26.

Une fois la réunion terminée, le professeur McGonagall et Dumbledore, ainsi que Madame Pomfresh, désertèrent les lieux en remerciant chaleureusement Andromeda et Ted pour leur accueil. Sirius ne savait pas comment gérer les regards inquiets que Molly lui lançait à chaque fois qu'il s'approchait de Harry et se demandait à quel moment il obtiendrait enfin sa confiance. Il avait même été surpris par la manière maternelle dont ses yeux se posaient sur son filleul.

Harry était parvenu à trouver une famille chez les Weasley, comme il avait pu trouver une famille chez les Potter. Une part de lui était reconnaissante envers Molly et Arthur, mais sa fierté, et un brin de jalousie, l'empêchaient de les remercier. Il ne pouvait pas changer ce qui était arrivé et devait faire avec. Il aurait aimé être la famille de Harry, mais ça n'avait pas été le cas. Le gamin avait grandi tout seul, élevé par les Moldus les plus idiots que la terre n'avait jamais accueilli. Il ne pouvait pas changer cela non plus. En revanche, ce qu'il pouvait faire à partir de cet instant, était devenir cette famille que Harry méritait d'avoir. Lui, Remus et Harry. Les Weasley également, car Harry semblait tenir à eux autant que cela pouvait être réciproque.

Harry méritait d'être aimé et de pouvoir se reposer sur quelqu'un. Il méritait d'avoir l'enfance qu'on lui avait refusé. Harry lui rappelait le garçon que Sirius était à son âge. Lui aussi ne s'était jamais senti pleinement heureux dans sa famille. Il avait toujours été incompris et différent. Il avait passé un temps infini avec des personnes qui ne cessaient de répéter qu'il ne valait rien, qu'il n'était pas digne de leur temps et d'être un Black. Plus jeune, il aimait terriblement son frère et avait dû le regarder se dégrader avec le temps, pour finalement le perdre définitivement.

Sirius poussa un soupir. Il ne connaissait pas très bien ce Drago Malefoy. Il avait pu l'apercevoir quelques fois à Poudlard, cette année. Ce petit lui rappelait que trop bien son petit frère. Il avait souvent nié en avoir un, autorisant seulement James à porter ce surnom. Pourtant, qu'est-ce que Regulus pouvait foutrement lui manquer. Il était intelligent et réfléchis. C'était également un adolescent sensible de ce qui l'entourait. Il suffisait de l'observer avec Kreatur, pour s'en rendre compte. Il avait toujours été gentil avec l'elfe de maison, le protégeant des mots acerbes de Sirius, le défendant devant sa famille qui voulait trop souvent l'exploiter, et lui offrant des tas d'objets plus ou moins précieux.

Regulus avait un grand cœur.

Drago Malefoy lui rappelait que trop bien ce petit Regulus Arcturus Black, qui l'observait avec des yeux tiraillés entre l'envie de suivre son exemple et de devenir celui que ses parents voulaient qu'ils soient. S'il l'avait soutenu, s'il avait été là pour lui, peut-être que Regulus serait toujours vivant et n'aurait jamais mis un pied dans la magie noire.

L'animagus se renfrogna dans sa chaise. La liste de reproches qu'il pouvait faire à lui-même se rallongeait considérablement, augmentant sa culpabilité.

Drago était de sa famille. Il était aussi important que Nymphadora Tonks pouvait l'être. Il méritait son aide. Il n'avait ni envie de le laisser tomber, ni envie de le laisser seul. L'espace d'un instant, il voulu en discuter avec Harry. Peut-être que si le blond avait un véritable ami sur qui s'appuyer, il ne sombrerait jamais. Mais, son filleul semblait profondément dévasté par la trahison de Drago. Ce n'était peut-être pas encore le moment. Harry devait prendre du recul, tout était encore trop frais dans son esprit.

– A quoi penses-tu? murmura la voix de Remus à son oreille. Tu es bien pensif.

