21.
A cet instant précis, tout ce que voulait Drago était de se fondre totalement avec l'armoire de la chambre. Il aurait aimé devenir l'armoire. Cette pensée lui arracha un sourire. Il se colla un peu plus contre elle, sans lâcher Harry du regard. Ce dernier avait un don pour le trouver rapidement. Il devait avoir un sixième sens qui l'attirait instinctivement vers lui. Drago était beaucoup plus lent pour le trouver et n'arrêtait pas de perdre à ce jeu. Quel jeu stupide.
Il faut dire que l'envie de rire ne le lâchait pas, ce qui n'était absolument pas destiné à aller dans son sens. Alors que Harry, lui, jouait à ce jeu comme si sa vie en dépendait. Il était si sérieux lorsqu'il devait rester immobile, que le blond n'entendait strictement rien. Ce qui était inquiétant. Il se demandait à chaque fois s'il n'avait pas quitté la pièce.
Harry se prenait sans arrêt les pieds dans tout ce qui traînait au sol. Il se cognait également au lit ou au bureau. A chaque fois qu'il jurait, Drago devait se mordre violemment la lèvre inférieure pour ne pas se foutre de lui. Les yeux bandés, Harry balayait l'air avec ses bras, pour éviter de se prendre quelque chose dans la figure.
Drago se demanda un instant s'il ne faisait pas exprès de faire le pitre pour le faire rire et le trouver plus rapidement.
Le Serpentard s'arrêta soudainement de respirer, tandis que Harry passait prêt de lui. Alors qu'il pensait être hors de danger, le brun jeta son bras devant lui, puis sur les côtés et Drago reçu sa main dans la figure. Il lâcha un grognement plaintif et Harry s'accrocha à son poignet, un sourire enchanté sur le visage.
– Trouvé! J'ai gagné! Je suis toujours plus rapide que toi, tu ne fais pas le poids, Malefoy.
Il retira sur son bandeau pour voir Drago en train de se masser le nez.
– Oui mais au moins quand c'est moi qui joue, tu sors en un seul morceau.
– Oh ça va, rit Harry en attrapant son menton pour l'analyser avec plus d'attention. Tu n'as absolument rien.
Drago se dégagea sans aucune douceur et le foudroya du regard.
– C'est juste que ça ne se voit pas.
– C'est juste que tu as toujours été un grand comédien.
– Ferme-la, Potter.
Un petit rire s'échappa de la gorge du Gryffondor, qui lui tendit le bandeau.
– Une dernière partie? murmura-t-il avec espoir. Tu ne vas pas rester sur une défaite, n'est-ce pas?
– Tu rêves. J'en ai marre.
D'un air morose, Drago se laissa tomber sur son lit, suivit par Harry. Le brun s'allongea à ses côtés, en fixant attentivement le plafond.
– Tu as ouvert l'enveloppe de Rogue? souffla Drago en lui jetant un regard en coin.
Harry approuva d'un signe de tête et pivota pour lui faire face. Drago le regarda un instant dans les yeux, avant de se détourner vivement. Il était complètement cinglé d'avoir trahi son père pour ces foutus yeux verts. Harry n'était pas son ami. Il n'était rien pour lui. Il devait juste l'appâter pour l'emmener dehors, et il avait tout raté. Quelle excuse allait-il pouvoir trouver à Lucius?
Il allait rentrer chez lui sur un échec. Il n'avait pas envie de lire de la déception dans les yeux de son père. Il n'allait peut-être pas se mettre en colère, il serait juste.. profondément déçu. Drago n'était même pas capable de faire ce qu'on attendait de lui. Ce n'était qu'un trouillard.
– Que contenait l'enveloppe? demanda-t-il d'une voix un peu trop roque, avant de tousser légèrement.
– Plusieurs lettres. L'une avait été envoyé de France à Rogue. Ma mère était partie skier une semaine en Lozère. C'est dans le Sud, je crois.
– Skier? répéta Drago en haussant les sourcils.
– Le ski est un sport moldu qui se pratique sur la neige, c'est un peu compliqué à expliquer. Il m'a donné également quelques photos de ma mère, faite sûrement avant de rentrer à Poudlard. Elle posait. C'était mignon car elle semblait à la fois gênée et amusée d'être photographiée. Elle avait un regard exaspéré mais toutefois complice.
