12.
Les rayons du soleil venaient caresser le visage endormi de Sirius. Il ouvrit brièvement les yeux et les referma en lâchant un juron. Son corps lui faisait si mal, qu'il aurait préféré ne jamais se réveiller. Il contracta son dos en grimaçant, même à Azkaban, il n'avait jamais dormi si mal. Mais le pire à ce moment précis, était clairement ce qu'il se passait dans sa tête. Un violon à la mélodie particulièrement aiguë et stridente, semblait prendre un plaisir malsain à grincer à l'intérieur de son crâne.
Un rire raisonna dans le salon. C'est à ce moment là que les pensées de Sirius se remirent en place. En un éclair, la soirée de la veille se déroula de nouveau devant ses yeux et les battements de son cœur devinrent frénétiques. Remus l'avait embrassé. Enfin, un Remus complètement déchiré l'avait embrassé. Mais il l'avait embrassé.
Alors qu'il se répétait cette même phrase en boucle, le rire de Remus ne s'estompait pas.
– Arrête donc de rire, veux-tu? maugréa Sirius en se redressant sur ses coudes. J'ai le crâne qui va sans doute exploser d'une seconde à l'autre.
D'un pas de félin, Remus s'avança vers son ami. Il l'observa un instant et bu une gorgée du café fumant qu'il tenait entre ses doigts. Il devait être encore bouillant, car il grimaça un instant et retira son visage de sa tasse.
– J'étais le plus lamentable hier, mais c'est toi qui en bave le plus ce matin. Laisse-moi savourer ce moment, s'il-te-plaît.
– Tais-toi, grogna l'animagus en se tenant les tempes.
Finalement, il dévisagea le lycanthrope avec attention. En effet, à part des cernes aux couleurs inquiétantes, qui venaient troubler son éternelle peau trop pâle et maladive, Remus semblait parfaitement en forme. Il n'y avait aucune trace d'abus d'alcool. Son esprit semblait parfaitement en ordre.
En tout cas, son sourire était rayonnant.
– Je te signale, reprit Sirius, que tu as dormi à moitié allongé sur moi, tu as donc passé une nuit plus correcte que la mienne. Tu ne peux pas savoir à quel point mon dos me fait souffrir. J'aimerais sortir et me faire masser dans l'institut moldu où Lily nous avait emmené une fois. C'était vraiment délicieux.
– Bien sûr, sors et les détraqueurs se feront un plaisir de faire ton massage eux-même.
Sirius haussa un sourcil perplexe devant son ami qui paraissait totalement détendu malgré l'événement de la veille. Il ne releva pas sa remarque et se mit douloureusement sur ses pieds. Remus n'était pas gêné ou si c'était le cas, il ne le montrait pas. Avait-il oublié ce qui s'était passé la veille, ou faisait-il semblant pour mieux l'ignorer? Sirius était légèrement blessé par l'attitude de son ami, mais n'en fit rien paraître. Il attrapa la tasse de Remus et la porta à ses lèvres. Le café était parfait, dosé exactement comme il l'aimait. Satisfait, il alla s'asseoir sur le canapé et alluma l'écran de télévision moldu.
– Je t'en prie, prends mon café, je vais m'en servir un autre, soupira Remus.
– Tu es réveillé depuis longtemps? le questionna Sirius en ignorant une fois de plus la remarque de son ami.
– Non, pas vraiment. Mais je vais bientôt devoir rejoindre Harry à son anniversaire, alors il faut que j'aille me préparer. Je suis désolé, tu sais.
Le cœur de Sirius s'arrêta de battre en entendant cette phrase. Remus était désolé? Allaient-ils enfin parler de leur baiser? S'en voulait-il? Sirius allait répliquer que cela ne faisait rien, que c'était déjà oublié, lorsque Remus le devança.
– J'aurais vraiment aimé que tu puisses te joindre à moi. Tu mérites de t'y rendre toi aussi. Ce n'est pas juste.
– Oh, répondit idiotement Sirius, qui ne s'attendait absolument pas à ça. On le fêtera plus tard. Je suis sûr que le gamin sera enchanté à l'idée de le fêter une deuxième fois. D'ailleurs, tu vas y aller les mains vides?
– Pour ce qui est du petit Londubat, je n'ai malheureusement rien pour lui offrir. Mais pour Harry, j'ai quelque chose qui pourrait lui plaire.
