25.

Une forte odeur de fromage de chèvre et de poulet, envahit les narines du jeune sorcier, lorsqu'il pénétra dans la demeure de Ted et Andromeda Tonks. Il sentit la main de Rogue derrière son dos et fut légèrement poussé en avant. Comprenant que son professeur souhaitait qu'il avance, Harry entra en premier dans le salon, où les invités étaient en pleine discussion.

Des yeux se levèrent vers Harry qui, loin d'être déstabilisé, les dévisageait à tour de rôle. Remus était debout, appuyé sur le mur et lui souriait gentiment. Après lui avoir rendu son sourire, il balaya la pièce d'un regard circulaire et fut surpris de ne pas y trouver Sirius. Ce dernier avait pourtant manifesté son envie de ne pas être laissé de côté. Dumbledore avait-il jugé cela trop dangereux pour sa sécurité?

Le directeur de Poudlard, était d'ailleurs également en train de lui sourire. Harry était heureux de le voir, de-même pour le professeur McGonagall, qui l'observait soucieusement. Il n'y avait personne d'autre. Rogue dépassa Harry pour prendre place à la table. Il le regarda s'asseoir avec légèreté sur l'une des chaises et le professeur Dumbledore prit place à ses côtés. Ils échangèrent quelques mots, qu'Harry n'eut pas la possibilité d'entendre car le professeur McGonagall était venu à sa rencontre.

– Comment vous sentez-vous, Monsieur Potter?

– Très bien.

– Et chez le professeur Rogue, est-ce que tout va bien?

– Je vous remercie de vous inquiéter pour moi et, pour répondre à votre question, ce n'est pas toujours facile mais la cohabitation se passe plutôt bien. Du moins, beaucoup mieux que ce que je l'aurais cru.

– J'en suis rassurée. Lorsque j'ai appris que Drago Malefoy allait lui aussi être sous le toit du professeur Rogue, j'ai voulu demander au ministre de la magie de vous laisser venir chez moi. Le directeur m'a assuré qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, alors j'ai attendu. Si j'avais eu vent du moindre soucis, j'aurais tout fait pour vous prendre avec moi.

– Merci, professeur. Cette attention me touche profondément.

Andromeda, Ted et leur fille, firent leur entrée dans la pièce, les bras chargés de boissons et de biscuits salés, qu'ils posèrent sur la table.

– Les autres avaient cas arriver à l'heure, sourit Andromeda en se servant d'un petit four, faites comme chez vous et servez-vous tant que c'est encore chaud!

Elle se tourna ensuite vers Harry et son sourire redoubla d'intensité.

– Harry Potter! Quel plaisir de faire enfin ta connaissance! Tu ressembles comme deux goûtes d'eau à ton père. J'ai eu l'occasion de le voir de nombreuses fois, c'était un homme bien et très amusant.

Harry lui serra la main et réitéra son geste auprès de Tonks et de Ted. Il profita de ce moment pour s'éclipser et rejoindre Remus. Il ne savait pas comment se comporter avec lui et ne put s'empêcher de soupirer de soulagement en le voyant passer un bras autour de ses épaules. Remus le tenait contre lui et lui parlait doucement de ce qu'ils avaient fait ce matin. Comme Arthur travaillait et ne pouvait pas être présent, la réunion n'avait pas vraiment eu lieu. Les Weasley avait insisté pour faire parti du projet. Ils avaient donc simplement discuter des sorts éventuels de protections qui pourraient être jetés à Harry.

Le regard du professeur McGonagall se posa un instant sur eux et Remus lâcha Harry, tout en se redressant légèrement. En le voyant si embarrassé, un rire moqueur et amusé s'échappa des lèvres de l'adolescent. Les joues légèrement rosées, Remus lui ébouriffa les cheveux en le poussant de son épaule. Toutefois, le sourire du brun s'éclipsa rapidement en surprenant le regard attristé de Minerva. Harry comprit rapidement. Le professeur de métamorphose avait vu les Maraudeurs grandir. Elle avait vu Sirius, James, Remus et Peter faire les quatre-cent coups dans le château. Ils s'étaient faits autant aimer que punir, par elle.

