeux avec un air de délice et laissa échapper un «pêche et poire». Il tendit ensuite la bouteille à son ami, qui accepta après un soupir résigné et bu également une gorgée du liquide. Au départ, il ne sentit que la puissance de l'alcool, qui descendit violemment dans sa gorge. Une fois la surprise passée, le goût le frappa et une grimace de dégoût le secoua entièrement.
– Légumes gâtés, expliqua-t-il avec un soupir écœuré. Ou compost, peut-être. Je t'interdis de rire. Ne pense même pas à sourire, Sirius, ou je me vengerai.
– J'aimerais bien voir ça, se marra son ami en lui lançant un air de défis.
Remus le poussa de tout son poids sur le canapé et les deux amis se mirent à se battre gentiment, tout en riant, déjà retournés par l'effet de l'alcool. Une gorgie suffit. Lorsque Remus souhaita se remettre sur ses pieds, la gravité le fit retomber ridiculement sur Sirius, qui fut prit par un nouveau fou-rire en s'apercevant que Remus était déjà atteint.
– Oh, arrête, je vais bien, grogna Remus en reprenant une gorgée du précieux nectar.
A son expression, celui-ci fut meilleur, car un sourire sincère fendit son visage. Il se lécha la lèvre avec une telle sensualité, que le ventre de Sirius se contracta violemment.
– Délectable, susurra Remus, les yeux légèrement vitreux.
– Quel goût? demanda Sirius, en essayant de cacher son trouble.
– Aucune idée, répondit son ami, en riant légèrement.
Sirius savait qu'il l'avait déjà perdu.
Remus laissait parfois sa tête tomber contre le dossier du canapé, dans le but de reprendre ses esprits. Il y parvenait presque, comme s'il cherchait la force et l'aide du loup. Après un nombre incalculable de gorgées, Sirius ne faisait plus le malin et était dans un état si lamentable, qu'il préféra, de lui-même, éloigner cette bouteille de malheur. Ils s'écroulèrent l'un contre l'autre sur le tapis du salon, celui où Harry nettoyait son balais, le matin même.
– Cet alcool est terrible, sourit Remus.
Sirius se pelotonna contre son ami. Il avait l'intention de passer la nuit en chien et s'en voulait presque de laisser Remus avec son cerveau tourbillonnant d'humain en proie à l'ivresse. Ils savaient tous les deux qu'ils n'allaient pas parvenir à se lever. Il leur était impossible de rejoindre leur chambre. Ils allaient dormir à même le sol, comme à leur septième année.
– Tu te souviens, mon Lunard? On avait dormi par terre, avec James et Peter. A cause de ce même alcool.
– C'est vrai. J'aimerais me réveiller demain et me rendre compte que ces dernières années n'étaient qu'un horrible cauchemar. J'aimerais me réveiller demain et voir Peter et James à nos côtés, avec une mauvaise gueule de bois. J'aimerais les voir se moquer de moi, parce que je suis dans un état qui est plus pitoyable qu'eux.
Sirius ne répondit pas tout de suite. La nostalgie et l'alcool ne faisaient pas bon ménage. Il se mordait la lèvre inférieure pour ne pas se laisser envahir par la tristesse.
– Je ne comprends pas Peter, soupira-t-il finalement, avec une profonde tristesse. Je ne comprendrais jamais pourquoi il a fait ça. Je le déteste tant.
– Ce n'est qu'un lâche, siffla Remus en collant son front contre celui de Sirius. Au fond... on l'avait toujours su. Il n'a aucun amour propre, aucun remord. J'ai honte de mettre trompé à ce point sur une personne. Et j'ai l'impression d'avoir fait que ça, toute ses années. Me tromper, encore et toujours.
– J'aurais donné ma vie pour la sienne. Il le savait. Il savait à quel point il était important pour nous. Et pourtant, il n'a pas luté, n'a pas hésité, il a simplement changé de bord.
– A Poudlard, il restait avec nous seulement parce que James et toi étiez les plus populaires et les plus redoutables de l'école.
– C'est faux.. il aimait être avec nous. Il nous suivait depuis le premier jour de la première année. On le défendait, on l'aidait en classe, on lui faisait confiance.. C'était réellement mon ami.
– Je sais, Sirius. Il était mon ami, à moi aussi. Mais il a gâché notre vie et ça, je ne pourrai jamais lui pardonner.. même s'il venait demain, en ayant tué Tu-Sais-Qui de ses propres mains, je continuerai à le haïr. Il a prit douze ans de notre vie. Douze ans que l'on aurait pu partager ensemble. Il a condamné James et Lily. Il a volé à Harry sa famille. A cause de lui, il a dû grandir avec des moldus abjectes et un cousin violent, aussi intelligent qu'un groupe de moutons égaré et effrayé.
