18.

Un vent frais secouait les longs cheveux de Sirius. Il ne les repoussait pas, alors qu'ils se plaquaient avec douceur devant son visage. Toutefois, il ajusta le col de sa veste, pour empêcher le froid de pénétrer à l'intérieur. Il ferma les yeux et en profita pour inspirer et expirer tout l'air de ses poumons. Il se sentait enfin libre. Il était seul, planté comme un imbécile au beau milieu de nulle part... mais il se sentait libre. Et rien ne peut être plus beau que la liberté. Rien.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait toujours au milieu d'une ruelle déserte. Un chat l'observait d'un œil suspicieux, tandis qu'il se reposait sur le couvercle d'une poubelle. Des restes de poissons se trouvaient entre ses pattes. Une faible buée grisâtre, s'échappait de sa gueule à moitié ouverte. L'animagus de Sirius avait beau être un énorme chien, il n'en éprouvait pas pour autant une aversion pour les chats. Au contraire. D'ailleurs, ce stupide cliché, qui voulait que les chiens et les chats se détestent, était une pure calomnie. Du moins, c'était de l'avis de Sirius. Et il en connaissait pas mal de chiens! Ils pouvaient tous témoigner! D'ailleurs, pas plus tôt que tout à l'heure, il en avait justement croisé qui venait de sauter sur le type de la fourrière, pour protéger une chatte. Il faut dire qu'elle allaitait trois chatons. Comment auraient-ils pu survivre seuls? Si ça, ce n'était pas une preuve irréfutable qui détruisait cette théorie qui voulait absolument réduire les chiens et les chats à deux ennemis!

Au loin, Sirius pouvait entendre l'alarme d'une voiture qui hurlait dans la nuit. Il décida de prendre le chemin inverse, préférant marcher d'un pas souple jusqu'à l'hôpital. Là-bas, il trouverait sans doute un endroit pour se cacher. Peut-être même de quoi passer la nuit au chaud? Il se frictionna les bras à cette pensée. A mesure que les heures passaient, le temps se rafraîchissait. Il allait geler sur place, si cela continuait! Lui qui était craint, admiré parfois et célèbre pour s'être évadé d'une prison où on ne s'évade jamais, ne pouvait pas mourir à cause du froid! Quelle insulte, quelle honte, quelle mort de moldu.

– Sirius? fit une voix derrière lui.

L'animagus sursauta. Le cœur battant, il se retourna vers cette voix qu'il ne connaissait que trop bien. Il en aurait presque pleuré, s'il n'avait pas l'impression de perdre totalement la tête. Oui, il devenait complètement fou, il ne voyait aucune autre explication. Il se fit mal en fermant violemment les yeux, comme s'il souhaitait les faire rentrer à l'intérieur de sa tête.

– Qu'est-ce que tu fabriques? rit le jeune homme en se rapprochant.

– Non! s'écria Sirius sans ouvrir les yeux. Ne bouge pas!

Il entendait les pas de l'individu qui raisonnaient contre le goudron et son cœur accéléra douloureusement. Un fantôme ne pouvait pas marcher, n'est-ce-pas? Un fantôme voletait au dessus du sol, comme Nick-Quasi-Sans-Tête, ou encore le Baron Sanglant. Comme un fantôme, quoi! Il devenait fou à lier.

– Tu restes où tu es! siffla Sirius en ouvrant les yeux.

– Mais enfin, Patmol! Que se passe-t-il?

Non. C'était stupide, James n'était pas un fantôme. Il le savait. Il n'y avait donc qu'une explication plausible, Sirius était bel et bien en train de délirer. Le froid sans doute. Il devenait complètement barge. Ce n'était pas à Azkaban qu'on devait l'enfermer, mais à St Magouste!

– Tu n'as pas l'air en forme, grimaça James. Viens chez moi, tu me raconteras.

Sirius secoua vivement la tête. Il n'arrivait pas à y croire. Et cette voix, elle semblait si réelle.

– James? C'est bien toi?

– Bien sûr que c'est moi, abruti! s'exclama-t-il mi-amusé, mi-inquiet, en passant un bras sur les épaules de Sirius. Allez, bougeons-nous, je me les gèle!

