Le plus beau fils de Rome
Chapitre 2: Colocation Franco-Britannique
Aéroport de Bruxelles. 19h48.
Thomas est très inquiet. Sir England qu'il a toujours connu si ponctuel, est terriblement en retard.
Toute cette dernière demi-heure, il n'a pourtant eu de cesse que d'appeler et rappeler son supérieur, le harcelant de messages vocaux et textes l'implorant de se présenter prestement au terminal, ou au moins lui donner un signe de vie.
19h52. Lord... le pauvre homme regardait les derniers passagers embarquer tranquillement, accueillis par les hôtesses à l'entrée du terminal, en espérant encore que par miracle, une paire de sourcils familière ferait leur apparition parmi eux.
19h54. That's it. Il allait appeler Scotland Yard. Non, non... les autorités belges d'abord. Ou à moins qu'il doive avertir Buckingham Palace en premier ? L'armée ? Et si Monsieur était blessé !? Ne devrait il pas joindre les pompiers ou une ambulance pour plus de sûreté ?
19h55. Il n'a plus d'ongles à ronger, et pendant un instant Thomas regrette de ne pas être un fumeur et avoir une cigarette pour s'occuper les doigts et filtrer son stress. Sa tension monte. Mon Dieu, il savait qu'il aurait dû garder ses pilules sur lui et non les ranger dans sa valise...
19h57. L'ONU ! Les Power Rangers ! Chuck Norris, n'importe qui ! Que ce bloody téléphone portable sonne, for heaven's sake !
*God save our gracious Queen...*
"ALLO !?" S'écria l'anglais en s'oubliant un instant, trop heureux d'avoir enfin sa nation au bout du fil après une demi-heure d'angoisse.
Angleterre devine aussitôt l'état de son assistant de l'autre côté de la ligne.
"...Thomas ? Vous allez bien, old chap ? Vous m'avez l'air... tendu."
"Yes ! No ! I mean... Sir. Pardonnez moi mais je dois dire que votre soudaine absence m'a laissé quelque peu anxieux, je le reconnais." Une pause. "Auriez vous, je vous prie , l'extrême amabilité de m'informer des raisons justifiant de cet incident ?"
Traduction: Connard-j'étais-fou-d'inquiétude-j'ai-cru-que-j'al lais-avoir-une-attaque-et-où-est-ce-que-tu-es-merd e-qu'est-ce-que-tu-foutais -t'as-interêt-à-avoir-au-moins-une-seule-bonne-rai son-ou-j'te-jure-que-je-te-fais-faire-de-la-papera sse-cloîtré-dans-ton-bureau-pendant-si-longtemps-q ue-même-toi-tu-oublieras-à-quoi-ressemble-le-solei l.
Arthur laisse passer un frisson, avant de répondre. Il s'en veut un peu d'avoir causé autant de souci à son assistant. Il se promet mentalement de se rattraper.
"Certainement. Une affaire urgente... er... et personnelle, m'impose de prolonger mon séjour à Bruxelles pour une durée encore indéterminée. Aussi je vous demande de rentrer à Londres sans moi. Bien entendu, nous restons en contact pour les affaires en cours mais je souhaiterai n'être dérangé qu'en cas d'extrême urgence. Puis-je compter sur vous, Thomas ?"
"Oui, monsieur. Je ne manquerai pas de transmettre votre requête au Premier Ministre. Je dois maintenant vous laisser, le steward me fait signe d'éteindre mon téléphone portable. Au revoir et à très bientôt, Sir."
L'assistant raccroche, et Angleterre expira un grand coup. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il retenait son souffle.
Sauvé. Songea t-il. Si l'avion avait tardé plus longtemps à décoller, Thomas ne l'aurait jamais laissé partir avant d'avoir entendu tous les détails concernant cette "urgence personnelle".
Mais il se doutait bien que ce répit ne durerait pas: dés le lendemain, son assistant reviendrait à la charge d'une manière ou d'une autre. Il devait absolument trouver un nouveau prétexte d'ici là.
Mais en attendant...
