33.

Sirius se demanda un instant si la folie ne le gagnait pas totalement. Il cru distinguer la silhouette de Rita Skeeter. Rapidement. Tel un fantôme.

Il ferma les yeux et les ouvrit de nouveau, un voile semblait lui embrumer la vue. Le visage de Remus était penché au dessus de lui. Sa main tenait fermement la sienne, comme s'il craignait de le voir disparaître si la maladresse de desserrer sa prise le prenait. Le lycanthrope tremblait fort contre lui. Cela rappelait à Sirius les nuits qu'ils passaient dans la cabane hurlante, à attendre la transformation de leur ami.

– Remus.. souffla l'animagus.

La douleur était si intense, que chaque son qu'il parvenait à faire sortir de sa gorge lui semblait être un véritable exploit. Il se concentra sur sa respiration. La main, qui n'était pas dans celle de Remus, encerclait le poignard encré dans sa poitrine. La lame empestait la magie noire. Un sourire amer fendit le visage de Sirius. Il ne survivrait pas à ça. Il venait de faire sa folie de trop.

– Tu devras prendre soin de Harry. Il sera heureux avec toi. Bien plus qu'avec son oncle et sa tante. Il est malheureux auprès d'eux. Il n'est pas désiré là-bas. Ne laisse pas le ministère et Dumbledore le remettre à Privet Drive.

Remus ne disait rien. Sirius aperçu une lueur étrange dans le regard de son ami. Il y avait un mélange de peur et d'horreur, qui ne laissait aucun doute sur ce qui se passait dans sa tête. Il le savait lui aussi. Il savait qu'il n'avait plus aucune chance, qu'il allait le perdre pour de bon et qu'aucun remède, aucune magie, aucune potion, ne lui permettrait de voir un jour de plus se lever.

– Je n'ai pas mal, mentit Sirius.

Que pouvait-il lui dire d'autre? Face au mutisme de Remus, l'animagus reprit la parole.

– Je ne regrette pas ce que j'ai fait, reprit-il. Je préfère que ce soit moi plutôt que le gamin. Drago a sa vie devant lui, il faut espérer qu'elle soit moins tâchée que la mienne.

Il ne savait pas qui il essayait de calmer à cet instant. Sûrement lui-même plus que Remus.

La douleur électrisait ses membres et les endormait. A mesure que les secondes passaient, la douleur s'envolait. Il devenait de plus en léger. Il n'était plus certain de pouvoir bouger, de pouvoir entendre, de pouvoir sentir, ni même de pouvoir voir. Il reconnut pourtant brièvement la voix de Remus, suivit de peu par celle d'une voix féminine. Mme Pomfresh, sans doute.

Remus lâcha sa main. Il le chercha, essayant de le saisir avant qu'il ne le laisse seul, mais son bras semblait collé sur le sol froid de cette maudite bâtisse. Remus ne pouvait pas l'abandonner. Il avait besoin de s'accrocher à quelque chose. L'angoisse envahit totalement l'animagus.

Quelques mots arrivèrent pourtant à ses oreilles. Des bribes de phrases sans queue ni tête. Il essayait de se concentrer pour entendre Remus. Il avait reconnu sa voix. Tout se mélangeait dans son esprit. Il cru un instant entendre que son filleul était blessé, qu'il était inconscient et entre les mains de George et Minerva. Sirius était trop faible pour connecter les informations entre elles.

Une main caressa son front avec douceur. Quelqu'un se baissa et des lèvres frôlèrent un instant sa joue.

– Je ne sais pas si tu peux m'entendre, mon amour, murmura la voix de Remus.

Il ne savait pas s'il murmurait, mais sa voix était si étouffée qu'elle lui paraissait faible et lointaine.

– Nous allons te conduire à Poudlard, à l'infirmerie.

Un liquide glacé, particulièrement acide, sortit de la bouche de l'animagus. Il ne s'en soucia pas. L'obscurité l'engloba cette fois-ci complètement et il se sentit enfin totalement libre.


