32.
Sirius était assis sur le canapé d'Andromeda, les yeux rivés sur l'horloge dont l'aiguille tournait lentement. L'odeur de tabac emplissait doucement ses narines. Ted, un cigare entre les dents, faisait une partie d'échec avec Charlie. Le rire du jeune homme éclatait par moment, sachant pertinemment que la partie était en sa faveur.
Bill se joignit à eux et encercla son frère par les épaules. Il analysa le jeu avec des yeux connaisseurs et fit un clin-d'œil à Ted, avant de rejoindre les jumeaux qui dormaient l'un contre l'autre. Ginny et Ron étaient restés avec Molly. Les deux adolescents avaient été très en colère en apprenant cette nouvelle. Les jumeaux, eux, avaient eu le droit de venir puisqu'ils étaient majeurs, au plus grand désespoir de leur mère.
Soudain, Charlie poussa un cri et Sirius le vit enfouir son visage entre ses mains. Ravis de son effet et visiblement très fier de lui, Ted se leva, tapota les cheveux roux du jeune homme et alla retrouver sa femme dans la cuisine.
Le canapé s'affaissa légèrement et une main caressa doucement la sienne. Sirius laissa ses yeux s'attarder sur leurs doigts discrètement enlacés.
– Tonks n'est toujours pas revenue?
Remus se contenta de secouer négativement la tête et retira sa main en se souvenant de la présence des Weasley.
– Elle est bizarre ces derniers jours, reprit-il. Tu penses que quelque chose ne va pas? Quoi que ce soit, ses parents ne doivent pas être au courant car ils n'ont pas l'air plus inquiet que ça pour elle.
– S'entraîner chez les Aurors demande beaucoup de travail, s'enquit vaguement Sirius. C'est beaucoup de responsabilité, de temps à accorder et c'est autant physique que mental.
Remus ne semblait pas totalement satisfait par cette réponse. Il se renfrogna légèrement sur le canapé moelleux du salon et fixa le jeu d'échec qui semblait avoir été terrassé par un tremblement de terre. Il sortit sa baguette et murmura une formule. Toutes les pièces se remirent immédiatement à leur place.
– Remus... souffla timidement l'animagus.
Il su tout de suite qu'il avait l'attention de son ami. Il se redressa légèrement et se racla la gorge avant de continuer d'un ton incertain.
– Si un jour je suis innocenté et que je suis de nouveau libre de mes mouvements, la prochaine chose que je veux faire serait de voir un psychomage.
Il baissa la tête, peu à l'aise. Il avait souvent refusé de voir la vérité en face, mais il avait bel et bien besoin d'un médicomage compétant. Il devait parler de ce qui n'allait pas dans sa tête et il devait se faire suivre. C'était important.
Remus posa son front contre sa joue et il le sentit hocher positivement la tête. Sirius gardait les yeux fermés, le son de l'horloge et les battements de son cœur vibraient dans ses tempes et semblaient être consentrés à cet endroit là.
– On ira, murmura le lycanthrope en déposant ses lèvres sur la joue tiède de son ami.
Ils se séparèrent rapidement en voyant Andromeda ouvrir la porte d'entrée à Arthur et Mme Pomfresh. Ils étaient préoccupés. Ils hochèrent faiblement la tête en direction de Sirius et Remus, qui comprirent immédiatement que tout avait commencé.
Sirius se leva d'un bond et se saisit de sa baguette.
– Qu'attendons-nous? Allons-y, immédiatement.
Tout le monde s'observa avec interdit. Consterné, Sirius foudroya chaque personne présente dans la pièce avec sévérité.
– Calme-toi, Sirius, souffla Andromeda avec gentillesse. Je sais que tu es impatient et inquiet mais nous devons attendre les ordres de Dumbledore. Il sait ce qu'il fait. Il ne laissera personne faire de mal à ton filleul. Il faut attendre le signal.
Sirius grogna pour lui même mais ne fit aucun commentaire.
– Où est-ce qu'il se trouve? demanda-t-il en passant une main sur son visage.
Arthur adressa un regard en coin à Mme Pomfresh, ce qui agaça davantage l'évadé de prison.
– Détendez-vous, je ne vais pas transplaner plus vite que mon ombre, dès que vous m'aurez dit à quel endroit est détenu Harry.