France qui observait la conversation d'un air nonchalant, les bras croisés et adossé à mur, sifflotant un air qu'il venait d'inventer en prétendant regarder ailleurs, capta le regard mi-amusé mi-agacé que lui lança Angleterre en se retournant vers lui.
"Tu ne trompes personne, France, tu sais ? Tu fais un bien piètre espion."
France lui jeta un regard courroucé. Il voulait lui dire qu'il était un excellent espion, lui rappeler que ses talents avaient été plus qu'utiles lors de la Seconde Guerre Mondiale par exemple.
Mais sa voix ne revenait pas. Vexé, il détourna la tête et se mit à bouder, arrachant un rire moqueur à son homologue britannique.
"Tu ressembles à Romano, avec tes joues roses gonflées comme ça ! Quel âge as tu ? Vraiment, France !"
Le blond laissa échapper un petit souffle d'air chaud à travers ses narines malgré lui, mais se borna à l'ignorer en signe d'indignation. Il savait qu'il donnait probablement raison à Arthur en agissant ainsi, mais que feraient d'autres à sa place: il était muet ! Sans aucun moyen d'exprimer ses sentiments autrement que par l'écriture; et qu'il soit damné s'il se promène partout avec une ardoise ou un bloc-note autour du coup comme un imbécile !
"Tu sais, je crois que je commence à aimer cette situation." Lui dit Arthur d'un ton joyeux en se servant un verre de Scotch. "Je pourrais t'envoyer toutes les pires vacheries du monde, et tu ne pourrais même pas répliquer. Ca me plaît comme idée ! Je pourrais m'y habituer..."
Francis n'aima pas du tout cet éclat dans ses yeux verts, ni l'ombre dangereuse qui s'est glissée dans les derniers mots de l'anglais. Le menaçait il vraiment ? Ou le narguait il ?
L'un ou l'autre, Francis décida qu'il ne se laisserait pas intimider.
Faisant face à Arthur qui tenait encore son verre presque vide à la main, à quelques pas de lui, le français se décolla du mur et, affichant un rictus défiant, il frappa son poing droit dans la paume de sa main gauche sans quitter son rival des yeux.
"Ha ? Et depuis quand est ce que j'ai peur de tes coups ? On se bat depuis toujours, je te rappelle." Lui fit remarquer le jeune homme en finissant d'un trait le reste de sa liqueur.
Avec un grognement d'insatisfaction, Francis se rembrunît. Il avait pourtant été si sûr de son effet... et pourtant Arthur l'avait rembarré si facilement et avec une telle arrogance ! A croire qu'il se sentait invincible, en ayant l'avantage de la parole sur lui !
Mais Francis se jura de le faire tomber de son piédestal d'une manière ou d'une autre. Angleterre ne perdrait rien pour attendre...
"Bon, allez. Trêve de plaisanteries. Nous allons suivre notre premier plan. Tu te souviens de ce que tu dois faire ?"
Un rapide hochement de tête en guise de réponse. Arthur s'en contenta, ne voulant pas retarder plus longtemps l'échéance.
La journée avait été suffisamment longue comme ça: quand ce matin il a dû avouer la vérité à Francis au sujet de son ignorance totale à comment inverser le sort qui l'a rendu aphone, l'anglais à bien crû que France allait lui sauter dessus... P-Pas dans le sens obscène du terme ! Mais bel et bien pour le rouer de coups.
France était si aveuglé par la colère qu'il avait oublié alors, que ses cris accompagnant ses grands gestes, étaient inaudibles. Angleterre n'eut pas besoin de version sous-titrée, cependant, pour deviner combien le blond le maudissait pour son "incompétence" et son "irresponsabilité". Tsk. Bloody Frog et ses lèvres toutes minces et fines et roses et si faciles à lire... Il devrait lui être reconnaissant, déjà, pour ne pas l'avoir laissé tomber comme un vulgaire scone raté (même s'il ne l'aidait que dans son propre intérêt mais la grenouille n'avait pas besoin de le savoir); Lui qui eût toutes les peines du monde à le calmer !
