28.

Grâce à un sort jeté par Andromeda, la pièce du salon était restée relativement sombre. Le soleil brillait pourtant à l'extérieur. Une belle journée d'été venait de commencer. Ce genre de journée qui donnait envie même au plus travailleur de s'allonger à l'ombre, un jus de citrouille à la main, et de ne plus rien faire jusqu'au soir. Un oiseau sifflait doucement près de la fenêtre, tandis que le vent berçait l'arbre où il s'était posé.

Remus observait Sirius. Il le trouvait beau, paisiblement endormi. Il était heureux de voir qu'il n'avait pas fait de cauchemars. Il se pencha légèrement et embrassa son front. Il resta ainsi, le nez collé contre la peau de son ami. Lorsque des mains s'aventurèrent sous son t-shirt, Remus lâcha un petite rire qui fut rapidement étouffé par deux lèvres avides des siennes.

– Bonjour, murmura Sirius en se blottissant contre lui. Ça fait longtemps que tu es réveillé?

Le lycanthrope haussa les épaules et glissa pensivement ses doigts dans les cheveux de l'animagus. Il n'avait pas vu passer le temps. Il ne pouvait quand même pas lui dire qu'il le regardait dormir? Pour quoi passerait-il? Il se contenta de reprendre les lèvres de Sirius, ce qui dû plaire car un soupir de contentement s'échappa de la gorge de ce dernier.

Remus se sentait bien. Il n'était pas certain de s'être jamais senti aussi vivant et aussi heureux avant. Une constatation lui sauta alors au visage. Les seules fois de sa vie où il avait été heureux, Sirius était présent. Il avait été à Poudlard, notamment grâce à Sirius. Il avait été heureux après Poudlard, parce qu'il pouvait compter sur ses amis, en particulier sur Sirius. Et il avait l'impression d'avoir retrouvé le goût de vivre, depuis qu'il avait retrouvé Sirius.

Une étrange chaleur se propagea dans son corps, passant dans chaque fibres, dans chambre veines, dans chaque cellules. Il se serra contre Sirius, comme si sa vie entière en dépendait et il l'embrassa avec tout l'amour dont il était capable de lui donner. Il voulait lui dire, à travers ce baiser, à quel point il était important pour lui et à quel point il lui était reconnaissant. Il voulait lui faire comprendre qu'il ne pouvait pas concevoir un monde où il n'y serait pas et qu'il avait besoin de lui.

Lorsqu'il se recula, les joues de Sirius étaient légèrement rose et sa respiration était saccadée, presque difficile à récupérer. Attendrit, Remus déposa ses lèvres sur la peau de l'animagus. Ses baisers étaient aussi légers et doux qu'un souffle. Il embrassa tendrement son cou, ses épaules, son torse, son ventre, faisant frissonner Sirius qui le fit remonter pour lui voler une fois de plus un baiser enflammer.

– Merlin, grogna l'évadé de prison contre les lèvres de son ami, je crois que je pourrais passer ma vie à t'embrasser.

Remus secoua désespérément la tête en riant. Il ne put toutefois rien répliquer car quelqu'un descendait les escaliers. Il tourna la tête vers la personne à moitié endormie qui les regardait en baillant. Tonks les salua avec un sourire amusé, avant de se frotter vivement les yeux.

– Vous êtes trop mignons, pouffa la jeune femme en leur lançant un regard plein de sous-entendus. Je vais acheter des croissants et des pains au chocolat, ça fera sûrement plaisir aux garçons. Vous voulez quelque chose en particulier?

Ils secouèrent négativement la tête. Sirius se redressa légèrement, il ne semblait pas complètement à l'aise à cet instant. Remus se demanda alors s'il pensait toujours à ce que Dora et lui avaient fait. Allait-il pouvoir l'oublier un jour, où allait-il être inconfortable à chaque fois que la jeune femme serait présente avec eux?

– Bon. A tout à l'heure, sourit l'ancienne Poufsouffle en refermant la porte d'entrée derrière elle.