Sirius tourna les yeux vers son ami et lui offrit un sourire en coin. Il ne voulait pas lui dire la vérité. A quoi cela pouvait bien servir? Remus allait sûrement lui dire que ce n'était pas de sa faute, que Regulus avait fait son choix et qu'il n'avait aucune raison de culpabiliser. Ce n'était pas forcément les mots qu'il avait besoin d'entendre. Il ne souhaitait pas non plus savoir qu'il ne pouvait absolument rien faire pour Drago et qu'il n'était pas responsable de lui.

– A rien en particulier, mentit-il.

Remus le dévisagea un instant d'un air grave. Il devait sans doute se rendre compte que Sirius ne lui disait pas toute la vérité. Par politesse, il se contenta pourtant de hocher la tête et de glisser un instant sa main dans le dos de Sirius. Il sentit les doigts du lycanthrope se glisser sous sa chemise. Ses doigts légèrement froids remontèrent jusqu'au milieu de son dos, avant de s'en aller par l'endroit où ils venaient de rentrer.

Parcourus de mille frissons, Sirius se frictionna les avants-bras avant de lancer un regard désapprobateur vers Remus. N'importe qui aurait pu les voir, il était tout bonnement inconscient. Un sourire charmeur lui répondit et le cœur de l'animagus sombra dans sa poitrine. Il ne se ferait décidément jamais à l'attitude de son ami.

La température monta considérablement dans la pièce et Sirius détourna vivement les yeux, se sentant rougir comme un adolescent qui aurait un crush pour la première fois. Un crush. Il se répéta ce mot plusieurs fois avant de lever les yeux au ciel. Non, Remus était l'amour de sa vie. Et cette personne, qu'il aimait plus que tout au monde, était en train de lui faire clairement du rentre-dedans.

Peut-être que Remus était en train de devenir fou? A trop avoir joué avec le loup-garou, il avait fini par ne plus savoir ce qui était bien ou mal. Peut-être que Remus ne savait pas ce qu'il faisait et ne savait plus où était la limite entre ce qui était convenable ou non? Après tout, ils avaient toujours eu une relation des plus étranges. Il n'avait sans doute pas conscience de ce que cela impliquait. Il ne savait sûrement pas les véritables sentiments de Sirius.

Si, bien sûr qu'il en avait conscience. Après tout, il avait dit à Sirius qu'il souhaitait être avec lui. Remus n'était pas stupide. S'il avait dit ça, c'était bien pour une raison. Même s'il avait peur pour lui, même s'il craignait que Sirius ne fasse une bêtise, il ne lui aurait pas dit tout cela simplement pour le voir se tenir tranquille.

Sirius avait peur de souffrir, de voir Remus finir par regretter ses gestes, ses paroles, ses actes. Son cœur se serra légèrement en songeant à leur amitié qui en prendrait certainement un coup. Plus rien ne serait jamais comme avant. Sirius ne pourrait plus jamais tenir Remus contre lui, ne pourrait plus jamais dormir à ses côtés. Leur amitié allait être brisée à cause de lui.

– Sirius...l'appela doucement le lycanthrope.

– Quoi? sursauta-t-il, en s'apercevant que tous les yeux étaient tournés vers lui.

– J'étais en train de te dire que le temps dehors était radieux et que ce serait une bonne idée de faire une partie de basket.

– De basket? répéta-t-il en haussant exagérément les sourcils. Qu'est-ce que c'est que ça?

Remus lui offrit un petit sourire moqueur.

– C'est un sport moldu. On doit dribbler avec un ballon.

– Sur le sol?

– Oui! rit Remus en levant les yeux au ciel.

– Sans balais? demanda timidement Ron en fronçant légèrement le nez.

– Sans balais, répondit Harry en hochant la tête. Tu as souvent vu des Moldus faire du sport avec des balais, toi?

– Regarder des Moldus se mouvoir et courir derrière un ballon, n'est pas forcément mon passe temps favoris, en effet, répondit Ron en faisant la moue.

Remus adressa un coup d'œil complice à Harry, qui éclatait de rire, avant de reprendre d'un ton amusé.

