31.

La légère brise qui soufflait devant la maison de Rogue, adoucissait le temps étouffant de cette journée ensoleillée. Assis sur une marche du pallier, Harry attendait l'arrivée de Drago. Il faisait passer sa baguette entre chacun de ses doigts et serrait fermement une bouteille d'eau dans sa main libre. Le blond était en retard et il s'ennuyait. Malgré ce qu'il avait assuré à son parrain, il était peut-être finalement bel et bien anxieux de la suite des événements. Il n'était pas terrorisé mais il était tout de même inquiet. Cela pouvait très mal tourner. Et s'il se faisait tuer avant que Sirius, Dumbledore et les autres, n'aient le temps d'arriver? Il n'avait pas spécialement envie de mourir tout de suite. Pire scénario, encore : et si quelqu'un se faisait blesser ou tuer, par sa faute?

Il jeta un coup d'œil aux branches des arbres qui se mouvaient avec élégance au rythme du vent. Il y avait une douceur apaisante dans ce tableau, Harry pouvait presque parvenir à se détendre. Son attention fut un instant absorbée par un petit oiseau qui venait de se poser devant lui. Son plumage était composé de différents marrons qu'il détailla avec intérêt. Un bruit provenant de la maison le fit sursauter. Il regarda un instant par la fenêtre et surpris son professeur de potions en train de déplacer un de ses chaudrons.

Rogue ne lui avait pas adressé la parole, depuis que Harry avait remis un pied dans sa maison. Il s'était enfermé dans il ne savait quelle pièce de sa maudite demeure et ne s'était plus montré. Le jeune garçon se demandait à quoi cela avait servi de faire autant d'efforts, d'un côté comme de l'autre, pour ne pas les tenir. Il pensait que sa «relation» avec son professeur s'était pourtant améliorée. Il devait sans doute avoir tort. Rogue était un mystère à lui seul.

Un «plop!» bruyant se fit entendre, faisant sursauter une nouvelle fois le brun. Il se releva précipitamment et balaya le jardin du regard. Les mangemorts ne pouvaient pas l'attaquer à cet endroit, n'est-ce pas? Devant la maison de son professeur? Cela n'avait aucun sens. Que que, cela n'aurait pas étonné Harry, si Rogue était complice de toute cette histoire. Il n'avait plus envie de faire confiance à un seul Serpentard.

Il fut légèrement rassuré en voyant arriver Drago et son elfe de maison. Ils s'avançaient jusqu'à lui d'un pas rapide. Le blond était très beau. Il portait un bermuda gris, retroussé au dessus de ses genoux et une chemise blanche entrouverte au niveau de son cou. Une tenue typiquement moldue. Pour rejoindre le lac, ils allaient sûrement passer devant des habitations moldues et peut-être même allaient-ils traverser un ou deux village. Harry ne connaissait absolument pas l'endroit où le lac se trouvait, ni même comment ils allaient y aller.

Drago jeta un regard de dédain vers son elfe. Il semblait de très mauvaise humeur.

– Désolé, maugréa-t-il en direction du Survivant. Au moment de partir, ce bon à rien était tout bonnement introuvable. Mon père sera tenu au courant de ce petit incident, bien entendu et cet idiot ne restera pas impuni.

Harry fronça les sourcils.

– C'est un peu exagéré, tu ne crois pas? Je suis sûr qu'il avait une très bonne raison pour ne pas être à l'heure. Il doit avoir énormément de travail. Ce n'est pas si grave que ça. Je pouvais bien attendre cinq minutes.

Un petit sourire fendit le visage de Drago qui croisa les bras sur sa poitrine avec un air de défis.

– Tu sais, Potter, il aurait beaucoup moins de choses à faire si un certain Gryffondor qui ne s'occupe jamais de ses affaires, ne lui avait pas enlevé l'un de ses acolytes.

– Si je le pouvais, je retirerais chaque elfe de maison des mains abusives de leurs maîtres. Ils ne méritent pas ça. Dobby ne méritait pas ça et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seule seconde.