Remus posa sa tête contre le torse de Sirius et ferma un instant les yeux, se laissant bercer par la respiration de son ami. Il devrait peut-être se tenir à une distance raisonnable de lui, n'importe qui aurait pu descendre et les voir. Seulement, il n'en avait pas envie.

– Elle m'a donné faim en parlant de croissants, bougonna Sirius.

Remus allait approuver, surtout en l'entente de chocolat, mais il se redressa vivement en entendant des voix provenant à l'étage. Andromeda et Ted réveillaient les gamins. Ils allaient bientôt venir en bas. Un bruit provenant de la cheminée alerta également les deux hommes. Molly venait d'arriver. Elle planta un regard tranchant sur Sirius avant de s'asseoir sur le fauteuil qui se trouvait près d'eux. Elle les salua rapidement et leur demanda comment ils allaient.

Les deux hommes lui répondirent et retournèrent brièvement ses questions.

Sirius s'étira longuement, et s'assit en tailleur. Il observa la pièce d'un regard vide. Le silence les englobait totalement. Après un temps qui sembla interminable à Remus, Andromeda, Ted, Ron et Harry les rejoignirent enfin.

– Maman! Tu es déjà là! s'étonna le roux en s'asseyant par terre, tandis qu'Andromeda faisait apparaître du jus d'orange et des verres sur la table basse.

Ron et sa mère échangèrent quelques mots et Ted se retira dans la cuisine pour faire du thé et du café. Sirius attrapa Harry par la taille et le fit retomber lourdement sur Remus et lui. L'adolescent se débattit pour sauver son honneur et capitula finalement, acceptant de s'étaler sur les deux hommes. Remus essaya de les pousser tous les deux hors du canapé, se sentant un peu trop à l'étroit, ce qui poussa Sirius à l'écraser encore plus. Remus laissa échapper un soupir d'exaspération qui fit rire Harry.

Ron les observait étrangement. Il n'avait jamais vu son meilleur ami de cette façon. Il avait l'habitude de le voir plus mature et adulte qu'il n'aurait dû l'être. A cet instant, Harry ressemblait à un adolescent normal. Sirius et Remus agissaient envers lui comme deux grands frères, deux pères. Molly semblait avoir le même chemin de pensées, car un sourire quasiment imperceptible pouvait se lire sur son visage.

La porte s'ouvrit sur Tonks qui lança un gros sac sur Ron et un autre sur Sirius.

– Tu crois qu'on a l'estomac d'un troll des montagnes, ou quoi? se moqua Remus en dévisageant le sac que son ami était en train d'ouvrir.

Tonks haussa les épaules et se laissa tomber au bout du canapé. Une fois rassasié, tout le monde se leva pour se préparer. Sirius se faufila dans la salle de bain, où Remus était en train de s'habiller. Ce dernier croisa les bras sur sa poitrine, dans un geste désapprobateur.

– Tu ne connais pas la discrétion, soupira le jeune homme en fronçant les sourcils.

Sirius s'approcha de lui avec un sourire au coin des lèvres. Remus ne portait que son pantalon. L'animagus colla son torse contre celui du loup-garou et l'embrassa doucement.

– Laisse-moi m'habiller, grommela Remus entre deux baisers.

Sirius s'avança, obligeant Remus à reculer. Lorsqu'ils se cognèrent contre le mur froid de la salle de bain, Sirius mordilla la mâchoire de son ami. La respiration rapide du lycanthrope et ses soupirs équivoques, embrasèrent le ventre de l'animagus.

– Tu crois qu'on devrait le dire à Harry... pour nous?

Remus fronça une nouvelle fois les sourcils.

– Je ne sais pas. Il le faudrait. Il finira bien par l'apprendre un jour où l'autre. Comment réagira-t-il, à ton avis?

– Aucune idée, mais son père ne l'avait pas mal pris.

Surpris, Remus se recula légèrement.