Après un long moment de silence, alors que les deux amis marchaient les mains dans les poches, James poussa doucement Sirius avec son coude. Il ne devait pas supporter ce silence, ni ce malaise qui régnait entre eux. Ce dernier sursauta et dévisagea James comme s'il se trouvait face à un hideux troll des montagnes. Comment devait-il réagir? Il n'était pas préparé à le voir revenir.

– Arrête de me regarder comme ça où tu vas finir par me vexer, plaisanta James en se passant une main dans les cheveux. Tu vas finir par me dire ce qui ne va pas où je vais devoir deviner? Je sais que je te connais par cœur, mais lorsque l'on s'est quitté ce matin, tu m'avais l'air parfaitement normal. Enfin, «normal» je m'entends parce qu'avec toi ce n'est jamais vraiment...

James s'arrêta de parler lorsque Sirius l'étouffa dans une étreinte. Le souffle coupé, il serra un peu maladroitement ses bras autour de son meilleur ami et éclata de rire.

– Tu m'as tellement manqué, murmura Sirius en le serrant plus fort contre lui.

– Lâche-moi espèce de cinglé! plaisanta James avec douceur. Tu m'étrangles! Qu'est-ce qui te prend?

Sirius ne semblait visiblement pas apte à le laisser respirer. Prenant son mal en patience, James lui caressa doucement les cheveux pour l'apaiser. Son ami n'allait pas bien, il l'avait immédiatement senti en le voyant seul et perdu au beau milieu de la rue.

– Je te préviens que si tu ne me lâche pas dans les secondes qui suivent, j'appelle à l'aide! le menaça James après de longues minutes qui commençaient à devenir gênantes.

– Mais ferme-la Cornedrue! sourit Sirius en se reculant. Tu ne peux pas me laisser profiter de cet instant, non?

– J'en connais une qui ne va pas être contente, si je lui dis que tu veux profiter de moi...

– Attends... Lily est là aussi?

James ne put s'empêcher d'éclater une nouvelle fois de rire.

– Tu es vraiment bizarre ce soir, tu le sais ça? Tu n'aurais pas abusé avec le Whisky-Pur-Feu? Elle est à la maison.. avec son gros ventre elle ne peut plus vraiment bouger. Elle m'a demandé de sortir pour lui acheter ses biscuits préférés. Franchement, t'as une idée du merdier que c'est pour trouver une épicerie ouverte à 2h du matin? Je suis à bout moi, elle va finir par me tuer!

– Ne dis pas ça! se renfrogna Sirius, le teint virant tout de suite au très pâle.

– Je plaisantais. Elle tient bien trop à moi pour me tuer. Puis elle ne trouverait jamais mieux que moi, de toute façon.

Ils reprirent la route. Sirius attrapa fermement le bras de son meilleur ami, comme s'il craignait de le voir disparaître à un moment où à un autre. Que venait-il de se passer? Avait-il voyagé dans le temps? James se laissa faire et observa Sirius du coin de l'œil.

Une fois arrivée à destination, il ouvrit la porte de chez lui et débarrassa la veste de son meilleur ami.

– Installe-toi, je vais donner à Lily ses biscuits et je reviens. Va chercher deux bierraubeurre dans le frigo. Je me grouille.

Sirius acquiesça d'un signe de tête. Il connaissait cette maison comme sa poche. Ses doigts touchèrent chaque meuble, chaque objet, chaque photo qui était exposée. Il ouvrit tous les placards, comme s'il s'attendait à voir quelque chose qui ne devait pas se trouver là et qui prouverait que tout cela n'était qu'une farce. Mais tout semblait bien réel.

– Patmol! l'appela James. Tu veux bien monter? Harry veut que tu lui fasses un bisou.

– Harry? répéta Sirius. Je croyais qu'il n'était pas encore né, tu as dit tout à l'heure que Lily avait un..

– Sirius, tu es vraiment très bizarre ce soir. Si tu ne veux pas embrasser ton filleul préféré, il s'en souviendra et il te le fera payer plus tard, plaisanta son ami en croisant les bras sur sa poitrine.