– Ils n'ont pas réussi à déterminer le lieu exact, avoua Arthur avec peine, craignant une colère de l'animagus. Pour le moment, la seule chose dont on est sûr c'est que Drago et Harry ne sont plus seuls.
Sirius serra les poings et ferma les yeux pour essayer de calmer sa fureur.
– Vous êtes en train de me dire que mon filleul est en danger et que vous n'arrivez pas à le localiser. Si jamais quoi que ce soit lui arrive... Si jamais nous ne parvenons pas à le retrouver... Si jamais nous arrivons trop tard...
– Sirius, gronda Remus en le rejoignant. Les sorts de protection qui ont été placés sur Harry sont très efficaces. Ils n'ont jamais eu de failles. Jamais. C'est un dispositif qui est souvent utilisé sur les personnes qui sont potentiellement dangereuses dans le monde magique. Ces sorts permettent de savoir où elles sont, peu importe où elles se trouvent. Ce n'est pas très répandu car c'est une violation de la vie privée et que pour l'instant, cela concerne seulement les personnes qui acceptent de les recevoir. On ne peut pas les imposer à quelqu'un. Il faut juste se montrer patients.
Sirius, toujours en colère, fit tomber un encrier et un porte-plume d'un geste de la main. Remus observa le liquide bleuâtre se dispercer sur le tapis clair du salon.
– C'est censé me rassurer? rit Sirius en se reculant légèrement jusqu'à la cuisine.
Avant d'y rentrer, il balaya la pièce du regard et ajouta d'un air grave.
– Harry a peut-être fait tout ça pour rien. Son oncle et sa tante sont sûrement morts dès le premier jour. Pourquoi les auraient-ils gardé en vie? Pourquoi s'encombrer de ces déchets? Dans un sens cela serait préférable, Harry n'aurait pas à retourner avec eux. Enfin, s'il est toujours vivant.
Il soupira lourdement.
– J'en ai marre de rester là sans rien faire! J'en ai marre d'être ici pendant que mon filleul risque sa vie quelque part!
Il pénétra dans la cuisine et referma la porte derrière lui. Il se passa de l'eau fraîche sur le visage et se laissa tomber sur une chaise.
Sirius n'avait pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait. Quelqu'un venait de rentrer. Il s'assit à ses côtés. Ils ne s'adressèrent aucun mot. Après un long moment de silence, Sirius pivota légèrement et l'embrassa. C'était un baiser violent, douloureux et froid. Il avait besoin de se calmer, de relâcher toute cette tension qui remuait son corps et sa tête.
Il se recula pour reprendre sa respiration.
– Pourquoi est-ce que Servilus est là-bas, en train d'essayer de le retrouver? Tandis que moi, je suis encore une fois enfermé, sans aucune information.
Remus pressa doucement ses lèvres contre les siennes.
– Severus est peut-être en train de rechercher Harry, mais il n'assistera pas au sauvetage. Alors que toi, oui. Console-toi avec ça. Si tu étais là-bas, vous passerez tous les deux plus de temps à vous chamailler, qu'à vous concentrer sur le gamin. Je vous connais. Ils sont déjà trois sur le coup, c'est déjà suffisant. Si plus de personnes étaient avec eux, cela serait gênant.
La porte s'ouvrit sur un Ted affolé.
– Ils sont là. Il va falloir y aller.
Remus et Sirius s'empressèrent de rejoindre les autres. Rogue se tenait au centre de la pièce, le visage pâle. Il paraissait inquiet. Dumbledore posa une main rassurante sur son épaule et lui offrit un sourire bienveillant.
– Merci, Severus. Nous n'y serons pas arrivés sans ton aide.
Le professeur de potions inclina légèrement la tête et pivota sur lui-même en un coup de cape sonore.
– Tenez-moi au courant, grogna-t-il sans même se retourner.
– Pourquoi ne vient-il pas avec nous? s'étonna une voix féminine.
Remus sursauta.
– Tonks! s'écria-t-il d'une voix qui ne semblait pas être la sienne.
La jeune femme lui adressa un petit sourire et posa une main sur le bras de son ami. Dumbledore incita les autres à s'avancer jusqu'à la porte d'entrée, il s'approcha ensuite de Tonks et lui expliqua que Severus n'avait pas sa place là-bas.