Sirius hocha pensivement la tête. Il n'était même pas curieux de savoir ce que Remus allait lui donner. En réalité, il était profondément triste et amer. L'indifférence de Remus le touchait plus que ce qu'il ne voulait l'admettre. Il ne pouvait même pas regarder son ami, car dès que ses yeux se posaient sur lui, il le revoyait en train de pencher légèrement son visage sur le côté, afin de l'embrasser. Il l'avait embrassé, bordel. Embrassé. Il n'arrivait toujours pas à y croire. Et s'il l'avait tout bonnement imaginé? Ce n'aurait pas été la première fois.
– Tu es bien dans la lune, remarqua Remus en s'asseyant à ses côtés, une nouvelle tasse à la main.
– J'étais en train de me dire que Servilus allait sûrement faire parti de la fête, mentit Sirius.
– Tu crois?
– Oui. Ça ne doit définitivement pas l'enchanter. Si je le lui demandais, il accepterait de me laisser boire du polynectar pour que j'aille à la fête à sa place.
Remus manqua s'étouffer avec le café qu'il était en train de boire.
– Toi..dans la peau d'un homme qui te révulse depuis tes onze ans? ria-t-il
– Je plaisantais. Les loups n'ont donc aucun sens de l'humour?
Remus haussa les épaules, sans perdre le sourire enjôleur qui illuminait son visage. Ses yeux tombèrent sur la bouteille presque vide de vodka mystère. Alors que Sirius s'attendait à voir un trouble apparaître sur le visage de son ami, Remus éclata une nouvelle fois d'un rire joyeux et moqueur.
– Quel maudit alcool, lâcha-t-il enfin, en prenant un ton beaucoup plus sérieux. Mon comportement est inexcusable. Je ne sais pas ce qui est arrivé hier soir. Ne m'en tiens pas trop rigueur, d'accord? En y repensant, c'était plutôt drôle. Et tu embrasses très bien.
Sous le choc, Sirius ouvrait et fermait sa bouche comme un poisson hors de l'eau. Il aurait dû s'en douter, de toute façon. La relation qu'ils partageaient était suffisamment ambigu, pour être fragilisé par un simple baiser. C'était beaucoup. Ils avaient franchi une limite certaine. Mais ce n'était pas grave. Ce n'était pas assez pour que Remus en soit gêné.
– Je suis le meilleur dans le domaine, murmura Sirius, après quelques secondes de silence. Même Azkaban n'a pas pu m'enlever ça.
– Ta modestie te tuera, ironisa Remus en l'observant du coin de l'œil. Ce n'est pas comme si je pouvais vraiment comparer, non plus.
– Non. Mais je te le dis, tu ne trouverais pas meilleur cobaye.
– Tant mieux, alors. Parce que je ne compte plus jamais réitérer la chose.
– Lunard, tu sais que tu pourrais très bien...
– Ne continue pas ta phrase. Je sais ce que tu vas dire. Tu vas encore me sortir que je peux très bien vivre ma vie avec quelqu'un et que je ne suis pas un monstre. Tu sais que tu rabâches? Seulement, non, je ne peux pas infliger ce fardeau à personne et si, je suis un monstre. Un loup-garou est un monstre et c'est ce que je suis.
– Toi aussi tu rabâches. Et tant que tu continueras à te voir comme un monstre, je continuerais à te dire le contraire. Tu ne te transforme qu'une seule fois par mois. Le reste du temps, tu es la meilleure personne que je connais. Tu n'as pas à te priver de vivre ta vie, pour quelque chose que tu ne peux pas contrôler. Ce n'est pas de ta faute.
Remus leva les yeux au ciel et se leva brusquement. Ce n'était pas ce qu'il voulait entendre. Il ne pouvait pas l'accepter. Il offrit tout de même un faible sourire à son ami et monta dans sa chambre pour se préparer.
Une bonne heure plus tard, il transplannait devant la salle prévue pour l'anniversaire de Harry et de Neville. Il pouvait entendre les rires et les bavardages à l'intérieur. Molly lui avait dit que seul les invités pouvaient pénétrer dans la salle et qu'il n'avait pas besoin d'attendre une autorisation avant de le faire. Il frappa donc doucement à la porte, simplement par pur principe et l'ouvrit.
Tous ses anciens élèves se précipitèrent vers lui pour le saluer et serrer sa main. Ils semblaient tous très heureux de le revoir, même en sachant sa condition de loup-garou. Ému, Remus chercha Harry du regard. L'adolescent se trouvait près d'Hermione et le fixait avec un air de faux reproches sur le visage. Son sourire criait «vous vous êtes tous bien foutu de moi, n'est-ce pas?». Remus lui rendit son sourire et alla à sa rencontre.