L'elfe se boucha brutalement les oreilles, traumatisé par les paroles du jeune garçon, et secoua vivement la tête en couinant.

– Au lieu de faire l'imbécile, grogna Drago en donnant un petit coup sur les épaules de la créature, amène-nous au manoir. Immédiatement.

Le blond tendit une main assurée en direction de Harry. Il la regarda un instant avec hésitation puis sans réfléchir davantage, l'empoigna, et ils transplanèrent tous les trois devant un immense domaine.

– On ne devait pas aller au lac directement? s'étonna-t-il.

Drago haussa les épaules.

– On a encore un peu de temps. J'ai deux trois petites choses à récupérer. Et puis, Mère voulait que je lui dise quand on partait. Allons la voir.

– Je pense qu'elle ne m'apprécie pas beaucoup. Peut-être serait-il préférable que je t'attende dehors?

Le blond le dévisagea et se mordit la lèvre. Il secoua doucement la tête et poussa Harry pour le faire entrer dans son manoir.

– Tu penses mal. Et tu es mon invité. Tu n'attendras donc pas dehors, dépêche-toi.

Narcissa Malefoy était dans son salon. Elle était assise derrière un piano. Ses doigts survolaient les touches qui jouaient seules un morceau de musique inconnu aux oreilles du brun. Drago toussa pour attirer l'attention de sa mère et la pièce fut immédiatement silencieuse. La sorcière releva les yeux vers les deux adolescents et soupira.

– Drago, qu'attends-tu pour offrir à boire à ton ami?

Le cœur de Harry s'accéléra douloureusement. Il avait à faire à une famille de talentueux comédiens. Ils semblaient tous entraînés à mentir, que ce soit sur ce qu'ils ressentaient ou sur leurs actes. Ils savaient parfaitement paraître. Il était difficile de ne pas les croire sincères lorsqu'ils agissaient de la sorte. Cette simple phrase troubla énormément le Gryffondor, qui tentait tant bien que mal de paraître naturel au milieu de toute cette mascarade.

– Merci mais je n'ai pas soif, assura-t-il.

Sirius lui avait conseillé de ne regarder aucun adulte dans les yeux, s'il avait la mauvaise surprise d'en croiser un. Il lui avait dit que certaines personnes pouvaient facilement entrer dans l'esprit des autres. Il fixa donc un point précis devant lui et ne jeta que brièvement des regards vers la femme de Lucius Malefoy. De toute façon, elle ne semblait pas réellement s'intéresser à lui. Elle s'éclipsa même de la pièce.

Drago devait sentir le malaise du brun, car il ne cessait de le fixer étrangement.

– Quoi? grogna Harry.

– Quoi «quoi»?

Le Survivant leva les yeux au ciel.

– Qu'est-ce que tu as à me regarder de cette façon?

– Je ne te regarde pas. Le célèbre Potter ne peut donc pas s'empêcher de se penser au centre de toute l'attention. Est-ce que son altesse voudrait se désaltérer ou pas? demanda-t-il de manière théâtrale et trop pincée pour paraître naturelle.

– Comme je l'ai dit à ta mère : non merci. J'aurais trop peur de mourir empoisonner.

Drago sourit à cette remarque.

– Ne t'inquiète pas, Potter. Si jamais je veux t'empoisonner, j'aurais toute la journée pour le faire.

– Je n'en doute pas, répondit-il avec une légère aigreur dans le son de sa voix.

Harry était persuadé d'avoir vu le blond rougir, avant de détourner le regard. Son attention se concentra sur sa mère qui revenait vers eux avec un sac remplit de nourritures. Elle appela l'elfe et lui ordonna de conduire les affaires au lac pour éviter aux adolescents de les transporter eux-même. L'elfe de maison s'exécuta immédiatement.

– Si vous voulez avoir un peu de fraîcheur pour vous installer, vous feriez mieux de partir immédiatement.