– On peut juste dribbler ou faire des passes, on ne peut pas marcher avec le ballon dans les mains. Une fois que nous arrivons près du panier de notre équipe, comme pour le Quidditch, nous devons lancer le ballon à l'intérieur. S'il rentre, alors nous marquons.

– Ma foi, analysa Arthur en se frottant le menton, je suis partant pour découvrir ce sport Moldu! Ce sera sûrement très enrichissant.

Fred et George se faisaient déjà des passes avec le ballon que Ted avait apporté. Leur rire raisonnait dans le salon, tandis que Molly scandait qu'ils allaient finir par casser quelque chose. Remus leur adressa un rapide coup d'œil avant de sourire.

– Qui est partant?

Fred arrêta le ballon et passa un bras protecteur autour de son jumeau avant de hocher vivement la tête, montrant ainsi qu'ils étaient de la partie. Tout le monde avait accepté de participer, même Andromeda et Molly. Hagrid, qui ne se sentait pas de jouer, fut élu arbitre après quelques explications de la part de Harry.

Ils riaient tous à en perdre haleine et les tensions qu'il avait pu y avoir au début de la journée, semblaient s'être momentanément envolées.

Une personne avait toutefois refusé catégoriquement de jouer et observait la scène avec un air faussement mauvais.

– Tu ne veux vraiment pas te joindre à nous, Severus? demanda Lupin en reprenant son souffle.

– Pour transpirer et sentir le phoque? Absolument pas.

– Comme si ça allait changer de d'habitude, grommela Sirius en lui adressant un regard en coin.

Cette remarque lui valu un coup de coude dans le ventre de la part de Remus. Cette attitude lui rappelait celle de Lily. Elle aussi avait tendance à le frapper dans le ventre, lorsqu'il allait trop loin. Il avait envie de lui dire d'arrêter de se comporter comme leur amie, mais Sirius ne le fit pas. Au lieu de ça, il adressa un sourire moqueur à Severus et croisa les bras sur sa poitrine.

– Il a juste trop peur de perdre.

– Si j'ai peur de quelque chose, c'est bien de devenir aussi stupide que vous, en me ridiculisant comme vous pouvez le faire en ce moment même. Si vous pouviez vous voir, vous auriez honte de vous trémousser comme vous le faites. De plus, vous n'arrêtez pas de jacqueter, on se croirait dans un poulailler. Je ne m'abaisserais pas de la sorte.

– Ce n'est finalement pas si différent du Quidditch, protesta Harry.

– Oui, mais le Quidditch était trop compliqué pour Servilus. C'est pour cette raison qu'il détestait ce sport et ses joueurs lorsqu'on était à Poudlard. Il déteste le basket pour la même raison, parce qu'il sait qu'il est incapable d'y jouer. C'est un lâche. S'il ne joue pas, ce n'est pas parce qu'il nous trouve ridicule, mais bien parce qu'il sait que lui, le sera.

Rogue se leva d'un bon et foudroya l'animagus du regard, avant de grogner un «très bien» rempli de défis. Il remonta ses manches et s'avança vers le terrain. Sirius affichait un air satisfait. C'était exactement ce qu'il voulait. Il espérait qu'en poussant Sevilus à bout, il accepterait de se mêler à eux. Il ne savait pas vraiment pourquoi il faisait ça. Il le détestait viscéralement. Seulement, il voyait que cela comptait pour Harry. Même s'il devait passer pour le provocateur de l'histoire, au risque de s'en prendre plein le museau si Rogue s'avérait être un excellent joueur, Sirius s'était dit que cela en valait la peine.

Remus lui adressa un sourire entendu et reprit sa place sur le terrain.

Finalement, Sirius n'avait pas tout à fait tort. L'ancien Serpentard n'était pas doué du tout. Il n'arrêtait pas de perdre la balle et Sirius fut rassuré qu'il soit dans l'équipe adverse. Il s'efforça de ne pas s'intéresser à lui et d'ignorer sa maladresse en embêtant Remus. Son ami aussi était dans l'équipe adverse, mais à l'inverse de Servilus, il était extrêmement habile.