Dans d'autres circonstances, Harry aurait connu parfaitement Remus, Sirius et Peter. Peter et Remus auraient été comme des oncles, des membres de sa famille. Un sourire furtif passa sur les lèvres de Harry, en songeant au «tonton Lunard», qu'il aurait pu user pour Remus, dans le but de l'embêter. Tout était malheureusement si différent. La vie était injuste et ils auraient tous méritaient mieux que ce qu'ils ont eu droit. Sirius avait passé plus de temps à Azkaban, qu'avec James. Et, sans doute, voir Remus et Harry si proches, rappelaient au professeur McGonagall les fois où elle avait vu Remus, Sirius, Peter et James dans une position similaire.

– Le professeur McGonagall vous aimez beaucoup, n'est-ce pas?

Remus baissa les yeux sur Harry et un sourire étincelant étira son visage.

– Il n'y a aucun doute à avoir la dessus. James était de loin son élève favoris. Elle le trouvait extrêmement doué en métamorphose. Sirius et Peter se débrouillaient très bien aussi, mais James avait une manière exquise de réussir tout ce qu'il entreprenait. Il avait la classe. Ce n'est pas pour rien s'il s'est transformé en cerf.

Harry hocha la tête en souriant, un sentiment de fierté l'envahit soudain. Une question lui revint malgré tout en tête et ses sourcils se froncèrent.

– Où est Sirius?

– A l'étage. Il ne descendra que lorsque tout le monde sera présent. Dumbledore annoncera son arrivée à temps voulu.

Remus et Harry ne purent continuer leur discussion, car un vacarme épouvantable se manifesta dans le salon.

– Tu as oublié le gâteau sur la table de la cuisine! pesta Molly, les mains croisées sur ses hanches.

– Ce n'était pas à moi de le prendre, se défendit Arthur, tu as demandé à Ron de le faire.

Les sourcils de Ron se haussèrent si haut à cette remarque, que Harry éclata de rire.

– Très bien, Fred, vas-donc chercher ce gâteau.

Le concerné ouvrit sa bouche en grand et croisa les bras sur sa poitrine, d'un air passablement indigné.

– Moi? répondit-il. Pourquoi est-ce que Ron n'y va pas, lui, s'il était chargé de le faire?

– Parce qu'il est impatient de voir Harry, soupira Ginny en levant timidement les yeux vers le Survivant. Ça ne te prendra que cinq minutes.

Les Weasley tournèrent la tête vers les autres personnes qui se trouvaient dans la salle, tandis que Fred poussait George dans la cheminée, pour le faire y aller à sa place.

– Harry, mon chéri! s'écria joyeusement Molly en s'avançant vers lui pour le serrer dans ses bras.

Elle le relâcha un instant pour l'analyser avec attention et l'embrassa une fois sur chaque joue. Elle partie ensuite saluer le reste des invités et Ron se jeta sur Harry. Leur étreinte dura quelques secondes, mais cela suffit à réchauffer le cœur du brun. Il était heureux de retrouver son ami, son véritable et fidèle ami. Son cœur se serra en songeant à Drago, qui s'était joué de lui et il se contenta de saluer Arthur, Ginny et les frères de Ron, tel un automate programmé.

Percy n'était pas là.

– Percy travaille, expliqua Ron face à la question muette de son ami. Il n'est pas au courant de tout ça. Dumbledore a demandé à mes parents de ne rien lui dire. Maman a insisté pour qu'il ne soit pas mis de côté. Elle pense que ça pourrait le blesser. Tu parles! A la seconde même où il aurait appris tout ça, il serait allé tout raconter au ministère pour se faire bien voir!

George revint une dizaine de minutes pour tard, un succulent gâteau dans les mains qu'il donna à Andromeda, avant de rejoindre son traître de jumeau.

– Merci, Fred, souffla Molly en leur adressant un bref regard.

– Avec plaisir, maman, sourit gentiment Fred sous le regard noir de George.

Harry éclata de rire, suivit rapidement par tous les frères aux cheveux roux. Il s'assirent avec humeur autour de la table. Hagrid arriva à ce moment là, une énorme bouteille de vin sous le bras. Il la posa par terre et étreignit Ron et Harry, manquant de peu de leur froisser quelques os.