Il y avait tant d'émotion dans la voix de Harry, que Drago ne pouvait que l'observer en silence. Il aurait aimé voir ces photos qui semblaient si précieuses aux yeux du Gryffondor, mais il ne s'autorisa pas à le lui demander. Il n'en avait pas le droit. Un sentiment étrange remuait les entrailles de Drago. Il ne savait plus très bien où il en était. Il aurait aimé détester Harry, pour parvenir à faire ce que son père lui avait demandé. A la place, il ne faisait que se tourmenter inutilement.
Il serra fermement les poings pour s'empêcher de soupirer et d'attirer l'attention du brun sur lui.
Depuis qu'ils étaient rentrés, Drago avait tout fait pour éviter de s'approcher de la cheminée du salon. Une peur sans nom le prenait, dès qu'il se trouvait dans la même pièce qu'elle. Comment son père avait-il réagi, face à un Pré-Au-Lard vide de son fils et de Potter? Il avait peut-être trouvé Pansy et les autres, seuls, à la table. Et si son père était présent, attendant patiemment dans un coin, lorsque Drago s'était enfuit comme un voleur en traînant Harry par la manche?
Drago inspira et expira doucement, en s'efforçant de garder un masque détaché et profondément calme. C'est avec une pointe de lassitude, qu'il se leva pour enfiler un pantalon. La chaleur insoutenable, les avait poussé à passer la matinée en caleçon. Harry fit de même, suivant ensuite machinalement le blond à l'extérieur de la chambre.
Il y a quelque temps, les deux adolescents ne pouvaient pas être dans une même pièce sans s'entre-tuer. Drago se gratta un instant le front, tout en lissant sa chemise grise de sa main de libre. Et là, cela faisait quelques jours qu'ils vivaient ensemble, qu'ils partageaient leurs activités et tout leur temps. Drago avait parlé de ses parents à Harry, de son enfance et de ses amis. Il n'était pas sûr d'avoir été sincère à ce point avec quelqu'un d'autre. Il s'était ouvert à lui, sans aucune crainte et aucun complexe. Il avait également appris à connaître le brun et il se rendait compte qu'il ne savait absolument rien de lui.
Il se maudissait d'agir ainsi. Ils ne pouvaient pas être amis, c'était impossible. Puis, il n'avait aucune envie d'être l'ami du Survivant. Il ne manquait plus que ça. Exaspéré par son attitude et sa faiblesse, Drago sortit de la chambre en ruminant ses pensées. A sa grande surprise, Rogue leur adressa un signe de tête bienveillant en les voyant entrer dans la bibliothèque. Tout le monde tournait par rond en ce moment. Rogue qui devenait tendre était presque aussi inquiétant que Drago appréciant Potter.
Il se renfrogna davantage. Il ne l'appréciait pas. Non.
Rogue était en train de feuilleter un livre, préparant les cours qu'il allait faire pour les étudiants d'ASPIC de la prochaine rentrée scolaire. Drago avait besoin de se changer les idées. Il ne voulait penser ni à Potter, ni à son père. Quoi de mieux, pour ça, que de se ressourcer auprès des gens de sa maison?
– Puis-je vous parler? souffla Drago avec une timidité qu'il se ne connaissait pas.
Il faut dire qu'il avait clairement le sentiment d'abuser avec ses demandes. Harry semblait surpris et curieux, peut-être même un peu déçu de ne pas avoir été tenu au courant. Drago évita soigneusement son regard et ne lâcha pas celui de son professeur.
– Venez-en au but, Malefoy, soupira Rogue en croisant les bras contre sa poitrine. Que voulez-vous?
– Je ne me sentais pas très bien hier. Nous ne sommes pas restés très longtemps à Pré-Au-Lard. Peut-être serait-il possible d'inviter mes amis, ici, pour faire une partie de Quidditch?
Rogue fronça les sourcils. Il voyait suffisamment ses élèves, pour qu'ils viennent les hanter jusque dans sa tranquillité. Drago s'attendait à ce qu'il refuse, mais fut une fois de plus surpris par la réponse du maître des potions.
– Au point où j'en suis, siffla-t-il. Invitez les Serpentard que vous voulez, mais évitez Crabbe et Goyle, si possible. Je n'ai pas spécialement envie de recevoir ces deux idiots dans ma maison.
