Chapitre 2 : Étourdi et confus
Harry bougea tandis qu'il sentait des mains étonnement chaude se déplaçaient sur lui. Il poussa un faible miaulement de douleur tandis que quelque chose appuya contre son flanc et il fut conduit à ouvrir les yeux. Cela lui demanda beaucoup d'énergie, plus d'énergie qu'il ne pensait posséder. Les images qu'il voyait étaient floues ; ce qui était étrange car cela faisait longtemps qu'il avait corrigé sa vue pour la guerre. Il cligna plusieurs fois des yeux et vit une robe noire se déplaçait devant lui. Pourquoi Severus ne lui avait pas fait faire un retour forcé dans sa forme humaine ?
Il essaya de se souvenir de ce qui été arrivé, il y avait eu une explosion... puis la douleur... puis... l'herbe ? Non, il avait été en face de Poudlard et il avait pensé que Severus l'avait trouvé, mais ce n'était pas Severus. Sa vision s'éclaircit lentement et il leva sa petite tête et pensa qu'il pourrait encore être en train de rêver. Salazar Serpentard regardait fixement vers lui. Il était en grande difficulté si ce n'était pas un rêve.
Il avait vu quelques images du fondateur Serpentard ; et bien que cette apparence soit beaucoup plus jeune il était certain que c'était bien Serpentard. Il détailla ses pommettes et son menton presque délicat. Ses yeux étaient brun foncé, presque noir comme ceux de Severus. Ses cheveux étaient longs, noirs, raides et soigneusement attachés derrière ses oreilles. C'était sans aucun doute Salazar.
Salazar sourit alors que le chat qu'il avait trouvé se réveillait. Il avait été préoccupé par les dégâts causé par la potion, mais il avait été en mesure de s'en occuper assez facilement. Il avait juste eu besoin d'un ongue contre les brûlures. Il le caressa et regarda le chat posait sa tête sur le côté. "Voilà. Je suis sûr que ça va beaucoup mieux."
Il pensa à comment le chat avait pu se retrouver dans cette situation. Il faudrait faire une annonce sur la manière de prendre soin des familiers. Il était furieux à l'idée d'un étudiant faisant du mal à un animal inoffensif, puis l'abandonner afin de ne pas avoir d'ennui. C'était irresponsable et cela aurait été impardonnable si l'animal avait été blessé de manière permanente. Il remarqua que le chat jetait des regards un peu confus. Pour être honnête, il semblait être assez jeune presque un chaton. Il caressa ses oreilles et dit : "Peut-être que tu veux te reposer pendant un peu de temps ici ? Ensuite, nous pourrons chercher ton maître et voir s'il est apte à te reprendre."
On pourrait presque penser que le chat avait incliné sa tête de curiosité et frotté ses oreilles. "Ne t'inquiètes pas, s'il ne convient pas, je suis sûr que je pourrais te faire un peu de place dans mes appartements."
Au moment où il y pensa il put imaginer la raillerie que Godric lui donnerait. Peu le savait, mais le Maitre des Potions avait un faible pour les animaux. Il fronça les sourcils, mais sachant déjà qu'il pourrait prendre quelques remarques pour le bien du chaton. Il se sourit à lui-même, il commençait déjà à s'attacher.
Harry écoutait seulement à moitié ce que disait Salazar. Son esprit était encore un peu étourdi alors qu'il tentait d'intégrer le fait qu'il semblait être de retour à l'époque des fondateurs... sous sa forme de chat. Il essaya de se rappeler de ce qu'il avait lu sur l'histoire des animagus. Avaient-ils été découvert à cette époque ? Il pensa alors... mais que ferait Salazar s'il découvrait que le chat qu'il avait sauvé était un animagus ?
Il était trop fatigué pour réellement réfléchir et ainsi se recoucha. Les mains de Salazar le faisaient se sentir si bien qu'il commença à fermer les yeux alors même que son esprit essayait de travailler. Il était à l'époque des fondateurs... en tant que chat... avec Salazar Serpentard. Comment allait-il retourner dans son temps sans modifier le flux du temps ? Il savait qu'il ne pouvait pas rester... il y avait trop de risque qu'il influt sur le futur, intentionnellement ou non.