Le front de Remus était toujours contre celui de Sirius. Il fermait les yeux, pour essayer de canaliser les effets de l'alcool et de la colère qui le submergeait à présent. Doucement, Sirius caressa sa joue et son dos. Il le serra dans ses bras, en enfouissant son visage dans son cou. Il respira l'odeur du parfum de Remus, qui se mélangeait à l'alcool qu'il s'était renversé sur lui et se laissa empoigner par l'allégresse du moment. Il déposa un baiser dans son cou et sur sa mâchoire et regarda son ami dans les yeux.
Remus ne réagissait pas. Le regard dans le vide, il ne semblait pas conscient de ce que Sirius pouvait lui faire. Alors, le sorcier arrêta immédiatement et embrassa tendrement son front. Ce geste sembla faire revenir Remus à la réalité, car il lui offrit un sourire et se mit à lancer une discussion sur des livres moldus, dont Sirius n'avait jamais entendu parler. Il l'écouta du mieux qu'il pouvait, alors qu'il n'était attiré que par ses lèvres qui se mouvaient avec enthousiasme au fil de son récit.
Soudain, Remus s'arrêta brutalement. Une moue attendrissante et boudeuse déformait son visage.
– Qu'est-ce qu'il y a? s'étonna Sirius, qui dû se tenir la tête, alors qu'un deuxième Remus apparaissait à côté de l'original.
– Je t'ennuie.
– Quoi? Absolument pas! J'aime t'écouter parler. Tu pourrais même me parler de ce foutu figuier abyssinien, que je trouverais ça passionnant.
Remus approcha son visage de celui de Sirius et plongea ses yeux dans les siens. Il l'observa un temps infini, alors que le cœur de Sirius bombardait violemment contre sa poitrine.
– Qu'est-ce qu'il y a? répéta Sirius après de longues secondes de silence.
– Rien. C'est juste que si je suis loin, je ne te vois pas. C'est pour cette raison que je me suis approché. Je ne voyais qu'une grosse masse noire, sur le moment j'ai cru que tu t'étais transformé.
Sirius éclata franchement de rire.
– J'aime t'entendre rire, murmura Remus.
Sirius perdit son sourire, et tout rire s'estompa, alors que la main de son ami se glissait sous sa chemise. Les yeux fermés, il inspira et expira doucement, pour que Remus ne puisse, en aucun cas, se rendre compte de son trouble et de l'accélération démesurée. Le lycanthrope ne l'avait jamais touché avant. Jamais.
Les mains de Remus voyageaient sur le torse de son ami avec douceur. Il se serra ensuite contre lui et pencha légèrement sa tête sur le côté. Avec la délicatesse d'une pétale de fleur, qui tomberait sur l'eau d'une rivière, il effleura de ses lèvres celles de Sirius.
L'animagus retenait sa respiration. Les yeux grands ouverts, il se sentait comme un adolescent, qui embrassait quelqu'un pour la première fois de sa vie. Il n'avait jamais été aussi maladroit. Il restait immobile, attendant la suite comme un suspect attendrait le verdict de la cour pénale.
Puis, Remus pressa plus fort ses lèvres contre celles de son ami, qui les entrouvrit légèrement sous l'effet de la surprise. Sirius ferma les yeux et se laissa faire, alors que Remus découvrait le plaisir d'un baiser. Pour Remus, c'était réellement le tout premier qu'il offrait. Sirius le savait. Et Merlin qu'il était reconnaissant que ce premier baiser soit pour lui.
La langue du lycanthrope, timide mais entreprenante avec l'aide de l'alcool, caressa les lèvres de Sirius, avant de se glisser dans sa bouche et de rencontrer sa jumelle. Sirius savoura ce baiser, qu'il trouvait doux et léger. Il n'osait pas le pousser davantage, de peur d'effrayer Remus.
Mais la fièvre l'emporta rapidement sur la tendresse, et le baiser s'enflamma. Le ventre de Sirius sembla alors prendre feu. Jamais un simple baiser ne lui avait fait autant d'effet. Il se sentait se consumer de l'intérieur et tout l'amour qu'il éprouvait pour Remus, explosa entre leurs lèvres unies.
Ils s'embrassèrent longuement et Sirius se détacha à regret de son ami. Il avait peur d'aller trop loin. Remus le questionnait du regard, comme s'il ne comprenait pas pourquoi il avait interrompu leur moment. Mais Sirius ne pu que lui offrir un sourire qu'il voulait le moins émotif possible. Le désir dans les yeux de Remus, devait refléter le sien, mais l'alcool brouillait ses sens. Il n'avait pas conscience de ce qu'il faisait.
Sirius ne savait même pas s'il rêvait ou non.
Tendrement, Sirius déposa une dernière fois ses lèvres sur celles de Remus, avant de l'attirer contre lui, pour qu'il puisse s'endormir sur quelque chose de plus confortable que le tapis du salon.
Je n'ai pas beaucoup d'avis sur mes chapitres. Je ne sais pas vraiment ce que vous en pensez, ni si je vous ai perdu en route.