Le visage de Sirius s'élargit en un large sourire. Bien sûr qu'il avait envie de voir son filleul. Il se souvenait de lui bébé, il était si sage et si adorable. Il rejoignit rapidement James, qui lui donna une tape sur les fesses lorsqu'il passe près de lui. Pour se venger, Sirius déclencha une mini bagarre dans les escaliers, ce qui valu l'intervention de Lily.

– Vous avez bientôt terminé tous les deux? soupira la jeune femme en fronçant les sourcils. Le petit ne va jamais s'endormir si vous faites un raffut pareil devant la porte de sa chambre!

– Lily...! souffla Sirius en se jetant sur elle pour la prendre dans ses bras. Tu m'as tellement manqué!

– Sirius! Qu'est-ce qui te prend?

– Ne pose pas de questions, mon amour, répondit James à sa place, avec un sourire désespéré. Il est dingue ce soir. Je pense que le froid lui a grillé le cerveau. Bon, je vous attends au salon, moi. Ne sois pas trop long Sirius, Harry cherche juste un moyen pour rester éveillé le plus longtemps possible.

Sirius laissa enfin Lily tranquille mais ne put s'empêcher de baisser les yeux vers son ventre. Pourquoi James lui avait dit qu'elle était enceinte? Tout tournait par rond. Il poussa la porte de la chambre de Harry et sourit en voyant le môme endormi dans son lit. Il se pencha et baisa son front.

– Je crois qu'il y en a un qui était trop fatigué pour m'attendre, s'attendrit Sirius.

Il se retourna vers Lily qui se trouvait derrière lui et poussa un cri étouffé. La jeune femme était allongée par terre. Le visage en sang et le regard dans le vide, elle était tournée vers Sirius avec la bouche grande ouverte et les yeux exorbités.

– James! cria Sirius.

– Quoi? répondit paresseusement son meilleur ami.

– Viens! Vite! Lily va mal! Il y a du sang partout!

Sirius se laissa tomber au côté de la jolie rousse et la prit dans ses bras. Elle ne respirait plus. Son visage était si pâle. Si pâle.

Harry s'était réveillé et pleurait en les regardant.

– James! hurla Sirius à s'en arracher les cordes vocales.

Pourquoi ne venait-il pas? Qu'attendait-il? La colère et la tristesse montait en lui. Il ne savait pas quoi faire.

Un cri lui répondit. Sirius lâcha Lily et descendit les escaliers quatre par quatre. James était lui aussi étendu par terre, près de la porte d'entrée. Il serrait les poings et hoquetait comme s'il cherchait de l'air. Sirius se laissa tomber par terre, allongea son ami sur lui et caressa doucement ses cheveux. Il n'arrivait pas à pleurer, pourtant il se sentait complètement déchiré de l'intérieur. Il avait envie de crier et de ravager toute la pièce. Comment avait-il pu laisser ça arriver?

– Patmol. Tu es le meilleur ami que je n'ai jamais eu.

– Tais-toi, James, tu dois économiser tes forces. Tu ne vas pas mourir! Ne m'abandonne pas...Je t'en supplie. Tu ne peux pas mourir une nouvelle fois!

– Tu es vraiment bizarre aujourd'hui, cracha James alors qu'il était secoué par un rire douloureux. Prends soin de Harry et de Remus.

– Toi aussi, tu prendras soin d'eux.

– Tu sais bien que ce n'est pas possible.

– C'est injuste!

– Tu prêches un convaincu. Je préférerais vivre aussi longtemps que Dumbledore, crois-moi.

– Arrête de faire le con deux minutes. C'est très sérieux.

Un sourire se dessina sur le visage de James et il porta sa main sur la joue de son meilleur ami.

– Je voudrais que tu parles de Lily et moi à Harry, pour qu'il puisse nous connaître un peu. Et qui mieux que toi, pourrait lui parler de son crétin de père? Je t'aime tellement Sirius, tu es le frère que je n'ai jamais eu. J'espère que tu seras heureux, tu mérites de l'être.