Au moment ou le lycanthrope allait marquer, Sirius l'attrapa par la taille et l'empêcha de s'élancer vers le panier. Remus se retourna, les bras de Sirius toujours enserrés autour de lui, et le fixa un instant dans les yeux. L'animagus essaya de soutenir ce visage faussement outré, avant de lâcher sa prise, conscient de leur proximité.

– Bien joué, Sirius! s'exclama Tonks en lui donnant une tape dans le dos. Si tu ne l'avais pas rattrapé, il aurait encore marqué un point!

– Éloigne-toi immédiatement de notre joueur, espèce de tricheur! grogna gentiment Molly en attirant Remus loin de l'animagus.

Tandis que le match s'éternisait et que le soleil commençait à baisser sur la montagne, le petit groupe de sorciers commençait à ressentir la fatigue. Rogue décréta qu'il était temps pour lui de rentrer. Il jeta un coup d'œil à Harry et haussa les épaules.

– Vous pouvez rentrer avec Black et Lupin, souffla-t-il. Vous n'aurez cas venir récupérer vos affaires demain, dans la matinée. Je vous attendrai.

Harry acquiesça d'un geste de la tête et regarda son professeur s'éloigner. Il soupira et le rejoignit finalement en courant.

– Professeur Rogue, l'appela-t-il.

Severus se retourna en fronçant des sourcils surpris.

– Merci, sourit Harry.

A la grande stupéfaction de ce dernier, le maître des potions lui offrit un léger sourire, avant de tourner les talons d'un froissement de cape. Harry sentit une main se poser sur ses épaules et sursauta. Il se retourna pour découvrir le garde chasse, qui lui souriait chaleureusement.

– J'y vais aussi, expliqua Hagrid. Tu n'as pas à t'inquiéter Harry, rien ne t'arrivera. On sera tous là pour te protéger. Ni Lucius, ni personne, ne te fera de mal. Tu peux en être sûr.

– J'ai confiance en vous tous, Hagrid, sourit Harry.

Le très grand homme lui rendit son sourire avant de le laisser seul dans le salon. Harry fit demi-tour en baillant et fut rassuré en voyant que les autres rangeaient le terrain. Il était littéralement mort et souhaitait se laisser tomber sur un matelas, pour ne plus jamais avoir à ouvrir les yeux.

Deux mains fortes l'attrapèrent au niveau des jambes et il se retrouva bientôt penché la tête en bas, sur les épaules de son parrain. Il lâcha des grognements de plaintes, qui rappelaient ceux d'un félin en colère, qui firent éclater de rire celui qui le tenait prisonnier.

Sirius le serra un peu plus fort contre lui, avant de le faire descendre. Toutefois, il ne le laissa pas pour autant en paix et ne se priva pas de le faire tomber en lui faisant un croche-pied. Harry se releva immédiatement et partit à la poursuite de son parrain qui se rendit rapidement compte que même si Harry était épuisé, il pouvait encore allait très vite.

– Lunard, aide-moi, supplia l'animagus en se cachant derrière son ami.

– Ne me mêlez pas à vos histoires.

Remus se dégagea et entra dans la maison.

– Qu'est-ce que ça fait que de vivre avec deux gamins? plaisanta Andromeda en tendant une serviette à Remus.

– On finit par s'y faire, sourit le jeune homme en se saisissant du bien tendu par la cousine de son ami.

– Tu peux aller prendre une douche, si tu veux. Les Weasley sont rentrés chez eux pour se changer et reviennent pour le dîner. J'avais fait un repas pour un régiment de gobelins, Ted, Dora et moi ne pouvons pas tout terminer seuls.

– Je suis content de rester, assura Remus avec un petit sourire. Ça fera aussi très plaisir aux deux adolescents qui sont dehors, c'est certain.

Ils éclatèrent de rire et Remus laissa Andromeda pour se rendre dans la salle de bain.