Ils se regardèrent un instant et Harry lui tendit une main légèrement hésitante.
– Bon, et bien, joyeux anniversaire en avance.
– Merci..monsieur, répondit le jeune sorcier.
Rogue les fixait d'un regard méprisant. Un léger rictus moqueur s'était formé sur ses lèvres. Remus l'ignora et se laissa tomber à ses côtés.
– Comment ça va, Severus?
– Comme quelqu'un que l'on a forcé à participer à une fête idiote composée de gryffondor minables. Quoi que, gryffondor et minable sont des pléonasmes.
– Ravi de voir que tout va bien. Je vais très bien également, merci de poser la question.
Rogue leva les yeux au ciel. Remus se demandait comment Molly l'avait menacé et ce qu'elle avait pu lui dire, pour parvenir à le faire sortir de son antre.
Il se concentra ensuite sur Harry, qui riait avec Dean et Ron.
Seamus s'approcha timidement de son ancien professeur et lui offrit un pauvre sourire.
– Professeur Lupin, vous êtes sûr de ne pas vouloir revenir à Poudlard, l'année prochaine? Vous savez, vous êtes le meilleur professeur de défense contre les forces du mal, qu'on a jamais eu.
Rogue soupira avec dédain.
– Je n'ai pas le choix. C'est mieux ainsi.
– Mais vous avez donné votre démission. Vous pourriez peut-être revenir? Je suis sûr que Dumbledore en serait ravi.
– Je ne le peux pas.
Seamus baissa tristement la tête et haussa les épaules. Au moins, il avait essayé. Même s'il ne voulait pas le montrer, Remus était profondément touché par l'attention que lui montrait ses anciens élèves, depuis qu'il était arrivé. Il recevait des sourires sincères de tous les côtés.
Molly posa un dernier plat sur la table et serra doucement Harry par les épaules, sans lâcher Rogue du regard. La mère de famille semblait, par ce geste, vouloir montrer au maître des potions la manière avec laquelle il fallait traiter l'adolescent. Rogue avait dû également le comprendre, car il fronça les sourcils et détourna le regard d'un air las.
Le repas se déroula tranquillement. Harry bavardait joyeusement avec Hermione et Ron. Il semblait toujours un peu hésitant et gêné, lorsqu'ils lui demandaient comment se passaient ses vacances. Il restait très évasif et ne voulait pas entrer dans les détails. Hermione semblait surprise par son attitude. Cette petite était bien trop intelligente, son cerveau devait surchauffer.
– Drago va venir chez Rogue pendant neuf jours.
– Neuf jours? s'horrifia Ron en haussant les sourcils. Tu pourrais peut-être venir à la maison pendant ce temps, non?
– Rogue ne le permettra pas.
– Neuf jours.. répéta Ron en se laissant tomber contre le dossier de sa chaise.
– Il faudra que tu sois prudent, Harry, s'inquiéta Hermione, il va sûrement chercher à te pousser à bout. On ne sera pas avec toi, alors ne le cherche pas et ne répond pas à ses provocations. Peut-être que si tu l'ignores, il se lassera tout seul?
Harry haussa brièvement les épaules. Sa cohabitation avec Malefoy ne le tracassait pas plus que ça. Après tout, il avait vu qu'ils pouvaient avoir un échange correct s'ils le voulaient. Il jeta un coup d'œil vers Fred et George qui faisait rire les invités. Bill et Charlie étaient en proie à une grande conversation, qui s'accentuait souvent par des sourires complices. Ginny, quant à elle, discutait calmement avec Neville. Harry se tourna finalement vers Ron, les sourcils froncés.
– Percy n'est pas là, remarqua-t-il.
– Il passe tout son temps au ministère, comme je te l'ai expliqué hier soir. Il est de plus en plus insupportable. Il devait venir dîner aujourd'hui, mais apparemment il avait quelque chose de plus important à faire.
A la fin du repas, les assiettes et les plats s'évaporèrent pour laisser place à deux magnifiques gâteaux et de nombreux cadeaux. Les deux adolescents se levèrent et commencèrent à les déballer. Hermione avait offert la toute nouvelle version de bataille explosive à Harry, qui la remercia d'un large et reconnaissant sourire.