Une odeur de jus de citrouille flottait dans l'air. De jus de citrouille et de plantes particulièrement désagréable. De la menthe aussi. Et sans doute même de la réglisse. Ou de citronnelle. Il fronça le nez face à cet assaut d'odeurs et ouvrit difficilement les yeux. Il se frotta les paupières tout en essayant de remettre ses idées en place. Où était-il?

Sirius se releva difficilement sur ses coudes. Il baissa les yeux sur son propre corps. Il était dans un lit aux draps blancs. Il ne portait qu'un débardeur gris et un caleçon. Il passa une main dans ses longs cheveux et s'allongea de nouveau.

Il était dans l'infirmerie. A Poudlard.

– Vous voulez un morceau de chocolat?

Cette question fit sourire Sirius et son cœur se réchauffa instantanément. La tête lourde, il parvient tout de même à s'asseoir et son attention se concentra sur la porte où ses amis venaient de rentrer.

Remus tendait une tablette de chocolat à Peter qui déclinait poliment sa proposition.

– Il est réveillé!, pouffa James en se précipitant sur le lit de son meilleur ami. Tu as fait fort, tu sais? Quel fragile!

– Que s'est-il passé?

Un voile d'inquiétude remplaça l'amusement sur le visage de James.

– Tu ne t'en souviens pas?

– Bravo Sherlock, soupira Remus en s'asseyant à son tour sur le bord du lit. Il ne le demanderait pas s'il s'en souvenait. Cela vous apprendra à faire des idioties de ce genre! La prochaine fois on vous ramassera à la petite cuillère!

– La prochaine fois nous réussirons.

Remus et James se toisèrent d'un regard rempli de défis. Sirius, lui, les observait silencieusement, incapable de se souvenir de ce qu'ils avaient pu faire pour le retenir à l'infirmerie pendant deux jours.

– Il n'y aura pas de prochaine fois, siffla une voix féminine.

Remus fut soulagé de ne pas mener un combat solitaire. L'arrivée soudaine de cette personne semblait le ravir.

James se leva lentement et croisa les bras sur sa poitrine. Sirius tourna la tête vers l'adolescente qui venait de faire irruption dans la pièce. Lily était rayonnante mais semblait si en colère à cet instant, que Sirius préféra honteusement détourner les yeux.

– Aurais-tu fais quelque chose à tes cheveux, Evans?

Lily le foudroya du regard.

– Oui, en effet. Flattée de voir que tu l'aies remarqué. Cela s'appelle les brosser, tu devrais essayer un jour.

Remus, Sirius et Peter éclatèrent de rire, ce qui arracha une moue boudeuse à leur ami. Lily sourit et approcha doucement son visage de celui de James. Lorsque leurs lèvres ne furent séparées que de quelques centimètres, Lily tapota gentiment la joue du maraudeur. Ce geste lui arracha une nouvelle fois un air outré.

Lily déposa des dragées surprises de Berthie Crochue sur le lit de Sirius.

– Comment te sens-tu? demanda-t-elle avec gravité. Je suppose que cette mésaventure ne va pas vous servir de leçon et que vous allez continuer à faire les imbéciles.

James haussa les épaules avec un sourire en coin.

– Vous allez m'expliquer un jour, ou vous allez me laisser longtemps dans l'ignorance? grogna Sirius.

Remus soupira.

– Vous avez décidé de nous jouer un tour. Vous nous avez donné rendez-vous mais vous nous avez fait longuement attendre.

– Et puis, continua Lily, vous êtes soudainement arrivés, volant dans les airs. Je dois avouer que c'était assez surprenant.

Le front de Sirius se plissa d'incompréhension. Qu'est-ce qu'il y a de si exceptionnel, là-dedans?

– Sans balais, rajouta-t-elle vivement. Vous voliez sans balais.

– On réussissait parfaitement notre coup, pouffa James, avant que tu ne décides de faire une petit plongeon.

– C'est incroyable! s'exclama Sirius. Même si cette expérience n'a pas donné ce qu'on attendait, on est parvenu à trouver un moyen de voler sans balais! Toi et moi, Cornedrue, sommes les personnes les plus brillantes que je connaisse.

