Chapitre 4 : Fin de la première vie
Le jour de classe suivant Salazar avait scruté ses étudiants tandis qu'il errait autour de la classe. Il se pencha et les corrigea tranquillement quand il remarqua que quelque chose clochait. Pour la plupart ils semblaient aller bien. C'était une petite classe alors il était en mesure de donner à chaque élève autant d'attention qu'il leur fallait. Il permit à ses lèvres de se soulever légèrement vers le haut quand il sentit une douce queue frotter contre son cou. Il regarda en fronçant les sourcils quelques étudiants qui lui envoyaient des sourires entendus. La créature était encore blessée... elle ne pouvait pas être laissée seule.
Harry trouvait les épaules de Salazar très confortable. Il se blottit contre le cou de Salazar tout en lui donnant un petit coup de langue. Il fut surpris que Salazar soit si semblable à Sev, mais... en beaucoup plus doux et plus agréable. Dans la classe de Sev il avait l'habitude de s'accrocher avec ses griffes à ses robes afin que ses mouvements brusques ne le délogent pas.
Salazar marchait avec un rythme lent et mesuré qui n'était jamais pressé et il parlait doucement. Harry remarqua que grâce à cela, les étudiants étaient plus calme et mieux capables de se concentrer sur leurs potions. Il eut un petit sourire de chat... il se demandait ce que penseraient Severus de son style d'enseignement.
Salazar se tourna et regarda le petit chat qui ronronnait tout à fait heureux sur son épaule. Il sourit ; si peu de gens pouvaient apprécier la façon dont la fabrication de potion pouvait être réconfortante. Il caressait la tête du chat avec sa main. Il avait encore de la difficulté à trouver un nom. Il était sûr que cela viendrait bientôt à lui.
En comparaison du calme paisible qui remplissait les cachots... la salle de Défense était une autre affaire.
"Et voilà comment est fait un bouclier de défense approprié !" rugit Godric à sa classe tandis qu'ils l'applaudissaient. Il effectua un salut fictif et remercia l'étudiant qui l'avait aidé. La lumière froide du soleil emplit la salle de classe tandis qu'il se mit à rire et montra à nouveau la démonstration, mais plus lentement afin qu'ils puissent suivre le processus.
Ses cours étaient toujours... énergique... pour ainsi dire. Souvent leurs cris pouvaient être entendu partout dans le château ; au grand dam des autres professeurs. Il ne leur avait pas encore accordé beaucoup d'attention. Il était fier du fait que les étudiants préféraient sa classe.
Harry somnolent ouvrit ses yeux verts brillants tandis qu'il entendit la voix de Salazar murmurait que la classe était terminée pour la journée. Les étudiants sortirent aussi tranquillement qu'ils avaient suivi la classe faisant à nouveau sourire Harry. Il se tenait sur les épaules de Salazar et s'étira lentement. Sa queue s'enroula autour de la gorge de Salazar tandis qu'il poussa un petit bâillement.
Il avait médité sur la façon d'aider les deux. Il pouvait voir l'affection qu'ils se vouaient l'un à l'autre. Il poussa un petit soupir. Ils s'aimaient... ils se battaient autant qu'ils s'aimaient. Il pensa à Sev et Remus... ils s'étaient battus aussi mais la présence de Teddy avait aidé à les calmer.
Harry passa d'à moitié endormi à pleinement éveillé en moins d'une seconde. C'était ça ! Ils avaient besoin d'un juste milieu... quelque chose qui fonctionnerait comme une zone neutre pour eux. Ses moustaches se levèrent comme il souriait béatement. Il suffisait de trouver un terrain d'entente.
Salazar regarda le chat soudainement excité du coin de l'œil. Il fit un petit sourire tout en secouant légèrement la tête. Il était temps d'apprendre à mieux connaitre ce chat... il était un peu empoté. Il somnolaient et ensuite, comme c'était le cas maintenant, il était soudainement plein d'énergie. Il se demanda ce qui l'avait tellement excité mais là encore c'était un chat. Il avait probablement juste vu quelque chose de brillant.
Harry remarqua la concentration dans le regard que Salazar lui avait envoyé mais il supposait qu'il devait s'y attendre. Il n'était après tout qu'un chat. Ses lèvres roses se retroussèrent à la pensée alors que ses yeux se fermèrent de plaisir. Seulement un chat. C'était une pensée incroyable. Il avait même commencé à ronronner faiblement. Il n'y avait pas de sauveur... de héros... de prophétie. Il était juste un chat. Pas même d'une couleur spéciale juste un chat noir aux yeux verts. Il enfouit sa tête dans le cou de Salazar et lui donna un petit coup de langue. Il était reconnaissant d'être ici. Il manquait Rémus, Sev et Teddy bien sûr... mais... il était totalement anonyme ici et c'était merveilleux.
Salazar ne savait pas ce qui avait rendu le chat si heureux mais il en était très heureux. Il termina le nettoyage de sa salle de classe et donna un petit signe de tête d'appréciation. Après cette classe il était temps pour le repas de midi. Il se souvenait que Godric était bouleversé ses derniers temps. Il savait qu'il obtiendrait des regards en coin tout au long du repas.