– Merci! s'exclama Drago en essayant d'étouffer son enthousiasme débordant.
Ils s'empressèrent de rejoindre leur chambre, trottinant légèrement dans les escaliers.
– Je peux t'emprunter Hedwige? murmura le blond en se jetant sur son lit.
Harry accepta et lui donna également de quoi écrire et une plume. Drago le remercia brièvement et gribouilla rapidement sur les bouts de papier. Il accrocha les mots, tous identiques, aux membres de la chouette, qui s'envola de bonne humeur, visiblement heureuse du défi qui se posait à elle.
Dans le courant de l'heure, les hiboux défilèrent dans la chambre des deux adolescents. Ils semblaient tous trouver cette idée merveilleuse et, avant quinze heure de l'après-midi, tous les Serpentard conviés furent dans le salon avec leur balais.
Daphné semblait de mauvaise humeur. Sa sœur qui l'avait une fois de plus suivi, ne devait pas y être pour rien. Astoria affichait d'ailleurs un air suffisant, en tenant son petit brossdur 7 avec une fierté sans limite. Drago souriait intérieurement en l'observant, curieux de voir ce que cette gamine avait dans le ventre.
Pansy et Millicient embêtaient Harry, ce qui fit également redoubler le sourire Drago. Il avait demandé à ses amis de tolérer le Gryffondor, mais finalement cela n'avait pas l'air trop désagréable pour les filles. Pourtant, Pansy le détestait réellement. Le contexte était sans doute différent, il n'y avait plus vraiment de maisons, mais juste un groupe d'adolescents qui se cherchaient des points communs.
Théodore était calme. Il attendait patiemment la suite des événements. Blaise, lui, baillait comme s'il n'avait pas dormi depuis trois semaines.
– Ça va? Le questionna justement Pansy, en laissant tomber Harry pour analyser le Serpentard avec attention.
– Oui, grommela-t-il froidement. Je suis mort, c'est tout.
– Il faut dormir la nuit, soupira-t-elle en levant les yeux au ciel face à l'attitude du jeune homme.
– C'est gentil de te soucier de moi, mais je crois que tu devrais te passer de me donner des conseils.
– Ce n'est pas pour toi que je dis ça. Ça te rendrait juste plus aimable de dormir un peu plus.
Blaise lui fit un geste obscène de la main, avant de passer son bras autour de ses épaules pour l'attirer vers lui. Un petit rire s'échappa de la gorge de Pansy, qui se tortilla dans tous les sens pour essayer de se libérer de cette étreinte étouffante. C'est à ce moment précis que Rogue fit son entrée dans le salon. Il dévisagea chacune des personnes présentes, qui s'empressèrent de le saluer poliment.
– Si vous ne voulez pas mettre mes nerfs à l'épreuve, je vais vous demander de bien vouloir rester dans le jardin et de ne pas venir glousser comme des dindes dans la maison.
Avec un sourire en coin, Drago invita donc ses amis à rejoindre l'endroit où ils allaient jouer. Daphné et Astoria se chamaillaient à l'arrière. Lassé, Théodore leur offrit un regard explicitement mauvais.
– Vous ne voulez pas vous la fermer, un peu?
Astoria lui tira la langue, mais les deux jeunes filles acceptèrent toutefois de se taire.
Drago s'avança vers eux avec une petite boite. Il sourit à ses amis et les incita à se saisir d'un papier qui se trouvait à l'intérieur.
– En fonction de ce que vous allez piocher, vous allez être de l'équipe des Pitiponks ou des Demiguises. Avec ça, on formera deux équipes complètement aléatoires. Allez-y!
L'équipe des Pitiponks se composait d'Astoria, Drago, Harry et Millicient. Celle des Demiguises de Pansy, de Blaise, de Théodore et de Daphné. Ils chevauchèrent leur balais et s'élevèrent dans les airs. Il n'y avait pas vraiment de règles, ni de postes attitrés. Le but était simplement d'éviter les cognards et de marquer le plus de points possible.
Drago s'amusait beaucoup et riait à s'en arracher la mâchoire. Il n'y avait aucune compétition entre les deux équipes. Ils étaient tous bien trop occupés à plaisanter et essayer de se faire tomber de balais, pour se soucier des points. Toutefois, tout le monde fut profondément surpris lorsque la gamine se saisit du vif d'or.