Lily le dévisagea un instant avant de secouer moqueusement la tête.

– Tu étais debout sur le dos d'un sombral, idiot.

Un sombral, se répéta-t-il plusieurs fois pour lui-même.

– Il a dû se cogner la tête en tombant, il faudrait peut-être l'amener à St Mangouste, rajouta-t-elle en se tournant vers James. Vous devez dire au professeur McGonagall que Sirius a eu des pertes de mémoire après sa chute. Il a peut-être besoin de radios.

– Je suis là, Lily, répéta Sirius en grimaçant. Pourquoi parles-tu de moi à la troisième personne?

– Peut-être parce que lorsqu'il s'agit de ta santé, tu as tendance à la négliger, supposa Remus. On a besoin de prendre soin de toi à ta place.

– Oh oui, Remus. Prends soin de moi à ma place.

Les cinq amis éclatèrent de rire. Le bruit devait déranger l'infirmière qui fit sortir tout le monde et Sirius se retrouva bientôt seul entre les quatre murs blancs de l'infirmerie. Les autres lits étaient vides. Personne ne pouvait être malade ou blessé, pour lui tenir un peu compagnie? Ils étaient tous égoïstes dans cette école.

– Sirius...

Voilà qu'il devenait fou. Il entendait des voix. Celle de Remus, s'il devait être précis. Il n'y avait pourtant personne. Soudain, le lycanthrope apparu devant lui, tandis que la cape de James s'écroulait à ses pieds.

– Tu viens de me flanquer la frousse, Lunard.

– Pourtant je t'ai annoncé ma présence. Je voulais savoir comment tu allais. Mme Pomfresh a dit que demain matin, si tu te sens assez bien, tu pourrais retourner en classe.

Sirius grimaça.

– Je pense que je ne vais pas aller assez bien. J'ai besoin de me reposer encore un peu.

– Tu dis ça simplement parce qu'on commence par histoire de la magie. Je trouve que tu te reposes plutôt bien dans ce cours.

– Justement. Ça ne va donc pas changer grand chose, et à choisir un lit est plus confortable qu'un bureau.

Remus baissa les yeux.

– Tu me manques. Reviens.

– Peut-être que si tu as quelque chose à me proposer en échange, je peux accepter de revenir.

D'un geste de la main, Remus l'incita à se décaler. Sirius ne se fit pas prier et lui offrit une place à ses côtés. Il sentit bientôt le corps chaud de son ami contre le sien et son cœur s'accéléra brutalement. Une main se faufila sous son débardeur gris et le lycanthrope dessina des spirales contre son torse.

– Remus?

– Ils ont dit que tu pouvais choisir de rester endormi. Tu te sens peut-être plus libre à présent, mais ce n'est pas la réalité. Ce n'est pas réel Sirius. Tu dois te battre pour revenir.

Sirius fronça les sourcils et souleva le menton de son ami pour l'observer attentivement.

– Qu'est-ce que tu racontes?


– S'il-te-plaît, ouvre les yeux. Reviens auprès de moi. J'ai besoin de toi.

Le front contre le torse de son amant, Remus essayait par tous les moyens de le forcer à se réveiller. Il était sûr qu'il pouvait l'entendre. Le poison avait été contré. Mais, à présent, seule la volonté de l'animagus pouvait lui permettre de revenir auprès de lui.

– Remus, souffla Tonks en pénétrant dans la pièce. Le fils Malefoy est ici.

– Et alors? soupira-t-il péniblement.

– Il aimerait voir Harry et Sirius. Je voulais savoir ton avis sur la question, avant de lui donner mon accord.

– Il ne les verra pas.

– Remus, s'il-te-plaît. Si tu voyais l'état dans lequel il est...

Le lycanthrope se leva précipitamment.

– L'état dans lequel il est? Sérieusement?

La colère lui déformait totalement les traits. L'homme dont il était amoureux se trouvait entre la vie et la mort. Et Harry, qu'il considérait comme son fils, était également inconscient dans le lit voisin. Il ne pouvait rien faire de plus qu'attendre. Et une des personnes qui était responsable de tout ce désastre, se trouvait derrière la porte et voulait entrer pour les voir? Si c'était une blague, elle était de très mauvais goût.