Lorsque Sirius et Harry retournèrent dans la maison, ils furent d'abord surpris par le silence qui y régnait.

– Ils sont partis? s'étonna Harry en croisant les bras sur sa poitrine.

– Il semblerait.

– Sans me dire au revoir?

Ted les rejoignit en leur tendant à tous les deux de quoi se laver. Il leur expliqua brièvement la situation et accompagna Harry dans leur deuxième salle de bain. Sirius, lui, se rendit dans la cuisine ou Andromeda jetait des sorts de lavage sur les couverts.

– Tu as besoin d'aide? demanda-t-il doucement.

Sa cousine se retourna et secoua négativement la tête.

– Tu sais, Sirius. J'ai toujours trouvé que tu t'entendais très bien avec tes amis. Tu as toujours été très proche de James, de Remus et.. de Peter.

Elle adressa un regard en biais à Sirius, après avoir prononcer le prénom de celui qui les avait trahi. Voyant que son cousin était attentif, elle continua en se détendant légèrement.

– J'ai toujours trouvé vos relations attendrissantes. James et toi étaient inséparables. Tu avais cette façon si admirative de le regarder et la même lueur brillait dans ses yeux. Mais, tu regardais Remus d'une manière différente. Tu as toujours eu un regard bien spécial pour lui. Ted me regarde souvent de cette façon.

– Où veux-tu en venir?

– Tu le sais très bien. Si tu crois que je n'ai pas remarqué votre petit jeu, à tous les deux, vous avez totalement tort. Tu le dévore complètement du regard et il n'arrête pas de te sourire, de te chercher des yeux et de te toucher.

– Il ne me tou...

– Tais-toi, le coupa Andromeda en lâchant une casserole. Je ne te juge pas. Tu ne la pas fait lorsque j'ai choisi de faire ma vie avec Ted. Alors que toute notre famille m'avait tourné le dos, tu as été la seule personne à me défendre. Je suis bien placé pour savoir que l'on ne décide pas de tomber amoureux de quelqu'un et que plus on essaie de refouler nos sentiments, plus ils refont surface. La seule chose que je veux pour toi, c'est ton bonheur.

– Merci.. souffla Sirius.

– Est-ce que tu es sûr de toi?

– Bien sûr que je suis sûr de moi, s'agaça Sirius en balayant la question d'un geste de la main. Je suis amoureux de lui depuis que l'on est môme. Je n'ai jamais été aussi sûr de rien. Mes sentiments, je les assume complètement. Je rêve de l'embrasser depuis nos douze ans. A chaque fois qu'il se trouve prêt de moi, j'ai envie de le prendre dans mes bras et de lui dire que je l'aime. Je suis absolument sûr de moi et même plus encore.

– Ce n'est pas ce que je veux dire, Sirius. Votre relation ne sera jamais facile. Vous êtes deux hommes.

– Tu crois que je ne l'ai pas remarqué? railla l'animagus, face à cette remarque qu'il jugeait de stupide. J'angoisse à l'idée qu'il puisse fuir en découvrant mon corps, et en réalisant ce que je possède entre les jambes. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas le mériter. Tu crois que je n'y pense pas? Tu crois que je ne me dis pas, chaque jour qui passe, que Remus mériterait d'être avec une femme, plutôt qu'avec moi?

– Sirius...

– Il a été jugé et a dû se cacher toute sa vie à cause de sa lycanthropie. Tu crois que ça m'enchante de savoir qu'il devra ajouter l'homosexualité en plus de ça? Deux fois plus de choses qui le pousseront à avoir honte de lui et à s'en vouloir!

– Sirius, l'appela doucement sa cousine.

– Un loup-garou qui sort avec un homme, c'est tout de même le comble! Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir entendre, hein? Qu'est-ce qu'il va devoir subir? «Il ne veut décidément pas se fondre dans la société et dans la communauté de sorciers.» «Il préfère s'enfoncer encore plus!» (sans mauvais jeu de mot) «En plus d'être un monstre, il baise un criminel, un homme de surcroît!» Et tout ça, ce sera de ma faute! Alors qu'il venait de faire disparaître ses cicatrices qui le faisaient tant complexer...