Voyant que le chaton s'était endormi Salazar le récupéra dans ses mains et le porta dans les couloirs. Il n'allait pas prendre le risque de laisser seul un animal blessé dans son laboratoire de potion. Il avait déjà vu à quel point la créature était malchanceuse autour des potions. Il était l'heure du repas du soir de toute façon. Il apporterait ce chat avec lui afin de voir si l'un des élèves le reconnaitrait.
Il était presque certain que c'était un né-de-moldu qui avait blessé le chat. Il savait que les autres fondateurs désapprouvaient son insistance sur le fait qu'ils devraient être scolarisé ailleurs. Ils le regretteraient. Les né-de-moldus ne pouvaient pas être considéré comme digne de confiance avec les connaissances du monde magique. Les enfants magiques savaient à quel point les familiers étaient important, ils ne seraient pas resté les bras croisés en en voyant un blessé et surtout ne les aurait pas laissé souffrir.
Godric était assis en bout de table et souriait à tous les étudiants devant lui. Cela avait pris du temps, et Merlin savait plus de patience qu'il ne pensait posséder. Mais ils l'avaient fait. Poudlard était une famille maintenant, les étudiants apprenaient dans de bonnes conditions, la population sorcière augmentait de plus en plus. Tout allait bien. Il se préparait à commencer à manger quand il remarqua qu'il manquait quelqu'un. Il fronça les sourcils d'agacement. Il savait que Salazar pouvait se laisser emporter par ses projets, mais ce n'était pas une raison de louper le repas du soir. C'était le seul repas de la journée où tout le monde pouvait se rassembler et manger ensemble.
Puis la porte s'ouvrit et Salazar arriva avec sa distinction habituelle. Il avait dit une fois au chef des Serpentards qu'il serait plus accessible aux étudiants s'il laissait quelques uns de ses cheveux revenir sur son visage. Salazar l'avait simplement regardé et avait dit que cela était incompatible avec la préparation des potions.
Godric plissa les yeux quand il vit Salazar berçant quelque chose entre ses bras. Avait-il été blessé ? Était-ce la raison de son retard ? Il fronça les sourcils en regardant les étudiants, en essayant de voir s'il y en avait un avec un comportement suspect. Ils avaient tous l'air aussi surpris que lui de voir Salazar montrer un signe de faiblesse. Salazar s'installa sur le siège à côté de lui et se contenta de lever un de ses sourcils délicatement arqués tout en disant : "Allons-nous commencer ?" Comme si c'était de la faute de Godric que le repas avait été retardé.
Ils dirent une bénédiction pour le repas et bientôt le bavardage bruyant des étudiants reprit tandis qu'ils discutaient de ce qu'il s'était passé aujourd'hui. Ici, dans un château isolé avec seulement un petit village à proximité, les étudiants n'avaient pas grand chose à faire, à part raconter des ragots et étudier. Il sourit puis se tourna vers Helga quand elle le poussa légèrement sur le côté.
Même si elle semblait délicate, il ne voudrait pas croisé Helga sur un champ de bataille. Elle pouvait se révéler aussi féroce qu'une tigresse si le besoin se faisait sentir. Son apparence délicate avec ses cheveux blonds ondulés et ses yeux bleu vif avait perdu beaucoup d'hommes, à la fois pendant un combat que dans la vie. "Est-ce que Salazar va bien ? Il semble se tenir le côté." murmura-t-elle pour que Salazar n'entende pas la question ; mais s'il voulait ils savaient tous qu'il pouvait utiliser la légilimencie afin de savoir ce que tous pensaient.
Rowena qui était assise de l'autre côté d'Helga se pencha avec un sourire en coin omniscient. Certes, elle ressemblait à un corbeau comme le souligné son nom avec ses cheveux bruns foncé qui était coupé à un angle afin de correspondre à sa mâchoire pointue qui allait avec la dureté de ses yeux bleu saphir comme elle murmurait diaboliquement : "Oh, ce n'est pas lui qui est blessé... Salazar a un cœur tendre après tout."