– Qu'est-ce que tu racontes?

– J'avais dit à James que j'étais amoureux de toi. On a jamais pu revenir dessus, mais je le lui avais dit.

Remus avala difficilement sa salive.

– Et que t'avait-il répondu? Qu'en avait-il pensé?

– Pas grand chose. Il était surpris. A vrai dire, on pensait que tu étais le traître. On pensait que tu étais sous Imperium. Alors, tu sais, il était plutôt affligé pour moi et me rassurait, en me disant qu'on trouverait un moyen de te sortir de là, que tout redeviendrait comme avant.

– Je suis désolé, Patmol.

– Tu n'as besoin de l'être, tu n'avais absolument rien à te reprocher. On ne va pas revenir dessus, sinon je vais encore culpabiliser. Et, bordel, je n'ai pas envie de penser à ça, ronronna-t-il en pressant délicatement ses lèvres contre celles de Remus.

Après de longues secondes, Sirius essaya d'approfondir le baiser, laissant ses mains se balader sur le torse de son ami.

– Laisse-moi m'habiller, répéta le lycanthrope en repoussant ces deux mains envahissantes.

Sirius grogna quelque chose d'incompréhensible et se déshabilla entièrement, avant de rentrer dans la douche.

Remus écarquilla les yeux. «Il est sérieux?» s'effara le loup-garou en sortant de la pièce. Il tomba nez à nez avec Harry qui attendait pour se laver les dents et ses joues s'embrasèrent immédiatement. Il lui expliqua brièvement que Sirius prenait sa douche mais qu'il pouvait sûrement entrer s'il le prévenait de sa présence. Il s'empressa ensuite de rejoindre Tonks dans sa chambre et se laissa tomber sur son lit en soupirant.

– Qu'est-ce qu'il y a? rit la jeune femme qui était en train de se maquiller.

– Sirius, répondit-il simplement.

Elle posa son crayon noir et s'approcha de Remus. Un sourire amusé et mesquin fendait son visage.

– Ça a l'air pourtant de très bien aller entre vous. «Merlin, je crois que je pourrais passer ma vie à t'embrasser», répéta-t-elle en prenant la voix de Sirius.

Remus lui jeta un objet dessus, l'air faussement outré, tandis que la jeune femme se pliait en deux dans un rire moqueur.

– Tu as entendu.

– En effet, souffla-t-elle en reprenant contenance. Je suis contente pour vous.

Remus lui sourit et se leva pour la serrer dans ses bras.

– Merci, murmura-t-il en lui embrassant la joue.

Elle lui rendit son sourire et il l'a libéra pour descendre rejoindre Harry et Sirius qui étaient déjà prêts et l'attendait. Ils utilisèrent la cheminée d'Andromeda pour se rendre chez Severus. Le maître des potions était dans son couloir lorsqu'ils arrivèrent. Il tenait un énorme bouquin sous son bras. Il dévisagea les trois intrus avec un air de dédain et ne répondit pas à leurs salutations.

«Sale lunatique graisseux», cracha doucement Sirius en levant les yeux au ciel, tandis que Rogue s'éclipsait dans la chambre d'Harry pour lui apporter ses affaires.

– Je t'ai entendu, Black, siffla-t-il.

– C'était le but.

Remus lui asséna un coup de coude dans le ventre pour le faire taire. Ils n'étaient pas venu pour se battre. Sirius lui jeta un regard noir et fit une moue boudeuse. Harry, lui, alla aider son professeur et ils rapatrièrent toutes ses affaires dans la maison de Sirius.

– Je suis content d'être vraiment de retour! sourit le garçon en faisant le tour des lieux, comme s'il souhaitait s'habituer de nouveau à chaque pièce et imprimer chaque coin dans son esprit. Ça m'avait manqué.

Un voile de tristesse passa alors dans ses yeux.

– On retrouvera sans doute Pétunia et Vernon avant la fin de la semaine, reprit-il. Peut-être que je ne suis pas tant de retour que ça, finalement.