– Sirius! siffla Andromeda.

– Quoi?! s'énerva-t-il.

Il suivit son regard, se retourna et tomba sur l'expression neutre de Remus, qui suivait attentivement la scène. Le visage de son ami était légèrement pâle et fatigué, mais rien ne laissait transparaître un sentiment de colère ou de tristesse. Sirius l'appela une première fois et recommença face au silence du loup-garou.

Remus fit demi-tour et sortit de la pièce, Sirius sur les talons.

– Je suis désolé, Lunard. Tu n'aurais pas dû entendre tout ça.

– Au contraire! Je crois plutôt que je devais l'entendre! Tu dois me parler de ce qui te fait peur, de ce qui t'inquiète. De nous deux, je suis le mieux placer pour savoir ce que je veux, tu ne crois pas? Alors, au lieu de te monter tout un film dans ta tête, au point de t'en rendre malade, prenons le temps de discuter! Tu ne crois pas que c'est important? Tu penses que je peux deviner ce qui t'angoisse? Ça ne me fait pas plaisir d'apprendre tout ça malencontreusement, parce que j'étais au mauvais endroit au mauvais moment.

– Ce n'est pas comme si on avait eu beaucoup de temps pour discuter.

– Je crois que si. Parce que cette conversation, on aurait dû l'avoir il y a des années de ça!

Le cœur de Sirius manqua un battement. Le lycanthrope avait-il entendu le début de sa conversation, où il disait qu'il était amoureux de lui depuis qu'ils étaient mômes? Remus passa ses mains sur son visage en soupirant.

– Je réalise très bien ce que ça implique d'être avec toi, Sirius. Je n'ai pas honte et je me sens bien avec cette idée. Le fait que tu sois un homme, ne change rien, au contraire. En fait, ça m'est complètement égal. Et, je n'en ai un peu rien à faire de ce que la société qui a passé ma vie à me juger, pourrait penser de nous. Elle n'est pas importante. En revanche, toi, tu es important.

Remus s'approcha de son ami et colla doucement son front contre le sien.

– Je veux être la seule personne que tu puisses caresser et la seule personne que tu souhaites embrasser. Je veux être la première personne que tu verrais en te réveillant et la première personne avec qui tu ambitionnerais de construire ta vie.

Il pressa délicatement ses lèvres contre celles de Sirius et ne put s'empêcher de sourire face à sa respiration saccadée et nerveuse. L'animagus se plaqua violemment contre lui et le serra dans ses bras. Il enfouit son visage dans ses cheveux et huma un instant l'odeur fruité du shampoing qu'il venait d'utiliser.

– Est-ce qu'il y a autre chose qui t'inquiète, Patmol?

Sirius se recula et l'observa dans les yeux, avant de soupirer.

– Tout à l'heure... tu m'as dit que...non laisse tomber.

– Dis-moi! ordonna Remus en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que je t'ai dit?

– Harry est en train de descendre, murmura Sirius en détournant le regard. On en reparlera plus tard.

En effet, l'adolescent les rejoignit quelques secondes plus tard. Sirius l'aida à se frictionner la tête avec sa serviette et le conduisit dans le salon ou Ted était en train de servir l'apéritif. Il se faufila ensuite à son tour dans la salle de bain et croisa Tonks qui en sortait. La jeune fille lui adressa un sourire maladroit et se dépêcha de descendre.

Une fois propre et séché, Sirius regagna la cuisine ou Fred, George, Arthur, Ron et Ginny étaient revenus. Il apprit par la suite que Molly, Bill et Charlie, étaient trop fatigués pour veiller tard et avaient préféré aller se coucher. Fred et George animaient la tablée en racontant toute sorte de blague et en faisant des farces. Sirius se dit que James aurait beaucoup apprécié ces deux garçons.

