20.

Un léger courant d'air s'infiltrait dans le salon. La pièce, baignée d'une lumière claire, était chaleureuse et sentait bon le produit ménager. Le temps était absolument splendide et l'humeur de Sirius l'était également. Il portait un short en jean noir et un vieux t-shirt gris, d'un groupe sorcier que James et lui affectionnaient particulièrement étant adolescents. Dans cette atmosphère silencieuse et ce calme agréable, on ne pouvait entendre que les pieds nus de Sirius qui claquaient sur le carrelage froid.

Ses longs cheveux s'entremêlaient sauvagement et retombaient sur ses épaules. Il les décoiffa un peu plus en les frottant, puis fit disparaître le saut plein de savon et la serpillière. C'est à ce moment précis que Remus revint. Il était sorti toute l'après-midi faire quelques courses.

Ses yeux s'agrandirent de stupeur en prenant compte de la propreté de la pièce. Il posa ses sacs à ses pieds et croisa les bras sur sa poitrine.

– Et bien.. souffla-t-il visiblement impressionné. Je pensais que la seule chose que tu savais faire avec un balais, c'était du Quidditch?

– Il faut croire qu'il me reste encore quelques talents cachés, répondit Sirius avec un sourire en coin. Tu veux de l'aide pour ranger tout ça? demanda-t-il ensuite en jetant un œil sur les courses.

– Non, ça ne sera pas long.

Remus se baissa, attrapa les sacs, puis disparut dans la cuisine. Il poussa un léger soupir et revint quelques secondes plus tard, les bras toujours croisés sur sa poitrine. Cette fois-ci, il paraissait plus interrogateur qu'impressionné.

– Qu'est-ce que c'est que tous les pots de peintures qui ont envahis la cuisine? grommela-t-il en dévisageant son ami. Je peux savoir ce que tu comptes en faire?

– M'en servir, répondit-il en haussant les sourcils. C'est pour la chambre de Harry. Les murs sont blancs. Je pensais peut-être les repeindre avec les couleurs de Gryffondor et j'ai de quoi décorer sa chambre avec des objets qui ne seraient qu'à lui. C'est une belle surprise.. Tu ne crois pas? C'est pour lui faire plaisir.

Remus se mordit la lèvre. Le temps d'infimes secondes, Sirius crut déceler une ombre de tristesse dans les yeux clairs de son ami.

– Qu'est-ce qu'il y a? s'étonna-t-il en s'approchant de lui.

– Sirius... Harry ne va pas rester éternellement ici. Tu sais bien que c'est impossible. Tu es en train de te faire du mal et tu vas lui en faire également.

– Ce sera toujours sa chambre, répondit-il en relevant les épaules. Je ne me fais pas d'idées, ni de faux espoirs, je sais qu'il peut repartir d'une minute à l'autre. Seulement en attendant il va revenir ici, avec nous et c'est tout ce qui importe. Il aurait dû vivre avec moi. Je n'aurais jamais dû aller à Azkaban et il aurait dû vivre avec moi.

Sirius baissa les yeux.

– Je veux lui offrir cette chambre, reprit-il plus calmement. M'aideras-tu à la décorer? J'aimerais le faire à la manière moldue, pour que ce soit plus personnel et pour qu'il y est un véritable travail. Seulement je n'ai jamais fait ça. C'est pour cette raison que je t'attendais, j'aurais besoin de ton aide pour le faire.

Il releva les yeux. Remus souriait gentiment, en acquiesçant d'un signe attendrit de la tête.

– Bien sûr que oui, quelle question! Surtout si tu veux que ça ressemble à quelque chose.

Sirius allait répliquer quelque chose, quand un bruit se fit entendre. Il sursauta et leva les yeux au ciel en voyant Kreatur derrière lui. L'elfe de maison tenait dans ses bras un carton plus gros que lui.

– Que fais-tu déjà là? siffla en Sirius en le lui prenant.

– Maître Sirius m'a demandé de suivre le Sang-Mêlé et le jeune Malefoy à Pré-au-Lard et ensuite d'aller lui chercher ses affaires. C'est ce que Kreatur a fait, maître, croassa-t-il en se courbant devant Sirius. Kreatur s'en serait bien passé, maugréa-t-il plus bas.

– Harry et Drago sont déjà rentrés?

– Oui.

– Tout s'est bien passé?