Le reste du temps a été passé à évaluer les options, élaborer un plan, puis d'autres en cas de rencontres avec leurs autres collègues avant la prochaine réunion. Une tâche difficile quand l'un des interlocuteurs est limité dans l'expression de ses idées. D'autant plus que Francis semblait toujours avoir quelque chose à redire sur les propositions d'Arthur. Ce qui bien sûr entraîna de nouvelles disputes, chacun accusant l'un et l'autre d'être indécis, capricieux, ou tout simplement idiot.
C'est que le français savait être créatif lorsqu'il était lancé !
Avant même que Arhur ne s'en rende compte, le soir tombait à nouveau derrière les grands rideaux jaune-pâle, et il se rappela alors avec horreur que son assistant, Thomas, l'attendait sans doute à l'aéroport à l'heure qu'il est.
"Bien. Rejoignons-nous en bas, devant le comptoir d'accueil quand nous aurons fini."
France ne se fit pas prier. Et rejoignit sa chambre d'hôtel (voisine de celle d'Arthur comme par hasard) pour ramasser ses affaires illico presto.
En remettant sa veste, il s'aperçut que son téléphone portable y était encore.
28 appels manqués. La plupart venant de l'Élysée.
Zut. Tant pis, il ne pouvait pas consulter son répondeur maintenant. Et encore moins rappeler.
Dans le hall de l'hôtel luxueux, Arthur l'attendait déjà la-bas avec sa grande valise à roulettes verte, les sourcils froncés et l'air impatient, jetant un coup d'œil à sa montre toutes les trois secondes.
Francis sourit. Arthur avait un don pour se faire remarquer au milieu d'une foule même en ne faisant rien d'autre que se tenir debout dans un de ses costumes de mauvais goût. Le français trouvait très amusante et curieusement... attachante, l'idée que l'Angleterre personnifiée puisse dégager naturellement une sorte d'aura "sociopathe" qui empêche la plupart des gens à l'approcher à moins d'un rayon de cinq mètres.
Le regard vert croisa finalement le sien et tira Francis de ses pensées.
"Enfin te voilà, bloody wanker. Tu en as mis du temps !"
Le sourire de Francis s'effaça tout à fait. Qu'est ce qu'il trouvait d'attachant à propos de cet anglais déjà ?
"Allez, on y va. " Ajouta-t-il simplement avant de tourner les talons et se diriger vers la sortie. Mais France l'arrêta en posant une main sur son épaule, et devant son air interrogateur, le français désigna la réceptionniste derrière le comptoir.
"Je m'en suis déjà occupé. D'ailleurs tu me dois 750 euros." Constatant le regard incrédule de France, Angleterre réprima tant bien que mal un soupir agacé.
"Personne, absolument personne ne doit savoir que tu as perdu ta langue, rappelle toi. Idiot. Et maintenant suis moi, un taxi nous attend à l'entrée."
Francis suivit son cadet sans broncher, si ce n'est un peu perplexe devant le sens de l'organisation dont ce dernier faisait preuve. Ca ne l'étonnait pas au fond, connaissant l'animal. Mais cela éveilla un étrange sentiment de malaise en lui. Un sentiment dont le nom lui échappait pour le moment, alors qu'il est juste là, sur le bout de la langue...
Ils étaient déjà installés dans l'avion prêt à décoller quand une sublime hôtesse brune aux yeux verts vint demander à France s'il désirait "quoi que ce soit", mettant en avant son joli décolleté plongeant et lui souriant d'un air aguicheur.
Arthur qui était assis côté hublot et avait le nez dans son journal, grommela dans sa barbe mais s'efforça de ne pas regarder dans leur direction. Même si cela faisait 9 fois qu'il relisait le même paragraphe. Même si le papier était terriblement chiffonné aux endroits où il tenait les pages.
Même si il était à ça de perdre patience avec la jeune fille et d'étrangler France qui semblait l'encourager du regard.
Ce sale playboy. Et cette jeune dinde, n'a t-elle jamais entendu parler de conscience professionnelle ? Et puis zut, pendant combien de temps encore allaient ils continuer cette mascarade devant lui et faire comme s'il n'était pas là ?!