Tous les joueurs immobilisèrent leur balais et regardèrent Astoria, qui souriait démesurément en brandissant la petite balle dorée au dessus de sa tête. Même Harry n'avait pas cherché à se concentrer sur le vif d'or, s'occupant uniquement du souafle.
Une fois l'étonnement passé, ils regagnèrent le sol en hurlant. Les uns de déception, les autres de joie. Harry, Millicient et Drago se jetèrent sur Astoria pour la soulever dans les airs. Ils se serrèrent tous les quatre les uns contre les autres en criant de plus belle. Millicient passa ses bras autour du cou de Drago, avant de réitérer son geste avec la gamine. Inconsciemment, Drago pris Harry dans ses bras.
– Bravo! C'était un beau match! murmura-t-il à son oreille.
Il se dégagea rapidement, en prenant compte de son acte. Il évita soigneusement le regard étonné du brun. Mais, face à eux, Pansy, Théodore, Blaise et Daphné les fixaient avec des yeux ronds. Embarrassé, Drago détourna le regard de ses amis pour féliciter celle qui les avait fait gagner.
– Et bien Greengrass, je dois dire que je suis impressionné! s'exclama-t-il en levant une main en sa direction.
– Merci, sourit la jeune fille en frappant dedans. Je suis assez fière de moi, c'est vrai.
– Tu aurais ta place dans notre équipe, soupira-t-il. Je ne veux pas que tu te fasses de faux espoirs ; tu ne seras pas prise. Il faut que tu réalises ça. Tu ne seras même pas autorisée à participer aux sélections. Les filles ne peuvent pas entrer dans l'équipe de Quidditch de Serpentard.
– Je sais, maugréa-t-elle.
– Toutefois, avec toi dans notre équipe, on aurait enfin la chance de battre ce sale Potter. C'est vraiment dommage.
Cette remarque lui valu un sourire de la part de la gamine et un coup de poing dans l'épaule du sale Potter en question.
– Maintenant, j'ai faim! s'exclama Astoria en se frottant le ventre.
– Tu as toujours faim, se désola sa sœur en la poussant de son épaule.
– Ce n'est pas ma faute si je suis en pleine croissance et que j'ai besoin de bien manger pour grandir comme il faut. Je me demande si Rogue cache des gâteaux dans ses placards.
– On dirait Ron, sourit Harry.
La gamine fit une grimace et le fusilla d'un regard outré.
– Tu viens de me couper l'appétit, s'indigna-t-elle en se collant à Daphné qui la repoussa comme si elle avait la gale.
Ils passèrent par la cuisine, avant de se rendre dans la chambre de Drago et Harry. Une fois à l'intérieur, les invités firent comme chez eux en s'installant sur les lits, par terre ou sur le bureau.
– Pourquoi tu as souhaité partir si tôt hier? demanda Pansy en mâchonnant un biscuit.
Tout le monde, même Harry, semblait soudain très intéressé par la question de la jeune fille. Mal-à-l'aise, Drago haussa les épaules et se laissa à son tour tomber sur le lit. Au passage, il écrasa à moitié Blaise, qui ne chercha pas à se dégager pour autant.
Drago la fusilla d'un regard qui voulait dire «mêle-toi de tes affaires», mais Pansy ne paraissait pas s'en soucier. Elle continuait à le questionner silencieusement, sans le lâcher des yeux.
– Ça ne vous regarde pas, siffla Drago après quelques secondes de silence.
– Il me semble que si, soupira Théodore. On s'est tous déplacé parce que tu nous l'avais demandé et tu es parti après une heure. On était si ennuyeux que ça? Si on te fait chier, tu peux tout aussi bien nous le dire et on ne t'encombrera plus de notre présence.
– Arrête de dire des conneries, grinça Drago entre ses dents. Je ne me sentais pas bien, c'est tout.
Ce n'était pas vraiment un mensonge. Personne n'insista, comprenant que Drago n'était pas disposé à leur donner plus d'explications. Ils discutèrent encore quelques heures, avant de dépeupler la maison de leur professeur de potions. Une fois les Serpentard partis, les deux adolescents rejoignirent la cuisine pour se saisir des assiettes et mettre la table. Lorsqu'il vit Rogue, Drago lui offrit un sourire sincère.