– Oui, mère. Vous avez raison. Nous allons y aller.

– Ne faites rien d'insensé, d'accord? Restez bien à l'ombre, évitez le soleil le plus possible. Le vent devrait se dissiper d'ici peu et il fera sans doute très chaud. Les insolations prennent parfois de surprise, alors soyez prudents.

– Tout ira bien, mère.

– Au moins, tu n'es pas habillé comme un ours.

– Mère...

– Si Daphné vient avec Astoria, prenez soin d'elle. Elle est plus jeune que vous et un peu dissipée.

– Elle n'est pas dissipée. Et puis, elle n'a qu'un an de moins que nous. Elle est tout à fait capable de faire attention à elle.

– On ne fait jamais assez attention à nous-même.

– Mère! Est-ce que vous avez terminé? Cela devient vraiment embarrassant.

Les lèvres de la sorcière se plissèrent légèrement et elle secoua les mains pour faire fuir les deux adolescents. Harry était un peu surpris de l'attitude de Narcissa. Il ne l'avait pas vraiment imaginé de cette façon. Elle pouvait être très protectrice quand elle s'y mettait.

– Oh, et Drago, ne rentrez pas trop tard.

– Oui, mère, répondit le blond avant de claquer la porte. Désolé pour ça, fut-il une fois seuls.

Harry sourit pour lui-même.

– Ce n'est rien. Je ne pensais pas que ta mère pouvait agir de la sorte.

Drago fronça les sourcils.

– Que veux-tu dire? Ma mère est une mère comme les autres, tu sais. Elle a ses inquiétudes de... mère. Tu sais.. ma mère craint beaucoup la chaleur. Elle devient folle avec nous, car Père et moi aimons porter nos costumes de haute société, même en plein été. Du moins, pour sortir. On veut..

– Être ridicule? pouffa Harry.

– ..Impressionner. Je t'emmerde, Potter.

Harry baissa les yeux sur son t-shirt gris et son short. Il n'avait rien d'élégant. Drago l'était, lui, même en portant des affaires qu'il jugeait lui de sans doute trop légères.

– Lorsque ma mère était adolescente, expliqua-t-il doucement, son jeune cousin avait fait une insolation. Elle était seule avec lui lorsque c'est arrivé. Cette histoire l'a toujours un peu traumatisé, elle continue de s'en vouloir encore aujourd'hui. Apparemment, elle avait insisté pour sortir retrouver Père, alors qu'elle devait le garder. Il faisait très chaud ce jour là et elle l'avait laissé en plein soleil pendant son rendez-vous. Cela ne l'avait pas vraiment dérangé, il était même très heureux de pouvoir rester seul, sans surveillance. Il pouvait faire tout ce qu'il voulait. Seulement le temps était vraiment épouvantable. Le soleil tapait extrêmement fort. En revenant de son rendez-vous, Mère la trouvé dans un fâcheux état! Il ne tenait même plus debout tout seul et se sentait vraiment très mal. Il a dû être amené à St Mangouste.

– Son jeune cousin? répéta doucement Harry en ouvrant de grands yeux, alors qu'ils marchaient sur un chemin goudronné.

Sirius? pensa-t-il immédiatement.

– Regulus Arcturus Black. Ma mère l'aimait beaucoup. Il est mort il y a des années. J'aurais adoré le rencontrer. Elle en parle toujours comme quelqu'un de merveilleux.

Harry hocha la tête avec lenteur.

– Peut-être.

– Apparemment, il ne s'entendait pas vraiment avec ton père. Regulus lui reprochait souvent de lui avoir voler son frère.

Le brun passa nerveusement une main dans ses cheveux et rajusta ses lunettes. Sirius lui avait parlé de son frère. Il lui avait dit qu'ils n'aspiraient pas à la même idéologie. Il lui avait dit que Regulus admirait Voldemort, qu'il était Mangemort, que ses parents l'avaient parfaitement façonnés. Pourtant, il avait également mentionné sa douceur et sa gentillesse.