– Je ne vais pas te laisser repartir, Harry, lui assura Sirius en passant un bras protecteur autour de ses épaules. Je te le promet. Tu ne retournera pas chez eux. S'il faut que je te le répète cent fois pour que tu me crois, je te le répéterais cent fois.

– Tu ne peux pas me promettre ça, Sirius. Je ne suis même pas censé être ici. Même si je ne suis pas obligé d'aller à Privet Drive, je ne pourrais pas rester officiellement avec toi. J'aimerais pouvoir sortir avec vous deux et pourquoi pas aller voir la finale de la coupe du monde de Quidditch avec vous! Mais ce n'est pas possible. Je trouve ça tellement injuste.

– A qui le dis-tu, sourit tristement Sirius en le serrant un peu plus contre lui.

Harry finit par regagner sa chambre et laisser les deux hommes seuls. Sirius en profita pour joindre Dumbledore par le biais de la cheminée. Le vieil homme fut dans leur salon quelques minutes plus tard. Ses yeux pétillaient derrière ses lunettes en demie-lune.

– Merci d'être venu aussi vite, professeur, souffla Sirius.

– Je t'en prie. Vous voulez un bonbon au citron? J'étais justement en train d'en manger un lorsque vous m'avez demandé de venir.

Remus accepta. Sirius, lui, refusa poliment et invita Dumbledore à s'asseoir.

Harry se tenait derrière la porte, observant silencieusement les trois hommes. Il n'aimait pas écouter aux portes, mais il avait horreur de savoir qu'on le mettait à l'écart. Il savait pertinemment qu'ils allaient parler de lui. Ils avaient toujours tendance à penser qu'en ne lui disant jamais la vérité, Harry serait protégé. Mais ce n'était pas le cas. En cherchant lui même les réponses à ses questions, Harry se mettait en danger et emporter certaines personnes avec lui.

– Tu sais très bien que ce n'est pas possible, Sirius. Il doit y passer au moins deux semaines par an, pour que la protection puisse faire effet.

La voix de Dumbledore était étonnement calme. Harry s'en voulu de ne pas avoir entendu le début de la conversation.

– Elle ne fait déjà plus effet cette protection! Si ça avait été le cas, les mangemorts ne seraient pas parvenu à entrer chez eux!

– Je me pose de nombreuses questions. Lorsque nous aurons retrouver Pétunia et Vernon Dursley, nous aurons toutes les cartes en main. Une fois que nous saurons ce qui est exactement arrivé, nous pourrons y voir plus clair.

– J'aimerais avoir mon mot à dire. Nous ne sommes pas juste des pions. Harry aimerait se poser quelque part. Remus et moi, aussi.

– Je le comprends, mais il faut penser d'abord à la sécurité de ton filleul.

– Nous pouvons le protéger! Je donnerais ma vie pour lui, professeur. Il est tout ce qui me reste.

Albus se mordit la lèvre inférieure et hocha lentement la tête.

– Je le sais.

– Alors faites-nous confiance. Vous avez laissé le ministère m'enfermer pendant douze ans à Azkaban, sans aucun procès. Vous avez attendu douze ans pour offrir un travail à Remus, alors que vous saviez très bien dans quelles conditions il vivait.

– Sirius! siffla le lycanthrope.

– Et vous lui avait offert ce poste, ce poste maudit, simplement parce que je m'étais évadé. Vous vous êtes dit qu'il pourrait sans doute m'arrêter, me raisonner, ou du moins risquer sa vie pour Harry. Ce n'est pas un hasard si au moment où l'un des maraudeurs sort de prison, un autre se retrouve à enseigner à Poudlard, n'est-ce pas?

Dumbledore fronça un instant les sourcils. Il ne semblait pas d'accord avec ce que l'animagus insinuait mais il restait toujours profondément calme.

– Vous nous devez bien ça, murmura Sirius.

– Cette conversation n'est plus privée depuis longtemps. Peut-être que l'on devrait la remettre à plus tard.