Ils avaient l'habitude.

Le garde-chasse alla ensuite s'asseoir à côté de Charlie et discutèrent de Dragons et d'autres créatures magiques. Ils avaient l'air très heureux de se voir et Charlie semblait même impatient de le voir arriver pour échanger de leur passion. Parfois, ils parlaient même très doucement, comme s'ils ne souhaitaient pas que leur conversation soit entendu.

– A Poudlard, Charlie passait déjà tout son temps avec Hagrid. Il paraît qu'il le conduisait même dans la forêt interdite pour lui montrer toute sorte de créature. En ce moment, Charlie est bizarre. Je crois que quelque chose va se passer à Poudlard cette année. Mais je ne sais pas de quoi il s'agit. Mon père est au courant, ça se voit. Il ne veut rien me dire. Je soupçonne Percy de le savoir, également. Enfin, tout ce qui importe, c'est la coupe du monde de Quidditch qui va avoir lieu.

– Je ne sais pas si je vais pouvoir venir, soupira Harry. Tant que mon oncle et ma tante ne sont pas retrouvés, je ne peux pas vraiment songer à sortir de la sorte.

Ron grimaça et posa sa main sur son épaule, dans un geste qu'il voulait réconfortant.

– Tout le monde est là? susurra Rogue en se pinçant l'arrête du nez.

La familiarité et la bonne entente des personnes qui se trouvaient dans la pièce, devaient sûrement être insupportable pour lui.

– Non, répondit calmement Dumbledore. Elle devrait bientôt arriver.

Les conversations s'arrêtèrent. Harry se demandait qui pouvait encore manquer à l'appel. Une personne qu'il ne connaissait pas encore et qui voudrait protéger celui qui les a débarrassé du Seigneur des Ténèbres?

– On peut toujours avoir besoin de soin, continua le directeur avec un sourire en coin. J'ai donc demandé à Pompom de se joindre à nous.

Harry avait confiance en l'infirmière de l'école. Il était même impressionné par cette dame qui faisait régner l'ordre dans son infirmerie. Personne n'avait son mot à dire, professeurs ou élèves, lorsqu'ils se trouvaient dans son territoire. Vis-à-vis de Sirius, aussi, il savait qu'il pouvait avoir confiance en elle. Combien de fois, les élèves avaient déboulé dans son infirmerie avec des maladies plus étranges les unes que les autres? Pomfresh n'avait jamais rien dit à personne et ne posait jamais de questions.

Elle arriva d'ailleurs quelques minutes après. Elle sourit à la tablée et prit place aux côtés de Dumbledore et de McGonagall, ne souhaitant pas faire perdre plus de temps par sa faute. Ils s'étaient tous levés pour agrandir la table et plus personne n'était à la même place. Harry jeta un coup d'œil à Remus. Une place était libre à ses côtés et il se doutait à qui elle allait appartenir. Il lui offrit un sourire et Remus lui répondit d'un clin-d'œil.

Harry entraîna Ron de l'autre côté de la table et les deux adolescents se mirent à côté de Severus Rogue. Tandis que Ron ne semblait pas être enchanté par cette perspective, le professeur des potions posa un regard surpris sur Harry.

– Nous devons leur parler de l'invitation de Drago, souffla Harry.

– Ce n'est pas encore le moment.

En effet, le directeur se leva une fois de plus et Andromeda grogna en faisant retomber une louche dans sa soupe fumante. Ses yeux lançaient clairement des «quoi, encore?». Le ventre de Ron et celui de Hagrid, jouaient un concert, montrant qu'ils étaient du même avis. Un silence de plomb s'installa dans la salle, on ne pouvait entendre que le petit rire de Ginny, qui essayait de se calmer après la blague de Tonks venait de lui raconter.

– Nous sommes tous présents, nous pouvons donc accueillir...

«Enfin!», pensa Harry en souriant. Dumbledore n'eut toutefois pas le temps de terminer sa phrase, que Sirius fit son apparition dans la pièce. Tout le monde se leva d'un bond, brandissant sa baguette, mis-à-part ceux qui étaient au courant pour l'innocence de Sirius. La seule personne à être restée assise, était Rogue, un verre d'eau entre les doigts. Remus s'était levé également, mais sa baguette était tournée vers Arthur et Minerva.