– Merci de nous avoir autorisé à inviter nos amis, souffla-t-il en s'asseyant.
– Tes amis, le corrigea Harry avec un air mauvais.
Drago haussa les sourcils et le dévisagea un instant. Rogue acquiesça d'un signe de tête et s'effaça dans la cuisine.
– Qu'est-ce qu'il y a? s'étonna Drago.
– Rien, grogna Harry en prenant place à son tour autour de la table.
Le blond commençait à comprendre.
– On ne pouvait inviter que des Serpentard. Je n'ai rien décidé.
– Je sais. J'aimerais inviter mes amis, moi aussi. Ils me manquent. Pourtant je n'ai pas eu l'occasion encore, alors que je suis là depuis plus longtemps que toi. Tu es là depuis quelques jours et tu obtiens tout ce que tu demandes. Moi je peux courir pour obtenir une faveur de ce genre.
Drago passa une main dans ses cheveux, tout en secouant légèrement la tête.
– Tu as ressassé ces pensées toute la journée ou c'est juste que tu aimes prendre la tête des gens au moment du repas?
Drago croisa le regard de Rogue. Il ne savait pas qu'il était là. Il jeta un rapide coup d'œil à Harry pour le prévenir silencieusement et baissa les yeux vers son assiette vide. Le repas se fit dans un silence désagréable. Lorsque Drago releva les yeux, Harry lui offrit un faible sourire de réconciliation. Le blond lâcha un petit rire et lui lança sa serviette sur la tête.
– Tu sais que tu es un imbécile, Potter?
Sa remarque accentua le sourire du Gryffondor, qui lui renvoya vivement son bien. Drago l'attrapa au vol et la posa sur ses jambes.
– Potter... souffla Rogue.
Harry sursauta légèrement.
– Je crois que vous avez tendance à vous monter la tête pour rien. Si vous vouliez voir vos amis, il vous suffisait de me le demander. Si les amis de Drago sont venus aujourd'hui, c'est parce qu'il a prit la peine de m'en faire la demande.
Harry hocha doucement la tête, l'air légèrement gêné.
– C'est un peu tard pour revenir sur le sujet, continua Rogue d'une voix un peu moins assurée, toutefois je veux que vous sachiez que je n'aurais jamais délibérément fait de mal à votre mère. J'aurais préféré mourir, si ça avait pu la sauver.
Drago comprit rapidement qu'il faisait référence au rêve du brun.
– Je sais, répondit Harry. C'est la seule personne qui a compté pour vous, n'est-ce pas?
Drago aurait juré voir Rogue rougir
– En effet, répondit-il avant de se racler la gorge.
– Pourquoi est-ce que votre allégeance pour Voldemort a été plus forte que ce que vous ressentez pour elle, alors? Pourquoi avoir choisi un camp qui vous opposez à celui de ma mère, dès vos premières années à Poudlard? Pourquoi être devenu l'ennemi de la personne que vous aimiez le plus?
Il n'y avait aucune colère dans sa voix. Drago y lisait tout de même une certaine déception.
– Je ne pouvais pas l'avoir, répondit sèchement Rogue.
– Si vous faites allusion à mon père, je vous rappelle qu'ils ne s'entendaient pas si bien que ça, au début. Alors qu'elle vous considérez comme son meilleur ami.
– Je n'ai pas envie d'en parler. C'est arrivé. C'est tout.
– Et elle en est morte, murmura tristement Potter.
– Je suis désolé. J'ai essayé de la protéger et ça n'a pas marché. Votre père aussi à essayer.
– Ce n'est pas pareil! s'emporta légèrement Harry, qui détestait entendre parler mal de James. Il a essayé de nous protéger, mais il n'était responsable de rien. Il est mort lui aussi et il était innocent.
– Ce n'était pas une critique. Et, c'était la guerre. Les guerres entraînent des morts innocentes. C'est comme ça.
Harry déposa sa fourchette et passa ses mains sur son visage pour reprendre ses esprits.