Sirius se laissa tomber sur le canapé entre Harry et Remus. Le brun était en pleine conversation avec Ron et Remus expliquait à Arthur que le basket n'était pas le seul sport Moldu et qu'il en existait de nombreux autres.

– C'est incroyable! s'exclama finalement Arthur en s'affalant un peu plus dans son fauteuil. Si les Moldus ont pu inventer des jeux à cheval, il nous serait possible de faire la même chose avec des créatures magiques.

– Que cette idée ne parvienne jamais aux oreilles de Hagrid, grimaça Ron.

Harry ne put qu'approuver d'un geste de la tête, même si au fond, il trouvait cette idée vraiment intéressante.

– Comment ça mêler des animaux au sport? demanda Ginny qui était absorbé par les bêtises de ses frères et qui n'avait pas entendu le début de la conversation.

– Les Moldus ont imaginé toute sorte de jeu à cheval, par exemple le horseball, le ponygames, le polo. Ce sont des jeux d'équipe. Si on pouvait faire la même chose, les sports sorciers subiraient une véritable révolution! Il y a même des modus qui dressent et entraînent leurs chiens. Ils les font sauter, passer dans tonneaux et toutes sortes de choses farfelues. On pourrait faire la même chose avec... des niffleurs!

– Mais... pourquoi faire?

– Pour passer le temps, pour gagner, pour s'amuser. Il y a de nombreuses raisons. Ils ont tellement de sports, alors que nous n'avons que le quidditch. Je vais en parler au ministère.

A la nuit tombée, les Weasley rentrèrent chez eux. Ron décida de rester un peu plus longtemps avec Harry et ces deux derniers eurent même le droit de passer la nuit ensemble. Ils avaient tant de choses à se dire. Andromeda leur montra la chambre d'ami et les deux garçons se jetèrent sur le lit, prêt à se raconter tout ce qu'ils avaient fait durant leurs vacances.

Remus, lui, s'était déjà assoupi sur le canapé, la tête reposée sur l'épaule de Sirius. La journée l'avait visiblement vidée de toute son énergie. Ted étant monté se coucher, Sirius jugea qu'il n'avait plus besoin de faire attention et entreprit de caresser doucement les cheveux de son ami.

Andromeda descendit à ce moment là et lui adressa un léger sourire.

– Vous pouvez rentrer, si vous le voulez. Les mômes peuvent rester ici cette nuit, ils ne risqueront rien. Je peux te ramener Harry demain matin.

– Je ne vais pas réveiller Remus, souffla l'animagus. On va dormir sur le canapé, si ça ne te dérange pas.

– Il est peut-être large, il n'est pas fait pour que l'on dorme dessus à deux! Vous n'allez pas être bien! Mais faites comme bon vous semble, vous êtes jeunes. Je vais me coucher, je suis crevée. Bonne nuit.

– Bonne nuit, murmura Sirius, une fois sa cousine partie.

Sirius retira le pantalon de Remus pour le mettre à l'aise. Il laissa ses doigts glisser le long de ses cuisses, à l'endroit où les cicatrices de son ami étaient autrefois saillantes. Il changea l'air de ses poumons, en respirant profondément, et se déshabilla à son tour, ne gardant que son caleçon. Il se faufila sur le canapé, contre Remus qu'il avait allongé. Il se saisit de la couverture que leur avait laissé Andromeda et couvrit leur deux corps avec.

Remus bougea dans son sommeil et ouvrit les yeux. Il fut surpris en voyant que Sirius était si proche de lui et le regardait. Il lui fallu quelques secondes pour se rappeler du lieu où ils se trouvaient. Le loup-garou se blottit contre son ami et une multitude de frissons envahirent le torse, les bras et les jambes de l'animagus. Remus dû le ressentir car un petit rire s'échappa de sa gorge.