– Oui, sinon Kreatur serait revenu immédiatement, comme maître Sirius l'avait ordonné. Kreatur a failli plusieurs fois se faire surprendre, mais personne ne l'a vu. En rentrant de Pré-au-Lard, Kreatur est passé par la maison de sa chère maîtresse pour récupérer les affaires que maître Sirius lui avait demandé.

Remus s'avança et offrit un sourire chaleureux à l'elfe de maison.

– Merci Kreatur, murmura-t-il avec bienveillance.

L'elfe se recula, comme si quelqu'un venait de lui cracher dessus. Il maudit Remus à voix basse, ainsi que sa condition de loup-garou et pleura sa maîtresse défunte qui ne pouvait pas être là pour le sortir de cette misère.

– Kreatur! pesta Sirius avec froideur. Ça suffit! Retourne au square Grimmaurd, maintenant!

L'elfe de maison se courba une nouvelle fois en grommelant dans sa barbe inexistante, avant de disparaître. Remus pressa l'épaule de son ami, en fronçant les sourcils.

– Tu ne m'avais pas dit que tu avais engagé Kreatur pour qu'il suive Harry et Drago.

– J'ai décidé de le faire sur un coup de tête. Harry n'est qu'un gamin. Le savoir à l'extérieur, avec pour seule compagnie le fils de Lucius Malefoy, ne m'enchantait pas plus que ça. Mais apparemment, il semblerait que je m'inquiétais pour rien.

– Et dire que tu m'as laissé passer pour la mère poule de l'histoire, alors que tu étais encore plus inquiet que moi.

– Quand est-ce que nous nous sommes mariés? sourit Sirius en entourant son ami par la taille.

Remus rougit légèrement et le repoussa avec douceur en secouant désespérément la tête.

– Et si on allait commencer à la peindre cette chambre, au lieu de dire des idioties?

«Des idioties», se répéta tristement Sirius, avant de faire apparaître un pot de peinture rouge et de la plaquer un peu trop brusquement dans les mains du lycanthrope. Remus ne sembla pas y faire attention et pivota sur lui-même pour se diriger d'un pas traînant vers l'étage, Sirius sur ses talons.

L'animagus observait avec un certain interdit le dos de son ami, son cou, ses cheveux clairs et grisonnants par endroits, sa peau pâle et les quelques cicatrices qu'il devinait sous sa chemise. Il serra les poings, jusqu'à en avoir mal. L'envie de lui déballer tout ce qu'il ressentait pour lui était si forte à cet instant. Il était à deux doigts de faire la plus grande erreur de sa vie. Il ne voulait pas perdre Remus. Que penserait-il, en apprenant que son ami de toujours, en qui il avait pleinement confiance, avait des sentiments pour lui? Il se sentirait sans doute trahis. Trahis d'avoir laissé Sirius dormir à ses côtés, le toucher, le serrer dans ses bras. Lui qui était si pur, si innocent, que dirait-il de Sirius s'il avait conscience de ses pensées les plus secrètes?

Une fois dans la chambre de son filleul, Sirius fit apparaître les autres peintures, ainsi que les pinceaux et ustensiles dont ils avaient besoin. Remus prit sa baguette et jeta un sort qui fit disparaître tout ce qu'il y avait dans la pièce. Il ne restait plus que les murs blancs, qui n'attendaient que leur nouvel habillage.

Sirius ouvrit le premier pot qui se présentait à lui. Il plongea son pinceau dans le liquide épais et pâteux. Il n'avait encore jamais touché à de la peinture de sa vie. Remus l'observait avec amusement. Son regard était si tendre à cet instant, que le cœur de Sirius s'emballa une nouvelle fois. Pour cacher son embarras, il le poussa doucement avec son coude.

– Il ne va pas se peindre tout seul, grogna-t-il.

Remus suivit les mêmes gestes que son ami et s'avança à son tour jusqu'au mur. Sirius l'attendait. Une fois côte à côte, les deux amis se jetèrent à l'eau. Ils passèrent de silencieuses minutes à se concentrer sur leurs œuvres. Inquiet de mal faire, Sirius ne cessait de lancer des regards en coin à son ami, qui le rassurait toujours d'un sourire bienveillant.

Une fois terminée, totalement décompressé, Sirius ne put s'empêcher de faire des siennes. Il décida de repeindre également Remus, qu'il trouvait un peu trop pâle ce jour là. Il étala une couche importante de peinture sur sa joue, avant de viser son bras, puis son front. Le loup-garou se défendit en le repoussant comme il le pouvait. Dans un geste désespéré, il se jeta sur le pinceau qu'il avait posé sur le couvercle d'une des peintures et attaqua à son tour.