Harry avala difficilement sa salive et entra dans la pièce, tandis que trois paires d'yeux se tournaient vers lui. Il s'excusa brièvement, l'air passablement gêné.

– Si je suis son parrain c'est parce que Lily et James me faisaient confiance et comptaient sur moi pour m'occuper et aimer Harry, s'il leur arrivait quoi que ce soit.

Remus posa une main sur le bras de son ami. Ce simple geste signifiait qu'il valait mieux s'arrêter là pour le moment. Sirius sembla le comprendre car il n'ajouta rien. Dumbledore finit le thé qu'Harry était allé préparer et lui avait apporté, pour se faire pardonner.

Remus souffla longuement sur sa tasse, essayant de canaliser ses émotions. Même s'il était resté silencieux, il n'en pensait pas moins. Il était moins impulsif que Sirius, cela ne voulait pas dire qu'il n'était jamais en colère. Il prenait sur lui. Il ne laisserait pas partir Harry et personne ne lui enlèverait Sirius pour le ramener à Azkaban ou lui donner un baiser du détraqueur. Un frisson lui parcouru le dos et se serra un peu plus contre Sirius, sans même s'en rendre compte.

Lorsque Dumbledore s'en alla, l'atmosphère était déjà un peu plus légère. Harry et Sirius discutaient et riaient parfois, se moquant gentiment de tout le monde et de personne.

– Tonks est en retard, elle devait venir manger ce soir, murmura Remus alors que Sirius commençait à mettre la table.

Sirius passa une main dans ses cheveux et attrapa une bouteille d'eau pour la remplir. Il haussa les épaules et s'éclipsa dans la cuisine. C'est à ce moment là que Tonks frappa à la porte. C'était plus par politesse, car elle n'attendit pas que quelqu'un lui autorise d'entrée pour l'ouvrir. Elle salua tout le monde et posa ses affaires sur le porte manteau.

– Je me demandais si tu allais venir, sourit Remus en embrassant sa joue.

Tonks s'avança jusqu'à Hedwige et caressa doucement sa tête.

– Désolée. Je devais voir Pomfresh.

– Tout va bien?

Les joues de Tonks s'embrasèrent légèrement. Elle n'étais définitivement pas douée pour les mensonges. Elle se balança d'un pied à l'autre, comme un enfant le ferait et elle lui offrit un sourire charmeur.

– On en parlera une autre fois, d'accord?

– C'est grave? Qu'est-ce que tu as?

– Rien d'inquiétant. Je devais juste faire une visite médicale pour les Aurors et finalement j'y suis restée plus longtemps que prévu. Elle m'a retenu et j'en ai profité pour lui poser certaines questions.

Remus fronça les sourcils, loin d'être satisfait par les réponses de la jeune femme. Il s'assirent tous les quatre autour de la table et commencèrent le repas. La tension entre Sirius et Tonks semblaient s'être dissipée, car les deux cousins échangèrent longuement et rirent même parfois ensemble. Remus en était heureux. Il ne voulait pas tirer un trait sur son amitié avec Tonks. Il ne la connaissait pas depuis longtemps, mais elle avait une place importante dans sa vie maintenant.

La nuit mit du temps à se montrer. Lorsque le ciel fut totalement noir, il était déjà tard. Tonks les remercia pour le repas et se retira en un sourire remplit de tendresse.

Sirius, Remus et Harry traînèrent un peu dans le salon, avant de regagner l'étage.

Buck était allongé sur le lit de Sirius. Ce dernier soupira en le voyant, tandis que l'animal s'étalait de tout son long sur le matelas.

– Oh et puis, tu peux prendre toute la place que tu veux. Je vais dormir dans celui de Remus.

– Ah bon? Est-ce que j'ai mon mot à dire?

Un large sourire s'étala sur les lèvres de Sirius, qui se retourna vers l'homme qui se tenait devant la porte de sa chambre. Les yeux de l'animagus pétillaient d'un air de défis. Il s'avança vers Remus et lui attrapa le menton pour lui soulever légèrement la tête.