La sienne non plus, apparemment. Car une fois devant la maison abandonnée, cachée derrière une grotte sombre, humide et à l'odeur infecte, Dumbledore n'y était pas. Le professeur McGonagall, Madame Pomfresh, Remus, Sirius, Tonks, Arthur, Bill, Charlie, Ted, Andromeda, Fred et George s'observaient silencieusement.
– On ferait mieux de se séparer, proposa Sirius. Quelqu'un doit aller dans cette grotte pour vérifier que le petit n'est pas retenu à l'intérieur.
– Je m'en charge, assura Arthur. Bill, Charlie, accompagnez-moi. Fred, George, vous restez avec Mme Pomfresh. Quoi qu'il arrive. Aidez-la. Surveillez que personne n'est blessé. Je ne veux pas vous voir participer au combat. Est-ce bien clair?
Les jumeaux levèrent les yeux au ciel mais hochèrent positivement la tête.
– Bien, ajouta-t-il. Allons-y les garçons.
Les trois Weasley s'enfoncèrent dans la grotte. Sirius serra sa baguette dans sa main et tous se mirent à courir vers la maison qui s'écroulait sur toute une extrémité.
– Où sommes-nous? s'étonna Ted.
– Une maison moldue abandonnée, murmura Remus.
– Tu m'étonnes! grimaça Tonks. Qui voudrait vivre derrière cette grotte? Elle est ignoble et effrayante! C'est à se refiler les pires cauchemars ou à devenir voisins avec les pires monstres qui soient.
Sirius croisa le regard de Remus et il sut immédiatement à quoi il pensait. Peut-être qu'une famille avait aménagé à cet endroit parce que l'un des leurs était un loup-garou. Quoi que mieux qu'une grotte pour étouffer les bruits, les hurlements et les sanglots? Quoi de mieux qu'une grotte pour enfermer discrètement quelqu'un?
Andromeda pointa sa baguette vers la porte d'entrée.
– Alohomora! s'écria Harry.
Capricieuse, la porte restait parfaitement close. Furieux par cette énième et veine tentative, Harry se jeta sur la porte et fut violemment projeté en arrière. Un sort avait été jeté dessus. Il poussa un halètement douloureux et se releva. Il allait se précipiter une nouvelle fois dessus, lorsque des doigts s'agrippèrent à son bras, le tirant vers le sol.
– Vas-tu te tenir tranquille à la fin? s'agaça Pétunia. Tu vas te blesser et tu me donnes la migraine à te tortiller de cette façon.
– On ne peut pas rester ici! Il faut sortir de cet endroit!
– Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il est complètement impossible de sortir de cet endroit, soupira l'oncle vernon, qui avait du mal à garder les yeux ouverts.
Harry se dégagea de la poigne de sa tante et observa autour de lui, éclairant la cellule à l'aide de sa baguette.
– J'ai combattu un gigantesque serpent, qui pouvait me tuer si je croisais son regard. J'ai réussi à échapper à des milliers de tarentules géantes qui voulaient me dévorer. En trois ans, des hommes, des animaux que vous ne soupçonnez même pas et un arbre également, ont essayé de me tuer. Ce n'est pas une porte ensorcelée qui va me faire peur. Il y a forcément un moyen. Il y a toujours un moyen.
Le Gryffondor était resté très calme. Pétunia et Vernon étaient silencieux et observaient leur neveu comme s'ils le voyaient pour la première fois.
– Il faut être vraiment barjo pour vouloir rester dans une école aussi dangereuse.
Harry leva les yeux au ciel mais ne répliqua rien. Après tout, Vernon marquait un point. Hagrid lui avait dit lui-même qu'il n'y avait pas d'endroit plus sûr que Poudlard et pourtant, il ne c'était pas passé une année sans que sa vie ne soit en jeu.
– Comment est-ce que tu as fait pour t'en sortir, les autres fois? demanda doucement sa tante.
Harry lui adressa un regard en coin et haussa les épaules.
– Avec de l'aide. J'ai presque toujours reçu de l'aide.