– Remus, qu'est-ce que tu fais? s'agaça Molly, qui ne semblait pas enchantée de voir le jeune homme brandir sa baguette sur son mari.

– Tu ne pouvais pas attendre? soupira Remus en tournant légèrement la tête vers Sirius.

– Je pensais que c'était bon, grogna-t-il.

Harry s'empressa de rejoindre Sirius, sous les vives protestations de Molly et de Minerva, qui essayèrent de lui attraper les bras.

– Harry, revient doucement vers nous, s'affola Arthur. Nous te couvrons. Black, si tu fais un geste..

Mais Harry continua son avancée et ne s'arrêta que lorsqu'il fut devant son parrain. Il se retourna alors vers les autres invités et les observa silencieusement, les défiants de faire un geste. Ron accouru à ses côtés et sa mère se mit alors dans une colère noire, jetant un sort qui érafla de peu l'épaule de l'animagus.

– Molly! cria Arthur. Tu aurais pu toucher nos enfants!

– Harry n'est pas votre enfant, siffla Sirius.

– Il n'a plus personne! Il serait toujours l'enfant de quelqu'un, si tu n'avais pas trahi ses parents!

Le visage de Sirius blêmi légèrement.

– Harry, Ron, qu'est-ce qui vous prend? s'étonna Hagrid qui essayait de retenir le lustre qu'il avait percuté en se relevant précipitamment.

Andromeda allait mettre fin à cette comédie, mais Dumbledore et Ted l'arrêtèrent, conscient que ce n'était pas à eux de régler cette histoire.

Remus se recula à son tour, suivit bientôt par Tonks. Une barrière humaine, protégeait à présent Sirius. Le cœur gonflé à bloc, il s'avança vers Harry et entoura ses bras autour de son torse, par dessus ses épaules. Il serra le dos de son filleul contre son ventre et soupira.

– Si je pouvais faire revenir James et Lily, je n'hésiterais pas le temps d'une seconde.

– Il fallait y penser avant, maugréa une voix que Harry n'eut pas le temps de reconnaître, totalement obnubilé par les bras protecteurs qui le soutenaient.

– Laisse-le partir, Black, supplia Molly. Tu lui a déjà fait tant de mal. Il a assez souffert, tu ne crois pas? Le tuer ne fera pas revenir Tu-Sais-Qui.

– Remus..Tonks... souffla Hagrid, décontenancé. Pourquoi?

– Sirius est innocent! s'énerva Ron.

Le cri du jeune Weasley sembla réveiller Harry et Remus, qui rangèrent leur baguette comme un seul homme. Harry prit la parole, expliquant à tous ceux qui se trouvaient dans cette pièce, à quel point Sirius était un homme merveilleux. Rogue lâchait quelques fois des soupirs de mépris. Ils s'accentuèrent lorsque Harry leur dit également la vérité sur l'endroit où il avait passé ses vacances. Il fut surpris d'entendre le Survivant parler de lui avec gentillesse. Il avait, après-tout, essayé de faire des efforts et était plutôt satisfait que cela ce soit vu.

Une fois le discours de Harry terminé, Dumbledore se leva à son tour et confirma son histoire. Bouche-bée, Molly se laisse tomber lourdement sur sa chaise. Les tensions ne s'envolèrent pas pour autant. Tout le monde retourna à sa place et Sirius alla s'asseoir à celle que Remus lui avait gardé.

Un grand froid s'était jeté sur la pièce. Même Ron semblait en colère. Il faut dire que dans la foulée, Harry avait avoué avoir passé une partie de ses vacances avec son parrain et Remus. Harry lui avait menti. Il se retourna vers lui en soupirant. Ron mangeait silencieusement, les sourcils froncés.

– Je suis désolé, Ron.

– Ça ne fait rien. Je comprends. Tu ne pouvais pas faire autrement, on t'avait demandé de ne rien dire. Ce n'est pas grave.

– Tu es sûr?

Ron leva les yeux vers lui et offrit un faible sourire à son ami.

– Tu devais manger où ma mère va encore donner de sa voix, lui répondit-il simplement.