Remus mordilla un instant son cou avant de s'attaquer à sa mâchoire. Il pressa ensuite ses lèvres contre celles de Sirius, avec une profonde douceur et suçota avidement sa langue. Ils s'embrassèrent longuement et le temps s'arrêta autour d'eux. Les mains de Remus caressaient tendrement le torse de son ami. Finalement, Sirius le bascula et glissa au dessus de lui. Il l'embrassa sauvagement, avant de descendre le long de son cou.

Il entendit Remus gémir et ce simple son fit palpiter son cœur avec violence. Il se laissa tomber contre lui et enfouit une fois de plus son visage dans le cou de Remus. Il adorait cette position, qui était de loin sa préférée. Alors qu'il déposait une multitude de baisers sur sa peau, les doigts de Remus lui chatouillaient le dos. Sirius ronronna de plaisir et se releva une fois de plus pour se saisir des lèvres de son ami.

– Qu'est-ce que tu voulais me dire, tout à l'heure? chuchota Remus entre deux baisers.

Sirius soupira et se laissa tomber sur le côté. Il se sentait tout de suite un peu trop à l'étroit. Il jeta un regard à Remus et son cœur s'accéléra. Il attendait une réponse. Il n'aurait pas pu se taire, tout à l'heure? Non, il avait eu besoin de l'ouvrir!

– Tout à l'heure tu m'as dit que tu... ce n'est vraiment pas important, tu sais, je ne sais même pas pourquoi on en parle.

Remus fronça les sourcils, semblant réfléchir à ce qu'il avait pu dire. Une lueur de compréhension traversa son regard et il posa doucement ses lèvres contre la tempe de Sirius.

– Je t'aime.

La respiration saccadée, Sirius se sentir pâlir et il serra un peu plus fort la couverture entre ses poings.

– Par tous les sorciers et sorcières célèbres, Sirius! Comment peux-tu douter de ça? Je t'aime.

– Arrête, tu ne sais pas à quel c'est important pour moi.

– Mais...

– Je suis complètement fou de toi Remus. Je suis amoureux de toi depuis toujours. Tu ne peux pas me dire que tu m'aimes, si tu ne le pense pas, si tu ne ressens pas totalement la même chose que moi.

– Je t'aime, Patmol.

Il se pencha et l'embrassa longuement, avant de répéter ces trois mots un nombre de fois incalculable.

– Pourquoi est-ce que tu ne m'as jamais dit que tu m'aimais? reprit Remus en passant une main dans ses propres cheveux. Pourquoi est-ce que tu voyais toutes ces filles à Poudlard, si tu étais amoureux de moi?

– Parce que c'était plus facile. Parce qu'elles étaient toutes à mes pieds, alors que toi tu ne voyais qu'un ami en moi. Parce que je n'étais pas encore prêt.

– Si j'avais su...

– Qu'est-ce que ça aurait changé?

– Beaucoup de choses, Sirius. Si j'avais appris plus tôt tes sentiments, j'aurais compris les miens plus rapidement. Tout aurait pu être différent.

L'animagus glissa sa main sous le t-shirt de son ami. Il dessina des spirales sur son torse, à l'aide de son index. Remus se pencha légèrement pour l'embrasser. L'échange dura longtemps, rempli d'une émotion pleine et sincère. Ils finirent par s'abandonner au sommeil, complètement épuisé par leur journée.


Bonjour!

Je ne suis pas du tout satisfaite des derniers chapitres que j'ai posté. J'ai vraiment du mal en ce moment. Je tiens à vous dire que j'ai un problème de chargeur, alors je me suis dépêchée d'écrire et de publier ce chapitre, pour être dans les temps. Je vais être sans ordinateur pendant 10 jours.

PS: je suis vraiment contente d'avoir pu parler de Regulus. C'est un personnage que j'aime terriblement. C'est un véritable héros. Si les Serpentard devaient être fiers d'une personne de leur maison, c'est bien lui. Ça me brise le cœur quand je me dis que Sirius ne sait pas tout ce qu'il a fait. Il aurait été si fier de lui. Quand je pense qu'il est mort seul, terrifié, à 18 ans, j'ai juste envie de le protéger. Il méritait mieux et plus.