– Tu peux toujours essayer de m'en empêcher. Toutefois, je doute que tu puisses y parvenir.

Remus se dégagea et le poussa contre le mur, avant de poser doucement sa bouche contre la sienne.

– Je vais te mettre une laisse et t'attacher à ton lit, Patmol.

Sirius pencha sa tête légèrement sur le côté.

– Ça me plaît bien ça.

– Il n'y avait absolument rien derrière ces paroles. Elles disent ce qu'elles veulent dire. La seule espèce vivante qui resterait avec toi, serait Buck.

– Menteur. Je suis sûr que c'est l'un de tes fantasmes cachés. Alors comme ça tu as envie de m'attacher à mon lit? Et qu'est-ce que tu veux me faire après ça? Tu peux me le montrer si tu veux.

– Imbécile, soupira Remus en levant les yeux au ciel.

Remus était sublime lorsqu'il était gêné. Il aimait voir ses joues rosir et ses yeux devenir fuyant. Le lycanthrope glissa ses doigts dans ceux de l'animagus et l'entraîna dans sa chambre. Ils refermèrent la porte, se déshabillèrent, puis se blottirent dans leur couverture.

La fenêtre ouverte laissait se diffuser à l'intérieur de la pièce une multitude de bruit qui n'appartenait qu'à la nuit. Une chouette hululait près de leur chambre. Sirius trouvait ce cadre apaisant. Il somnolait légèrement, lorsque le corps de Remus se pressa contre le sien.

Il ouvrit les yeux et tomba dans ceux de son ami. Remus le fixait d'une lueur étrange. Ses cheveux allaient dans tous les sens. Son regard brillait de désir. Ses lèvres légèrement entrouvertes trahissaient une certaine anticipation. Et ses bras étaient tremblants. Remus embrassa Sirius avec fougue et maladresse, avant de faire descendre ses baisers le long de son torse.

Sirius avait attendu ce moment depuis tant de temps. Il passa au dessus de Remus qui ne se laissa d'abord pas faire. Ce jeu leur rappelait celui du loup et du chien, les jours de pleine lune. Les sensations qui se propageaient dans le corps de Sirius, le grisait totalement.

Il ne savait pas ce qu'il préférait à cet instant; Goûter à la peau sucré de son amant. Mordre et lécher des endroits qu'il n'avait encore jamais appris à connaître, qui lui avait toujours été refusé. Les bruits de leurs corps qui se frottaient. Leurs baisers qui s'enflammaient à chaque fois que l'un gémissait ou que l'autre touchait un point sensible. La légère crainte qui apparaissait parfois dans les yeux du lycanthrope, et qui était toujours rapidement balayée par l'envie d'aller plus loin.

Remus avait toujours été moins sensible à la douleur. Être un loup-garou avait au moins cet avantage. Il s'était tant blessé et déchiré lui même, par le passé, il avait eu tant de fois le sentiment d'avoir un corps étranger dans le sien, que rien ne semblait plus pouvoir lui faire de mal. Surtout pas Sirius qui montrait toute la délicatesse et la douceur dont il était capable. La douleur et le plaisir fusionnaient parfaitement, ne laissant à Remus qu'une électrique sensation de plénitude.

Ce sentiment d'être à sa place, d'être complet, d'être au bon endroit, n'avait jamais été aussi fort qu'à cet instant. Pour l'un comme pour l'autre, ils avaient conscience qu'ils ne se trompaient pas, qu'ils étaient là où ils devaient être ; dans les bras l'un de l'autre.


(coucou, j'ai changé de pseudo)

On m'a demandé plusieurs fois de ne pas faire de lemon, donc j'ai fait quelque chose de plutôt léger. Je dois dire que c'est plus difficile de faire quelque chose de non sexplicite que de sexplicite. J'espère que leur première fois n'est pas trop décevante.