C'est un gamin en larmes qu'il trouva lorsqu'il ouvrit la porte de l'infirmerie. Sa colère s'évapora immédiatement. Une tête blonde fondit sur lui et se blottit dans ses bras. Totalement dépassé par les événements, Remus répondit à cette étreinte inattendue et referma maladroitement ses bras autour du jeune garçon.

– Tout est de ma faute, je suis désolé.

Remus soupira. Il devait bien avouer, malgré ses précédentes pensées, que ce n'était pas le cas.

– Ce n'est pas facile de se trouver au milieu de différents choix et de pouvoir faire les bons. Surtout à un si jeune âge où finalement aucune décision, aucune autonomie, ne peut pleinement être prise. Vous n'êtes pas responsable de ce qui est arrivé, Drago.

– Black est mort par ma faute et Potter ne survivra peut-être pas, non plus.

Le cœur de Remus se serra douloureusement. Le blond s'écarta de lui et essuya ses joues humides avec sa manche.

– Mme Pomfresh, ainsi que le médicomage qui est venu l'examiner, ont dit que Harry était hors de danger. Il a dû encaisser plusieurs stupéfix et son corps, ainsi que son esprit, en a vraiment souffert. Mais il est jeune et en bonne santé, il récupère rapidement son énergie. C'est une question d'une petite heure avant qu'il ne se réveille.

Remus fouilla dans sa poche et en sortit une tablette de chocolat. Il en coupa deux carreaux et les tendit au jeune garçon.

– Mangez, cela vous fera du bien.

Drago eu d'abord l'intention de décliner l'attention de Remus. Intimidé par le regard sévère de son ancien professeur, il se saisit vivement du chocolat et en croqua un morceau.

– Et pour Sirius? demanda-t-il timidement. Est-ce que les livres de ma mère ont pu vous aider?

– Oui, répondit-il simplement.

– Je l'ai supplié de vous les apporter. Je lui ai dit que si Sirius ne s'était pas sacrifié pour moi, je serais à sa place.

Sans les précieux ouvrages de magie noire de ses parents, aucun remède n'aurait pu être préparé pour aider Sirius. Le poison a pu être analysé par Mme Pomfresh. Elle savait précisément quel sort avait été déposé sur les lames et de quelle façon le contrer.

– Est-il totalement sorti d'affaire? continua Drago. Comment va-t-il?

Remus secoua négativement la tête.

– Je vais retourner auprès d'eux. Je te ferais appeler lorsqu'ils seront réveillés, d'accord?

Au moment où le lycanthrope s'apprêtait à retourner à l'intérieur de l'infirmerie, Drago se saisit de son bras et le força à se retourner.

– Ce qu'il vient de se passer... Ce n'est jamais arrivé.. Personne ne doit jamais savoir que...

– Ne vous inquiétez pas, Monsieur Malefoy, personne n'apprendra jamais que vous vous êtes mouché sur ma chemise. Votre réputation est encore blanche comme de la neige.

Les lèvres du blond se plissèrent et il tourna les talons en maugréant. Remus pu même entendre un «satané loup-garou pouilleux».

– Hé! Viens, vite! s'exclama Tonks, le sourire aux lèvres. Ils sont réveillés! Tous les deux!

Un rire nerveux s'échappa des lèvres du lycanthrope qui s'empressa de les rejoindre. Harry s'était déjà assis et Mme Pomfresh se bataillait avec lui pour l'empêcher d'aller voir son parrain.

– Monsieur Potter, buvez cette potion et tenez-vous tranquille ou je vais être obligée de vous attacher.

Remus se pencha légèrement et déposa ses lèvres sur le front du jeune garçon. La porte de l'infirmerie s'ouvrit et Ron, Hermione, ainsi que les jumeaux et Ginny, se faufilèrent à l'intérieur pour entourer le lit du brun. Des questions fusèrent dans tous les sens, pour savoir comment le Gryffondor se sentait. Mme Pomfresh leur ordonna de sortir et que ce n'était pas le bon moment.