Il ne savait pas vraiment quoi répondre à Drago.

– Est-ce que tes amis sont déjà arrivés? demanda Harry, après une dizaine de minutes de marche.

Drago haussa les épaules, en regardant autour de lui. Il semblait inquiet à présent. Harry soupira intérieurement. Il trouvait presque drôle l'idée que tous les deux soient en train de jouer la comédie.

– Je ne sais pas, répondit-il vaguement. Mais, nous sommes arrivés!

La vue qui s'offrait à Harry était splendide. L'endroit était si grand, si pur et si vaste. La végétation était protubérante mais à la fois loin d'être envahissante. Il y avait quelque chose de magique derrière tout ça, il pouvait le sentir. Le reflet du soleil brillait sur la surface de l'eau. Harry s'avança et plongea ses mains à l'intérieur. Le lac était entouré d'arbre, qui offraient de l'ombre au coin de l'eau. Pourtant, l'eau était soleil, ce qui permettait à la température d'être idéale.

– C'est magnifique, souffla le brun. Et l'eau est chaude.

Drago retira ses vêtements et entra dans l'eau. Il se retourna vers le Survivant, avant de plonger sous l'eau. Harry ne tarda pas à le rejoindre, souhaitant tout de même profiter de la journée, avant de voir les ennuies arriver.

– Comment est-ce que tu as appris à nager, Potter? Grâce à tes moldus?

– Non. J'ai appris à nager à l'école.

Drago hocha pensivement la tête, avant d'offrir un sourire complice à Harry. Il l'arrosa en agitant ses pieds dans l'eau, le trouvant sans doute beaucoup trop sérieux.

– Qu'est-ce que tu as aujourd'hui? Tu as l'air ailleurs.

– Qu'attendent tes amis pour arriver?

Drago fronça les sourcils.

– Dis tout de suite que tu t'ennuies avec moi, ça ira plus vite.

– Et bien puisque tu le dis..

– La ferme, Potter!

Harry inséra une partie de sa tête sous l'eau et observa Drago de ses grands yeux verts.

– Tu as de la chance d'avoir été à l'école. J'aurais bien aimé y aller moi aussi.

Le brun sortit de l'eau et grimaça.

– Je n'ai pas de très bons souvenirs. Dudley ne laissait personne m'approcher. Dès que quelqu'un s'intéressait à moi, où souhaitait être mon ami, il prenait un plaisir malsain à l'harceler. Au final, je n'avais aucun ami car personne ne voulait attirer l'attention de mon cousin. Je me sentais très seul.

– Ton oncle et ta tante ont-ils déjà levé la main sur toi?

– Ils ne m'ont jamais touché. Mais parfois, certaines paroles, où certaines blessures morales, font encore plus mal que les coups.

– Et ton cousin?

– J'étais son punching-ball.

Drago fronça les sourcils.

– Et dire qu'avant de te connaître, je t'ai souvent jalousé. Ton cousin est un imbécile. Je trouve ça beaucoup plus amusant de pousser les gens à bout, que de donner des coups. Blesser pour blesser, c'est sauvage et sans saveur. Un jour, tu peux tomber sur quelqu'un qui cogne encore plus dur que toi, même si tu t'appelles Goyle. Et ce jour là, tu peux très mal finir.

– Ça c'est parce que tu es un lâche, Malefoy.

Le blond le foudroya du regard. Harry laissa s'échapper un petit rire, avant de reprendre une apparence sérieuse.

– Tu ne devrais pas harceler les gens, non plus.

– Je n'harcèle que toi. Et Weasmoche. Peut-être un peu Granger et Londubat également. Enfin, ce n'est qu'un détail.

– J'ai déjà vu Crabbe et Goyle persécuter plus de la moitié de l'école.

Les sourcils du Serpentard s'haussèrent sur son front.

– Et alors? Je ne vois pas le rapport avec moi. Je ne suis pas leur père.