– Tes vacances ne doivent pas être très plaisante, murmura-t-elle doucement, pour que Rogue ne puisse pas l'entendre. Alors je me suis dis qu'un jeu te ferait plus plaisir qu'un livre ou quoi que ce soit d'autre.
– Merci.
Harry prit ensuite un cadeau à l'emballage sombre. Il ne savait pas de qui il provenait, mais à présent qu'il en avait ouvert une bonne dizaine, il ne pouvait provenir que de Lupin ou de Rogue. Il avala difficilement sa salive, en imaginant Rogue lui offrir un présent et déchiqueta doucement l'emballage. A l'intérieur se trouvait un livre «les potions pour les cas désespéré». Il n'y avait plus aucun doute sur sa provenance. Tout le monde éclata de rire et Harry remercia timidement Rogue, qui restait impassible et froid.
Hermione lui arracha le livre des mains et l'observa de plus près, le trouvant très intéressant.
– Il t'aidera beaucoup, Harry, précisa-t-elle, après avoir effleuré quelques pages.
Le jeune sorcier prit donc son dernier cadeau, qui était de Remus. Il lui adressa un sourire complice avant de le déballer. Il s'agissait d'un carnet, qui contenait de nombreux dessins, brouillons et notes en tout genre. Un carnet qui avait été tenu par Sirius et son père, quand ils étaient à l'école. Il était très bien tenu, même s'il était gribouillé par endroit. Un étrange sentiment broya alors l'intérieur de son corps et Harry se sentit à la fois profondément heureux et triste.
Harry sauta au cou de Remus, tout en le remerciant. Tout le monde était surpris par ce geste et retenait son souffle, attendant la réaction du lycanthrope. Même s'il était facile d'apprécier Lupin, personne n'aurait eu ce geste si intime à son égard. Mais, un large sourire étira les traits fatigués du lycanthrope, qui entoura tendrement son jeune protéger de ses bras.
– Merci, Remus. Ça me fait vraiment plaisir.
– De rien, mon grand. C'est aussi de la part d'une boule de poils que toi et moi connaissons bien.
Harry lui sourit à cette remarque.
Le jeune sorcier se détacha de Remus et observa son carnet avec une grande attention. Il dévora les premières lignes et se tourna vers Remus avec un sourire amusé.
– Heureusement que mon père et Sirius n'étaient pas à Poudlard en même temps que Fred et George, ou le château n'aurait plus de mur pour le porter.
La salle se raidit à la mention de Sirius Black. Furieuse, Molly s'empressa de prendre le carnet des mains de Harry, pour en lire brièvement le contenu.
– Comment pouvez-vous faire ça? s'emporta-t-elle. Êtes-vous inconscient? Ce pauvre petit n'a vraiment pas besoin de ça.
– Il a l'air plutôt satisfait de son cadeau, répondit Ron en se saisissant à son tour du carnet, pour en feuilleter quelques pages.
– Évidemment! Il a été écrit par son père, mais il n'a pas besoin de voir quel point il s'entendait avec cet infâme meurtrier! Comment croire en l'amitié après cela? C'est à cause de Black que ses parents sont morts.
– Félicitation Lupin, sourit mauvaisement Rogue. Cinquante points pour Gryffondor.
Remus le foudroya du regard. Ron et Hermione étaient profondément embarrassés par la situation. Ils avaient envie de défendre Sirius, mais ils ne pouvaient rien faire. Ils se contentaient de fixer Harry et leur ancien professeur, comme s'ils craignaient de les voir réagir.
Finalement, Harry prit doucement la parole.
– J'aimerais que vous n'insultiez plus Sirius Black devant moi, s'il-vous-plaît. Je sais que je ne peux pas vous demander de ne plus le faire du tout, mais seulement si vous pouviez éviter de le faire en ma présence, je vous en serais reconnaissant.
– Mais Harry, soupira tristement Mr Weasley. Je pensais que tu étais au courant. Cet homme..
– Je sais, le coupa Harry.
– Écoute..
– Papa, grogna Ron.
Rogue scrutait Lupin et Harry avec attention.
Un silence pesant s'installa dans la salle. Puis, Ginny s'exclama que ce gâteau lui faisait sacrément envie et tout le monde lui en fut reconnaissant.
La journée se déroula ensuite sans incident.
– Potter, allons-y, trancha Rogue alors que le soir commençait à tomber à travers la fenêtre.
– Avec vous? murmura Harry.