Hermione serra son ami dans ses bras, tout en le sermonnant.

– Quand es-tu arrivée, Hermione? demanda Harry en lui rendant son étreinte.

– Hier matin. Je me suis fais tellement de soucis pour toi et Sirius.

– Sortez de mon infirmerie. Vous aurez tout le temps de fêter vos retrouvailles plus tard. Mes patients ont besoin de soin et de repos. Sortez d'ici!

Remus observa avec amusement la petite troupe sortir de l'infirmerie en traînant des pieds. Il se demanda un instant si lui aussi allait être chassé. Il savait que l'infirmière de Poudlard ne se privait pas pour mettre Dumbledore lui-même dehors. Il fut rassuré de voir qu'il pouvait rester.

– Si vous vous demandez si je vais vous autoriser à rester, Mr Lupin, la réponse est oui. L'infirmerie a toujours été une deuxième maison pour vous, lorsque vous étudiez à Poudlard. Je n'ai jamais réussi à y déloger Mr Black lorsqu'il venait vous voir. Même lorsque je le lui interdisais, il parvenait à se faufiler à l'intérieur et le matin, je vous trouvais l'un contre l'autre en train de dormir.

Remus rougit légèrement.

– Cela me semble normal que vous soyez là pour lui, à votre tour.

L'émotion le gagnait. Il lui offrit un rapide sourire et s'empressa de rejoindre l'animagus.

Il fixait le plafond d'un regard épuisé. Son visage était plus pâle que lorsque Remus l'avait quitté pour retrouver Drago. Il ne paraissait pas savoir où il se trouvait, ni pourquoi. Le lycanthrope tira une chaise pour s'asseoir à ses côtés. Il lui caressa ses longs cheveux noirs.

– J'ai l'impression d'avoir la tête dans un chaudron que l'on serait en train de remuer. Que Servilus serait en train de prendre plaisir à remuer, pour être encore plus précis et pour comprendre la gravité du sadisme avec laquelle est touillé ce chaudron.

Remus se pencha et pressa ses lèvres contre celles de Sirius. Il ne souhaitait pas vraiment le faire taire. Au contraire, il était bien trop heureux de pouvoir entendre le son de sa voix.

– Tu m'as fait tellement peur. Tu ne penses pas que ma lycanthropie me fait déjà avoir de cheveux blancs assez précocement? Tu veux en rajouter un peu plus?

– Ils te vont bien, sourit l'évadé de prison en essayant de se redresser sur ses coudes.

– Reste couché, lui ordonna Remus en le forçant à se rallonger.

Bill et Ron entrèrent en courant dans l'infirmerie, ce qui arracha l'un des fameux regard empli de sévérité de Mme Pomfresh. Les deux garçons ne lui accordèrent aucune attention et aucune excuse. C'est totalement essoufflés qu'ils tirèrent les rideaux pour entourer le lit de l'animagus.

– Fudge est ici, expliqua Ron face à l'incompréhension des deux amants. Il vient voir Harry.

– Comment a-t-il pu être au courant? s'étonna Mme Pomfresh en jetant un charme de désillusion sur le fond de son infirmerie. De toute façon, ministre de la magie ou pas, Mr Potter a besoin de se reposer. Je vous garantie qu'il ne va pas rester longtemps ici.

Fudge pénétra la pièce en compagnie de deux Aurors dont Remus n'avait jamais fait la connaissance. Il salua brièvement l'infirmière et retira son chapeau. Il pivota ensuite en direction de Harry, qui faisait semblant de dormir. L'attitude de l'adolescent fit sourire le lycanthrope.

– Mon patient a été fortement bouleversé. Il a besoin de calme, monsieur le ministre.

– Je le sais. Je ne vais pas m'attarder. J'ai été très en colère en apprenant les plans d'Albus Dumbledore. J'aurais dû être mis au courant! Je suis le ministre de la magie, ce qu'il n'est pas! Cela aurait pu très mal tourner. J'aurais dû avoir mon mot à dire.