– Je ne peux pas être heureux sans toi, murmura Sirius en le serrant dans ses bras. James? l'appela-t-il doucement. James!

Il ne répondait plus. James était mort. Lily était morte. Ils étaient tous les deux morts une seconde fois. Un sanglot se logea dans la gorge de Sirius, mais il ne pleura pas. Il se laissa tomber en arrière, le corps chaud de James toujours contre lui et passa ses mains tremblantes sur son visage. Le chagrin qu'il ressentait à cet instant, était sans précédent.

Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit en grand. Remus et Peter se tenaient sur le seuil de la porte, le visage déconfit par ce qui se tenait devant eux. Sirius repoussa légèrement James et se releva d'un bond.

– Qu'est-ce que tu as fait? s'horrifia Remus en se laissant tomber à genoux.

– Ce n'est pas moi! se défendit Sirius en s'approchant de lui. Tu sais que ce n'est pas moi! Lunard, regarde-moi! Ce n'est pas moi!

– Je suis désolé, Sirius, soupira Peter avec un léger sourire. J'ai dû les appeler.

– Qui? Qui as-tu appelé?

Il eut bientôt la réponse à sa question. Une dizaine de détranqueurs entrèrent dans la pièce. Ils encerclèrent Sirius. Ils n'allaient pas le renvoyer à Azkaban, cette-fois. Il allait goûter à leur baiser. La seule chose qui comptait pour Sirius à cet instant, était de faire comprendre à Remus qu'il était innocent.

– Remus! Tu sais à quel point je tiens à toi! Tu sais à quel point j'aimais James et Lily! Tu sais que je ferais tout pour Harry! Je ne vous ferais jamais aucun mal... Vous êtes ce que j'ai de plus cher! Ce n'est pas moi! Je n'ai rien fait! Crois-moi! Dis-moi que tu me crois! Remus! Dis-le moi!

Remus se releva, esquiva les détraqueurs et s'arrêta devant Sirius. Il le dévisagea un instant et posa une main chaude contre sa joue.

– Je te crois, Sirius. Tu n'as rien fait. Ce n'était pas toi. C'était Peter le traite. Réveille-toi, maintenant.

– Quoi? s'étonna Sirius en fronçant les sourcils.

– Réveille-toi, ce n'est qu'un mauvais rêve.

Sirius sursauta et ouvrit les yeux. Il se trouvait dans sa chambre, au fond de ses couvertures. Remus était accroupi près de lui. Sa main était toujours posée contre sa joue. L'animagus soupira et se décala pour inviter son ami à prendre place dans ses draps.

Depuis que Remus voyait Tonks, Sirius et lui ne partageaient que très peu de moments. Sirius s'était de lui-même éloigné. Il avait fini par comprendre qu'il ne faisait pas le poids. S'il voulait que Remus soit heureux et trouve enfin le bonheur auprès de quelqu'un, il devait se retirer. Leur relation n'était pas saine, il avait fini par le comprendre. Mais cette nuit, il avait besoin de son ami à ses côtés. Ce rêve lui avait semblé si réel.

– Tes cauchemars ne vont pas en s'arrangeant, n'est-ce pas?

Sirius haussa les épaules.

– Non, pas vraiment. Ils se ressemblent tous plus où moins, tu sais.

– Tu ne veux toujours pas m'en parler? demanda doucement Remus en se couchant à ses côtés. J'étais dedans cette-fois, je t'ai entendu m'appeler et...enfin. J'ai entendu ce que tu m'as dit dans ton rêve.

– J'étais avec James et l'instant d'après, il était mort.

Sirius pivota la tête pour regarder son ami.

– J'aimerais que ce genre de rêve dure plus longtemps. Du moins, faire durer davantage les moments que je passe avec James et Lily. J'aimerais les serrer dans mes bras du début à la fin et ne plus jamais les laisser partir. Si seulement je pouvais les protéger, mais ils meurent.. ils meurent à chaque fois et je ne peux rien y faire.