– A quoi ça sert? Toute ces guerres sont inutiles. Au final, Voldemort n'est plus là. Mes parents sont morts. Une partie des Mangemorts sont enfermés à Azkaban pour y croupir toute leur vie. Les parents de Neville sont à Ste Mangouste, ne reconnaîtront plus jamais leur fils et ne le verront jamais grandir, réussir ses BUSEs et ses ASPICs, se marier, avoir leurs petits-enfants. Toutes ces pertes des deux côtés pour rien. Pour quoi, au final? Même si Voldemort avait réussi et qu'il dirigeait toujours le ministère, régnant sur le monde par la peur.. Qu'est-ce que ça lui aurait apporté de vivre éternellement une vie comme ça? Je ne comprends pas. C'est tellement vide, tellement triste.
Drago et Severus gardaient les yeux baissés, incapables de lui répondre. A la fin du repas, le maître des potions avait retenu le blond par le bras.
– Ton père aimerait te parler par cheminée.
Drago déglutit difficilement mais ne fit rien paraître. Il se contenta de hocher imperceptiblement la tête d'un air entendu. Il frémit légèrement lorsqu'il se retrouva seul dans le salon. Harry était monté se préparer dans la salle de bain et Rogue était descendu dans son laboratoire. Il bascula nerveusement d'un pied à l'autre.
Lucius ne lui laissa pas le temps de se torturer l'esprit. Son visage apparut presque immédiatement dans les cendres braisées de vert.
– Bonsoir, Drago, murmura-t-il du bout des lèvres.
– Bonsoir, père.
– Je suis venu à Pré-Au-Lard. Tu m'avais dit que tu y serais avec Potter. Il n'y avait pourtant personne.
– Je m'excuse. J'ai essayé de le retenir mais Potter tenait absolument à partir, mentit-il.
– Je t'avais pourtant déconseillé de rejoindre tes amis. Encore une fois, tu n'écoutes rien. Je me doutais que cela n'allait pas bien se passer.
– Je suis désolé, père.
– Ça ne sert à rien de t'excuser, grommela Lucius avec raideur, débrouille-toi plutôt pour régler ce problème.
– Oui, père.
– Tout est en train de changer. Les détraqueurs s'énervent dans les prisons, les mangemorts s'impatientent parce qu'ils ressentent sa présence.
– La présence de qui? s'étonna Drago.
– La marque des ténèbres commence à s'accentuer sur mon bras. Petit à petit, elle devient plus sombre, de plus en plus voyante, alors qu'elle était fade et presque invisible il y a moins d'un an. Ils vivent sans doute un phénomène identique. Ils s'en excitent. Nous avons besoin de Potter. Tu dois nous l'amener, tu m'entends? C'est très important.
Le visage de Lucius ferma ses yeux quelques secondes, avant de les rouvrir brusquement.
– Tu dois trouver un moyen pour le faire sortir, Drago. Tu n'auras plus de chance supplémentaire.
Une fois son père parti, Drago se laissa tomber en arrière pour s'asseoir sur le carrelage froid. Il passa ses mains sur son visage en soupirant. Finalement, cette entrevue ne s'était pas si mal passée. Il n'aimait pas mentir à son père, mais qu'aurait-il pu dire d'autre? Qu'il avait paniqué et avait ramené Potter chez Rogue, comme le lâche qu'il était? Ou pouvait-il lui dire qu'il n'avait pas envie de lui offrir Potter sur un plateau, parce qu'il l'appréciait bien, en fait? Drago était certain que son père aurait été vraiment heureux de savoir cela. C'était certain.
Il colla ses cuisses contre son torse et enfoui son visage dans ses genoux. Son cerveau réfléchissait à toute vitesse pour trouver comment arranger cette histoire. Il était loin d'imaginer que des yeux verts et des cheveux incoiffables l'observaient derrière l'entrebâillement de la porte et avaient écouté cette conversation.
Bonjour! Pendant ce temps, du côté de Sirius et Remus, Tonks est venue pour la suite de la potion. Ce n'était pas vraiment important, puisque Remus ne la pas encore bu. J'ai préféré consacrer une dernière journée à Drago et Harry, avant que tout bascule. On va également faire un grand bond en avant, pour ce qui est du côté Remus/Sirius/Tonks! A très vite et merci à tous!
Une fois de plus, je tiens à m'excuser pour le nombre de fautes que l'on peut trouver dans mes chapitres. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée. Je me concentre d'abord sur l'avancée de mon histoire, pour garder un rythme régulier de publications et ENSUITE je vais faire en sorte de reprendre tous mes chapitres, de corriger les fautes et de l'arranger du mieux que je peux.