– Bien sûr avec moi, s'agaça-t-il sur un ton tout aussi bas, en levant les yeux au ciel. Faites discrètement comprendre à Lupin que l'on s'en va et rejoignez-moi à l'entrée.
Rogue partit sans même dire au revoir aux autres. Harry, lui, prit soin de remercier tout le monde et Molly le serra longuement dans ses bras.
– Surtout, Harry, n'hésite pas à nous écrire si quoi que ce soit ne va pas.
– Merci, Mrs Weasley, mais vous savez, vivre avec le professeur Rogue n'est pas si abominable que ça.
Elle ne semblait pas vraiment convaincue, mais n'ajouta rien. Elle le regarda tristement partir et Harry s'empressa de refermer la porte derrière lui. Il comprenait que Rogue souhaitait transplanner et pas prendre la poudre de cheminette. Il s'accrocha à son bras en soupirant. Il détestait transplanner, il détestait la sensation que cela résultait.
Une fois de retour chez Rogue, Harry se dirigea machinalement vers la cheminée, mais ce dernier l'en empêcha, le retenant par le bras.
– Si vous ne me dîtes pas la vérité, je n'aurais aucun scrupule à user du veritaserum sur vous, Potter.
– De quoi voulez-vous parler?
– De votre cher parrain.
Harry haussa les sourcils.
– Je ne comprends pas, répondit sèchement Harry, qui n'appréciait pas la conversation.
– Je crois bien que si.
– Puis-je rejoindre Lupin, professeur? Il doit être arrivé à présent.
– Non. Pas avant d'avoir obtenu quelques explications. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il vous avez épargné, alors qu'il était parvenu à s'infiltrer dans votre dortoir. Il aurait si simple de se débarrasser de vous, soupira-t-il, légèrement dubitatif.
– Il ne voulait rien me faire. Il voulait s'en prendre à quelqu'un d'autre ce soir là.
– Lily et James sont morts à cause de lui.
– Non! Sirius n'était pas le traître. Peter Pettigrow est responsable de la mort de mes parents.
– Ne dîtes pas de stupidité plus grosse que vous. Cet imbécile de Pettigrow adulait totalement votre crétin de père. Black était le gardien du secret. C'est à cause de lui.. C'est totalement de sa faute.
– Vous ne savez pas écouter, professeur, alors pourquoi demander des explications?
Rogue le foudroya d'un regard sévère, avant de soupirer d'un air las et de l'inciter à continuer.
– Ils avaient changé à la dernière minute. Mon père et Sirius pensaient que Remus était le traître. Ils pensaient faire une ruse à Voldemort, en agissant ainsi.
– Ne prononcez pas le nom du Seigneur des Ténèbres, Potter. C'est absurde d'avoir fait ça. Si ce que vous dîtes est vrai, Black aurait préféré mourir plutôt que trahir son meilleur ami. Alors pourquoi avoir fait quelque chose d'aussi stupide?
– Donc, vous me croyez?
Rogue ignora la question de son élève d'un geste de la main, comme s'il souhaitait chasser une mouche invisible.
– Où se trouve-t-il en ce moment?
– Je ne sais pas.
– Ne me mentez pas.
– Je vous dis que je ne sais pas. Il doit se cacher quelque part, sans doute. Je n'ai aucune nouvelle. Tous les Aurors du ministère le recherchent.
– Comment a-t-il pu s'échapper d'Azkaban? continua Rogue d'un air intéressé.
– C'est un sorcier remarquable.
– A d'autres! Il y a autre chose, et vous le savez. Dîtes-moi le, s'il-vous-plaît, ajouta-t-il brièvement en voyant à quel point son ton était agressif. Je veux simplement comprendre.
– Je ne laisserais jamais personne atteindre Sirius. Vous le détestez autant que vous haïssiez mon père. Je n'ai pas confiance en vous.
– Vous, les gryffondor, ressentez toujours le besoin de faire les grands dramaturges. C'est vraiment pathétique. Potter, je veux bien croire en l'innocence de Black. Il est après tout accusé d'être responsable de la mort de vos parents. Vous êtes celui qui est le plus touché par ces accusations. Si vous ne le croyez pas, alors je veux bien revenir sur mon propre jugement. Et je vois bien que Lupin lui a également pardonné. Je le soupçonnais d'être son complice, de l'avoir fait rentrer dans le collège, mais j'ai dû admettre mes torts. Lupin ne vous mettrait jamais en danger, il vous apprécie bien trop pour ça. Même si je déteste Black, et il ne pourrait en être autrement, il me semble qu'Azkaban est bien cher payé pour me venger de nos querelles de jeunesse.