– Est-ce que tu penses que tes amis vont te venir en aide cette fois? Est-ce que quelqu'un sait que tu es ici?
Harry pensa à Ron et à Hermione. Il aurait tellement aimé les avoir auprès de lui. Hermione aurait sûrement trouvé comment sortir de cette endroit. Elle était si brillante. Le brun n'eut pas le temps de répondre, qu'une lumière lui aveugla les yeux. Il éteignit et cacha sa baguette derrière son dos, priant pour que personne ne l'ait remarqué.
– Harry! C'est moi! Je vais essayer de te sortir d'ici. Recule-toi un peu, éloigne-toi de la porte.
Drago. Il était venu pour le libérer? Quel idiot. Cela allait forcément lui retomber dessus à un moment où à un autre. S'il pensait pouvoir jouer les héros sans que cela n'arrive aux oreilles de son père, il se fourrait sa baguette dans l'œil.
– Elle est bloquée par un puissant sortilège. Sûrement de magie noire. Je ne suis pas parvenu à l'ouvrir.
– Tu as toujours ta baguette avec toi? Parfait. Essaies de jeter un alohomora en même temps que moi.
Cela ne servait absolument à rien. La porte restait inébranlable. Un bruit provenant de l'étage, suivit de cris les firent tous sursauter. La tante Pétunia éclata en sanglot et fut prise d'une crise de panique si violente que l'oncle Vernon dû la tenir fermement pour l'empêcher de se blesser.
– Ils nous torturaient souvent, expliqua Vernon. A-Avec leurs baguettes. Ils nous torturaient avec leurs baguettes. Il y a peut-être d'autres personnes en haut. D'autres personnes qui se font torturer, comme nous. Ils le faisaient pour le plaisir. Ils nous demandaient rien. Ce n'est pas comme s'ils nous torturaient pour des informations, ils le faisaient parce que ça les amusait.
L'attention du jeune garçon fut attirée par des bruits de pas qui se rapprochaient de la cellule.
– Drago. Théodore.
La voix de Lucius était impérieuse et mauvaise.
– Père.
– Monsieur Malefoy, répondit Nott d'une voix faible et gênée.
Un silence étrange suivit ces dernières paroles. Finalement, Lucius reprit d'une voix presque hâtive.
– Je peux savoir ce que vous faites ici? Je croyais avoir donné l'ordre de vous tenir enfermé dans une des chambres. Cet endroit n'est pas une salle de jeu.
– Pardonnez-nous, père. Nous sommes simplement venus nous moquer de Potter.
Lucius soupira longuement.
– Nous allons remonter, assura Théodore.
– Sûrement pas! siffla Lucius d'une voix sévère qui noua l'estomac de Harry. Il y a un problème en haut. Nous ne sommes plus en sécurité ici. Vous ne devez pas me quitter d'une semelle. Teignous va être mort d'inquiétude en s'apercevant de votre absence. Il devait aller vous chercher. Je veillerais personnellement à ce que ce manque d'obéissance ne reste pas impuni.
– Bien sûr, père, répondit Drago.
La porte de la cellule s'ouvrit et deux hommes se chargèrent d'attraper Vernon et Pétunia. Lucius saisit Harry par la nuque et le poussa devant lui.
– On devrait les liquider sur le champ, grogna l'un des mangemorts alors qu'ils s'enfonçaient dans un tunnel sombre et humide. Pourquoi s'encombrer d'eux? Nous n'avons plus besoin de ces deux idiots, maintenant!
– Nous ne devons pas laisser de traces, s'agaça Lucius. Vous le savez pourtant, non? Je l'ai suffisamment répété. C'est important de ne pas être soupçonnés par le ministère.
– Peut-être qu'en les faisant exploser, il ne resterait plus rien d'eux.
En entendant ces mots, Pétunia poussa un cri effrayant et s'agita dans tous les sens, avec l'espoir de se défaire des mains de l'homme dont Harry ne pouvait pas discerner le visage dans l'obscurité.
– Calme-toi stupide femme!
Lucius s'arrêta soudainement et Harry, dont les yeux commençaient à s'accoutumer dans l'obscurité, pu s'apercevoir que les margemorts portaient des masques joliment dessinés et d'épaisses capes noires.
– Oubliette, siffla Lucius en direction de la tante Pétunia.