Sirius riait à gorge déployée, tandis que son ami lui repeignait le nez en doré. L'animagus plongea une fois de plus son pinceau dans le saut et étala une couche généreuse de peinture sur la quasi totalité du visage de Remus. Ce dernier ne put que fermer les yeux et ouvrir sa bouche en grand.

– Sirius, je vais te tuer! le menaça-t-il en en passant ses mains sur son visage.

Absolument enchanté par ce qu'il venait de faire, l'animagus se tordait sur lui même, complètement hilare.

– Très bien, reprit Remus, si tu veux jouer à ça, alors..

Il se saisit du saut et le souleva dans les airs. Les yeux de Sirius s'écarquillèrent et il hésita entre se jeter sur Remus pour l'arrêter ou partir en courant. Finalement, il choisit la première option et attrapa ses bras, dans le but de lui faire lâcher sa prise.

– Tu n'es pas sérieux? Tu ne peux pas faire ça.

– Si, je le suis et je vais le faire.

– S'il-te-plaît! Je me rends!

– Trop facile! C'est trop tard.

Il vida l'intégralité du saut sur l'évadé de prison, qui poussa un soupir d'indignation.

– Espèce d'idiot, sourit-il en s'approchant de lui, le forçant immédiatement à prendre des distances raisonnables entre eux.

– Qu'est-ce que tu fais? se méfia Remus. Tu n'oserais pas, n'est-ce pas? Je n'ai fait que te rendre la monnaie de ton galion.

– Et bien, mon petit Lunard, tu devrais savoir que j'ai toujours le dernier mot.

– Sirius... le prévint le lycanthrope.

Le sourire de ce dernier s'élargit davantage et il se colla à Remus. Il eut beau user de toutes ses forces pour se défaire des bras de Sirius, rien n'y fit. Sirius le serrait contre lui, les bras autour de son cou. En ayant toujours dans l'esprit de se venger, Remus le poussa si fort, que Sirius en perdit l'équilibre. Surpris, l'animagus tenta de s'agripper au bras de son ami pour ne pas basculer en arrière. Il se rattrapa in-extremis et se jeta de nouveau sur lui pour le faire tomber.

Le rire au bord des lèvres, Remus se débattait gentiment et cherchait des stratégies efficaces pour ne pas tomber ridiculement sur le sol. Toutefois, Sirius était beaucoup plus fort que lui et il ne faisait clairement pas le poids dans cette bataille. Il se retrouva donc rapidement par terre, entraînant avec lui Sirius qu'il tenait par le t-shirt. Allongé par terre, penché au dessus de son ami, Sirius se fit étrangement sérieux et pensif. Il observa un instant ce visage rieur et se trouva extrêmement chanceux d'avoir ce rire dans sa vie. Il aurait aimé être nulle part ailleurs. Il voulait croire que l'unique but de sa vie, était de contempler éternellement ce visage.

Il se laissa tomber sur le côté. Toujours couché sur le sol, il en profita pour admirer le travail qu'ils avaient fait.

– C'est magnifique ce qu'on a fait, murmura Remus en glissant sa main dans celle de Sirius.

L'animagus jeta un coup d'œil en coin vers leurs doigts entrelacés et acquiesça d'un signe de tête.

– Tonks devrait venir demain.

– Vous allez ajouter son sang à la préparation, c'est ça?

– Oui. J'espère qu'il sera compatible. C'est totalement inédit.

– Tu es sûr que ce n'est pas dangereux? Comment être sûr qu'il n'y aura aucun effet secondaire?

– On ne peut pas en être sûr, soupira Remus en haussant les épaules. Si la potion me paraît trop inquiétante, je ne me risquerais pas à la boire, c'est certain. Dans le pire des cas, je peux toujours demander conseil à Severus.

Sirius se crispa à ses mots.

– Comme si on pouvait lui faire confiance...

– Je lui fais confiance, assura-il posément. Il n'a jamais oublié de me faire ma potion. Tous les mois il m'en a donné une fiole et il n'y a jamais eu de soucis.

– Ce n'est pas comme s'il avait le choix. Dumbledore gardait un œil sur lui et sur les préparations qu'il te donnait. Il n'aurait pas pu te faire du mal sans se trahir.