Tout trois essayèrent de regarder discrètement sous la table et remarquèrent que Salazar gardait une main sur ses genoux pendant qu'il mangeait. Son bras bougeait à peine et quand il le faisait c'était dans un petit mouvement d'avant en arrière. Pensant que les autres fondateurs ne lui prêtaient aucune attention, il appela un elfe et lui demanda de lui apporter une soucoupe de lait. Ils furent tous confus à cette demande jusqu'à ce qu'un petit chat noir sauta de ses genoux et se mit à laper le lait. Leur temps d'observation fut suffisamment longue pour que Salazar le remarque et braqua son regard le plus intimidant sur eux. "Puis-je vous aider ?"
Les trois étaient stupéfaits, silencieux, Godric fit un brillant sourire alors qu'il disait : "Oh, nous étions curieux de connaitre ton ami..."
Godric se sentait comme un enfant grondé lorsque Salazar leva un sourcil et indiqua d'un ton lui faisant clairement comprendre que ce n'était pas ses affaires : "Oh, vraiment ? Qui est ce 'nous' ?"
Les sourcils de Godric se rejoignirent et il se tourna vers Helga et Rowena quand il vit que les femmes avaient soudainement commencé une autre conversation et avaient totalement ignoré son moment de détresse. Il gémit intérieurement à la fourberie féminine et dit : "Qui est-il ?"
Harry s'était réveillé sur les genoux de Salazar et n'avait pas eu beaucoup de temps pour réfléchir avant que son corps épuisé ne réclame de la nourriture. Il semblait que Salazar savait exactement ce dont il avait besoin comme il fit apparaitre une soucoupe de lait. Harry sauta sur la table sans hésitation et commença à boire le lait de bon cœur. Ses oreilles tremblaient comme il entendit l'échange entre Salazar et Godric. Il fit une pause dans son repas, trop abasourdi pour manger en regardant leur badinage. Certes, ce n'était pas un badinage très chaleureux, mais c'était une preuve de leur amitié. Il se demandait où cela avait mal tourné...
Il remarqua que Godric l'étudiait avec attention et lui donna simplement un poli 'miaow' avant de retourner à son repas. Il semblait que Salazar savait assez bien gérer Godric.
Godric avait su que Salazar apprécié les animaux. En fait, cette année, il avait suggéré qu'ils commencent un cours de soin aux créatures magiques. Ce fut une bonne idée, il avait dû l'admettre, il était juste surpris que cette idée vienne de Salazar. Il avait également fait ce qu'on pourrait appelé une moue mentale en voyant comment Salazar caressait tendrement le chat. Salazar n'avait jamais été très tendre avec lui.
Salazar pouvait déjà voir que Godric boudait et murmura : "Si tu tiens tant à savoir, sache que c'est un familier blessé que j'ai secouru. Jusqu'à présent, aucun étudiant n'a été assez courageux pour admettre qu'il leur appartient et qu'il l'a laissé mourir." Le regard sur son visage indiqua à Godric exactement quel genre d'étudiant il soupçonnait.
Godric secoua la tête. " Les enfants peuvent parfois être très... puéril. Je doute que l'un d'entre eux avoue avoir blessé un familier."
Harry sentit que des arguments germaient entre les deux têtes, bien qu'il savait qu'il ne devait pas intervenir, il n'était même pas sensé être ici et ils se disputaient à son propos. Il fit un pas loin de la soucoupe et se pencha pour lécher la main de Salazar avant de boiter vers Godric et de lécher sa main également.
L'expression farouche de Salazar s'adoucit à la léchouille et il passa doucement sa main sur le corps d'Harry. "Eh bien, si personne ne le réclame je le garderais." Il fit une pause. "Est-ce que ça te dérange ?"
Godric fut stupéfait. Il ne pouvait pas se souvenir d'une autre fois où Salazar avait demandé son autorisation pour quelque chose, même s'ils partageaient les mêmes quartiers privés. Il combattit l'envie de sourire à Salazar lorsqu'il dit : "Bien sûr, il semble adorable."
Au cours de la discussion Harry devait admettre qu'il était heureux, il avait un endroit sûr pour dormir ce soir. Le seul problème étant... comment allait-il reprendre sa forme humaine sans attirer l'attention ? Il pensait qu'il avait jusqu'à ce soir pour trouver.