– Le temps manquait au jeune Potter. Et ce n'est pas à moi de me justifier. Si vous avez un problème avec le directeur, je pense que vous pourrez le trouver à son bureau.

Fudge lui adressa un regard en biais. Il n'ajouta rien, toutefois son air passablement outré, montrait à quel point les paroles de Mme Pomfresh lui avait déplu.

– De plus, si vous êtes ici c'est que le directeur vous a prévenu. Il attend peut-être votre venue.

Les joues de Fudge rougirent de colère. Il sortit un journal de sa veste. Remus reconnu immédiatement la Gazette des Sorciers.

– C'est bien ce qui est le pire! Apprendre cette nouvelle en tombant sur ce torchon, alors que je me promenais tranquillement sur le chemin de traverse!

Mme Pomfresh le déplia et son visage pâli instantanément.

Sirius Black, lit-elle, le célèbre assassin, celui que l'on recherche en vain et qui est tant redouté, a essayé de kidnapper le Survivant la nuit dernière. Il aurait été aperçu dans une vieille bâtisse abandonnée..

L'infirmière laissa tomber le journal à ses pieds et releva les yeux vers le ministre de la magie.

– Vous avez raison, grogna Fudge, je vais aller retrouver Dumbledore et lui dire le fond de ma pensée.

Une fois le juge éloigné, Bill sortit de derrière les rideaux et se précipita vers le journal qui était toujours par terre. Harry, aussi, s'était relevé. Remus avait rejoint l'aîné des Weasley et essayait de lire par dessus son épaule.

Il aurait été aperçu dans une vieille bâtisse abandonnée. L'évadé de prison aurait tenu captif l'oncle et la tante de Harry Potter. Les deux Moldus seraient à présent hors de danger à St Mangouste et auraient perdu totalement la mémoire. La grande Rita Skeeter, qui était sur les lieux un très court instant, a pu faire une photo de Sirius Black.

Bill fit une pause. Ils fixèrent tous la photo d'une manière horrifié. Remus était de dos, accroupi à ses côtés. Il était heureusement difficile de le reconnaître.

On le montre ci-dessous, allongé par terre, visiblement blessé. Face au danger de la scène et du mouvement qu'il y avait dans la maison, notre journaliste n'a malheureusement pas eu l'occasion d'en apprendre davantage à ce sujet. Toutefois, elle a pu clairement assister à une toute autre scène qui lui a glacé le sang. Cinq hommes cagoulés ont jeté de nombreux stupéfix sur le Survivant, qui ont ensuite été chassés par la sœur de la célèbre Mangemort Bellatrix Lestrange, anciennement Black, cousines de Sirius Black lui-même. De quoi s'agit-il, exactement? D'une conflit familial? D'une sorte guerre entre anciens mangemorts qui aurait mal tournée?

– Quels idiots, soupira Harry.

– Je pense qu'il n'y a aucun moyen pour que Fudge croit en notre version, jugea tristement le lycanthrope. Et parler de Sirius ne ferait que le mettre en danger.

– Ce n'est pas l'endroit, ni le moment, de réfléchir à tout ça, grogna Mme Pomfresh. Je vais vous demander de sortir définitivement. L'infirmerie vous sera ouverte demain en fin de matinée. Dehors!


Bonjour mes petits lecteurs!

Comme les chapitres précédents, j'ai eu beaucoup de mal à écrire. Je ne sais pas si ça se ressent dans l'écriture de ma fiction, je ne l'espère pas.

Je ne cache pas mon impatience à l'idée de terminer Une famille. Elle touche pratiquement à sa fin, même s'il lui reste encore quelques chapitres à vivre. Je ne sais pas encore combien, mais ce n'est pas tout de suite la fin. Je voulais la terminer pendant les vacances, c'est un peu raté. J'avais trois mois pour le faire et je n'en ai même pas été capable. Je dois dire que j'ai un peu honte. Le manque de temps et de motivation, n'a pas joué en ma faveur.

J'espère que ce chapitre a quand même été apprécié. Je vais essayer de ne pas faire trop tarder le prochain. N'hésitez pas à commenter, je crois que j'en ai vraiment besoin.