– Ne t'inquiète pas, sourit Remus en serrant un peu plus sa main dans la sienne.

Ils restèrent un instant silencieux, avant que Remus ne reprenne la parole.

– Sirius..

– Mmh?

– Tonks... je ne sais pas vraiment comment dire ça, mais.. elle m'a embrassé ce matin.

– Elle t'a embrassé... répéta Sirius dont le cœur venait de s'arrêter de battre.

L'atmosphère se fit lourde. Il contrôlait de son mieux les battements de son cœur qui s'accéléraient douloureusement.

– Sur la bouche, précisa Remus comme si c'était indispensable.

– Je me doute, ne put s'empêcher de rire Sirius en essayant de cacher sa jalousie du mieux qu'il le pouvait. Vous êtes ensemble?

– C'est à peine si elle m'a éraflé les lèvres, tu sais, se justifia-t-il. J'appréhende un peu le fait de la revoir. Je ne sais pas quoi penser, je suis un peu perdu.

– Est-ce que tu l'aimes?

– Tu sais très bien que ce n'est pas possible.

– Je m'en fiche de ce que tu crois pouvoir te permettre de faire et de ressentir. Je te demande de me répondre sincèrement. Est-ce que tu ressens quelque chose pour elle?

Remus ferma les yeux et haussa les épaules.

– C'est mon amie.

– Tu ne réponds toujours pas à ma question.

Le lycanthrope lâcha la main de Sirius pour se frotter le visage. Il soupira lourdement et se releva.

– Je n'aurais pas dû t'en parler. Je me sens ridicule.

– Pourquoi? s'étonna Sirius. Les amis se parlent de ce genre de chose, Remus, c'est normal. Il me semble que James et moi, t'avons suffisamment bassiner avec nos histoires à Poudlard.

– C'est bien ça le problème, Sirius. Nous ne sommes plus à Poudlard et nous ne sommes plus des adolescents. Je suis un adulte. Un adulte responsable qui n'a pas le droit à ce genre de chose. Ce n'est pas pour moi. Aimer m'est interdit.

– Arrête, Lunard.

Remus s'empressa de sortir de la pièce. Sirius le rattrapa facilement, le retint par le bras et le força à se retourner.

– Si James avait pu passer plus de temps avec Lily, il l'aurait fait, tu ne crois pas? Il n'aurait jamais laissé passer sa chance de gagner même seulement quelques infimes secondes. S'il avait pu le faire, il aurait grappillé toujours plus de temps, toujours, toujours plus de temps... Il l'aurait aimé démesurément, encore et encore.

– James n'était pas un monstre! Lily ne risquait pas d'être montrée du doigt en s'affichant avec lui, d'être jugée et recluse de la société. Au contraire. James était le mari idéal. Je ne suis pas James!

– Si James était là, il te dirait que ça n'a aucune importance. Si la personne que tu aimes veut être avec toi et si c'est ce que tu veux, alors rien d'autre ne compte. Lunard, rien d'autre ne compte. Si James était là, il aimerait te voir profiter de chaque secondes que tu peux passer avec la personne que tu aimes, comme il aurait aimé le faire avec Lily.

Remus plongea son regard clair dans celui de son ami. Il y avait quelque chose à l'intérieur, qu'il ne parvenait pas à définir. Ils restèrent un instant muets. Sirius se perdait dans les yeux du lycanthrope et aurait aimé ne jamais avoir à s'en détacher. Il fit glisser le dos de sa main sur sa joue et soupira d'une manière presque inaudible.

– Tu serais partant pour une partie d'échec version sorcier?

Remus acquiesça, visiblement heureux de pouvoir changer de sujet et suivit, sans un mot, son ami qui descendait dans le salon.

Assis sur le tapis, au même endroit où ils s'étaient embrassés pour la première fois, Sirius n'avait jamais désiré son ami à ce point. Il fixait les lèvres que Remus se mordait en cherchant à améliorer sa stratégie. Il aurait tout donné pour les capturer violemment. Ou avec douceur. Ou les deux. Oui, les deux.

Les pions de Sirius râlaient et l'insultaient car il n'était pas concentré. Comment pouvait-il l'être, alors qu'il ne pensait qu'à embrasser l'homme qui se trouvait face lui. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas senti un corps sous le sien. Sirius se frotta les yeux, conscient de la tournure que prenaient ses pensées.

– Ça va? demanda Remus qui chercher à lire en lui.

– Oui. Je suis en train de perdre.