Arthur avait envie d'arracher à la main ce sourire séducteur du visage de son rival. Et l'autre là, elle ne pourrait pas s'arrêter de dévorer France des yeux et flirter avec lui juste une seconde, ou assez longtemps pour qu'elle se rende compte qu'il ne peut pas répondre ?
De plus il était prêt à parier que cette paire de seins était fausse... s'il avait une aiguille à tricoter sur lui, il aurait pu le prouver en dégonflant les baudruches, et l'embarrasser devant tout le monde... Ça lui aurait apprit à se tenir...
Ah, enfin ! Quelqu'un à eut l'extrême bonté de rappeler l'hôtesse à la cabine ! Bien. Un meurtre évité. Arthur allait enfin pouvoir passer au paragraphe suivant. Du coin de l'œil, il observa Francis s'installer plus confortablement dans son siège et fermer ses paupières en attendant le sommeil.
Les minutes s'écoulèrent lentement, et la respiration du français se fit plus calme. Et c'est seulement là que Angleterre sût qu'il dormait.
Hum. Y'en a qui doutent de rien... lucky bastard.
L'anglais n'avait jamais pu dormir dans un avion, même quand le voyage durait parfois plus d'un jour, nerveux et passablement terrifié à l'idée qu'un de ces maudits engins s'écrasent avec lui dedans. Dans ces moments, la lecture était son meilleur allié et trompe-l'ennui. Sans parler de la fortune qu'il dépensait en bières auprès des hôtesses et des stewards habituellement. De toute façon, le sommeil, c'est trop "mainstream" comme disent les jeunes. Vive l'insomnie chronique; il n'était plus à ça près !
Quand même... je me demande comment il fait.
Non pas qu'il était jaloux, bien entendu ! C'est juste qu'il ne comprenait pas comment une sissy comme France puisse s'endormir aussi facilement dans un cercueil volant comme si de rien n'était. Franchement, c'était injuste. Ça aurait dû être l'inverse !
Regardez moi ça comme il a l'air paisible...
... Avec ses mains jointes sagement posées sur son ventre... les épaules relâchées, sa gorge nue offerte à toute morsure, baiser ou strangulation... ses lèvres à peine entrouvertes dont il aurait juré entendre s'échapper des invitations obscènes en murmures de fées...son nez aquilin, ses pommettes sans poches ni cernes sous ses longs cils blonds surplombés par de fins sourcils élégamment arqués... ses cheveux...
God, il mourait d'envie de toucher ses cheveux. Pas longtemps, juste pour voir s'ils sont aussi soyeux qu'ils en ont l'air. Une simple curiosité. Rien de mal ni d'inconvenant, n'est ce pas ? Après tout les seules fois où il les touchaient étaient lorsque les deux hommes se battaient, et dans ces moments là Arthur ne pouvait pas vraiment se permettre de se concentrer sur ce genre de détails...
D'une main tremblante, il tendit les doigts lentement vers le haut du front du bel endormi. S'arrêtant mi-chemin à deux reprises au moindre bruit ou geste suspect que l'autre faisait pendant son sommeil.
Et puis enfin, timidement, il effleura une mèche blonde du bout des doigts.
So soft...
"Monsieur ? Monsieur ? Nous avons atterris." Fît l'hôtesse avec un sourire gêné en se penchant par-dessus Francis.
... Quoi... ?!
Angleterre sursauta, retirant ses doigts de la chevelure dorée comme s'il s'était brûlé. Ses joues empourprées, il regarda d'abord l'hôtesse puis constata de lui-même, très embarrassé, que tous les sièges étaient vides autour de lui. Un seul coup d'oeil dans l'hublot démontrait qu'ils avaient bel et bien atterris.
"Ah ! Er... Yes... Hum..."
"Euh... avez vous besoin d'aide pour réveiller votre ami ?" Proposa la jeune demoiselle, les pommettes rosissantes et le sourire aux lèvres à l'idée de pouvoir toucher le français.
"Ca ira, merci." Rétorqua sèchement Angleterre. Plus sèchement qu'il ne l'eût voulu en fait, puis se tourna vers le dormeur insouciant.
"Wake up, bloody wanker !" Cria le britannique en assenant un coup sec sur le crâne de son voisin, qui se réveilla aussitôt, le souffle saccadé par la douleur.