Il se tenait délibérément à une distance raisonnable de Remus. Il voulait garder une limite entre eux. Lorsque le lycanthrope s'approcha, en amorçant un geste réconfortant, Sirius l'évita et se recula à l'autre extrémité du lit. Remus haussa les sourcils et le dévisagea sans comprendre.

– Es-tu en colère après moi?

Sirius secoua négativement la tête. Il n'était pas en colère après Remus. Il n'avait pas le droit de l'être, Remus était parfait. Il ne l'aimait pas comme il le fallait, voilà tout, mais ce n'était pas de sa faute. Comment cela pouvait-il être de sa faute? Sirius ne pouvait pas lui reprocher quelque chose qu'il ne pouvait pas commander.

– Tu me manques... Patmol.

La respiration de Sirius s'accéléra et il ouvrit de grands yeux surpris. Depuis combien de temps Remus ne l'avait-il pas appelé ainsi? Il n'eut pas le temps de savourer cet instant, que Remus se glissait déjà vers lui. Il soupira lorsque son ami se colla contre son corps, entremêla ses jambes aux siennes et l'encercla de ses bras. Comment pouvait-il résister ou le repousser? Et comment pouvait-il avancer et passer à autre chose, lorsque Remus agissait de la sorte? Ce n'était pas loyal. De plus, Remus se comportait jamais ainsi. Sauf lorsqu'il était bourré. C'était toujours le rôle de Sirius.

Finalement, Sirius ne préférait pas se monter la tête inutilement. L'homme dont il était amoureux se tenait contre lui et n'était nulle part ailleurs. C'était la seule chose qui lui importait sur le moment. Il se rendormirent facilement et au matin, ils se trouvaient toujours dans la même position.

– On fait la grasse matinée? proposa Remus en s'étirant.

Sirius haussa des sourcils surpris.

– Toi.. Remus Lupin.. tu es en train de proposer de faire la grasse matinée... Dis-moi que je suis encore en train de rêver?

– Je suis fatigué. La pleine lune approche et j'ai mal de partout. J'ai besoin de me reposer. Mes os me font tellement mal, comme s'ils étaient en train de s'étirer et de me broyer la chair.

Sirius grimaça. Il détestait le voir ainsi.

Doucement, il attrapa le t-shirt de Remus et le fit glisser vers le haut.

– Déshabille-moi, je ne te dirais rien, grommela Remus qui ne comprenait pas vraiment ce que son ami était en train de faire. Ce n'est pas parce que je suis fatigué, que je ne me défendrais pas si tu essaies d'abuser de moi.

Sirius soupira et lui retira entièrement son t-shirt. Il se retint pour ne pas passer ses mains sur son torse et retourna Remus d'un geste ferme, pour qu'il se mette sur le ventre.

– Sirius... Qu'est-ce que tu fais...?

– Tais-toi et profite, sourit Sirius en s'asseyant sur le haut de ses fesses.

Il frôla le dos de son ami avec ses doigts, avant de poser les paumes de ses mains sur ses épaules. Il les massa avec délicatesse, comme s'il avait peur de les briser. Il fit la même chose avec son dos. Les muscles de Remus se détendaient sous lui. Sa peau était si douce. Le cœur battant à tout rompre, Sirius se retenait pour ne pas embrasser chaque parcelle de peau qu'il parcourait de ses mains. Il avait envie de se baisser et de coller son torse contre son dos. Il voulait mordre ce cou légèrement penché sur le côté. Si seulement il pouvait le retourner et l'embrasser. Pourquoi Remus ne pouvait-il pas être à lui? Sirius savait que lui, n'aimerait jamais personne d'autre. Remus allait hanter son esprit jusqu'à ce que la mort l'emporte.

Quelqu'un frappa à la porte. Sirius se laissa glisser sur le côté et libéra Remus qui le remercia d'un sourire, avant d'enfiler son t-shirt et de descendre ouvrir à Tonks.

– Salut! s'exclama-t-elle en embrassant la joue de son ami. Je te réveille?

– Non, non, répondit Remus en acceptant les croissants que la jeune femme lui tendait. Quelle heure est-il?