– Justement, ça ne te ressemble pas. Tu as l'air préoccupé et ailleurs.

Il faillit mentionner Harry, en disant qu'il lui manquait. Par Merlin, quelle horrible excuse. Il se gifla mentalement d'avoir pensé au gamin pour justifier son air songeur, qui était causé par des pensées plus ou moins érotiques. Il avait tant envie de Remus, qu'il s'en serait arraché tous les cheveux de la tête. Il renouvela l'air de ses poumons et haussa les épaules.

– Pardon, répondit-il simplement. J'en ai un peu marre de jouer et je ne dis pas ça parce que tu es en train de gagner. Je sais que tu es déjà sorti aujourd'hui, mais j'ai vraiment besoin de prendre l'air. Tu ne voudrais pas m'accompagner dehors?

Remus dévisagea un instant son ami et finit par accepter. Sirius monta brièvement dans sa chambre, afin de remplacer son short et son t-shirt par des vêtements plus chaud. Il s'attacha les cheveux, se saisit d'un chapeau, ainsi que de ses lunettes de soleil. Il ne voulait pas risquer d'être reconnu par un moldu.

Il rejoignit Remus qui l'attendait près de la porte.

– Où veux-tu aller?

– Nulle part et partout. C'est sans importance. Je veux juste marcher.

Ils prirent le chemin d'un sentier et s'enfoncèrent à l'intérieur. Ils discutèrent calmement de tout ce qui leur passait par la tête. Le silence de la nuit les englobait entièrement. On ne pouvait entendre que les voix des deux amis, ainsi que leurs rires qui éclataient quelques fois.

L'air un peu maussade, Remus releva brusquement la tête vers la lune qui ne cessait de s'arrondir de jour en jour. Elle allait bientôt être parfaitement ronde. Sirius passa son bras sur ses épaules et le tira contre lui.

– N'y pense pas. On est dehors pour se changer les idées.

Remus baissa la tête et ne répondit rien. Ils se contentèrent de reprendre leur conversation et le lycanthrope en oublia partiellement ses soucis. Ils sursautèrent en entendant un bruit. Ils s'approchèrent de buissons, ou ils percevaient une fumée qui s'élevait derrière.

– C'est un cirque, chuchota Remus. Sûrement équestre.

Sirius plissa les yeux et observa avec plus d'attention ce qui se cachait derrière les arbustes. Une grande clairière abritait plusieurs caravanes et un petit chapiteau. Une vingtaine de cheveux, tous plus magnifiques les uns que les autres, étaient attachés tout autour. Des hommes et des femmes aux tenues légères et pailletées, discutaient entre eux, tourbillonnaient dans les airs, exécutaient mille et une figures et riaient avec chaleur.

Les deux sorciers se perdirent à les contempler.

Une jeune femme, vêtue d'un maillot blanc, dansait avec élégance. Un homme s'approcha d'elle, la souleva dans les airs et la fit doucement glisser contre lui. Une fois son visage face au sien, il se pencha doucement et prit ses lèvres, avant de retourner près du feu pour l'attiser. Ce qui semblait être un agneau, rôtissait en son centre. Une odeur agréable se répandait autour du campement.

Sirius jeta un coup d'œil vers Remus, qui venait de baisser tristement la tête.

– Je sais à quoi tu penses, soupira le loup-garou. Arrête immédiatement.

– A chaque représentation, ils risquent leur vie. Pourtant ils s'aiment quand même. Ils peuvent se perdre d'une seconde à l'autre, mais ne se privent pas d'être ensemble.

– Tu ne vas pas recommencer.

Sirius haussa les épaules. Si, il recommencerait, mais ce n'était pas le moment. Il posa une main sur son dos et l'entraîna vers la suite de leur ballade.


Bonjour! :-)

Je voulais remercier toutes les personnes qui n'ont pas de comptes fanfiction et qui prennent le temps de me laisser des reviews. Vous êtes tous adorables et je vous remercie infiniment. Je suis désolée de ne pas pouvoir vous répondre, comme je le fais pour les autres. Posséder un compte fanfiction, ne veut pas forcément dire publier. Vous n'avez pas d'obligations en créant un compte et ça serait peut-être plus pratique pour vous (pour de nombreuses raisons). L'avez-vous déjà envisagés? Dans tous les cas, je vous remercie une fois de plus.

Je vous remercie tous pour votre présence, votre patience et vos encouragements. A très vite!