Il ne savait pas ce que ces regards étaient censés signifier. Honnêtement... il pensait que les griffondors étaient censés être très expressif ? Bien sûr, impétueux et plein d'absurdités idéalistes... mais n'étaient-ils pas censés parler ? Il ne partageait pas son ressenti. C'était horrible, il était coincé avec un partenaire émotif sans qu'il n'y ait aucun avantages. Il regarda de nouveau le chat et remarqua qu'il ronronnait encore joyeusement avec les yeux fermés. Au moins quelqu'un était heureux.
Salazar fit en sorte de mettre un peu d'ordre dans sa chambre avant de regarder autour de lui avec un soupir. Il ne pouvait pas le retarder plus longtemps... il n'avait plus de raisons d'éviter le repas de midi. Il caressait le chat sur son épaule et fit lentement son chemin jusqu'à la salle à manger. Il avait une grimace d'agitation tandis qu'il marchait jusqu'à un escalier pour se rendre à la salle à manger. Honnêtement Godric pensait qu'ils étaient si génial, mais ils étaient simplement agaçant. Il câlina le chat sur son épaule à nouveau et un petit sourire apparut sur son visage : "Je crois que je t'appellerais... Minx."
Les oreilles d'Harry se dressèrent au nom et il ouvrit un œil pour regarder Salazar. Il n'était pas sérieux n'est-ce pas ? Il bouda presque, Minx était si... féminin. Il tira la langue pour faire savoir à Salazar ce qu'il pensait du nom.
Salazar regarda la réaction du chat et ricana : "Je pense que cela te convient parfaitement. Pénible, sournois et quelque peu agité... oui très bien pour toi."
Salazar entra dans la salle à manger et ignora les regards curieux des étudiants. Ils avaient tendance à toujours le regarder comme ça. Il prit place à côté de Godric après avoir salué d'un petit signe de tête poli Rowena et Helga. Il se prépara lui-même et regarda Godric du coin de l'œil. "J'ai nommé le chat... j'ai pensé que Minx lui convenait bien."
Godric hocha la tête et sourit doucement à Salazar. Il se demandait souvent si Salazar pensait à lui comme faisant partie de sa vie, non pas comme un partenaire dans sa vie. Il lui sourit, voulant montrer qu'il appréciait d'être inclus. "Minx... je pense que cela convient au petit diable !"
Harry voulait continuer à faire la sieste mais il y avait de la nourriture et cela semblait tout aussi important. Il sauta sur la table et se mit à manger. Il semblait qu'il pourrait avoir une vie assez facile ici. Il se demandait s'il devrait juste rester un chat ici... il pourrait trouver un moyen de redevenir humain la nuit sans être vu.
Il était en train de s'étirer quand tout s'effondra.
Un elfe de maison vint à côté de Salazar pour voir s'il aurait besoin d'autre chose avec son repas. Puis l'innocente créature se tourna vers Harry et sourit. "Et l'animagus va-t-il manger quelque chose de spécial Maitre Salazar ?"
Harry se figea au milieu de son étirement, ses yeux verts brillant s'ouvrirent en grand tandis qu'il comprenait ce que l'elfe venait juste de dire. Il déplaça lentement sa tête pour regarder Salazar qui à son tour le regardait avec des yeux maintenant plissés. Les autres fondateurs avaient aussi entendu ce que l'elfe avait dit et étaient également à la recherche d'Harry. Helga avait l'air un peu confuse, Godric semblait confus et alarmé... Rowena regardait juste d'un air amusée. Il se retourna pour voir que Salazar avait dégainé sa baguette. C'était le moment d'y aller.
Il bondit de la table haute et sortit de la Grande Salle aussi vite que ses petites pattes poilus pouvaient le porter. Il était pleinement conscient que le fait de fuir les fondateurs dans leur propre château était probablement inutile. Bien, il savait pour ses décisions irréfléchies qui avaient tendance à le sortir d'une mauvaise situation.
Godric se leva le premier et commença à ordonner au château de fermer toute les portes afin que la créature ne puisse pas s'enfuir. Puisqu'il avait déjà quitté la Grande Salle, cette porte ne se referma pas. Il ne savait pas pourquoi un animagus se cachait parmi eux... et il ne voulait pas penser à la raison pour laquelle il se sentait si soulagé. Il décida de se concentrer sur la capture de la créature afin de pouvoir connaitre ses intentions.
Salazar se déplaçait derrière lui. La créature s'était déjà échappé de la Grande Salle mais maintenant que le château était verrouillé elle ne serait pas en mesure de sortir. Malheureusement, cela laissait encore la totalité du château à la créature pour se cacher, mais au moins ils savaient dans quel zone chercher.
Helga et Rowena étaient toujours à table. Les étudiants observaient les fondateurs et les femmes les encouragèrent à poursuivre leur repas. Helga se tourna vers Rowena et lui demanda doucement : "Pourquoi n'allons-nous pas avec eux ?"