Il répéta son geste sur l'oncle Vernon et Harry ferma les yeux, attendant patiemment son tour mais il ne vint jamais. A la place, il fut une nouvelle fois poussé à la nuque. Lucius courrait presque à présent et le bruit de leur marche semblait claquer sur les murs du couloir. Ils remontèrent à l'étage. Harry et Lucius en tête.
– Nous devons sortir d'ici afin de transplaner, expliqua le mangemort à son fils. Reste près de moi. Quant à toi, Potter, avance!
Harry accéléra le pas, manquant plusieurs fois de trébucher. Si Lucius ne l'avait pas tenu aussi fort, il se serait sûrement écroulé plusieurs fois par terre. Il se tordit violemment la cheville en se prenant le pied dans une crevasse. Le sol était mal fait et des goûtes d'eau tombaient sur sous ses lunettes. Il tenta tant bien que mal de s'essuyer les yeux.
En relevant légèrement les yeux, Harry vit un ciel étoilé qui lui rappelait le plafond magique de Poudlard. L'endroit où ils se trouvaient était en ruine et semblaient totalement perdu. Où pouvait-il être?
La tante Pétunia pleurait derrière lui. Elle produisait des bruits qui ressemblaient à ceux d'une souris prise dans un piège. Ils montèrent des escaliers que Harry jugea d'interminables et d'épuisants. La cheville en feu, il gémissait silencieusement à chaque fois qu'il posait le pied par terre. Agacé par le cinéma du garçon, Lucius le poussa et il se retrouva propulsé par terre.
– Relève-toi!
Harry se mit rapidement debout et marcha le plus rapidement possible, mettant de côté la souffrance qui s'élançait à présent dans toute sa jambe. Plus il essayait de ne pas y penser et plus cela était douloureux. En réalité, son esprit était concentré sur le mal qui rongeait sa cheville et il ne voyait jamais le bout de ces foutus escaliers.
Une lumière l'aveugla et il fut soulagé de constater qu'ils étaient enfin arrivés à l'étage. Le père de Drago se jeta soudainement à terre, l'entraînant avec lui dans sa chute.
– Fais un peu attention! vociféra-t-il en se relevant. J'ai failli être touché.
– Pardon. J'ai cru que... Théodore! Mon fils, est-ce que tu vas bien?
– Oui, je vais bien. Je suis désolé, je ne voulais pas vous inquiéter.
– Nous en parlerons plus tard. Ce n'est pas le moment, grogna Lucius en se saisissant du bras de Harry. Nous devons partir. Immédiatement. Combien sont-ils?
– Je ne sais pas, répondit Nott. Ils sont cachés, ils m'ont tenu une embuscade tout à l'heure. C'est pour cette raison que je vous ai attaqué en vous voyant. Ils cherchent Potter.
Lucius ajusta son masque, sa capuche qui abritait et effaçait ses longs cheveux blancs, et serra plus fort le bras du Survivant.
– Bien sûr qu'ils sont là pour lui. Ils ne sont pas venus pour visiter la maison. Yaxley, prenez les enfants et passez par l'autre côté, ce sera moins dangereux.
Drago et Théodore protestèrent un instant mais durent obéir. Harry les regarda s'éloigner et s'éclipser, tandis que Lucius continuait de le pousser devant lui.
– Allons-y.
Nott ouvrit la porte mais celle-ci se referma instantanément en un formidable boucan. Instinctivement, ils se retournèrent tous et Harry laissa échapper un soupir d'admiration. Le professeur McGonagall se tenait devant lui, la baguette tendue en leur direction.
– Vous n'irez nulle part. Relâchez le garçon.
D'autres personnes arrivèrent derrière le professeur McGonagall et Harry put reconnaître Tonks et Andromeda. Les trois femmes posèrent un regard sévère sur les ravisseurs masqués.
– Retenez-les assez longtemps pour me laisser le temps de partir avec Potter, ordonna Lucius. Ensuite, fuyez. Vous ne devez pas être attrapé!
Bien trop occupé à contrer les sorts de Nott et de l'autre mangemort, personne n'empêcha Lucius d'ouvrir la porte et de sortir avec Harry, Vernon et Pétunia. Ils atterrirent dans une pièce parsemée de tableaux inanimés et d'armures poussiéreuses.