Harry savait pertinemment que Drago avait énormément d'influence sur les deux balourds et qu'il pouvait très bien leur ordonner de se tenir tranquille et d'être aimable. Il était persuadé que Crabe et Goyle lui obéiraient au doigt et à l'œil. Toutefois, il se garda cette réflexion pour lui et se laissa glisser sur son dos pour faire la planche.

Plusieurs heures s'écoulèrent après cette conversation. Harry ne s'ennuyait pas. Il passait même une bonne journée. Comment le pouvait-il? Il ne le savait pas vraiment. Ils riaient beaucoup, même si Harry restait constamment sur ses gardes. Il n'était pas pleinement sincère, sachant que le blond ne l'était pas non plus.

Peut-être que Drago n'avait pas l'intention de le trahir aujourd'hui, finalement? Toutefois, l'absence de ses amis était suspecte. Le visage du blond s'assombrissait à mesure que le temps s'écoulait. Il se perdait dans ses pensées, ne participait plus à la conversation qu'il avait lancé, sursautait à chaque crépitement de branches.

– Qu'est-ce qu'il ne va pas chez toi, Malefoy? Tu es bien nerveux!

Drago soupira et le foudroya du regard, avant de se lever et de plonger dans l'eau fraîche. Il ressortit quelques secondes plus tard, le corps entièrement mouillé et se sécha rapidement, avant de remettre ses habits.

– Ecoute, on ferait mieux de rentrer, d'accord?

– Non.

– Comment ça, «non»? s'agaça Drago en le dévisageant avec sévérité.

– Je ne bougerai pas d'ici.

Le blond leva les yeux au ciel et lui lança ses vêtements à la figure. Il semblait réellement inquiet. Si Harry n'en était pas sûr jusqu'à présent, il pouvait clairement voir de la frayeur dans son regard.

– Habille-toi. De suite.

Harry enfila ses habits le plus rapidement possible et s'avança jusqu'au blond. Il s'arrêta à quelques centimètres de son visage et le regarda dans les yeux. Drago baissa instantanément la tête et avala péniblement sa salive.

– Pansy, Daphné et les autres, ne vont jamais arriver. Il n'y avait ni journée au lac, ni sortie entre «amis», n'est-ce pas Drago?

Le blond fut apparemment touché d'entendre son prénom, car il releva presque imperceptiblement le menton avant de le baisser de nouveau.

– Je suis désolé.

– Tu sais quoi? Je voulais réellement être ton ami.

– Moi aussi.

– J'ai vraiment aimé la personne que tu as fait semblant d'être. Et arrête de me mentir, tu n'es plus obligé de le faire.

– Je ne suis pas en train de te mentir, Potter. Je n'avais pas le choix. Mon père...

– Tais-toi! Je t'entends parler de ton père depuis que je t'ai rencontré! «Mon père en entendra parler!» «Mon père ne laissera pas les choses se passer de cette façon!» «Mon père vous fera expulser»! Et j'en passe! Par Merlin, Drago, quand est-ce que tu vivras enfin pour toi? Quand est-ce que tu oseras enfin lui expliquer en face que TA vie ne lui appartient pas et que s'il veut faire des crasses, il n'a pas à t'impliquer. Parce que TOI tu n'es pas obligé de tourner mal! Tu n'es pas obligé d'être comme ton père.

Drago écarquilla soudainement les yeux, prenant sans doute conscience que le Gryffondor en savait plus que ce qu'il ne le croyait.

– Retournons chez Rogue. Il n'est peut-être pas trop tard.

– Non.

– Non?

– Je vais affronter ton père, si c'est ce que tu souhaites.

– Ça fait bien longtemps que ce n'est plus ce que je souhaite. Tu es mon ami, Potter. Ne fais pas l'idiot! Tu n'as aucune chance de lui tenir tête!

Harry le fixa longuement, la cicatrice brûlante.

– Tu ne sais rien de l'amitié.