Une fois le repas terminé, Ted s'éclipsa dans la cuisine et revint avec le gâteau de Molly. Andromeda se retourna vers son cousin, qui se tenait silencieusement à l'écart. Elle soupira et entreprit de découper le gâteau en morceaux.

Remus observa la table. Personne ne parlait. Même Dumbledore restait mystérieusement silencieux, échangeant parfois quelques mots avec n'importe qui. Sirius mangeait de petite-bouchées, sans doute encore remuée par les paroles que Molly lui avaient assénées. Il était le seul à ne pas avoir terminé son assiette.

Il aurait aimé lui faire comprendre qu'il n'était responsable de rien, dans la mort de leurs amis.

Le lycanthrope laissa doucement sa main glisser sur la jambe de Sirius. Ce dernier releva précipitamment les yeux et s'empressa de retirer lui sa main. Remus se mordit la lèvre, et réitérât son geste, entrelaçant cette fois ses doigts avec ceux de Sirius, avant de les déposer sur la cuisse de son ami.

– Lunnard.. si quelqu'un nous voit...

– La seule personne qui aurait pu voir quoi que ce soit à travers une table, c'est sans aucun doute Maugrey.. et il n'est pas présent...

Il caressa la paume de la main de Sirius et une étrange sensation envahit son corps. Il ferma les yeux, savourant cet agréable moment. Ce n'était pas la première fois que la main de Sirius se trouvait dans la sienne, mais aujourd'hui, elle avait un goût particulier pour les deux hommes.

Sirius inspira et expira doucement l'air qui stagnait dans ses poumons. Quelques secondes auparavant, il maudissait la terre entière et à présent, il souhaitait juste se blottir dans les bras de Remus. Toute colère et honte venaient de s'évaporer dans les airs. Les doigts de son ami, qui jouaient tendrement avec les siens, le rendaient fou. Il avait une furieuse envie de l'embrasser. Pas chastement comme la veille ou avec fougue comme lorsque Remus l'avait retrouvé dans la forêt. Sirius voulait lui offrir un vrai baiser, l'avoir rien que pour lui.

Il oubliait presque la raison pour laquelle ils se trouvaient ici.

Une fois le gâteau servi, la réunion commença enfin sérieusement. Ils observèrent tous Harry, lorsque le gamin prit la parole.

– Drago veut m'inviter chez lui.

– Comme par hasard, grommela Ron, les joues rouges de colère contre leur ennemi.

– En réalité, il ne souhaite pas réellement me conduire dans le manoir de ses parents. Il veut m'amener dans un chalet, qui se trouve près d'un lac. Il compte retrouver trois de ses amis.

– Quels amis? releva le directeur.

– Blaise Zabini, Pansy Parkinson et Daphné Greengrass, il risque, très certainement, d'y avoir Astoria, sa petite sœur.

– Zabini et Greengrass ne sont pas désagréables, souffla le professeur McGonagall. Ils sont même plutôt discrets. Parkinson c'est autre chose.

– Je la trouve très gentille, répondit Harry.

A cette remarque, Ron lui adressa un regard tout à fait significatif. Harry l'ignora et continua :

– Je ne peux pas être sûr que le comportement qu'elle avait avec moi était sincère. Elle a pu me tromper, comme Malefoy.

– Ne dîtes pas d'idioties plus grosse que vous, Potter. Je connais Drago depuis longtemps. Je suis un ami de longue date de Lucius. Je l'ai vu grandir et je sais comment il est, comment il fonctionne. Dans ma vie, je l'ai rarement vu aussi insouciant. Il a laissé tomber son masque auprès de vous. Il était dans une situation complexe. Je ne laisserais personne dire du mal de cet enfant autour de cette table. Vous vous entendiez bien et ce n'était pas de la comédie. Ni avec Mr Malefoy, ni avec les autres.

Harry ne croyait pas un mot de ce que son professeur venait de lui dire, mais il n'ajouta rien. De toute façon, il n'avait pas l'intention de dire du mal de Drago. Une part de lui n'y parvenait pas. Un brouhaha intenable s'installa dans la pièce, sur les démarches à suivre et sur Drago. Sirius s'était également levé, pour prendre part aux décisions et contester la plupart des autres. Tout le monde était conscient que cette sortie allait mal se terminer.