L'hôtesse regarda, effarée, les deux hommes se lever et prendre leurs sacoches tandis que celui aux sourcils monstrueusement épais s'époumonait sans raison apparente contre le bel apollon qui, le pauvre, émergeait encore et ne disait mot.
Les voyant partir, l'hôtesse jeta un regard empreint de pitié pour le beau blond aux yeux bleus en lui souhaitant une bonne journée. Et ce dernier le lui rendit par un hochement de tête et un gentil sourire fatigué. Un beau client comme ça, ça allait lui manquer...
En revanche, tout ce qu'elle adressa à l'autre était un regard noir. Que Arthur n'hésita pas à lui rendre au centuple. Personne ne faisait ça mieux que lui (sauf peut-être Russie ou Suède... et peut-être aussi Allemagne, mais ça c'était encore une autre histoire).
Quelques formalités et un long et coûteux trajet en taxi plus tard, voilà les deux compères enfin arrivés à destination: le village de Coubron, en Seine-et-Marne, Ile-de-France.
C'était un village paisible, charmant et vert, peuplé de 4600 âmes. Un lieu idéal pour se cacher au nez et à la barbe de la capitale française. Personne ne viendrait les chercher ici.
Devant la petite maison de campagne aux abords de la petite commune, attendait une vieille dame qui, reconnaissant Arthur dés sa sortie du taxi, s'avança vers lui avec un grand sourire.
Francis suivit l'échange de loin, remarquant la petite dame parlait un anglais parfait, échangeant des politesses avec le jeune homme aux yeux verts avant de lui remettre un petit trousseau de clefs. Quelques minutes plus tards, ils se saluèrent et la dame repartit de son côté à petit pas.
Enfin, Angleterre se retourna vers France qui gardait encore les valises, relevant un sourcil parfaitement épilé en signe de questionnement.
Mais l'anglais leva les yeux au ciel.
"C'est ouvert. Dépêche toi, et entre."
Si Francis avait pu soupirer, il l'aurait fait là, tout de suite. S'il avait eût sa voix, il aurait pu insister pour savoir comment diable son collègue britannique avait il pût louer une maison (de chez lui, France, par dessus le marché !) en un temps record. Quand avait il planifié tout ça ?
Francis regarda un instant le haut mur de pierre envahit de lierre où était encastrée la grand de fer peinte en bleu par laquelle Arthur était entré. En suivant du regard la silhouette de l'anglais, il pouvait voir un jardin de bonne taille quoique mal entretenu qui semblait entourer la maison, un chemin de dalles de pierres reliant les deux entrées, et bien sûr la maison elle-même, avec ses deux étages à en juger par la hauteur, ses tuiles rouge-orangées et ses murs grisonnants à colombages.
Arthur l'attendait dans le hall, les bras croisés et impatient, comme d'habitude. Mais France n'y prêta guère attention et se remit à observer ses alentours: des murs repeints, des vieux tableaux, du vieux mobilier en bois, des tapis, des vases fleuris, petites plantes en pots, sculptures, livres et autres bibelots disposés ici et là, un grand escalier de bois vernis et une grande horloge datant du début du siècle.
Angleterre interrompit ses pensées, estimant avoir perdu assez de temps.
"Cette maison à été rachetée par la vieille dame de tout à l'heure il y a cinq ans. Elle l'a faite restaurée pour en faire un gîte pour touristes anglais, mais ces temps ci les clients se font rares et donc elle a accepté de me la prêter pour un certain temps. Deux mois, tout au plus."
France écarquilla les yeux, articulant silencieusement les mots "Deux mois". Et Arthur se sentit vexé.
"Hey ! C'est pas comme si je voulais passer autant de temps enchaîné à toi non plus ! Crois bien que je vais tout faire pour réduire le temps de cette torture, parce que je tiens à ma santé mentale ! Bloody frog !"
Sur ce, il arracha des mains de Francis sa valise et monta directement les escaliers jusqu'à sa chambre. Quand le français entendit une porte claquer, la tension sur ses épaules se relâcha complètement.
"Eh bien... ça promets."