– S'il-te-plaît..

– Ne dis plus rien. C'est trop tard, ils sont là.

Si les Mangemorts entendaient ce que Drago lui disait, il aurait forcément des problèmes. Même s'il avait envie que le blond ait un millier de problèmes sur le dos à cet instant, il n'avait pas envie que quelque chose de mal lui arrive.

Lucius transplanna derrière Harry et passa un bras autour de sa poitrine. De sa main libre, il serra sa baguette et la posa contre la tempe de l'adolescent.

– Bien joué, Drago, sourit Lucius en dévisageant les deux jeunes hommes. Finalement, c'était beaucoup plus facile que ce que je pensais. Cette histoire aurait pu être réglée depuis bien longtemps.

Trois hommes arrivèrent peu de temps après, vêtus de longue cape noire. Leurs airs féroces firent parcourir le corps d'Harry d'une dizaine de frissons. Ils observèrent un instant la scène et l'un d'entre eux fit un geste de la tête en direction de Lucius.

– Drago. Avec Yaxley, siffla Lucius.

Le blond ne se fit pas prier. Il s'avança jusqu'au Mangemort qui le saisit fermement par le bras. Ils transplannèrent alors, pour atterrir dans une cave minuscule. Drago fut repoussé à l'arrière et le Mangemort ouvrit la porte d'un coup de pied.

La baguette de Lucius s'enfonçait de plus en plus dans la chair du Survivant. Harry était persuadé qu'il allait laisser une marque. L'extrémité de sa baguette était brûlante, mais il s'efforçait de rester parfaitement calme et de ne rien montrer.

– Tu vas bientôt retrouver des visages familiers, Potter. Nott, ramène mon fils au manoir. Il n'a pas besoin d'être ici.

– Il peut aller avec Théodore. Il est dans une pièce à l'étage. Drago ne peut pas rentrer. Il faut s'en tenir au plan.

– S'il rentrait maintenant, cela éveillerait les soupçons, renchérit le troisième homme qui n'avait pas encore parlé. Il serait accusé de complicité, les Aurors remonteraient immédiatement à..

– J'ai compris, le coupa Lucius. Soit, Teignous. Qu'il aille avec ton fils.

Nott prit Drago par les épaules et l'entraîna avec lui loin de Harry, qui fut jeté dans une cellule froide. C'est la dernière image que Drago put avoir du Survivant. Il devait faire quelque chose. Il devait le libérer. Et s'il essayait de contacter quelqu'un? Rogue, peut-être? Il savait qu'il n'était pas dans le coup, car il aurait été la première personne soupçonnée par les Aurors. Lucius en avait donc conclus qu'il serait préférable de ne pas le tenir informé de l'avancement de l'affaire.

– C'est la porte au bout du couloir. Ne sortez de là sous aucun prétexte, c'est bien compris?

– Oui, Monsieur Nott.

Drago s'avança et ouvrit la porte. Théodore sursauta et se leva d'un bond. Il semblait profondément déçu.

– Tu ne m'as donc pas écouté.

– Que voulais-tu que je fasse?

– Quelque chose de raisonnable, soupira Théodore en s'asseyant contre le mur. Tu viens de ruiner notre avenir, tu le sais ça? On ne pourra jamais avoir une vie normale.

Drago se laissa tomber à ses côtés et enfouit son visage dans ses genoux. Il avait fait ce qu'il devait faire. Harry aurait été attrapé, d'une manière ou d'une autre. Il avait peut-être accéléré les choses, mais avait sûrement limité les blessures physiques.

– C'est trop tard, de toute façon, continua Théodore en passant une main dans le dos de Drago. Je ne vois pas ce qu'on peut faire. Si Potter a le don pour foncer droit dans les problèmes, il a aussi le cul le plus chanceux que j'ai jamais vu. Il va peut-être se sortir de là.

– S'il s'en sort, il me le fera payer.