Rowena ricana et leva ses yeux noirs. "Parce que c'est un bon repas... et tout ce qui est intéressant va se dérouler ici de toute façon alors pourquoi partir ?" Elle eut un petit rire guttural tandis que ses yeux noirs brillaient brièvement d'un air mystérieux.
Harry passa en courant le coin en espérant que son corps aller trouver de lui-même un endroit sûr alors que son esprit fonctionnait à plein régime. Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant ? Il avait été tout à fait satisfait de sa vie en tant que chat mais maintenant tout avait viré au cauchemar. Il secoua la tête et essaya de ne pas penser à ce qu'il lui arriverait s'ils l'attrapaient.
Il pouvait entendre leurs pas derrière lui et prendre un autre tournant, ils semblaient continuer dans la même direction et il sentit le soulagement l'envahir. Il avait lui-même besoin d'une petite pause. Il vit une porte s'ouvrir et plongea. Toutes les portes du château semblaient s'être fermée sauf celle-ci. Il trouva rapidement pourquoi. Il était de retour dans la Grande Salle. Godric et Salazar jurèrent tandis qu'ils atteignaient une impasse. Ils se regardèrent et firent marche arrière tandis qu'ils prenaient l'autre tournant. Ils arrivèrent à la Grande Salle où leur proie était haletante et tremblante alors qu'elle les regardait de ses yeux verts effrayés.
Rowena termina gracieusement son thé avant de sortir de table suivi par une Helga excitée. Avec maintenant les quatre fondateurs qui l'entouraient Harry n'avait aucune chance de s'échapper... bien qu'il était trop fatigué maintenant pour essayer de toute façon. Son corps de chat manquait d'une grande partie de la force qu'il avait dans son corps humain. Il resserra sa queue autour de lui et baissa ses oreilles tandis qu'il fermait les yeux. Il ne s'attendait pas à mourir comme ça.
Salazar ricana en signe de triomphe tandis qu'il sortait sa baguette et forçait l'animagus à retrouver forme humaine. Le changement vint vite indiquant que qui que ce soit sa force déclinait. Il plissa les yeux tandis qu'un jeune homme apparut devant eux. Il avait des cheveux noirs en bataille, ces mêmes yeux verts surprenants, la peau pâle et une étrange cicatrice sur le front. Il était également vêtu de vêtement étrange.
Il était recroquevillé sur lui-même avec ses genoux sur sa poitrine et ses bras enroulés étroitement autour de lui-même. Ses yeux se posèrent nerveusement comme s'il était mal à l'aise sous sa forme humaine. Il leva les yeux vers les fondateurs et soupira tandis qu'il se déroulait lentement. "C'était bien le temps que ça a duré..." dit-il doucement. Salazar fut surpris par la quantité de regrets dans sa voix. Qui était ce garçon ?
Poudlard futur
La salle était silencieuse alors que les trois personnes regardaient le livre devant eux. C'était l'original qui contrôlait les informations qui apparaissaient dans toutes les éditions de ce livre. Depuis qu'ils avaient affaire à la magie ce n'était pas la première fois que le temps lui-même avait été réécrit. Cependant en ce moment les chapitres marqués 'Histoire ancienne' étaient actuellement vide. C'était les chapitres qui concernaient les années où les fondateurs avaient enseigné après la création de Poudlard. Maintenant, les mots commencèrent à se former de nouveau sur la page.
Ce fut cette année-là qu'un étrange visiteur apparut au château. Sa première forme avait été celle d'un chat blessé. Pour cette raison, il avait été pris en charge par le fondateur Salazar Serpentard afin qu'il puisse être soigné. Cependant quelques jours après son arrivé le chat s'était révélé être un animagus. Cela alarma les fondateurs qu'un intrus puisse si facilement entrer dans le château. Une fois qu'ils l'eurent acculé, il prit la forme d'un jeune garçon avec des cheveux noirs en bataille et une curieuse cicatrice sur son front. Il avait aussi des vêtements étranges. Les fondateurs l'avaient acculé quand...
Rémus laissa échapper un doux soupir. "Ça s'arrête là..." Sa voix se brisa légèrement tandis qu'il baissa les yeux sur les mots comme s'il pouvait les forcer avec sa volonté à poursuivre et lui dire ce qui était arrivé à Harry.
Severus se retourna et prit Remus dans ses bras. Il était mal à l'aise de montrer son affection, surtout devant Minerva, mais son Rem en avait besoin. Il caressa de ses doigts les cheveux bruns doux et murmura calmement : "Le morveux s'est sortie des pires situations... Je suis certain que lorsque le livre finira cela nous dira que le satané gamin a repris l'école et a utilisé les fondateurs comme ses serviteurs."
Remus se fendit d'un petit sourire tandis qu'il levait les yeux vers Severus et étranglait un rire : "Tu sais toujours qu'est-ce qu'il faut dire." Il poussa un autre rire étranglé tandis que Severus le traina hors de la salle. Ils devraient attendre et voir ce que le livre avait à dire.