– Silence! s'éleva la voix de Dumbledore. Nous avons besoin de réfléchir calmement, si tout le monde parle en même temps nous n'arriverons à rien.

Le débat prit alors une tournure plus calme, tous conscients de l'enjeu de cette sortie. Le sujet dériva sur les Dursley et sur le pourcentage de chances pour qu'ils soient à l'endroit où Lucius comptait amener Harry.

– On ferait mieux de brûler le manoir Malefoy. Je m'en charge, si vous voulez. Au moins, si je suis arrêté, je serais enfin emprisonné pour quelque chose dont je suis réellement coupable.

– Sirius, tais-toi, soupira Remus.

– Ça me sidère que cette enflure de Mangemort soit encore dans la nature. Qui sait exactement combien de vies il a prit. Quoi que ce n'est pas le seul.

Son regard dévia sur Rogue et les deux hommes se fixèrent un instant.

– Si on pouvait s'entre-tuer vers seize heure, soupira Bill en s'effondrant légèrement sur l'épaule de George. J'aimerais avoir le temps de digérer avant. C'était très bon Andromeda et maman, ton gâteau était délicieux.

Andromeda remercia le jeune homme et frappa dans ses mains pour attirer l'attention.

– Sirius, tu veux bien aller faire du thé et du café, s'il-te-plaît. Tu connais le chemin.

Cela sonnait plus comme un ordre que comme une question. Sirius se leva à contre cœur et se dirigea vers la cuisine. Il entendit une chaise se reculer et la voix de Remus fendit l'air. Quelques secondes plus tard, le lycanthrope était également dans la cuisine.

– J'ai suggéré que tu aurais sans doute besoin d'aide.

Sirius lui sourit et prépara rapidement les tasses. Des bras entourèrent son bassin et il sentit des lèvres le long de son cou. Remus lui offrait de légers baisers. Ce simple toucher, faisait parcourir sa peau de mille frissons. Il posa la boite de sucres qu'il avait dans les mains, pour se retourner vers son ami.

Remus souriait.

Il l'avait toujours trouvé magnifique, pourtant il n'avait jamais été aussi beau qu'à cet instant. Il avait l'impression de se dire ça, à chaque fois qu'il le voyait. Il se pressa contre lui et mordit doucement ses lèvres, avant de l'embrasser avec une certaine retenue. L'oreille attentive, il faisait attention au moindre bruit, de peur de se faire surprendre.

– Tu as un goût de chocolat, souffla Remus contre les lèvres de l'animagus.

– Tu peux remercier Molly pour ça.

Remus posa avec délicatesse ses lèvres sur celles de Sirius et ils échangèrent un long baiser. Une odeur de fruit et de café, se mélangeait au parfum de Remus. Totalement détendu, l'animagus laissa ses mains s'aventurer sur le corps de son ami. Il caressa doucement son dos et son cou, tandis que les doigts de Remus s'enfonçaient dans ses cheveux longs. Il les abandonna rapidement et Sirius sentit des doigts frôler ses joues. Il se sentait terriblement bien et aurait aimé ne jamais mettre fin à ce baiser.

Au loin, les deux hommes pouvaient entendre les voix des invités. Quelques rires leur provenaient même.

– Je t'aime, Sirius, murmura-t-il.

Le cœur de ce dernier sombra dans sa poitrine. Remus ne fit sans doute pas attention à la couleur particulièrement inquiétante que le visage de Sirius avait soudainement pris, car il se dégagea pour se saisir du plateau.

– L'eau est chaude, on peut l'apporter.

La respiration de Sirius était brutale et sa poitrine le brûlait. Il avait conscience de réagir avec exagération, mais c'était si important pour lui. Comment Remus pouvait-il jouer avec les mots, avec ces mots en particulier? Sirius et James se disaient parfois qu'ils s'aimaient, mais ce n'était pas la même chose. Remus ne lui avait jamais dit et pour Sirius, cela n'avait pas la même signification que celle de James.

C'était Remus.

Pourquoi faisait-il ça?

– Et bien, tu viens? s'étonna le lycanthrope en lui donnant un coup de coude.

Sirius acquiesça et le suivit dans la cuisine.