– Pour une fois dans ta vie, ne sois pas un lâche! Et n'oublie pas que c'est de Saint Potter qu'il s'agit. Il ne t'en voudra jamais complètement et te laissera toutes les chances dont tu auras besoin pour te faire pardonner!

– Je ne le ferais pas.

– Je sais. Ta famille compte sur toi. Tu ne peux pas te rabaisser à ça. C'est Potter. Ecoute, sans vouloir t'offenser ; j'en ai rien à faire. Si tu veux te plaindre, tu peux aller voir Mimi Geignarde.

Drago le foudroya du regard mais ne fit aucun commentaire. A la place, il éclata d'un rire nerveux, suivit rapidement de son ami.

–Tu as appris quelque chose de plus? demanda Drago. Quelque chose que je ne sais pas encore?

– Quand mon père et moi sommes arrivés, Lucius a fait apparaître un énorme carton. A l'intérieur, il y avait des masques et des déguisements magnifiques. Ils ont prévu de les porter pour la coupe du monde de Quidditch.

– Pourquoi faire?

Théodore haussa les épaules. Il n'en savait pas plus.

Pendant ce temps, Harry était dans une pièce totalement sombre. Il ne voyait même pas ses doigts, qu'il s'efforçait de bouger devant ses yeux. La cellule était froide et humide. Il se demandait si les protections et les capteurs étaient en train de fonctionner. Et si Sirius, Remus, Dumbledore et les autres, ne le trouvaient pas? Qu'allait-il lui arriver?

Soudain, il se frappa violemment le front. Quel idiot! Il avait toujours sa baguette. Il se saisit de celle-ci et la serra fermement entre ses doigts gelés.

– Lumos, souffla-t-il.

Il profita de la lumière, qui émanait de sa baguette, pour jeter un coup d'œil autour de lui. La pièce était dégoûtante, et une forte odeur de nourriture en décomposition envahie ses narines. Il réprima une grimace de dégoût et se leva difficilement. Quelque chose attira son attention. Cela ressemblait à une masse informe. Ce tas respirait.

Il s'avança prudemment et poussa un soupir de soulagement en apercevant son oncle et sa tante. Ils étaient endormis, ou peut-être inconscients. L'oncle Vernon avait considérablement maigrit et de nombreux bleus parsemaient son visage. La tante Pétunia, elle, n'avait aucune marque de coups, mais son corps était parfois secoué de hoquets silencieux.

– Tante Pétunia. Oncle Vernon. Réveillez-vous, murmura-t-il.

C'est Pétunia qui ouvrit les yeux en premier. L'air terrorisé, elle se recroquevilla sur elle-même et le supplia de s'en aller. Elle répéta plusieurs fois un «pars» si désespéré que l'adolescent eut pitié d'elle. Il posa alors une main hésitante contre son bras.

– C'est juste moi. Juste Harry. Je ne vais pas vous faire de mal.

Pétunia releva le menton, le regard flamboyant.

– Je n'ai pas peur de toi. Je te conseille de partir, parce que si tu es venu ici pour nous, c'est une terrible erreur. Ils ne laisseront personne partir vivants. On est tous les trois morts. Alors va-t-en.

– Ils m'ont enfermé ici avec vous. Je suis leur prisonnier.

Elle soupira et ferma les yeux. Elle était si fatiguée, que Harry ne la força pas à lui parler. Il avait de nombreuses questions à lui poser, mais elles pouvaient se remettre à plus tard.


Je suis désolée pour l'attente. Je suis désolée, désolée, désolée. J'ai eu beaucoup de choses à faire ces derniers temps et j'ai eu du mal à écrire. J'espère que ce chapitre vous plaira. Il était assez attendu et important, je dois avouer que je n'en suis pas pleinement satisfaite.

S'il-vous-plaît, n'hésitez pas à me laisser une review. Ça fait toujours plaisir et j'ai besoin de motivation. Je remercie toutes les personnes qui me suivent depuis le début et toutes les autres qui sont arrivées ensuite. A très vite.