Le brun pouvait voir la porte d'entrée. Il ne pensait pratiquement plus à sa cheville, qui pourtant lui tiraillait l'âme. S'ils atteignaient la porte d'entrée, les protections que les mangemorts avaient dû disposer sur la maison et qui empêchaient quiconque de transplaner à l'intérieur, ne feraient plus effet. Harry serait alors perdu.
– Expellarmus!
La baguette de Lucius s'envola dans les airs et tomba un peu plus loin, hors de portée du mangemort.
– Sirius Black, souffla le blond.
Malgré le masque qu'il portait, on pouvait deviner un sourire. Sirius s'approcha d'eux, sans lâcher Harry du regard. Il l'analysait de la tête au pied, s'attendant sûrement à le voir avec un bras ou une jambe en moins. Cette remarque aurait pu l'amuser, s'il ne trouvait pas étrange de voir Lucius le laisser approcher d'une manière aussi détendu.
Lucius plongea alors la main dans la poche de Harry et se saisit de sa baguette.
– Avada Kedavra! siffla-t-il furieusement.
Sirius se jeta juste à temps sur le côté et Lucius profita de sa confusion pour se mettre à courir, entraînant Harry avec lui. Ted et Remus se mirent entre eux et la porte d'entrée, obligeant Lucius à changer de destination. Ils entrèrent dans la pièce voisine qui ressemblait à une chambre de fillette.
Harry tourna la tête pour voir que Remus, Sirius et Ted les suivaient. C'est seulement à cet instant, qu'il remarqua l'absence de son oncle et de sa tante. A quel moment s'était-il retrouvé seul avec Lucius?
Ils finirent par retomber sur les autres mangemorts. Arthur, Bill, Charlie étaient là aussi. Les sorts fusaient de partout, sans jamais toucher qui que ce soit. Fou de rage, Lucius remonta ses manches et jeta Harry dans les bras d'un mangemort.
Quelqu'un arriva en courant et brandit une baguette en l'air. Lucius la reconnu comme la sienne et s'empressa de la récupérer. Il rangea celle d'Harry dans sa cape et se prépara au combat. Un sort le toucha en plein fouet et Lucius se retrouva projeté en l'air. Il s'écrasa contre le mur et la baguette d'Harry roula par terre.
Le brun essayait de se dégager comme il le pouvait, mais rien n'y faisait. Le mangemort le tenait fermement.
L'un des mangemorts se mit brusquement à lancer des poignards. Ils jaillissaient de sa baguette comme des fléchettes et tout le monde s'écartait vivement. L'un des couteaux effleura l'épaule d'Arthur qui poussa un hurlement effroyable. Ils devaient être empoisonnés.
– Papa! crièrent ses fils
Arthur les rassura d'un regard, non sans grimacer, et se laissa traîner derrière une table pour se mettre à l'abri.
L'homme aux poignards ne s'arrêtait pas et une pluie de lames tombaient à présent dans la pièce, mettant en danger les mangemorts eux-mêmes. Plus personne n'osait attaquer, bien trop occupé à se mettre à l'abri.
– Belle diversion, c'est le moment de partir! souffla Lucius.
Il désigna la porte d'un signe de tête et les mangemorts se mirent en route.
– Lucius! Ton fils!
A ces mots, Harry tourna la tête vers le centre de la pièce où Drago venait de rentrer en courant. Il écarquilla les yeux avec horreur, tandis qu'un couteau se dirigeait droit vers lui. Tous levèrent leurs baguettes. McGonagall fut la plus rapide, mais le sort ne dévia pas la lame ensorcelée.
Tout se passait si vite.
Sirius poussa Drago qui retomba lourdement par terre et se cogna la tête contre un meuble. La lame se logea dans la poitrine de l'animagus, qui tomba par terre en hurlant de douleur.
Affolé, Drago se releva et rejoignit son père en chancelant. Harry criait et se débattait de toutes ses forces. Il fut entraîné par les mangemorts, les yeux brouillés par la colère. Du coin de l'œil, il pouvait voir Andromeda, Charlie et les autres leur courir après, tandis que Remus s'accroupissait aux côtés de Sirius.