– 10h30. Comme ça fait quelques jours que je ne suis pas venue, je me suis dis que je devais passer pour voir où en était la préparation. C'est demain qu'on y ajoute le sang. J'espère que tout va bien se passer.

– Je suis sûr que tout ira bien, le rassura Remus. C'est moi qui devrait être le plus stressé, pas toi.

– Je suis stressée de nature, rit la jeune femme en croquant dans son croissant. Comment ça va avec Sirius?

– Bien, assura le lycanthrope avec un sourire en coin.

– Pourquoi est-ce que ça ne devrait pas bien aller entre nous? s'étonna Sirius en volant le croissant de Remus et en se jetant sur le canapé. Tu peux faire du café?

– Je ne suis pas ton esclave, lui répondit Remus en le toisant d'un regard sévère.

– Je t'ai fait un massage. Tu peux bien faire ça pour moi.

Remus leva les yeux au ciel et se déplaça jusqu'à la cafetière. Rassurée de voir les compères aussi complices qu'avant, Tonks ne put empêcher un sourire amusé de cloître sur ses lèvres pleines de miettes. Une fois le roi Sirius servit, ils allèrent à l'étage. Remus avait laissé Sirius seul en bas, il ne savait pas vraiment s'il devait l'inviter à prendre part à l'expérience.

– Tu as dit la vérité à Sirius? demanda Tonks tout en observant le bol qui contenait quelques goûtes de son sang.

– Oui.

– Tu vois, je t'avais dit que ça réglerait le problème.

– Je crois qu'il m'avait pardonné avant. Il ne pouvait pas rester fâché contre moi. Je suis quelqu'un de bien trop génial pour ça.

La jeune femme lui sourit.

– Je ne peux que confirmer, susurra-t-elle avec un clin d'œil.

Amusé, Remus secoua désespérément la tête et releva la couverture qui couvrait le chaudron. Les deux amis observèrent un instant le curieux mélange. Tout semblait parfaitement en ordre. Ils s'assirent ensuite sur le lit, le livre des plantes dans la main et entreprirent de le feuilleter, tout en discutant de ce qu'ils avaient fait cette semaine.

– Tu dis que mon cousin et Harry sont devenus les meilleurs amis du monde, alors qu'ils se sont toujours détestés?

– C'est peut-être un peu exagéré, mais ils se supportent en tout cas.

Tonks haussa les épaules.

– Drago est peut-être sympa si on apprend à le connaître. Ma mère m'a souvent dit que Narcissa avait beau être hautaine, parfois froide et prendre toujours le parti de Lucius, cela n'enlevait rien au fait que c'est quelqu'un de bien.

– Quelqu'un de bien? répéta Remus. A-t-elle adressée la parole à sa sœur, depuis qu'elle est partie avec un moldu?

– C'est compliqué.

– Il n'y a rien de compliqué. Tu sais ta mère et Sirius, eux, sont de véritables héros. Ils ont tous les deux dépassé le racisme de leur famille. C'est ça que j'appelle «être quelqu'un de bien». Je trouve Narcissa bien lâche.

– Je lui en veux aussi d'avoir abandonné ma mère et de l'avoir rendu malheureuse. Mais... elle continue de l'aimer, pourtant. Je ne sais pas, au fond ça me suffit. Ma mère hait complètement Bellatrix. Si elle continue à avoir quelconque sentiment pour Narcissa, c'est qu'elle mérite peut-être que je lui laisse une chance.

Remus grimaça en refermant le livre et serra la main de Tonks dans la sienne.

– Peut-être, répondit-il simplement.

Ils continuèrent de parler jusqu'à ce que ce soit l'heure de dîner. Tonks ne pouvant rester, la jeune femme se leva et rassembla ses affaires. Remus la regarda se mouvoir dans toute la chambre, à la recherche de son sac ou de ses lunettes de soleil. Amusé par la situation, l'ancien professeur souriait avec douceur. Une fois prête, Tonks s'approcha de lui et le fixa silencieusement. Remus fronça les sourcils en la voyant si proche, mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, deux lèvres se pressaient contre les siennes.

– A demain, murmura Tonks avant de sortir de la chambre.


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