– Vous oubliez le numéro que vous avez fait à l'infirmerie? Je ne vous ai pas trouvé très mature à ce moment là. Et vous ne l'avez pas non plus été, lorsque vous avez lâchement dénoncé le statut de Lupin.
– Ne me traitez pas de lâche, Potter. Je n'accepterais pas ça, souffla-t-il avec colère. Mon orgueil était profondément touché cette nuit là. Me faire ridiculiser ainsi par trois élèves de troisième année, que je venais sauver en plus de ça et encore par les maraudeurs, m'a mit dans une rage noire. Je pensais que Lupin était son complice. Et Black.. je le voyais s'enfuir, je pensais qu'il avait été responsable de la mort de votre mère.. et.. de votre père. Pure question de professionnalisme.
Rogue se mordit violemment la joue. Les yeux dans le vide, il semblait réfléchir, légèrement pâle. Il avait vendu les Potter sans le savoir. Il était responsable de la mort de Lily. Mais ça, Harry ne le savait pas. Il était aussi responsable que Black, ou que Pettigrow, peu importe.
– Vous avez raté Pettigrow de peu, ce soir là.
Rogue le foudroya du regard. Il n'avait pas oublié que son élève lui avait lancé un sortilège.
– Pettigrow est mort, trancha-t-il sévèrement.
– Non! Croutard, le rat de Ron et Pettigrow sont la même personne. Sirius ne l'avait pas tué. Peter avait monté une véritable mise en scène pour faire croire en la culpabilité de Sirius et le faire arrêter. Il a tué les moldus et s'est coupé un doigt, avant de s'enfuir dans le caniveau le plus proche, sous l'apparence d'un rat.
– Il faut être un animagus pour se transformer en rat.
– C'est un animagus.
Rogue se mit à rire. Un rire sombre, qui n'avait rien de joyeux.
– Cet incapable, ce minable de Pettigrow, un animagus? C'est sans doute ce que j'ai entendu de plus drôle ces dernières années.
– Vous ne me croyez pas, grogna Harry en fronçant les sourcils, fatigué par cet échange qui ne menait à rien.
– Soit. Admettons deux secondes que ce soit réellement un animagus non déclaré.
– C'en est un! C'est un animagus! Un rat! Et il est toujours bien vivant et quelque chose me dit qu'il est allé retrouver Voldemort.
– Ne. Prononcez. Pas. Ce. Nom. Comment cet idiot est-il parvenu à réaliser un tel exploit?
– ...Mon père était un cerf. Il l'a aidé. Ils ont travaillé ensemble sur ce projet, lorsqu'ils étaient à Poudlard.
– Votre..non.
– Si. Ils ont fait ça pour Remus. Pour qu'il ne soit plus seul les nuits de pleine lune.
Rogue se fit pensif un instant et Harry restait silencieux. Il s'en voulait de trahir ainsi le secret des Maraudeurs, mais il sentait qu'il pouvait faire confiance au maître des potions. Même si cela le tuait de le dire.
– Et votre parrain peut se transformer en chien.
– Quoi? s'exclama Harry, légèrement décontenancé. Qu'est-ce qui vous fait dire ça?
– Je le voyais souvent traîner autour du château. Je me suis déjà posé la question sur ce que ce sale cabot pouvait venir faire dans les parages. Mais à chaque fois que j'essayais de l'attraper, il parvenait à s'enfuir. Il semblait garder un œil sur vous, car à chaque fois que je le voyais, vous n'étiez jamais bien loin.
– Qu'allez-vous faire de ces informations?
Rogue soupira et passa ses mains sur son visage.
– Rien.
Harry s'en voulait à présent. Mais il savait que Rogue détestait le ministère. Jamais il n'irait dire quoi que ce soit à Fudge. Et Pettigrow dehors, tous les mangemorts devaient être au courant de l'animagus de Sirius. Alors, ce n'était pas vraiment important.
– Déguerpissez, soupira-t-il.
Bonjour à tous. Ces derniers jours, je n'avais pas vraiment la tête à écrire. J'espère que vous allez tous bien et qu'aucun de vous n'a perdu de proches dans ces attentats. Faites attention à vous.
Emilie-Okami : je poste mes chapitres un peu n'importe quand, je ne suis pas vraiment régulière mais je veux tout de même être rapide, pour vous faire attendre le moins possible
